Prologue
24 mai 1862
Je me tenais devant l'hôtel avec celui qui allait devenir mon mari. Le prêtre faisait son sermon habituel. Je regardais l'homme de ma vie avec des étoiles pleins les yeux, j'en étais certaine. Je pouvais voir et sentir tout l'amour qu'il me portait par tous les pores de ma peau.
— Jasper Withlock voulez-vous prendre pour épouse Madélia Aryanne Rlenss ici présente, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie jusqu'à ce que la mort vous sépare? demanda finalement le prête.
Il me regarda dans les yeux en tout en répondant à la question qui lui était posé.
— Oui, je le veux, affirma-t-il amoureusement.
— Et vous, Madélia Aryanne Rlenss, voulez-vous prendre pour époux Jasper Withlock ici présent, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie, jusqu'à ce que la mort vous sépare? Me demanda cette fois-ci le prêtre.
— Oui je le veux, répondis-je avec tout l'amour que je portais à mon mari.
— Alors, que ceux qui s'opposent à cette union qu'ils se fassent entendre maintenant ou se taisent à jamais fit cérémonieusement le prêtre.
Personne ne parla, ni n'osa faire le moindre bruit qui aurait pu passer pour une contestation à notre mariage.
— Alors, je vous déclare mari et femme, continua-t-il. Vous pouvez embrasser la mariée, jeune homme.
Jasper souleva mon voile et m'attira à lui pour m'embrasser avec passion. Ce sont des hourras qui nous interrompirent finalement et belle vie aux nouveaux marier!
Après mon mariage avec l'homme de ma vie, je m'appelais désormais Withlock et plus Rlenss. Vers le mois d'août, on nous annonça que j'étais enceinte de deux mois. En février 1863, je m'y au monde deux jumeaux parfaitement identiques sauf pour les yeux. Gabriel avait les yeux vert émeraude comme les miens et William avait ceux bleu saphir de leur père. Septembre 1864, Jasper par pour se faire enrôler dans l'armer. En juin 1866, on vient m'annoncer sa mort. Les jumeaux avaient trois ans. Je réussis à rester forte pendant les deux années suivantes, même si je dépérissais a vu d'œil. À la fête de la mort de mon Jasper, je me rendis sur sa tombe vide de corps, faute de l'avoir retrouvé sur le terrain de combat des soldats de notre nation. Mes larmes coulent encore et encore en lisant le nom de mon tendre amour sur la pierre tombale. Je me sentais si seule. Je passai l'index sur les lettres de son doux prénom. Lorsque je partis du cimetière, je pris la direction de cette ruelle me permettant de me rendre plus rapidement à la maison. Ce soir-là, je connus ce qu'aucune femme ne devrait jamais connaître. Le viol. La dernière chose que je vis : deux yeux rouges sang…
Chapitre 1
[Et de ce cher amour qui passe comme un rêve
J'aurai tout conservé dans le fond de mon cœur.
L'éternelle chanson]
Je me souviens encore du temps fou qui me prit pour que je maîtrise parfaitement cette soif qui m'avait envahi trois jours après mon viole et ces deux yeux rouges comme dernière vision. La douleur de la transformation, je pus la supporter en pensant à mes amours, mes jumeaux ainsi qu'à mon amour Jasper. Mon créateur m'avait tout expliqué concernant ma nouvelle vie. Je me promis de toujours garder le nom de mon mari. Vivre éternellement. Ma malédiction personnelle. Je me vengeai de celui qui m'avait pris ce que je réservais à mon mari, et me décidai de choisir les meurtriers et les violeurs pour mes repas. Mon créateur qui se nommait Henri, m'apprit comment chasser, comment me battre comme une professionnelle avec ou sans armes ainsi que comment élaborer des stratégies gagnantes à tous les coups. Entre temps, j'avais suivi de loin mon frère et sa femme prendre en charge mes enfants. J'avais aussi pris toutes mes possessions lorsque les agents eurent le dos tourné pour ne pas que mon frère aient main mise dessus. J'envoyais quelques mots anonymes à mes fils pour les conseiller lorsque je les voyais en difficulté. Lorsqu'ils devinrent adultes aux yeux de la loi et de tous, ils avaient 18 ans. Je leur envoyai une lettre pour leur demander un rendez-vous. Je les vis méfiants bien que cela soit normal, je sentis un pincement au cœur. Henri m'avait laissé vivre toute seule depuis plus de deux ans à ce moment-là. Ma demeure était restée intacte comme lorsque les agents l'avaient laissé, il y avait de cela 13 ans de temps. Quand ils arrivèrent et qu'ils me virent, j'avais changé ma peau pour qu'elle soit moins blanche et moins dure ainsi que récupéré mon ancienne couleur des yeux. Je paraissais ainsi plus humaine.
— Bonjour Gabriel, bonjour William, dis-je avec douceur.
J'avais oublié de préciser qu'Henri avait le don de changer d'apparence à volonté et que j'avais copié son pouvoir. Mais revenons-en à la situation présente.
— Maman… souffla William.
Gabriel lui donna un coup de coude en lui chuchotant de se taire au lieu de dire des conneries.
— Il a pourtant raison, Gabriel, fis-je avec un sourire timide.
Ils restèrent sous le choc pendant quelques minutes avant de se reprendre. Ils s'assirent sur une chaise chacun.
— Je n'aurais jamais dû vous demander un rendez-vous et je risque ma vie aujourd'hui, mes chéris, commençais-je doucement. Et pas que la mienne... Je crois que vous avez le droit de savoir la vérité sur ma «disparition»…
Cela faisait maintenant un siècle que je voyageais avec mes fils qui après mes explications avaient demandé à devenir comme moi. Au début j'avais refusé, mais en voyant leurs airs tout tristes je n'avais pas pu le leur refuser. Après venait le doute. Celui de ne pas me contrôler assez pour ne pas les vider entièrement de leur sang. C'est leurs confiances inébranlables en moi qui eurent raison de mes réticences. Leurs débuts furent comme les miennes, mais je pris exemple sur mon créateur et leur enseignai comme il l'avait fait lui-même pour moi. Aujourd'hui, nous étions en train d'emménager notre nouvelle demeure en date à Forks. Au fil des décennies, nous avions ramassé beaucoup d'argent dans nos comptes en banque. Mon dernier travail était infirmière et j'avais pu subtiliser assez de sang dans les réserves pour au moins une année entière ce qui me rendait fière de moi. J'avais décidé de refaire ma terminale avec mes fils au lycée de Forks tout en travaillant sur des croquis de vêtements mode pour une boutique. Mes créations étaient brevetées et on me payait une belle somme pour, alors pourquoi me priver de passer du temps avec mes deux anges. J'avais l'air d'une jeune femme de 18 ans malgré que j'aie 25 ans humainement parlant. Je m'allongeai sur mon lit lorsque je finis d'arranger ma chambre comme je le voulais. Ce qui était bien dans le fait d'être vampire, c'était que tout était fait avec rapidité. Je souris lentement et d'un mouvement de l'index, je mis en marche la stéréo. Frédéric Chopin. Les yeux clos, j'écoutai la musique jusqu'à ce qu'il fut temps d'aller en cours comme nous avions emménagé un jour seulement avant. Je pris une douche brûlante même si je ne ressentais pas la chaleur, cela me fit un bien fou. Je mis une tunique noire sans manche avec une ceinture à la taille ainsi que des leggins tout aussi noires que la tunique. Des escarpins aux pieds et un petit quelque chose de plus sur les épaules ouvert sur le devant pour laisser voir ma tenue ainsi que pour faire croire que j'étais humaine. Le plus beau dans notre situation, c'était que mes fils avaient le même don que moi… c'est-à-dire que nous pouvions copier ceux des autres. C'est comme ça que j'avais pu mettre en marche la stéréo sans y toucher. La télékinésie c'était vraiment super. Avec tous les vampires nomades et autre que l'on avait rencontrés et le nombre de ceux ayant un pouvoir… enfin bref… Je pris mon peigne pour démêler mes cheveux, les séchai et les plaquai. Puis, je me maquillai légèrement. Crayon noir, fard à paupières violet foncé, mascara noir aussi et un peu de gloss et le tour était joué. Je rendis mes yeux de ma couleur humaine, quelques couleurs à ma peau blafarde. Je regardai la photo de mon mariage sur ma table de chevet. Je voyais une jeune femme blonde-caramel les yeux émeraude pétillants de joie et de malice. Heureuse dans les bras de l'homme qu'elle chérissait le plus au monde. Lui, châtain pâle, un éblouissant sourire et ses yeux couleur saphir brillants d'amour tendre.
— Mamannnnn! Entendis-je William crier d'en bas. Es-tu prête? On y va!
— J'arrive mon chéri, fis-je avec douceur.
Un sourire en coin aux lèvres, je descendis les marches et le pris dans mes bras. Je remarquai qu'il avait repris sa couleur humaine pour les yeux… la même que ceux de son père. Je me détachai et partis vers la porte d'entrée.
— On va prendre ma voiture si cela ne vous dérange pas les garçons, dis-je. Ce n'est pas que… mais vos voitures sont trop tape-à-l'œil.
Je leur fis un clin d'œil et pris mes clés pendant qu'ils boudaient en marmonnant que leurs voitures étaient très bien comme ça. Arrivée sur le parking, je me stoppai en sentant une odeur sucrée, caractéristique des vampires. Je me tournai vers l'odeur et remarquai ceux présents. Un seul retint mon attention cependant. Jas..Jas..Jasper… Je pense que je me serais écroulé si Gabriel ne m'avait pas retenu fermement par la taille. Me reprenant, je me dirigeai directement vers mon mari et… le giflai.
— Ça c'est pour t'avoir fait passer pour mort et m'avoir laissée toute seule avec des enfants à charge pendant que je te pleurais jour et nuit, sifflais-je. William! Gabriel! On va chercher nos horaires pendant que votre père repense à ce que je viens de lui dire.
J'allais pour m'éloigner, mais il me retint doucement, mais fermement par le bras.
— J't'en prie Lia, laisse-moi au moins t'expliquer les circonstances, me supplia-t-il.
Je me dégageai de lui et partis avec mes fils. Cela me prit beaucoup de force pour ne pas m'effondrer et pleurer. Je voyais bien les regards inquiets que se lançaient les jumeaux, mais j'essayai quand même de leur sourire normalement pour les rassurer un minimum. Nous récupérâmes nos papiers et partîmes en cours. J'avais cours de musique en première heure. Je fis signer le professeur et partis m'asseoir dans le fond des sièges de l'agora. Lorsque tout le monde fut présent, il commença par se présenter comme étant Mr Spencer et me demanda de venir en avant pour me présenter. Je le fis de bonne grâce et parler.
-Je m'appelle Madélia Aryanne Rlenss Withlock, je viens d'Alaska, j'ai 19 ans et je suis aussi connu comme étant Alessa Drenmil la créatrice de mode, souris-je en faisant la révérence. Ah oui! Et la prochaine collection sera pour dans deux semaine grand maximum, fis-je en retournant à ma place tranquillement comme si de rien n'était.
J'entendis les filles commencer à penser à un moyen pour savoir comment m'approcher et devenir amie-amie avec moi. Du coin de l'œil, je vis Jasper asseyez d'attirer mon attention vainement. La matinée passa assez lentement et je me rendis à la cafétéria rejoindre William et Gabriel qui me lançaient encore des regards inquiets. Je n'avais sûrement pas été assez convaincante ce matin, pensais-je. Nous nous assîmes à une table tranquille, mais cela était sans compter sur Jasper et les autres personnes avec lui qui nous fixaient.
-Ne peuvent-ils pas r'garder quec'que part d'autre, siffla Gabriel avec irritation.
-J'n'en peux plus, souffla William à son tour. J'vais leur montrer de quel bois j'me chauffe m'man!
Leur irritation faisait revenir leur accent du sud du Texas. Ce qui me fit légèrement sourire.
-Laissez, fils, fis-je les yeux fermés en me connectant à eux par leurs émotions et les apaisant du même coup.
-T'entends c'qu'ils pensent de nous! s'exclama Gabriel avec dédain. Surtout la blonde! Mais elle à un sérieux complexe d'apparence ça ne s'peut pas des affaires comme ça!
Je retournai mon attention sur les autres vampires qui avaient écarquillés les yeux face aux paroles de mon fils. Je pouffai légèrement.
-T'inquiète frérot, rit son jumeau après moi. S'pas comme si elle pouvait rivaliser avec m'man! Termina-t-il avec tendresse vers moi.
Je lui souris et me tournai vers Gabriel.
-C'est son\leur problème pas le nôtre, fils, dis-je tendrement après avoir arrêté de rire.
William se tourna vers les autres vampires et souffla pour eux.
-Après les cours, rendez-vous sur le parking…
Chapitre 2
[Et c'est comment je me sens quand j'ignore ce que tu me dis
Et c'est où je me perds quand je continue à te fuir
Et c'est ce que je suis quand, quand je ne me reconnais plus
Et c'est ce que je choisis quand tout me lâche
And this is how it feels when I ignore the words you spoke to me
And this is where I lose myself when I keep running away from you
And this is who I am when, when I don't know myself anymore
And this is what I choose when it's all left up to me
Breathe into me - Red]
Je fuyais aussi loin que je le pouvais. Loin de celui que mon cœur avait choisi et sur qui je n'avais plus aucun droit. Il ne me restait plus rien. Juste la douleur d'une sensation de trahison. Je t'aime tant ma Lia, tant que j'mourrai pour ton beau sourire… qu'il disait. J'aime cette rougeur qui t'viens aux joues quand j'te taquine… je pourrais passer des heures et de heures juste à plonger mes yeux dans ton regard… Des larmes de sang coulaient sur mes joues j'en étais sûr. Je m'arrêtai finalement dans une clairière proche de Seattle pour m'écrouler de douleur. Je gémis comme un animal blessé en me tenant le torse comme si mon cœur voulait sortir de mon corps. Jamais je ne pourrai aimer autant une autre femme que toi… MENSONGES… MENSONGES… MENSONGES! Puis je me souvins de ce qui m'avait amené à partir comme je l'avais fait. Je me sentis honteuse d'avoir fait ça à mes deux fils par cœur…
Flash
L'après-midi passa trop rapidement à mon goût alors que nous allions avoir une discussion avec tout ce monde que je ne connaissais pas à part pour Jasper. William et Gabriel vinrent me chercher à mon dernier cours et nous nous dirigeâmes vers l'extérieur où ils nous attendaient tous. J'eus du mal à garder un masque viable qui ne montrerait pas ma douleur à tous. Je pris une inspiration pour me calmer et je regardai mes fils pour leurs montrer que l'on pouvait y aller. Ils hochèrent de la tête, puis on les rejoignit. Ils nous enjoignirent à les suivre jusque chez eux. Personne ne dit mot. Sauf qu'avant de partir, mes fils et moi, nous reprîmes nos apparences de vampires. Ils hoquetèrent tous devant notre physique, ce qui me fit légèrement sourire. Sur ce, d'un geste élégant de la main, je les priai de nous conduire là où nous devions nous rendre. Avec nos jambes et la vitesse des vampires, cela nous prit cinq minutes minimum. Les ''parents'' des ''jeunes'' étaient là également.
-Bienvenue chez nous, fit Carlisle, le père, après qu'ils se soient tous présentés comme il se devait.
-Merci à vous de nous accueillir si aimablement alors que c'était votre territoire, déclarais-je avec un mince sourire. Je suis Madélia Aryanne Rlenss Withlock et voici mes fils par le sang et le venin : Gabriel et William Rlenss Withlock…
J'eus un sourire mélancolique lorsqu'ils se mirent tous à avoir des questions sur le comment du pourquoi cela c'était passé. Et la question sur ma gifle envers Jasper et le sens de mes paroles me vint aux oreilles. Ce qui me fit souffrir, mais j'encaissai la douleur feignant l'indifférence alors que je voyais mon mari lors de ma vie d'humaine se tordre de douleur. Tout le monde se tourna vers lui pour lui demander comment il allait. Au lieu de répondre, il me regarda avec douleur.
-Co..com..comment fa..fais-tu p..po..pour sup..suppor..supporter au..aut..autant d..de dou..doul..doule..Douleur? me questionna-t-il en suffocant autant qu'un vampire pouvait suffoquer.
-J'ai l'habitude, dis-je.
Je reçus un coup d'œil de la part de mes fils et je savais qu'ils me questionneraient lorsque l'on serait seul tous les trois ensembles. Je renforçai mon bouclier pour ne plus que Jasper sente ma souffrance et débutai mon histoire.
-Vous saurez tout ce dont vous aurez de besoin dans mon récit, déclarais-je.
Puis voyant l'air mitigé de mon ancien mari, je continuai de parler.
-Je leur raconterai tout et pas besoin de protester Jasper, grognais-je avec impatience, ce qui le fit taire. Je me souviens de chaque moment, de chaque instant et de chaque seconde de mon existence humaine, débutais-je malgré les hoquets de chaque personne de la pièce. Je ne voulais pas oublier ce que la vie m'avait apporté de bon comme de mauvais. Alors, sentant que j'allais tout perdre ce qui faisait de moi la personne que j'étais, je me suis battu pour graver tous mes souvenirs dans ma mémoire. Vous devez savoir que dans mon temps, je n'aspirais qu'à avoir une vie heureuse…
Je les regardai comme si je voyais à travers eux tout en me remémorent cette vie qui me paraissait si lointaine.
-Jasper et moi, nous nous connaissons depuis que nous sommes nés, dis-je finalement dans le silence le plus complet. Toutes ses années d'innocence dans le Texas et toutes les bêtises que nous avons fait aux parents, gloussais-je, nostalgique. Je me rappelle de la première fois où nous avons fait le mur pour aller se balader à cheval en pleine nuit pour nous rendre sur la plaine proche de chez nous en admirant le ciel étoilé du Texas. C'est à une de ces sorties quotidiennes justement qu'il me demanda en mariage le soir de mes 19 ans. Le 3 janvier 1862. Et le 24 mai, nous étions mari et femme. Les plus belles années de ma jeunesse ainsi que le début de l'âge où l'on devient plus adulte et considéré comme tel.
Je m'arrêtai et lançai un regard vers William et Gabriel qui me soutenait en me serrant les deux mains.
-Ce qui remplit encore plus mon cœur de bonheur fut la venue au monde de mes fils que j'eus un beau jour de février 11 mois après notre mariage. J'étais si heureuse d'avoir ce que je désirais le plus au monde! Septembre 1864, Jasper part dans l'armée, déclarais-je toute joie envolée. Deux ans après, on m'apprend sa mort, mais on ait incapable de rapporter son corps pour que je puisse faire mon deuil. Les jumeaux avaient trois ans à l'époque. J'essayais de sourire, j'essayais de bien m'occuper d'eux. Mais lorsque tous avaient le dos tourné, je pleurais mon mari. J'avais si mal! Dieu que j'avais mal! Je réussis à tenir pendant deux autres années à rester pour eux. Mais j'avais le cœur déchiré à chaque fois que je regardais mes fils en voyant mon mari décédé dans leurs manières d'être, leurs physiques. Tout me ramenait à toi Jasper, fis-je en direction de lui sans pourtant le voir. À la date de ta mort, je me rendais à ta tombe. Mais je n'en pouvais plus! Je revenais par cette ruelle qui donnait à quelques mètres de la maison lorsque je me suis fait attaquer.
J'agrippai plus fermement les mains de mes fils.
-Je ne pouvais rien faire, c'était… c'était le groupe d'Aaron qui se tenait autour de moi, dis-je, la voix tremblante. J'étais prise au piège et je n'avais personne pour me venir en aide cette fois-ci, fis-je sinistrement. Ils ont pris ce qu'ils n'avaient pu prendre la dernière fois… ce que je réservais à l'homme que j'aimais…
Toutes ces images me revinrent en tête, je n'avais plus aucun contrôle sur mon bouclier. Je me ratatinai sur moi-même.
-Ils m'ont… tous…tous… tous les 8… ils m'ont tous vi..vi..viol..violer… un à un sanglotais-je dans les bras de mes fils. Je n'avais plus de forces en moi pour pouvoir résister à la fin. J'avais si honte de moi! Je me sentais si sale… si sale en dedans de moi… Je me trouvais en enfer… me repassant… encore et encore toute la scène dans ma tête. La dernière chose que je pus observer avant de sombrer était deux yeux rouges… Les yeux de mon créateur… Henri… Il m'apprit comment chasser, comment me battre comme une professionnelle avec ou sans armes ainsi que comment élaborer des stratégies gagnantes à tous les coups. Entre temps, j'avais suivi de loin mon frère et sa femme prendre en charge mes enfants. J'avais aussi pris toutes mes possessions lorsque les agents eurent le dos tourné pour ne pas que mon frère aient main mise dessus. J'envoyais quelques mots anonymes à mes fils pour les conseiller lorsque je les voyais en difficulté. Lorsqu'ils devinrent adultes aux yeux de la loi et de tous, ils avaient 18 ans. Je leur envoyai une lettre pour leur demander un rendez-vous. Je les vis méfiants bien que cela soit normal. Henri m'avait laissé vivre toute seule depuis plus de deux ans à ce moment-là. Ma demeure était restée intacte comme lorsque les agents l'avaient laissé, il y avait de cela 13 ans de temps. Quand ils arrivèrent et qu'ils me virent, j'avais changé ma peau pour qu'elle soit moins blanche et moins dure ainsi que récupéré mon ancienne couleur des yeux. Je paraissais ainsi plus humaine. Je m'en souviens encore comme si cela c'était passé hier.
«— Bonjour Gabriel, bonjour William, avais-je dit avec douceur.
[J'avais oublié de préciser qu'Henri avait le don de changer d'apparence à volonté et que j'avais copié son pouvoir. Mais revenons-en à la conversation, m'interrompis-je en souriant avec une légèreté feinte que tout le monde pus remarquer.]
— Maman… avait soufflé William.
Gabriel lui avait donné un coup de coude en lui chuchotant de se taire au lieu de dire des conneries.
— Il a pourtant raison, Gabriel, avais-je dit avec un sourire timide.
Ils étaient restés sous le choc pendant quelques minutes avant de se reprendre. Ils s'étaient assis sur une chaise chacun.
— Je n'aurais jamais dû vous demander un rendez-vous et je risque ma vie aujourd'hui, mes chéris, avais-je commencé doucement. Et pas que la mienne... Je crois que vous avez le droit de savoir la vérité sur ma «disparition»…»
Puis, c'est à ce moment que je leur avais tout dit. Je n'étais sûr de rien à ce moment-là. Mais, ils ont finis par me convaincre de les transformer tous les deux et je n'avais pas pu leur résister pas plus lorsqu'ils étaient jeunes que lorsqu'ils avaient atteint l'âge adulte. C'est comme ça que toute mère se comporte avec leurs enfants chéris, non? Puis, je leur ai tout enseigné ce que je savais sur le monde qui était désormais le leur comme il était le miens également. Depuis ce temps, nous voyageons aux grés de nos envies et récoltons encore plus de savoir en allant dans chaque école et université aussi pour écouter ce qu'ils ont tous retenus de l'histoire que nous avions personnellement vécus tous les trois. Ces humains! Aucune gratitude et aucun respect pour leurs ancêtres… finis-je mon récit en soupirant comiquement pour alléger l'atmosphère.
Je voyais dans leurs yeux qu'ils étaient très bouleversé par mon récit. En particulier Jasper et Rosalie. Bien que je ne comprenais pas pour cette dernière, mais je le compris quand ils nous firent tous le récit de leurs vies jusqu'à maintenant. À la fin du récit de Rosalie, je souris légèrement.
-Moi aussi, je me suis vengé, Rose, déclarais-je. Et je peux comprendre pourquoi tu l'as fait. Je me suis senti libre après l'avoir fait comme tu avais dû te sentir après.
Elle m'avait rendu mon sourire et avait laissé la place à une autre personne. Puis j'entendis le récit hésitant de Jasper qu'il reprit au moment où il partait avec l'armée. Je souffris pour lui lorsqu'il parla de l'armée de Maria, Lucie et Nettie qu'il avait été obligé d'intégrer. J'encaissai sa rencontre avec Alice et sa mise en couple… mais l'annonce qu'il s'était marié avec elle… me déchira en mille morceaux… et je préférai partir de cette maison pour aller crier ma peine et ma douleur dans un autre endroit…
Flash-Back
Je ne sentais plus rien qui m'entourait. J'étais amorphe. Dans un état catatonique. Plus rien à part mes fils ne me retenait à cette vie. Puis, une nouvelle détermination prit vie dans mon cœur. Je verrai, si j'ai encore une chance avec lui, mais s'il n'y en avait plus, je chercherai un autre homme ou vampire avec qui partager ma non-existence… Force de cette nouvelle décision, je retournai à Forks. S'il y a un quelconque espoir, tu ne l'emporteras pas au paradis Alice Brandon… Oh… ça non! Fais-moi confiance!
Chapitre 3
[Et c'est ce à quoi ça ressemble quand je me tiens debout au bord
Et c'est comment je me brise quand finalement je heurte le sol
Et c'est comment ça me blesse quand je prétends ne ressentir aucune douleur
Et c'est comment je disparais quand je me jette
And this is how it looks when I am standing on the edge
And this is how I break apart when I finally hit the ground
And this is how it hurts when I pretend I don't feel any pain
And this is how I disappear when I throw myself away
Red - Breathe Into Me]
J'arrivai finalement dans ma chambre. Il était assez tôt pour que je puisse me préparer convenablement pour la seconde journée de cours et partis avant que mes fils qui étaient dans le salon, ne puissent m'intercepter et me questionner. J'avais mis un haut avantageux ainsi qu'une jupe jusqu'aux genoux et des bottes hautes à talons. Ma coiffure était une couette lâche. Je mis mon long manteau en cuir pour ne pas être questionné par les élèves et repris mon apparence humaine. Lorsque j'arrivai, je pris la direction de ma voiture qui était resté là toute la nuit et y pris mes affaires de cours pour me rendre dans ma classe d'espagnole. Je pris soin de paraître sur de ce que je voulais et avec quelques sourires et clins d' œil par ci par là… Je vis plusieurs garçons sourire bêtement. L'avantage d'avoir un beau physique était qu'ils tombaient tous dans le panneau, ces pauvres faiblards d'humains. Pendant toute la journée, pleins de filles vinrent me voir ainsi que quelques garçons pour me poser des questions sur la nouvelle collection que j'allais sortir ainsi que pour me dire combien ils adoraient ce que je faisais. D'autres venaient pour me dire leurs surprises de voir que c'était une jeune femme de leur âge qui dessinait si bien et qui créait toutes ces merveilles. Je leur répondais avec un sourire avenant et joyeux en parlant de ma passion pour la création de vêtements. Un moment, je pris le temps de parler à mes fils pour leur demander de ne pas me questionner et de me pardonner de les avoir laissés en plan chez les Cullen. Ils me dirent que ce n'était pas bien grave et de venir les voir lorsque je ne me sentirai pas bien à nouveau. Je les serrai dans mes bras et retournai à mes cours. À la fin de la journée, je retrouvai mes fils sur le parking et leurs demandai s'ils voulaient venir chasser avec moi. Ils hochèrent de la tête et nous prîmes la voiture pour aller à Seattle sans un regard pour les Cullen qui nous regardaient partir avec des airs mitigés.
Un mois était passé désormais. La nouvelle collection avait fait sensation partout dans le monde d'après les magazines de modes. Dans toutes l'Europe, l'Asie, la Chine, le Japon, l'Amérique toute entière! J'en étais immensément fière je dois dire. Mon compte en banque se remplissait à chaque seconde, chaque minute et chaque heure. Il y en avait tellement que je n'aurai pas à travailler pendant de nombreux siècles et être encore riche! L'opération : éradication d'Alice par contre avançait plus lentement. Enfin, c'est ce que je me disais avant…
Tout le monde était parti à la chasse sauf moi, Alice et Edwards. Mais, comme je l'avais décidé à la dernière minute, je savais qu'Alice ne m'avait pas vu dans l'une de ses visions. J'arrivai une demi-heure à l'avance avant que tous ne reviennent au Manoir Cullen.
