Les mots de Logan :
Petite astuce d'ambiance musicale, je vous conseille d'écouter Globus - Crusaders of the light lorsque j'écris la phrase :"C'est alors que mon attention fut attiré ." dans le premier long paragraphe, en milieu de page ( elle sera en gras ). Bonne lecture =)
- Salut liliconnor, merci beaucoup pour ton commentaire, ça m'a vraiment fait plaisir. Non, je ne comptes pas faire d'autres points de vues, du moins, tant que maintenant. Peut-être plus tard, dans une suite si mon récit plaît vraiment. Pourquoi pas ?! =) Et pour savoir quand à son imprégné(e), je te laisse le loisir de lire la suite que je publierais peu à peu. Au fait, tu as eu un messages en réponses à l'un de tes commentaires par Morphy sur le chapitre 1. Il me reste à te souhaiter une bonne lecture et biz
- Merci Morphy pour tes commentaires sur chacun de mes chapitres =)
Bonne lecture biz
- Merci également à tous les gens qui me suivent et restent discrets. Biz à tous et à toutes =)
Je me réveillais. Mes jambes me donnaient l'impression d'avoir été compressée toute la nuit. Je me souvins alors que j'avais sombré dans le sommeil avec mon jeans. Je l'ôtais donc et rejoignis la douche. Pour une fois, je prenais encore plus de temps que d'habitude. Alors que je me shampouinais le haut du crâne, quelqu'un fit irruption dans la pièce. J'eus à peine le temps de me couvrir de ma serviette, que la porte de la douche coulissait déjà.
-Eh bien, tu en mets un de temps pour nous rejoindre.
C'était Jake. Paul se trouvait dans son dos, les bras croisés. Ils riaient tout deux.
-Euh, ben je ne sais pas, il est quelle heure ?
-Il est juste midi, me répondit Jake en croisant les bras et inclinant la tête sur le côté.
-Merde, m'écriais-je en manquant de laisser tomber ma serviette, la rattrapant du mieux que je pus.
Paul intervint.
-Logan, on est des loups, quand on redevient humain, on se voit tous nus, ça arrivera forcement à un moment où l'autre. Dit-il en clignant de l'œil.
-Peut-être, mais je préfère éviter de le faire tant que maintenant. J'ai encore un peu du mal à ce niveau-là, je suis plutôt ... pudique.
-Comme tu veux.
Ils se retournèrent le temps que je m'essuie vite et noue l'essuie autour de ma taille. Une fois cela fait, ils me regardèrent à nouveau et s'assirent sur le bord de la baignoire, pendant que je me dirigeais vers l'évier. Je me saisis du gel à raser et m'en barbouillais le visage. Le silence régnait pendant que je me rasais. Je regardais discrètement dans le miroir les visages de mes amis qui me semblaient comme préoccupé. Je me décidais donc à briser leur mutismes.
-Vous ne savez pas comment ça va se passer tout à l'heure avec la chamane ?
Jake lâcha Paul du regard et se concentra sur moi pour me répondre.
-À vrai dire, on ne sait pas vraiment. M'avoua-t-il l'air mal à l'aise. On nous a seulement dit de venir, que tu aurais sans doute besoin de notre soutien.
-C'est rassurant, dis-je de manière sarcastique.
-On est pas plus rassuré que toi, bien au contraire, on se fait vraiment du soucis pour toi, jamais nous n'avons eu à faire à un autre être surnaturel en dehors des vampires. Personnes dans la meute ne sait ce qu'il va advenir. La chamane ne dit rien qui puisse nous rassurer.
Je me retournais et leur fit face. Jusque là, je ne les avais regardé que via le miroir. Lorsque je vis leurs yeux bruns, j'eus l'impression qu'ils fouillaient au plus profond de moi, de mon âme. Je vis également tout le soucis qui les avait envahis depuis un petit temps. C'est comme si cette émotion s'était gravée au plus profond de leurs iris. Je reposais le rasoir et me plaçais, bras écartés au centre de la pièce.
- Ne vous en faîtes pas, je suis solide, ce n'est sûrement pas elle qui va réussir à me mettre à terre, dis-je un léger sourire au lèvre. Et puis, même si il devait m'arriver quelque chose, ne croyez surtout pas que je vais vous laisser. C'est absolument hors de question.
Contre toute attente, Paul se dressa et vint se jeter dans mes bras. Lorsqu'il me lâcha, il me décocha juste un sourire et me tendit mon rasoir.
-On va vraiment être en retard. Me prévint-il.
Je me remis donc à la tâche en me rasant de nouveau, mais à contre-poil cette fois pour avoir la peau douce à souhait, certes, je mettais deux fois plus de temps, mais le résultat en valait la peine. Une fois cela fait, je me saisis de mon boxer, qui se trouvait sur l'armoire derrière moi et commençais à l'enfiler. Je réalisais alors que depuis que Paul m'avait pris dans ses bras, il m'avait confisqué mon drap de bain. Ce qui fait que, depuis 5 bonne minutes, j'étais entièrement nu en face d'eux. Je leur fit face. Jacob était rouge, tellement il se retenait de rire. Paul, quand à lui, tenait l'essuie en boule, un air satisfait sur le visage.
-Comme ça, c'est chose faite, me dit-il en souriant.
Je ne me vis pas, mais je me sentis rougir comme jamais auparavant. À noter qu'il avait raison. Ainsi, je n'aurais plus à me soucier de cette futilité lorsque je patrouillerais avec eux. Même si je n'appréciais pas sa technique de désensibilisation. J'enfilais donc mes vêtements tout en demandant à ce dernier.
-Le câlin, il était sincère ou c'était juste pour pouvoir me mettre à nu, dans tout les sens du terme.
-Un peu des deux je dois dire. Dit-il.
Tout trois, nous explosâmes de rire. Cela me fit un peu déstressé avant le rendez-vous avec la chamane. Jake se leva et regarda sa montre.
-Maintenant que tu es prêt, je pense que l'on peut y aller. Ce n'est quand même pas tout prêt.
-À ce point ?
Jake opina et sortit, bientôt suivit par Paul et moi-même. Nous sortîmes alors de la maison, après avoir, bien entendu, salué Émilie, qui me tendit un sandwich au saumon fumé tout en me faisant la bise.
Le trajet fut, en effet, assez long. J'eus le temps de manger mon déjeuner sans peine, tout en laissant mon regard se poser sur le paysage. Le temps s'écoula. D'abord 20 minutes, puis 40 et enfin 1 heure. Je repensais alors que sur toute cette distance, Paul m'avait sans doute porter. Je le plaignais, le pauvre. Tout en pensant à lui, je le regardais, ou plutôt regardais son dos car lui et Jake marchait devant tout en se jetant quelques bribes de phrases, ainsi que quelques regards. Sans doute discutaient-ils de ce qu'il allait bientôt se passer, même si ils n'avaient guère plus d'infos que moi.
Après plus ou moins 5 minutes, ils s'arrêtèrent en haut d'une petite colline et me firent face. Je les rejoignis donc et regardais en contre-bas. La chamane était là, assise à côté d'un feu, se penchant parfois à droite, parfois à gauche. Il me semblais distinguer ses lèvres remués assez rapidement. Je me dis qu'elle devait psalmodier quelque chose pour les flammes. À côté d'elle, se trouvait un rocher, assez imposant et qui me semblait lourd. En fait, elle s'était mise au centre d'un cercle qui n'était que faiblement tracé parmi les hautes herbes. Je repérais que chacun des éléments était représenté autour d'elle. Je cherchais alors Sam du regard, mais ne le vis pas, cela m'inquiéta quelque peu. Apparemment, Jake et Paul durent s'en apercevoir car ils posèrent tout deux leurs mains sur mes épaules tout en me faisant un signe de la tête, comme pour me signifier qu'ils étaient là pour moi. Je pris donc une grande inspiration et descendis la légère pente. À peine eus-je fais un pas que la vieille femme tourna la tête vers moi tout en me fixant de son regard vide. Je frissonnais.
-Tu n'as vraiment que ça à faire ? Être en retard alors que tu as rendez-vous avec les esprits ? M'agressa-t-elle de loin tout en se redressant.
Je pris alors mon courage à deux mains pour me rapprocher, et non pas m'enfuir dans le sens contraire, bien que cette envie soit la plus forte. Je n'avais de toute façon pas le choix, puisque mes amis me poussaient, légèrement, dans sa direction. Une fois arrivé près d'elle, elle m'attrapa par les cheveux, en arracha une poignée et les jeta dans chacun des éléments présents. Je me frottais le crâne. Cette vieille bique aurait tout de même put m'avertir, j'aurais amené une paire de ciseaux. Après avoir jeté les derniers cheveux encore restant dans sa main, elle revint près de moi et arracha les mains de mes amis de mes épaules. Mais elle ne s'attendait pas du tout à la réaction que Jake eut suite à cela. Alors qu'elle lui tenait le poignait, celui-ci s'en libéra et inversa la prise. La chamane redressa la tête et pour la première fois, je distinguais une expression de surprise sur ses traits ridés,.Cette expression la rendait on ne peut plus pitoyable et la vieillissait énormément.
-Ne vous avisez surtout pas de lui faire encore le moindre mal, la prévint Jake les dents serrées. Je me demandais même comment le moindre son avait put passer à travers cette barrière blanche.
L'ancêtre tourna la tête vers Paul qui, les bras croisés, confirma les dires de notre frère d'un simple signe de tête. Ce dernier la libéra et elle se frotta le poignet en signe de protestation, après quoi elle s'assit contre un des arbres alentours. Un silence s'installa, juste éraflé par le bruissement des feuilles et le chant de quelques oiseaux cherchant un partenaire. Je me décidais à rompre ce mutisme.
-Quand commence-t-on ? Je n'étais pas vraiment enthousiaste, mais plus vite l'on attaquerait, plus vite ce serait finit.
Elle ouvrit un œil et me « regarda ».
-Nous commencerons lorsque Sam sera arrivé. Décidément, vous vous ressemblez tous dans cette famille.
Un rire s'échappa de ma bouche, ce qui la fit froncer des sourcils et refermé son œil. Décidément, ce ne serait jamais le grand amour entre elle et moi. Lorsque je me retournais pour examiner les alentours, je vit Sam descendre de la colline tout en refermant sa ceinture. Il devait s'être transformé pour venir. Lorsqu'il me vit, il me salua en me frottant le haut du crâne .Il me prenait vraiment pour un enfant ou quoi ? Mais je songeais alors qu'il appelait la moitié de la meute : « ses garçons ». Peut-être me considérait-il inconsciemment en tant que tel. Cela ne me gênais guère de toute façon. Il remit également son bonjour à Jacob et Paul puis se tourna vers la chamane à qui il fit un bref signe de tête. Celle-ci, les yeux toujours clos, lui rendit son salut, puis se redressa en soupirant.
-Bien, puisque nous sommes tous là, nous pouvons enfin commencer. Elle se rapprocha de moi, me saisit par l'épaule et jeta un regard à Jacob qui la fixait d'un air plus que menaçant.
-C'est bon, je ne ferait pas de mal à ton petit copain, continua-t-elle en s'éloignant avec moi.
Cette réplique arracha un sourire à mes amis et les fit se détendre, bien que Jake ne put retenir un hoquet de surprise, immédiatement suivit d'un sourire. Elle me plaçât là où elle s'était retrouvées à faire son rituel quelques instants auparavant, tout en me forçant à me mettre en tailleur.
Une fois assis, je l'entendis crier en direction du ciel :
-Voici l'enfant dont je vous ais parler, jugez bon de lui accorder vos grâces et votre connaissance. En revanche, si celui-ci se trouve être un impure. Daignez utiliser ce feu pour faire rôtir son âme et nous protéger de son aura avilissante.
Elle regarda à nouveau droit devant elle et ignora nos regards réprobateurs suite à ses propos. Elle s'installa de nouveau contre son tronc et ferma les yeux. J'attendis, mais rien ne semblait se passer. Est-ce que je risquais vraiment de rôtir ? L'air était embaumé du parfum de l'encens qui brûlait à mon côté. La chaleur du feu, fort proche à mon avis, me plongeais dans une douce torpeur et je manquais de m'endormir. Soudain, je revins à moi lorsque la chamane cria :
-Alors écoutez, vous trois, vous vous mettez où vous voulez, mais il faut qu'il puisse vous voir lorsqu'il ouvrira ses yeux et que vous, vous puissiez les voir également. Toi, ajouta-t-elle en me désignant, tu vas essayer de te détendre et de ressentir chacun des éléments qui t'entoure.
Elle sembla ensuite plonger dans le sommeil. Je regardais alors mes amis qui me firent simplement signe de la tête avec un haussement d'épaule. Après avoir fixé chacun d'eux, je fermais les yeux. La première sensation qui m'envahit fut, au premier abord, la chaleur du feu. Je la sentais augmenter et diminuer. J'imaginais alors ce dernier qui croissait en intensité et diminuait par la suite. J'avais vraiment l'impression que c'était effectivement ce qu'il se passait. Je passais outre se détail et me concentrais alors sur les autres éléments. La pierre me donna du fil à retordre, mais au bout d'un temps qui me parut infiniment long, je finit par la sentir vibrer très légèrement. L'eau, quand à elle, me donna immédiatement une réponse lorsque je portait mon attention sur elle. Je ressentis un froid des plus apaisants. Il est vrai que c'était agréable après la chaleur du feu et la difficulté rencontrée face à la pierre. Il ne me restait plus que l'air, représenté, selon mes hypothèses, par l'encens. Jamais je ne réussis à en percevoir la moindre effluve. En revanche, je perçus avec une facilité effarante le parfum de mes amis. L'odeur plus forte de Sam, L'odeur discrète mais entêtante de Jacob et enfin l'odeur si douce et si caractéristique de Paul. Leurs odeurs se mélangeaient, virevoltaient, tournaient autour de moi. Entouré de la sorte, je me sentis bien et soupirais d'aise. C'est alors que mon attention fut attiré . Bien que j'avais toujours les yeux clos, je perçus une lumière persistante apparaître derrière mes paupières. Pas celles des éléments, qui s'en dégageaient désormais, mais une lumière, plus lointaine. Je voulus ouvrir les yeux, mais quelque chose m'en empêcha. La lumière devint de plus en plus forte et fut comme accompagnée d'une musique. La voir d'une telle intensité m'en coupa le souffle, j'avais le sentiment d'étouffer, l'air ne me parvenait plus. En revanche, je percevais toujours le parfum de mes amis, un peu plus fort. Ils étaient en train de se rapprocher, j'en fus certain lorsque je sentis la main de Paul se poser sur mon épaule. Alors que je me concentrais sur sa main, la lumière changea de teinte et sembla prendre forme. Lorsqu'elle eut atteint une coloration du rouge, le plus parfait que j'aie jamais vu, je distinguais qu'il s'agissait d'une femme, mais je ne pouvais fixer ses traits. Ils étaient beaucoup trop flou. Elle se rapprochait toujours, inexorablement. J'avais juste garder le contrôle de ma main gauche. Je m'en aperçut lorsque je la sentis se contracter autour de la main de Paul. Alors que je serrais de plus en plus fort, la forme colorée m'effleura le front. Une chaleur intense m'envahit alors, des images se formèrent dans ma tête. Je voyais des gens, de toutes sortes, manipuler les éléments, à leur guise et avec aisance, dans cette ville qui m'était apparue. Alors que je commençais à discerner, de mieux en mieux, les images, tout devint noir. La femme réapparut tout à coup. Son index, toujours posé sur mon front. Lorsqu'elle le retira, elle m'embrassa doucement le bout du nez et se retira. Lorsqu'elle disparut et que seule lumière du feu perdura, je tentais de nouveau d'ouvrir les yeux, ce que je réussis. Lorsque mon regard se posa sur mes amis, ceux-ci étaient à genoux, devant moi, la mâchoire pendante de stupeur. Alors que je voulais me redresser, j'entendis un bruissement derrière moi. Mes ailes étaient de sorties, sans que je leur ai donné mon avis. Mais, ils les avaient déjà observées. Je ne comprenais pas leur réaction. Lorsque je me tournait pour voir ce dont il s'agissait, mon regard se posa à la surface de l'eau et me fit hoqueter de surprise. Mes yeux étaient différents. Du brun rayés de strie noires, ils étaient en l'espace d'un instant devenu vert, avec de légères teintes dorées par endroits. Alors que je redressais la tête pour m'adresser à mes amis, la chamane se mit sur pied avec une rapidité fulgurante et me rejoint. Un geste si rapide qu'il me déconcerta et me fit taire.
- Ne dis rien, tu es toujours en vie, c'est donc que tu as passé l'épreuve. Maintenant, tu va essayer de contrôler chacun des éléments qui t'entoure. Lentement d'abord.
J'obéis, m'attaquant d'abord au feu. Je l'imaginait, diminuant et augmentant en intensité, mais l'effet qui survenu fut légèrement plus important que ce que j'avais espéré. Une véritable colonne de feu, d'une dizaine de mètre ,s'éleva dans les airs. Pris de surprise, je fus déconcentré et la colonne disparut dans un léger tourbillon des flammes. Je n'osais pas faire le pas avec les autres éléments. Et si la réaction qui apparaissait était pire que celle-ci ?
La chamane semblant deviner mon hésitation, m'enjoignit avec véhémence de continuer. Je me tournais alors face à la pierre, qui se brisa sans même que j' eus le temps d'imaginer avec précision ce que je désirais lui faire. Cette réaction m'arracha un sourire et me poussa à m'attaquer à l'air. Je jouais alors avec le vent, le faisant augmenter en force, diminuer, tourner autour de mes amis, virevolter autour de moi. Je m'amusais. Je tentais également de faire se faufiler une légère brise entre mes plumes, ce qui me chatouilla légèrement. Jusqu'où pouvais-je donc aller ? Lorsque je me tournais vers l'eau, je sentis sa froideur m'envahir, j'eus l'impression que celle-ci augmentait progressivement. C'est alors que je réalisais que la pluie s'était mises à tomber. D'abord à faible goutte, puis de plus en plus fort. J'essayais de ne pas aller trop loin puisque, l'image de la tempête qui avait frappé lorsque j'avais attaqué la Sangsue, s'imposa à moi. Je me mit alors sur mes pieds, enfin, je devrais plutôt dire que je décollais légèrement du sol. Lorsque je jetais un regard à la vieille femme, celle-ci me fit signe de monter un peu plus haut. Je me concentrais alors et donnait un grand coup d'aile qui me propulsa une dizaine de mètre plus haut, la pluie continuant de tomber faiblement. Quelle sensation merveilleuse, être libéré de l'influence de la pesanteur, ne plus devoir subir sa contrainte et pouvoir me diriger où bon me semble, sur la terre comme dans les airs. Je bougeais, de droite à gauche, d'avant en arrière, sentant bouger chacune de mes plumes suite au souffle du vent, d'abord peu à peu, puis avec des mouvements de plus en plus brusques. Je tentais alors quelque chose d'insensé, du moins pour un débutant, mais mon cœur m'ordonnait d'essayer cette expérience à tout prix. Je m'élevais , donnant des coups d'ailes puissants, montant de plus en plus, franchissant les dizaines de mètre comme un enfant, qui découvre le saut, le fait par centimètres. Alors que j'atteignais une bonne centaine de mètre, je baissais les yeux et discernais mes amis plus bas. Même à cette distance, je pouvais percevoir leurs émotions. Ils étaient heureux de me voir, si libre et enfin revêtu de ma véritable apparence. Ils étaient également inquiet que je m'élance si haut pour mon premier vol, mais ce qui surpassa cela fut la confiance qu'ils m'apportaient. Alors que cette dernière sensation arrivait, je baissais mes barrières et me laissais envahir par ce bien-être, profitant de la moindre de ses sensations, me conduisant même à avoir un frisson qui parcourut mon corps en entier. Alors que cette émotion atteignait son apogée, je fis un salto arrière et chutait, tête la première, les yeux fermés, écoutant le bruit du vent frotté contre ma peau et mes vêtements. Le bruit évoluant presque comme un chant. Sentant la pesanteur gagné, peu à peu. Les gouttes d'eau m'accompagnant dans ma chute, se joignant à la chorale du vent. Alors que je descendais, je finis par ré-ouvrir les yeux, le sol se rapprochait de plus en plus. C'est alors que j'étendis mes ailes, au maximum . Cela eu pour effet de me faire raser le sol de prêt, mais sans le toucher. Quelque feuilles mortes s'envolèrent à mon passage et je finis par poser pied au sol, devant Jake. Celui-ci avait toujours la bouche grande ouverte, mais cette fois, je le voyais de plus prêt. Des larmes perlaient aux coins de ses yeux et une s'en échappa. Je lui souris. Il n'y avait pas que lui qui avait cette réaction . Paul et Sam étaient également touchés. Lorsque je regardais la distance que j'avais parcourus en chute libre, elles me montèrent également aux yeux. Mes amis se rapprochèrent et mes prirent tout les trois dans leur bras. Je repliais mes ailes pour qu'ils puissent m'enlacer entièrement. Quel bonheur.
- Bien, c'est pas trop mal pour un début, dit la Chamane en se rapprochant.
Elle se frottait l'avant-bras d'un air gênée.
- Je ne m'attendais vraiment pas à ce que tu en sois déjà à ce stade à ton premier jour, Je n'aurais même jamais pensé que tu puisses être du côté des bons, continua-t-elle .
Je ne répondis rien, mais me contentais de sourire. Un long silence s'installa, mais cette fois, personne ne chercha à le rompre, pas même moi. Après plusieurs minutes, vraiment nécessaire pour digérer ce qu'il venait de se produire, je posais une question :
- Qu'est ce qu'il va se passer maintenant ?
Je n'eus pas ma réponse immédiatement, mais la Chamane revint à elle et le répondit :
-Tu va devoir t'entraîner pour pouvoir contrôler ce cadeau. Pour cela, tu me rejoindras un jour sur deux ici et je t'entraînerais selon le savoir des anciens. Il a fonctionné aujourd'hui, alors pourquoi pas pour le reste du temps? Sa question n'entraînait, bien sûr, aucune demande de réponse de ma part. Maintenant, je veux que tu restes dans la nature à dormir pour la nuit. Ton entraînement commencera après-demain au lever du soleil. Ne sois pas en retard.
Elle pencha la tête en avant, se retourna et s'éloigna. Venait-elle de s'incliner ?
Non, ça ne devait sûrement pas être ça. Elle m'avait juste dit au revoir. Le fait qu'elle ne m'ait pas crié dessus en partant me surpris, mais je n'allais sûrement pas m'en plaindre.
Je me tournais alors vers mes amis qui n'avaient toujours pas dit un mot depuis que j'avais commencé l'expérience. Ils virent à mon regard insistant que j'attendais une réaction de leur part.
-C'est vraiment... commença Paul
-C'est tout juste..., continua Sam
-...Incroyable, termina Jake.
Je souris à cette réaction. Et fis mon possible pour faire disparaître mes ailes. La troisième fois, fut beaucoup plus simple que la première, sans doute avais-je juste besoin d'entraînement.
Sam sembla se ressaisir un instant et se frotta la nuque.
-Peut-être devrais-je rentrer. Émilie va s'inquiéter. De plus, j'en connais plus d'un qui est doit curieux de savoir ce qu'il s'est passé.
Je le regardais en biais.
-Quelle heure est-il ? Demandais-je.
Il consulta sa montre et me répondit: « 21h45 ». J'étais resté tout ce temps à faire l'expérience ? Je n'en croyais pas mes oreilles. Voilà pourquoi la vieille femme m'avait dit d'aller dormir. Il est vrai que je commençais à ressentir un coup de fatigue monumental. Je n'eus pas besoin de parler, Jake m'attrapa par l'épaule et me dirigea vers ce que l'on considérait désormais comme notre coin à Paul, lui et moi : « La clairière au saule ». Nous marchâmes en silence, tout le long du trajet, j'étais entre eux deux. Nous arrivâmes plus vite que prévu sur le lieu. Lorsque nous pénétrâmes dans l'ombre du grand arbre, les réactions de mes amis explosèrent, enfin, me dévoilant leur joie, leur curiosité, leurs inquiétudes lors de mon ascension. En bref, ils m'assaillirent de questions sur mon ressentis. Je leur répondis pendant ce qui me sembla être une heure, leur donnant le maximum de détails que je pouvais. Leur expliquant, les températures, la douceur des gouttes d'eau, la force de leur parfums respectif lorsqu'ils m'avaient envahis. Je n'omettais aucun détail. Une fois que j'eus finis mon récit, chacun de nous regarda les autres et nous tombâmes d'accord sur le fait qu'il était temps de dormir, qu'il y aurait encore de nombreuses questions pour le lendemain. Surtout suite au fait que Sam l'aurait sans doute raconté aux autres et qu'ils voudraient beaucoup plus de précisions. Paul s'avança donc vers les rochers, enleva son t-shirt et l'utilisa comme oreiller tandis qu'il se couchait sur le côté. Jake lui, se mit en boxer et plongea dans la source, sans doute voulait-il se rafraîchir les idées avant de dormir. Je ne pouvais pas l'en blâmer. J'aurais bien fait pareil, mais le sommeil était vraiment trop fort et me gagnait un peu plus à chaque seconde. Je me dirigeais alors vers Paul et enlevais également mon t-shirt. Un oreiller n'était vraiment pas de refus. Lorsqu'il m'entendit approcher, il se retourna sur le dos et me regarda. Je ne savais pas comment j'allais dormir cette nuit, mais une chose était sûr, nous finirions tous les trois collés l'un à l'autre, comme à chaque fois. J'avais envie de m'allonger à ses côtés. Était-ce ma logique qui me dictait de me coucher d'avance contre lui, afin de me tenir chaud durant la nuit ou étais-je simplement d'humeur câlin ce soir ? Je me décidais pour donner raison aux deux causes et m'allongeais donc à côté de lui, posant mon oreiller de fortune et ma tête sur son épaule. Mes bras étant replié entre mon torse et ses côtes, que je sentais bougé à chacune de ses respirations. Je serais encore mieux bercé que d'habitude si l'on s'endormait ainsi. Apparemment cela allait-être le cas puisqu'il ne protesta pas. Bien au contraire, un sourire s'afficha sur son visage tandis qu'il regardait vers les nuages qui passaient doucement dans le ciel.
-Bonne nuit, me souhaita-t-il.
-Bonne nuit, répondis-je en m'installant un peu plus confortablement.
Nous sombrâmes en même temps dans le sommeil, bercés par nos respirations mutuelles. Un peu plus tard dans la nuit, je me réveillais. Il y avait du mouvement dans mon dos. Jake venait enfin dormir. Je ne sais combien de temps s'était écoulé, mais il avait pris un long bain. Tandis qu'il cherchait à s'installer, je me mis sur le dos. Voyant que j'étais réveillé, il s'excusa.
-Il n'y à pas de problèmes, soufflais-je pour ne pas réveiller Paul qui ronflait légèrement.
À son regard, je vis que Jake était aussi câlin que Paul et moi, je ne l'aurais jamais cru venant de lui. J'aurais plutôt pensé qu'il était le genre d'amis à bien vouloir héberger tant qu'il y avait assez de lit. Je ne l'aurais jamais pensé aussi tactile. Il hésitait vraiment à s'installer. Je l'invitais donc en lui donnant la même raison que celle que j'avais donné à Paul quelques jours auparavant. Il sourit et s'allongea, sa tête reposant sur mon ventre. Je n'avais pas songé à cette manière de dormir, mais pourquoi pas après tout. Peut-être étais-je un bon oreiller. Si il le fallait, je sortirais mes plumes. Cette pensée m'arracha un sourire. Je n'étais pas qu'un simple oreiller, j'étais un oreiller à plume. "Trop la classe" pensais-je en riant intérieurement. Alors qu'il commençait à s'endormir, je posais ma main sur son épaule. Ce fut le dernier moment dont il fut conscient puisqu'il s'endormit très vite. Quand à moi, je restais encore un peu réveillé, réfléchissant et me remémorant la journée. Peu à peu, une nouvelle image fit irruption : « Lena ». Cependant, Morphée eut de nouveau raison de moi et m'emporta alors que j'émettais le souhait de pouvoir la revoir et discuter avec elle. J'avais quelques questions à lui poser sur son monde qui désormais, faisais un peu partie du mien. Finalement, nous dormions de nouveau, tous les trois, sur notre terrain. Aucun autre endroit ne pouvait être aussi agréable que celui-ci. Il était à nous. Demain serait sans doute une bonne journée, même si j'ignorais encore en quoi elle allait consister. Je m'endormis alors, avec pour pensée : « nous sommes trois âmes d'une même fratrie, dormant ensemble, chez eux ».
