Epilogue) Mises au point

Duo tourne la tête vers la porte de sa chambre.

Depuis que son "remplaçant" est venu lui parler il n'a cessé de retourner le pour et le contre dans sa tête.

Tout son amour pour Heero et aussi la crainte qu'il ressent à l'idée de le perdre. D'être la cause indirecte de sa mort.

Mais... les mots de l'autre sonnaient tellement vrai.

Heero était si triste également.

Jamais il n'avait vu tant de douleur dans son beau regard bleu.

Il a mal d'en être la cause.

Il ne peut le supporter.

Même vouloir le protéger n'excuse pas le fait de l'avoir blessé.

Une sorte de dégoût de lui même s'emparre peu à peu de son être.

Il considère son état puis prend sa décision.

La nuit est tombée depuis des heures.

Il n'y a plus aucun mouvement à l'extérieur de la chambre, il n'entend plus aucun bruit.

Sans doute dorment ils tous.

Un sourire se dessine sur ses lèvres.

Qu'ils soient endormis va favoriser ses projets.

Serrant les dents il se lève et se dirige vers la porte. Chaque pas est un véritable supplice mais il ne veut pas renoncer.

Il marque un temps d'arret une fois parvenu dans le couloir, pour reprendre son souffle. Il se remet ensuite à avancer, plus lentement.

Il ouvre avec précaution la porte d'Heero et entend le cliquetit d'une arme.

- C'est moi Hee-chan. Souffle t'il.

Il n'a aucune envie de recevoir une balle de son partenaire.

- Duo... mais...

- Je dois te parler.

Il entend bouger le japonais et la lampe de chevet s'allume. Heero le regarde, les sourcils froncés puis se lève et le rejoind en quelques pas, le soulève entre ses bras malgré ses protestations et le couche sur le lit.

- Tu n'aurais pas du te lever, tes blessures...

- Au Diable mes blessures, tu es plus important à mes yeux.

Heero détourne les yeux.

Heero

"A quoi joues tu Duo ? Je ne comprends plus rien..."

Duo tend la main vers lui, le regard implorant.

- Heero... je t'aime de tout mon être. Je ne veux plus jamais te faire de mal. Je... je n'ai jamais pensé que tu n'avais pas de coeur. Aucun des mots que j'ai prononcé n'était vrai. Tu as ma promesse.

Heero détourne la tête et se lève.

Duo sent son coeur se serrer.

Duo

" Heero... non, je t'en prie... pardonne moi..."

Le japonais lui tourne le dos un long moment, le laissant presque à l'agonie tant il est terrifié de se voir rejeté.

Puis il se retourne et pose enfin les yeux sur son compagnon. Il le voit trembler nerveusement.

- Duo...

- Je suis désolé Heero...

La voix du natté tremble, il ferme les yeux lorsque Heero tend le bras vers lui.

La main du japonais se pose sur sa joue. Doucement. Avec précaution.

- Duo, je t'aime. Tu n'as pas à t'excuser, je ne t'en veux pas. Ce serai plus à toi de m'en vouloir, je n'ai pas su te protéger.

Duo rouvre les yeux. Il presse sa joue contre la paume un peu rugueuse.

- Alors, disons que nous sommes quittes.

Heero sourit puis le soulève à nouveau.

Il aimerait le garder auprès de lui pour la nuit, mais les blessures de Duo sont encore trops récentes et il ne veut pas risquer de lui faire du mal sans le vouloir.

- Hee-chan !

- Je te ramène dans ton lit.

- Mais...

- Ne dis rien, je ne changerai pas d'avis. Nous aurons tout le temps lorsque tu seras guéri.

Duo ne proteste pas, il se laisse emporter et coucher sans dire un mot, mais ses mains retiennent celui qu'il aime. Heero s'en libère doucement et pose un baiser sur chacune d'elles.

- Heero...

- Dors, je te l'ai dit, nous avons tout notre temps.

Mais les mots sonnent faux, même s'ils essaient tous deux de s'y accrocher.

Comment croire au lendemain en temps de guerre ?

Comment croire en l'avenir quand on a vécu ce qu'ils ont vécu ?

- Oui... Murmure Duo faiblement.

Un dernier échange de regard puis Heero se retire et Duo ferme les yeux.

Dans une autre chambre Quatre met fin à une longue conversation et se réfugie contre Trowa, un demi sourire sur les lèvres.

- Alors ? Questionne le garçon aux yeux verts.

- Il m'aime toujours... ce n'est pas pour me rejeter qu'il fait cela, mais pour me donner plus de liberté...

- Tu vois... Sourit Trowa.

Quatre ferme les yeux.

- Oui... j'avais tort de douter. Lorsque tout sera fini, je lui présenterai mes excuses.


Voila, "Voir au delà" se termine, mais les aventures des G-boys et de Seïs se poursuivront un jour dans un autre texte encore en préparation qui aura sans doute pour titre "Retour de flammes".

A bientôt.

Hahn tah Yhel