Merci pour vos coms et je vais prendre le temps de répondre à certains.

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A aurored, j'ignore si tu es déjà tombée amoureuse mais dans l'affirmative, as tu réussi à lutter contre tes sentiments pour la personne en question. Si oui, tu ne devais pas être profondément éprise. Tony est tombé amoureux de Jeanne et ce n'était pas stupide parce que, pour lui, c'était la première fois où il était si épris. Mission ou pas, il était avant tout un homme qui venait de rencontrer celle qui faisant battre son cœur pour la première fois. Ensuite, pour le côté stupide, je parle plus de son comportement vis à vis de ses collègues (le côté Peter Pan selon Kate). Enfin, si les persos ne sont pas capables de discuter, c'est que je l'ai voulu ainsi et puis Gibbs et Tony se sont pas connus pour être de grands bavards sur leur vie intime.

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A joy01, merci d'avoir la même vision que moi, je pensais être une des rares à penser que Tony était mésestimé. Avec cette fic, je règle un peu mes comptes avec les scénaristes, j'ai fait un portrait de Tony tel que je voudrais qu'il soit présenté. Mais ce n'est que mon désir personnel.

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Ceci dit, voici un nouveau chapitre dont je vous souhaite bonne lecture. Et comme toujours, vos avis sont les bienvenus.

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Chapitre 8 : Remise en question

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Tony avait entendu l'ascenseur et supposé que ces deux anciens partenaires avaient enfin quitté les lieux. Il poussa un soupir et se passa les mains sur la nuque. Il n'en pouvait plus de les voir, les uns après les autres, défilés à son bureau pour tenter de le dissuader d'accepter la mission. Après Gibbs qui avait fait des pieds et des mains auprès de la directrice pour la persuader de renoncer à cette collaboration, la désapprobation muette de McGee et la tentative avortée de Ziva il y avait quelques minutes, il ne savait plus qui vouer au diable.

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Ils avaient tous une bien piètre opinion de lui pour croire qu'il leur suffisait de quelques paroles pour le détourner de son devoir. Il n'y avait pas que Gibbs qui pouvait s'enorgueillir de respecter la foutue devise des marines sans jamais faillir. Bon sang, il n'était pas dieu le père, tout de même. Et même si ce slogan ne s'appliquait pas à Tony, il avait embrassé la carrière d'agent fédéral comme celle de flic dans l'intention de faire respecter la loi et de protéger ses concitoyens. Et ce n'était pas parce qu'il était civil au sein de la marine qu'il n'avait pas à cœur de retrouver les assassins de ses membres.

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Il avait très bien compris les raisons qui avaient amené Fornell à faire appel à eux. Son sens du devoir n'avait peut être pas la même origine mais le décès de deux agents fédéraux avait suffi pour le persuader de collaborer avec le NCIS. Il n'était pas autant réfractaire à cette union que Sachs qui, lui, ne pouvait pas le supporter. Leur première rencontre n'avait pas eu lieu sous les meilleurs hospices et Tony n'avait rien fait pour se faire apprécier de Sachs. Au contraire, le fédéral ayant décrété d'emblée que Tony était coupable, ce dernier avait tout fait pour l'agacer. Mal lui en avait pris cependant puisqu'il avait fini en prison pour un temps à la grande joie de Sachs.

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C'est avec remords aussi qu'il avait finalement accepté le poste de chef d'équipe que Jenny lui avait proposé. Autant celui qui devait l'envoyer à Rota ne lui convenait pas, autant celui-ci qui ne l'éloignait pas de la capitale lui avait paru plus intéressant. Il lui permettait de rester dans une ambiance qu'il avait appris à aimer. Et pourtant, depuis quelques jours, il se demandait si son choix était judicieux. Non pas que reconnaître son mérite en lui accordant une promotion ne le réjouissait pas mais l'avoir obtenu pour ensuite essuyer toutes sortes de remarques amères de ses anciens partenaires était quand même dur à avaler.

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Il pensait que chacun d'eux serait content pour lui et c'était tout le contraire qui s'était produit. Et par dessus le marché, McGee s'était à peine caché de dire qu'il ne le pensait pas capable d'assumer ce poste. Il l'avait déjà laissé entendre à une occasion mais là, le faire devant la directrice, il en avait été chagriné même s'il n'avait rien dévoilé de ses sentiments véritables devant McGee et Ziva. Il lui avait fallu toute sa volonté pour rester impassible sous les remarques exprimées par ceux qui, encore quelques jours auparavant, étaient ses collègues qui comptaient sur lui pour assurer leurs arrières.

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Finalement, il n'y avait qu'Abby qui s'était réjouie pour lui et lui avait dit. Elle avait passé sa première soirée de « patron » avec lui, ils avaient mangé dans un restaurant chic où Tony l'avait invitée. Ils étaient rentrés assez tôt, l'italien ayant raccompagné la gothique. Une fois chez lui, il avait saisi la première bouteille d'alcool qui lui était tombée sous la main et il avait tenté de se saouler mais même ça, il l'avait abandonné à la seconde gorgée. Le liquide ambré avait terminé dans l'évier de la cuisine et à la place, il avait choisi d'aller courir jusqu'à épuisement.

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Sa première nuit en tant que patron d'équipe n'avait pas été joyeuse. Il n'avait pas passé une aussi mauvaise nuit depuis celle qui avait suivi son départ de chez Gibbs. Des pensées négatives ne cessaient de tourbillonner dans sa tête, toutes lui disant qu'il n'était pas fait pour être leader d'une équipe. Et puis, au petit matin, il avait décrété qu'il ne tenait qu'à lui de prouver à tous ses détracteurs qu'il pouvait être aussi bon que Gibbs, même meilleur parce qu'il n'avait pas encore fourni la meilleure part dans son travail. Jusqu'ici, il s'était contenté de faire de son mieux pour obtenir l'approbation de son patron. Aujourd'hui, avec sa promotion, cet obstacle n'était plus là et il pourrait donner le meilleur de lui.

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Sa rupture avec Gibbs l'avait certes mis KO mais il se devait de démontrer à tous, y compris à Gibbs, qu'il pouvait être fier d'avoir permis à son bras droit de monter en grade sans en rougir. Il savait qu'il était capable de faire beaucoup, il l'avait prouvé à maintes reprises au cours de sa carrière de flic. Il serait peut être capitaine, qui sait, s'il avait appris à fermer sa grande gueule un peu plus souvent. Mais ses fréquentes prises de position, pourtant justifiées, lui avaient plus d'une fois fait rater une promotion méritée.

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Il devait reconnaître qu'apparemment, ces avancements avortés ne lui avaient pas appris à se taire. Sa tirade à l'intention de Ziva était largement méritée selon lui mais il ne voulait pas attristé sa consœur. Mais la piètre opinion que l'officier du Mossad avait de lui l'avait aussi ulcéré. Elle ne cessait de le mettre en boîte mais comme les autres, elle s'arrêtait à la façade qu'il donnait et ne grattait pas la surface.

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Même Gibbs s'était cassé les dents sur sa carapace. Jamais, il n'avait demandé à Tony quels étaient ses vrais centres d'intérêt en dehors de ceux qu'il étalait si largement au boulot. Seule Abby avait participé avec lui à certains de ses passe-temps. Elle avait gardé le secret promis et personne n'avait jamais soupçonné qu'il était autre chose qu'une encyclopédie du cinéma ou un don juan pour ses dames. Il gardait encore plus lui deux ou trois choses que même la gothique ne connaissait pas.

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Il avait pourtant vendu la mèche avec Ziva en disant qu'il jouait du piano. Elle avait eu l'air de croire qu'il se vantait de quelque chose pour se faire mousser mais la réalité était qu'il pratiquait cette activité assidûment depuis quelque temps. Il jouait lorsque les enquêtes lui en laissaient le loisir et ses auditeurs étaient des plus exigeants. C'était son jardin secret, ce qui lui permettait de faire abstraction de bien des horreurs rencontrées au cours de son travail sur le terrain, une soupape de sécurité en quelque sorte.

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Et cette petite parcelle était celle qui lui apportait à la fois beaucoup de joie et pourtant aussi beaucoup de chagrin. Il donnerait bien des choses pour soulager la souffrance qu'il voyait parfois poindre sur les visages des gamins qui luttaient avec acharnement pour survivre et affronter la maladie avec courage. A sa façon, il avait décidé de leur apporter un peu de bonheur en venant une fois par semaine jouer du piano pour eux. Voir les visages rayonnants levés vers lui lorsque la dernière note s'élevait dans le silence religieux lui était aussi précieux que l'amour que Gibbs lui avait donné en son temps.

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Qui avait jamais soupçonné que l'italien pouvait être capable de compassion au point de sacrifier certaines soirées au profit d'enfants souffrants ? Assurément, aucun de ses collègues ne le croirait assez désintéressé et généreux pour avoir un tel geste. Tous pensaient, à tort, qu'il était mal à l'aise avec les enfants, qu'il ne les supportait pas mais en fait, c'était tout le contraire. Mais pourquoi montrer cette facette de sa personnalité quand tout un chacun le croyait uniquement centré sur sa précieuse personne ? Du coup, il avait exagéré ce côté pour leur faire penser que tel était bien le cas.

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Alors, sous couvert de sortie avec une jeune femme, il cachait ce rendez-vous altruiste. Après tout, chacun de ses équipiers avait un secret caché au fond de son placard, il en était persuadé. Jamais Ziva ne lui avait expliqué d'où elle tirait ses cicatrices et ses brûlures, jamais Gibbs n'avait mentionné sa défunte femme et sa fille disparues, McGee n'avait jamais fait mention de sa sœur, Ducky avait certainement lui aussi quelques tâches troubles dans son passé et même Abby pouvait parfaitement tenir sous silence quelques actions.

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Pourquoi aurait-il à leur faire part de quelque chose dont il n'avait pas envie de discuter, ni de leur faire partager ? Ces quelques heures de bonheur volées sur le temps étaient un bien trop précieux pour le gaspiller avec de soi-disant collègues qui ne l'estimaient pas à sa juste valeur. Il resterait le secret le mieux gardé par DiNozzo le bavard.

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Avisant soudain l'horloge de son ordinateur, il réalisa que le temps avait filé et qu'il était tard. Il éteignit son poste, prit sa veste et décida de descendre au parking. Parvenu à sa voiture, il monta, démarra et prit le chemin du retour.

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Silencieusement, un autre véhicule lui emboîta le train sitôt la barrière franchit. Comme l'ombre qu'elle était devenue depuis plusieurs jours, elle fila derrière la voiture de l'agent fédéral, restant à bonne distance afin de n'être pas repérée. Arrivé à destination, son conducteur se gara, coupa le moteur et attendit de voir l'italien passer la porte de son immeuble. Quelques minutes plus tard, l'appartement illuminé lui apprit que l'homme venait de rentrer chez lui. Deux heures s'écoulèrent avant que le guetteur estime que l'agent fédéral ne ressortirait pas.

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L'extinction des lumières lui donna raison mais par prudence, il resta en faction encore une demi-heure. Sans mouvement de la part de l'italien, il jugea qu'il pouvait quitter son poste d'observation sans trop de danger. Ce qu'il fit en jetant un dernier regard vers l'immeuble qui abritait sa cible. Il démarra son véhicule et n'alluma ses phares qu'à bonne distance avant de s'infiltrer dans la circulation fluide de cette fin de soirée.

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Après l'introspection de Gibbs, celle de Tony se devait d'être faite également. J'espère qu'elle vous aura permis de comprendre quelques petites choses.

Le prochain chapitre sera un nouveau face à face Tony/Jethro avec encore une très grosse surprise. A+