Chapitre 9: Une solution sur un plateau... De sang
Est-ce que ça allait bientôt se terminer ? Dante savait pertinemment que Vergil allait lui en coller une, ou du moins le renier, lui pousser Nero dans les bras et lui dire de s'en aller pour toujours. Ça lui brisait le cœur rien que d'y penser, n'empêchait. Il avait retrouvé son frère après tout ce temps pour le voir s'éloigner à nouveau à cause d'une dispute, pour un jeune homme dont Dante n'aurait jamais voulu si son frère n'avait pas insister pour jouer avec. Maintenant, trop tard, le mal était fait et Vergil venait de perdre gros à son petit jeu. Dante ne se voyait pas comme un gagnant par contre, il aurait voulu que Nero finisse dans les bras de son frère, comme les choses avaient commencé. Il s'en voulait de s'être laissé prendre au jeu pour en finir par désirer le gamin plus qu'une soirée pizza et bières en compagnie de jolies filles, fallait que ce soit vachement fort pour faire changer Dante d'avis. Il avait donc prit sa voiture cette fois, n'ayant pas retrouvé sa moto encore, mais ce n'était qu'un vulgaire détail comparé à l'histoire de malade qu'il était en train de vivre. Si seulement il n'avait pas rêvé cette nuit-là, il n'aurait jamais revu Vergil, rien de tout ça ne serait arrivé. Les choses étant ce qu'elles étaient, impossible de reculer, il y avait trop de choses en jeu pour cela, fallait avancer et n'avoir peur de rien. Enfin, presque rien. « Vergil... J'te l'forcerai dans tes bras, mais tu vas pas t'séparer d'moi encore juste pour cette raison. » Chuchota-t-il pour lui même en se garant dans l'allée du manoir. La famille d'abord, son frère d'abord, puisqu'il ne lui restait que lui au monde maintenant.
Il fit son entrée dans le manoir et Vergil, il paraissait nerveux, lui servit un verre malgré tout. « Dis-moi, cher frère... Quel genre de marque fais-tu ? » Demanda Vergil en portant son verre à sa bouche, verre qu'il bu cul sec, oubliant ses bonnes manières habituelles pour une fois. Il redoutait tellement la réponse de son frère, mais avait très bien que ce n'était certainement pas Nero qui l'avait marqué aussi précisément.
« Comment expliquer ça... C'est raide, profond, franc... On peut pas vraiment l'rater, avec une petite courbe vers le bas. Quatre marques de griffe. » Lui décrit Dante. Exactement comme celle que Vergil avait tenté de faire à Nero, juste un peu moins brutale sur la profondeur. Exactement comme celle qu'il avait au bas de la nuque, d'ailleurs. « Dante... Je ne sais pas comment s'est arrivé, je ne sais pas si c'est réversible... Je ne sais pas... » Fit-il, la voix tremblante soudainement. « Hey, Vergil... » Appela Dante en se penchant vers son frère pour le soutenir. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Voulu-t-il s'informer, il n'avait jamais vu son frère comme ça. À vrai dire, personne au monde à part peut-être Nero, n'avait eu la chance de voir Vergil dans cet état. Chance était simplement pour décrire la rareté du sentiment visible, bien entendu. Vergil releva son regard dans celui de Dante et lui prit la main pour la conduire sur son épaule. « Constate... » Dit-il avant de guider sa main dans sa propre nuque, ne lâchant pas Dante du regard. « C'est à toi, je crois. » Termina-t-il en soupirant, avalant difficilement.
Dante s'étira pour regarder avec ses yeux. « Comment c'est arrivé ? » Est-ce que Dante y croyait ? C'était difficile à dire pour le moment. « Voyons comment c'est possible un truc pareil, Vergil ! » Se fâcha le chasseur de démon. « Dante... Je ne sais pas. Peut-être m'as-tu marqué alors que je poussais Nero hors de la portée de ta main. Dans tout les cas, je ne sais pas ce que nous devons faire à présent. » Répondit Vergil qui posait ses mains sur son visage, découragé. « Comment va Nero ? » Demanda Dante avant de s'aventurer dans le sujet principal. « Mal... Je ne peux plus le marquer à cause de ça. J'ai bien peur qu'il ne faille lui trouver un démon de confiance... » Se coupa-t-il, triste. « Qui saura le traiter aussi bien que je l'ai fait, qui l'aimera et qui jamais ne lèvera la main sur lui... » Dante regardait son frère qui avait les larmes aux yeux, il l'aimait à ce point. « Oh Vergil, si y'a un moyens d'arranger ça, j'le trouverai okay ? J'te l'promets. » Le rassura Dante en le prenant contre lui pour le serrer. « Ce n'est peut-être pas plus mal, que je passe ma vie avec toi... Mais je ne veux pas que Nero souffre, tu comprends ? » Fit Vergil en se laissant serrer, pour une fois qu'il n'était pas la figure rassurante, ça faisait un bien fou.
« Prends bien soin de Nero, le temps que j'trouve une solution. » L'averti Dante. « On va pas lui trouver un autre démon. Tu le veux lui, tu l'auras lui. »
« Ce que je t'aime Dante, tu le sais, n'est-ce pas ? » Demanda Vergil en relevant la tête pour déposer un baiser sur ses lèvres. Dante acquiesça d'un bref signe de tête, comment ne pas le trouver aimable quand il était comme ça ? « Moi aussi Vergil, t'inquiètes pas d'accord ? Ça va s'arranger. » Il le dit, mais n'en n'était pas certain à cent pour cent non plus. Une marque, est-ce que dans toute l'histoire des démons il y avait eu n'aurait été qu'un seul cas ou on pouvait annuler ça ? On parlait d'un marquage entre deux démon de même sang en plus, identiques... À se demander si la vie n'avait pas décidé de s'amuser un peu avec eux, la sadique ! « Comment je vais arriver à le garder tranquille, il en demande tellement. » S'exclama Vergil.
« J'peux plus le marquer non ? » Fit Dante. « Tu ferais ça pour moi ? » Demanda Vergil en le regardant. « Tu sais que j'ferais tout pour toi. » Dante fronça les sourcils, depuis quand parlait-il aussi ouvertement à Vergil ? Était-ce ce qu'ils partageaient en plus qui facilitait la communication maintenant ? Tant que ça n'augmentait pas... Augmenter dans le sens ou... Dante aimait mieux ne pas y penser. « Tu pourrais juste m'embrasser alors. » Conclut Vergil sur un ton de voix normal.
Dante se pencha en direction de Vergil et l'embrassa, refermant ses lèvres sur celles de ce dernier en posant sa main sur la nuque fraîchement marquée, puis approfondit immédiatement le baiser en fermant les yeux. -Qu'est-ce que j'suis en train d'f- Vergil laissa sortir un son d'appréciation qui empêcha Dante de réfléchir, préférant plutôt l'embrasser encore plus, s'assurant qu'il aime ce baiser, qu'il en redemande même. Il se recula, sonné. « Et bien Dante, j'ignorais qu'un jour tu m'embrasserais comme ça... » Constata Vergil en levant un sourcils. « C'est venu tout seul, c'est cette marque j'en suis certain. » Répondit-il, légèrement embarrassé quand-même.
Dante resta là à serrer son frère contre lui en réfléchissant. « Peut-être que Trish peut m'aider, je vais lui demander. C'est son genre de fouiller partout pour trouver des réponses. » Finit-il par dire. « Bien, je compte sur toi pour lui raconter l'histoire dans son intégralité alors. » Répondit Vergil en lui caressant les cheveux brièvement. « Je dois aller aider Nero à passer à travers encore une fois. Il peut facilement tenir deux, voire trois heures sans qu'on le touche à chaque fois. » Dante eut un sourire, rien de méchant, mais il ne pu s'empêcher de faire un commentaire déplacé. « Dire que si c'mec était une femme, il aurait des centaines d'hommes à ses pieds à l'heure où on s'parle. » Vergil se contenta de sourire. La tâche était ardue, elle demandait beaucoup d'énergie au démon, mais le chasseur de démon avait dit qu'il l'aiderait lui aussi. Assouvir les besoins de Nero devait être considéré important jusqu'à ce qu'ils trouvent une solution pour annuler, voire même transférer, qui savait, la marque faite par Dante.
XXX
« Ça va ? » Fit un Dante au salon qui avait attendu Vergil. « Il dort enfin, je l'ai épuisé. » Répondit-il sérieusement. « Viens relaxer à ton tour. Quand il aura besoin j'irai okay ? » Vergil vint s'asseoir sur le sofa et se colla instinctivement à Dante qui passa ses bras autour de lui. « Oui. » Ajouta Vergil en embrassant brièvement l'épaule de son frère pour poser sa tête dessus ensuite. « Nous n'aurons jamais de temps pour nous, à ce rythme. » Affirma Vergil d'une voix fatiguée. Dante ne répondit pas, un peu sous le choc que ce dernier prenne la chose aussi simplement. Pas question de faire quoi que c'était avec Vergil... Enfin, il l'espérait, même si tout au fond de lui, il avait bien envie de passer un moment avec lui, rien qu'avec lui. « Repose-toi donc un peu. » Lui conseilla Dante en le laissant s'appuyer contre lui. Dès que Nero aurait besoin d'aide, Dante n'aurait pas besoin de réveiller Vergil, il pouvait s'en sortir très bien tout seul de toute façon.
Ça avait certainement été une surprise pour Dante de se rendre compte qu'il n'avait pas marqué Nero, mais son propre frère, le truc improbable. Évidemment, les trucs improbables, c'était presque toujours pour lui, mais même en ayant l'habitude de ce genre de choses, Dante éprouvait de la difficulté à accepter et comprendre que maintenant, s'il ne trouvait pas rapidement un moyen d'annuler ça, ils allaient inévitablement se rapprocher. Jusqu'à quel point, Dante le savait, mais n'avait pas envie de se faire des images et c'était tout à fait compréhensible.
XXX
« Tu sais que tu me dois encore de l'argent ? » Annonça Trish en entrant dans le manoir après avoir suivi les directions données par Dante au téléphone. « J'en rajouterai autant que tu voudras, si seulement tu m'amène une réponse satisfaisante. » Répondit Dante en la menant au salon, où se trouvait aussi Vergil. Le plus calme des deux servit un verre à la grande blonde avant de retourner s'asseoir tout près de son frère sous l'oeil attentif de la dame qui connaissait dorénavant toute l'histoire. « J'ai dû faire quelques téléphones pour m'assurer que j'étais sur la bonne piste. » Dit-elle en goûtant le verre gratuitement offert par ses hôtes. « J'en suis arrivé à une seule possibilité... On dit qu'il n'y a rien d'impossible, c'est maintenant que je vais enfin savoir si ce dicton est vrai. » Ajouta-t-elle en souriant presque cruellement. Apparemment elle avait quelque chose pour eux, mais vu son attitude, ça n'allait pas être facile du tout.
« Qu'est-ce que c'est ? » Fit soudainement Vergil avec une pointe d'intérêt dans le regard. Dante lui, souhaitait seulement qu'ils puissent tenter l'idée de Trish avant que les choses n'aillent trop loin entre lui et son frère. Elle se leva, fit quelques pas dans le grand salon avant de se retourner face aux deux hommes inquiets. « Tout d'abord, il vous faudra me confier Nero. Aucun autre démon n'est en mesure de lui résister... Moi, je le peux. » Débuta-t-elle sur un ton autoritaire. « Cette mission va coûter cher, je n'ai que ça à dire. » Ajouta-t-elle avant que Vergil ne prenne la parole. « Je paierai tout ce qu'il faut, ne sois pas inquiète. » Elle lui fit un signe approbateur avant de poursuivre.
« Seul le sang pur de Sparda peut effacer une marque et ses effets. » Commença-t-elle, déjà ça s'annonçait presque impossible... « Il y a, de l'autre côté de la forêt qui longe la ville de Fortuna, un portail encore sur pied. Il n'est pas actif, mais peut être activé grâce à lui. » Dit-elle en pointant Vergil du doigt. « Ce dernier mène tout droit au domaine de l'ancien roi démon. Le chemin est réputé pour être impossible à faire. » Continua-t-elle. « Et ça veut dire quoi tout ton bordel hein ? » S'informa Dante. « Simple, dans ce domaine il y a une urne contenant du sang du chevalier noir Sparda. Conservé pendant des années afin de trouver un moyen de fabriquer une arme qui anéantirait toute l'humanité. »
« Et comment tu sais tout cela ? » Demanda Vergil. « C'est pas important. Il faut trouver cette urne, vous en boirez le contenu et vous redeviendrez purs ou du moins, tout redeviendra comme avant dans vos corps. C'était votre père, il n'y a rien de plus puissant que ça pour vous deux. » Termina-t-elle. « On peut tenter, on a plus grand chose à perdre... » Fit Dante avant d'être arrêté par Trish qui leva un doigt en l'air. « Il y aura sept épreuves à franchir, au moindre minuscule faux pas, le domaine vous sera impossible d'accès. » Renchérit-elle. « Ah ? De quelles épreuves parles-tu ? » Fit Vergil. « Les sept pêchers capitaux. Oui, le roi démon avait un penchant pour la stupidité humaine, il a donc fait de leur code de conduite, la clé menant à son domaine. » Expliqua-t-elle.
« Je vois... Qu'est-ce que tu sais d'autre qui pourrait nous aider ? » Demanda Dante. « Chaque épreuve sera séparée des autres. Admettons que vous entrez là où la colère est en tête, dans la prochaine partie elle ne comptera plus... Mais attention, il y a, dans tout ce bordel, deux des dix commandements de dieu qu'il ne faudra pas enfreindre. » Dante soupira, comme si ce n'était déjà pas assez con comme ça. « Je ne sais pas lesquels par contre, mais ils seront clairement visibles. »
« Laisse-moi deviner, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas. C'est à peu près tout ce qu'on va faire une fois là bas alors pourquoi faire simple hein... » Ajouta Dante. « Tu verras, j'en sais rien du tout. » Affirma-t-elle. « Où garderas-tu Nero pendant ce temps ? » Voulu savoir Vergil. « Je ne vais pas le dire, comme ça aucun danger qu'on me repère. » Répondit-elle. Vergil espérait vraiment qu'ils puissent réussir cela, sans quoi il devrait abandonner l'idée d'être avec Nero et ça lui était insupportable. « Bien entendu, tout ça et aussi les démons gardiens qui seront dans vos pattes, les tentations impossibles à détecter qui vous seront imposées et j'en oublie surement d'ailleurs. Je l'ai dit et je le répète, si vous ne craquez pas quelque part, alors je veux bien me mettre à courir nue dehors sur la place publique en criant que je suis complètement folle. » Ajouta-t-elle en souriant.
« J'te conseil de t'épiler alors, parce que moi et Vergil on va réussir. » Annonça Dante. « Faites gaffe les garçons... Et donnez-moi Nero que je le conduise en sécurité. » Fit-elle.
XXX
La forêt avait été longue à longer et comme il pleuvait à boire debout, le portail était probablement enfouis sous la vase à l'heure où les deux frères se dirigeaient à l'endroit précis que leur avait indiqué Trish. Il faisait froid et les jumeaux se suivaient à tour de rôle, permettant ainsi à chacun d'eux d'être protégés du vent momentanément derrière l'autre. Quand ils furent là où indiqué, Vergil sorti Yamato et Dante se mit à pousser la terre mouillée avec ses pieds, un peu partout à leur pieds. Finalement, une fissure avec autour, des écritures démoniaques. Ils n'eurent même pas à échanger le moindre mot, Vergil leva son épée bien haute avant de l'enfoncer dans la fissure, activant ainsi le portail qui forma un halo entre deux arbres juste en face d'eux. Ce que Vergil avait longtemps rêvé de faire dans le passé se produisait enfin, mais cette fois pour des raisons différentes; Sauver l'amour qu'il portait pour Nero, aidé de son frère. Dante lui, le faisait avec l'espoir d'être enfin reconnu entièrement par Vergil, qu'il cesse de toujours lui jouer dans le dos pour son maudit pouvoir. Cette fois, il croyait vraiment que Vergil avait renoncé à ce maudit pouvoir et voulait lui donner une chance, mais aussi poser ses yeux sur le manoir de l'ancien démon, toucher le sang de son père en consolation de ne l'avoir touché pour de vrai assez longtemps en chair et en os. La paix dans son esprit, c'était sa motivation à lui.
« Après toi, cher frère. » Fit Dante en écartant la main à sa gauche pour le laisser passer en premier. Vergil rangea Yamato et courut dans le portail, suivit de Dante. Comment cela allait-il se terminer ? Est-ce que l'un des deux frères reviendrait seul ? Reviendrait-ils tout les deux ? Ou pire...
