Chronologie: 7 décembre - 8 décembre 1981.


Huitième chapitre : Préparations

« Bientôt Noël... Cette période de l'année où

l'on ne songe plus au passé ni au futur mais rien

qu'aux présents ! »

- Antoine Chuquet.


— Nous vous ferons parvenir un hibou avec notre réponse, annonça Heïlen au mage marieur.

Celui-ci approuva d'un signe de tête et leur dit au revoir. Main dans la main, elle et Sirius rejoignirent la rue principale du Chemin de Traverse. Il était un peu plus de dix heures et c'était le troisième mage qu'il venait de voir depuis le matin.

— Il est bien celui-là, dit Heïlen alors qu'ils prenaient la direction du monde moldu.

— Mh peut être, répondit son amoureux.

— Sirius ! s'agaça-t-elle en s'arrêtant. Tu as dis ça pour les deux autres mages qu'on a été voir ce matin !

— C'est parce qu'ils ne me plaisent pas ! répondit-il.

— Il va pourtant falloir que tu te décides, se radoucit-elle en caressant sa joue. Car ceux sont les seuls de la région !

— On est vraiment obliger de faire appel à un mage marieur ? demanda-t-il alors qu'ils reprenaient leur promenade.

— Oui dit-elle, sinon le mariage ne vaut rien.

Sirius ne répondit pas. Ils s'engouffrèrent dans le bar du Chaudron Baveur et se retrouvèrent de l'autre côté, dans le monde moldu. La neige avait commencé à tombée il y a quelques jours et le sol était recouvert d'un joli duvet blanc. Mais avec les températures exceptionnellement basses pour la saison, la neige se transformait bien vite en glace et le sol devenait glissant par endroit. Attrapant fermement le bras de sa fiancée, Sirius la guida dans une rue commerçante moldue.

— Lily m'a dit qu'elle voulait que Harry ait des jouets des deux mondes, dit-il doucement pour que seule Heïlen entende.

La jeune femme hocha la tête et emmena Sirius dans la première boutique qu'ils trouvèrent. L'endroit était chaleureux, décorait par des dizaines et des dizaines de Père Noël, tous dans des positions différentes. Il y avait aussi un grand sapin qui trônait au centre de la pièce, entourait par plusieurs enfants qui le fixaient avec émerveillement. Heïlen sourit devant ce spectacle. Elle aussi aimait beaucoup cette période de fêtes. Cela lui rappelait tellement son enfance avec Franck...

— Heïlen ! la héla Sirius de l'autre côté d'un rayon. Regarde !

Elle s'approcha de lui et constata qu'il avait trouvé une petite boîte de construction qui permettait de fabriquer un avion. Elle retourna la boîte et se rendit compte que la construction était vraiment très complexe pour en enfant d'un an.

— Harry est trop petit pour ça, dit-elle à son amoureux.

— Je suis certain que Lily se fera un plaisir de construire ce truc !

— C'est un avion chéri, sourit Heïlen. C'est grâce à ça que les moldus peuvent voler.

— Comment tu sais ça toi ? s'étonna-t-il en la fixant.

— Quand j'étais petite, expliqua-t-elle avec un sourire nostalgique. Le père de Franck nous amenait souvent dans ce monde. Il voulait que son fils en apprenne plus sur ses origines et parfois il m'amenait avec eux.

Sirius déposa un baiser sur son front pour marquer son soutien. Il savait que c'était difficile pour elle d'évoquer son cousin. Mais un mois avait passé et elle semblait mieux gérer sa souffrance.

— On le prend, décida-t-il.

Ils achetèrent encore quelques peluches et payèrent leurs achats grâce à la monnaie que Lily avait fait convertir pour eux. Une fois sortit, Sirius repéra un coin isolé et envoya les paquets à leur maison. Voulant profiter encore de cette sortie en amoureux, ils s'arrêtèrent dans un petit café à l'abri du froid. Un serveur vint prendre leur commande.

— On a toujours pas fixer de date pour le mariage, dit tout à coup Heïlen.

— C'est vrai ! remarqua Sirius. En tout cas je veux qu'on fasse ça cet été !

— Le premier mage marieur a dit qu'il était disponible en juillet, souffla-t-elle.

— Alors on prendra celui-là, décida-t-il. Il ne nous reste plus qu'à trouver une date...

— Le 14 ! lança-t-elle en lui souriant. C'est la date d'anniversaire de notre rencontre.

— Le 14 juillet alors, souffla Sirius avant de l'embrasser.

Le serveur revint avec leur commande que le jeune homme s'empressa de payer. Il se dit qu'ils devraient remercier son amie pour l'argent.


[...]


Le soleil se couchait doucement à l'horizon lorsque James et Lily arrivèrent au quartier général de l'Ordre du Phénix. La jeune femme s'accrochait avec force à la main de son mari. Elle n'aimait pas venir ici. Cela lui rappelait de bien trop douloureux souvenirs, comme le jour où Dumbledore leur avait annoncé la prophétie...

— Tout ira bien mon cœur, lui souffla James avant qu'ils n'entrent dans la petite maison.

Lily lui fit un pale sourire avant de rejoindre ses amis. Il y avait aussi Arthur Weasley, qui venait pour la première fois. Lorsqu'elle était retournée au Terrier avec son mari et son fils, la jeune femme avait dévoilé l'existence de l'organisation secrète au patriarche qui s'était immédiatement porté volontaire. Lily avait bien vu que Molly n'était pas de cet avis, mais son mari avait réussi à lui faire changer d'avis. Ne pouvant venir à cause de ses enfants, la jeune femme s'était proposée pour garder Harry.

— Molly n'est pas très rassurée... souffla Arthur lorsque Lily s'installa à ses côtés.

— Ne t'inquiète pas. Elle est en sécurité au Terrier et toi tu l'es ici.

— Elle le sait. Mais tu sais comme moi qu'elle s'angoisse toujours beaucoup trop, lui répondit-il avec un petit sourire.

Lily n'eut pas le temps de lui répondre. Le professeur Dumbledore venait à son tour d'arriver. Elle sentit la main de James se glissait dans la sienne et y exerçait une légère pression. Sa présence la rassurait.

— Bonsoir à tous, commença-t-il de sa voix chaleureuse. Avant tout, je tiens à souhaiter la bienvenue à Arthur Weasley qui vient de se joindre à nous...

Les autres membres de l'assistance applaudirent le concerné qui leur souriait avec réserve.

— Sa femme, Molly, n'a pas pu se joindre à nous pour cette réunion mais elle aussi fait à présent partie de la résistance .. Maintenant, si je vous ai réunis ce soir c'est parce que j'ai de nouvelles informations. Il y a trois jours, les Aurors ici présents et quelques uns d'entre nous se sont rendus au manoir des Lestrange et des Malefoy...

— L'affaire n'a pas été facile à menée ! lança Fol Œil de sa voix bourrue.

— Et je m'en excuse Alastor, sourit le professeur Dumbledore. Toujours est-il que grâce à ça, nous avons découverts de nombreuses choses. Malheureusement, cela a mal tournée, ce qui explique l'absence de Kingsley qui se repose en ce moment même à Ste Mangouste.

— Les médicomages ont dis qu'il devrait sortir prochainement, ajouta une vieille dame que Lily avait déjà vu dans l'hôpital sorcier.

— C'est une très bonne nouvelle, consentit le professeur Dumbledore.

— Qu'avez-vous trouvé professeur ? demanda Remus.

— Bellatrix Lestrange et son époux Rodolphus ainsi que Rabastan Lestrange et Lucius Malefoy sont des Mangemort avérés, leur apprit Dumbledore. Cela ferait plus d'un an. Mais d'après les médicomages qui ont fait accoucher Mrs Malefoy, il n'y avait aucune marque sur son bras. Ce qui nous laisse penser que Narcissa n'est pas une Mangemort mais qu'elle suit le chemin de son époux.

Lily sentit la pitié l'envahir. Elle se souvenait très bien de Narcissa Black. Elle avait un an de plus qu'elle et possédait une beauté à couper le souffle. Serpentarde comme ses sœurs, Bellatrix et Andromeda, elle arborait les armoiries familiales avec fierté. Pourtant, c'était une jeune femme timide, calme et surtout très maternelle.

— De plus... continua Dumbledore d'une voix grave en jetant un coup d'œil vers leur coin. Nous avons retrouvé la trace de Peter ... Peter Pettigrow.

Lily sentit son mari se raidir et sans les voir, elle sut que Sirius et Remus étaient dans le même état. Elle n'en avait pas parler avec eux, mais elle savait que les garçons n'avaient toujours pas réussis à digérer cette ignoble trahison. Elle voyait souvent le visage de son mari se raidir et il ne cessait de répéter tout le temps la même phrase. Pourquoi nous ? Oui, pourquoi nous ? pensa Lily avec amertume.

— Qu'est-ce que vous avez trouver professeur ? demanda Remus d'une voix neutre.

Lily perçut tout de même un léger tremblement dans sa voix.

— Quelques affaires personnelles, dit-il d'une voix douce. Ainsi que des rapports de leurs réunions. Il y avait aussi un morceau de parchemin sur lequel était écrit une date.

— Quelle date ? demanda à son tour Sirius sans exprimer le moindre sentiment.

— Le 1er juillet 1979... Nous pensons qu'il s'agit la date de son entrée chez les Mangemort, expliqua Elphias Dodge.

La mâchoire de Sirius se contracta et Lily vit qu'une veine battait avec force à sa tempe droite. Elle savait qu'il était en colère et qu'il voulait se venger. Et apprendre ça maintenant, après des semaines de paix, ne faisait qu'attiser son envie de vengeance.

— Alastor ici présent et Kingsley enquêteront pour essayer d'en apprendre plus, dit Dumbledore. Quand aux Lestrange, nous n'avons pas pu les attraper. Bellatrix et Rodolphus ont transplanés avant.

— Et les Malefoy ? demanda Arthur.

— Il n'y avait personne, répondit le professeur d'un air pincé. Mais nous savons que Lucius travaille pour Voldemort au vu des potions que nous avons trouver dans son laboratoire personnel. Ainsi que son masque de Mangemort.

Lily soupira en fermant les yeux. Elle n'en pouvait plus. Qu'en est-ce que cela prendrait fin ? Quand pourraient-ils vivre dans un monde où la guerre ne régnait pas ? Dans combien de temps son fils aurait-il enfin une enfance normale ?

— Les informations que nous avons découvertes nous serons précieuses... poursuivit le professeur Dumbledore. Nous ne pouvons cependant pas nous attaquer ouvertement aux Lestrange et encore moins aux Malefoy. Cela mettrait en péril le métier des Aurors.

— Pourtant nous sommes prêts ! intervint Fol Œil.

— Je le sais mon ami, je le sais, lui sourit Dumbledore. Mais ne prenons tout de même pas ce risque. De toute façon, tant que nous n'aurons pas de preuves solides contre eux, nous ne mêlerons pas le Ministère à tout ça.

— Qu'allons-nous faire alors ? demanda sèchement Sirius. Attendre qu'ils tuent d'autres innocents, qu'ils déchirent d'autres familles avant d'agir ?

— Bien sûr que non ! répliqua le professeur Dumbledore. Mais pour le moment nous ne pouvons rien faire. Il faut attendre le bon moment.

— Et ce sera quand ? s'enquit James d'une voix blanche.

— Bientôt, promit le professeur Dumbledore. Je vous le promets.

Il y eut quelques murmures parmi l'assistance. Lily elle-même ne savait pas comment prendre cette annonce. Bien entendu, elle faisait totalement confiance au directeur mais cela faisait tellement d'années qu'ils étaient en guerre qu'elle avait fini par perdre espoir.

— La réunion est terminée, ajouta-t-il. Je vous contacterai lorsque nous aurons de nouvelles informations.

Les membres de l'Ordre finirent par se lever et quitter la chaumière. James tira la jeune femme de ses pensées en exerçant une légère pression sur leurs mains liées. Lily lui fit un pale sourire alors qu'il l'entraînait vers la sortie, suivit de près par leurs amis.

— Les bonnes nouvelles se font rares, soupira Remus.

— Ce ne sera pas tout le temps comme ça... essaya de relativiser Heïlen. Nous aurons des moments de bonheur qui viendront éclairés ces jours sombres.

— Je ne te savais pas philosophe ma belle, pouffa Sirius en déposant un baiser sur la main qu'il tenait.

— Tu ne connais pas tous mes secrets mon chéri... souffla-t-elle en lui faisant un clin d'œil. Non sérieusement. Si on se dit qu'on connaîtra la joie alors ça arrivera. On doit se battre et vivre heureux pour ceux qu'on a perdu...

La fin de sa phrase se brisa. Lily la prit dans ses bras, en signe de soutien. Malgré sa bonne figure, elle savait que sa meilleure amie vivait très mal ce qui était arrivé aux Londubat. Pourtant, elle se montrait forte et continuait de vivre malgré tout. Pour eux.

— On y arrivera, promit Lily en lui souriant. Le meilleur reste encore à venir n'est-ce pas ?

Les deux jeunes femmes se sourirent. Elles savaient qu'elles pourraient compter l'une sur l'autre.

— Il se fait tard, reprit-elle en retournant près de son mari qui ne parlait toujours pas. Allons chercher notre fils...

Ils se dirent au revoir et transplanèrent. Le silence envahit de nouveau le quartier de l'Ordre du Phénix.


[...]


Le soleil brillait déjà haut dans le ciel lorsque Remus émergea du sommeil. Sa tête le faisait atrocement souffrir. Les événements de la veille lui revenaient sans cesse en mémoire et il se demandait comment il avait fait pour parvenir à s'endormir.

À vrai dire, cela faisait des semaines qu'il ne dormait plus correctement. Depuis l'attaque du manoir des Potter. Il revoyait sans cesse le bras tatoué de Peter, il entendait le cri déchirant de Lily et il voyait Voldemort torturait James. Et chaque nuit, il se réveillait en sursaut, plein de sueur, le cœur battant affreusement vite.

Il n'en avait pas parler à ses amis. Il ne voulait pas ajouter ça sur la longue liste de leur inquiétude. Il avait réussis à se faire à ce cauchemar, bien qu'il soit aussi terrifiant à chaque fois.

En soupirant, il quitta à regret la douce chaleur de ses draps et s'engouffra dans la petite salle de bain à sa droite. Cela faisait pourtant quelques semaines qu'il vivait ici, dans cette immense maison, bien trop grande pour une seule personne, mais il n'arrivait toujours pas à réaliser. Il savait pourtant que ses amis avaient tenu à lui faire plaisir, mais il n'aimait pas tellement vivre ici. C'était bien trop grand pour lui.

Mais il devait avouer que c'était un lieu paisible, calme. Malgré qu'il n'avait pas eu l'autorisation de l'aménager, il avait fait quelques modifications dans la décoration faite par ses amis. Cependant, à présent, il se sentait chez lui. Beaucoup plus que dans son vieil appartement.

Constatant que sa migraine s'était atténuée grâce à la chaleur de l'eau, il sortit de la cabine et se sécha grâce à baguette. Il aimait beaucoup cet aspect de la sorcellerie. Grâce à quelques petits sortilèges, il gagnait un temps fou.

Une fois propre et habillé, il prit la direction de la cuisine. Il s'amusa encore de voir que ses placards étaient pleins de nourriture. Quelques jours auparavant, Lily l'avait traîné de force dans l'épicerie du village moldue. Elle savait que sa situation financière était au plus mal, et elle ne voulait pas que son ami meurt de faim à cause de ça. Il l'avait donc suivit de mauvaise grâce mais l'après-midi qu'ils avaient passé ensemble lui avait fait beaucoup de bien.

Il dénicha quelques biscuits et se prépara une tasse de café. La journée qui l'attendait serait longue. Noël approchant à grands pas, il devait au plus vite aller faire ses achats. Et il comptait bien profiter de cette journée sans ses amis pour le faire.

Depuis que James avait acheté ce terrain, les trois garçons passaient le plus clair de leur temps tous les trois. Ils avaient besoin de se voir, comme au temps de Poudlard. Mais Remus savait que la trahison de Peter leur avaient fait comprendre beaucoup de chose. Bien qu'ils n'en aient pas reparler, Remus savait que comme lui, ses amis vivaient très mal cette situation. Mais pour Lily et Harry, ils prenaient sur eux. Dumbledore avait eu raison. Malgré tout, la vie continuait.

Nettoyant les restes de son petit déjeuner d'un coup de baguette, Remus sortit de chez lui et tomba non sans surprise sur Lily et Heïlen qui venaient vers sa maison, chaudement vêtues.

— Que puis-je pour vous mesdames ? s'amusa-t-il après les avoir embrasser.

— On voulait te voir, lui sourit Heïlen alors qu'un léger coup de vent faisait virevolter ses cheveux bruns. A propos du cadeau des garçons.

— Du cadeau ? demanda-t-il.

— Oui, répondit Lily qui tenait son écharpe fermement serrée contre son cou. Cette année on a décidé de leur faire un cadeau en commun, en plus de leur cadeau individuel.

— Et comme ce sera aussi pour toi, ajouta Heïlen. On a besoin de ton avis !

— Ce ne sera pas vraiment une surprise alors pour moi, sourit-il mi-sérieux mi-amusé de leur comportement.

Les deux jeunes femmes se regardèrent, n'ayant visiblement pas penser à ça.

— Je ferais semblant d'être surpris, promit-il en souriant.

Elles lui jetèrent un regard reconnaissant avec de lui poser tout un tas de questions.

— Comment as-tu vécu votre première rencontre ?

— Vous êtes devenu amis tout de suite ?

— Ce que vous aimez tous les trois ? En dehors de faire des bêtises bien sûr !

— Eh ! s'indigna-t-il en ouvrant de grands yeux. Ce n'est pas moi qui faisais les bêtises !

— Mais tu ne faisais rien pour les arrêter ! lui rappela Lily.

— Toi non plus ! rétorqua-t-il en riant. Or on était tous les deux préfets !

Remus et Heïlen rirent en voyant les joues de Lily rosirent.

— Bon... se ressaisit Heïlen. Qu'est-ce qui vous conviendrez à tous les trois ?

Le jeune homme mit du temps à trouver la réponse. Malgré leur attachement profond et leur haine commune contre la guerre, les garçons possédaient des caractères totalement opposés. James était réfléchi et impulsif, Sirius était impulsif alors que lui était plus calme et plus patient. Grâce à leurs personnalités totalement différentes les unes des autres, ils avaient réussis à trouver un point d'entente: Remus était en quelque sorte le cerveau du groupe alors que les deux autres étaient les soldats. C'étaient eux qui agissaient.

Qu'avaient-ils donc en commun ? Remus aimait la tranquillité, lire un bon livre au coin du feu alors que ses amis aimaient concocter des blagues et jouer au Quidditch. Bien que pas très adepte de ce sport sorcier, le jeune homme devait avouer qu'il aimait bien regarder les garçons jouaient.

— Le Quidditch, dit-il après plusieurs minutes de silence.

— Tu aimes le Quidditch toi ? s'étonna Heïlen.

— Pas spécialement, avoua-t-il, amusé de sa réaction. Mais ça nous permet de passer du temps tous les trois et puis c'est toujours drôle de voir James et Sirius pariaient sur l'équipe gagnante !

— Va pour le Quidditch alors ! s'exclama-t-elle visiblement ravie qu'ils aient trouvé le cadeau idéal.

Remus remarqua que Lily ne semblait pas tellement emballée par cette idée mais pour faire plaisir à son mari et à ses amis, elle accepterait. Jetant un coup d'œil à sa montre à gousset, le jeune homme constata qu'il était pour lui l'heure de partir faire ses achats.

— Je vais devoir vous laisser mesdames, annonça-t-il. Il me reste encore quelques courses à faire... Ne dis rien Lily ! J'ai envie de vous faire plaisir !

La jeune femme referma la bouche. Remus savait qu'elle n'aimait pas trop qu'il utilise son argent, maigre butin il fallait le dire, pour leur offrir des présents. Mais il avait envie de leur faire plaisir, notamment au petit Harry.

— Ne t'inquiète pas je sais ce que je fais, la rassura-t-il en embrassant ses deux joues.

— Mh... se contenta-t-elle de répondre avant de prendre la direction de sa maison.

Heïlen salua une nouvelle fois le jeune homme, lui rappelant qu'il était attendu de pied ferme pour dîner le soir-même et rentra à son tour chez elle. Remus sourit. Les filles étaient de vraies mères poules avec lui depuis qu'ils s'étaient retrouvés ici tous les cinq. Mais il devait admettre que ce genre d'attention le touchait, bien qu'il ne prendrait jamais l'initiative de lui-même de se faire inviter quelque part. Malgré leur vie de famille, ses amis ne l'oubliaient pas.

Il quitta alors la propriété, avant que quelqu'un ne vienne de nouveau à sa rencontre et transplana à Pré-au-Lard. La neige tombait doucement lorsqu'il arriva à destination et il retrouva avec nostalgie la rue commerçante de son adolescence. Combien de fois était-il venu ici avec ses amis ? Puis avec Lily lorsqu'elle s'était enfin rendue compte qu'elle était amoureuse du célèbre James Potter ? Des centaines, pensa-t-il avec mélancolie.

Il prit en premier la direction de Honeyduckes. Il savait que James et Sirius raffolaient de ces petits crapauds à la menthe qu'on ne trouvait qu'ici. Il acheta aussi quelques chocogrenouilles et des patacitrouilles pour Harry. La vendeuse, propriétaire de la boutique avec son mari, le reconnut et lui offrit une boîte de Sucacide.

Il paya ses achats, tout en remerciant la caissière. Elle n'avait pas changer depuis qu'il l'avait vu, il y a quatre ans. Il opta ensuite pour la boutique secondaire de Mrs Guipure. L'endroit n'était pas aussi fournie que le magasin principal du Chemin de Traverse mais il trouva quand même deux chapeaux de sorcières pour ses amies. Il fit quelques emplettes chez Gaichiffon où il trouva quelques peluches pour Harry.

Une fois tous les cadeaux acheter, il rentra chez lui. Malgré ses moyens restreints, il souhaitait faire plaisir à ses amis, autant qu'ils lui apportaient de joie dans sa misérable existence. Après un solide déjeuner, il prit la direction de la maison des Potter. Du jardin, il percevait les exclamations de joie du petit Harry et cela le fit sourire.

— Bonjour les Potter ! lança-t-il joyeusement en entrant dans le salon.

Lily et James, tout deux assis sur le canapé, levèrent la tête vers lui en souriant alors que Harry se précipitait vers lui. Le jeune homme le réceptionna au vol, acceptant de bonne grâce le bisous du petit garçon.

— Tonton ! s'exclama-t-il en tapant dans ses petites mains.

— Moi aussi je suis content de te voir bonhomme, sourit-il alors que le petit garçon lui faisait un câlin.

Il alla ensuite saluer ses amis et s'installa près d'eux. Harry quitta ses bras et retourna à son coffre à jouets.

— Que nous racontes-tu de beau mon vieux Lunard ? lança James.

— Pas grand chose, répondit Remus. Mais disons que je m'ennuyais tout seul dans cette grande maison...

— Il serait temps que tu te trouves une petite amie, intervint Lily d'une voix innocente, sans lever les yeux de son livre.

Le jeune homme soupira mais ne répondit pas. La jeune femme connaissait ses raisons.

— Et vous que racontez-vous ? esquiva-t-il.

Il fit mine de ne pas voir le regard frustré que lui lança Lily.

— Harry a encore cassé un vase, lui apprit James. C'est de plus en plus fréquent !

— En même temps vu le tempérament de son père ! s'amusa Remus alors que James prenait un air choqué.

— Ce n'est pas vrai ! s'exclama-t-il en riant. Il est peut être mon portrait craché mais...

— Il a aussi ton côté impatient ! le coupa Lily. Tu es pareil ! Ne le nies pas !

— Tu ne sais pas comment j'étais quand j'avais son âge mon cœur... souffla James en l'enlaçant.

— Non mais je te connaissais à dix-sept ans ! Et tu étais pareil que ton fils alors qu'il n'a qu'un an ! rétorqua-t-elle en lui tirant la langue.

— Elle n'a pas tord mon vieux ! rit Remus. Harry est et sera comme toi !

— Eh bien comme ça on ne pourra pas nier que c'est mon garçon ! Mon fils !

— J'espère qu'il n'a pas ton arrogance ! grogna Lily.

Remus sourit. À ses yeux, c'était toujours amusant de voir les Potter se disputaient, comme avant.

ooooooOOoooooo


Et voici le chapitre huit " Préparations " ! Ce titre évoque les tracas de chacun de nos héros. Sirius et Heïlen préparent leur mariage, l'Ordre se préparent pour attaquer et en cas d'attaque et Remus fait ses achats de Noël !

Dans ce chapitre, j'ai mélangé les moments de bonheur mais aussi les moments les plus graves, qui concernent la guerre. On en apprend un peu plus sur les sbires de Voldemort et je promets que bientôt, on les verra passer à l'action ! Il faudra cependant être un petit peu ( un peu beaucoup en fait ) être patient !

Je n'ai pas grand chose à dire sur ce chapitre, car ce n'est pas un des plus importants de l'histoire. Il n'est qu'une étape !

En espérant vous avoir séduit ! Bonne journée, ou soirée. HB.