Bonjour bonjour, voici un nouveau chapitre ! Je sais, je publie de manière anarchique et en retard, mais le manque de retours me déprime un peu alors voilà, le chapitre arrive quand j'y pense. Je remercie néanmoins tous ceux qui prennent le temps de laisser une review et qui me mettent en favoris, mercii =DD
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La salle était comble et la foule applaudissait au fur et à mesure que les personnalités récompensées venaient chercher leur prix. Le Ministre lui-même remettait les décorations, donnant de fortes poignées de main aux heureux élus sous le crépitement des appareils photos. De nombreux journalistes étaient présents, immortalisant cette rare cérémonie de remise d'Ordres de Merlin. Ce fut bientôt au tour d'Olga de monter sur la scène, éblouissante dans une robe rouge somptueuse.
— Notre nouvelle lauréate est miss Olga Lvov, potionniste en chef de l'hôpital Sainte Mangouste, qui se voit aujourd'hui remettre son Ordre de Merlin, première classe, pour la mise au point d'un philtre de jouvence. Précisons que cette potion n'efface pas l'âge, mais agit sur l'apparence physique ainsi que la santé des organes et des tissus. Ses travaux représentent une avancée prodigieuse pour les sciences de la vie et de la magie et seront étudiés plus en avant par des spécialistes du Département des Mystères. Sa commercialisation est encore en discussion mais ne se fera vraisemblablement pas avant de nombreuses années, demandant certaines considérations éthiques et morales. Miss Lvov, merci.
Olga reçut sa récompense avec un sourire heureux, et posa un instant à côté du Ministre pour la photo. Dans la salle, c'est Rabastan qui applaudissait le plus fort.
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Une main à la peau très douce remontait sur son ventre, effleurant sa poitrine, caressant sa gorge, puis redescendait vers ses hanches. De longs cheveux noirs balayaient ses épaules, charriant les effluves d'une eau de toilette aussi coûteuse qu'enivrante. Appuyée contre un torse solide, yeux clos, elle savourait l'étreinte que les bras fermés autour de son corps lui procuraient, leurs jambes emmêlées sous les draps de soie.
— Es-tu certaine qu'il ne se doute de rien ? demanda Rabastan.
Olga laissa échapper un soupir de contrariété et s'installa plus confortablement contre lui.
— Bien sûr tu es un excellent occlumens, et si cela devait ne pas suffire, je t'aiderai à lui fermer ton esprit. De toute manière, il ne se préoccupe pas beaucoup de moi et ne s'intéresse qu'au pouvoir ainsi qu'au renforcement de son armée de Mangemorts. Brave petit soldat, ajouta-t-elle en lui tapotant la main.
Rabastan retira sa main dans un mouvement irrité, puis se saisit finalement de la sienne, entrelaçant leurs doigts.
— Il a toujours connaissance de tout, reprit-il doucement, les conséquences seraient dramatiques pour toi comme pour moi.
— C'est grâce à moi s'il a connaissance de tout, lui rappela-elle amèrement. À croire que je ne sers plus qu'à cela, infiltrer les esprits des Occlumens les plus inaccessibles, briser leurs défenses et m'approprier conscient et inconscient afin de déjouer l'Ordre du Phénix.
Rabastan la serra un peu plus fort et embrassa sa joue.
— Ne dis pas cela, tu es la mère de ses enfants…
— La mère de ses enfants ! s'exclama-t-elle avec un petit rire sans joie. La putain qu'il a engrossée pour assurer la descendance de la lignée de Serpentard, tu veux dire celle qu'il baise comme un dépravé tous les soirs pour se soulager des désagréments de la journée. Pardonne-moi, je suis vulgaire, reprit-elle plus doucement en passant une main sur son visage. Jamais je ne vois mes enfants mon deuxième fils vient d'entrer à Durmstrang, Voldemort refuse de les savoir près de Dumbledore. Ils revêtent déjà tous deux la panoplie du parfait petit mage noir et viendront bientôt grossir ses rangs. Mais n'en parlons plus s'il te plaît, donne-moi plutôt des nouvelles de chez toi, cela sera toujours plus agréable.
— Rien d'inaccoutumé ne se produit jamais ici, répondit-il sur un ton las, ma femme est toujours aussi inintéressante et valétudinaire, je désespère d'avoir un jour un descendant et je demanderais le divorce si je n'avais la crainte de me quereller avec les Malfoy. Il n'y a bien que son sang pur pour la rendre attrayante…
Rabastan s'interrompit lorsqu'une goutte s'écrasa sur sa main il s'aperçut que des larmes silencieuses coulaient sur les joues de son amante.
— Je te demande pardon, ce n'est pas ce que je voulais dire, s'excusa-t-il avec empressement, tu sais bien que je me fiche que tu aies été élevée par des moldus.
— Peu importe, fit Olga en se tournant vers lui, j'en ai assez de vivre ainsi, au milieu de la torture et de la mort pour une futile histoire de sang.
Il se redressa sur le lit et posa une main sur sa nuque afin de la rapprocher de lui.
— C'est la guerre, il faut que nous en passions par là, ces morts sont nécessaires et le sacrifice s'avérera insignifiant lorsque nos idéaux seront partagés par tous.
— Tu sais parfaitement que moi je ne les partage pas !
Percevant tous deux que cette discussion était vaine, Olga s'allongea sans un mot sur le torse de Rabastan et l'enlaça. Ils restèrent ainsi un temps qui leur parût infini, il aurait pu s'écouler des heures comme des secondes sans qu'ils ne bougent. Ce fut le tonitruant carillon de l'horloge magique des Lestrange qui les tira de leur apathie. Il sonnait dix-sept heures. Rabastan prit la parole dans un murmure,
— Les nouvelles recrues sorties de Poudlard viennent jurer allégeance au Maître demain, tu ferais mieux de partir.
Somnolente, Olga se redressa mollement et lui donna un long baiser.
Quelques instants après, un corbeau prit son envol de l'une des fenêtres du manoir, se fondant dans l'ombre de la nuit tombante.
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Le temps était nuageux et menaçait à tout instant de virer à l'orage. Un vent léger agitait les herbes hautes dans les champs, parfumant la campagne d'un doux parfum. Un infime craquement se fit entendre et une femme apparut au bout d'une allée de terre battue apeurée par le bruit, une nuée d'oiseaux s'envola à son approche. Comme demandé, elle était habillée en moldue, une longue et élégante robe d'été soulignant agréablement sa silhouette. Elle sembla un instant chercher quelque chose du regard, puis s'avança sur le sentier en agitant impatiemment le bras.
— Sirius ! héla-t-elle.
Sortant d'une grande maison de l'autre côté du chemin, Sirius marchait rapidement vers elle. Elle vint à sa rencontre et l'enlaça vigoureusement lorsqu'il fut à ses côtés. Il lui rendit son étreinte, la soulevant du sol.
— Regarde-toi, dit-il en touchant son visage lisse du bout des doigts, on pourrait croire que tu es ma sœur !
Il sourit et l'embrassa sur les deux joues.
— Je n'ai pas reçu un Ordre de Merlin pour rien ! répondit-elle en souriant elle aussi. Tu m'as manqué, j'ai eu si peur qu'il t'arrive quelque chose, continua-t-elle plus doucement.
Le visage de Sirius s'assombrit et il jeta un coup d'œil à la maison.
— Mère a dû te raconter…
— En effet, avec maintes injures et imprécations à ton égard, mais cela tu dois t'en douter.
— Oui, mon départ ne s'est pas fait dans la joie et l'allégresse, soupira-t-il, mais peu importe maintenant je vis chez les Potter, et crois-moi j'y suis bien mieux que dans cette maison de fous racistes et adeptes de magie noire.
Olga eut l'air incommodée par sa remarque.
— Pourquoi m'avoir fait venir, si c'est ce que tu penses de nous ? l'interrogea-t-elle.
— Ce n'est pas ce que je pense de toi, je sais que tu n'es pas comme eux. La preuve ! dit-il en se saisissant de son poignet gauche, tu ne t'es pas laissée marquer comme du bétail.
— Tes parents ne sont pas plus Mangemorts que moi ! démentit-elle en retirant sa main.
Sirius secoua la tête et s'écarta légèrement.
— Ce n'est qu'une question de temps, ils en ont la mentalité et approuvent pleinement les idées de Voldemort. Tu sais certainement que mon grand-père a déjà prévu de lui envoyer Regulus, comme une sorte de tribu de la Grande et Noble famille Black. Le pire c'est que ce petit imbécile en est ravi, cracha-t-il amèrement.
— Il a fait son choix et il n'est pas plus mauvais que le tien. Ceux qui mourront en premier, des Mangemorts ou de l'Ordre, se tirera à pile ou face.
— Je déteste que tu regardes dans ma tête, râla Sirius.
— Inutile, je te connais comme si je t'avais fait, je sais parfaitement que tu entreras dans l'Ordre du Phénix dès que tu auras mis un pied en dehors de Poudlard. Crois-tu réellement que cela soit plus judicieux que de recevoir la Marque ? Walburga n'aura plus qu'à prendre les paris pour savoir lequel de ses fils disparaîtra en premier. Avec un peu de chance, vous pourrez même vous entretuer.
— Je ne suis plus son fils ! s'énerva-t-il, elle m'a renié, ils m'ont tous renié ! Ils ont sacrifié leur propre fils pour ton Voldemort !
Abasourdie, Olga recula de quelques pas et s'appuya contre la clôture. Elle ferma les yeux un instant, et, lorsqu'elle les rouvrit, son regard était à la fois dur et empli de tristesse.
— Mon Voldemort ? Penses-tu que cela soit de ma faute ? Penses-tu que c'est moi qui ai attiré Walburga vers lui ?
Sirius parut soudainement embarrassé.
— Bien sûr que non, je sais bien que tu n'as pas de préjugé sur le sang et qu'elle n'a besoin de personne pour se reconnaître dans toutes ces idées stupides mais…
— Mais tu ne peux t'empêcher de penser que notre amitié a tout de même aidé au rapprochement, le coupa-t-elle.
Il bafouilla une phrase inintelligible qu'elle ignora.
— Je n'ai jamais eu le choix, Sirius. Dès lors où j'ai rencontré Lord Voldemort il m'a dépossédée de mon libre-arbitre, m'a soustrait le monopole de ma vie. Il n'a jamais supporté de n'avoir de prise sur mon esprit, il ne peux concevoir que quiconque puisse disposer de capacité qu'il n'a pas. Ça lui fait peur. Ainsi, il m'a enchaînée de toutes les manières possibles et imaginables pour que jamais je ne me retourne contre lui. Évidemment, je ne m'en suis rendue compte que bien plus tard, alors que j'étais depuis longtemps pieds et poings liés. Crois-tu que je n'ai pas conscience que mes enfants ne sont qu'un moyen de plus de m'attacher ? La seule chose dont je suis certaine c'est que jamais je n'ai voulu emmener qui que ce soit avec moi, et certainement pas mon amie la plus chère.
Sirius s'approcha doucement d'elle pour prendre ses mains dans les siennes.
— Je suis désolé Olga, je n'ai jamais voulu te blesser. Mais on a toujours le choix. Toi aussi. Il t'appartient de décider, personne n'a le droit de le faire à ta place. Tu es la seule famille qu'il me reste, je ne supporte pas de te savoir en danger avec ces fous furieux. Je t'en prie, viens avec moi, rejoins l'Ordre, Dumbledore vous protégera toi et tes enfants.
— Tu ne peux pas comprendre ce que c'est d'être mère. Jamais je ne ferai courir un tel risque à mes enfants, jamais. C'est insensé mais ils sont bien plus en sécurité près de Voldemort.
— Alors tu ne feras rien ? Tu vas rester auprès de ce monstre et regarder les nés-moldus crever les uns après les autres ? Ton aide serait infiniment précieuse au sein de l'Ordre, comme elle l'est certainement auprès des Mangemorts, tu ne l'accordes simplement pas aux bonnes personnes !
Olga le repoussa et le regarda d'un air sévère.
— M'as-tu fait venir par amour et altruisme ou bien serait-ce Dumbledore qui t'envoie ? Dis-lui que c'est vain et que jamais je ne trahirai les miens.
— Il n'y a pas que ta vie et celle de tes enfants en jeu, mais celles de milliers d'innocents qui n'ont pas eu l'aubaine de naître avec le sang pur !
— Tu ne connais rien du monde réel, Sirius ! Tu vis bien au chaud enfermé à Poudlard, tu ne te rends pas compte de ce qui se passe au-dehors c'est une lutte de pouvoir, le sang n'est qu'un prétexte au ralliement des sorciers ! Commence par finir tes études avant de prendre parti dans ce combat futile et vide de sens, aucun côté n'est ni tout blanc ni tout noir, et si Dumbledore respectait un tant soit peu les nobles valeurs qu'il prône il n'enverrait pas de jeunes gens inexpérimentés se faire tuer !
— Je ne te permets pas d'insulter Albus Dumbledore, tonna Sirius, son courage n'a d'égal que ta lâcheté !
— Ouvre les yeux, tu ne prends pas la bonne décision !
— Qui es-tu pour juger de mes décisions Lady Voldemort ? En fait, toi aussi tu cherches à me brider et à me ramener sur le « droit chemin », je te croyais différente mais tu es comme eux !
Le regard glacial et profondément déçu de Sirius la toucha en plein cœur.
— Désolé de t'avoir dérangé pour si peu, continua-t-il, je crois que nous n'avons plus rien à nous dire.
Il tourna les talons et se dirigea d'un pas furieux vers la maison. Olga se précipita à sa suite pour le retenir mais, dès lors que Sirius dépassa la clôture, elle se heurta aux puissants sortilèges de protection entourant la demeure.
Elle cria son prénom, le supplia.
Il ne se retourna pas.
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On approche doucement de la fin, j'espère que ça vous plaît toujours ! J'apprécierais vraiment beaucoup que vous laissiez un petit mot, même si ce n'est pas forcément positif, tant que c'est constructif **auteur fait ses yeux de bambi** Bises !
