Bonjour à tous ceux qui me suivent encore! (il doit pas y en avoir beaucoup)
Je tiens vraiment à m'excuser pour ce délai inacceptable, mais ces derniers mois ont été chargés pour moi et j'ai donc mis ffnet de côté :/ Mais normalement, maintenant, tout devrait être réglé. Donc voici le chapitre 9, j'espère qu'il va vous plaire! De mon côté, j'ai écrit jusqu'au chapitre 15 et je suis en train de commencer le chapitre 16. Je poste ce chapitre aujourd'hui et j'essaierais de poster le suivant demain (tout dépend si j'ai du temps). Ce sera une compensation pour l'attente interminable que je vous ai fait subir :(
Hermione Granger était une jeune fille pleine d'esprit, possédant une logique à toute épreuve et une intelligence hors normes. Elle avait l'habitude de résoudre toutes les énigmes qui se postaient en travers de son chemin, de se renseigner lorsque quelque chose lui échappait, de passer des journées entières dans une bibliothèque poussiéreuse. C'était sans doute la seule élève de Poudlard qui vouait un tel culte à la lecture et au savoir. La seule qui savait toujours tout sur tout.
Seulement, aujourd'hui, son intelligence et sa rationalité à toute épreuve lui faisaient défaut. Drago Malefoy lui avait avoué à demi mots la veille qu'il remettait en question son allégeance à Voldemort. Elle avait bien remarqué que quelque chose n'allait pas chez lui, qu'il semblait préoccupé depuis la rentrée scolaire, ce n'était pas ça le problème. Le problème était tout simple : son pire ennemi, le garçon qui ne la supportait pas, lui avait fait confiance au point de lui révéler un détail personnel d'une très grande importance.
Hermione avait, bien sûr, poussé la provocation au plus loin pour qu'il lui révèle ce dont elle se doutait, mais elle n'aurait jamais pensé qu'il tomberait dans le panneau aussi vite. Drago Malefoy avait beau être vil, cruel, stupide et moqueur, il était un Serpentard : la provocation et la manipulation, c'était son domaine – selon toute vraisemblance. Était-il devenu si faible, si indécis, au point de lui révéler un secret aussi vital pour lui ? Avait-il simplement succombé à la colère qu'elle lui avait fait ressentir en le provoquant ? Avait-il eu envie de la défier, de lui couper l'herbe sous le pied en lui annonçant cela ? Hermione ne savait pas, et elle détestait ne pas savoir. Elle était habituellement douée pour comprendre ce que les autres ressentaient. Elle avait tout de suite remarqué l'attirance d'Harry pour Cho. C'était à elle qu'Harry s'était adressé, timide, pour qu'elle lui donne des conseils.
Mais elle était incapable d'analyser les sentiments de Malefoy. Ce type était tout bonnement imperméable. En tout cas, une chose était sûre : Malefoy ne savait plus où il en était. Son visage torturé en témoignait, et ses aveux de la veille avaient fini de convaincre Hermione. Et elle savait que dans un moment pareil, il ne fallait jamais laisser quelqu'un sans conseils, au risque qu'il fasse le mauvais choix. Hermione devait être celle qui le guiderait vers le droit chemin, celui du bien. C'est avec cette nouvelle conviction en tête qu'elle sauta de son lit, ce matin-là. Elle rassembla son uniforme et sa cape et se dirigea vers la salle de bains pour se laver avant d'aller déjeuner. On était dimanche et elle avait prévu d'aller à la bibliothèque. Et, si l'occasion se présentait, elle parlerait à Malefoy.
Installé dans un coin reculé de la bibliothèque, Drago réfléchissait. Un ouvrage peu épais était posé sur la table, intitulé « circueo reficio fectum, ou comment apprendre ce sortilège difficile ». Drago avait mis du temps à le trouver dans la réserve. Severus lui avait évidemment signé une autorisation préalable. Ce livre était une perle rare pour le jeune homme : il traitait intégralement du sortilège qui permettait de réparer l'armoire. Drago s'était dit que de nouvelles explications, plus poussées que celles du gros grimoire qui trônait dans sa chambre, lui seraient utiles. Sauf que ses pensées incessantes l'avaient rattrapé avant même qu'il ouvre le petit livre.
Avait-il bien agi la veille ? Il avait peut-être été un peu trop vite dans sa mission. Avouer à Granger qu'il doutait de son allégeance après seulement trois véritables conversations avec elle avait été assez stupide de sa part. Mais maintenant, il ne pouvait plus retourner en arrière. Granger et sa mémoire sans faille allaient revenir à la charge sous peu, il en était sûr. De toute manière, c'était le plan. Une fois cela annoncé, Granger devait normalement tenter de le diriger du « bon » côté. Et à ce moment là, immanquablement, il pourrait se rapprocher de Potter. Drago n'avait plus qu'à espérer que Granger ne se pose pas trop de questions à son sujet, qu'elle ne le suspecte pas de mentir. Et il espérait aussi qu'elle rappliquerait vite pour qu'il entre dans le vif de son plan. Il avait déjà prévu son petit jeu d'acteur.
Drago soupira et tourna la tête vers le livre qu'il avait trouvé. Il allait falloir qu'il s'y mette, et sérieusement. L'armoire à disparaître devait être réparée avant le mois de juin, et Drago doutait réussir à lancer le sortilège rapidement. Cela faisait déjà deux mois qu'il essayait, et il n'y avait jamais eu d'amélioration. Il ouvrait le livre pour lire l'introduction lorsqu'il sentit une présence. Lentement, il leva les yeux de sa lecture pour tomber sur la silhouette de Granger. Elle était emmitouflée dans sa cape d'hiver – il fallait admettre qu'il faisait relativement froid dans le château en ce moment – et tenait dans sa main un énorme ouvrage. Drago était réjoui qu'elle revienne aussi vite mais essaya d'afficher un air sceptique. Son caractère devait demeurer inchangé pendant cette comédie, sinon cela la ferait douter. Elle, elle devait l'amadouer.
« Qu'est-ce que tu fous là Granger ? » attaqua-t-il en la fusillant du regard.
Elle s'empourpra légèrement et posa son gros bouquin sur la table. Un nuage de poussière conséquent s'échappa de la couverture. Pour la première fois depuis plus de cinq ans, elle avait l'air de ne pas trouver ses mots.
« Granger ? Tu prends tes aises ? Reprends ton bouquin idiot et dégage d'ici ! »
« Non. » répondit-elle simplement en levant les yeux vers lui pour le défier du regard.
Drago était interloqué par cet affront, bien qu'il ne le montre pas. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui dise « non ». Granger profita de son silence pour tirer la chaise qui se trouvait face à lui et s'installer dessus.
« Malefoy… Tu penses toujours ce que tu as dit hier soir ? » demanda-t-elle d'emblée en lui jetant un regard soucieux.
Visiblement, elle y avait pensé toute la nuit et toute la matinée. Drago haussa un sourcil.
« Le sujet sur lequel ton petit cerveau de Miss-Je-Sais-Tout a cogité toute la nuit a intérêt à disparaître de ton esprit rapidement. » siffla-t-il en retournant à sa lecture, comme pour lui signaler qu'elle était congédiée.
Évidemment, Granger ne fit pas défaut à sa témérité et resta assise face à lui, l'observant comme s'il était une souris de laboratoire dont les symptômes étaient relativement intéressants.
« Je ne veux pas de ta pitié, Granger. Dégage maintenant. » lança Drago d'une voix froide.
« Je n'ai pas pitié du tout ! » se défendit vivement la jeune fille en portant un doigt à sa bouche pour en ronger l'ongle.
Drago leva les yeux de son livre et l'observa d'un œil critique. Cette fille était détestable à ses yeux. Vraiment, l'idée de « collaborer » avec elle le répugnait. Elle était stressée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle ne vivait que pour apprendre, elle défendait les causes perdues. Elle était en somme, tout son contraire et vraiment, Drago songea qu'il lui faudrait un self-control à toute épreuve pour la supporter.
« Malefoy… » commença Granger en levant les yeux vers lui. « Je sais que tu me détestes. Crois-moi, je ne t'aime pas non plus. Tu es… arrogant, perfide et… méchant. »
Drago haussa un sourcil désapprobateur et s'apprêtait à lui faire sentir sa mauvaise humeur quand elle reprit soudainement, d'un ton plus décidé :
« Mais il y a plus important que la haine. J'y ai beaucoup réfléchi et… je ne veux pas te laisser dans un tel état d'indécision. Que tu me considères comme ton ennemie ou non. »
Elle affichait un air dépité, comme si le problème de Drago la concernait et la touchait. Le jeune homme eut une envie irrépressible de lui cracher à la figure, de l'insulter de Sang-de-Bourbe, de lui hurler de dégager. Mais il n'en fit rien. Il se contenta de maudire brièvement ses parents de l'obliger à se mettre dans de telles situations.
« Je suis sûre que tu n'as personne à qui parler de tes doutes. » continua-t-elle d'une voix plus douce. « Faire partie de Serpentard et hésiter à rejoindre Voldemort doit être une situation assez problématique, je le conçois parfaitement. »
Drago tressaillit lorsqu'elle prononça son nom. A Serpentard, tout le monde l'appelait « le Seigneur des Ténèbres » et il n'avait vraiment pas l'habitude d'entendre quelqu'un violer le tabou de ce nom si effrayant.
« Enfin, Malefoy ! La peur d'un nom ne fait qu'accroître la peur de la chose elle-même ! » réprimanda Granger qui l'avait vu frissonner.
« Tu n'as pas de leçon à me donner, Granger ! » répondit aigrement Drago en la fusillant du regard. Cette fille avait la fâcheuse manie de se prendre pour le professeur de tout le monde.
Elle lui lança un regard courroucé et tritura ses doigts. Décidément, elle avait tendance à malmener ses mains, cette folle, songea Drago.
« Acceptes-tu mon… mon aide ? » hésita Granger, qui sembla soudain être impressionnée par sa propre proposition.
Drago hésita. Devait-il l'accepter si tôt ou était-il préférable de la faire attendre ? Selon toute logique et selon son caractère, il valait mieux la faire attendre. Elle savait à qui elle avait affaire, elle devait bien se douter qu'aider un être aussi borné que lui allait se révéler difficile à convaincre.
« Je n'ai pas besoin de ton aide, Granger. » finit-il par annoncer d'un ton sans réplique.
« Malefoy, mets ta fierté au placard cinq minutes ! » protesta la jeune fille en claquant nerveusement son poing sur la table.
« Que vont dire le Balafré et la Belette quand ils sauront que tu me parles et que tu t'inquiètes pour moi ? » demanda Drago en haussant un sourcil moqueur.
Granger porta aussitôt ses doigts à sa bouche pour se ronger les ongles précipitamment. Elle avait perdu de sa superbe, d'un seul coup, et Drago avait apparemment mis le doigt sur un problème qui ne lui avait pas traversé l'esprit. Intérieurement, il se le reprocha : si elle abandonnait juste parce qu'elle avait peur de la réaction de ses deux idiots d'amis, il faudrait qu'il procède autrement. Il espérait qu'il ne s'était pas mis dans une mauvaise posture quand elle finit par répondre d'une voix incertaine :
« Harry et Ron ne m'en voudraient pas. Au début, peut-être. Non, ils ne sont pas comme ça. Si je trouve du bon en toi, ils ne prendront pas ça pour une trahison. Je ne les trahis pas, n'est-ce pas ? Non, je ne les trahis pas. »
Visiblement, elle tentait de se convaincre elle-même. Ses yeux étaient fixés sur l'énorme bouquin qu'elle avait posé sur la table et elle ressemblait un peu à une démente.
« La survie d'une tierce personne est plus importante. » se morigéna-t-elle. « Ils ne peuvent pas m'en vouloir si je veux juste faire le bien autour de moi. Même si je fais le bien pour leur pire ennemi. »
Drago la regardait parler toute seule comme une grand-mère sénile. Il trouvait ça à la fois très drôle et horriblement flippant.
« Vous m'énervez, vous les garçons, avec vos conflits idiots ! Je ne sais même plus pourquoi vous êtes ennemis, tous les trois ! » s'exclama-t-elle après plusieurs minutes de réflexion intense.
« Ne te prends pas la tête, Granger. Je n'ai pas besoin de toi. Je sais très bien me débrouiller tout seul, ce qui m'arrive n'est pas ton problème. Alors pour la dernière fois : casse-toi. » conseilla Drago d'une voix menaçante.
« Et bornés, pour couronner le tout ! » râla la jeune fille en s'emparant de son livre.
Elle se leva brusquement et marcha d'un bon pas vers un autre rayon, sans lui jeter un regard.
Hermione ne savait plus quoi faire. Malefoy lui avait rappelé une chose à laquelle elle n'avait même pas songé. Comment réagiraient Harry et Ron s'ils s'apercevaient qu'elle essayait d'aider Malefoy ? Ron prendrait cela pour une trahison. Et Harry aussi, à la réflexion. Son ami à la cicatrice avait beau être d'un naturel plus calme que Ron, il était trop obsédé par Malefoy pour lui pardonner un geste pareil.
Hermione devait-elle faire le bien au péril de son amitié, ou était-il préférable d'être égoïste et de laisser Malefoy dans ses problèmes ? Il avait eu beau refuser son aide, elle avait bien vu cette lueur d'hésitation dans ses yeux gris. La jeune fille prit place à une autre table de la bibliothèque, située dans le secteur Histoire de la Magie, ouvrit son gros livre et commença à le lire. Rien de mieux qu'un peu de travail pour lui changer les idées…
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre?
Je répondrais aux reviews auxquelles je n'ai encore pas répondu dès que j'aurais le temps, encore désolée, vraiment! :(
