Chapitre 9

« Tu sais ? » murmura Blaine pour que seul Kurt puisse l'entendre.

Kurt hocha simplement la tête et sourit. Blaine sentit une légère panique monter dans sa poitrine et il lutta contre les larmes qui s'étaient formées dans ses yeux et quand Kurt remarqua sa bataille, il prit tendrement sa main, le guidant en dehors de la salle de la chorale, où le reste du Glee club regardait avec la bouche ouverte, des expressions perplexes.

Ils avancèrent dans le couloir, Kurt tirant doucement Blaine, et Blaine le suivit comme un chiot perdu, déglutissant fortement tandis qu'une boule se formait dans sa gorge. Kurt savait…

Kurt s'arrêta au coin devant la cage d'escalier maintenant vide et se tourna pour regarder Blaine, tellement de gentillesse dans ses yeux que Blaine sentit ses épaules se baisser de là où il les tenait tellement haute et and rigide.

« Je suis désolé Blaine, je te connais depuis un moment. Tes lettres étaient tellement gentilles et tellement pleines de vérité, je ne voulais pas qu'elles s'arrêtent, » murmura-t-il, « Je voulais te dire, je voulais que tu puisses me parler, juste moi sans les lettres mais elles rendent mes journées meilleures, je les attendais. Je suis désolé… » Kurt mâchonna sa lèvre entre ses dents et Blaine gloussa presque, il avait l'air tellement inquiet de l'opinion de Blaine. Personne ne lui avait autant accordé d'importance avant.

« Je ne comprends pas Kurt, » s'entendit dire Blaine « Je veux dire, tu as aimé les lettres ? » demanda-t-il incrédulement.

« Bien sûr, » cria presque Kurt, « Et toutes les gentilles choses que tu as faites : Karofsky, cette écharpe… » dit-il tandis que son doigt traçaient le haut du tissu bleu autour de son cou, « Tu m'as sauvé Blaine et je voulais tellement désespérément te sauver aussi et maintenant j'ai l'air idiot et dramatique, » dit-il tandis qu'il baissait les yeux vers ses pieds, « Je veux dire, je voulais que tu crois en toi. Tu dois savoir. »

« Savoir quoi ? » murmura Blaine, n'osant presque pas croire, ne voulant pas savoir, briser le sort mais il regarda dans ces yeux bleus perçants et crut.

« Savoir que tu es spécial Blaine, » murmura Kurt, un scintillement d'attention et de gentillesse dans ses yeux.

Blaine n'arrivait pas à croire que ça arrivait, il avait rêvé si souvent de yeux bleus, de mains entrelacées, d baisers partagés et encore ça lui coupait le souffle. L'idée que Kurt pense qu'il était spécial était géniale pour lui.

« Pourquoi n'irions-nous pas prendre un café ? » demanda Kurt après un moment de silence. Il comprenait que Blaine avait besoin de réfléchir à ce qui s'était passé et ils se mirent d'accord pour se retrouver dans vingt minutes dans un petit Starbuck pas trop loin mais loin des rencontres populaires de McKinley.

~oOo~

Kurt arriva en premier, s'asseyant là à attendre leurs deux cafés, espérant que Blaine aimerait le medium drip qu'il avait commandé pour lui. Blaine était assis dans sa voiture pendant quelques minutes avant d'entrer dans le café et il prit quelques respirations profondes tandis qu'il entrait, se sentant idiot de s'inquiéter autant que Kurt découvre quand le moment devint tellement plus doux que ce à quoi il s'attendait.

Il sourit tandis qu'il s'approchait de Kurt et découvrit qu'il avait déjà commandé un café pour lui.

« J'espère que c'est ok ? » demanda Kurt, soudain inquiet, « Je veux dire je peux te commander un autre café si tu veux ? »

« Non c'est super bien Kurt merci je vais juste prendre du sucre. » Kurt regarda le dos et les épaules tendus de Blaine tandis qu'il allait au distributeur et il essaya de réfléchir à ce qu'il ressentait pour Blaine. Il savait qu'il l'aimait bien, qu'il voulait mieux le connaitre mais il était incertain de comment ça allait marcher. Je veux dire, il savait déjà tellement sur ce l'impression qu'il avait écouté aux porte et qu'il ne devrait pas en savoir autant. Ça serait maladroit et le Blaine déjà timide pourrait se rétracter et Kurt sût soudain qu'il voulait Blaine en tant qu'ami par-dessus tout. Ils auraient simplement besoin de recommencer.

« Merci Kurt, » dit Blaine, tandis qu'il prenait son verre et s'asseyait devant Kurt sur un siège confortable.

« Je sais que c'est maladroit Blaine, mais je veux que tu saches que je vais garder tes secrets, je n'en parlerais à personne… »

Blaine hocha la tête et sourit timidement. « Merci Kurt, je veux dire, j'ai l'impression que j'ai forcé tous ces trucs sur toi, j'avais juste l'impression d'avoir besoin de parler à quelqu'un et je ne connais pas vraiment d'autres gens ici… » sa voix se baissa.

« Je comprends Blaine, vraiment. Je sais comment c'est de se sentir seul et de penser que personne ne remarque ou n'écoute vraiment. Je suis juste tellement reconnaissant que tu ais remarqué, je veux dire, ce que tu as fait était juste fantastique Blaine… » Kurt sourit chaleureusement et les peurs de Blaine s'évanouirent instantanément tandis qu'il regardait ce garçon qu'il avait réussi à aider.

« Ne t'inquiète pas, je voulais juste vraiment t'aider après que tu m'ais tellement aidé. »

« Je n'ai pas vraiment fait quoi que ce soit, je veux dire, tu as déjà ça en toi Blaine, tu avais juste besoin de quelqu'un avec qui partager. »

« Non Kurt, je savais que tu comprendrais, je savais que tu t'en soucierais aussitôt que je te verrais. Est-ce que tu te rappelles ce premier matin quand j'ai rejoint l'école, mon premier slushie ? Tu m'as regardé, m'as remarqué et essayé de m'inclure. J'aimerais juste avoir ta confiance. » Il baissa les yeux vers ses mains et se sentit bête.

« C'est faux la plupart des jours, » Kurt gloussa, « Quelqu'un doit surveiller Rachel, elle ne peut pas avoir tous les solos. »

Blaine se détendit. C'était la meilleure chose chez Kurt – parfois Blaine savait qu'il pouvait se permettre de trop s'inquiéter et de tout sur-penser. Kurt le faisait se sentir plus léger, l'aidait à savoir que la vie n'était aussi sérieuse.

« Mais je suis désolé pour ton ami Blaine, » dit Kurt après un moment, le regardant attentivement, « Je veux dire, c'est horrible ce qui est arrivé. Je sais que je suis extrêmement chanceux d'avoir un père aussi génial, je ne sais pas où je serais sans lui… » Il regarda le haut de sa tasse de café, regardant son mocha tournoyer.

« Est-ce que tu y as déjà pensé ? » demanda doucement Kurt, espérant qu'il ne dépassait pas les bornes. Blaine regarda Kurt, surpris qu'il demande, surpris qu'il se retrouva à répondre malgré le manque de papier pour agir comme un tampon pour ses secrets.

« J'y ai pensé, pas sérieusement, je ne l'ai jamais vraiment considéré mais je me suis demandé. Pas demandé comment je ferais, juste demandé comment ma famille réagirait, juste demandé ce qui m'arriverais après. Je m'inquiète que la vie soit une collection de rien et je déteste ce sentiment plus que tout. Je ne veux jamais que la vie ne soit une perte mais je ne sais jamais ce que je veux faire d'elle. » Blaine se sentait pathétique quand il finit. Il ne pouvait même pas dire sans doute et il sentait que sa vie était déjà un cliché d'adolescent. Kurt le regardait cependant gentiment et il pensait que peut-être que Kurt avait ressenti la même chose donc il lui demanda aussi.

« Ouais, comme je l'ai dit dans ma lettre, » Kurt rougit légèrement tandis qu'il se référait à ses réponses, pensant à certaines des choses qu'il avait écrit, « Je me sentait seul, je pensais à comment ça serait mais je sais que je ne pourrais jamais le faire, je ne pourrais jamais faire de mal à ma famille comme ça, surtout mon père. Je ne sais pas ce que je ressentirais si je n'avais personne, si je me sentais tellement seul et désespéré comme ça ? Je ne sais pas, je suis juste vraiment chanceux je suppose, » Kurt haussa tristement les épaules, regardant encore son café, « Et je t'ai, mon auteur de lettres secret. » Il sourit chaleureusement et Blaine croisa son regard et sourit en retour.

« Tu as vraiment aimé les lettres ? » murmura Blaine.

« Oui, » dit Kurt en riant, « C'était génial de les recevoir après une mauvaise journée ou quand les cours étaient vraiment dures. J'adorais entendre parler de quelqu'un et de ce qu'il pensait. Tout le monde fait semblant d'aller bien, que tout est ok mais ces lettres me faisaient savoir que je n'étais pas seul et que mes pensées n'étaient pas inconsequential. C'est vraiment dommage qu'elles doivent s'arrêter, » dit tristement Kurt.

Blaine leva les yeux et soudain son expression changea, il réfléchissait.

« Et si elles ne s'arrêtaient pas ? » demanda Blaine, « Je veux dore et si nous continuions d'écrire ? »

« Et bien ça semble un peu idiot maintenant que nous savons tous les deux. »

« Mais ça ne doit pas être tout le temps, juste quand nous n'avons pas l'impression de pouvoir communiquer par un autre moyen. Je veux dire, j'adore écrire des lettres. C'est le seul moment où je peux vraiment me laisser aller et me ficher de ce que les gens pensent de moi tout le temps. Je sais que je ne suis pas une des personnes les plus confiantes mais je souhaiterais l'être. »

« Bon je m'en fiche, » dit Kurt en haussant les épaules mais ses yeux pleins d'espoir le trahi. Il voulait écrire les lettres, voulait en savoir plus sur Blaine et avait l'impression qu'il avait un secret. C'était bien plus facile d'expliquer des sentiments et partager des secrets à travers l'écriture et ça serait drôle.

« Ok, » dit Blaine, l'espoir rejoignant aussi ses yeux, « Avons-nous besoin de règles ? » Il sourit.

« Ouais, je pense, » dit Kurt en réfléchissant, « Je veux dire, et si l'un de nous révèle un secret dont on ne veut pas que l'autre en parle quand nous nous voyons face à face ? Et si quelqu'un veut que ça s'arrête ? »

« Et bien, nous serons toujours amis face à face, non ? » dit Blaine, se sentant soudain stupide, « Je veux dire, nous parlerons toujours ? »

« Oh ouais absolument et je pense que nous devons être de vrais amis Blaine, tu dois me parler plus souvent ! » Kurt rit, « Pas besoin d'être si timide maintenant. »

« Ok, ok, » dit Blaine en rougissant, se rappelant soudain les secrets qu'il avait révélé à Kurt, l'amour exprimé à plusieurs occasions, les regards vers Kurt et ce qu'il lui faisait ressentir. Il était content que Kurt n'ait toujours pas mentionné tout ça. Il n'était pas prêt et ça lui fit penser que Kurt était aussi le seul à l'école qui savait qu'il était gay.

« Donc nous parlerons face à face et nous parlerons de nos lettres seulement l'autre exprime ce vœu dans une de ses lettres ? Rien qui n'est mentionné dans les lettres ne doit être mentionné si nous ne le voulons pas ? »

« Ouais je suppose… » dit Blaine, certain que des règles semblaient ridicules. « Je m'en fiche que tu mentionne des choses si nous sommes seuls, » continua-t-il. Kurt hocha la tête.

« Même endroit pour les lettres ? » dit Kurt en riant.

« Ouais j'aime bien le piano, » dit Blaine en souriant. « Est-ce que tu penses que les bons auteurs de lettres avaient ces discussions ? » dit Blaine après un moment. « Comme Beethoven à sa bien-aimée immortelle ou Oscar Wilde à sa Bosie ? Ils écrivaient des lettres parce que c'était le seul moyen de communiquer. J'ai l'impression que nous sommes gâtés pour tous les choix aujourd'hui, tellement de façons de communiquer tellement de choses à dire mais à travers les lettres est mieux, je pense. » finit Blaine avec un rougissement sur ses joues et Kurt pût sentir son cœur se gonfler et se serrer de besoin. De besoin pour ce garçon qui était accidentellement arrivé dans sa vie. De besoin pour les secrets et la connaissance de quelqu'un sans des erreurs de lectures ou de compréhension. La pensée de continuer à écrire à Blaine le faisait se sentir en vie.

« Je pense que ça sera magnifique, » dit Kurt, complètement sérieux mais riant pourtant avec Blaine tandis qu'ils finissaient leurs cafés tandis que le soleil brillait derrière le petit café de Lima.