Disclaimer : Tout appartient à JK Rowling.

Note de l'auteur : Bonjour à tous. Je suis désolé pour l'attente ! Pas eu beaucoup de temps pour moi et ai eu une petite panne d'inspiration en plus de ça... Revient de 4 mois en Angleterre où j'ai pu voir tout plein de choses de l'univers d'Harry Potter ! Ça vaut le coup, allez y ! Je viens d'achever le chapitre neuf, un long chapitre encore. J'ai eu du mal à l'écrire et pourtant il y a un paquet de mots... Je pense, comme quelqu'un me l'a fait remarquer dans une review, que les persos sont un peu OOC... J'essaye de ne pas trop les changer mais ce n'est pas évident, ce sont les persos de mon imaginaire ! En tout cas, enjoy !

Après la tempête, vient le beau temps ?

Chapitre 9 : Un rôle important.

Snape se dirigeait vers le bureau du directeur avec appréhension. Qu'est ce que le vieux fou allait encore lui demander... Il n'y avait aucun doute que cela devait concerner Potter. Depuis l'attaque, il n'était plus question que du survivant. Il fallait bien avouer que la situation n'était pas franchement simple pour le garçon.

Mais Snape ne désirait pas tellement être impliqué dans la vie personnelle du gosse... Il aurait préféré fuir devant cet attachement qui commençait à naitre en lui. Mais apparemment Dumbledore n'avait pas tout à fait la même vision des choses...

Le vieux fou savait très bien que le cœur de Snape, si peu habitué aux sentiments humains, était complètement chamboulé par la situation, et cela semblait plutôt l'amuser...

Lorsque le professeur se retrouva devant la gargouille, à l'entrée du bureau du directeur, il souffla un bon coup avant de murmurer le mot de passe à la statue de pierre. Les marches qui menaient au bureau directorial lui semblèrent bien peu nombreuses ce jour là. Et il retrouva, bien trop tôt à son goût, le sourire malicieux du directeur qui lui faisait face.

« Que se passe t-il encore Albus ? » grogna le maitre des potions en s'asseyant sur un des fauteuils moelleux, précédant l'imposant bureau encombré, comme à son habitude, d'objets divers, de bonbons et de parchemins.

« Voyons Severus ne soyez pas si pessimiste, avant même d'avoir entendu ma requête. » répondit, avec malice, le directeur.

« Il y a donc bien une requête. Et une qui va me déplaire, si j'en crois votre sourire. » grinça le professeur.

Un rire chaleureux résonna dans la grande pièce, et réveilla par là même, plusieurs occupants des tableaux accrochés aux murs. Dumbledore leur laissa le temps de grogner leur mécontentement avant de reprendre.

« Vous me connaissez trop bien, mon garçon. Je ne peux plus rien vous cacher. » ajouta t-il, souriant.

Snape se releva sur son siège, soupçonneux.

« Tout d'abord, Severus, sachez que si j'ai fait appel à vous, c'est parce que vous avez toute ma confiance. Vous l'avez d'ailleurs toujours eu, rappelez vous. Et je sais que vous êtes la seule personne qui soit a même de faire ce travail avec brio. Vous êtes une personne vraie, Severus. Et vous êtes en plus de cela le sorcier le plus talentueux que je connaisse, en dehors de Voldemort. J'ai besoin de vous Severus. »

Le vieux était malin. Très malin. Il avait en effet toujours fait confiance au professeur, même lorsqu'il était mangemort. Et pour cela Snape aurait une dette envers le directeur jusqu'à la fin de sa vie. Évidemment Dumbledore n'oserait jamais l'admettre, mais il arrivait très bien à vous le faire comprendre de façon détournée... Très malin. De cette façon, Albus savait très bien que Snape ne pourrait refuser...

Le professeur ne se laissa pourtant pas abattre. Il garda son masque de froideur bien en place et fit face à son « sauveur ».

« Vous savez que la flatterie ne marche pas sur moi, Albus. » rétorqua Snape, grinçant.

« Je le sais, Severus. Mais la vérité, au contraire de la flatterie, permet bien souvent de démonter l'importance du rôle à jouer dans une situation grave. Et vous êtes cette personne qui, si vous accepter ce rôle pour le moins nécessaire, peut changer les choses. »

« Cessez de tourner autour du pot, Albus. Quel est ce rôle si important que je dois endosser ? » interrogea Snape, rageur.

« Comme vous le savez, nous ne pouvons nous permettre de laisser Harry vivre à Poudlard plus longtemps. C'est une situation beaucoup trop dangereuse pour lui. Nous ne pouvons pas laisser se reproduire ce qui s'est passé cette nuit là. Dés demain il partira pour Grimmauld Place, qui je l'espère sera plus sécurisant que le château. Cependant, vous l'avez admis avant moi, ce garçon ne peut être laissé seul, sans protection. Harry a beaucoup souffert et j'ose espérer que la présence de ses amis lui sera bénéfique. Mais cela ne suffit pas, malheureusement. Il a besoin de quelqu'un pour le protéger et d'une présence rassurante, après ces terribles expériences passées. Et, je dois avouer que je ne vois personne meilleure que vous pour assumer cette responsabilité, Severus. Je vous demande de veiller sur Harry a Grimmauld Place, jusqu'à la rentrée. »

Snape crut s'étouffer en entendant ces paroles. Il se doutait bien qu'il aurait un rôle à jouer dans cette histoire de Harry Potter, mais de là à devenir son gardien durant l'été... Pendant plusieurs secondes, il ne réussit pas à sortir un mot de sa bouche. Le regard ahuri tourné vers son directeur, Snape sortit de sa torpeur pour se lever soudainement, comme électrocuté.

« Avez vous perdu la raison, Albus ? » hurla le professeur. N'attendant pas de réponse, il reprit, plus durement encore.

« Regardez moi bien, Albus. Pensez vous sincèrement que je sois la personne idéale pour garder un enfant ? Harry Potter, qui plus est ! Je croyais que vous teniez plus que cela à la santé mentale de votre protégé... Albus, soyez sérieux, s'il vous plait. Vous savez que je ne peux pas veiller sur ce garçon. Je n'ai vraiment pas ça dans le sang. Lorsque nous avons parlé de quelqu'un pour prendre soin du gamin, je ne pensais certainement pas à moi ! Vous l'avez dit, Potter a besoin de soutien. Comment pourrai-je lui en apporter ? Je ne suis pas comme ça, vous le savez. Pourquoi vouloir lui faire endurer ça après ce qu'il a vécu ? Et pourquoi me faire subir ça, après toutes ces années avec le Seigneur des Ténèbres ? N'ai je pas assez payé ma dette envers vous, Albus ? Et lui, n'a t-il pas assez payé les conséquences de sa survie ? » conclut-il, furieux.

Albus sourit franchement face à la réaction virulente de son jeune ami, ce qui n'échappa au professeur, furieux.

« Vous ne cesserez jamais de m'étonner mon garçon ! » plaisanta le directeur.

Face au regard d'incompréhension mêlé de mépris du maitre des potions, Dumbledore poursuivit, reprenant son sérieux.

« Je crois que vous vous connaissez très mal mon cher ami. J'ai pu observer avec quel dévouement et quelle bonté vous vous êtes comporté avec le jeune Harry ces jours passés. Vous êtes certes ferme et parfois même très dur avec ce garçon, mais vous avez été là pour le soigner et le rassurer, à votre manière. Et il me semble que ce soit la bonne manière. Vous pourriez me dire de le confier à Lupin ou bien Mrs Weasley, qui j'en suis sur, traiteraient Harry avec la plus grande tendresse. Cependant, et encore une fois c'est vous même qui me l'avez fait comprendre, ce garçon a besoin d'une réelle structure. Je ne peux pas laisser Harry partir à la dérive comme je l'ai fait ces quatorze dernières années, Severus. Cet enfant a besoin d'un vrai support familial, je ne peux pas le laisser avancer sans repères ni soutien après ce qu'il a vécut et au vue de la situation du monde sorcier. Et je suis sincèrement persuadé que vous êtes cette structure dont Harry a besoin Severus. » rajouta le vieux sorcier.

« Je... Non. Albus, non. » répondit Severus, perturbé par le discours convaincant du directeur. Ce sorcier avait un réel don... Le don diabolique de vous convaincre de faire les choses les plus absurdes.

« Écoutez moi, Severus. Je sais que je vous en ai beaucoup demandé depuis que vous êtes au service du bien. J'ai conscience du dévouement dont vous avez fait preuve toutes ces années. Et je sais donc que je n'ai aucun droit de vous demander cela. Vous pouvez d'ailleurs refuser ma demande, c'est votre droit absolu. Cependant, Severus, vous savez comme moi que c'est la seule véritable solution pour Harry. Vous savez que vous êtes la seule personne à même de le protéger et de lui apporter cette attention particulière dont il a besoin. » répliqua le directeur d'une voix douce.

« Qu'attendez vous de moi exactement, Albus ? Que voulez vous que je fasse pour ce gamin ? »

« Après la mort de sa dernière famille, Harry a été placé entre mes mains. Mais, je ne peux pas être là pour lui, j'ai beaucoup trop de responsabilités. Et puis surtout je n'ai pas la jeunesse nécessaire ! Je voudrai que vous endossiez ce rôle parental dont le garçon a besoin, durant cet été. Je vous demanderai de veiller sur sa santé, mais aussi son moral. Vous savez que Harry a beaucoup souffert, et il a besoin d'un support sur lequel se reposer. Peu m'importe la façon dont vous vous y prendrez, je sais qu'elle sera la bonne. Je sais que vous êtes quelqu'un de bon, Severus, même si vous essayez de le cacher. Vous êtes fort, vous êtes attentif, vous savez vous montrer patient, et vous êtes ferme. Ce garçon a besoin de cela. »

Ce fichu vieux sorcier avait plongé Snape dans un silence profond. Il devait avouer que le raisonnement du directeur n'était pas idiot, plutôt juste même. Et il était vrai aussi que s'il s'écoutait vraiment lui même, le professeur devait admettre qu'il avait pris soin du garçon avec une réelle inquiétude jusque là. N'était ce pas significatif de sa capacité à protéger Harry Potter, alors ?

Mais pourtant il ne pouvait s'imaginer garder un œil bienveillant sur ce gamin... Cet enfant qu'il avait toujours détesté, et qui l'avait toujours détesté en retour. Peut-être était ce même cela qui le repoussait le plus... L'idée de devoir soutenir et protéger un enfant qui vous hait.

Il n'avait que quarante deux ans après tout, alors pourquoi aller s'enfermer dans une situation aussi pénible à son age ? N'y avait-il vraiment aucun espoir qu'il rencontre quelqu'un un jour ? Qu'il ai des enfants lui même ? Plus Snape y pensait et plus cela lui paraissait improbable de construire une relation amoureuse...

Depuis l'école il ne pouvait se détacher de la femme de sa vie. Qui n'était maintenant plus qu'une image, un souvenir. A vrai dire il lui restait plus qu'un souvenir maintenant. Il lui restait alors son enfant.

N'était ce pas la seule chose à faire pour elle ? N'était ce pas la seule la seule chose à faire pour ce garçon ? Et, finalement, n'était ce pas la seule chose à faire pour lui même ?

Pour la première fois de sa vie, Snape ressentait une peur profonde lui nouer l'estomac. Il avait peur d'échouer. Il craignait de ne pas être à la hauteur. Il avait peur pour la première fois depuis Lily, de ne pas être aimé...

Se reprenant peu à peu, il fixa le directeur d'un regard empreint d'une inquiétude toute nouvelle.

« Je ne crois pas pouvoir endosser ce rôle Albus. Je ne pense pas être capable d'assumer un enfant. Et puis surtout vous oubliez que je déteste ce garçon. » admit le professeur d'une voix grave.

« Et moi je crois que vous vous trompez, Severus. Je crois que vous avez peur et que vous préférez vous cacher plutôt que de prendre des risques. »

« Comment vous permettez vous de dire cela, Albus ? N'ai je pas pris assez de risques durant toutes ces années ? » gronda Snape, vexé.

« Vous savez comme moi, ce que j'entends par là mon garçon. Vous avez peur de la responsabilité que la garde de Harry entrainerai. Mais je crois qu'au fond de vous, vous savez très bien que cela serait bénéfique pour Harry, comme pour vous. »

« Qu'entendez vous par là, Albus ? Je n'ai pas besoin qu'un gamin vienne entraver mes recherches et piétiner ma tranquillité ! Surtout pas d'un garçon arrogant et insolent comme Potter ! » s'emporta t-il tout à coup, l'image de James Potter faisant surface dans son esprit.

« Severus, pensez à Lily. Pensez à ce qu'elle aurait souhaité pour son fils. Vous n'avez peut-être pas pu le sauver en ce temps là, mais vous le pouvez encore. »

« Ne...! » Severus s'apprêta à sortir de ses gonds.

Dumbledore savait pourtant bien que Lily était un sujet qu'il ne fallait pas aborder avec lui. Mais le vieux fou avait réussi. Severus devait admettre que Dumbledore avait raison. Il lui restait une chance. C'était SA chance.

Dumbledore était vraiment très doué... Vraiment diabolique...

« Albus, ce que vous me demandez est totalement inconsidéré et insensé. Mais, vous me l'avez fait comprendre clairement, ce n'est pas une requête que je peux décemment refuser... Cependant, je n'accepterai pas cette mission, si le gosse lui même n'accepte pas d'être contraint à certaines règles. Je ne tiens pas à être coincé avec ce gamin si il n'est pas fichu d'obéir ! Il est tout à fait hors de question de gâcher mes vacances pour ce petit insolent s'il n'est pas fichu de respecter mes règles. Est ce que c'est clair, Albus ? »

« Je ne l'entendais pas autrement, mon garçon ! » répondit joyeusement le directeur. « Je vous remercie Severus, sincèrement. Vous ne vous représentez pas combien votre aide est nécessaire pour Harry. » reprit-il gravement.

Snape grogna pour toute réponse, et replaça son masque de froideur en place, croisant les bras sur sa poitrine.

« Alors, mon garçon, que diriez vous d'un esquimau au citron pour fêter cette bonne nouvelle ? » interrogea Dumbledore, d'un ton guilleret.

Snape leva les yeux au ciel en même temps qu'il se leva de son siège.

« Ne soyez pas si joyeux, Albus. Je ne promet pas de garder Potter vivant bien longtemps. » rétorqua le professeur, plein de cynisme.

« Haha ! Ne soyez pas si cynique, Severus ! » répondit le directeur avec un sourire, alors qu'il faisait apparaître un bâtonnet de glace du bout de sa baguette.

Après avoir ouvert l'emballage de la friandise et en avoir croqué un morceau avec délice, le vieux sorcier reprit son sérieux.

« Demain matin nous parlerons à Harry de notre discussion. Et nous partirons dans la matinée pour Grimmauld Place. Est ce que Harry pourra supporter le translanage demain ? »

« Potter ne devrait pas avoir trop de difficultés à priori. Si ce n'est de difficultés mentales, mais je ne peux rien faire à ce sujet là, Albus. » répondit Snape d'un ton égal.

Dumbledore ne répondit pas, mais regarda son ami avec sévérité.

« Bien, et pour ce qui est des affaires de Harry, je pensais envoyer Dobby les chercher à Privet Drive. Si Harry à choisit de ne dire à personne la façon dont les Dursley le traitaient, je pense qu'il est mieux de respecter cela et de le laisser croire que nous ne savons rien. »

Snape approuva d'un léger signe de tête.

« Je ne vous retiens pas plus longtemps Severus, je vous verrez demain matin. Merci de faire cela pour Harry. Je sais qu'il vous en sera sincèrement reconnaissant plus tard, Severus. » ajouta Dumbledore, les yeux étincelants.

Snape grogna. « Je ne le fais pas pour Potter, ou pour sa reconnaissance, Albus. Je le fais parce qu'il le faut. » rétorqua t-il froidement.

Snape s'avança vers la porte et lâcha un « Bonne nuit. » sec vers le directeur avant de l'ouvrir.

« Oh ! Je voulais aussi vous dire que le cadeau que vous avez choisi pour Harry était une très bonne idée. Je crois qu'il a sincèrement apprécié votre geste, Severus. » taquina Dumbledore.

Snape tourna à demi la tête vers son mentor avant de quitter la pièce, le menton fier.

Il descendit les marches avec rapidité. Il avait besoin d'être seul, de réfléchir. Tout cela faisait beaucoup d'un coup. Après ce qu'il s'était passé cette nuit, puis la fête d'anniversaire et finalement cette discussion...

Il ne savait plus vraiment ce qu'il voulait dans tout ça. Ce qui s'était passé cette nuit avec le garçon avait été très fort et il avait ressenti pour la première un véritable besoin de protection envers un enfant. Et en même temps l'idée que cela devienne un quotidien lui faisait très peur. Snape s'était tellement persuadé qu'il était un solitaire, que ce sentiment nouveau le perturbait. Il s'était habitué, résigné à vivre seul et à ne s'attacher à personne. La solitude avait toujours été une fatalité pour lui.

Et tout à coup, il se retrouvait face à toutes ces responsabilités, à tous ces changements. Sa vie prenait un tournant particulièrement extrême. Il s'était forgé par rapport à ce mode de vie, à ces habitudes. Comment allait il pouvoir devenir quelqu'un d'autre ?

Comment allait il se détacher du sentiment de haine auquel il s'était toujours attaché lorsqu'il regardait Potter ? Et, à vrai dire, n'était ce pas déjà fait ? Ne s'était il pas déjà attaché au garçon, pour ce qu'il était vraiment ?

Snape venait de s'engager à protéger l'enfant, il venait de passer un contrat avec lui même. Cela impliquait tant de changements, tant de risques à prendre... Pourtant la nuit dernière, le professeur s'était fait la promesse de protéger Harry Potter, quoi qu'il en coute. Alors pourquoi fallait il que cela l'effraie autant maintenant ?

Il ne pourrait plus être détaché dorénavant... Il allait faire partie de la vie du gamin. Il allait jouer un rôle dans sa vie. Un rôle parental... Comment allait il pouvoir supporter un enfant ? Comment allait il avoir la patience, et l'amour nécessaire pour cela ?

Snape ne pensait alors qu'à retourner sur ses pas et dire au directeur qu'il avait finalement changer d'avis. Il y avaient tellement d'incertitudes qui lui faisaient peur. Pour la première fois, Snape n'était sur de rien. Il s'était battu contre des mangemorts, avait tué des centaines de moldus et sorciers innocents, avait affronté la colère du Seigneur des Ténèbres... Mais faire face à ce garçon le mettait très mal à l'aise. Il ne savait pas pourquoi il avait accepter...

Qu'allait il bien pouvoir faire pour Potter ? Il avait toujours détesté les enfants, alors pourquoi avoir pensé qu'il pourrait l'aider, lui ?

Alors que le professeur arrivait devant les portes de l'infirmerie, il préféra ne pas entrer immédiatement. Son cœur battait vite, trop vite. Il avait peur de voir le visage du garçon et de se rendre compte qu'il avait fait une grave erreur. Il avait peur que le garçon ne le déteste.

Merlin ! Pourquoi avait il peur qu'un stupide gamin le déteste ? On l'avait toujours détesté, et à vrai dire, il avait toujours aimé ça. Il savait qu'il faisait craindre, et encourageait cela. Alors pourquoi tout à coup avait il peur de ne pas être accepté ?

Reprenant le contrôle de son pouls, Snape inspira profondément et replaça finalement son masque d'indifférence en place. Il poussa alors doucement les portes de l'infirmerie.

Il s'approcha à petits pas vers le lit de Potter, où le garçon était en train de manger son repas du soir. Pomfresh était derrière son bureau, en train de ranger des bocaux, en sifflotant. Personne ne l'avait encore remarqué, et Snape ne put s'empêcher de se placer derrière un des rideaux qui séparaient les lits.

Il pouvait observer le garçon picorer dans son assiette, sans jamais vraiment manger. Potter avait l'air apaisé, perdu dans ses pensées. Il paraissait si jeune tout à coup. Il paraissait si vulnérable, si faible. De nouveau ce sentiment de protection étreignit Snape avec violence. Il ne pouvait plus reculer maintenant, pour lui même.

Il se décida enfin à avancer vers le lit du garçon, à petits pas secs. Potter releva vivement la tête vers lui et lui adressa un des sourires les plus chaleureux. Mais bien vite le garçon se reprit et baissa la tête, gêné. Snape réprima un rire avant de s'approcher du lit.

« Je vois que vous ne mangez toujours rien, Potter. » réprimanda le professeur en désignant le plateau de nourriture, posé sur les genoux du garçon.

« Je n'ai pas très faim, monsieur. J'ai du manger trop de gâteau... » répondit l'adolescent.

« Essayez tout de même de manger plus, Monsieur Potter. Vous allez finir pas vous rendre invisible si vous persistez à ne rien avaler. » grinça Snape avec froideur.

« Oui, monsieur. » répondit Harry avec agacement, en poussant quelques morceaux de carottes vers le bord de son assiette.

« Les carottes ne sont pas faites pour décorer, monsieur Potter ! » gronda Snape en secouant la tête avec lassitude.

Le garçon lança un regard plein de dégout à ses carottes avant d'en avaler un morceau. Snape faillit éclater de rire en observant Potter faire la grimace, mais se retint de justesse.

« Je vais dire à Madame Pomfresh de rentrer chez elle, lorsque je reviens votre assiette devra être vide, monsieur Potter. » indiqua Snape avec dureté.

Snape put entendre le gamin grogner alors qu'il se dirigeait vers le fond de la pièce. La petite sorcière s'activait encore à ranger ses bocaux et ses pommades dans des étagères, lorsqu'elle aperçut enfin le professeur.

« Ah, Severus, vous êtes là ! C'était une superbe fête, vous ne trouvez pas ? » remarqua t-elle d'un ton guilleret.

« Certainement... Presque aussi superbe qu'une rentrée des classes. » répondit-il, sarcastique.

« Je suis sure que Harry a beaucoup apprécié ! » rajouta t-elle, joyeuse. « Bon, je crois que vous n'avez plus besoin de mon aide ici. » continua t-elle en attrapant son sac. « J'ai rangé de nouvelles pommades et médicaments dans l'armoire, vous ne devriez manquer de rien. J'ai aussi rempli une armoire à Grimmauld Place. Mais si vous manquez de quoi que ce soit, vous savez comment me contacter, Severus. »

« Ce ne sera pas nécessaire, Potter sera très bientôt sur pied. »

« Avec vos soins, je n'en doute pas ! » remarqua t-elle avec un sourire qui fit grimacer le maitre des potions.

« Bien, je crois que j'ai tout avec moi. Alors je vous vois à la rentrée Severus ! Passez une bonne fin de vacances. »

« Vous aussi Poppy. A bientôt. »

L'infirmière passa près du lit de Harry et le salua avec chaleur avant de sortir de la salle d'un pas vif.

Ils n'étaient maintenant plus que tous les deux. Snape se dirigea vers les armoires et sortit quelques onguents, avant de se diriger vers le lit du garçon.

L'assiette de Potter ne s'était pratiquement pas désemplit, et le garçon faisait semblant de dormir. Snape secoua la tête. S'il croyait l'avoir de cette manière. Le professeur posa les médicaments sur la table de nuit avant de se tourner vers Potter, les bras croisés sur la poitrine.

« Si vous me pensez assez dupe pour vous croire endormi, monsieur Potter, vous vous trompez. Vous ne voulez pas finir votre assiette, c'est un fait. Je ne peux pas vous forcer, malheureusement. Mais soyez sur que cela risque de changer d'ici peu. »

N'obtenant toujours pas de réaction, Snape poursuivit, en s'asseyant sur la chaise, à coté du lit.

« Cessez de faire l'imbécile, Potter. Si vous voulez prendre votre potion de sommeil sans rêves, il faut vous réveiller. A moins que ne préfériez cauchemarder comme cette nuit. »

Snape put voir les joues du garçon rosirent légèrement, avant qu'il n'entrouvre les yeux.

Il avait suffit pour Harry que Snape parle de cette nuit pour qu'il réagisse. Il avait pensé que Snape aurait fait comme si l'incident de cette nuit ne s'était jamais passé... Et lui même, justement, ne voulait surtout pas que cela se reproduise. Il s'était assez humilié comme cela.

Snape fit disparaître l'assiette d'un coup de baguette, et plongea son regard dans celui du garçon.

« Bien. Demain nous partirons pour Grimmauld Place, monsieur Potter. Je vous donne donc une potion de sommeil sans rêves pour cette nuit, parce qu'il est nécessaire de vous reposer avant le transplanage de demain. Mais, je ne pourrai pas vous permettre d'en prendre très souvent. Cette potion est très efficace mais établit une forte dépendance, je ne pourrai donc vous en donner qu'une à deux fois par semaine maximum. Est ce que c'est compris ? » interrogea Snape, sérieux.

« Mais, monsieur... Je ne peux pas. » murmura l'adolescent, désemparé.

« De quoi parlez vous, Potter ? Qu'est ce que vous ne pouvez pas ? » demanda le professeur, en fixant le garçon.

Harry se rendit compte qu'il s'était perdu dans ses pensées, et que ces pensées ne pouvaient êtres partagées, surtout pas avec Snape. Il avait peur d'affronter Grimmauld Place. Mais surtout il avait peur d'affronter ses cauchemars à Grimmauld Place. Il serait seul.

« Non, rien. C'est rien. Je pensais à autre chose, monsieur. C'est compris. » répondit le garçon avec un peu plus d'assurance.

Même si il n'était pas dupe, Snape préféra ne pas insister pour le moment. Il ne pouvait pas forcer le garçon à se confier s'il n'était pas prêt.

« Bon. Toutes vos affaires vous attendront à Grimmauld Place, Dobby ira les chercher à Privet Drive pour vous. Vous allez retrouver vos amis et je présume que vous attendez avec impatience de vous amuser avec eux. Cependant, je vous demanderai d'attendre quelques jours de repos avant de commencer les stupidités. Et puis nous commenceront bientôt l'occlumencie, alors soyez prêt à travailler, Monsieur Potter. »

« Oui, monsieur. Quand est ce qu'on part demain ? » interrogea l'adolescent.

« Nous partons demain dans la matinée. Demain , au réveil, nous devrons discuter avec le directeur, vous et moi. Nous quitterons le château après. » indiqua Snape.

« De quoi doit-on discuter, monsieur ? » interrogea Harry curieux et inquiet.

« Ne soyez pas si pressé, Potter. Nous en parlerons demain. »

Harry n'osa pas insister, il savait que Snape ne dirait rien de plus. Et puis il était trop fatigué pour s'en inquiéter plus longtemps. Il était tellement content de pouvoir dormir avec une potion cette nuit. Il appréhendait tellement le lendemain... Il avait peur de sa tristesse...

Snape pouvait lire sur les traits tirés du garçon, qu'il angoissait à l'idée de retourner chez son parrain. Et soudain il se demanda si cette idée de garde était une réelle solution... Il ne savait pas s'il pouvait sincèrement faire quelque chose pour l'aider... Si le garçon ne souhaitait pas se confier, comment cela pourrait il fonctionner ?

Reprenant ses esprits, Snape tendit la main vers un onguent posé sur la table de nuit.

« Déboutonnez votre chemise, Potter. Vos cotes ont encore besoin de soins. » ordonna t-il.

Harry ne se fit pas prier et commença à ouvrir sa chemise pendant que le professeur passait la pommade sur sa jambe blessée. Ses gestes étaient encore très doux et très attentionnés. Harry se sentit se détendre instinctivement. Il se sentait apaisé.

Jamais personne ne lui avait fait ressentir un tel sentiment de calme et de confiance en l'autre. Il avait appris à se méfier de tous et tout le monde depuis toujours. Mais pour la première fois il se sentait en totale confiance grâce à un simple geste.

Le plus étonnant dans tout ça était que c'était en Snape dont il avait confiance en ce moment même... Il devait d'ailleurs avoir raison de lui faire confiance car les soins du professeur étaient efficaces, il ne sentait plus de douleur dans ses cotes et sa jambe. Harry espérait seulement que ça ne se finirai pas trop vite...

Après avoir pommadé les plaies du garçon, Snape lui tendit deux fioles de potions, que Harry but rapidement.

Harry repensait à cette journée, surréaliste. Il avait passé une journée magnifique. Revoir ses amis lui avait fait beaucoup de bien. Il n'avait pas pensé à son parrain de toute la journée. Mais maintenant qu'il y pensait, il culpabilisait d'avoir oublié pendant un instant la mort de cet être cher.

C'était comme s'il devait souffrir pour ce qu'il avait fait. Il avait tué son parrain et devait en subir la tristesse. Son entourage pouvait bien dire que ce n'était pas sa faute, Harry savait bien qu'il était responsable de tout ça. C'était lui qui avait envoyé Sirius à la mort. Et le lendemain il allait devoir faire face à cette absence. Faire face à cette maison vide de sens.

Il voulait dormir et oublier. Oublier qu'il était fautif et coupable. Et le petit tas de cadeaux entassés prés de son lit le lui rappelait. Pourtant il avait rêvé de cette journée depuis toujours.

Il regarda le premier cadeau de la pile, c'était le livre de Snape. Il se surprit à sourire tout à coup. C'était vrai, Snape lui avait offert un cadeau. Sans réfléchir il se tourna vers son professeur, assit à coté de lui, et lui sourit sincèrement.

« Merci pour le cadeau, professeur. »

« J'ose espérer qu'il vous sera utile. » répondit Snape surprit. « Vous pouvez lire quelque temps si vous le souhaitez, monsieur Potter. Mais vous devriez vous coucher tôt, vous avez besoin de sommeil après cette journée épuisante... » rajouta t-il presque pour lui même.

« Je crois que je vais dormir maintenant, je suis fatigué. » répondit Harry en s'allongeant dans son lit.

« Alors, bonne nuit, monsieur Potter. »

« Bonne nuit, professeur. »

Le professeur éteignit les lumières et seul le livre illuminé éclairait la grande pièce. Harry n'oserait jamais le dire mais cette lumière le rassurait énormément. Il savait qu'il n'était pas seul. Il savait que s'il se retournait, quelqu'un serait là.

Il appréhendait de se retrouver dans l'obscurité, dans sa propre obscurité. Il se retourna vivement vers la lumière, soudainement effrayé à l'idée d'être seul. Il lança un regard effrayé à son professeur de potions, sans pouvoir le contrôler.

Sans réfléchir le maitre des potions posa le livre à coté de lui et s'approcha du lit.

« Que se passe t-il, monsieur Potter ? » demanda t-il, inquiet.

Harry reprit ses esprits. La voix de Snape l'avait rassuré. Il n'était pas seul. Ce n'était pas un rêve. Il y avait quelqu'un à ses cotés. L'obscurité ne gagnerait pas cette nuit, il n'était pas seul. Il respira profondément, chassant la peur de son esprit.

« Qu'est ce qui ne va pas, Harry ? » interrogea le professeur, plus inquiet encore.

Entendre son professeur l'appeler Harry réveilla soudainement le garçon. Le sombre Snape l'avait appelé Harry. Relevant la tête vers l'adulte, Harry remarqua une certaine inquiétude dans ses yeux.

Il se releva un peu sur son lit, avant de se gratter la gorge. Que pouvait il bien lui dire ?

« Hum... Je ne sais pas ce qui m'a pris, désolé, monsieur... »

« Vous êtes bien sur de cela, monsieur Potter ? Pourquoi ne diriez vous pas la vérité ? »

« Je... Je n'était plus sur que vous soyez à coté de moi... Et j'ai juste voulu vérifier, c'est tout. » répondit-il, gêné.

« Ne vous inquiétez pas, Potter, vous n'êtes pas seul. Je ne partirai pas. Maintenant, dormez, je suis là. » rassura le professeur d'une voix douce.

L'adolescent se gratta la gorge une dernière fois avant de s'enfoncer sous les couvertures. Comment avait-il oser dire une chose pareille à son professeur de potions ? Il sentait qu'il allait le regretter ! Comment pouvait il lui faire confiance comme cela alors qu'il l'avait toujours détesté ? Et pourquoi Snape était il si gentil ?

Harry s'était couché du coté de Snape et la lumière qu'il voyait filtrer doucement à travers les couvertures le rassurait. Il s'endormit rapidement, pour un sommeil sans rêves.

Snape était très étonné par le comportement de Potter. Plus qu'étonné d'ailleurs. Il était inquiet. Mais peut être, après tout ce qui s'était passé dans la vie de ce garçon, que ce comportement était à prévoir. Snape espérait simplement que cette période d'angoisse passerait vite. Pour le garçon comme pour lui. Parce qu'il ne savait pas ce qu'il pourrait bien faire pour Potter si ce genre de peurs devaient perdurer...

La nuit se déroula sans cauchemars grâce à la potion. Et Harry comme Snape en furent ravis. Harry se réveilla vers 7h30 le lendemain, reposé mais inquiet à l'idée de quitter le château... Lorsqu'il ouvrit les yeux et découvrit le professeur Snape qui le regardait, il voulait dire un simple bonjour, mais les mots sortirent tous seuls de sa bouche.

« Vous êtes là. » dit-il sans le vouloir.

« Oui, je suis là. Je ne suis pas parti Potter. » rassura le professeur.

« Hum.. »

« Avez vous bien dormi ? » questionna Snape.

« Oui, très bien. Merci pour la potion. » murmura Harry, reconnaissant pour cette nuit de sommeil profond.

Snape fit apparaître un plateau avec des toasts et un jus d'orange. Harry fit la moue.

« Remarquez, monsieur Potter, que je ne vous oblige pas à manger tout un petit déjeuner. Mais il est nécessaire, pour reprendre des forces, que vous mangiez au moins quelque chose et que vous buviez votre jus d'orange. Alors, s'il vous plait, ne faites pas l'enfant et mangez ». ordonna t-il.

« Je vais essayer, monsieur. » promit Harry.

L'adolescent mangea un toast et but son verre de jus d'orange, mais ne put rien avaler d'autre. Fort heureusement pour lui, le professeur ne l'obligea pas à manger les toasts restants. Alors que Snape faisait disparaître le plateau, Harry, qui sentait la curiosité le piquer, l'interrogea sur la discussion qui les attendaient.

« Alors, que se passe t-il, monsieur ? Pourquoi le professeur Dumbledore veut il que l'on discute ? »

Snape soupira, il avait presque oublié lui même ce moment difficile...

« Vous découvrirez bien assez tôt, Potter. Habillez vous et nous irons voir le directeur. » répondit il.

Le maitre des potions se plaça derrière le rideau et attendit que le garçon soit habillé, pour lui tendre le bras. Harry marchait beaucoup mieux qu'avant, mais Snape préférait qu'il s'appuie sur son bras, afin de protéger les plaies. Bizarrement, Harry ne chercha pas à contredire cette obligation.

Ils marchèrent lentement et silencieusement, jusqu'à la gargouille. Ils montèrent les escaliers et se retrouvèrent alors face au directeur, tout sourire. Etrangement Severus Snape se sentait nerveux...

« Bonjour Harry, Severus. Asseyez vous. » les invita le directeur.

Harry et Severus s'assirent face au directeur, patients.

« Alors, Harry, comment vas tu ? As tu bien dormi ? » demanda le vieux sorcier, de bonne humeur.

« Je vais très bien, professeur. Merci. » répondit Harry.

« Tu dois te demander pourquoi je te fais venir dans mon bureau, avec le professeur Snape, à une heure aussi matinale, n'est ce pas ? » remarqua Dumbledore, malicieux.

« Oui... Que se passe t-il, monsieur ? » s'inquiéta l'adolescent.

« Je sais que les choses se sont précipitées cet été, et nous n'avons pas vraiment eu le temps de discuter toi et moi. Vois tu, maintenant que les Dursley ne sont plus là, tu as été placé sous ma garde. » indiqua le vieux sorcier.

'Et voilà.' pensa Harry. Après avoir tué toute sa famille restante, il fallait qu'il devienne un poids pour son directeur... Il aimerait tellement cesser d'être une gêne pour tout le monde ! Il se fichait pas mal de ce qui pouvait advenir de lui tant qu'il ne dérangeait plus personne...

Peut être Dumbledore allait il même lui dire qu'il ne pourrait plus étudier à Poudlard à cause de toutes les erreurs qu'il avait commise... C'était le seul endroit où il se sentait à l'aise... Où allait il aller s'il devait quitter le château ?

Les idées tourmentées de Harry ne purent aller plus loin puisque Dumbledore reprit, avec une voix encore plus douce.

« Malheureusement je ne peux pas être aussi présent pour toi que je le souhaiterai. Sache, Harry, que je serai toujours présent lorsque tu auras besoin d'aide, pour n'importe quoi. Mais je ne peux pas assurer le rôle de gardien qui m'a été confié. Et je crois que, comme tous les enfants de ton age, tu as besoin de quelqu'un pour veiller sur toi, mon garçon. »

« Mais non, monsieur. Je peux me débrouiller seul, vous savez. » essaya de convaincre, Harry.

« Ne dites pas de sottises, Potter. » gronda Snape.

« Tu devrai écouter ton professeur, Harry. Après ce que tu as vécu, il est important que tu te reposes. Mais surtout, à ton age, il est nécessaire de vivre sa jeunesse et de pouvoir compter sur quelqu'un qui prend soin de soi. Et comme je ne peux pas le faire moi même, j'ai donné cette importante tache au professeur Snape. »

« Quoi ? Qu'est ce que vous voulez dire ? » s'étouffa l'adolescent.

« Après ce qu'il s'est passé la nuit dernière dans la foret interdite, il est hors de question de rester au château plus longtemps. Et le seul endroit vraiment sécurisé est Grimmauld Place. Cependant je ne pourrai pas être souvent là, et donc répondre à tes besoins comme il le faudrait. Ton professeur Snape sera là pour toi, Harry. Il sera ton gardien durant cet été. Comme tu as pu le remarquer, le professeur Snape excelle lorsqu'il est question de te protéger et te soigner ! »

« Mais... » protesta Harry, surprit.

« Je n'ai pas choisi non plus, Potter. » grinça le professeur.

« Je sais que tu aurai préféré être avec ton parrain, Harry. Je suis vraiment désolé de tout ce qu'il s'est passé cet été, mon garçon. Mais nous devons avancer, coute que coute. Nous devons nous battre. Le professeur Snape sera là pour t'aider à avancer durant cet été. Tu verras je suis sur qu'il prendra très bien soin de toi, Harry. »

« Mais pourquoi ne puis je pas rester seul ? Et les Weasley alors ? »

« Vous n'êtes qu'un enfant, monsieur Potter. Un enfant qui a subi des dommages qu'il n'aurait jamais du connaître, en plus de cela. Tout enfant nécessite un certain ordre et un certain support. Or Mrs Weasley, avec ses gâteaux et ses gentillesses ne peut pas répondre à ces besoins. »

« Ce que Severus essaye de dire ici, c'est que tu as droit Harry, à une enfance. Et qu'être un enfant c'est aussi savoir que quelqu'un est à coté de soi, si l'on tombe. Le professeur Snape sera cette personne pour toi. Je sais que ce n'était sans doute pas ce que tu désirai, mais, fais moi confiance Harry, je sais que c'est une bonne chose. Ce n'est pas une punition, au contraire. Est ce que tu comprend ? »

« Oui... je... je crois... Ça veut dire que c'est vous qui aurez ma responsabilité, pendant les vacances ? Comme les Dursley, avant... avant... vous savez quoi...? »

« C'est cela, Potter. Et croyez moi, ça ne va pas toujours être facile pour vous. Je ne laisserai passer aucune insolence, aucune arrogance, aucune désobéissance. J'espère que vous comprenez ? »

« Je crois que c'est assez clair... Et je ne peux pas refuser de toute façons, c'est ça ? » grogna t-il.

« La décision de ta garde me revient, Harry. Et, pour l'instant, il est clair à mes yeux, que le professeur Snape est le mieux qualifié pour prendre soin de toi. Tout ira bien, Harry, tu verras. » assura le vieux sorcier.

Harry ne pouvait pas en croire ses oreilles... Il allait être sous la garde du sombre maitre des potions. Cela s'était bien passé jusque là. Même plus que bien. Il avait découvert avec son professeur, la joie d'être protégé et soigné. Mais cela avait duré quelques jours... Comment cela se passerait il durant 4 longues semaines ? Snape avait été gentil jusque là, mais Harry savait bien que son professeur le détestait... Et la haine referait surface, sans aucun doute, à un moment ou un autre. Il avait l'horrible pressentiment que cet été serait le pire de toute sa vie...

Alors que Harry s'imaginait les pires scénarios avec Snape, Dumbledore le sortit de ses pensées avec douceur. Le garçon n'avait pas remarqué que le directeur s'était levé de son siège pour le rejoindre à ses cotés. Le vieux sorcier avait posé sa main fripée, mais ferme sur l'épaule de Harry, dans un geste rassurant.

« Je sais que ta vie doit te paraître bien pénible et compliquée ces derniers temps, Harry. Mais fais moi confiance, fais confiance au professeur Snape, tout ira mieux. Ne perd pas espoir mon garçon, tu n'es pas seul. » chuchota t-il pour Harry.

Harry releva la tête vers son maitre et sentit les larmes lui monter aux yeux, mais les chassa d'un battement de cils. Il aimerait tellement pouvoir le croire... Il aimerait sincèrement garder espoir et pouvoir se reposer sur Snape comme sur un véritable support. Mais serait ce possible ?

« Oui, monsieur. » répondit-il finalement.

« Severus, vous devriez emmener Harry chercher ses dernières affaires à l'infirmerie. Et prenez le temps de discuter. » ajouta t-il avec un sourire encourageant pour Snape. « Je pars maintenant pour Grimmauld Place, rejoignez moi là bas lorsque vous serez prêts. » expliqua t-il. « Et Harry, n'oublie pas, tout va bien se passer, ai confiance en ton professeur. » murmura t-il à l'adresse du garçon avec un clin d'œil.

Les deux sorciers sortirent de la salle en silence. Harry se tenait au bras de son professeur avec gêne dorénavant. Il se sentait mal à l'aise à l'idée que ce professeur qu'il avait tant détesté était son gardien à partir d'aujourd'hui. Heureusement, ce n'était que pour un mois... Il appréhendait les humiliations devant ses amis... Ce qui devait inévitablement se produire dans l'été. Le bras de Snape était droit et ferme, c'était un vrai support. Harry se demandait si le professeur le supporterait toujours de cette façon, s'il en avait besoin. Est ce que Dumbledore pouvait avoir raison ? Etait ce possible que la présence de Snape lui soit bénéfique au final ?

Ils arrivèrent dans l'infirmerie silencieuse, et se dirigèrent vers le lit du garçon, à pas lents. Arrivés à destination, Snape aida Harry à s'asseoir sur le lit. Alors que le garçon commençait à rassembler ses affaires, le professeur le stoppa d'un geste de la main. Il s'assit lui même sur sa chaise et fixa l'adolescent avec sérieux.

« Nous devons discuter, Potter. Instaurez quelques règles serait nécessaire. »

Harry attendit avec une certaine appréhension la suite. Cela déterminerai en partie la manière dont se dérouleraient ces vacances...

« Tout d'abord, même si ce sont des vacances et qu'il est normal que vous en profitiez pour vous amuser, il est important de vous prévenir que vous devrez travailler vos cours avec assiduité. Je vous demanderai de travailler deux heures par jour. Sans oublier que nous devrons commencer l'enseignement de l'occlumencie au plus vite. Cependant nous ne le travaillerons que deux à trois fois par semaine. C'est un enseignement très difficile et véritablement épuisant, il est donc inutile de le travailler quotidiennement, cela n'amènera aucun résultats. Mis à part cela, ce sont principalement des règles de politesse et de respect. Vous ne sortez pas de table sans la permission. Lorsque je dis au lit, vous allez au lit. Si je vous dis de ne pas insister, vous n'insistez pas. Bref, je vous demanderai de m'obéir. Vous avez tout à fait le droit de dire ce que vous pensez, mais ne me répondez surtout pas, ou vous le regretterez, monsieur Potter. Pas d'insolence, pas de désobéissance en clair. Ce n'est pas très compliqué, lorsque j'interdis quelque chose, c'est interdit, point. Vous avez des questions à ce sujet ? »

« Non, monsieur. J'ai compris. » répondit Harry, lassé.

« Ensuite je souhaiterai discuter avec vous de vos besoins quotidiens. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, venez m'en parler. Je déciderai ou non de la nécessité de votre requête, mais sentez vous libre de me demander. Vous dormirez avec Mr Weasley, mais ma chambre sera en dessous de la votre. Si vous avez besoin, venez frapper à ma porte. Pour quoi que ce soit, venez me voir. Je serai disponible pour vous. Des questions ? »

« Euh... non... » répondit Harry gêné par tant d'attention.

« Bon, je ne vois rien à ajouter pour l'instant. Si vous avez des suggestions ou des questions, n'hésitez pas. Et, ne vous inquiétez pas, je ne compte pas vous martyriser tout de suite. » ajouta le sorcier pince sans rire.

« Hum... »

« Rassemblez vos affaires maintenant. Je vous attend. » ordonna Snape en se retournant.

Quelques instants plus tard, Harry était prêt à partir.

« C'est bon, je suis prêt, professeur. »

Snape regarda le lit à peine tiré et le sac ouvert du garçon ou les vêtements et objets divers sortaient à moitié, en vrac. Il lança un regard dédaigneux à l'ensemble.

« Une des premières choses que nous devrons travailler, monsieur Potter, sera la manière de faire un lit et de ranger ses affaires. Il semble que vous ayez de sérieuses lacunes dans ce domaine. »

« Désolé... »

Harry essaya de mieux tirer le lit, sans succès... Avec un soupir, le maitre des potions jeta un sort au lit, qui devint si tendu que les drapas menaçaient de craquer, et au sac du garçon qui rétrécit tellement qu'il ressembla à un petit bonbon. Le professeur enfonça le petit objet dans sa poche avec de tendre son bras vers son élève.

« Nous allons passer dans le parc, profitez en, c'est la dernière fois que vous le voyez avant la rentrée. » indiqua le professeur.

Harry fut heureux de pouvoir regarder une dernière fois ce paysage qui l'apaisait tant. Ce vieux château humide, ce grand lac peuplé de créatures effrayantes et ce parc verdoyant. Tout cela allait lui manquer. Sa maison. Il remarqua que son professeur s'était mis à marcher moins vite tout à coup. Snape laissait le temps à Harry d'emporter un maximum de souvenirs de Poudlard avant de le quitter. Harry espérait seulement que cette gentillesse tout nouvelle de la part de son professeur durerait encore un peu. Cela l'apaisait tant. Ils passèrent finalement les grilles de fer forgé du château, et se retrouvèrent sur la route menant à Prés au Lard. Tout à coup Snape empoigna le bras de Harry avec fermeté.

« Vous devriez vous accrocher, Potter. Vous êtes encore faible. » Snape attendit que le garçon se soit bien accroché à lui avant de poursuivre. « Vous êtes prêt, Potter ? »

« Oui, monsieur... » répondit Harry sans assurance.

Merlin ce qu'il détestait le transplanage ! Soudain il se sentit transporté dans un tourbillon terrible... Il espérait seulement ne pas s'évanouir encore... Mais à peine eut il eu le temps de s'en inquiéter qu'il sentit de nouveau le sol sous ses pieds. Il mit quelques secondes avant de pouvoir lâcher le bras de Snape, cependant. La tète lui tournait tout de même.

Et elle lui tourna d'autant plus lorsqu'il découvrit la façade de la maison des Black...