ROUGE

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Draco Malfoy tourna la carte rouge, derrière se trouvait l'adresse d'un bar dans l'allée des embrumes. Il ne le connaissait pas, il n'y avait même jamais eu de bruit à son propos. Tous les mages aux inclinations douteuses devaient s'y rendre pour boire un verre mais ça devait être tout. D'un autre coté ça ne devait pas être par hasard que Jones se soit trouvé en possession du petit carton. Il le retourna de nouveau et lu ce qui était tracé en lettres d'or :

The Fire bird

Le Phénix ne brûle jamais

Pour Draco ça n'avait pas réellement de sens. Il trouvait même douteux d'utiliser le phénix comme symbole de bar qui n'était tenu ou visité que par des sorciers potentiellement dangereux. Mais à présent il n'avait que cette piste. Draco comprenait parfaitement qu'ils ne pourraient pas utiliser le lieu de dépeçage pour leurs investigations. Y aller c'était prendre le risque de voir Rosmond se montrer encore plus prudente qu'elle ne l'était déjà. La seule solution c'était de leur faire croire qu'il faisait encore fausse route. Garett et Jones repartaient pour de la surveillance inutile. Draco se rendrait lui-même dans ce bar.

-Ce n'est pas juste, avait dit Jones, c'est moi qui ai trouvée cette carte.

-Ah bon, je pensais que c'était Garett et toi. Inutile de me regarder avec ces yeux là Jones, je ne suis pas un imbécile. Et c'est vraiment mal me connaître de penser que je passerais au dessus de ce genre d'insubordination. Je devrais te féliciter ? J'aimerais le faire, mais ça encouragerait encore plus ton penchant pour la désobéissance. Je vais donc te dire que je suis partagé entre la déception et la satisfaction et tu te contenteras de ça.

Draco avait clos le débat et Garett avait passé un bras réconfortant autour des épaules d'une Jones qui fulminait de rage. Bien sûr qu'il aurait pût l'emmener avec elle. Jones le méritait, et il le ferait sûrement. Mais il voulait s'assurer que l'endroit n'était pas un piège, que cette carte n'était pas juste quelque chose pour attirer la jeune femme vers quelque chose de plus dangereux. Les disparitions des Velanes ne l'encourageait pas à la laisser se promener seule. Il irait en reconnaissance.

Il attendit qu'il soit presque 23h avant de se rendre dans l'allée des embrumes. La nuit il y avait généralement plus de monde donc moins de chance de se faire remarquer. Il abattit sa capuche sur sa tête et releva le col de sa cape sur son nez. Le bar était un bâtiment d'une discrétion déconcertante. Pour y accéder il fallait descendre quelques marches et ce dernier se trouvait derrière une porte rouge. Si Draco n'avait pas eu l'adresse, il n'aurait jamais su que c'était ce bar. La porte n'avait pas d'enseigne et seul un blason décoré d'un ibis rouge au trait épuré l'a décorée. Il descendit les escaliers et toqua. La porte s'ouvrit doucement sur un long couloir. Draco le pénétra mais fut soudainement arrêté en plein chemin. Un homme d'une cinquantaine d'année aux longs cheveux gris, coincés dans un costume de la même couleur lui avait attrapé le bras. La porte se referma au même moment où Draco tournait la tête.

- Votre invitation s'il vous plait.

Le chef de police l'observa avec un air impassible, il tenta de dégager son bras mais la poigne de l'homme était forte. Il répéta.

- Votre invitation. Je ne peux pas vous laisser entrer sans invitation.

Draco fouilla dans sa poche et en sortit la petite carte. Il l'a tendit à l'homme et ce dernier amena sa main libre un peu hésitante vers les doigts de Draco. Quand il l'eut en main il lâcha le blond et caressa le carton du bout des doigts. Le policier remarqua alors que l'homme était aveugle. Le vieux sorcier, passa sa main à l'intérieur de son costume et en sortit un petit appareil. Il fit passer la carte dans l'interstice de l'objet et appuya dessus. Un petit « clic » se fit entendre. Ensuite il rendit la carte à Draco, ce dernier observa le carton sur lequel brillait un petit point doré, en dessous deux lettres y figuraient dans cette même couleur or D.M. Draco grimaça.

- C'est votre carte, personne ne pourra entrer avec. Ne la prêtez pas, ne la perdez pas. Vous n'en aurez pas d'autres, vous ne rentrerez pas sans. Le bar ferme a cinq heures. Nous ne sommes pas responsables des boissons que vous ingurgitez. Si vous mourrez, on jettera votre cadavre dans la Tamise.

- Vous savez que c'est interdit.

- Oui, et alors ?

Draco n'ajouta rien, cet homme s'en fichait clairement. Son bras lui fut rendu, il rangea sa carte dans sa poche intérieur et le vieux sorcier pointa un coffre du doigt, qui se trouvait à ses cotés.

- Si vous en prenez un, je vous conseil de le garder précieusement. Vous n'êtes pas obligez de vous en affublez.

Draco ouvrit le coffre et y trouva sept masques différents. Ils ressemblaient presque au masques de démons japonais mais avec une touche occidentale et représentaient tous des animaux. Étrangement il n'y avait que des espèces qui représentaient les signes du zodiaque chinois Le rat, le cheval, le chien, le dragon, le coq, le lièvre et le serpent. Draco douta que ce n'était pas par hasard que seuls ses animaux se trouvaient devant lui. Il était même persuadé que les masques devaient différer selon les personnes. Il prit le masque du serpent et couvrit son visage. Il se tourna vers le miroir, le masque était d'un vert émeraude magnifique, il s'ajusta automatiquement à son visage finissant de le couvrir au niveau de sa lèvres supérieur.

SeulE la partie haute de la gueule de l'animal était taillé et deux crochet argentés descendait de chaque cotés des lèvres de Draco. Deux petites fentes étaient creusé pour dévoiler ses yeux qui étaient devenus vert, même ses cheveux avaient prit une teinte différente ils étaient noirs. Le policier passa nerveusement une main dans ses mèches sombres. Il était plutôt rassuré de voir que l'anonymat était de mise dans ce bar. L'aveugle le poussa vers la porte au fond du couloir et Draco entra.

La pièce n'était pas immense. Selon lui, seul une cinquantaine de personne ou un peu plus pouvait combler l'espace. Mais il n'y avait pas cinquante personnes. Le sol était noir, les meubles aussi, les murs étaient rouges,. Les rebords du mobilier étaient décorés de marbrure en or. Les tables et les chaises et les canapés étaient dans le plus pur style victorien. Les coussins étaient bordeaux, les pattes de lions qui soutenaient les assises étaient elles aussi en or. Le mur qui longeait la continuité de la porte abritait le bar. Le personnel qui le tenait avait tous, le même masque noir qui représentait un aigle. Les serveurs qui déambulaient entre les sièges et les tables quant à eux avaient le visage couvert par des faces de hiboux couleur or.

Leurs cheveux étaient blancs, lisses et plaqués en arrière. Si il y avait des filles Draco aurait eu du mal à les reconnaître. Ils portaient tous le même costume noir, un blazer serré et un pantalon à pince tout aussi collant. Sur les sièges et les fauteuils il comptait une vingtaine de sorcier. Ils avaient quasiment tous des masques différents. Pas un seul n'avait eut l'audace de venir le visage découvert. Il y avait d'autres oiseaux, mais aussi un masque de lion, de loup, de chèvre et même quelque chose qui ressemblait à une tête d'araignée. En face du mur ou se trouvait le bar, à l'opposée de la pièce, se trouvait une scène, juste assez élevé pour que toute l'assemblée puisse voir ce qui s'y jouait. Une femme avec un masque de perroquet bleu jouait du violon et à coté d'elle un homme de dos l'accompagnait au piano. La musique qu'il jouait avait quelque chose d'enivrant. Draco trouva cela étrange mais c'était le seul mot qui lui venait à l'esprit. Personne ne parlait fort, la salle était emplie de murmures entre les clients, couverts par la douce mélopée qui se jouait sur scène. Le blond ne savait pas vraiment où donner de la tête. Il s'approcha du bar et appela un des barman. Celui-ci le salua poliment.

- Bonsoir Monsieur. Désirez-vous quelque chose à boire ?

- C'est la première fois que je viens, comment cela se passe t-il ?

Au plus grand étonnement de Draco le garçon ne se moqua pas de lui.

- Si vous désirez boire quelque chose, vous disposez d'une carte détaillée, tous nos cocktails sont soigneusement créés par Rouge. Si vous préférez vous évader en fumant, la salle des rêves vous conviendra beaucoup mieux, vous y avez un large choix de tabac et de nectar là aussi conçut par rouge. Jusqu'à présent personne n'a été déçu ou n'est mort. Si vous préférez vivre quelque chose de plus charnel, en empruntant ses escaliers au fond vous trouverez la salle des délices, on y déguste la chaire et d'autre met savoureux qui éveille vos sens. Dans la salle principale vous pouvez profiter d'un spectacle qui diffère chaque soir. Cette nuit Ara et Tanuki adapte les œuvres de Ravel, j'espère que cela vous plait.

Draco tourna la tête en direction des musiciens. Oui ça lui plaisait énormément, contre toute attente il se trouvait réellement bien dans cette ambiance tamisé. Il reporta son attention sur l'aigle qui n'avait pas bougé, comme si son travail consisté à obéir à ses moindres désirs tant qu'il ne lui aurait pas dit de déguerpir.

- Qui est Rouge ?

- C'est le propriétaire de l'Oiseau de feu. Normalement c'est lui qui vous donne votre carton qui vous permet d'entrer. Certains s'en souvienne d'autre nom, mas tous finissent par venir.

- C'est uniquement sur invitation ?

- Oui Monsieur. Personne ne vient ici par hasard.

- J'aimerai discuter avec lui. Est-ce que c'est possible ?

- Ne vous en faîtes pas Monsieur, si vous êtes ici c'est qu'il l'a voulut. Il viendra vers vous de lui-même.

Draco se contenta de cette réponse. Même si il ne voyait pas le visage de l'homme, il le sentait sincère. Le blond était sûr que si il lui demandait, le barman serait capable de lui décrire la façon don il s'envoyer en l'air sans broncher. L'ancien Aurore détailla la carte et écarquilla les yeux.

- Vous servez de la bierraubeurre ?

- Une recette divinement adaptée pour convenir à notre clientèle. Vous aimerez le goût et les sensations.

Draco en commanda une. Il avait l'impression de se trouver dans un cours de potion. Mais en moins rigide, le souvenir de Rogue le fit doucement sourire. Harry n'aurait peut-être pas aimé l'endroit. Pourtant il y régnait une atmosphère tranquille et reposante. Sa boisson atterrit sous son nez et une douce odeur de cannelle s'en échappa. Draco en était sûr à présent. C'était un lieu ou les gens se droguaient, qu'elle soit douce ou dur, consommé occasionnellement ou non, les gens venaient ici pour s'évader. C'était comme les bars à opium ou à absinthe. Le serpent s'empara de sa bierraubeurre trafiquée et s'installa à une table ou se tenait une conversation doucement animé.

- Tenez Monsieur le serpent va pouvoir donner son avis !

Draco se tourna vers l'homme à tête de lion qui avait parlé, dans sa main un verre en forme de cloche brillait d'un liquide rose à l'intérieur duquel pétillaient des paillettes argentées. Le policier trouva cela fascinant. Ce Rouge avait le chic pour créer des choses impressionnantes. Il étudia les trois personnes qui l'entouraient, en plus du lion, une femme allongée sur un des canapés portait un masque de taureau, de longues cornes partaient de chaque cotés de son crâne, lui donnant un air impétueux, assis en face de Draco un homme d'une stature imposante portait lui un masque de mante religieuse parfaitement effrayant. Le serpent reporta son attention sur le lion.

- Sur quel sujet ?

- Quelle salle est la plus plaisante ? Notre amie le taureau soutient que la salle des délices et un véritable chef d'œuvre et notre sauterelle nous assure que c'est la salle des rêves.

- Ce que vous pouvez être sot mon brave lion, ce n'est pas une sauterelle, c'est une mante religieuse.

- C'est un insecte, quelle différence cela fait.

Draco sourit, ils étaient en désaccord mais semblait s'amuser de leurs disputes. L'insecte en question ouvrit la bouche et se pencha vers Draco.

- Dans la salle des rêves voyez-vous, il y a ce que l'on appelle des narguilés, mais vous pouvez y trouver toutes sortes de pipes, c'est vraiment intéressant. Il y a un homme qui vous sert et vous prépare le meilleur des tabacs , subtilement allié à la pipe que vous choisirez. C'est important de bien la choisir pour savourer toute la complexité de ce que vous fumerez. Si vous n'avez jamais fumé de votre vie, je vous conseil de venir le mardi soir vers vingt deux heures, un sorcier qui vient du canada fait tourner un calumet pour les néophytes. C'est une sorte de rite de passage qui nous permet d'apprendre à se connaître dans la paix. Certains prient les esprits de la magie, d'autres les esprits tout court. Si vous désirez fumer la pipe Monsieur le serpent je vous conseil de choisir la pipe en écume de mer. Ici il n'y a que des produits de qualités je vous l'assure. Le tabac est exquis, les rêves aussi.

- Ne l'écoutez pas Serpent. La salle des délices et si amusante. Tenez hier le plafond était décoré de coupe de champagne qui tenait en une pyramide à l'envers dont la tête piquée vers le sol. La boisson coulée à flot dans une grande vasque au milieu de la pièce. On pouvait s'y baigner et boire et lorsque l'on passait en dessous notre peau prenez la couleur de l'or. Ce qui était drôle s'était de se lécher les uns les autres pour faire disparaître l'or. Personne ne se dispute, il n'y a que l'amour et le plaisir et c'est véritablement délicieux.

- Bien sûr, bien sûr. De la débauche voilà ce que c'est !

La femme taureau haussa les épaules en rigolant. Le lion pivota vers Draco.

- Ecoutez-moi jeune homme, le seul endroit ou vous pourrez apprécier toutes les qualités de ce lieu, c'est ici. Même si chaque salle renouvelle de façon extraordinaire leurs thèmes. Ici vous savourerez l'art dans toute sa splendeur. La musique, le chant, la poésie et même la magie. Un sorcier qui ne s'émerveille plus de la magie ne mérite plus d'être sorcier. Les performances des artistes que fait venir Rouge sont si saisissante, si révélatrice de tout ce qu'il est impossible de faire et possible de rêver.

- Vous dites ça, mais avouez que le spectacle d'hier soir était extrêmement effrayant.

- Mais vous l'avez appréciée ! C'était du grand art !

- Quel était ce spectacle ? demanda Draco.

- Rouge a à lui seul tourné une pièce de théâtre. Il jouait un enfant qui se battait contre un monstre à trois têtes. Il y avait des flammes, du sang et de la musique, c'était à coupé le souffle. Mais c'était une histoire sombre aussi. Beaucoup ce sont demandé si l'enfant avait réellement survécu. Vous auriez du voir Lion, il était exalté.

- Le clou du spectacle était l'apparition d'un miroir magique. Le miroir du rised. Mais Rouge à fait un long discours sur la dangerosité de ce miroir, quand il a demandé à tout le monde si on désirait le voir personne n'a eut le cran de dire oui.

- Pas même vous !

- Pas même moi oui. Ce miroir montre ce que l'on désire, mais beaucoup on crût qu'il y montrait l'avenir. Des gens sont devenus fou à trop le regarder !

- Ce miroir est dans mon bureau à présent Lion, si cela vous tente toujours vous pouvez venir le voir.

Draco tourna la tête si vivement qu'il entendit presque son cou craquer. Un homme mince se tenait juste derrière lui, debout. Il portait un pien-fu, dont les manches étaient serrés et le col remontait haut sur son cou. Le vêtement était de couleur noir mais les bords étaient dorés. Il fit signe à la mante religieuse de changer de sièges et ce dernier accepta sans broncher, il s'assit à coté du Lion tandis que Rouge s'installait à coté de Draco. Le blond observa sans se cacher l'homme qui venait d'arriver. Plus petit que lui, un peu plus mince aussi, même si son dos et ses épaules avaient l'air solide. Son masque était totalement différent des autres, il représentait un oiseau oui, mais c'était son squelette en fait. Et dessus était gravé tout un tas d'inscription. Draco devina aisément que ce masque devait contenir une magie plus puissante que les autres. Les cheveux de Rouge étaient lisses et plaqués de la même manière que son personnel, seul sa couleur à lui était différente. La même couleur que son nom. La voix de Lion le sortit de sa contemplation, mais il mourrait d'envie de le regarder encore.

- Je ne jetterais pas un œil sur ça. Pourquoi mettre en garde tout le monde avant de vouloir le montrer.

- Je ne voudrais pas que mes clients se fassent de fausses idées et pense que je détiens le pouvoir de lire l'avenir. Je vous avoue avoir été rassuré de vous voir tous dirent non.

- Donc c'était un test ?

- En quelque sorte, mais je ne refuse à personne d'aller le regarder.

Draco n'en revenait pas. Ils discutaient tranquillement, d'un objet qui leur semblait dangereux et personne n'avait l'air de s'y intéresser plus que ça. Il était dans une autre dimension, ce n'était pas l'allée des embrumes. Personne ici n'avait l'air d'être des rustres. C'était des gens sophistiqués, sûrement plus intelligent que la plupart des sorciers qui l'entouraient. C'était un lieu pour Hermione, pour lui. Peut-être même pour son père. Draco fut soudain curieux de l'idée que se faisait les clients de cet endroit à propos des moldus. Mais il fallait qu'il trouve une façon subtile de poser la question. Presque inconsciemment il relégua l'importance de discuter avec Rouge. Il avait envie d'échanger, d'en savoir plus.

- Vous ne la buvez pas ?

- Pardon ?

Draco tourna sa tête vers Rouge et put enfin voir ses yeux. Sans grandes surprises, ils étaient rouges aussi.

- Votre bierraubeurre, vous n'y avez pas touché.

- Je ne bois jamais ce que je n'ai pas préparé.

- Sage décision Serpent, mais je vous rassure les boissons de Rouge sont toujours excellente.

Lion prouva ses dires en sifflant d'une traite son verre pailletés. La femme taureau, se releva un peu et tira la boisson de Draco vers elle. Elle en but deux gorgées, puis poussa le verre en direction de Mante, qui en fit de même. Lion but aussi et renvoya le verre du coté de Draco. Après tout ça il ne pouvait pas refuser de boire, il glissa ses doigts dans la hanse et au moment ou il voulut porter le verre à ses lèvres, une main se posa sur la sienne. L'obligeant à amener le verre contre la bouche de Rouge qui but à son tour. Draco avala la boisson sans le quitter des yeux. C'était sucrée et onctueux, avec à la fin une douce note de miel. Ce n'était pas la bierraubeurre qu'il connaissait, ça avait le goût de son enfance. Ça avait le goût de ses rires quand sa mère s'amusait secrètement avec lui. Ses yeux plongèrent dans ceux de Rouge et il remarqua alors que celui-ci souriait. Mante souffla de plaisir.

- Incroyable n'est ce pas ? Vraiment rouge j'aimerais avoir votre secret pour nous faire retomber en enfance comme ça.

- Il faut dire aussi, que Serpent n'a pas choisis la boisson la plus pernicieuse.

- La prochaine fois Monsieur le serpent, gouttez donc Orion. C'est une expérience qu'il ne faut pas raté.

- Oh oui Serpent faites donc ça, je vous assure vous aimerez.

- Je rejoins mes deux compères, si il y a bien une chose qui ravira vos papilles et votre vue c'est cette boisson. Rouge vous êtes un potioniste hors-pair, je voudrais tant en apprendre plus sur vous.

- Sachez que j'ai eu un excellent professeur, pour le reste madame et messieurs, je me suis adapté.

- Vous faites réellement tout vous-même ? Demanda Draco.

- Je mets au point, j'invente, je crée, un seul échantillon. Je vous révèle mon secret, ne me jugez pas, mais j'ai un elfe particulièrement doué de ses dix doigts pour tout refaire à l'identique. En vérité le plus dur ce n'est pas de créer, c'est de se procurer les ingrédients nécessaires.

- A qui le dites-vous ! Depuis ces restrictions sur les créatures magiques de plus en plus de produit sont classés protégés et inutilisable.

- Ce n'est pas étonnant que le marché noir explose.

- Je ne suis pas d'accord messieurs, je trouve que cette régularisation est justifié, il y a beaucoup trop d'abus. Il faut que les gens comprennent que nos ressources ne sont pas inépuisables.

- C'est bien vrai, que ferons les gobelins quand il n'y aura plus de dragon par exemple ?

Draco se redressa légèrement en entendant Rouge prononcée cette question. Que cherchait-il à faire ?

- Les gobelins sont très ingénieux Rouge, pour conserver leur patrimoine. N'avez-vous jamais entendu parler des volières d'Australie ?

- Une aberration à mon sens.

Draco sourit, c'était finement joué. Lui-même n'avait jamais entendu parler de telles volières. Il était quasi-certain que Rouge non plus. Draco comprenait ce qu'il se passait et il voulait jouer le jeu.

- Je ne suis pas d'accord, ils préservent l'espèce en quelque sorte.

- Ils ne préservent rien du tout, s'exclama la femme, des manipulations absurde qui permettent de mettre au monde des sous-espèces. Il n'y a rien de noble dans ces procédés. Je rejoins Rouge en ce qui les concerne, des aberrations. Comment croyez vous que leurs bêtes soient aussi dociles!

- Pourtant ça n'a jamais aussi bien marché. Tous ces produits à base de Dragon explosent les ventes.

- Des produits de mauvaises qualités qui permettent de fabriquer des objets de mauvaises qualités, susurra Rouge.

- C'est évident mais a qui profite le crime ?

- Au sorcier de pacotilles qui jongle très mal avec l'illégalité.

- Nous somme tous dedans mon ami serpent, mais vous avez raison. Une production de baguette de contrebande à base de ventricule de dragon défectueux…

- Des vêtements en peau de Dragon censé protéger des flammes, qui brûlent tout de même.

- On ne tue pas un vrai Dragon aussi facilement. Les vraies bêtes se font rares. Les Gobelins le savent, ils aiment ce qui est précieux, jamais ils ne livreraient des Dragons d'ascendance nobles pour le marché des sorciers. Ils ne sont pas stupides.

- Certains d'entre eux le sont. Ce qui est inquiétant, c'est que tôt ou tard les esthètes se douteront bien qu'ils n'achètent rien de gratifiant.

- C'est ce que vous pensez Rouge, si c'était le cas ils se seraient plains depuis longtemps.

- Ce que je pense moi, c'est que les produits de valeurs se font rares et que mettre la clé sous la porte ne m'enchante guère.

- Cela ne m'enchante pas non plus…Pourquoi ne traiteriez vous pas avec Harrington ?

Draco écarquilla les yeux. Il avait un nom. C'était presque inespéré. Rob Harrington. Comment n'y avait-il pas pensé plus tôt. Cette espèce de préteur sur gage qui jouait les agneaux inoffensif avait donc un rôle plus important. Draco suivait à présent la conversation avec avidité. C'était trop tôt pour penser que Rouge était un allié, mais ce soir il jouait de son coté.

- Par Salazar, Lion ne me jetait pas là dedans, j'ai encore un peu d'estime pour moi-même pour ne pas fouiller dans la merde de ce veracrasse.

La femme Taureau partit dans un rire divin.

- C'est exactement ce qu'il est Rouge, oui tout à fait.

- Peut-être, mais, ajouta Mante, en ce moment il organise de véritable soirée digne d'un Malfoy.

Draco se tendit et imperceptiblement il sentit Rouge en faire de même.

- Je ne dois pas être de bonne compagnie étant donné que je n'ai pas été invité.

- C'est de votre faute Rouge, vous êtes si inaccessible mais je vous assure qu'Harrington meurt d'envie de vous y voir. Je lui en toucherais deux mots si vous le voulez. J'aimerai bien vous voir parader en dehors de votre habitat naturel.

- Ne vous faites pas de fausses idées, ici je vole mais dehors je suis comme un albatros sur la proue d'un navire, gauche et sans charisme. Mais je retiens votre proposition qui sait j'y trouverai peut-être mon compte.

Draco n'en revenait pas de l'habileté avec laquelle Rouge avait sortit les poissons de l'eau. Est-ce que seul il aurait pu en faire de même il en doutait. Il disait vrai, c'était son élément, il les caressait tous dans le sens du poil. C'était dangereux, il était dans un endroit dangereux, Rouge était dangereux. Mais fascinant.

- Mais dites moi, continua t-il, ces soirées valent vraiment mieux que celle des Malfoy ?

La main de Draco se crispa. Cette fois-ci son regard resta braqué droit devant lui.

- Ah les soirées chez ces cher Malfoy, c'était du grand art. Toujours soignée, toujours propre, toujours réglé comme une horloge.

- Oui toujours austère, toujours moraliste et politique.

Draco tendit l'oreille. Lion était vraiment le plus vindicatif de tous et le plus bavard. Il ne savait pas qui se cachait sous ce masque mais il était sûr que si il avait croisé ce genre d'énergumène chez lui il l'aurait reconnu. C'était comme si avec ce masque tous les autres masques tombaient. Il était sûr que ce n'était définitivement pas le genre de discussions qui s'échangeaient entre sorcier de la haute sphère. Même si Draco s'était éloigné de tout ça, il se souvenait des principes. Exposer ses avis avec autant de véhémence ne menait jamais à rien. Ils étaient tous de bon menteur. Sauf ici. Le venin était craché.

- Tu t'attendais à quoi de la part de quelqu'un qui travaillait au ministère ?

- A mieux de la part de quelqu'un qui servait Voldemort.

- Il aurait pu aspirer à de meilleures choses. Lucius vivait dans la peur, il était intelligent et il avait du style, il aurait pu devenir ministre, si il avait su garder certaines idées pour lui.

- Quelles genres d'idées ?

Draco remercia intérieurement Rouge d'avoir posé la question.

- Toutes ces idioties à propos de la suprématie du sang.

- C'est cela, le cerveau rongé par la consanguinité et la frustration juste pour préserver le sang.

- C'est ce qui a rendu fou Voldemort après tout. La famille Jedusor se mélangeait tellement qu'elle s'est perdue elle-même. Triste sort pour les descendants de Salazar.

- Et c'est ce qui serait arrivé au monde sorcier si on avait continué sur cette lancée. On aurait finis par s'éteindre de toute manière, comme des vampires couvant jalousement le secret de l'immortalité. On aurait finis par causer notre propre perte.

Draco n'avait jamais réellement vu les choses de cette façon. Mais maintenant qu'il y prêtait attention cette idée avait du sens. Est-ce que Lucius avait réellement accepté cette vision du monde. Rouge n'avait pas ouvert la bouche, la conversation prenait un train plaisant même sans son aide. Le blond lui avait l'impression qu'à tout moment il allait apprendre d'autres révélations incroyable. Et il ne fut pas déçu.

- De toute façon il se retournerait dans sa tombe en voyant son fils aujourd'hui.

- Oh oui, Draco Malfoy, celui qui ne fait rien comme tout le monde. Si impressionnant ce garçon.

- J'ai entendue dire qu'avec l'aide d'Arthur Weasley il a permis l'utilisation d'objet moldus pour mieux l'aider dans ses investigations. Les criminels sont pris au dépourvut.

- Evidemment tous ces vieux sorciers pratiquant la magie noire, attaché à leurs croyances moyenâgeuses. Il faut savoir vivre avec son temps, sinon on se fait bouffer par le monde. N'est ce pas Rouge ? Vous en êtes un parfait exemple aussi.

- Oh oui c'est une question que je me posais Rouge, ne seriez-vous pas en fait Draco Malfoy. Ici pour nous droguer et nous soutirer tout un tas d'informations.

Un silence se fit autour de leurs tables. Draco tourna le regard vers le propriétaire de l'oiseau de feu. Ce dernier n'avait pas bougé d'un iota. Puis Rouge explosa de rire. Et l'atmosphère tendue, redevint joyeuse. Son rire résonna dans la pièce, la musique ne s'interrompit pas mais les regards des autres clients se tournèrent vers eux. Draco récupéra son verre et but tranquillement. Après tout ça aurait pu être lui, peut-être. Rouge cessa de rire et appuya son menton sur ses mains croisées.

- J'aimerais bien être dans la peau de Draco Malfoy. J'aimerais voir comment cela se passe de l'autre coté du décor. Mais est ce que j'amuserai autant que maintenant, je ne sais pas.

- Il ne vous inquiète pas un seul instant n'est ce pas ? Ce Draco Malfoy ? demanda Draco.

- Si il m'inquiète, bien sûr. Je serais bien bête de ne pas faire attention. C'était un garçon brillant à Poudlard il me semble.

- Rouge vous étiez à Poudlard ?

- Si je vous disais ou j'ai étudié mon cher Mante, je devrais faire mes valises dans la seconde et disparaître.

- Je suis certaine que vous avez étudié en Afrique.

- Qu'est ce qui vous fait dire ça ?

- Vous faites de la magie sans baguette.

Lion s'esclaffa bruyamment.

- Ça se tient !

La femme Taureau se leva soudain.

- Bon les garçons, ce n'est pas que votre compagnie m'ennuie, mais mon jouet favoris est arrivé.

Draco tourna la tête et un homme qui portait un costard bleu se tenait droit devant le bar. Il avait un masque de vache. La femme Taureau le rejoignit et ils disparurent au niveau des escaliers.

- Serpent ! Vous êtes sûr de ne pas vouloir fumer quelques choses avec moi ?

Draco allait répondre mais Rouge le devança.

- Navré Mante, mais je dois m'entretenir avec notre ami le Serpent. Vous nous excusez ?

- Ne lui faites pas peur Rouge, il me plait bien ce garçon.

Rouge ne répondit rien et se leva. Il toucha l'épaule de Draco l'invitant silencieusement à le suivre. Le blond aux cheveux noirs salua d'un signe de tête ses deux nouvelles connaissances et suivit Rouge. Sur leurs cours chemin Rouge saluait chaque clients avec politesse, échangeait avec eux un instant.

Le propriétaire poussa une porte qui donnait sur des escaliers. Rouge monta les marches et Draco le suivit. Sur le mur il y avait plein de tableaux qui ne représentaient que des oiseaux, au fur et a mesure que Draco marchait ils le suivaient du regard. Ils arrivèrent dans un cabinet. La pièce était tout ce qu'il y avait de plus normal. Un bureau au milieu de la pièce sur lequel s'éparpillaient, livres, plumes et parchemins. Derrière, un fauteuil gris qui avait l'air extrêmement confortable, faisait face à une immense fenêtre. De l'autre coté du bureau il y avait deux autres sièges.

Sur le mur à sa droite une immense bibliothèque. Draco lut rapidement quelques titres, des livres de cuisines, de potions, ou divers recettes de cocktails. Il y avait une vitrine avec un nombre incalculable de petite fiole, toutes étiquetées. Draco devina aisément, que personne ne pourrait ouvrir cette vitrine à part Rouge lui-même. Puis son regard fut attiré par quelque chose d'autres. Sur le mur opposé à la bibliothèque, un objet immense était recouvert d'un épais rideau rouge. Draco avança vers lui et resta un moment à l'observer. Rouge s'était assis sur un des deux fauteuils et avait croisé ses jambes en regardant Draco.

-C'est le miroir n'est ce pas ?

-C'est le miroir n'est ce pas ?

Draco sursauta et se tourna vivement. Au dessus de la porte par laquelle il venait de rentrer une énorme tête de cerf était suspendu. La tête de l'animal n'avait qu'un bois, celle-ci était penchée vers lui.

- Tout juste mon ami. Vous voulez que je tire le rideau ?

- Est-ce que ce cerf vient de me parler ?

- Non il vient de vous imiter. Alors désirez-vous voir ce miroir ?

Draco observa le cerf un long moment peu sûr de ce qu'il fallait faire à présent. Il hésita à la deuxième question. Il voulait voir. Il voulait savoir ce que son cœur désirait. Il voulait être sûr, même si au fond il savait ce qui l'attendait. Mais le voir lui apporterait une certaine satisfaction. Qu'avait dit Lion à ce propos. Il ne montre pas l'avenir, il ne faut pas en espérer trop.

- J'ai mis un temps fou à le retrouver, je pensais qu'il avait était détruit. Mais c'est bien lui.

- Qu'est ce que vous y voyez ?

- J'y vois des gens morts.

Draco se tourna vers lui. Voilà pourquoi Rouge n'était pas inquiet par la vision. Voilà pourquoi il était sûr de ne pas l'observer et finir piégé.

- Je l'ai regardé plein de fois. J'ai passé des heures et des heures devant. Alors qu'il n'y avait qu'une seule image.

Le policier s'avança vers rouge et tira la chaise en face de lui. Assis comme ils étaient on aurait dit deux amis qui avaient une discussion intime. Mais c'était presque le cas non ? Se dit Draco.

- Je ne vous offre pas à boire, vous êtes méfiant, vous avez raison de vous méfier. Je suis surpris . Je m'attendais à voir votre amie.

Draco ne se laissa pas surprendre par la révélation. Il se doutait un peu que Rouge savait qui il était, d'abord la carte. Puis les questions à la table en bas.

- Vous étiez avec Jones ? Vous étiez avec elle sur le port.

- C'est une affirmation ?

- J'en suis certain. Ça expliquerait ses explications confuses, Jones est une femme précise dans ses descriptions la plupart du temps. Vous lui avez jeté un sort d'amnésie. Pourquoi ?

- Vous avez une idée ?

- Vous ne vouliez pas qu'elle dévoile quoi que ce soit sur sa position. Vous l'avez protégé au cas où on la soumettrait au veritascerum ou si on tirait ses pensées pour les mettre dans une pensine.

- Vous êtes en train de penser que je suis un saint.

- Vous n'avez rien dit sur moi.

- Pourquoi je l'aurais fait ? Je ne dis rien sur personne mais je connais chaque nom des gens qui viennent ici. L'anonymat est quelque chose de précieux. Lorsque l'on connait une personne on est pétris de préjugés à cause des on-dit, vous venez d'en faire les frais. Les personnes qui viennent ici n'attendent aucun jugement. Leurs affaires sont peut-être illégale, peut-être pas, mais ce n'est pas ça qui est intéressant.

- C'est pour ça que vous avez conçus cet endroit ? Pour que tout le monde puisse discuter librement ?

- Absolument pas. Ici c'est un réseau utile d'information. Comme les gens sont bavards quand ils se sentent en sécurité ou dans un lieu qui leurs fait du bien. Je m'assure qu'il ne s'inquiète de rien, ils s'assurent d'être de bons informateurs.

- C'est ce que vous voulez des informations ? C'est pour ça que je suis ici ?

- Ne vous méprenez pas, je pensais sincèrement voir cette fameuse Jones. Je suis surpris que vous ayez eu l'audace de venir. Heureusement que Œdipe est aveugle. Vous n'auriez pas était bien reçus si ça avait été un autre endroit que celui-ci.

- Et je dois vous dire merci pour ça ?

- Pourquoi pas. Je n'ai pas spécialement quelque chose à tirer de cette histoire de Dragon. Mais vous avoir devant moi est une aubaine devant laquelle je ne passerais pas. Ils s'avèrent que même si j'ai l'impression d'avoir beaucoup d'amis je suis hélas bien seul. J'ai besoin de savoir des choses. Des choses que seul vous et votre équipe puissiez me dire.

Draco tenta de sonder le regard de Rouge. Il se rendit compte alors qu'il était impossible de pratiquer la légillimencie. Ces masques étaient là pour ne duper personne et duper tout le monde en même temps. On ne pouvait faire confiance qu'à la voix. Qu'au langage du corps. Il ne fallait pas mentir, ou alors il fallait bien mentir. Etrangement Draco n'avait aucune envie de raconter de mensonges et il était sûr que Rouge était aussi sincère.

- Je suis dubitatif en fait. J'ai l'impression d'être en position de faiblesse. Vous savez mon nom, il n'y a plus de place pour l'anonymat. J'aimerais savoir quelque chose sur vous, avant d'échanger plus en votre compagnie.

Rouge croisa ses mains sur son genou et Draco eut l'impression qu'il souriait sous son masque.

- Vous savez déjà beaucoup de chose. Cet endroit est un gouffre illicite à lui tout seul.

- Ne me prenez pas pour un idiot. Même si j'amenais tous mes hommes ici, je suis presque sûr qu'ils tomberaient sur un bar miteux, dévoré par les rats. Ne m'insultez pas en pensant de cette façon.

- Vous avez raison. Veuillez me pardonner. Je ne vous donnerais ni mon nom, ni mon prénom. Et aucun détail physique. Je vous laisse me poser trois questions. Réfléchissez bien.

- Ou avez-vous étudié ?

- A Poudlard.

Draco referma aussitôt la bouche, il n'espérait vraiment pas avoir une réponse aussi rapide et aussi franche. Rouge voulait sa confiance et Draco voulait la même chose.

- Durant quelles années ?

- Je ne vous le dirais pas. C'était un coup d'épée dans l'eau. Je vous accorde encore deux questions Monsieur le Serpent.

Draco sourit et tapota du bout des doigts sur la table.

- La femme au masque de Taureau a dit que vous pratiquiez la magie sans baguette. Comment est ce possible ?

- Voilà une question pertinente.

Rouge se redressa légèrement et leva son bras gauche. Draco n'y avait prêté aucune attention jusque là, mais les mains du propriétaire étaient gantées.

- Je suis très doué pour concevoir des choses. C'est ce qu'on me répète depuis un certain moment.

Rouge agita sa main et Draco vit que derrière lui un des livres sortaient de la bibliothèque. L'objet atterri dans les mains de son vis-à-vis.

- Incendio.

Aussitôt le livre prit feu entre les doigts de Rouge. Draco pouvait en sentir la chaleur mais le gant ne brûlait pas. Quand tout le livre fut consumé les flammes s'éteignirent et les cendres s'éparpillèrent.

- Soyez un ange, gardez ça pour vous. Ce gant ne fonctionne qu'avec moi. Votre dernière question je vous prie.

Draco épousseta les cendres qui étaient tombés sur son pantalon.

- Etes-vous allé à Azkaban ?

Rouge bougea légèrement mais ne répondit rien. Draco s'apprêtait à reposer la question.

- Ce n'est pas un endroit plaisant n'est ce pas.

Mais c'était plus une affirmation qu'une question selon Draco. Rouge laissa sa phrase en suspend. Il avait répondu, pas de la façon que le blond voulait mais ça restait une réponse.

- Tout ce que j'ai demandé, personne d'autre ne le sait ?

- Personne cher Serpent. Nous ne sommes peut-être pas à égalité, mais vous en savez déjà plus que n'importe qui.

Cette phrase fit frissonner Draco sans qu'il le veuille. Il allait ajouter quelque chose mais Rouge fut plus rapide.

- Bien, passons à notre affaire importante. Que devienne les dragons. Aussi défectueux soient-ils, ils restent des créatures contrôlés et protégés. Pourquoi ne pas en parler à vos confrères Australiens.

- Et mettre les Gobelins aux abois. Ce n'est pas le plus ingénieux, ils fonctionnent avec l'offre et la demande.

- Si personne ne demande, ils ne perdront pas le temps et l'argent à offrir. D'accord. Que suggérez-vous dans ce cas ?

- Que vous alliez à cette soirée. Avec un de mes hommes.

- Jones ?

Draco pinça les lèvres en l'entendant prononcer son nom. Il ne voyait pas du tout d'un bon œil que Rouge s'intéresse à la jeune femme. Même si il ne lui avait fait aucun mal et lui avait épargné plein de désagrément, ça ne pouvait qu'être une question de temps avant que l'homme ne se retourne contre eux.

- A moins que vous préféreriez être mon cavalier. Ça me va aussi. J'aurai un succès fou en venant avec vous à mon bras.

- J'avais parfaitement compris que je vous plaisez. Restons sur des relations purement professionnel voulez-vous.

Mais Draco souriait narquoisement. Rouge était un curieux personnage.

- J'aimerais que vous me teniez au courant de l'heure et du lieu de cette soirée. Je réfléchirais entre-temps pour savoir qui vous accompagnera. Je ne pourrais jamais traiter avec Harrington, mais vous, vous pouvez.

- Effectivement je pourrai.

- Qu'en est t-il des informations que vous désirez ?

Rouge agita la main et fit sortir une photo qui se trouvait parmi les parchemins sur le bureau. L'image glissa entre les doigts de Draco, il avait vaguement l'impression de connaître cet homme.

- J'aimerais que l'on parle d'Harry Potter si vous le voulez bien.

Les yeux de Draco s'agrandirent. Il savait qui été l'homme sur cette photo à présent.

- Potter à payé pour ce crime.

- Bien sûr. Et à présent il est introuvable. Ce qui me dérange, en vérité c'est que Potter n'est pas le seul à avoir disparut. Cet homme Jonsy Amounce, bien qu'il soit mort a vu son existence s'évaporer en même temps que lui. Il n'y a pas de tombe, pas de comptes à son nom, croyez moi j'ai cherché. Impossible de savoir quoi que ce soit sur sa vie d'avant. Mon seul recours …

- C'est le registre du ministère de la justice.

- Exactement. Vue que c'est un meurtre qui s'est passé en public, il n'y a pas réellement eut besoin de faire venir les proches de l'homme lors de l'audience. Mais quelqu'un à forcément du signer pour son corps. Même si le cadavre était moins célère que celui qui l'a tué…

- Je vous interdis de parler d'Harry de cette façon.

Le ton de Draco avait été sec. Il ne pouvait presque plus cacher son agacement. Est-ce que Rouge cherché à vouloir retrouver Harry et pour ça il passait par son crime.

- Soit, je n'en parlerais pas. Mais j'aimerais savoir qui a signé pour ce corps et qui à reçut les dommages versés par Potter. Et seul le ministère possède ses informations.

- Pourquoi ?

- Permettez-moi de garder mes motivations…secrètes.

- Si vous avez l'intention de faire quoi que ce soit à Harry en utilisant ses informations. Je n'ai aucune envie de vous en faire part.

- Croyez , Potter est le dernier de mes soucis. Si vous ne l'avez pas trouvé, je ne pense pas pouvoir faire pareil.

Ce n'était pas qu'il ne l'avait pas trouvé. Il ne l'avait juste pas cherché. Draco se mordit la lèvre.

- Je veux juste savoir qui s'est occupé du corps. Je veux juste un autre nom que celui sortit dans la gazette du sorcier. Je veux comprendre pourquoi on a effacé la vie de cet homme.

Draco buvait ses paroles à présent. Il était convaincu. En fait, il aurait été convaincu par n'importe quelle bêtises du moment que le nom d'Harry en sortait. Ça ne le mènerait peut-être nulle part. Peut-être même qu'Harry lui en voudrait de gratter ses vieux cauchemars, mais Harry n'était plus là pour se plaindre à présent. Draco pouvait très bien essayer d'en savoir plus. Il voulait en savoir plus.

- Je verrais ce que je peux faire.

- Je trouve que c'est une réponse satisfaisante.

Draco et Rouge se fixèrent un moment. Ils avaient un deal. Puis la main de rouge se tendit vers lui.

- J'espère que l'on saura travailler ensemble. J'ai hâte de vous voir à l'œuvre.

- Je ne dirais pas la même chose de vous. Mais je suis curieux.

Draco serra la main de Rouge. Venait-il de faire un pacte avec le diable. Sans doute.

Un petit « pop » mi fin à leurs contacts, une elfe de maison joliment habillée d'une petite robe se présenta. Elle fit une courbette à Draco et se tourna vers Rouge.

- Lisette ma petite Lisette. Tu as de bonne nouvelle pour moi ?

- Non maître. Un certain chat est arrivé. Il est dans la salle des délices mais il ne cesse d'importuner les serveurs pour savoir ou vous êtes. Il est bruyant et dérange les clients.

- Faites le venir ici.

- Bien maître.

Draco se leva prêt à partir quand de nouveau le « pop » se fit entendre. Il tourna la tête en direction de l'homme qui venait d'arriver. Ce dernier fonça droit sur Rouge, Draco allé faire un mouvement quand ce dernier pointa sa baguette sur lui.

- Tu ne bouges pas tête de serpent !

Rouge n'avait même pas pris la peine de se montrer inquiet. Lisette elle avait couinée.

- Tu peux nous laisser Lisette.

- Mais maître…

- Allez va !

- Bien maître.

Et l'elfe disparut.

- C'est ça que tu fais ?! Dés que tu as un nouveau venu tu lui sautes dessus. Tu te fais sauter par tous tes clients Rouge.

- Je trouve que tes propos sont déplacés, surtout en présence de mon invité. J'aimerais que tu baisses ta baguette et que tu le laisses partir.

L'homme à tête de chat se tourna vers Draco et émit un rire narquois.

- Ne vous laissez pas embobiner par ses belles paroles, cet homme est un poison ! Il vous sucera le sang et vous bouffera le cœur.

- Pourtant tu apprécies quand je suce certaine parties de ton anatomie.

Draco se sentit bêtement rougir, puis se reprit. Ce n'était pas le moment d'imaginer Rouge et son bec d'oiseau mort entre ses jambes. La main de l'homme chat trembla légèrement.

- Arrête ça !

- Qu'est ce que tu veux exactement ?

- Je veux que tu arrêtes de me prendre pour un con ! Je veux savoir qui tu es ! J'en ai marre d'être juste un animal parmi d'autres.

- Quelles revendications puériles. Par Merlin. Tu n'auras rien de tout ça.

Draco observa la baguette toujours pointé sur lui. Il ne pouvait pas sortir la sienne assez vite. Alors il fit une chose insensée. Il se jeta en arrière et tira sur le rideau qui protégeait le miroir. L'homme à tête de chat se tourna brusquement vers lui mais son regard se perdit immédiatement dans la contemplation de l'image.

- Qu'est ce que c'est ? Rouge…est ce que c'est nous ?

Rouge ne répondit rien, sa tête se baissa en direction de Draco qui était au sol et dos au miroir. Il sortit sa baguette et jeta un pétrificus totalus et le chat se figea. Draco se releva et rangea sa baguette.

- Il ne m'aurait fait aucun mal vous savez ?

- Oui mais vous auriez du utiliser votre gant. J'aime bien savoir que je suis le seul à en connaître les propriétés.

Rouge sourit et appela Lisette qui apparut aussitôt. Draco ramassa le rideau et leva les yeux sur le miroir. Il l'étudia un instant, puis détourna le regard. C'était évident. Ce qu'il voulait n'avait pas changé. Rouge récupéra la carte du chat et le masque. Les cheveux de l'homme changèrent subitement de couleur. Rouge passa sa main sur son visage et murmura un « oubliette ».

- Tu peux le jeter dehors Lisette.

- Bien maître.

Rouge se leva et posa le masque sur son bureau.

- Personne n'est mort ce soir, qu'elle délicieuse soirée.

Draco ne répondit rien. Il passa sa main dans ses cheveux et retira son masque. Rouge s'approcha de lui et prit le rideau de ses mains. D'un mouvement ample il couvrit le miroir. Ils se regardèrent en silence. Draco sentait le regard de Rouge dévorer chaque détail de son visage. Rouge s'avança vers lui et sa main se posa sur le visage de Draco. Celui-ci ne fit aucun mouvement de recul.

- Qu'est ce que tu as vu ?

- Quelque chose qui ne s'est jamais produit.

Rouge allait retirer sa main mais Draco la retint contre lui. Ses sourcils se froncèrent et il braqua un regard froid sur Rouge. Ce dernier retira sa main plus doucement, cette fois-ci Draco le laissa faire. Le masqué poussa le blond sur la chaise, il s'agenouilla devant lui et passa ses lèvres contre l'entrejambe du policier qui gémit. Rouge le sentait dur contre sa peau, d'un geste rapide il dégagea le sexe de Draco de ses vêtements. Il ne se formalisa de rien, il n'y eut pas de « non » ou « d'arrête ». Rouge ne tarda pas à prendre le membre de Draco en bouche. Le blond sentait le métal du masque glisser contre ses vêtement, ce n'était pas froid, au contraire il s'en échappait une douce chaleur.

La bouche de Rouge était suave et chaude, sa langue dansait un ballet exquis contre sa peau. Rouge suçait bien, divinement bien. Draco se baissa et une idée fugace lui traversa l'esprit. Il aurait pu retirer son masque maintenant. Profiter du moment où il était entre ses cuisses à le pomper pour dévoiler son vrai visage. Mais il n'en fit rien, il était largement plus excité par cet inconnu qui faisait des vas et viens sur sa queue, que par l'envie de savoir qui il était. Ses mains se crispèrent sur le fauteuil. Il souleva un peu ses hanches et Rouge sembla comprendre le message. Il engloba le sexe de Draco goulument et d'un geste de la main, quelques secondes avant qu'il vienne, il fit bouger le rideau.

Draco éjacula, son sperme était avalé par Rouge avec avidité. Il s'en rendait compte avec un certain plaisir malsain, mais son regard était braqué sur le miroir.

Draco Malfoy avait 11 ans et il serrait la main d'Harry Potter.

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A suivre


Un petit mot pour dire si ça vous a plu :D, ça fait toujours plaisir d'avoir des retours. Kiss