Hello, hello ! Me voilà de retour pour un nouveau chapitre ! A très bientôt et bonne lecture !

Chapitre 9

Cher Harry,

Avoir retrouvé ma famille pendant les vacances m'a redonné courage. Maintenant, je suis de retour à Poudlard et je suis bien décidée à m'investir davantage dans l'A.D. Je vais tout faire pour mener la vie dure aux Carrow et à Rogue, encore plus que ce que nous avions déjà fait avec Neville et Luna. Bien que Luna ne soit plus avec nous, nous allons lui faire honneur comme nous te faisons honneur dés le début. Et jusqu'à la toute fin, Harry, nous te soutiendrons. Moi la première.

Je n'avais jamais vraiment renoncé à toi. Pendant toutes ces années. Ce n'est pas maintenant que je renoncerai.

Ginny.

L'hiver s'intensifiait tandis que le mois de janvier mourrait. Les Détraqueurs étaient de plus en plus présent à Poudlard, dérobant et arrachant tout le bonheur et l'espoir qui sommeillaient en chacun. Mais quelques fous n'abandonnaient pas. Quelques fous gardaient cette flamme précieusement ancrée dans leurs esprits. Parmi ces quelques fous, il y avait Ginny Weasley. Elle était, à elle seule, un véritable Patronus. Malgré la tristesse que les Détraqueurs arrivaient à semer, Ginny conservait sa bonne humeur et sa joie qu'elle transmettait à tous ceux qui l'entouraient. Ginny était l'un des seuls piliers de la résistance. Sans elle et son éclat scintillant, tous auraient perdus la foi. Bien évidemment, Neville assistait Ginny et tentait de briller comme elle. Mais la jeune rousse avait décidé d'être plus qu'une étoile, elle était une galaxie, à elle seule.

Depuis qu'elle était rentrée du Terrier, quelque chose avait changé en elle. Elle avait récupéré l'espoir. Le même espoir qui l'avait habité pendant des années lorsqu'elle aimait Harry et qu'il ne la voyait pas. C'était exactement ce même espoir, un espoir si puissant qu'aucune force démoniaque ne pouvait rivaliser. Ginny était vivante, plus vivante que jamais.

Chaque réunion de l'A.D dépassait la précédente. Les émissions de radio Potterveille remotivaient les troupes. L'acharnement de Ginny et de Neville payait. L'A.D grandissait. Non pas en nombre mais en énergie. Ils étaient prêts à se battre. Ils voulaient se battre. Chacun d'eux. Et plus personne n'avait peur.

Ils menaient des missions de plus en plus dangereuses. Ils libéraient les élèves contraints à être enfermés dans les cachots, ils écrivaient des messages de plus en plus révoltés sur les murs, ils tenaient de plus en plus tête aux Carrow, les réunions de l'A.D avaient lieu un soir sur deux. Ils étaient plus soudés que jamais.

Un matin, en cours de Défense contre les forces du mal, ou plutôt en cours d'Art de la magie noire, Ginny s'horrifia de constater que les Carrow avaient décidé, tout comme l'A.D., de passer à la vitesse supérieure.

« Aujourd'hui, nous allons étudier le sortilège Doloris », commença Amycus Carrow.

Il y eut une vague de murmure dans la salle. Les trois quarts des élèves se regardèrent, horrifiés. Les quelques Serpentards présents paraissaient s'en réjouir.

« Nous allons apprendre à le lancer, continua Carrow. Le plus important dans ce sortilège, c'est l'intensité avec lequel vous le lancerez. Plus votre haine et votre désir de faire souffrir l'autre sera grand, plus votre sortilège sera puissant. Vous devez vraiment vouloir la souffrance de l'autre. »

Ginny se prépara mentalement à devoir subir ce sortilège. Elle ne l'avait jamais reçu mais elle savait qu'Harry l'avait reçu à plusieurs reprises. Et ça ne présageait rien de bon. Elle se rappela que les parents de Neville en étaient devenus fous. Elle frissonna mais essaya de reprendre ses esprits. Elle ne laisserait personne voir sa souffrance. Elle fut vite tirée de ses pensées lorsqu'elle entendit la suite des instructions du Mangemort.

« Bien évidemment, vous n'allez pas vous jeter le sortilège entre vous, ce serait complètement insensé et surtout sans intérêt. Vous allez jeter ce sort pour une bonne cause. Chacun, vous devrez lancer le sortilège sur un élève qui est en retenue, vous devrez le punir. »

Ginny se retourna et regarda avec effarement Michael Corner et Anthony Goldstein qui étaient juste derrière elle. Ils étaient tout deux aussi choqués qu'elle.

Quelques secondes plus tard, une dizaine d'élèves, tous plus jeunes qu'eux, entrèrent dans la salle. Ils semblaient pétrifiés de peur comme sachant ce qui les attendaient.

« Non mais je rêve », murmura Ginny.

Parmi ces élèves, la majorité semblait ne pas avoir plus de douze ans. Ils étaient encore des enfants… Ginny se sentit si mal pour eux qu'elle eut l'impression de se prendre, elle-même, le sortilège Doloris. Du moins, elle imaginait que cela provoquait cette sensation.

« Vous allez leur lancer le sortilège Doloris, je vais vous montrer l'exemple et je vous appellerais un par un », lança Carrow avec délectation.

Amycus s'avança vers un jeune garçon, un Poufsouffle, qui devait être en troisième ou quatrième année. Le garçon tremblait de peur et baissa les yeux au sol.

« ENDOLORIS » hurla Carrow.

Le garçon cria, se jeta au sol et se débattait contre une douleur invisible, il semblait souffrir le martyr. Ses convulsions étaient de plus en plus nombreuses et de plus en plus puissantes. Ginny ne pouvait pas regarder un tel spectacle, elle détourna le regard et enfouis sa tête dans ses bras. Les cris s'arrêtèrent une minute plus tard.

« Bien, dit Carrow, j'espère que vous avez bien compris la théorie. Maintenant, passons à la pratique. Pour commencer… Harper, tenez prenez le petit Serdaigle blond du fond. »

Harper, un Serpentard, se leva et s'avança près du garçon désigné. Ce dernier était si pâle qu'on aurait dit un fantôme. Harper leva sa baguette. Pendant une fraction de seconde, Ginny crut qu'il n'allait pas le faire. Elle essayait de se persuader qu'un peu de bonté pouvait encore régner en chacun d'eux. Mais elle se trompait. Harper lança l'Impardonnable. Le petit garçon tomba au sol, comme l'avait fait l'autre précédemment. Il hurla de douleur mais semblait moins souffrir que l'autre. Harper n'avait pas mis toute sa haine dans le sort. Mais il l'avait tout de même lancé. Et la souffrance était réelle.

« Pas mal, Harper, lança Carrow, il faudra retravailler un peu l'intensité mais c'est prometteur »

Ginny commença à voir rouge, comme si c'était « prometteur » de faire souffrir les autres. Comment osait-il ? Ginny allait lui faire payer, elle allait lui faire payer très cher ce qu'il essayait de les forcer à faire. Comment pouvait-il penser qu'ils allaient accepter de torturer des innocents ?

« Hé bien, Miss Weasley, vous semblez vouloir partager quelque chose avec nous… ricana Amycus. Vous êtes la prochaine. Vous prendrez cette Gryffondor. »

Ginny se leva, s'avança et s'arrêta devant la petite fille. Elle la regarda attentivement. Elle devait avoir douze ans et elle était toute petite. Elle avait deux nattes châtains et de grands yeux bleus. Elle plongea dans ses yeux. Elle pouvait y voir la tristesse, le désespoir et surtout une immense peur. Ses yeux brillaient comme si elle était sur le point de pleurer. Elle ne baissait pas le regard, elle tâchait d'être forte.

Ginny repris ses esprits et s'aperçut qu'une vingtaine de paires d'yeux la fixaient. Ils attendaient tous qu'elle jette le sort.

« Dépêchez-vous Weasley, on a pas toute la journée » grogna Carrow.

Ginny leva sa baguette et la pointa vers la petite fille. Puis, en une fraction de seconde, elle changea sa cible et la pointa sur Carrow et lui lança le sortilège de Chauve-Furie. Il ne s'y attendait pas et se débattait contre le maléfice. Ginny courut vers la porte et hurla à l'attention des élèves en retenue :

« Dépêchez-vous, courez ! »

Ils sortirent tous de la salle en courant. Les quelques membres de l'A.D qui étaient dans la pièce les avaient suivis pour aider Ginny.

« Plus vite ! Plus vite ! » ordonna Ginny.

Ils continuèrent à courir, Ginny savait où les amener. Pendant dix minutes ils ne s'arrêtèrent pas.

« On y est presque, cria Ginny à l'attention de ceux qui la suivaient. Plus que quelques mètres. »

Mais à ce moment, une voix se fit attendre. La voix d'Alecto Carrow, la sœur de leur professeur de magie noire, résonna derrière eux :

« Arrêtez-vous ! Je vous ordonne de vous arrêter ! »

Ginny jeta un coup d'œil en arrière, le professeur était encore loin derrière eux.

« Ne l'écoutez pas, cria Ginny, suivez moi ! »

Ils avaient le temps de parvenir jusqu'à la Salle sur Demande, le lieu le plus sûr de Poudlard. Mais Alecto risquait de voir la porte… et ainsi de savoir qu'ils allaient dans un lieu secret. Même si la salle se protégeait elle-même des Carrow, Neville s'en était bien assuré, s'ils savaient qu'une telle salle existait, ils finiraient par les coincer à un moment ou à un autre.

Ginny eut alors une idée. Tout en continuant de courir, elle fouilla dans sa cape et elle trouva ce qu'elle cherchait. Un des cadeaux que les jumeaux lui avaient offert pour Noël : la poudre d'obscurité instantanée du Pérou. C'était parfait.

« Michael ! Anthony ! » appela Ginny.

Ils étaient justes derrière elle, ils courraient à la même vitesse.

« Guidez les dans la Salle, je vais retardez les Carrow, attention vous ne verrez plus rien mais vous savez où est la porte ! »

Ils acquiescèrent. Ginny ordonna aux autres de les suivre et se laissa dépasser. Lorsqu'ils furent assez près de la Salle sur Demande, elle lança la poudre. Tous furent plongés dans l'obscurité. Elle entendit Alecto Carrow rechigner et grogner à quelques mètres derrière elle. Elle n'entendit plus les bruits des pas des autres élèves et jugea qu'ils étaient arrivés à bon port. Connaissant plutôt bien le couloir, elle tenta de trouver à l'aveuglette la porte de la Salle sur Demande. Elle savait qu'elle devait se dépêcher, les effets de la poudre n'étant pas illimités. Elle finit par la trouver et rentra précipitamment à l'intérieur.

La lumière était de retour et elle était dans la Salle sur Demande. Les élèves en retenue étaient là et les quelques élèves de l'A.D qui étaient dans son cours étaient également là.

« Risqué comme mission, celle-là, soupira Michael avec un clin d'œil.

- Mais ça en valait la peine, sourit Ginny. Vous allez bien ? » demanda-t-elle aux élèves.

Ils acquiescèrent tous. Le soulagement pouvait se lire dans leurs visages.

« Alors, pourquoi étiez-vous en retenue ? Et pourquoi voulait-il vous punir aussi sévèrement ? s'enquit Anthony.

- Moi, je lisais le Chicaneur en classe, répondit le Poufsouffle que Carrow avait attaqué.

- Seulement pour ça ? s'horrifia Ginny. Ils sont vraiment fous ces Mangemorts, ce n'est pas possible !

-Tu m'étonnes. Le pire c'est que vous n'êtes pas la première classe à qui il fait le coup, l'heure d'avant il nous a présenté à une classe aussi pour que les élèves nous jettent le sort. C'était les septièmes années, et eux aussi ont protesté comme vous mais beaucoup ont joué le jeu. Je me suis pris un Doloris horrible d'un gros lard de Serpentard il s'appelait… Pieuvre ou un truc du genre.

- Crabbe, devina Ginny.

- Oui c'est ça, répondit le Poufsouffle. Heureusement qu'un garçon de Gryffondor a arrêté le massacre, il s'est fermement opposé sauf qu'au final c'est lui qui s'est pris un Doloris par Carrow.

- Ca devait être Neville, dit Michael. Heureusement qu'il est là, lui aussi.

- C'est clair, le pire c'est qu'on est en retenue pour rien. Moi j'ai refusé de répondre aux questions du contrôle de magie noire, je ne veux pas apprendre ce genre de choses ! dit un élève de Serdaigle qui devait être en cinquième année.

- Et tu as bien raison ! approuva Michael. Tout le monde devrait faire comme toi !

- Moi je lisais un roman Moldu à la bibliothèque, dit timidement la petite Gryffondor que Ginny était sensé attaquer.

- Ils sont complètement fous, trancha Ginny. On a même plus le droit de lire ce qu'on veut. Puis je suppose que tes parents sont sorciers si tu es à Poudlard, tu peux bien lire des livres Moldus !

- En fait, ma mère est une sorcière mais mon père était moldu, expliqua la petite fille.

- Etait ? demanda Ginny.

- Il est mort, répondit tristement la fillette.

- Oh, je suis désolée ! s'empressa de dire Ginny. Ce sont les Mangemorts qui… ?

- Oh, non, en fait je ne l'ai jamais vraiment connu, il est mort quand j'avais trois ans alors je ne m'en rappelle plus trop. »

Ginny se sentit triste pour la petite fille. Elle trouvait qu'il était affreux pour un enfant de vivre dans ce monde, ce monde de torture plein d'horreurs.

Elle continua à discuter avec la petite fille, elle la trouvait attachante. A vrai dire, elle lui rappelait un peu elle-même à son âge lorsqu'elle aussi était coincée avec ses démons. Lorsqu'elle était contrôlée par Voldemort. Ginny, non plus, n'avait pas été tranquille en arrivant à Poudlard. Elle apprit que la petite fille s'appelait Lucie Stoneler et qu'elle était fille unique. Ginny lui raconta alors quelques anecdotes sur ses frères pour la détendre. Après tout la pauvre petite avait du faire face à la souffrance aujourd'hui.

« Tu as de la chance d'avoir six frères, l'envia Lucie, moi aussi j'aurais aimé avoir des frères !

- Oui, c'est sûr, ils sont formidables mais parfois ce n'est pas drôle d'être la plus petite, soupira Ginny en soupirant.

- J'arrive pas à te voir comme étant la plus petite, réfléchit Lucie. Parce que le mot petite, ça veut dire impuissant, fragile, inférieur alors qu'au contraire tu es tellement forte, tu es un vrai modèle, je veux dire, ce que t'as fait pour nous, c'est vraiment gentil…

- Ce n'est pas gentil, ce qu'on a fait, médita Ginny. C'est quelque chose de normal. C'est inhumain de s'attaquer à des enfants comme les Carrow le font. Nous on essaye juste de faire en sorte que le monde ne soit pas trop moche.

- Merci quand même Ginny. Dis, on va devoir rester cachés dans cette salle du coup ? demanda-t-elle.

- Je pense que oui. Du moins, pendant quelques jours, répondit Ginny. Je vais essayer de parler au professeur McGonagall ce soir ou demain. Je suis sûre qu'elle peut arranger les choses, c'est allé un peu trop loin. »

Quelques minutes plus tard, les autres membres de l'A.D arrivèrent.

« Ginny ! s'écria Neville en entrant. J'ai entendu tes exploits !

- Et moi j'ai entendu les tiens, sourit-elle. Je ne me suis pas pris de Doloris comparé à toi. Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle tout de même.

- Tout va bien, la rassura Neville. Je m'en suis remis. Puis c'était rien comparé au Doloris de Bellatrix Lestrange.

- J'imagine, dit Ginny en frissonnant. Au fait, c'est plus sage de garder les autres ici, ils sont en sécurité au moins.

- Oui, il leur faudra juste des lits », songea Neville.

Sitôt dit, sitôt fait. La Salle sur Demande fit apparaitre une dizaine de lits dans un coin de la salle pour les élèves en retenue.

« Parfait, sourit Ginny. Tu ne penses pas qu'on devrait rester avec eux ? C'est plus prudent. Je veux dire, c'est tout de même nous qui les avons libéré, je te parie que ma tête est mise à prix. Et celle d'Anthony et de Michael, ils m'ont bien aidée. Et ça les Carrow l'ont remarqué.

- Oui c'est vrai que c'est plus prudent. Je reste avec vous si vous voulez, j'ai eu mon lot d'ennui moi aussi, conclut Neville.

- Vous allez rester ici ? demanda Lavande qui avait vu les lits.

- Oui, on pense qu'on sera plus en sécurité, dit Neville.

- Ca c'est sûr vu ce que t'as fait Ginny, s'enthousiasma Parvati.

- Vous auriez peut-être besoin d'une salle de bain aussi non ? proposa Padma.

- C'est la base ! approuva Lavande.

- En effet ! sourit Ginny. Neville, c'est toi qui contrôle le mieux la salle, je t'en prie. »

Quelques instants plus tard, une salle de bain se tenait juste à côté des lits.

« Pas mal, admira Michael. Et on aura besoin de nourriture aussi ? Je veux dire, si on est là jusqu'à demain minimum, faut bien manger…

- Vous ne pensez vraiment qu'à manger les garçons ! soupira Lavande en rigolant.

- Pas que les garçons ! répliqua Ginny. J'ai un estomac made in Weasley, j'approuve totalement pour la nourriture ! »

Ils rigolèrent tous. Neville se concentra pour faire apparaître de la nourriture mais rien n'apparut.

- Je ne comprends pas, marmonna Neville. J'ai demandé à la salle de la nourriture mais y'a rien qui vient.

- C'est bizarre… la salle ne nous a jamais rien refusé.

- Je confirme, normalement elle fait tout ce qu'on veut, l'autre jour je suis venue avec… commença Parvati puis elle s'arrêta en rougissant.

- Neville ! Ginny ! les appela Seamus. Y a une ouverture sur le mur, c'est vous qui avez fait ça ? »

En effet, sur le mur opposé, le mur s'ouvrait. Ils s'approchèrent. Cela ressemblait à un tunnel.

« Tu crois que c'est en demandant de la nourriture que ce tunnel s'est ouvert ? demanda Neville.

- Ou alors c'est un piège des Carrow ou de Rogue, suggéra Ginny. Ils ont peut-être réussi à trouver une parade…

- Je suis de l'avis de Ginny, dit Lavande.

- Non, moi je pense que c'est pour la nourriture, rétorqua Michael. Neville maîtrise complètement la salle et elle sait qu'elle ne doit pas s'ouvrir aux Carrow ni à Rogue. Donc ça ne peut pas être un piège.

- C'est vrai que vu comme ça… marmonna Ginny. Bien, voyons voir ce qu'il y a, alors… Neville on y va ensemble ? Les autres vous nous attendez ?

- D'accord, vous êtes sûrs que ça ira à deux ? demanda Seamus.

- Oui ça devrait aller, sourit Neville. Allez Ginny, on part à l'aventure ! »

Ginny et Neville disparurent dans les profondeurs du tunnel.

« Le tunnel a l'air super long ! remarqua Ginny.

- Je vois ça, soupira Neville. On n'en voit même pas le bout. »

Ils continuèrent à marcher pendant près de vingt minutes avant de voir une lumière.

« On doit y être presque », dit Neville.

Lorsqu'ils arrivèrent au bout du tunnel, ils remarquèrent une silhouette. En s'approchant, ils virent un tableau représentant une jeune fille blonde qui devait être âgée de quatorze ans. Elle leur sourit et leur fit signe de passer.

« Pourquoi elle nous fait signe de passer ? demanda Ginny. On peut plus avancer…

- Je crois qu'elle essaye de nous faire comprendre qu'on doit passer à travers le tableau, suggéra Neville

- Mais ce n'est pas possible de faire ça, dit Ginny.

- Il n'y a qu'un moyen d'en être sûr… »

Neville attrapa la main de Ginny et ils passèrent à travers le tableau. Ginny ferma les yeux. En les rouvrant, elle remarqua qu'elle était dans une pièce, devant une cheminée. Au dessus de cette cheminée, se trouvait exactement le même tableau que dans le tunnel. En balayant la pièce du regard, elle remarqua un vieil homme assis sur une chaise. Un vieil homme qui…

« DUMBLEDORE ?! » s'exclama Ginny.

Le vieil homme leva les yeux. Ginny le contempla longuement. Ce n'était pas Albus Dumbledore. Mais la ressemblance était frappante. L'homme avait les mêmes yeux bleus, le même visage à l'exception que son nez n'était pas cassé, et ses cheveux étaient plus courts et plus gris que ceux de Dumbledore.

« Excusez-moi, je…, commença Ginny.

- Vous m'avez pris pour mon frère, Albus Dumbledore, grogna le vieil homme. Ca arrive à tout le monde.

- Vous êtes le frère de Dumbledore ?! s'étonna Neville.

- Oui, je suis Abelforth, se présenta l'homme d'une voix bourrue. Comment êtes-vous arrivés ici ?

- Hé bien, nous étions à Poudlard, dans la Salle sur Demande et on a demandé à la Salle de la nourriture et elle nous a envoyé ici, expliqua Neville. Où sommes-nous ?

- A la Tête de Sanglier, répondit le vieillard. Je croyais que les moindres faits et gestes des élèves étaient contrôlés… comment avez-vous réussi à passer sous leur nez ?

- On s'oppose à eux plutôt fermement… sourit Ginny.

- Bande de voyous ! grogna Abelforth. Vous avez de la chance que je sois prêt à aider les petits délinquants comme vous. Vous avez besoin de quelle quantité de nourriture ?

- Euh…, réfléchit Neville, sachant que les trois quarts de l'A.D vont s'en aller et qu'il faut compter les élèves en retenue, je dirais pour une quinzaine de personnes si ça ne fait pas trop.

- J'ai ce qu'il faut », dit Abelforth.

Il s'apprêta à la cuisine adjacente au salon, puis revint cinq minutes plus tard chargé d'un énorme sac de provisions.

« Ca devrait faire l'affaire, il y a tout ce dont vous pourrez avoir besoin.

- Merci beaucoup, monsieur, le remerciant Ginny en souriant.

- Y'a pas de quoi, grogna Abelforth. Allez déguerpissez moi le camp bande de petits voyous.

- On évitera de vous déranger, s'écria Neville en s'approchant du tableau. Euh… comment on rentre à Poudlard, maintenant, on repasse par le même endroit ?

- Oui, il faut juste que j'ouvre le tableau, répondit Abelforth. Hum… Ariana, s'il-te-plaît », ajouta-t-il à l'adresse de la jeune fille du tableau.

Cette dernière sourit et le tableau pivota à la manière du portrait de la Grosse Dame.

« Faites bonne route, marmonna Abelforth. A bientôt »

Ginny et Neville lui firent un signe de la main et s'enfoncèrent à nouveau dans les profondeurs du tunnel avec, cette fois, les bras chargés de provisions.

« Tu savais que Dumbledore avait un frère ? demanda Neville tandis qu'ils marchaient.

- Je le savais depuis peu, répondit Ginny, je suis tombée sur un article de cette vieille pie de Rita Skeeter parlant de son bouquin Vie et mensonges d'Albus Dumbledore mais j'avoue que ça m'était sorti de la tête….

- A ton avis, pourquoi la Salle sur Demande nous a envoyé chez Abelforth ? s'enquit Neville après quelques minutes de silence.

- Je ne sais pas, peut-être que la salle ne peut pas nous fournir de la nourriture, peut-être que c'est une ressource limitée ou un délire comme ça, réfléchit Ginny.

- C'est le genre de choses auquel Hermione saurait répondre, dit Neville avec une voix nostalgique.

- C'est clair ! sourit Ginny. Mais tout de même, c'est bizarre, la Salle aurait pu nous envoyer aux cuisines du château…

- La Salle a peut-être jugé que c'était trop dangereux, on doit être traqué dans tout le château, s'enthousiasma Neville.

- Et ça te fait rire ! s'esclaffa Ginny.

- Toi aussi ça te fait rire, sourit Neville.

- Faut bien rire un peu, tout comme on chasse un Epouvantard, c'est par le rire qu'on chasse ses démons intérieurs ! » philosopha Ginny.

Ils arrivèrent bien vite dans la Salle sur Demande. Les autres semblaient les attendre avec impatience.

« Vous en avez mis du temps ! s'indigna Seamus. Tout l'A.D. est parti ! Bien évidemment je suis resté parce que je n'ai pas trop envie d'aller au dortoir, je serai le seul vu que tu restes Neville.

- Enfin ! On meurt de fin ! s'écrièrent Anthony et Michael d'une seule voix.

- Hé ! héla Neville aux élèves en retenue, venez tous manger ! »

Ils ne se le firent pas dire deux fois. Quand ils arrivèrent à la hauteur des derniers restants de l'A.D., une table et des chaises apparurent.

« La Salle commence à vraiment bien nous connaître, dit Ginny. C'est comme si elle anticipait avant nous ce dont nous allons avoir besoin.

- Je crois que j'y suis pour quelque chose, avoua Neville, j'ai pensé qu'on ne serait pas très à l'aise par terre. »

Ils mangèrent tous en riant et l'atmosphère chaotique de la journée avait disparu. Aucun ne pensait au désespoir qui les avait rongés à peine quelques heures plus tôt.

Après être rassasiés, Ginny et Neville commencèrent une partie d'échecs version sorcier. Heureusement pour cette dernière, son frère Ron lui avait enseigné quelques tactiques et Neville n'était vraiment pas doué. Les autres les observaient en silence.

Au bout d'un moment, les plus jeunes finirent par aller se coucher. Ginny décida d'accompagner la petite Lucie avec laquelle elle avait sympathisé.

« Tu vas réussir à dormir malgré ce qu'il s'est passé aujourd'hui ? demanda Ginny.

- Ca va aller, la rassura Lucie, merci de t'en inquiéter.

- C'est normal. Si ça ne va pas, je serais dans le lit juste à côté, d'accord ? N'hésite pas », lui sourit Ginny.

Ginny tourna les talons quand Lucie la rappela.

« Ginny !

- Oui ?

- Quand tu es partie avec Neville tout à l'heure, j'ai entendu les autres parler de toi, ils disaient que tu es la petite amie de Harry Potter, c'est vrai ?

-… Oui c'est vrai », affirma Ginny.

Harry avait beau l'avoir quitté pour sa protection, elle n'oubliait jamais l'intensité de leur dernier baiser le 31 juillet dernier. Et chaque jour elle y pensait pour se dire que ce n'était pas fini.

« Il te manque ? demanda Lucie.

- A un point inimaginable, répondit sincèrement Ginny.

- Je suis sûre que tu lui manque aussi.

- Y'a plutôt intérêt » sourit Ginny.