Note : Bonjour bonjour ! Oui, je suis très en retard, j'ai pris beaucoup de temps et je m'excuse platement : les épreuves du bac, la préparation d'un cosplay et une flemme -faut l'avouer- relativement …insistante fait que je poste maintenant, en espérant que cela vous plaira et vous réconfortera peut être un peu avant ce fameux 5 juillet… (Remerciez cette cher Banana-Sama pour m'avoir poussée au train :3 je n'en serais pas là sinon.) Bonne lecture !

Chap.9

Ils montèrent en silence les escaliers menant à l'appartement de Zorro, et y entrèrent dans la même atmosphère.

Laissant le blond dans l'entrée, le chasseur fila vers le réfrigérateur et en sortit plusieurs flacons, qu'il mit avec précaution dans une petite glacière. Son sac de rechange était déjà prêt, posé à côté de la porte.

Juste le temps de prendre ses affaires et ils repartiraient, pour une réserve forestière au nord-ouest de la ville, où il pourrait se transformer sans être tenter de dévorer des enfants. Mihawk en avait fait l'acquisition pour lui.

Au moment de retourner dans l'entrée pour prendre les clés, sac à l'épaule et glacière à la main, Sanji lui tendit le trousseau. Il haussa un sourcil perplexe et tendit la main pour qu'il lui donne. Quand leurs mains furent lié par les clés, il attira le blond à lui et lui vola un bref baiser mordant, avant de passer un bras autour de sa taille et de le serrer contre lui. Il sentit le blond inspirer profondément, émettant une sorte de sanglot étouffé croisé avec un gémissement, et s'accrocher à lui, ses mains agrippant sa veste en cuir.

Son visage retrouva le contact chaud et rassurant du chasseur, son étreinte puissante et apaisante, ses battements de cœur si humains et vivants dans sa poitrine. Près de lui, il était bien, malgré les douleurs lancinantes qui lui rongeaient le corps depuis quelques heures.

Zorro passa une main dans les cheveux blonds.

_ Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le chasseur paisiblement.

_ Je ne me sens pas bien… Je n'ai plus soif, c'est affreusement dérangeant. Shanks m'a… fait une intraveineuse avec un liquide bizarre qui annihile la faim, et qui a de sacrés effets secondaires… C'est ma… punition pour avoir tué Perona… j'ai envie de vomir sans rien avoir dans le ventre, c'est insoutenable. J'ai l'impression de mourir en continue…

Zorro baissa les yeux sur lui et lui embrassa la tempe avant d'y presser sa joue. Il savait parfaitement ce que son amant était en train de vivre, à quelques variantes près ; une transformation avait pratiquement les mêmes effets… en plus atroce. Le blond releva la tête et chercha ses lèvres, essayant de se raccrocher à quelque chose de tangible tandis que son corps sombrait dans la douleur. Le chasseur lui rendit de féroces baisers bien vivant, s'accaparant sa bouche avec force, la rendant sienne pour la énième fois. Le vampire passa ses bras autour de son cou, perdant ses doigts dans la courte chevelure verte. Ce Marimo avait-il des vertus thérapeutiques ? Comment expliquer autrement que sa présence et son contact apaisaient ainsi ses douleurs ? Bien que celles-ci soient lancinantes, son amant arrivait à les alléger par sa simple présence. Le lycan termina son baiser en lui mordant la lèvre inférieur, puis se recula légèrement.

_ T'arrêtes pas s'il te plait… murmura Sanji, la voix quelque peu étranglée par la souffrance.

Zorro lui offrit un petit sourire, se voulant rassurant, avant de l'embrasser avec douceur. Il se recula à nouveau et ouvrit sa glacière pour en sortir un flacon, emplit d'un liquide transparent.

_ Avale ça, ça va t'aider.

_... Etrange comme cela ressemble à de l'eau bénite… ironisa le blond dans un souffle.

Zorro le foudroya du regard, un rictus aux lèvres.

_ C'est sûr que ça t'aiderais. Crétin.

Il déboucha le flacon avec les dents, en prit une gorgée et l'embrassa, transférant ainsi le liquide. Evidemment, si l'eau avait été sacré… Ils auraient commencés à se liquéfier, tous les deux. Sanji avala le liquide avidement, cherchant derrière celui-ci l'étreinte de son amant, qui recommença l'opération jusqu'à ce que le flacon soi vide. Ruisselant de boisson transparente, le blond s'essuya les lèvres d'un revers de main.

_ Ça devrait atténuer tes douleurs… Normalement, déclara le chasseur en refermant la glacière et en ouvrant la porte.

_ Comment ça normalement… ? Questionna le blond en le suivant sur le palier des appartements, le regard suspicieux et peu rassuré sur le coup.

_ Je ne suis pas sûr des effets qu'il pourrait avoir sur toi : c'est une sorte d'anesthésiant pour lycan ; la douleur est toujours là, mais supportable. Si tu as l'impression, à un moment donné, que ta tête vol au-dessus de tes épaules, c'est « normal ». Tu ne devrais pas risquer grand-chose.

Ils descendirent l'escalier sans croiser personne à cette heure de la nuit. Vive les gens aux activités respectables. Arrivés devant la moto, le vampire dû s'y reprendre à deux fois avant de pouvoir enfiler son casque, avec l'aide de Zorro.

_ C'est puissant ton… truc. Je … Merde…

Le lycan pouffa et l'aida à monter en selle.

_ Pas assez par moment... Malheureusement, fit le verdoyant pour lui-même en enfourchant le bolide.

OoOoO

Cela faisait une bonne heure qu'ils avaient passés la grille de la réserve. Le faisceau du phare avant était la seule source de lumière dans cette forêt dense et ténébreuse. Le chemin était juste assez large pour laisser passer la moto, et plusieurs fois ses passagers furent fouettés par des branches. Sanji s'était endormit une quinzaine de minutes au paravent, blottit et fermement accrocher au chasseur devant lui, dont l'attention n'avait pas quittée la sente.

La faim et le sommeil le taquinaient sévèrement, maintenant qu'il était au calme, sans adrénaline dans les veines, ni constante attention à son entourage. L'énergie qu'il avait dépensée durant les derniers jours se faisait de plus en plus ressentir. S'il ne dormait pas dans les heures qui suivraient, sa transformation allait être des plus folkloriques !

Une lutte à mort contre ses paupières lourdes s'engagea, pour éviter qu'il ne s'envoi dans un arbre en compagnie du vampire au bois dormant. Fort heureusement, le chemin prit bientôt fin, au cœur de la réserve, au pied d'une grande bute luxuriante d'herbe. Zorro éteint le moteur et se redressa doucement, sentant dans son dos le blond se réveiller. Ils restèrent un moment ainsi, Sanji profitant de la chaleur du cuir de son amant, et celui-ci de l'étreinte dont il était bénéficière, ainsi que de l'air charger de rosée. L'aube n'était plus très loin.

Le blond desserra sa prise, et descendit de la cylindré, la tête plongée dans le pâté le plus profond. L'anesthésiant était encore bien présent en son corps et déformait sa perception des choses. La bute en face de lui tanguait dangereusement, jusqu'à ce que la main de Zoro autour de son bras le stabilise.

_ Ça ne te réussit pas, on dirait.

_ C'est ça, moque toi Marimo…

Celui-ci eut un rictus puis lui fourra la glacière dans les bras, après avoir passé la sangle de son sac sur son épaule, et le souleva, le prenant dans ses bras. Trop dans le pâté pour pouvoir protester, Sanji enfouit son visage contre le cou de son amant et se laissa emporter par les affres sourds de la douleur et de l'engourdissement.

Quand ses paupières daignèrent se soulever à nouveau, il se trouvait allongé sur un lit … ou plutôt un amoncellement de fourrures très confortables. La lumière des bougies disposé un peu partout dans la pièce lui permis de discerner les contours de celle-ci. L'entrée se trouvait au fond sur la gauche, trou d'une noirceur insondable. Tout autour de la pièce étaient accrochées des étagères, à bonne hauteur du sol, où se trouvait rangé tous ce qui pourrait subvenir à leurs besoins.

Il remua légèrement en se redressant et sa jambe rencontra la source de chaleur de la couche : son amant, allongé à son coté, profondément endormit. Son sommeil était agité de soubresauts. Les prémices de sa transformation peut-être ?... Avait-il dormit assez longtemps pour être à la nuit suivante ? La nuit de pleine lune ?…

Un élan de panique tordit soudainement le ventre du blond. Si tout ce qu'on disait sur les lycans était vrai, il était mal… très mal. Il déglutit, la peur s'immisçant dans son être. Il observa ce corps tremblant couvert de sueur en se mordant la lèvre, ne sachant comment réagir face à cette bombe à retardement. Il passa lentement, comme s'il caressait un cactus, ses doigts les cheveux de Zoro, qui perlait de sueur. Sa main ne prenant pas feu, il affermit sa caresse, dans l'espoir que même dans son sommeil, il puisse lui apporter du « réconfort », similaire au baiser qu'ils avaient échangé avant de quitter l'appartement.

Après quelques minutes, les tremblements se calmèrent et inconsciemment, le chasseur s'était rapprocher du blond, qui veillait sur son sommeil. Les heures passèrent, sans que le vampire ne puisse les compter.

OoOoO

Les paupières du lycan papillonnèrent, puis s'ouvrirent sur deux iris d'un or complexe et profond. Il émergea lentement de son état léthargique, ramenant à lui les souvenirs des jours précédents, son regard vagabondant sur la fourrure autour de lui et les courbes de son amant, tout près. Il se redressa sur un coude, et fut obligé de se stopper car prit d'un vertige. Ça venait. Ça rôdait le long de ses veines, il le sentait. Il leva les yeux vers le vampire assis en tailleur à côté de lui et rencontra un regard à l'expression teinté de peur et d'inquiétude.

Le silence devint pesant, comme palpable. Le danger planait dans la pièce, comme avant un duel à la loyal, au temps de ce bon vieux Far West. Zoro réduisit la distance qui les séparait en se redressant totalement, approchant lentement son visage du sien, s'assurant qu'il ne l'effrayait pas. L'air vibrait presque entre eux, de tension et d'une sorte d'excitation morbide qu'ils ne s'expliquaient pas. Le geste fut lent, chargé de retenue, quand les lèvres du chasseur se posèrent sur celle du vampire, qui frissonna de tout son être au contact. A travers ce baiser aux allures chastes circula un désir et une envie d'une intensité sans pareil, bien loin de toute innocence, dû à la situation plus que particulière et dangereuse. Le lycan remua les lèvres, s'emparant de celle inférieure offerte à lui, la mordillant sensuellement. Le cœur battant au bord des lèvres, il se recula de quelques centimètres, son front frôlant le sien, les yeux mi-clos.

_ Peu importe ce qui va se passer, reste avec moi, s'il te plaît. Parle-moi, de n'importe quoi, de tout ce qui te vient à l'esprit, je… j'aurais besoin de ta présence, murmura Zoro, comme si entendre sa propre voix lui faisait mal. Je ne vais pas tarder à me transformer… Ce que tu verras… restera moi, d'accord ? Je serais cette chose…

La sueur perla aux tempes du lycan qui ne put en dire plus, replié sur lui-même. Sanji l'allongea malgré la panique qui lui nouait le corps. Il prit sa main dans la sienne et la serra.

_ Crétin de Marimo, où veux-tu que j'aille…

La main dans la sienne devint bouillante et affreusement moite. Le corps entier du chasseur dégoulinait de sueur, prit de spasmes brutaux. Survint alors le premier « crac »de la colonne vertébral qui fit sursauter le blond. Son ouïe développée perçut ensuite l'enfilade des contorsions qu'effectuait l'ossature de son amant, qui se brisait, morceaux par morceaux. La chair suivit, dans un horrible bruit de déchirure, lente, abominable, sans fin.

Il sentit dans sa main celle de Zorro se démonter petit à petit, jointures après jointures, se déplacer sous sa chair, qui elle aussi se mit à bouger. Sanji retint un gémissement de dégout, se forçant à garder cette main déformée dans la sienne. Il lui fallut toute sa volonté pour ce faire. Les craquements se firent plus insistants, plus violents, plus insupportables à l'oreille. La respiration erratique du lycan se fit plus forte et sifflante, des gargouillis s'échappèrent de ses lèvres entre-ouvertes, qui laissèrent couler de la salive et du sang. Il grognait et geignait de douleurs, le hurlement aux bords des lèvres, les larmes coulant le long de ses joues dénaturées.

Tout son être n'était que souffrance et douleurs. Le modelage de ce corps parût durer une éternité, fastidieuse et écœurante. Son corps enfla dans un terrible bruit de chair écorchée, sa masse doubla, une fourrure d'un noir de jais luisant à la lumière des bougies se répandit tels une marée noir, poils par poils. Les chandelles d'ailleurs allaient bientôt s'éteindre.

Sa tête, qui jusqu'alors n'avait subi que le changement de pigmentation ses iris, commença à se modifier. Le crâne se brisa à l'intérieur de la chair, se bosselant, s'agençant différemment dans un bruit des plus infectes. Le hurlement franchit enfin les lèvres du méthamorphe, plus bestial qu'humain désormais, déchirant l'air saturé. La forme lupine se matérialisa, achevant la transition, toujours accompagnée de cette lugubre litanie d'os brisés, son visage se déforma. Sa mâchoire s'allongea, ses dents changèrent de formes. Sa toison verte disparut totalement, avaler par la fourrure noir et dense.

Les craquements gagnèrent encore en intensité, si cela était encore possible, puis dans un ultime craquement, tout s'arrêta.

La transmutation était terminée, laissant cette masse noir haletante et chancelante. Sanji tenait désormais dans sa main celle du loup-garou, velue, chaude, monstrueusement griffu et trois fois plus grande que la sienne. Tétanisé, il manqua s'étrangler en déglutissant. Cette créature n'avait plus rien du Zoro qu'il connaissait. La puissance qui se dégageait de cet être lui dressa les cheveux sur la nuque.

La respiration se ralentit, puis la tête se redressa, permettant ainsi au blond de croiser le regard de la bête… incroyablement intelligent et … humain. Il voyait à travers lui sa propre terreur, et cela l'attristait. Alors, lentement, luttant contre tous les instincts qui tiraient la sonnette d'alarme dans sa tête, il leva la main, et caressa le nez, tout doux et tout chaud du loup-garou, qui fourra son museau sept fois trop grand dans sa main… avant de brusquement lever la tête et de se mettre à grogner sauvagement. Sanji sursauta violement et se retourna.

Smoker se tenait dans l'encadrement de l'entrée, un énorme fusil d'assaut à la main.

_ On t'a enfin trouvé, enflure.

A suivre…