Salut à tous, très motivée pour ce chap ! je l'avais fini jeudi ! bon par contre je l'ai relu ce matin dans la voiture XD J'espère que vous allez aimer ;) Bonne lecture à tous
Chapitre 9
Levi conduisait comme un cinglé sur la nationale. Sa sirène hurlante demandait aux gens de se pousser et il passait à ras de toutes les voitures. Sa vie, il s'en foutait tout à fait depuis un moment. Il devait retrouver sa partenaire ! Il devait la protéger, ça faisait partie du contrat. Pourtant une petite voix insidieuse lui demandait si ce n'était que ça : un simple contrat, un devoir !? Est-ce qu'il n'y avait pas plus ? Il avait clairement pété un câble quand on lui avait annoncé la nouvelle. Au point de presque tabasser le grand supérieur ! Est-ce que ça n'augurait rien de plus ? Il se concentra de nouveau sur sa conduite quand quelqu'un lui klaxonna dans les oreilles. Il mit un léger coup de volant et évita de foncer dans le véhicule devant.
Ce qui le désespérait, c'était qu'il ne voyait toujours pas la voiture qui avait enlevé Pyrha. Armin ne lui annonçait toujours pas qu'il l'avait rattrapée. Il serra les mâchoires et appuya un peu plus sur la pédale d'accélérateur. La voiture vrombit et accéléra. 150, annonçait le compteur et désormais 160. Si seulement cela pouvait suffire à rattraper les agresseurs. Son esprit était vide, simplement concentré sur ce qu'il voyait. Il réagissait à l'instinct, et heureusement pour lui ce dernier fonctionnait merveilleusement. Sinon, il se serait déjà planté depuis un moment. Et cette vitesse… aucune chance de survie.
Son portable était en communication continue avec Armin, ce dernier pianotait depuis un moment. Les autres équipes venaient de partir pour rejoindre le caporal. Ils savaient que s'ils tardaient, il ferait les choses seul. Soudain, la voix de l'intello lui parvint, il semblé être concentré et crispé.
— Levi, on a un problème ! Le signal GPS de Pyrha vient de s'arrêter !
— QUOI ?! Réactive le immédiatement, le code c'est…
— Ce n'est pas un problème de code, caporal. C'est quelqu'un qui a bloqué le système. On ne veut pas que le GPS puisse être tracé. Ça fait depuis dix minutes que je lutte contre la personne de l'autre côté, mais rien à faire : elle est bien plus forte que moi. Le plus étrange… c'est qu'il semble y avoir un mot. Et de ce que j'ai compris c'est pour toi. Je te l'envoie.
En effet, le noiraud entendit une petite sonnerie pour lui signaler qu'il avait reçu quelque chose. Il saisit le portable dans une main, tandis qu'il tentait toujours de suivre la route des yeux - à ne surtout pas faire encore plus vu son allure ! Il appuya sur la phrase. « Leiv, c'est Ral, suis oblig d'ét1dre GPS. Allons vers endroit abandonné. Font des tests mémoires sur PYrha. Vas dans bureau dans fond étagère : cassette important! »
Il fronça les sourcils et demanda au petit génie ce qu'il en pensait. Ce dernier secoua la tête, il comprenait plus ou moins mais… Soudain ce fut Levi qui comprit ! C'était le créateur de Pyrha ! Il était débile ou quoi ? Il informa Armin qu'il le rappelait : il devait contrôler quelque chose. Il chercha dans ses contacts et appela le concerné. Aucune réponse, comme il le craignait. Et merde ! Maintenant, ils avaient non seulement Pyrha, mais aussi Mr Ral !
Il rappela le jeune Comp, et lui expliqua la situation. Maintenant il fallait comprendre la suite du message. Il donnait apparemment la localisation de l'endroit où se rendaient les kidnappeurs, mais c'était flou. Le 8e district était bien l'endroit idéal où trouver des Titans… A moins que… le blond se pressa sur son clavier. Et si l'endroit dont parlait l'ingénieur n'était nul autre que l'endroit où le Titan avait provoqué la mort de l'équipe ? Il eut un cri de victoire : c'était ça ! Il y avait un bâtiment à l'abandon à côté ! Ce devait être là où ils allaient. Il transmit alors les coordonnées à son supérieur.
Quant à la suite… ils ne comprenaient pas bien. Sasha, elle, était partie depuis un moment en ville. Son partenaire en profita pour lui demander d'aller chercher dans le bureau du professeur. Sur deux lignes en même temps, le petit blond pianotait sur ses écrans pour envoyer aux équipes les coordonnées GPS. Il voulait maintenant savoir ce qu'il en était des agresseurs et ce qu'ils voulaient. Et puis ce qu'était cette « cassette » !
Sasha, victorieuse lui annonça en effet que dans l'armoire, il y avait un double fond et qu'elle avait trouvé une cassette. Elle retourna rapidement au bureau, et enfila le vieil outil dans un lecteur - heureusement qu'Armin était un collectionneur ! Une image apparut. Levi, impatient demanda ce qu'il en était. La voix démarra et le conducteur se figea. Il la connaissait : c'était celle du père de Petra. Il tourna à droite, puis à gauche tandis que la voix commençait. Au fur et à mesure de ses paroles, il se rapprochait de son objectif.
— Bonjour, je suis le Docteur Ral, ingénieur et créateur en chef de Comps. Mon dernier travail sera sans doute la Compe de nouvelle génération Pyrha Nikal. Si vous regardez cette cassette c'est soit que je serais mort, soit que j'aurais fait une grave erreur ou bien que vous êtes Levi Ackerman ou quelqu'un de confiance pour lui. Alors… venons droit au but. Pyrha est l'exacte réplique de ma fille morte deux jours avant cette vidéo. Je ne pouvais pas me permettre de permettre la seule lumière qui illuminait mes journées…
« Cette Compe, je l'ai rendue plus en tout… Nous ne savons pas combien de temps elle va pouvoir vivre. Dans les trois jours où nous avons pu l'étudier, nous sommes montés jusqu'à trente-deux ans avant de devoir nous arrêter comme notre appareil arrivait à bout. De plus, comment dire… j'ai tenté de trafiquer ses souvenirs. Je ne sais pas quelles conséquences exactes cela aura sur elle. Je n'ai pas eu le temps de tout tester, hélas. J'ai utilisé mon hypothèse comme quoi l'ADN contient des souvenirs… Je ne sais pas si cela fonctionnera. J'ai donc rajouté à la place de son coeur, des cellules cardiaques modifiées de ma fille.
« Pourquoi cardiaques ? Tout simplement car elles ne se divisent pas. Elles ne peuvent pas non plus devenir cancéreuses. Je les ai modifiées grâce à un ami de sorte à ce qu'elles n'aient besoin que d'oxygène ! En effet, en plus j'ai ajouté de micros trous - dont mes employés ignorent l'existence - jusqu'à l'extérieur pour qu'elles puissent respirer. Après cela, j'ai ajouté des programmes et mis des décharges électriques. Le caractère est parfaitement correspondant. Je ne sais toutefois pas quels souvenirs elle a, si elle en a… Je devrais tenter bientôt de remettre une décharge pour insuffler doucement des souvenirs à l'intérieur d'elle. Pour faire comme s'ils avaient toujours existé… Si cela est fait trop brusquement, je crains que cela ne la transforme en Titan. Je l'avais testé une fois sur un ancien Comp… et cela a tué ma fille. Il s'est transformé en Déviant et ce fut elle qui en paya le prix de sa vie. »
Il prit un temps d'arrêt. Et ce fut comme si le monde s'écroulait une fois de plus pour Levi. C'était lui qui avait transformé ce Comp en Titan ! Comment ? Pourquoi ? Mais que se passait-il bordel dans ce bureau !? Il avait tué indirectement sa fille… Était-ce pour cela qu'il s'en voulait à ce point !? Il suffoquait, n'arrivait pas à accuser le coup. C'était quoi ce bordel. Et ces cellules… Ça devenait vraiment trop compliqué !
Il arrivait à destination, il le savait. Il le sentait ! Son regard se fit plus glacial et dur. Il allait défoncer ceux qui lui avaient ôté celle qu'il… avec laquelle il travaillait ! Il en informa Armin. Il se gara, se saisit du prototype qu'on lui avait donné, mais aussi du pistolet que lui avait donné l'ancienne garde du corps. Il ne laisserait aucune chance à ces salauds ! La voix posée du père de Petra continua.
— Elle n'est pas non plus comme les autres. Elle est plus forte, plus rapide. Mais ce n'est pas tout, j'ai fait en sorte pour…
Mais Levi n'écouta pas hélas la suite. Il n'entendit pas ce qui aurait pu lui servir dans les minutes à venir. Il avertit Armin qu'il y allait. Il allait rentrer dans le bâtiment. Le blond le supplia d'attendre ces coéquipiers. Mais Levi était ainsi, il ne changerait pas : il allait droit dans le danger. Il vérifia ses munitions puis sortit de sa voiture. Alors qu'il faisait un pas de plus. Son téléphone sonna de nouveau dans sa poche. Ce coup-ci c'était Erwin. Ce dernier voulait lui dire de ne pas y aller, devinait-il. Il voulait lui rappeler qu'il avait besoin d'eux et que les renforts de la police allaient sans doute également arriver. Il refusa l'appel et laissa l'appareil sur le siège conducteur.
Il baissa le cran de sécurité et rentra dans le bâtiment. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir y trouver ? Il rentra. Pour le moment il n'y avait personne. Un hall où des escaliers montaient et d'autres descendaient. Son instinct lui dit de descendre : après tout s'ils faisaient des test sur Pyrha, ce serait certainement dans les profondeurs. Il avança, prudent.
Il aperçut alors une ombre, il réagit au quart de tour, son pistolet se pointa vers la provenance. Ses muscles étaient crispés au maximum mais ils se tétanisèrent en réalisant ce qu'il avait devant les yeux. C'était des corps… Ou plutôt des Comps. Des deux côtés du couloir, derrière des vitres. Les premiers - pas du tout ressemblants - jusqu'aux actuels. Merde c'était quoi encore ces trucs ? Et soudain, le couloir s'ouvrit sur… un bureau. Des posters partout. De l'anatomie humaine, mais surtout des Comps. Des systèmes ouverts, des fils, des sortes de programme. Et puis des papiers étalés sur le bureau, il y avait des plans. Tout débordait de partout, jusqu'à même être étalé par terre.
Il posa son pistolet sur un bout de la table - non épargné par la masse. Il farfouilla. Que cherchait-il ? Il ne le savait pas ! Il trouva soudainement un croquis sur le haut de la pile. Il y avait une agrafe, il tira sur le tout. C'était un dossier d'une dizaine de pages. Ses yeux parcoururent le document. Il parlait d'un projet. Apparemment un Comp de « nouvelle génération ». Ce dernier devait être capable de faire beaucoup plus de choses que les précédents. Mais ses différences notables… C'était la puissance et la transformation en Titan ou il ne savait quoi… Les pages suivantes figuraient des qualités qu'il ou qu'elle devait avoir. Il devait avoir bien plus de sentiments que les précédentes générations. On devait pouvoir en tomber amoureux facilement… Il regarda alors la signature sur le bas de la dernière page.
Le Bureau des Compagnons Automatisés. Signé d'il y avait deux ans.
Et merde ! C'était quoi encore que ce bordel ?! Pyrha aurait dû être créée ici ? Il chercha, et puis trouva une lettre ce coup-ci. C'était le directeur en personne qui écrivait - il reconnaissait sa signature avec le nom complet de ce dernier - apparemment il devait connaître la personne. Il lui disait qu'il ne voulait plus traiter avec lui, ça devenait trop douteux et il commençait à prendre trop de libertés. Il y avait une augmentation trop importante de Titans avec ses expériences. Le Bureau des Comps ne voulait pas être impliqué. Et il devrait rapidement cesser ses recherches autrement il mettrait la police sur sa piste. La lettre était signée une semaine après le projet.
Levi posa les deux papiers devant lui… Alors finalement le Bureau avait rejeté leur « alliance » il y avait deux ans et Pyrha avait été créée dans un autre laboratoire. Mais alors… Pourquoi est-ce que Mr Ral avait fait des recherches dans ce bureau ? A quel point avait-il été impliqué et pourquoi au final être enlevé ? Est-ce que la mort de sa fille lui avait ouvert les yeux sur la dangerosité de leurs expériences et sur le fait qu'ils ne contrôlaient rien ? Il serra les mâchoires. Et merde. Encore un problème !
Soudain, il entendit des voix. Il se saisit de son pistolet et se mit à côté de la porte qui continuait pour s'enfoncer dans le bâtiment. C'était un jeune homme à la voix. Le caporal n'arrivait pas à déterminer s'il parlait seul ou à quelqu'un.
— Pfff chercher le projet… chercher le projet… gnagnagna! Il ne peut pas le faire tout seul, non ? C'est pas parce qu'il est le chouchou du patron qu'il peut tout faire ! Ah si j'avais oublié…
Et le jeune rentra dans la pièce. Son regard se posa immédiatement sur Levi, il ouvrit la bouche pour crier sans doute mais l'autre ne lui laissa pas le temps : il se jeta sur lui et lui donna un coup de crosse à l'arrière du crâne. Il ne voulait pas le tuer, pas pour sauvegarder les balles mais parce que son instinct lui disait qu'il n'avait rien à faire dans tout ce bordel. Il pointa le pistolet sur le couloir qui continuait, mais il n'y avait personne derrière. Il tira le brun derrière le bureau - en lui mettant un peu de paperasse dessus - et continua sa progression. La lumière était feutrée, il ne voyait pas grand chose. Il lui sembla alors qu'il arrivait dans une salle plus grande, mais il n'était sûr de rien.
La lumière s'alluma brutalement. Il poussa un grognement de surprise et de douleur. Il mit les mains devant ses yeux en grimaçant. Il avait mal sous cette lumière trop intense. Il mit deux minutes avant de s'y habituer puis retira ses mains de ses yeux. Une large tâche noire était fixée sur ses prunelles. Il regarda autour de lui, perdu. Qu'est-ce que c'était que ça ?! Il y avait des gens autour de lui, armés. Il tendit son arme et fit un tour sur lui-même, mais il n'avait aucune chance : ils étaient une dizaine.
Un homme plutôt musclé et assez grand s'avança ensuite vers lui. Sa vue commença à revenir. Il était blond, les cheveux coupés assez courts, mais des mèches lui tombaient sur le front. De légers poils de barbes poussaient sur le bas de son visage, comme s'il n'avait pas eu le temps de se raser depuis trois matins. Et il eut un déclic. C'était l'homme qui s'était trouvé dans le bureau avec le directeur quand il avait débarqué pour menacer ce dernier. Un sourire se traça sur le visage de l'homme.
— Vous me reconnaissez, monsieur Ackerman ? Je vous conseille de poser votre arme, vous ne ferez pas le poids (il désigna les hommes armés autour d'eux)… vous risqueriez simplement de vous faire abattre et votre fiancée en serait épouvantée !
Son sourire s'élargit et il désigna une personne derrière le caporal. Ce dernier fronça les sourcils. Il ne comprenait pas. Il leva les mains dans les airs, faisant tomber son arme au sol et se tourna lentement sur lui-même. Il y avait une vitre devant lui, et Pyrha avait les mains appuyées dessus. Son visage était désespéré mais heureux en même temps… Il ne comprenait toujours pas. Les larmes roulaient le long de son magnifique visage. Elle portait une robe d'un orange éclatant teintant toutefois sur le rose calme, tout à fait le genre qu'aurait pu porter Petra. Il s'approcha d'un pas, ne résistant pas à l'attraction qu'elle exerçait sur lui. Il posa la main exactement de l'autre côté de la vitre.
— Est-ce que tu vas bien ? Je suis désolé pour tout ce que je t'ai dit ce matin, je ne le pensais pas. Je vais te sortir de là, je te le promets, Pyrha !
La jeune femme ouvrit la bouche et fronça les sourcils. C'est alors que le noiraud remarqua l'orange dans ses yeux. Ils étaient exactement de la même couleur que la robe : la couleur du soleil aux premiers éclats. Son expression devint catastrophée et surprise. Non ! Elle ne pouvait pas être un Titan maintenant ! Et elle ouvrit la bouche :
— Livaï ? Pourquoi Pyrha, où je suis ? Que se passe-t-il ? Livaï, dis-moi s'il-te-plaît !
{I want to know- Kill La Kill} Le visage du noiraud se décomposa un peu plus. Non, ce n'était pas possible. Seule Petra l'appelait ainsi dans leurs moments seuls et intimes. Personne ne savait le surnom qu'elle lui donnait. Elle avait trouvé ce surnom comme c'était apparemment une autre façon de prononcer son prénom. Elle l'avait trouvé particulièrement mignon et l'avait baptisé ainsi alors qu'il protestait. Il se souvenait du baiser prolongé qu'elle lui avait donné pour faire taire ses oppositions. Et elle l'avait appelé Livaï le soir même pendant leur moment intime. Ainsi ce surnom était resté.
Mais que Pyrha sache cela… Il ne comprenait plus… Elle était un Titan… ou Petra ?
— Petra… ? murmura-t-il, déchiré
Petra semblait se réveiller d'un long rêve douloureux. Elle ouvrit les yeux lentement. Que se passait-il ? Instinctivement, elle toucha son cou sans savoir pourquoi. Puis, elle descendit et sentit que c'était son corps. Oui, tout était en place, elle était même habillée. Il ne lui semblait pourtant pas avoir mis cette robe l'autre soir… jour… Quand, en fait ? Elle regarda ses mains. Quelque chose n'allait pas ! Quelque chose clochait ! Elle ne devait pas être là ! Mais pourquoi ? Et puis ce mal de tête. Elle serra ses mains contre sa tête.
Elle pleurait, les larmes dévalaient le long de ses joues. Elle sanglotait sans savoir la raison. Elle serra ses genoux contre sa poitrine, en position foetale. Elle avait mal psychologiquement sans en savoir la raison. Elle allait pourtant bien, elle était en bonne santé - si elle ignorait une petite voix qui semblait crier, hurler même, que ce n'était pas son corps, de lui rendre sa place ! Et puis elle avait Levi… Levi ! elle voulait le voir : lui saurait la prendre dans ses bras, la réconforter. Ses larmes dévalèrent encore plus ses joues à ce nom. Pourquoi ? Elle l'aimait tant !
Elle se leva alors, chancelante. Marcher lui semblait étrange. Elle passa dans une salle qui semblait plus éclairée. Elle plissa les paupières le temps de s'y habituer. Elle aperçut Levi de dos alors, il tenait un pistolet dans la main, et tous ces hommes qui l'entouraient, armés. Elle avait envie de hurler pour qu'il la regarde, mais si elle faisait cela il risquait de se faire abattre. Elle appuya ses mains sur la glace. Les larmes coulaient, encore et encore. Pourquoi est-ce que le voir était si déchirant ? Pourquoi est-ce que ça lui semblait être un miracle ? Enfin, très lentement il se tourna vers elle. Pas à pas. Et son visage eut une expression tellement douloureuse. Elle souffla son surnom et son visage sembla se décomposer.
Quelque chose clochait, elle en était de plus en plus certaine mais elle ne trouvait pas quoi. Des bribes de souvenirs lui parvinrent et elle se tint la tête. Elle ne se rappelait pas du tout de ça : elle n'était jamais allée dans un parc d'attractions ! Levi n'avait jamais eu ce regard si douloureux et si nostalgique en la regardant, elle ! Elle revint sur son visage à quelques centimètres du sien, séparés par la vitre entre eux. Mais l'homme blond attira l'attention de celui qu'elle aimait.
— Je ne me suis toujours pas présenté, quel grave manque de politesse de ma part ! Je me nomme Zeke Jaëger ! (le noiraud se figea complètement quand il lui annonça son nom de famille) Je connaissais bien votre oncle et votre famille, ce sont en partie eux qui m'ont rendu tel que je suis, je leur en suis reconnaissant. Alors, je vais vous laisser une chance : celle de me rejoindre. Je suis certain que vous seriez intéressé par le fait de revoir votre partenaire ! Nous sommes sur la bonne voie, encore quelques semaines et elle sera telle qu'elle l'était le matin du jour J. Bien sûr cet évènement devra rester secret et tout ira bien ! Nous gagnerons alors tous les deux !
Il serra les mâchoires. Il n'en était pas question : il avait déjà fait le deuil de Petra ! Certes il aurait aimé qu'elle revienne, mais ce n'était pas possible ! Pyrha existait et il ne pouvait pas la pousser de son propre corps pour redonner vie à une autre personne ! Il ne voulait pas écouter son coeur dont la voix lui sifflait de conclure avec l'homme dont il ignorait tout. Non ! C'était scientifiquement impossible. Petra était morte. Enterrée. Et il ne voulait pas qu'elle revienne. Ou plutôt… si… Il le désirait tellement qu'il se faisait lui-même peur. Sa main semblait s'approcher d'elle-même vers celle que lui tendait l'autre. Son autre tenta de l'empêcher de s'avancer un peu plus.
Mais soudain, il eut un gros bruit et quatre personnes rentrèrent en trombe dans la pièce. Ils étaient armés mais le caporal ne réussit pas à distinguer si c'était des pistolets pour Comp ou de vraies armes. Erwin, Hanji, Eren et Mikasa, ils étaient là pour l'aider et libérer Pyrha. Pas Petra ! Ils forcèrent les hommes armés à lâcher leur arme. Ils reprenaient le dessus ! Il tournait le dos au blond, il se pressa alors sur son arme au sol et s'en saisit en se redressant.
Cependant son ennemi avait un grand sourire sur les lèvres. Son arme était désormais pointée sur la tempe du père de Petra. Cette dernière réagit. Elle appela le prénom de son père puis souffla papa. Ses poings s'abattirent impuissamment sur la vitre, elle était trop solide pour que ça ait le moindre effet dessus. Le groupe serra les dents. Merde, ils ne pouvaient plus rien faire. Les hommes de main le comprirent rapidement : ils se levèrent, se saisirent de leurs armes et mirent le quatuor à genoux les mains derrière la tête. {Broken Iris- new hope}
— Vous avez dû trouver, monsieur Ackerman, que nous avions travaillé avec le Bureau. D'ailleurs votre ancien partenaire, Erd était issu de ces locaux. Malheureusement notre contrat s'est vu résilié à cause de recherches trop poussées.
Les deux kidnappeurs de Pyrha rentrèrent dans la salle et la jeune femme sembla se remémorer de quelque chose. Mais c'était tellement flou… comme si cela appartenait à quelqu'un d'autre. Elle remarqua le regard du noiraud. Ce dernier se disait qu'il fallait qu'il profite du fait que la jeune femme soit faible dans sa tête ! Il devait ramener Pyrha à la conscience !
— Pyrha ! Réveille-toi ! Je t'en supplie, tu n'es pas Petra ! Petra est… (il eut des difficultés à le dire) morte. Tu n'es pas elle ! Tu es quelqu'un d'autre de fantastique ! Ouvre les yeux ! Nous avons tous besoin de toi !
Le visage larmoyant de la jeune femme se figea. Elle serra ses mains contre son crâne. Non, elle ne comprenait pas. Ce n'était pas possible ! Des flashs lui renvinrent alors soudainement. Un Titan qui la saisissait par la gorge. Le craquement qui résonnait dans tout son corps. Les yeux horrifiés de celui qu'elle aimait. Elle était morte… Alors c'était pour ça que quelque chose clochait. Ce monde… ce n'était pas le sien. Et elle entendit la voix qui hurlait en elle depuis si longtemps.
Rends-moi mon corps ! Je veux vivre ! Je veux rester aux côtés de Levi ! Je veux me battre pour qu'il m'aime comme je l'aime.
Petra lui souhaitait bien du courage et de la patience. Elle savait ce que c'était. Mais elle avait également vu son regard. Il l'était déjà. Elle n'avait plus qu'à espérer du bonheur pour celui qu'elle aimait et cette fille qui lui ressemblait tant. Elle ferma les yeux et ce fut comme si une douce brise l'emportait.
Pyrha ouvrit soudainement les yeux, à genoux, le front collé contre la vitre. Elle avait vu tout ce qui s'était passé. Mais cela avait été comme voir par des yeux autres que les siens. Elle n'avait eu plus aucun contrôle sur son corps. Elle frissonna en repensant à l'étrange sensation. Mais le plus important était qu'elle était là parce que Levi n'avait pas voulu l'abandonner. Malgré tout ce qu'il lui avait dit… Il ne l'avait pas laissée dans son tourment. Elle lui jeta un regard reconnaissant.
Il eut à peine le temps de le saisir, que déjà, Zeke explosa. Comment est-ce que cet enfoiré auquel il avait pourtant proposé de faire renaître celle qu'il aimait pouvait tout gâcher et faire disparaître le fruit de ses recherches ?! Est-ce qu'il savait combien de temps il avait passé pour arriver à ce résultat !? Ce n'était pas lui qui n'avait pas dormi pendant des semaines pour réussir à comprendre comment activer un ADN afin d'en extraire les souvenirs. Pas lui qui avait recherché des codes spéciaux ! Il ordonna alors à ses deux bras de s'en charger.
Ce fut plutôt Reiner qui commença. Il lui donna un coup de pied dans le poignet. Le caporal poussa un cri de douleur et de surprise et lâcha l'arme qu'il tenait. Cette dernière glissa au loin. Puis Berthlot le mit sur le flan d'un coup de pied dans les côtes. Heureusement, ce dernier ne frappait pas assez fort pour briser les côtes du noiraud. Ce dernier se replia en position foetale et protégea son visage. Il tenta de se relever comme le blond reculait. Il se mit debout, chancelant et leva les bras sous son visage, à hauteur de ses épaules. Le costaud reprit alors ses attaques, mais le plus petit les contrait toutes. Et au fur et à mesure, l'attaquant devenait plus énervé et moins précis. Ce fut alors au noiraud à commencer de l'attaquer.
Mais Zeke ne le laissa pas faire, tenant toujours le père en otage, il le jeta au sol et tira une balle. Le noiraud hurla le douleur et s'écroula au sol. Il ordonna ensuite à Bertholt de les libérer. C'en était fini des plaisanteries, il n'avait plus le temps pour tout cela. Un éclair d'incertitude passa dans les yeux du jeune. Est-ce qu'il en était si certain que ça ? Il voulait vraiment lâcher ces trucs ? Et son boss le pressa.
— Qu'est-ce que tu attends, incapable ? Tu ne sais pas presser sur un bouton ?
Le brun balbutia puis se saisit d'une télécommande et appuya sur un bouton. Les deux jeunes se poussèrent alors derrière leur chef qui avait repris son otage par le col arrière de la chemise. Ce dernier déclencha deux appareils au sol. Cela formait en fait une sorte de barrière électronique. Il y eut alors un bruit. Ou plutôt un son animal : des grognements. Levi, au sol comprit immédiatement de quoi il s'agissait. Tremblant de douleur, il se tourna vers son chef - dont les hommes armés qui les tenaient commençaient à trembler - et fit glisser son arme anti-Titan vers lui. Il tomba ensuite dans les pommes.
Sept Titans se présentèrent alors. La première chose qu'ils virent fut une proie au milieu de la pièce, inerte, prête à être déchiquetée. Mais le blond se pressa sur l'arme que lui avait envoyée le noiraud. S'il avait fait ça avec ses dernières ressources, c'était que ça devait être très important. Il visa le premier et tira. La balle toucha le premier en pleine tête. Il était impressionné : il n'y avait pas de temps de chargement ou très faible ! Qu'est-ce que Levi avait eu et où se l'était-il procuré ?! Il visa alors un second, il n'avait pas de temps à perdre : le groupe se rapprochait trop rapidement de son subordonné.
Un autre s'écroula mais alors qu'il allait viser et abattre le troisième, l'un des hommes lui tomba dessus : il voulait l'arme : deux Titans venaient vers eux ! Il ne fallait pas défendre l'autre type déjà mort sans doute, mais eux ! Il ne voulait pas crever maintenant, lui ! Il arracha l'arme des mains du commandant et visa. Sa main tremblait et la balle rata le robot détraqué. Les yeux oranges fous de ce dernier se posèrent sur l'homme. En un battement de cils, il fut sur lui et lui brisa la nuque avant de le projeter à l'autre bout de l'énorme salle. Ses prunelles horizontales se posèrent sur le groupe d'une dizaine de personnes. Deux de ses frères le suivirent alors. Il y en aurait assez pour tout le monde !
Pyrha hurlait derrière sa vitre depuis que Levi se faisait frapper au sol. Cela n'avait aucun effet : elle regardait simplement celui que son coeur avait choisi se faire martyriser. Ses poings heurtaient la vitre solide qui la séparait de lui. Elle voulait le protéger, se mettre entre cette brute et lui. Elle prit son élan et courut vers la vitre, son épaule heurta cette dernière de plein fouet sans aucun résultat. Personne ne lui prêtait non plus attention. Une Compe qui luttait, c'était tout ce qu'elle était. Son équipe était, en plus, menacée par des armes.
Et alors, elle se calma un peu quand le noiraud se releva et commença à attaquer l'espèce de brute épaisse. Elle voyait son visage crispé concentré et ses coups précis et rapides partir et frapper l'autre. Meton, plexus, tibias… Mais leur chef n'eut visiblement pas la patience de voir son larbin se faire battre par plus petit que lui ! Il ordonna elle ne savait quoi au deuxième. Elle décela une lueur d'hésitation dans son regard avant que ce dernier ne se pose sur elle. Pourquoi l'avait-il regardée ?
Et le salopard avait tiré une balle. Elle avait vu le mouvement en arrière qu'avait fait le corps de Levi, comme s'il était désarticulé. Il s'était écroulé au sol, une fois de plus. Elle avait hurlé, des larmes coulant le long de ses joues. Elle avait appelé son prénom, l'avait supplié de lui répondre ! Il ne devait pas être mort ! Il ne devait pas mourir ! Il n'en avait pas le droit ! Elle s'acharnait contre la vitre.
Elle se figea en remarquant les ombres menaçantes qui arrivaient par le couloir en face d'elle. Oh merde ! Des Titans ! Elle tapa de toutes ses forces contre la vitre, encore, encore. Elle pouvait les affronter ! Une voix dans sa tête lui demanda si elle pouvait vraiment affronter sept Titans ? Dans sa forme, ils la déchiquèteraient en moins de temps qu'il ne le fallait pour qu'elle en mette un inerte. Ce coup-ci, elle n'allait pas les récupérer, elle allait les tuer. Froidement. Elle remarqua le mouvement de Levi de passer l'arme à son supérieur. Une subtile bouffée d'espoir avant de le voir s'effondrer de plus belle. Elle n'arrivait pas à voir s'il respirait.
Et les créatures avançaient vers lui. Elle chercha désespérément une sortie, un brèche dans la vitre. Mais rien. Elle était trop parfaite ! Elle ne peut que regarder son supérieur tirer deux balles avant d'être désarmé. Le plus cupide se fit désarticuler et projeter à l'autre bout de la salle. Maintenant, ils allaient s'en prendre non seulement à Levi, mais également à son équipe. Son système bouillonnait de rage et d'impuissance. Elle voulait aider ! Elle devait le faire.
Une voix souffla dans sa tête.
— Es-tu sûre de pouvoir faire quelque chose maintenant ? Transformes-toi. Tu sais le faire, tu le peux ! Deviens plus forte que tous ici. Fais en de la bouillie en trois secondes ! Montres ta puissance, sauve tes amis, ton père…
Elle serra les mâchoires. C'était vrai. Maintenant que sa voix lui soufflait, elle savait qu'elle pouvait le faire en gardant le contrôle. Ça faisait partie de ses caractéristiques. Elle ferma ses yeux, laissa sa rage la transporter. Elle s'imprégna de son envie de vouloir sauver ceux auxquels elle tenait et qui comptaient sur elle. Et quand elle ouvrit les yeux…
Ces derniers étaient oranges.
Mais parfaitement ronds.
D'une pichenette, elle explosa la vitre. Maintenant, elle allait tous les détruire.
Alooooorrrs ? Qu'en pensez-vous ? Est-ce que la vision d'une Pyrha badass vous plait ? Il n'y aura sans doute que 11 chapitres en fait ;)
