Ouiiii je sais je sais ça fait une éternité... Ne me tuez pas trop hein ^^
Bon bah pour me rattrapper, j'ai récupéré la fin de la fic (c'est un mic-mac pas possible à cause de mon ordi qui a buggé...) et je m'engage à poster 2-3 chapitres par jour ? Ca vous va ? Ou je poste tout d'un coup ?
Chapitre 6
"Il faut qu'on parle". Ces mots résonnaient dans sa tête. De quoi voulait il lui parler ? Elle s'était déjà confiée son psychologue devant lui ! Rick et Kate s'assirent sur "leurs" balançoires de Central Park et l'époux commença:
-Ecoute, je sais que c'est inhumain ce que Tyson nous a fait, ce que Tyson lui a fait mais sache que ce n'est pas ta faute. Personne ne t'en voudra jamais pour ça. De quoi pourrait-on te blâmer ? Kate, je t'aime, et c'est ma faute à moi. Si j'avais été là pour toi... Je pourrais continuer avec les "et si", mais non. On ne peut pas changer le passé, il faut juste apprendre à vivre avec. Johanna est morte Kate. On est responsable, mais le réel coupable c'est Tyson, ce monstre qui nous a enlevé notre princesse. Je sais c'est bizarre que je dise des paroles aussi sages ça ne me ressemble pas, mais notre avenir est en jeu Kate. Personne ne pourra nous rendre notre princesse. Je me sens aussi coupable que toi, mais au fond on y peut rien. Sauf peut-être le fait que Tyson m'en veule beaucoup, c'est indéniable que sur ce point, je suis responsable de la mort de Johanna Elisa Beckett Castle, ce petit ange, notre petit ange. Mais ce n'est pas moi qui ai tenu le poignard. Tant qu'on ne comprendra pas ça, on ne pourra pas avancer. Il faut qu'on laisse le temps, il faut qu'on se reconstruise. Mais pas qu'on se sente coupable. Je nous fais la morale à nous deux, Kate, pas seulement à toi ou à moi. On réussira à survivre, mais seulement si on se motive et qu'on fait des efforts. On ne peut pas oublier les morts, simplement faire leur deuil. On enterrera Johanna à côté de sa grand-mère. Maintenant je te promets d'essayer de ne plus me sentir coupable et de continuer à vivre avec mes douleurs, c'est-à-dire de faire mon deuil. Et je te demande de me promettre la même chose.
Durant son long monologue, Rick avait gardé un air grave et sérieux maintenant, il aborait un air interrogateur. Kate ouvrit la bouche pour la refermer ensuite. Elle hésitait. Son mari lui prit la main pour l'encourager.
-Je... Non je ne peux pas Rick. Je ne peux pas faire son deuil, tout comme je n'arrive toujours pas à faire celui de ma mère. Je n'arrive pas à faire un geste sans me souvenir de ce que ma mère faisait auparavant. Je n'arrive pas à bouger sans me souvenir de ma grossesse, de notre bébé, avant de me souvenir qu'elle ne sera plus jamais là avec nous, qu'on ne vivra pas le bonheur que nos parents ont eu avant nous. Je ne peux pas oublier. Je ne peux pas vivre avec la douleur. Tu m'as sauvée au bord du gouffre maintes et maintes fois, bien plus que je n'ose avouer. Mais cette fois, tu ne pourras pas me repêcher. Tu me fais trop penser à Johanna. Elle avait tes yeux et chaque fois que je te regarde, je revois Tyson, et...
Kate laissa les larmes silencieuses rouler le long de ses joues. Rick ne pleurait pas, mes ses yeux océan, d'habitude si rieurs, étaient ternes et tristes. Il y eut un silence, un silence de mort, où la tristesse, l'amour et la mémoire n'avaient pas besoin d'être exprimés par des mots. Les époux se levèrent, l'homme prit sa femme dans ses bras. Le ciel s'assombrissait, il commençait à faire nuit, et aussi à pleuvoir. Le ciel pleurait du même chagrin que le torrent qui noyait leurs coeurs. Les minutes passaient, les deux grelottaient de froid, leurs coeurs pleuraient mais ils restaient là, blottis l'un contre l'autre, à échanger silencieusement leur tristesse partagée. La jeune femme rompit le silence.
-Je pense qu'il faut qu'on rentre, séparément, qu'on prenne le temps de revivre, avant de reconsidérer notre relation comme telle. Je t'aime tellement, et c'est dur de dire ça, je me sens bien avec toi, mais quand je te vois, je la vois, et je ne peux pas regarder cette scène de ma mémoire encore indéfiniment. Rick, je... Ce n'est pas fini entre nous, mais il faut qu'on se pose, pour réfléchir et se reconstruire.
-Je ne suis pas d'accord. Tu vas replonger et cette fois personne ne sera là pour toi. Je te connais, tu vas te prostrer, tu ne vas plus sourire ni parler à tes amis, ni à ta famille. Je ne veux pas que tu revives cet enfer. Tu devais être heureuse Kate. Tu as déjà trop souffert tu ne crois pas ? Alors laisse-moi t'aider. S'il-te-plaît ne me raye pas de ta vie.
-Dans ce cas... Richard, c'est fini. Je reste ta femme par la signature du registre, mais notre couple est fini, ainsi que notre partenariat. Tu ne veux pas qu'on se pose ? Alors on le fait officiellement. Quand je serai guérie, je reviendrai vers toi.
Kate, trempée, et le visage ravagé par la tristesse et la colère s'écarta de son écrivain et commença à marcher sous la pluie et dans le noir. Elle prit la route du commissariat et passa la nuit à la garde. Rick resta un moment abasourdi par les paroles et gestes de sa muse. Il finit par parti, et rentrer plus qu'abattu au loft.
La muse s'était endormie sur son siège de bureau. Elle rêvait.
*Rêve de KB*
Il fait très lumineux. Pas d'éléments de décor. Juste du blanc partout. Et une silhouette qui finit par se détacher de la lumière. De loin, on dirait une jeune femme, tenant son enfant dans ses bras. Elle s'approche. Il s'agit de Johanna Beckett, tenant dans ses bras Johanna Castle. Elle s'approche et son regard passe de sa fille à sa petite fille, tandis que le sourire ne quitte pas ses lèvres. Kate s'approche elle aussi. Elle pleure silencieusement tandis que sa mère l'étreint. Johanna lui met sa fille dans ses bras. Un banc en bois apparaît, et elles s'assoient dessus. Un jeu de silence commence. Mères et filles se regardent. Le bébé gazouille. Les oiseaux siflottent. Un décor se forme. Un décor de printemps. Un parc, un jardin d'enfance. Un banc sous un cerisier. Les bourgeons aux arbres. les oiseaux qui chantent. Les enfants qui jouent. KB se retrouve en enfance, dans cette insouciance et cette innocence qui l'avaient quittée trop tôt. Un poème lui vient en tête. Elle sent l'odeur de la craie.
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."
Son enfance lui remonte tout-à-coup. Ses souvenirs affluent. Elle tient toujours sa fille. Sa mère lui tient l'épaule. Puis, elle se dégage, prend sa petite-fille dans les bras et le décor se tait.
"Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit.
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit."
Johanna embrasse et enlace sa fille, pendant que le décor revient au lumineux. Et la silhouette d'une femme et de sa petite fille s'efface peu à peu pour laisser le blanc environnant prendre place entière. Kate se lève. Le banc disparaît.
"Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe,
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur."
*Au 12th*
Kate venait de se réveiller. Curieusement, elle ne se souvenait pas de son rêve mais plutôt de l'atmosphère calme, mélancolique, mais heureuse qu'il lui dégagait. Elle était assise sur sa chaise de bureau et observait les officiers qui passaient le plus silencieusement possible pour ne pas la réveiller. Ryan et Esposito étaient debout devant le tableau. Elle se leva tant bien que mal. Elle alla en salle de repos pour se faire un café, se remémorant aussi qu'elle avait rompu avec son mari la veille au soir. Elle rejoignit les gars devant le tableau, où les indications sur le meurtre d'une certaine Helena Lane. Morte d'une balle à bout portant, aucune empreinte retrouvée sur le corps, des traces de lutte, le corps retrouvé à Manhattan, heure de la mort située entre 2h00 et 3h00 du matin.
- Alors les gars, qu'est-ce qu'on a ?
Ryan et Esposito sursautèrent. Esposito la regarda d'un air interrogateur :
-Où est Castle ?
-Chez lui au loft. Il est hors de l'équipe pour un moment.
Ryan et Espo se regardèrent et Ryan prit la parole.
-Ecoute, Beckett, je ne sais pas ce qui s'est passé avec Castle et ça ne me regarde aucunement, mais j'avais une nouvelle à vous annoncer... Voilà, euh... Javier, Kate, Jenny est enceinte.
Javier prit son bro dans les bras et le félicita et se retourna vers Kate avant de voir que celle-ci prenait son manteau et sortait du commissariat. Esposito dit à Kevin de l'attendre et courut rechercher sa collègue qui était assise en bas de l'escalier quasiment jamais utilisé du poste. Elle était recroquevillée sur elle-même, les genoux repliés contre son buste et ses mains les entourant et sanglotait bruyamment. Elle sursauta lorsque son ami lui posa une main sur son bras. Il lui dit d'une voix à la fois consolante et dure :
-Tu sais, Kev' et moi, on ne sait rien de ce qui s'est passé avec Castle où je ne sais quoi qui est arrivé durant les dernières semaines. Kevin est tellement heureux, tu pourrais faire un effort ! On a respecté ton choix de ne rien nous dire, mais on est tes amis, on ne mérite pas que tu nous ignores, où que tu ne sois pas heureuse pour nous !
-Javi je suis désolée. Allez voir Castle, il vous dira tout. Mais avec ce qui s'est passé, je ne peux pas, c'est encore trop tôt pour que j'accepte le bonheur d'avoir un enfant venant de quelqu'un d'autre que Rick et moi.
-Que s'est-il passé Kate ? On ira pas voir Castle. Si tu veux je transmettrai tout à Kevin et Lanie mais il faut que ce soit toi qui nous le dise. TU es notre collègue et TU es notre amie, Castle est aussi notre bro, mais tu passes avant.
Devant l'hésitation de son amie, Esposito répéta:
-Que s'est-il passé, Kate?
Celle-ci prit une inspiration et déclara :
-Le jour de mon accouchement, Jerry Tyson est venu dans la chambre d'hôpital, il a... torturé Johanna et il l'a tuée sous mes yeux. J'étais trop faible pour bouger. Je n'ai rien pû faire.
Après sa déclaration, la jeune femme recommença à sangloter. Esposito la regarda d'un air désolé et la prit dans ses bras.
-On retrouvera ce salopard et on le foutra derrière les barreaux une fois pour toute.
Kate releva ses yeux humides et les planta dans le regard de son collègue :
-C'est gentil Javier, mais ne promets pas des choses que tu ne pourras pas faire.
*Quelques mètres plus loin*
Un rire sardonique fit trembler les murs du bâtiment. Kate s'avouait vaincue. Tyson était au paroxysme de sa puissance. Il allait tuer, tuer et encore tuer, c'était devenu sa drogue. Plus personne n'était assez doué et perspicace pour en finir de son cas.
Plus personne ?
