Note de l'auteure: Voici donc le chapitre suivant où notre pauvre Sasuke se laisse entraîner par la musique sans trop penser aux conséquences...
Je remerci, comme toujours, tous les reviewers!
Pour la musique...je dirais "Mr. Brightside" de The Killers. Bonne lecture!
Discalmer: Le monde de Naruto ne m'appartient toujours pas.
Chapitre 8
ou
le nouvel an
La neige tombait doucement, recouvrant le paysage, sans un bruit, flouant les détails alors que Sasuke était accoudé à la fenêtre de leur hôtel. Ça ne faisait que deux jours qu'ils étaient là, pour les vacances et il s'emmerdait déjà comme un rat mort. La semaine dernière, le blond était revenu en cours, certes, mais un pansement barrait sa gorge et son bras gauche était en écharpe. Non, Sasuke ne s'était pas inquiété, il avait juste failli mourir noyé dans l'angoisse mais il ne s'inquiétait plus.
Le brun avait bien essayé de lui parler mais, inexplicablement, le blond l'avait évité toute la semaine, il ne lui avait même pas adressé un regard et maintenant, il allait devoir attendre deux semaines pour s'expliquer? Pas étonnant qu'il soit déjà sur les nerfs.
Oui, déjà, parce que, généralement, il ressortait tout sauf reposé de ces vacances-ci. La première raison étant qu'il les passait, enfermé dans un hôtel et que tous les soirs, ou presque, les dîners s'enchaînaient avec les associés, les clients, les concurrents, il en passait et pas des meilleurs, de son père. La deuxième était que son père ne le lâchait pas et que son masque froid, plat, indifférent devait être là, fidèle à son poste, encré sur son visage mais ça faisait déjà un petit bout de temps que Sasuke ne pouvait plus le maintenir, ce masque. C'était devenu tout simplement trop difficile et trop contraignant, alors, au lieu que ses yeux brillent de détermination et de caractère, comme autrefois, ils étaient juste terriblement vides et éteints, aujourd'hui.
Son souffle formait de la buée sur la vitre alors qu'il observait le va-et-vient des skieurs dans leur combinaison colorées, essayant tant bien que mal de porter leur matériel, les snowboarders qui se la jouaient devant des groupes de filles recouvertes de pompons et de bottes en fourrure et les moniteurs qui discutaient entre eux, leur combinaison rouge repérable de loin. Et lui, il était là, il attendait que l'on vienne déposer sa tenue pour le dîner de ce soir, celui du 24 décembre. Le plus important, la soirée de Noël.
Cette période de fêtes le déprimait toujours car, d'aussi loin qu'il s'en souvienne, il n'avait jamais passé un Noël chez lui, des montagnes de cadeaux sous le sapin, sa mère qui aurait cuisiné une bûche, l'attente fébrile jusqu'au matin pour ouvrir ses cadeaux…tout ça, il ne l'avait pas connu mais il avait vécu les soirées interminables dans la fumée des cigares, les blagues grivoises des ivrognes, les discussions à voix basse quant à de nouveaux projets, les léger applaudissement quand l'organisateur de la soirée clôturait le repas par un long discours; voilà ce qu'était Noël, pour lui.
De plus, cette année, Itachi n'était pas présent. Ironie du sort, non? Autant, les autres années, il aurait tout donné pour que son frère soit absent et ne lui rappelle pas cette rivalité douloureuse entre eux autant, cette année, il aurait fait n'importe quoi pour que son frère soit là mais leur père lui en voulait toujours d'avoir abandonné ses études alors que Sasuke voulait suivre les mêmes que lui.
À propos de ça, justement, son grand-père lui avait confirmé qu'il ne lui restait plus qu'à se désinscrire de la fac de Suna et l'affaire était gagnée, néanmoins, Sasuke attendait le dernier délai pour retarder le moment où les foudres de son père s'abattraient sur lui. En prison, il avait l'impression d'être en prison. Il pouvait se déplacer, aller où bon lui semblait mais il ne pouvait pas avoir ses opinions, ses envies, ses désirs, il devait être comme on le lui disait et ça l'oppressait, il sentait que quelque chose montait toujours plus et, un jour, ça finirait, inévitablement, par exploser. Mais pour le moment, il se résigna à aller ouvrir la porte de sa chambre pour récupérer sa tenue et se prépara.
C'était sa mère qui devait venir le chercher, elle semblait fatiguée et le fond de teint n'était pas totalement parvenu à masquer ses cernes.
-Sasuke, tu es prêt? Ton père nous attend. Demanda-t-elle en souriant.
Son masque était en place.
-Oui, j'arrive.
La salle était déjà pleine, exhalant le luxe et l'hypocrisie. Sasuke ne prêtait même plus attention à ses décors tant il était habitué à cet étalage de richesses. Il ne connaissait même pas la moitié des gens qu'il saluait alors qu'eux, ils semblaient tous savoir qui il était. Son père les attendait, son visage toujours fermé, avant de s'élancer dans l'arène, c'était l'effet que ça faisait à Sasuke, des chiens qui se battait pour un morceau d'os dans une arène aux allures de palais.
La soirée passa, semblable aux autres mais il fut soulagé pour une chose, ce soir-là, ni Neji ni Saï n'était présent. Ils étaient toujours aussi inséparables et avaient, apparemment, décidé de lui pourrir la vie avec application durant ces vacances. Sans parler que son père exigeait qu'il passe ses journées sur les pistes, avec eux.
Sasuke n'avait qu'une envie, aller se coucher et se réveiller uniquement quand ce cauchemar aurait pris fin.
Il allait vraiment mettre son poing dans leur gueule!
Assis à la terrasse du restaurant de la station, Sasuke tentait de garder son clame, engoncé dans sa combinaison, il respirait calmement, s'appliquant à ne rien répondre aux provocations de ces deux abrutis.
-Mais tu crois réellement, qu'il serra capable de reprendre la société de son père? Demanda Saï à Neji.
-Ben dans la mesure où même son père semble incapable de mener ses affaires correctement, je ne pense pas non.
-C'est dommage, qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire?
-Tu sais bien qu'il n'en sait rien, on lui a toujours tout présenté sur un plateau doré sans lui demander son avis. Il est tellement égoïste que sa mère préférerait sûrement se pendre. Ricana Neji.
Sasuke se leva, les poings crispés le long de ces flans. Là, il commençait juste un saturer un petit peu mais alors rien qu'un petit peu. Il se rapprocha de Neji qui ricanait toujours, le souleva par le col pour coller sa bouche vers son oreille.
-écoute-moi bien, espèce d'arriéré, j'en ai rien à branler que vous vous foutiez de ma gueule ou de celle de mon père, pigé? Mais en ce qui concerne me mère, tu ne sais rien alors tu vas fermer ta sale petite gueule de fouine parce que je te rappelle que, pour le moment, ma famille a bien plus d'influence que la tienne et que je reste le rejeton Uchiha alors si j'ai envie de te voir crever, castré au fond d'un caniveau avec tes yeux seuls pour pleurer, je peux le faire, compris? Menaça sourdement Sasuke en relâchant la veste de Neji.
Ce dernier retomba sur son siège, le visage impassible mais le teint plus blanc que la neige qui les entourait.
-Désolé, messieurs, mais je me sens un peu fatigué, je vous laisse.
Sasuke posa sur la table de quoi payer sa consommation et partit d'un pas rapide, un sourire léger flottant sur ses lèvres.
Les vacances touchaient à leur fin, il ne restait plus que la soirée du nouvel an et tout serait terminé, il pourrait alors retourner à sa petite vie tranquille. C'était peut-être la pire soirée car elle était censée représenter un nouveau départ pour l'année à venir et il la passait en compagnie de quinquagénaires libidineux qui n'avaient que le mot « argent » en bouche, magnifique poue d'éventuelles bonnes résolutions, non?
Sasuke se préparait lentement, ajustant sa cravate et sa chemise qui ne voulait pas rester dans son pantalon. Le miroir lui renvoyait son expression, lasse de tout alors que ses yeux n'étaient même plus noirs mais tout simplement une porte ouverte sur son âme, vide. Il se recoiffa, fuyant ce regard de mort avant de sortir de la salle de bains et d'effleurer le miroir de ses doigts.
Il descendit à la réception de l'hôtel, se dirigeant à l'endroit où son père lui avait donné rendez vous, il allait tourner dans le couloir quand on le tira sèchement en arrière et qu'une main le bâillonnait. Il s'écrasa contre un torse et se débattit comme un beau diable alors qu'il se faisait tirer dans un coin un peu plus tranquille et dépourvu de caméra de surveillance.
-Calme-toi, Uchiha! S'exclama une voix reconnaissable entre mille pour Sasuke.
Mais qu'est-ce que le blond fichait là?
Le brun porta ses mains à sa bouche, tirant sur celle du blond pour qu'il cesse de le museler. Le blond le lâcha et il se retourna pour fusiller Naruto du regard. Ses yeux glissèrent alors, immanquablement, sur sa gorge et sur le pansement qui y était. Son bras semblait remis, au moins, vu comme il l'avait traîné dans ce coin.
-Je peux savoir ce que tu fous ici? Murmura furieusement Sasuke.
-Je viens sauver, une nouvelle fois. la princesse en détresse.
-Je te jure que tu as vraiment un humour pourri, Uzumaki! S'énerva Sasuke.
-Plus sérieusement, avec Kiba et toute ta bande on s'est dit que tu devais bien t'ennuyer à tes soirées de riches alors on est venu te proposer quelque chose de plus…ludique. Chuchota le blond.
-Quelque chose de plus ludique, hein?
-Oui, comme une fête ou un truc dans le genre. Une de mes…connaissances organise LA fête de la station.
-C'est bon, je viens. Trancha Sasuke.
Naruto sourit, moqueusement avant de reprendre, encore plus bas, obligeant l'Uchiha à se pencher sur lui.
-Tu vas avoir des ennuis. Le prévint-il.
-Pas autant que si je fous mon poing dans la figure de Saï et de Neji. Rétorqua le brun.
Naruto sourit d'un air entendu et lui indiqua de la suivre, sans un bruit, il s'enfonça alors dans les cuisines.
-On ne sort pas par la porte?
-Pas si tu ne veux pas te faire repérer. Rétorqua Naruto en se mettant à courir alors que les cuisiniers faisaient comme s'ils ne voyaient rien même s'ils souriaient largement.
Sasuke le suivait, slalomant entre le personnel, évitant tant bien que mal les obstacles alors que le blond ouvrait une petite porte donnant dans une ruelle étroite où six silhouettes les attendaient. Sakura rit légèrement en constant la tête ahurie du brun et Kiba s'esclaffa à cause du costard de l'Uchiha.
-C'est clair qu'on ne va pas passer inaperçu vu comme t'es fringué.
Sasuke lui tria la langue, sortit sa chemise de son pantalon, défit sa cravate en la laissant lâche autour de son cou et ouvrit sa veste noir cintrée et déboutonna le haut de sa chemise.
-ça te va, Inuzuka, j'ai l'air assez débraillé comme ça? Demanda-t-il en tournant sur lui-même.
La petite troupe éclata de rire et se mit en marche sous la neige, d'un bond pas, se dirigeant vers le centre de la station. Sasuke sourit, réellement, sans se forcer alors qu'il imaginait la tête de son père qui l'attendait, en vain.
La fête se passait dans une boîte de nuit, Naruto fit un signe au videur et on les laissa entrer sans autre, ils dépassèrent tous les gens, qui faisaient la queue pour rentrer, sous leurs protestations et Sasuke se retrouva un peu paumé.
Les stroboscopes balayaient toutes la salle dans la pénombre, les basses de la musique faisaient trembler les murs alors que les gens se serraient sur la piste de danser, collant leur corps les uns aux autres. Ils s'installèrent sur des canapés disposés au fond de la salle, la chaleur était étouffante et Sasuke abandonna bien vite sa veste alors que Shikamaru s'affalait sur un des fauteuils.
-Sasuke, viens! On va danser! S'exclama Sakura en le tirant par la main manche.
Sasuke secoua la tête, s'excusant mais la danse ce n'était vraiment pas son truc. Sakura n'en tint pas rigueur, le tirant à sa suite parmi les danseurs alors qu'elle posait d'autorité les mains de l'Uchiha sur ses hanches.
-Non mais Sakura, je ne sais pas danser. plaida-t-il.
-Pas besoin de savoir, tu fais de la musique non? Tu as du rythme? Alors laisse-toi aller! Cria-t-elle pour couvrir la musique.
Impuissant, Sasuke fit se qu'elle dit, suivant ses déhanchements, laissant la musique le pénétrer et suivit son rythme, se collant d'avantage à la jeune fille, bougeant contre elle, prenant le contrôle de leur mouvements, lentement alors qu'il se laissait aller. Perdu au milieu de la foule, Sasuke ne distinguait que Sakura qui dansait contre lui, se rendant à peine compte de la présence des autres qui les avaient rejoints. Sakura le délaissa, collant ses reins au bassin de Kiba alors que Sasuke continuait de danser, sentant le blond se rapprocher dangereusement de lui. Ses mains se pausèrent sur la taille de Sasuke alors que le brun sentait le torse de Naruto se coller à son dos, épousant son corps, suivant ses déhanchements. Sasuke ne pensait plus, il se laissait bercer par cette chaleur qui l'entourait, cette musique qui pulsait douloureusement à ses tympans et à ce corps qui se collait au sien.
Il n'aurait su dire combien de temps ils restèrent enlacés comme ça, le temps semblant inexistant dans cette espace alors qu'il percevait les muscles de Naruto dans son dos, son bassin serré contre ses reins, ses bras l'entourant et ses mains posées sur son ventre.
Puis la musique s'arrêta et le compte à rebours commença, tout le monde le hurlant alors que Naruto l'entourait toujours de ses bras et chuchotait les nombres à son oreille de sa voix grave et un peu rauque. La musique reprit au « zéro » et les « bonne année » résonnèrent aux oreilles de Sasuke qui ne les entendait pas vraiment mais se concentrait sur le « Bonne année, Sa-su-ke » prononcé par Naruto.
Les verres circulaient dans la foule, Naruto en mit un d'autorité dans les mains de Sasuke qui était déjà ivre, dans un certain sens, de la présence du blond. Il dansait encore, sans s'arrêter contre ce corps si chaud et le retour dans la réalité serait sans doute difficile.
À 6h30, Sakura lança l'idée de rentrer alors que Kiba était mort de rire et surtout ivre mort, Choji avait disparu avec Ino et Shino dansait toujours, collé à un petit rouquin alors que Shikamaru s'était endormi sur le canapé. Sasuke se leva lourdement du canapé, titubant un peu en suivant la jeune fille hors de la salle qui commençait à se vider dangereusement.
Dehors, l'aube commençait à poindre le bout de son nez et Sasuke les accompagna jusqu'à la gare où il prenait le train de 7h00 pour redescendre en ville alors que lui, il allait devoir faire fasse à son père. Il avait déjà mal à la tête et l'air froid lui faisait un bien fou, lui remettant les idées un peu en place.
Sakura lui fit un petit signe avant de pousser Kiba, Shikamaru et Shino dans le train. Ino et Choji y étaient déjà.
-Tu vas réussir à rentrer? Demanda Naruto en observant le visage encore plus pâle que d'habitude de Sasuke.
-Ouais, ça va aller. Acquiesça le brun.
Naruto hocha la tête, passa à côté de lui, prenant discrètement sa main alors qu'il y glissait un morceau de papier et qu'il frôlait les doigts de l'Uchiha en une légère caresse aussi chaude que si Sasuke avait plongé son poing dans la lave. Puis il monta dans le train, lui faisant un clin d'œil.
Sasuke resta sur le quai jusqu'à ce que le train parte, cinq minutes plus tard, Sakura ayant ouvert la fenêtre pour qu'il puisse entendre leurs bêtises et le train partit, le laissant définitivement seul dans l'air froid du petit matin. Il attendit encore un peu avant de desserrer son poing et de défroisser le morceau de papier sur lequel était inscrit un numéro de téléphone. Son coeur fit inexpliquablement un bond dans sa poitrine.
Il resta encore un moment, respirant à plein poumon l'air caractéristique de la montagne et sortit son portable qu'il avait mis, précédemment, sous silencieux. Pas moins de 20 appels en absence s'affichaient sur son écran, un numéro qu'il connaissait bien, celui de son père. Il soupira lourdement, c'était nettement moins drôle maintenant.
D'un pas traînant, il retourna à l'hôtel, croisant des groupes de jeunes qui rentraient et les petits vieux qui allaient boire leur café matinal. Sasuke franchit la réception de l'hôtel, appelant l'ascenseur et entra dans sa chambre.
Son père était là, fulminant de colère alors qu'il faisait les cents pas.
-Où étais-tu! Hurla-t-il.
-Dehors, avec des amis. Répondit difficilement Sasuke.
-Tu es saoul. Cracha son père, dégoûté.
-Juste un peu. Approuva Sasuke.
-J'espère que tu réalises la honte que tu es pour la famille? Imagines-tu que j'ai dû inventer une excuse plausible quand on me demandait pourquoi tu n'étais pas là alors qu'on t'avait vu à la station, plus tôt dans l'après-midi? Éructa son père.
Sasuke porta ses doigts à ses temps alors que son père monologuait toujours, les mots « incapable », « indigne » et « honteux » revenaient souvent, rien qui ne changeait de d'habitude. Il partit finalement, claquant la porte au préalable et Sasuke ne prit même pas la peine de se déshabiller alors qu'il s'allongeait sur son lit, s'endormant en se remémorant le contact chaud du corps de Naruto contre le sien. Ça aussi, faudrait s'expliquer, plus tard.
J'espère que ce chapitre vous aura contenté! Dans le prochain, Sasuke se pose encore et toujours des question sur ce qu'a fait Naruto quand il a disparu et on en apprend plus sur le passé du blond.
Review?
