Message pour Skarine : je n'avais pas encore remarqué que tu me harcelais discrètement en notant le prénom d'Hélène dans chacune de tes reviews... Il doit y avoir complicité avec Elyon car elle aussi reste discrète dans ses allusions au retour d'Hélène... Oui, juste de fines allusions... mais très fines...
Message pour Elyon : tu as raison Elyon, on ne va pas revoir Hélène de sitôt ! Nous sommes en décembre 1885, le mariage de Watson aura lieu en 1887, le « Scandale en Bohême » en 1888 et Hélène ne sera toujours pas rentrée en Angleterre...
Et non ! Il n'y aura pas de confrontation Hélène/Irène du style : « Qu'est-ce que vous faites chez mon homme vous ? fit Hélène courroucée en voyant Irène Adler avachie dans le fauteuil de Holmes. Je m'absente trois ans et il me remplace ? SHERLOCK ! Viens ici tout de suite ! ».
Je suis toujours prête pour mettre en scène vos délires (les amourettes de Louis, la rencontre entre Mycroft « père Noël » et Louis pour les délires d'Elyon. J'ai fait rougir Holmes dans sa tasse de thé, il se fera prendre par la peau du dos par madame Hudson pour les délires de Skarine) mais je ne ferai pas revenir Hélène avant la date prévue ! Même pas la peine de me supplier ! Son retour est déjà écrit mais je ne l'avancerai pas!
Je me souviens de nos beaux jours (...)
Quand nos cœurs battaient d'un même amour
Maintenant tu n'es plus là
Mais moi je pense encore à toi
Je me souviens l'été dernier
Quand sous les étoiles on dansait
Moi tu vois, je n'oublie pas
Car moi je pense encore à toi
Je ne fais que rêver à tout cela
Toi et moi, rien que toi et moi.
Surtout ne me réponds pas
Que tout à une fin et que pour toi
Le passé n'est plus rien
J'attends de toi un geste un mot
Pour donner à ma vie un ciel nouveau
Entends ma voix, reviens vers moi
Car moi je pense encore à toi
Car moi je pense encore à toi : Sylvie Vartan
Chapitre 172 : Les éclairs au chocolat (Le 09 décembre 1885)
- Qu'est-ce que tu me veux ? me demanda-t-il hargneusement tout en reniflant et en essuyant ses larmes avec sa main.
- Juste m'excuser Louis... Ma mauvaise humeur n'a pas à déteindre sur toi.
J'eus droit à un regard lourd de reproche de sa part.
- T'es pas gentil ! renifla-t-il. Tu m'as parlé pire qu'à un cochon ! Moi, je ne t'ai pas ignoré ! J'étais content de te voir, malgré tout, parce que Hélène m'a dit que c'était pas que de ta faute, que je devais pas t'en vouloir, mais que c'était comme ça et que personne saurait rien y changer.
- Tu as un mouchoir ? lui demandai-je, prêt à lui donner le mien s'il n'en avait pas.
- Oui...
Il sortit son mouchoir et l'utilisa de manière bruyante.
- Il paraît que tu aimes bien les éclairs au chocolat... ça te tente d'aller en manger un en ma compagnie ?
Un reniflement et un hochement de tête affirmatif furent ses réponses.
- Karl le sait ? me demanda-t-il.
- Oui, c'est lui qui m'a parlé de tes préférences pâtissières.
- Tu le fais parce qu'il t'a sonné les cloches ? me demanda-t-il soupçonneux.
- Non, juste pour passer un peu de temps avec toi et me faire pardonner mon impolitesse.
Il fronça ses petits sourcils, pas tout a fait convaincu de ma bonne foi.
- Je suis sincère Louis ! fis-je la main sur le cœur.
- C'est d'accord ! fit-il en se levant d'un bond. Mais pourquoi tu réponds toujours ainsi quand tu es de mauvaise humeur ?
- Parce que je suis ainsi...
Le petit démon blond soupira en entendant ma réponse de normand :
- Encore une réponse qui ne répond pas à ma question... je devrais avoir l'habitude depuis le temps que tu me fais le coup !
Je lui tendis la main et nous sortîmes du tribunal pour traverser la rue encombrée de fiacres et de cab. Cela s'injuriaient de tout les côtés ! Nous nous faufilâmes dans la cohue et entrâmes dans l'échoppe très chic qui se trouvait en face du tribunal.
Il y avait des tables de libre et nous en choisîmes une à l'écart des autres pour être au calme.
La serveuse vint prendre notre commande : deux chocolats chauds et deux éclairs fourré à la crème pâtissière et recouvert de glaçage au chocolat.
Quelques minutes plus tard, elle nous apporta notre commande.
Le breuvage était chaud et Louis souffla dessus pour tenter de le refroidir un peu.
- Le chocolat chaud est bon, mais pas aussi bon que celui de tante Meredith, me confia Louis en se penchant vers moi pour ne pas qu'on l'entende.
- Meredith est la meilleure ! confirmais-je en repensant aux litres de chocolat chaud que j'avais bu en sa compagnie. Tu es allé lui dire bonjour ?
- Oui ce matin... me répondit-il du bout des lèvres, ce qui m'étonna car j'imaginais mal Hélène interdire à Louis d'aller saluer son amie.
- Quelque chose ne va pas ? lui demandai-je soupçonneux.
- J'ai l'impression d'être dans un chenil, dit-il à ma plus grande surprise.
Mon air étonné et le fait que ma tasse de chocolat chaud se soit arrêtée à dix centimètres de ma bouche lui confirmèrent que je n'avais pas trop compris le rapport...
- Ben oui, m'expliqua-t-il. Vous avez tous une tête de chien battu !
- S'il te plaît ?
Il posa sa tasse de chocolat chaud et m'expliqua en soupirant à fendre l'âme :
- Karl est comme un chien battu car Meredith a rompu avec lui... à cause qu'elle est fâchée qu'il ait porté la lettre de rupture et que lui sache où se trouve Hélène et qu'il veut pas le dire.
Voilà l'explication de l'air abattu de Karl ce matin... Mon amie avait rompu avec un de ses « loisirs ». Je comprenais mieux les choses... C'était pour cela qu'il m'avait dit qu'il avait passé une mauvaise soirée et que le réveil avait été difficile...
Mais bon, ce n'est pas comme si c'était du sérieux entre eux deux ! Meredith exerçait quand même le plus vieux métier du monde...
- Là-dessus, poursuivit Louis, Meredith faisait elle aussi une tête de chien battu ce matin lorsque j'ai été lui faire coucou, pendant que Karl allait te porter une autre lettre... Il avait même pas le droit de rentrer chez Amélia ! C'est Meredith qui lui a ordonné de rester à la porte, comme un chien ! Hélène aussi est pire qu'un chien battu ! Elle n'a plus d'énergie et elle rase les murs ! Et toi aussi tu as l'air d'un chien battu depuis qu'elle t'a dit qu'elle reviendrait pas, même si tu essayes de le cacher... Les autres ne le cachent pas... Ils s'effondrent devant moi. Pourquoi vous vous séparez tous ? À quoi ça sert si c'est pour souffrir ensuite ?
- Ce sont des affaires d'adultes mon bonhomme...
- Le monde des adultes c'est pas gai ! fit-il en tapant son petit poing sur la table. Hélène et toi vous vous aimez et pourtant tu la veux pas à tes côtés... Karl aime beaucoup Meredith lui aussi et elle l'envoie promener, juste parce qu'il est à cheval sur ses deux rôles : l'avocat qui est aux ordres d'Hélène et l'ami qui ne sait plus ce qu'il doit faire... Il peut pas dire où Hélène va aller habiter, alors Meredith s'est fâchée dessus ! Alors que s'il le lui dit, Meredith le reprendra mais Hélène sera trahie !
- Tu sais Louis, le monde des adultes est compliqué et je te conseille de profiter de ton statut d'enfant... Mais je peux t'assurer que tu n'y es pour rien dans mon choix...
Il pencha la tête et traça des cercles imaginaires sur le sol avec sa chaussure :
- J'ai pensé que c'était parce que tu ne m'aimais pas que tu ne voulais pas vivre avec Hélène.
- Non, je n'ai rien contre toi, lui dis-je en lui ébouriffant les cheveux. Tu es un gentil petit garçon.
Il me regarda avec un petit sourire et engloutit la moitié de son éclair au chocolat. Il parvint même à en mettre sur le bout de son nez et je le lui signalai.
Avec son doigt, il récupéra le chocolat et le lécha avec plaisir.
Je n'aurais sans doute plus l'occasion de me trouver seul avec lui, alors j'en profitai pour lui demander :
- Dis-moi, lorsque tu te lèves ou lorsque tu vas te coucher... tu embrasses Hélène ?
- Bien sûr ! fit-il en fronçant les sourcils. Je lui fais un gros bisou sur la joue. Et quand nous étions à Londres, dès qu'elle avait fini de me lire une histoire, je lui en refaisais encore un. Pourquoi ?
- Écoute bien, lorsque tu seras de retour en France, dorénavant tu lui en feras deux au matin et deux au soir. Tu l'embrasseras sur chaque joue...
- Oui je veux bien, mais pourquoi ?
- Un baiser viendra de ta part et l'autre de la mienne... Mais interdiction de le lui dire ! C'est un secret entre nous ! D'accord ?
Louis me sourit de toutes ses dents.
- D'accord ! me répondit-il enthousiasmé par l'idée. Mais qu'est-ce que je lui répond si elle me pose des questions ?
- Tu lui répondras que c'est parce que... (Je réfléchis à une excuse plausible). Tu lui diras que c'est parce que tu l'aimes deux fois plus ! Tu l'aimes pour deux... parce qu'elle le mérite bien. Inventes ce que tu veux mais ne lui dis jamais que le deuxième baiser est de ma part...
- Oui ! fit-il avec un sourire de conspirateur. Le matin, le premier sera de ma part mais au soir, le premier sera de la tienne !
- Comme tu veux, tant que tu n'oublies pas de l'embrasser de ma part mais en cachette...
Louis se leva de table et, se ruant dans mes bras tout en enfouissant sa tête dans mon cou, il me dit avec une voix vibrante sous les trémolos :
- Je savais bien que sous tes airs froids et distants tu étais gentil ! Hélène me le disait toujours que tu étais un faux méchant mais un vrai gentil ! Et elle le dit toujours parce qu'elle t'aime très fort...
- Louis, fis-je mal à l'aise en sentant ses larmes rouler dans mon cou. Pas d'effusion en public !
- Personne ne nous connaît ! fit-il en me serrant plus fort le cou. Et puis, on s'en fiche des autres ! Oncle John n'est pas là pour voir que dans le fond tu m'aimes bien... et que tu aimes encore Hélène puisque tu veux que je lui fasse des bisous.
- Chut, c'est un secret aussi !
Il retira sa tête de mon cou, la fit osciller de haut en bas, leva mon bras et s'installa d'autorité sur mes genoux.
- Bois ton chocolat chaud avant qu'il ne soit froid, fis-je résigné car je savais que je ne l'en délogerais pas.
Il attira sa tasse vers lui mais resta juché sur mes genoux.
J'en profitai pour lui demander s'il était content de rentrer à l'école et encore d'autres choses, tout en évitant de lui poser des questions auxquelles il ne pouvait sans doute pas répondre.
- J'ai hâte d'aller à l'école moi ! Et je suis content que le petit bébé n'ait pas été dans un orphelinat ! Il a été confié à une famille qui va bien s'en occuper. C'est bien que tu aies pu lui en parler !
- C'est un coup de chance, parce que sinon, il aurait échoué à l'orphelinat... Tu l'as vu l'enfant ?
- Non, juste vu l'assistant du médecin qui l'emportait pour le laver et je l'ai entendu pleurer. Le bébé, pas l'assistant ! Mais j'ai désobéi et je suis allé regarder par la fente de la porte, mais je n'ai rien su voir ! Je ne sais même pas si c'était un petit garçon ou une fille.
Le silence s'installa et Louis engloutit le dernier morceau de son éclair et bu le reste de son chocolat chaud. Je fis de même.
Des pas se firent entendre dans mon dos, et, en me retournant, je vis que Karl avait terminé. En découvrant Louis juché sur mes genoux, il eut un petit sourire ravi.
- Oh ! fit Louis attristé. On doit déjà partir ? Je suis bien moi...
- Monsieur Holmes a peut être du travail...
- Eh ! s'exclama Louis en montrant Karl du doigt. T'as pas donné le dossier à ton collègue !
Karl baissa les yeux vers son bras et fut surpris d'y trouver l'épais dossier toujours coincé en dessous.
- T'es tête en l'air toi ! gloussa Louis. Quand je ne suis pas avec toi, tu oublies le plus important.
L'avocat soupira longuement en regardant l'épais dossier qu'il avait réussi à oublier de transmettre. La rupture avec mon amie l'avait apparemment marqué.
- Je n'ai plus qu'à courir derrière mon associé en espérant qu'il ne soit pas partit, soupira-t-il. Viens Louis, nous retournons au tribunal !
- Je ne peux pas rester avec Sherlock ? lui demanda Louis avec l'espoir que je lui dise oui. On ira se promener au parc qui se trouve non loin...
- Monsieur Holmes a peut-être une affaire en cours ?
Je haussai les épaules :
- Oui, mais elle se termine en queue de poisson et je ne saurai pas aider mon client avec les conditions qui me sont imposées ! Allez transmettre votre dossier et retrouvez nous dans le parc, nous ferons le tour dans le sens des aiguilles d'une montre. Si vous n'êtes pas de retour, nous reviendrons vous attendre au chaud dans ce petit café.
- Si cela ne vous dérange pas de me le garder. Habille toi Louis et n'oublie pas ton écharpe !
L'avocat s'en fut et j'aidai Louis à passer son manteau et à mettre son écharpe. Ensuite nous sortîmes dans les frimas de l'hiver pour aller se balader dans le parc.
Le ciel était gris et cela présageait de la neige pour bientôt.
Marchant dans les allées, Louis à mes côtés me donnait la main, il n'arrêtait pas de me poser des questions sur mes affaires en cours. Il voulait savoir quelle affaire je n'allais pas pouvoir résoudre et pourquoi ! "Monsieur Pourquoi" était de retour !
Je lui expliquai alors les détails de ma dernière enquête et je conclus :
- Elle n'aboutira à rien puisque je n'ai pas accès au document et que nous devons faire confiance à la probité des experts pour l'authenticité du codicille.
- Tu utilises pleins de mots que je ne comprends pas...
Cela me fit rire et je reformulais ma phrase avec des mots plus simple.
- De quelle époque ta lettre ? me demanda-t-il.
- Le codicille fut signé le sept octobre 1582.
- Le 7 octobre 1582 ? me demanda-t-il fébrilement. Tu en es sûr ?
- Oui, pourquoi ? demandai-je amusé par sa question. Tu te souviens de ce que tu faisais à cette date là ?
- Attends un peu... une des dernières histoires que Karl m'a lue avant d'aller dormir et qui parlait de religion... du pape aussi...
- Récits ésotériques avant d'aller dormir ? fis-je amusé.
- Utilise des mots que je peux comprendre ! gémit-il. (Il réfléchit). Oui ! fit-il triomphant. Ça me revient...
- Oui, je vois la fumée qui sort de tes oreilles ! lui répliquai-je hilare.
- Signé dans quel pays ? demanda-t-il plein d'espoir dans l'idée de résoudre mon affaire.
- En Italie... Tu fus le témoin de la signature ?
- Mais non grand malin ! me dit-il en haussant les épaules tout en me regardant de travers. Mais ton document est faux car la date n'existe tout simplement pas !
