Hey mes gens ! Mes rayons de soleil ! Mes moteurs à inspiration ! ... ^^'

Voici ce chapitre pour vous :) Je pense qu'après celui ci, il y en aura encore 3 et tout va s'enchaîner assez vite !

J'espère que vous apprécierez ;)

violaine2707 : Il t'énerve déjà maintenant, attend de voir plus tard ;)

Swan33 : En effet tu brûles ;)

CestmoiXena : Oulah oui, tu es sadique ! Je vais essayer de l'être tout autant parce que comme j'te l'ai dit : J'suis tellement guimauve xD

Jess : J'espère que la tournure de soirée te plaira quand même :)

Guest : Ô oui que c'est voulu ! xD

turnen : Merci :3 ( c'est vrai, je la trouve choutte aussi ^^' )

Merci à vous tous 3 Vous êtes parfaits !


Jane glissa son arme dans son étui et attrapa sa veste. 20h, il était plus que temps de rentrer. Un dernier coup d'oeil sur le bureau ainsi qu'aux dossiers classés. Tout était en place. Alors qu'elle remettait son col en place tout en se dirigeant vers la sortie, son portable sonna.

- Rizzoli ?

- J'avais peur que tu sois déjà partie, dit Frost.

- J'y allais là.

- Tu vas devoir repousser ça encore un peu...

Jane pencha la tête en arrière et ferma les yeux. Cette journée était vraiment longue.

- On a un corps sur l'intersection de la Stuart et Tremont. Un type assez amoché. J'ai juste besoin de toi pour l'état des lieux, on verra le reste demain.

- Une heure, Frost, j'te donne une heure.

- On verra même pas l'temps passer ! rit le jeune homme.

Jane raccrocha et composa le numéro de Maura afin de la prévenir. Elle tomba directement sur la messagerie. Encore une fois plus de batterie pensa la détective. Elle laissa un message dans le doute, la prévenant de son retard. Jane pria pour que cela ne prenne pas une éternité.

[...]

Quelqu'un toqua à la porte. Maura qui finissait de préparer le repas jeta un oeil à l'horloge murale. Elle fronça les sourcils, Jane avait les clés pourtant. Elle se recula du plan de travail et s'essuya les mains sur son tablier. Maura attrapa un bout de salade qu'elle tendit à Bass. La sonnette résonna alors.

- Oui j'arrive !

Elle gambada jusqu'à la porte qu'elle ouvrit à la volée. Alors elle resta sans voix. Elle n'était pas préparée à ça, pas ce soir.

- Tu n'embrasses pas ta mère ma chérie ? sourit Constance Isles.

- Oui, pardon, elle baisa la joue de sa mère et la laissa entrer. Je ne t'attendais que demain.

Constance se tourna vers une Maura gênée. Elle dévisagea sa fille. Cette dernière était resplendissante. Elle respirait le bonheur à plein nez. Alors son regard se posa sur le tablier blanc tacheté. Maura s'en rendit compte et l'enleva à la hâte. La légiste pesta intérieurement ; rien n'était rangé, elle n'était pas impeccable et le plat qui était en train de mijoter était le préféré de Jane. Tortellini au fromage avec double supplément de sauce, comme elle les aimait. De quoi bien se boucher les artères.

- Je voulais te faire la surprise, expliqua sa mère en se débarrassant de son manteau.

Maura prit la fourrure et la rangea de suite dans la penderie. Constance s'aventura alors vers la cuisine, souleva les couvercles, un par un.

- Tu attends du monde ?

Le corps tout entier de Maura tremblait. Elle n'avait plus aucun contrôle sur son esprit. Des yeux elle chercha après son portable. Il fallait qu'elle prévienne Jane.

- Non... Non, non, du tout. Je m'essayais à la cuisine d'Angela, elle est vraiment douée, bafouilla la jolie blonde en posant la main sur son cou, essayant de cacher les plaques rouges qu'elle sentait déjà apparaître.

Lorsqu'elle vit sa mère froncer les sourcils au nom prononcé elle souffla alors :

- La mère de Jane.

- Ô oui bien sûr, suis-je bête.

Maura se précipita vers le comptoir et en sortie une bouteille de rouge.

« Respire Maura, respire »

- Et comment va Mademoiselle Rizzoli d'ailleurs.

La légiste se pinça l'intérieur de la joue à l'entente de ce pseudonyme, tout en laissant couler le liquide rouge dans le grand verre à vin.

- Bien... Très bien. C'est gentil de demander, sourit Maura, crispée, en tendant le verre à sa mère.

Suspicieuse, Constance le prit tout en scrutant sa fille. Gênée devant ce regard lourd, Maura se détourna et se servit à son tour. Définitivement, sa fille lui cachait quelque chose.

Maura pria pour que Jane arrive et cela au plus vite.

- Une surprise alors ? demanda-t-elle, le verre au bord des lèvres.

- Mmh mmh... J'ai un rendez-vous qui s'est planifié de dernière minute pour demain soir et je ne pouvais pas le décaler alors comme j'avais envie de passer ma soirée avec toi... J'ai prit le premier vol.

- Tu dois être épuisée. Tu ne veux pas t'assoir ?

D'un mouvement de tête Constance déclina son offre et s'appuya sur le plan de travail derrière elle. Après une gorgée, sans quitter des yeux sa fille qui fuyait son regard, elle parla enfin :

- Comment vas-tu ?

- Plus heureuse que jamais !

Maura retint alors sa respiration. Elle venait de parler sans réfléchir. Constance souleva un sourcil d'étonnement et se pinça les lèvres. Ce n'était pas quelque chose que Maura lui cachait mais bien quelqu'un. Cette dernière finit son verre d'une traite.

- Tu resteras dîner n'est-ce pas ?

- Bien sûr, murmura sa mère dans un sourire tout en déposant délicatement son verre sur le comptoir.

Alors qu'elle allait reprendre la parole, quelque chose lui pinça le pied et elle eu un hoquet de surprise. Maura sursauta et se tourna vers elle. Bass était en train de lui manger le collant.

- Maura tu as encore cette chose ?!

- Maman ce n'est que Bass, s'il te plaît.

La jeune femme se pencha vers l'animal et le fit avancer vers la salle à manger du mieux qu'elle put. Madame Isles reprenait contenance du mieux qu'elle pouvait en se dirigeant vers le salon.

- Je n'ai jamais comprit ta passion pour ces tortues mutantes.

Elle s'assit alors sur le canapé et sentit quelque chose qui la gêna. Lorsqu'elle sortie de sous le coussin un étui de cuir qu'elle examina, elle reconnut un étui à pistolet. Maura lui prit l'objet des mains dans un sursaut.

- Tortellini au fromage cela te conviendrait.

Constance hocha la tête, même si elle aurait préféré autre chose. Maura allait se dérober et ranger l'étui de Jane lorsque sa mère lui attrapa la main et la tourna vers elle après s'être levée. D'un geste, elle lui caressa la joue et détailla chaque centimètre de son visage. Elle était fière de sa fille. De sa personne, de son métier, de sa réputation, de sa beauté... Son amant avait plus qu'intérêt à se montrer à la hauteur de toutes ces valeurs. Elle sourit alors et lâcha Maura afin de se diriger vers la salle à manger.

- Je suis affamée !

La légiste n'avait pas bougé. Que venait-il de se passer exactement ? Elle se tourna vers l'horloge du salon. Jane était en retard. Elle espérait tout du moins que cela n'avait rien à voir avec le tueur. Certainement un imprévu.

[...]

Maura ne pouvait plus attendre. Cela faisait plus d'une heure qu'elle attendait la venue de Jane. Sa mère devenait de plus en plus pressante et sous entendait la présence éventuelle d'un amant. La légiste ne pouvait plus mentir si longtemps.

- Maman... Il faut que je te parle.

Constance sourit. Enfin, ce n'était pas trop tôt, elle pensait qu'elle ne parviendrait pas à lui faire cracher le morceau. Elle posa ses couverts et regarda sa fille.

- Je suis amoureuse.

Voilà la bombe était lâchée. Maura pria seulement pour qu'elle ne lui explose pas en plein visage.

- Je l'avais deviné, sourit Constance. Dis moi tout, où l'as-tu rencontré, comment s'appelle-t-il... ?

« Il » pensa Maura. Cela allait être vraiment difficile à dire...

- Je connaissais déjà cette... Cette personne, s'essaya la légiste.

Constance sentit son coeur s'emballer. Elle prit son verre de vin et dévisagea à nouveau sa fille. Elle trouvait que cette dernière prenait bien des chemins détournés depuis le début de la soirée. Alors les pensées qui lui traversaient la tête depuis quelques temps déjà refirent surface. Non, Maura était incapable de faire ça. De lui faire ça.

La jolie blonde crut qu'elle allait s'évanouir. C'était maintenant. Maintenant l'heure de vérité. Elle pensa fort à Jane et cela lui donnait du courage. Elle n'avait pas honte. Elle le lui avait dit. Son amour pour elle était invincible. Elle n'avait pas peur de sa mère ni de sa réaction. Enfin, c'était ce qu'elle essayait de se persuader.

- Maman cette personne, c'est...

Le bruit d'une clé dans la serrure et d'une porte qu'on claque la coupa en plein élan. Constance, surprise, interrogea du regard sa fille qui se leva d'un bond.

Jane soupira en jetant les clés sur la commode. Enfin chez soi.

- Chérie c'est moi ! prévint-elle en retirant sa veste et déboutonnant le premier bouton de sa chemise blanche. Elle était exténuée. J'ai essayé de te joindre toute la soirée mais tu ne répondais pas...

Elle vit Maura se précipiter vers elle. Dans un sourire elle l'attrapa par la taille et se pencha afin de l'embrasser. D'un mouvement Maura se détourna et se plaça à côté d'elle. Jane vit alors Constance dans l'ouverture du salon. Elle jeta un regard paniqué à Maura.

- J'ai voulu te prévenir mais je ne trouvais pas mon portable, s'excusa-t-elle dans un murmure afin que seule Jane n'entende.

La détective porta à nouveau les yeux sur... Sa belle-mère, oui c'était le mot. Et alors, sans que rien ne la préparait à ça, elle entendit sa jolie blonde dire, son bras autour de sa taille.

- Maman cette personne c'est Jane.

Elle venait définitivement de rater un épisode. Elle se sentit défaillir. Si les yeux de Constance Isles pouvaient tuer, elle se trouverait déjà six pieds sous terre. Jane lui adressa un sourire forcé dans un rire gêné. Qu'est-ce qu'elle était sensée faire maintenant ?

- La prochaine fois que tu joues avec ma vie, préviens moi s'il te plaît. Juste histoire que j'ai le temps de me faire à l'idée, murmura Jane entre ses dents à l'encontre de son amante qui resserra sa prise autour de sa taille.

Constance, elle, resta abasourdie. Ce qu'elle redoutait le plus venait d'arriver. Cette amitié qu'elle trouvait ambigüe depuis le début venait de prendre une toute autre tournure.

- Je le savais...

Maura n'était pas sûre de bien avoir entendu. Sa mère savait. Depuis le début. Un sourire se forma au coin de ses lèvres.

- Je le savais que cette femme finirait par te tourner la tête, cracha-t-elle enfin.

Jane se crispa et serra les mâchoires. Ok, ça commençait à mal tourner pensa-t-elle. Maura perdit son sourire. Son étreinte autour de la taille de son amante se desserra et elle laissa tomber son bras le long de son corps.

- Comment avez-vous pu... siffla Constance, son regard tourné vers Jane.

Cette dernière s'avança légèrement afin de protéger Maura. C'était comme si elle la mettait hors d'atteinte des mots blessants de sa mère. Comme si elle était le mur qui recevrait toutes les balles. Une par une, sans broncher.

- Écoutez-moi bien, je ne sais pas ce que vous lui avez fait pour que ma fille se comporte de cette façon mais je peux vous assurer que vous sortirez bientôt de sa vie. Et sachez bien que si cela ne se fait pas de votre plein grès je vous écraserais si bien que vous finirez par signer des PV au fin fond du Texas, menaça-t-elle.

Jane sortit de ses gonds. Elle allait s'avancer vers elle lorsque Maura lui prit la main.

- Ça suffit, dit-elle calmement. Je refuse que tu lui parles de cette façon. Jane n'a rien fait. Rien à part m'aimer sincèrement. C'est moi qui suis allée vers elle. Tu n'as pas à la blâmer.

- Tu as pensé à ta réputation ? Que diront les gens ?

- Mère arrête ! S'il y a bien une chose à laquelle tu penses c'est bien la tienne de réputation ! Qu'est-ce que cela peut bien faire ? Les personnes qui m'aiment, qui tiennent à moi n'ont pas fuit en apprenant notre liaison. La famille de Jane a été très compréhensive, je...

- S'ils cautionnent ce genre de chose je comprends mieux votre éducation Mademoiselle Rizzoli, la coupa sèchement sa mère.

« Tout, pensa Jane, tout mais pas ma famille »

- Ne vous avisez plus jamais de dire ce genre de chose, menaça la détective.

- Sinon quoi, rit Constance. Vous êtes misérable... Elle se tourna vers sa fille qui déjà, pleurait depuis un moment. Tu me déçois... Je n'arrive même plus à te regarder, elle chercha ses mots encore un moment. Tu me dégoût...

- Je vous demanderai d'arrêter avant de dire des choses irréparables que vous finirez par regretter, gronda Jane.

Elle avait envie de la mettre à la porte. Comment pouvait-elle parler ainsi à sa fille. Jane entendait les pleures de Maura juste derrière elle. Cela la rendait folle.

- Sors de chez moi, murmura la légiste dans un sanglot.

Constance leva le menton et dévisagea Jane, condescendante. Sa propre fille la mettait dehors. Elle n'y croyait pas. Elle venait de perdre face à cette petite fliquette de banlieue. Pourtant lorsqu'elle porta ses yeux sur le visage ravagé de pleures de son enfant elle perdit son air supérieur. La rage qui jusqu'alors avait mené cette conversation de front la quitta. Ce fut à son tour de se sentir misérable.

- Sors de chez moi ! répéta Maura, plus fort, ce qui la fit sursauter.

Jane se tourna vers Maura et la serra dans le creux de son épaule, baisant son front avec amour, murmurant des paroles de réconfort. Elle fusilla alors Constance Isles qui récupérait son sac et son manteau. Sur le pas de la porte, elle aurait voulu parler mais rien ne sortit.

Lorsque la porte claqua, Maura ne put retenir ses larmes plus longtemps et se laissa aller. Jane qui la serrait toujours entre ses bras, la berçait doucement.

- Je suis désolée mon amour... Tellement désolée.

Elle s'en voulait de la faire souffrir. Car même si les mots prononcés n'étaient pas sortie de sa bouche. C'était bien à cause d'elle que Maura souffrait. Jane s'accusait. Elle n'arrivait pas à voir les choses autrement.

- Je suis contente que tu sois là, souffla Maura en enfouissant son visage dans le cou protecteur.

Jane lui caressa doucement les cheveux. Le menton posait sur le haut de sa tête, elle laissa son regard glisser vers la cuisine. Ce qu'elle vit dans le plat et l'odeur qui flottait dans l'air la firent sourire.

- Tortellini au fromage, hein ?

Maura renifla et rit doucement :

- Avec double supplément de sauce.

Jane l'embrassa et sécha ses larmes. Elle sentit que Maura était épuisée. La légiste tenait à peine debout. Alors la détective se pencha et passa un bras sous ses genoux. Maura ne dit rien et se laissa porter jusqu'à la chambre.

[...]

Le lendemain matin, Jane s'activait dans la cuisine, enfilant son Holster d'épaule tout en buvant son café instantané. Maura, plus calme, sirotait son café moulu en lisant le journal, toujours en nuisette, son peignoir tombant sur ses épaules.

- La BPD est en train de se faire lyncher par les journalistes.

Jane se pencha par dessus son épaule et lut les gros titres.

- Cavanaugh a le proc' sur le dos chaque heure de la journée. Faut boucler cette affaire au plus vite... Elle est en train de bouffer tout le monde, finit-elle en avalant sa dernière bouchée de sa tartine au beurre de cacahouète. Bon allez, moi faut que j'y aille.

Elle enfila sa veste et mit son révolver dans son étui. Alors qu'elle se pencha vers Maura pour lui baiser la joue elle vit son regard absent. En troisième page de journal, le vernissage organisé par Constance Isles. Vernissage à but caritatif qui allait accueillir une grande partie de la ville.

Les deux jeunes femmes n'avaient pas reparlé de l'altercation de la veille. Elles s'étaient tout simplement couchées, serrées l'une contre l'autre. Au matin, il y a peine une heure, Maura avait fait comme si rien ne s'était passé. Jane n'avait alors pas voulu insister.

- Elle t'aime Maura... Je suis sûre qu'elle reviendra vers toi et s'excusera.

D'un geste, le journal fut fermé et jeté à la poubelle. Maura se leva et posa les deux tasses dans l'évier.

- Même si c'était le cas, si elle doit revenir, ce sera pour nous deux.

Jane allait intervenir mais Maura s'approcha, lissant le col de sa veste.

- Nous sommes un tout que tu le veuilles ou non, d'accord ?

La belle brune lui sourit amoureusement.

- Je serais folle de ne pas le vouloir.

Leurs lèvres se scellèrent à nouveau. Jane ne résista pas à l'envie de pousser le baiser plus loin. Lentement elle pénétra la bouche de son amante qui se laissa faire dans un soupir. Maura resserra les doigts autour du tissu du col, attirant encore plus sa belle brune vers elle. Jane laissa glisser ses mains sous le peignoir. Elle prit les fesses de la légiste dans la coupe de sa main après s'être faufilée sous la nuisette. Hier soir était la première nuit où elles n'avaient pas fait l'amour depuis qu'elles étaient ensemble. Même si le moment n'avait pas été propice et que la seule chose qu'elle avait en tête à ce moment là était de consoler Maura et de la bercer jusqu'à ce qu'elle s'endorme, cela lui avait manqué. Il n'avait d'ailleurs fallu qu'un effleurement ce matin au réveil pour que Jane sente son corps s'enflammer. La douche froide qu'elle s'était infligée ne lui avait rien fait. Elle désirait Maura tout autant.

Tout ceci était aussi valable pour la légiste. La manière dont Jane l'avait défendu la veille au soir. Une vraie lionne, fière et courageuse. Elle ne pouvait pas se passer de cette peau halée au parfum de mer d'Italie.

Alors un portable se mit à sonner. Jane grogna dans le cou de Maura. Non, pas maintenant. La légiste lui offrit un regard d'excuse et décrocha. La voix de Matthias se fit entendre :

- Bonjour Docteur Isles, j'espère que je ne vous dérange.

De nouveau, les lèvres de Jane sur son cou, juste derrière l'oreille.

- Quelque chose ne va pas ? demanda la légiste sans prendre le temps de le saluer, sachant très bien la réaction de Jane si cette dernière savait que c'était le jeune docteur qui venait de les interrompre.

- Non, ne vous inquiétez pas. Juste pour vous dire que je me permets de commencer l'autopsie du corps qui nous a été amené hier soir.

Jane la poussa vers le plan de travail et dévora ses lèvres. Maura eu du mal à se détacher d'elle et la réprimanda silencieusement, désignant son portable d'un mouvement de tête.

- Docteur Isles ?

- Oui, oui pas de problèmes, vous pouvez commencer. Il n'était pas utile de m'appeler, finit-elle dans un souffle alors que la main de Jane remonté lascivement l'intérieur de ses cuisses.

Elle baissa le téléphone, n'entendant plus que des grésillements à l'autre bout du combiné. De sa main libre elle leva la tête de Jane, plongeait entre ses seins. Elle l'embrassa mais jeta bien vite la tête en arrière lorsqu'elle sentit la paume de sa main contre son intimité. Elle colla son front contre celui de la belle brune et plongea son regard dans le sien. Jane pouvait sentir son souffle chaud et saccadé s'infiltrer entre ses lèvres entrouvertes. La détective finit par sourire néanmoins, taquinant du regard la légiste qui essayait de ne pas s'effondrer tant bien que mal. En effet, dans le creux de sa main, Jane pouvait déjà sentir l'effet qu'elle avait sur son amante.

Les grésillements dans le téléphone se firent plus fort. Maura essaya de se reprendre et porta à nouveau le combiné à l'oreille.

- Vous êtes sûr que tout va bien Docteur Isles.

- Oui... soupira Maura. Écoutez je suis au bureau dans une heure, nous verrons cela à ce moment d'accord. À tout à l'heure, s'empressa-t-elle de dire avant de raccrocher.

Elle laissa le téléphone glisser sur le comptoir et s'accrocha enfin au cou de Jane.

- Un problème au boulot ? demanda cette dernière entre deux baisers.

- Non, juste Susie qui avait besoin de mon aval pour une analyse, mentit la légiste alors que la tête lui tournée.

Jane s'amusait de son désir. Elle pressa un peu plus la paume contre son sexe et lui refusa ses lèvres alors que Maura voulait l'embrasser.

- Tu te joues de moi, remarqua la jolie blonde, ondulant inconsciemment des hanches.

La légiste, d'un air de défi, glissa à son tour la main entre ses cuisses, voulant elle-même apaiser le désir qui la tiraillait et qui lui faisait mal. Jane lui attrapa le poignet et le porta à sa bouche. Délicatement, elle déposa un baiser sur la peau fine.

- Pas encore Docteur Isles, sourit Jane en se détachant d'elle, laissant glisser ses lèvres sur le dessus de la main. Ce soir... Peut-être, la taquina la détective en se tournant vers la porte de la cuisine, menant sur la petite cour extérieure.

Maura ne pouvait pas y croire. Elle venait de se faire avoir dans les règles de l'art. Jane lui décocha un clin d'oeil et un sourire ravageur en ouvrant la porte. Maura finit par rire et vint la rejoindre sur le pas de la porte.

- Tu as raison, attends de voir ce soir, la prévint Maura dans un sourire.

Elles s'embrassaient une dernière fois lorsque la porte de la maison d'ami s'ouvrit. Jane se tourna alors et tomba nez à nez avec Cavanaugh.

- Ô, dit-elle surprise. Bonjour Chef.

- Rizzoli, la salua-t-il. Docteur Isles.

Cette dernière lui adressa un signe de la main, se servant de l'autre afin de tenir fermés les pans de son peignoir.

- Salut Ma'

Cavanaugh sourit, alors comme ça les bruits de couloirs étaient vrais pour une fois ; ces deux là étaient vraiment ensemble. Il haussa les épaules. Depuis le temps qu'il se posait la question de toute manière. Il se tourna vers Angela et l'embrassa, quelque peu gêné par les deux paires d'yeux tournaient vers lui.

- En route Rizzoli, vous allez être en retard.

- Vous aussi patron, le taquina Jane en prenant les clé que la légiste lui tendit.

Un dernier baiser et elle suivit Cavanaugh en adressant un au revoir à sa mère. Maura se retrouva alors seule face à Angela. Toutes deux se mirent à rougir, les mains toujours sur les pans de leurs peignoirs respectifs.

- Je vais aller me préparer, réussit enfin à dire Maura.

- Bonne idée, moi aussi.

Elles se regardèrent encore un instant et finirent par rire.

[...]

Jane passa les portes de la morgue. L'enquête sur le corps de la veille avait vite été réglée. C'était sa femme qui l'avait renversé avec la voiture. À peine Jane lui avait demandé de s'asseoir lors de l'interrogatoire que la femme avait craqué et tout avoué. Ils avaient l'arme du crime et le coupable en plus d'aveux. Une journée pour une fois fort agréable pour Jane.

Il était vingt heure. Elle passait prendre Maura pour rentrer chez elle. Elle la trouva assise à sa bureau, les yeux dans le vague. Elle s'avança et se pencha par dessus le bureau. Maura leva enfin la tête vers elle et tendit le bras afin d'atteindre son portable. Elle activa sa messagerie, sans un mot.

Un long silence se fit entendre avant que la personne ne se mette à parler :

«Ma chérie c'est Maman...

La voix étouffa un sanglot.

Je préfère croire que tu es occupée et que c'est pour ça que tu ne peux pas prendre cet appel...

J'aimerai que tu viennes demain... S'il te plaît.

Mademoi...

Encore un long silence.

Jane sera la bienvenue également. »

Tuuuut... Tuuuut

Pour réécouter ce message, tap...

Maura coupa son téléphone. Les yeux brillants, elle se laissa tomber sur le dossier de sa chaise. Jane eut un petit sourire en coin. Elle savait que Constance allait reprendre contact mais il est vrai qu'elle ne l'attendait pas de si tôt. Pourtant, vu la réaction de sa jolie blonde, Jane resta perplexe.

- Ce n'est pas une bonne chose ? demanda-t-elle.

- Après ce qui s'est passé hier soir, j'ai du mal à croire que ma mère veuille bien me voir à son vernissage, gronda la légiste.

Jane écarquilla les yeux. C'était bien la première fois qu'elle la voyait si énervée.

- Et il n'y a pas que ça ! s'emporta Maura. Jane, il y aura la moitié de Boston à cette soirée, sans compter une grande partie des amis, collègues et relations de ma mère. Je veux dire... La plupart des gens là bas savent qui je suis et de qui je suis la fille. Si je m'y rends à ton bras ça va jaser. Pour nous, comme pour elle.

Jane haussa les épaules et lui fit la moue.

- De toutes manières ça jase déjà alors un peu plus un peu moins... sourit-elle avec son air de ne pas y toucher.

Elle rencontra un regard plein d'interrogation.

- Le truc habituel Maura, ce n'est rien, juste des bruits de couloirs, quelques regards déplacés, pas de quoi s'énerver, essaya-t-elle de la rassurer.

Maura comprit que cela venait d'une partie du commissariat. Elle fulmina d'avantage. Ce que les gens pouvaient être méchants.

- Te faire l'amour dans une salle d'interrogatoire et envoyer la vidéo sur chaque poste de ce putain de commissariat, ça, ça ferait jaser ! Mais s'aimer simplement je ne vois pas en quoi ça les regarde.

La détective ne pouvait pas y croire. Maura venait de jurer. Juste là, devant elle. Elle sourit. Elle allait avoir de quoi la charrier pendant un bout de temps.

- Ce putain de commissariat, hein ? commença Jane.

Maura secoua la tête, essayant de se reprendre.

- Je n'ai jamais dit ça, se défendit-elle.

- Oh si tu viens de le dire, sourit la détective.

- Non c'est pas vrai.

Jane rit alors et se pencha un peu plus au dessus du bureau tout en hochant la tête avec sa petite bouille d'enfant, les yeux pétillants et les pommettes hautes.

- Si c'est vrai.

Maura ne résista pas à ce visage et finit par craquer.

- Bon d'accord, j'l'ai dit, abdiqua-t-elle l'air coupable.

La détective planta son regard dans le sien.

- Et sinon cette histoire de faire l'amour au boulot, tu as quoi à m'dire là dessus ? demanda-t-elle innocemment.

Maura rit et lui poussa le visage de la main. Jane se redressa alors. Voilà, elle avait réussit. Un sourire était maintenant dessiné sur son visage et Jane se mit d'accord avec elle-même ; il n'y avait rien de plus beau.

- Alors on va aller à ce vernissage. Parce que ta mère vient de faire un pas vers toi... Maura allait répliquer mais Jane insista. Et vers moi. Je dois aussi te rappeler que nous sommes un tout alors si je viens, tu viens, ordonna-t-elle. Maintenant debout, sourit la détective. J'ai envie de rentrer à la maison, le match commence dans vingt minutes.

La légiste attrapa son sac dans un sourire et vint rejoindre la belle brune qui lui tendait la main. Elle était soulagée. Jane avait encore une fois réglé le problème avec quelques mots. Alors c'était comme ça, demain soir allait être la soirée où Jane et elle se jèteraient à corps perdus dans la fosse aux lions. Quant à qui gagnera le tournois, Maura avait une petite idée là dessus...

[...]

- Et là ? demanda Maura en se tourna vers Jane.

Cette dernière qui se débattait avec son chignon leva la tête, restant un instant perplexe. La légiste commença alors à tourner sur elle même. Elle finit par fixer une Jane plus que déroutée, l'air inquiet.

- Tu comptes y aller comme ça ?

En effet Maura ne portait que ses sous-vêtements.

- J'hésite entre le noir ou le mauve... continua la jolie blonde, sérieuse. Ou alors mon Andres Sarda blanc, je ne sais pas, proposa-t-elle en posant la lingerie sur son corps.

- Maura, ce ne sont que des sous-vêtements, tout le monde s'en fout.

Le regard noir qu'elle rencontra la fit se reprendre :

- Tout le monde à part moi, bien entendu, sourit-elle.

Maura se tourna vers le miroir de la commode. Analysant ses tenues consciencieusement, une à une. Au bout de quelques minutes, Jane jeta les pinces sur la table de nuit et secoua sa longue chevelure noire, laissant ses boucles tomber sur ses épaules. Pas de coupe sur mesure pour ce soir. Elle allait devenir folle.

La détective ne voulait pas l'avouer mais affronter Constance Isles ce soir, sur un terrain non familier qui plus est, la terrorisait. C'était pour elle sa dernière chance d'arranger les choses avec elle. Même si ce ne sera jamais le grand amour, elle voulait éviter la guerre. Pour Maura.

Cette dernière finit enfin par s'habiller. Une robe bleue, simple, sans artifices et sans bijoux, juste un léger maquillage. Jane se faufila derrière son dos et posa les lèvres sur son épaule dénudée. Elle la regarda dans le miroir. Dieu ce qu'elle était belle.

- Posso bloccare voi in questa stanza e fare l'amore tutta la notte si.

Je pourrai t'enfermer dans cette chambre et te faire l'amour toute la nuit

La peau se mit à frissonner. Maura, les yeux pétillant, ne quitta pas son regard. Alors elle prit les bras de son amante et les enlaça autour d'elle. Elles profitèrent de cette étreinte. Se donnant mutuellement le courage qu'il fallait pour arriver jusqu'au vernissage. Jane posa le menton sur son épaule et lui sourit dans le miroir.

- Tu vas voir, tout va bien se passer, la rassura-t-elle. Et au pire ne t'inquiète pas je garde mon Colt sous ma robe, plaisanta Jane.

Maura rit et se tourna vers elle. Jane se pencha et l'embrassa.

- Juste une chose, commença la légiste tout en attrapant un long foulard qu'elle laissa tomber au creux de ses bras. Un seul malaise, une seule remarque, un seul regard de travers de ma mère à ton égard et on s'en va.

- À vos ordres Ma'am, salua Jane tel un majordome.

Maura sourit, entrant dans son jeu.

- Bien, maintenant, cochet si vous voulez bien nous conduire, dit-elle en lui tendant la main.

Jane la prit délicatement et lui fit un baise main, suivit d'une révérence :

- Après vous.


Merci d'avance pour les Reviews, ça fait toujours ( très ) plaisir, parce qu'il est vrai que je constate que pas mal d'entre vous me suivent et donc me lisent mais je reste quand même sur ma faim en découvrant les 4, voire 5 reviews de mes fidèles lectrices ( d'ailleurs, merci à vous ;) )

Après tout vos commentaires, avis et autre critique ( positive ou négative ) sont pour moi, ce qu'un update est pour vous, un nouveau chapitre à découvrir ( et il faut être honnête... Dieu que ça fait plaisir d'en avoir ! Oui oui égo bien présent, je l'avoue ahah ! )

Voilà, pour conclure, voyez ça comme un salaire ( et un besoin de reconnaissance xD )