Disclaimer : Le monde de Harry Potter et les personnages inventés par JK Rowling ne m'appartiennent (évidemment) pas. Je me contente simplement de rajouter quelques uns de mes propres ingrédients à sa délicieuse soupe.
Chapitre 9
'Le premier jour de Noël, un p'tit sorcier m'a offert…'
...
Le matin de Noël, Amy s'éveilla de bonne heure. Elle entrouvrit les rideaux de son lit et resta allongée de longues minutes à regarder tomber la neige, bien au chaud sous sa couette. Son premier Noël à Poudlard… Son premier Noël toute seule aussi…
La plupart des parents avaient tenu à ce que leur enfant rentre pour la période des fêtes et Amy s'était retrouvé à être la seule Gryffondor à passer les vacances au château. Bien entendu, étant donné la situation actuelle, ça n'était pas étonnant que parents comme enfants cherchent à se retrouver et à se rassurer. Un climat d'incertitude s'était abattu sur la population sorcière britannique depuis les attaques du 15 décembre. Tout le monde sentait confusément que ce qui venait de se passer annonçait le début d'une période difficile, mais on n'avait pas encore pris le pli. On ne s'était pas encore habitué à cette terreur sous-jacente. On croyait encore que le Ministère allait pouvoir faire quelque chose…
Amy s'enroula un peu plus dans ses couvertures et se remémora les événements des deux dernières semaines. Le lundi après l'attaque de Pré-au-Lard, les cours avaient repris et tout le monde avait soupiré d'aise en voyant leur existence retomber dans une routine stable et compréhensible.
Enfin, presque tout le monde… Restaient ceux qui étaient encore confinés à l'Infirmerie… Lily et Sirius étaient restés au chevet de James jusqu'à ce que Madame Pomfrey le réveille. Au grand soulagement de tous, les sortilèges des Mangemorts avaient été levés à temps et James n'avait pas souffert d'autres séquelles imprévues. A cette annonce, Remus pâlit affreusement et Amy se demanda un instant s'il n'allait pas s'évanouir de soulagement. Amy, elle-même, malgré le fait qu'elle savait que James allait s'en sortir, ne put s'empêcher de se sentir comme allégée d'un poids.
Les quelques semaines suivantes passèrent rapidement – entre les cours, ses visites à Emma, son service au pub, les quelques soirées de recherche à la Caverne ou dans la Chambre d'Amy, la jeune fille perdait presque la tête. Chaque jour, de nouvelles informations sur Voldemort s'étalaient en première page des journaux. Amy remarqua avec horreur et dégoût que la plupart des articles semblaient parler du sorcier avec un respect mêlé de crainte. Bien entendu, ils exprimaient aussi la colère du monde Magique à propos des attaques, mais Amy n'avait pas encore trouvé un seul article qui critiquait ouvertement les principes au nom desquels les attaques du 15 décembre avaient été perpétrées.
Quel monde idiot que celui où ils vivaient ! Où étaient donc les gens intelligents ? Ceux qui avaient suffisamment de distance et de culot pour dévoiler les problèmes du monde de la Sorcellerie au grand jour ? Probablement hors d'état de nuire, loin des instruments du pouvoir et de communication de masse…
Chaque matin, le rituel était le même – Amy s'offusquait, Lily rédigeait lettre après lettre aux journaux en espérant être un jour publiée dans la colonne « Avis aux lecteurs », et le reste de l'école s'enfonçait peu à peu dans une résignation silencieuse.
Hormis ces articles offensants, peu de choses avaient réellement changé pendant ces quelques dernières semaines – l'événement le plus marquant avait été l'annonce que les règles accordant aux élèves majeurs une grande liberté de mouvement allaient être révoquées. Le soir même, Amy s'était retrouvée, à son grand déplaisir, dans le bureau de Dumbledore.
Le renforcement de la sécurité à Poudlard signifiait aussi qu'elle ne pourrait plus continuer son travail aux Trois Balais, lui avait-il annoncé.
« Je vous paierai, lui dit-il. Jusqu'en juin (foi d'animal), intérêt et principal… »
La jeune fille se récria – elle ne pouvait tout de même pas accepter d'être payée pour un travail qu'elle n'accomplissait pas selon les ordres… Mais Dumbledore insista, sous prétexte qu'il lui avait déjà ouvert un compte en banque. Amy fut donc forcée d'accepter – tout en se disant dans son fort intérieur qu'elle ne prélèverait pas la moindre noise du compte.
« Comment avancent vos recherches, Miss McShane ? demanda Dumbledore alors qu'elle croyait l'entretien terminé. »
« Lentement. Je… suis en train de vérifier que ma connaissance des événements correspond bien à la réalité. »
Ce qui n'était, après tout, pas entièrement faux.
« Vous êtes certaine que vous ne souhaitez pas bénéficier de mon aide ? »
« Merci, professeur, répondit Amy avec un sourire qui se voulait innocent. Mais je n'ai pas changé d'avis depuis notre dernière conversation. »
« Une dernière chose, Miss McShane, dit précipitamment Dumbledore voyant qu'elle faisait mine de se lever. Il vous serait peut-être utile de savoir que nos – ah – services nous ont informés qu'ils craignaient que certains de nos élèves aient déjà rejoint les rangs des Mangemorts avant cette attaque. Nous ne sommes pas encore parvenus à obtenir de noms, mais nous y travaillons. Ca aurait été plus simple si tous les Mangemorts n'avaient pas disparu aussitôt la bataille finie… »
Amy hocha la tête. Après tout, ce n'était pas entièrement une surprise. Elle savait le nom d'un certain nombre de ces élèves Mangemorts, mais se garda bien de le montrer devant le directeur. Au lieu de cela, elle tenta de prendre une expression étonnée et choquée et se leva rapidement pour prendre congé.
…
Cette rencontre avait eu lieu la veille des vacances. Depuis, Poudlard s'était vidé de presque tous ses occupants. De nombreux professeurs étaient, eux aussi, rentrés dans leurs familles et le château paraissait plus froid qu'il ne l'avait jamais été, sans la chaleur humaine qui le remplissait habituellement. Amy ne s'était jamais sentie aussi seule. Elle était tellement désoeuvrée qu'elle s'était plusieurs fois retrouvée à discuter avec les tableaux pour passer le temps.
Ses amis d'ici et d'avant (ou était-ce d'après ?) lui manquaient. Elle ne pouvait penser à sa famille sans avoir les larmes aux yeux. Elle ressentait un manque tellement fort qu'elle avait l'impression qu'on lui coupait le souffle à chaque fois qu'elle songeait à ce qu'elle aurait fait, si ça avait été un Noël comme les autres. Ces quelques jours avant les fêtes passés dans leur minuscule appartement de Londres – ses parents dans l'une des chambres, sa sœur et son fiancé dans l'autre, et elle sur le canapé. Elle se rappelait si bien la transformation de la grande ville grise qu'était Londres en une cité féerique brillant de mille feux. Et Noël chez son grand-père… Rien qu'en pensée, elle sentait presque le fumet les plats préparés par sa tante avant leur arrivée. Elle les revoyait tous dans le chaleureux cottage. Peut-être y étaient-ils en ce moment, songea-t-elle. Elle était trop jeune pour se souvenir des détails de Noël 1990, mais il n'y avait pas de raison pour qu'il se soit déroulé d'une manière différente des autres. Après tout, les traditions familiales étaient pour le moins dures à briser.
Quant à ses amis d'ici… Depuis le début des vacances, elle avait reçu des lettres presque quotidiennes de Lily, se rappela-t-elle avec un sourire.
'Chère Amy, je suis vraiment désolée de te savoir toute seule au château. Est-ce que tu auras l'occasion de voir ta grand-mère à son retour d'Australie ? Si seulement j'avais su, je t'aurais proposé de venir passer les fêtes chez nous – pas que ça soit la grande joie, ici bas… Non, j'exagère. L'âme sœur de Pétunia est toujours aussi charmant qu'au premier jour. J'ai hâte d'en être débarrassée…' écrivait Lily. Ses descriptions de la vie dans la banlieue londonienne étaient particulièrement délectables depuis l'arrivée, quelques jours avant Noël, du nouveau gendre de la famille Evans – Vernon Dursley. Amy espérait de tout cœur que ce n'était pas les moldus par qui le pauvre Harry Potter avait été élevé…
Et il y avait Remus… Après l'épisode de la Caverne, il y avait eu comme une période de flottement – entre le rétablissement de James, les nouvelles des conséquences de l'attaque de Pré-au-Lard et la reprise des cours, Amy s'était sentie précipitée dans un parcours de montagnes russes émotionnelles auquel elle ne serait pas parvenue à faire face sans le soutien et l'amitié de Remus. Elle avait donc été tout d'abord soulagée qu'il ne mentionne pas leur baiser et se comporte comme s'il ne s'était rien passé. Oh, elle avait bien remarqué les quelques regards en coin qu'il lui lançait de temps à autre, quand il croyait qu'elle ne le voyait pas. Et puis elle devait bien avouer qu'il lui arrivait de lui en jeter quelques uns en retour, de ces regards furtifs et intimidés, de ces regards intrigués… Elle n'arrivait toujours pas à croire qu'elle avait embrassé son professeur de Défense contre les Forces du Mal… ! Enfin – son futur professeur. C'était une prise de conscience qui la menait invariablement au même point : était-ce bien raisonnable de s'attacher ainsi à quelqu'un du passé ? Etait-ce juste de laisser quelqu'un d'autre s'attacher ainsi à elle alors qu'elle pouvait à tout moment disparaître et les abandonner ?
Bien entendu, Remus connaissait sa situation un peu particulière – et il était parfaitement capable de prendre sa propre décision en conséquence. Et puis le problème était simple après tout, n'est-ce pas ? Un garçon et une fille qui s'entendent bien et passent beaucoup de temps ensemble. Un événement inattendu qui les bouleverse. Une dispute. La peur de perdre l'autre à tout jamais… On pouvait aisément s'imaginer comment ce parcours d'événements pouvait mener à un moment d'abandon, à un baiser qui n'était rien d'autre que l'expression d'un soulagement intense… N'est-ce pas ?
Et pourtant… Ces regards en coin qui lui faisaient monter le rouge aux joues, que venaient-ils faire dans ce schéma autrement simple et rassurant ? Ces frissons qui la parcouraient lorsque leurs mains s'effleuraient accidentellement dans les couloirs ?
Une semaine s'était ainsi écoulée. James avait repris les cours et Lily avait retrouvé son sourire. Sirius était semblable à lui-même et Peter peut-être un peu plus distrait. Et Remus et Amy… Remus et Amy oscillaient entre ce qu'ils avaient été et ce qu'ils souhaitaient être l'un pour l'autre… Jusqu'au jour où Remus prit son courage à deux mains.
…
« Salut… »
Amy releva vivement la tête du livre dans lequel elle était plongée. Elle ne pouvait pas dire qu'elle était surprise, mais elle ne put pourtant s'empêcher de sursauter et de rougir à la vue de celui qui venait de la rejoindre.
« Remus… ? répondit-elle, comme à bout de souffle. »
« Ca va ? demanda-t-il en s'approchant de la table. Qu'est-ce que tu lis ? »
« Oh, ça… c'est quelque chose pour un projet qui… euh… bafouilla-t-elle. »
Remus fronça légèrement les sourcils et sembla, un instant, vouloir pousser le sujet. Puis, il changea d'avis et se passa la main dans les cheveux. Après s'être installé sur le bord de la table, il s'éclaircit la gorge et reprit :
« Est-ce que je peux te parler… ? Si t'es pas trop occupée, je veux dire… »
« Parler ? Maintenant ? Euh… d'accord. »
Amy déglutit avec difficulté. Ca y est. La situation qu'elle avait cherchée à éviter au cours de la semaine précédente l'avait finalement rattrapée. Elle avait le souffle court et l'esprit vide. En fait, elle se sentait même étrangement… pleine d'espoir ? Mais Remus ne lui laissa pas le temps de s'appesantir sur cette surprenante révélation.
« Je voulais juste te demander – enfin, te parler de ce qui s'est passé après Pré-au-Lard… »
Inconsciemment, ses yeux quittèrent le visage d'Amy et parcoururent les rayonnages contre lesquels ils s'étaient embrassé l'autre soir.
« Je voulais juste te dire que… Enfin… je voulais savoir si, toi aussi, tu aurais voulu… Enfin… »
Remus se passa pour la énième fois la main dans les cheveux et souffla de frustration.
« Bref… Amy, j'aimerais bien que… »
Avec un grognement d'agacement, Remus plongea le visage dans ses mains et Amy ne put retenir l'éclat de rire nerveux qui lui échappa à la vue qu'il offrait. Lui, normalement si calme, lui qui savait d'habitude trouver les mots adéquats pour n'importe quelle situation, avait les cheveux dressés sur la tête et ne parvenait pas à prononcer une phrase complète. Au rire d'Amy, il se redressa vivement et la jeune fille craignit un instant de l'avoir blessé.
« Oh, Remus, je suis désolée ! J'étais pas en train de me moquer, c'est juste qu'on est tous les deux tellement pas doués… »
Au grand soulagement d'Amy, Remus partit d'un grand éclat de rire communicatif et elle ne put rien faire d'autre que de se joindre à lui, sans trop savoir s'il riait de la situation, de soulagement lui aussi ou pour masquer le fait qu'il était toujours mal à l'aise.
« C'est vrai qu'on est assez nuls… reprit-t-il finalement, lorsqu'ils se furent tous les deux calmés. »
Il avait les yeux brillants et le visage rougi par l'hilarité, et Amy ne put s'empêcher de rougir de l'envie soudaine qu'il lui prit de l'embrasser. Comme s'il avait eu la même idée, Remus s'arrêta soudain de rire et descendit de son perchoir pour s'installer sur la chaise libre à côté d'Amy.
« Amy… je… »
Il secoua la tête, eut un nouveau petit rire et, après lui avoir lancé un regard interrogateur, il prit délicatement le menton d'Amy dans sa main et lui effleura la bouche du bout des lèvres. Amy n'osait pas faire le moindre geste. Elle aurait voulu pouvoir le repousser. Lui dire que c'était une très mauvaise idée. Lui dire qu'elle allait le faire souffrir. Mais les mots refusèrent de lui échapper. Au lieu de cela, elle ne put que regarder, fascinée, les yeux gris de Remus épier nerveusement sa réaction. Ni elle ni lui ne paraissait vouloir faire le premier geste.
N'y tenant plus, Amy se lança. Adieu raison, vache, précaution. Sa main glissa lentement le long du cou de Remus et elle le sentit frissonner lorsque ses doigts s'emmêlèrent dans ses mèches désordonnées. Enfin, lentement, délibérément, elle joignit leurs bouches en un baiser.
…
Amy repensait souvent à ce moment, lorsqu'elle parcourait les couloirs déserts de Poudlard. Pendant un instant, elle pouvait alors baigner dans l'illusion que Remus était là, avec elle – pour ensuite mieux ressentir à quel point il lui manquait.
Elle ne s'était pas rendu compte de combien elle était devenue dépendante de lui au cours de ces quelques derniers mois. Elle avait toutes les peines du monde à s'empêcher de lui envoyer quinze lettres par jour. Au lieu de cela, elle se limitait à une lettre tous les trois jours – une pauvre petite lettre dont le ton léger tentaient maladroitement de couvrir le trou béant que son absence avait laissé dans son quotidien. Personne à qui parler du futur. Personne pour rire à ses plaisanteries et ses confusions. Personne pour la rassurer. Personne pour réchauffer ses doigts glacés par le froid des couloirs…
Amy poussa un nouveau soupir et reprit sa contemplation des flocons de neige. Jamais encore elle n'avait connu d'hiver aussi enneigé. Malgré les nuages, c'était un de ces jours blancs et lumineux. Froid aussi, se rappela-t-elle lorsqu'elle sortit le bras de dessous les couvertures pour vérifier l'heure qu'il était. Onze heures. Le temps de se doucher et de s'habiller et il lui faudrait déjà descendre pour le traditionnel déjeuner de Noël.
…
Arrivée en vue des portes de la Grande Salle, Amy pressa le pas. Encore un repas en compagnie de Snape et des professeurs… Youppie. Etant donné leurs nombres réduits, Dumbledore avait insisté pour qu'ils mangent tous à une table dressée au centre de la pièce. En tant que seuls élèves présents, Amy, Snape et un 5e année Serdaigle s'étaient retrouvés dans une proximité forcée – aussi bien entre eux qu'avec les professeurs, il faut l'avouer. Car si Amy appréciait beaucoup la majorité du corps enseignant, ce n'était pourtant pas en leur compagnie qu'elle aurait choisi de passer tous ses repas. Après tout, un professeur était encore un professeur…
Mais bon, il allait falloir faire avec, soupira Amy en se servant généreusement de pain avant de passer le panier au professeur Chourave à côté d'elle. Comme souvent, les pensées d'Amy se détachèrent de l'instant présent pour se tourner, encore et toujours vers Remus. C'était étrange – elle n'avait jamais réellement eu de petit ami à proprement parler, et pourtant leur relation lui paraissait être la chose la plus naturelle du monde. Après leur seconde rencontre à la Caverne, de nouvelles habitudes confortables s'étaient développées entre eux. Mains serrées, caresses discrètes. Baisers sur la joue. Baisers dans le cou. Baisers dans la nuque, dans la paume de la main, derrière l'oreille. Baisers sur la bouche, dans les cheveux, sur l'épaule…
Ils n'avaient pas cherché à mettre leurs amis dans la confidence, mais Amy pensait qu'ils devaient bien se douter de quelque chose. James, Peter et Lily semblaient regarder Amy avec une affection renouvelée. Sirius la considérait toujours avec circonspection, mais bon, 'à l'ouest, rien de nouveau' comme aurait dit son père…
Cette expression guerrière rappela à Amy une autre pensée, qu'elle avait, pour le coup, cherché à éviter depuis le début des vacances. L'attaque du Chemin de Traverse… Amy frissonna et jeta un regard nerveux autour d'elle, mais personne ne paraissait faire attention à elle. Snape regardait son assiette avec morosité. Le 5e année discutait avec animation avec un professeur qu'elle ne connaissait pas et les autres membres de l'équipe enseignante de Poudlard étaient plongés dans un débat sur les vertus comparées des enchantements et des potions.
Non, décidément, songea Amy en reprenant le cours de ses pensées, ces vacances étaient loin d'être les meilleures qu'elle ait jamais passé. Elles avaient néanmoins l'avantage de lui permettre d'avancer ses recherches. Elle avait décidé d'abandonner ses investigations initiales sur la famille Potter et sur le traître potentiel voyant qu'elles ne menaient à rien. Au lieu de cela, elle avait commencé à travailler sur le mécanisme de l'Avada Kedavra et sur les moyens de trouer un sortilège d'anti-transplanage en prévision de l'attaque du Chemin de Traverse. Elle fit une grimace en songeant à ce que ces quelques prochains mois allaient apporter comme événements déplaisants. Se retrouver accidentellement mêlée à l'attaque de Pré-au-Lard était une chose, mais avait-elle vraiment la trempe nécessaire pour aller volontairement se placer au cœur d'une nouvelle bataille ? Cette pensée écourtait bien trop souvent ses nuits.
Un cracker de Noël agité devant son nez par un professeur Chourave réjoui la tira de ses réflexions et, forçant un petit sourire, Amy attrapa l'un des côtés du cracker.
…
Mais ce ne fut pas le jour de Noël qui marqua la véritable fête de ces vacances. Le vingt-six au matin, Amy fut réveillée par un hibou frappant frénétiquement aux carreaux de sa chambre.
« Ca va, ça va, j'arrive, grommela la jeune fille en clignant des yeux contre la lumière éblouissante du soleil d'hiver. »
A peine eut-elle saisi la lettre que l'oiseau s'envola sans demander son reste.
« Stupide bestiole, marmonna Amy avant de retourner précipitamment sous ses couvertures. »
« Chère Amy, (commençait la lettre)
Je te souhaite encore un très joyeux Noël pour hier – je suis désolé de ne pas avoir pu le passer avec toi, mais j'espère que mon petit cadeau t'aura un peu réconforté. (Amy ébaucha un sourire et jeta un regard à sa table de chevet. Quelques jours avant les vacances, elle avait raconté à Remus qu'à chaque Noël, elle relisait le Christmas Carol de Dickens…)
Et merci mille fois pour le tien ! Je suis vraiment impressionné par la précision de ton plan. J'ai hâte d'être de retour à Poudlard pour pouvoir explorer tous ces passages secrets et ces chambres qu'on ne connaissait pas. Je n'arrive pas à croire qu'on en ait loupé tellement. Et tu ne veux toujours pas me dire comment tu les as découverts… ? (Non, Amy préférait de loin laisser Remus lui imaginer un passé d'aventurière plutôt que de lui dire la triste vérité : elle les avait trouvés au cours de ses recherches pour un projet d'Histoire de la Magie…)
Mais ce n'est pas juste pour tenter encore une fois de te tirer les vers du nez que je t'envoie cette lettre. C'est pour t'offrir mon véritable cadeau de Noël : une journée au Chemin de Traverse ! J'ai déjà demandé la permission à Dumbledore – il t'attend dans son bureau à 10h30 pour que tu puisses utiliser sa connexion au réseau de Cheminées et me retrouver au Chaudron Baveur.
(Si tu veux bien venir bien sûr…)
J'ai hâte de te voir !
Je t'embrasse,
Remus. »
Dix heures et demie ? Mais c'était dans quarante minutes… ! Amy bondit du lit. Petit déjeuner ! Non ! Douche d'abord ! Aaah ! Elle se rassit brutalement et respira un grand coup.
Douche, puis petit déjeuner, décida-t-elle.
« Ca roule, ma poule, lança Amy à la chambre vide avant de se jeta sur sa serviette. »
…
Une trentaine de minutes plus tard, Amy tentait à la fois de se brosser les dents et d'enfiler ses bottines. Une fois ces tâches ardues accomplies, la jeune fille empoigna sa cape et se précipita hors du dortoir.
En chemin, elle vérifia nerveusement que ces cheveux étaient bien en place, maintenus par leur barrette habituelle. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Elle en avait passé pourtant des journées et des après-midis seule avec Remus – aussi bien avant qu'après cette fameuse soirée dans la Caverne, songea-t-elle avec un sourire embarrassé.
A dix heures trente tapantes, ce fut donc une Amy un peu essoufflée et un peu rouge qui se présenta à la porte du directeur de Poudlard.
« Ah ! Miss McShane, lança Dumbledore avec un sourire paternaliste qui la fit grincer des dents. »
Mais, contre toute attente, il n'ajouta rien à cette remarque et se contenta de l'accompagner jusqu'à la cheminée. Son sourire se fit plus vrai lorsqu'il se pencha pour lui tendre son pot de poudre de Cheminette.
« Joyeux Noël, Amy, dit-il simplement. »
Et, alors qu'elle commençait à tourbillonner d'une cheminée à l'autre, elle se demanda si ce n'était pas les premiers mots sincères que le Directeur lui avait adressés depuis son arrivée en 1990.
…
Une fois au Chaudron Baveur, toute pensée de Dumbledore quitta instantanément l'esprit de la jeune fille. Elle tentait désespérément de remettre un peu d'ordre dans sa tenue tout en jetant des coups d'oeil qu'elle voulait discrets aux occupants du pub. Mais où pouvait-il bien être ? Comme elle aurait eu besoin en ce moment des conseils rassurants d'Aurélie… Ou des commentaires amusants de Lily, se surprit-elle à songer avec un sourire.
Une main se posa sur son bras et elle se retourna. Son sourire s'élargit encore en voyant qui se tenait derrière elle.
« Remus ! s'écria-t-elle en se précipitant dans ses bras. »
« Quel enthousiasme débordant, remarqua le jeune homme en déposant un baiser léger sur les lèvres impatientes de son amie. »
« Bof. Tu sais, Snape est un très bon remplaçant… »
Remus fit une grimace dégoûtée et l'embrassa de nouveau pendant qu'Amy se calait plus confortablement dans ses bras.
« Je commence à croire que tu passes trop de temps avec Lily. Son humour tordu est en train de déteindre sur toi… plaisanta le jeune homme. »
« D'ailleurs, à propos de Lily – elle t'a raconté la dernière ? J'ai oublié de te dire dans ma dernière lettre, mais elle avait ce dîner de famille l'autre jour avec le nouveau copain de sa sœur et… »
Tout en bavardant avec animation, Remus et Amy se dirigèrent vers le passage menant au Chemin de Traverse. Toute la nervosité de la jeune fille s'était évaporée aussitôt qu'elle avait vu Remus. Elle jeta sa cape sur ses épaules et enfila gants et bonnet, cadeaux de Lily et de James. Remus l'attendait à l'entrée de la rue commerçante. Emplie d'une soudaine bouffée de joie d'être là avec lui, Amy se précipita vers le jeune homme et failli le faire tomber à la renverse dans son enthousiasme.
« Merci ! s'exclama-t-elle. Merci, merci, merci ! J'adore ton cadeau ! »
Il rigola. Et, main dans la main, ils s'engagèrent dans une journée qui devait rester gravée à tout jamais dans l'esprit d'Amy. Oubliés, ou presque, étaient les événements récents et les longues années de terreur à venir. Les non-dits et les doutes. La peur de ne pas être à la hauteur… En cet après-midi ensoleillé, Amy et Remus étaient un couple comme les autres, se racontant des bêtises, se chatouillant discrètement, se souriant timidement.
Londres et le sud de l'Angleterre avaient été épargnés des intempéries qui avaient recouvert le nord du pays de neige et de verglas. Il faisait froid, certes, mais le soleil de décembre réchauffait leurs dos alors qu'ils parcouraient, pour la sixième fois de la journée, les pavés du Chemin de Traverse. Amy soupira d'aise. Il ne restait plus qu'un magasin où elle voulait se rendre…
« Tu sais, la boutique du menuisier qui fait le coin avec l'Allée des Echos ? »
« La ruelle qui mène à la Fontaine de je-sais-plus-trop-qui ? »
« De Narcisse, oui. Ils vont la rebaptiser dans quelques années, tu sais ? fit Amy, prise d'une soudaine inspiration. »
« Ah bon ? »
« Oui, c'est la 'Fontaine Malfoy' à mon époque… »
« Non, sans blague ? s'exclama Remus, éberlué. Remarque, c'est plus ou moins la même chose... »
Amy pendant ce temps se retenait d'éclater de rire. Pour une fois que le fait qu'elle se trouvait dans le passé avait l'avantage de lui permettre une blague ou deux…
« Tu vois de quelle boutique je veux parler alors ? reprit-elle. »
« Vite fait, pourquoi ? »
« Y a une boîte que j'ai trouvée là-bas lorsque je suis venue début octobre. Et puis tu verras, je suis sûre que ça va te plaire – y a des objets incroyables dans ce magasin. Et c'est le vendeur qui a tout fait lui-même, expliqua Amy en prenant le chemin de l'échoppe. »
…
« L'Arbre de Vie » était tel qu'Amy se le rappelait – petit, encombré et illuminé par les derniers rayons du soleil. Aussitôt arrivée dans la boutique, elle lâcha la main de Remus et se mit à farfouiller dans tous les coins et recoins en attendant l'entrée en scène du Menuiser. Son cœur se serra un instant à la pensée que sa précieuse boîte avait peut-être déjà trouvé un nouveau propriétaire. Elle ne parvenait pas à mettre la main dessus. De loin en loin, elle souriait aux petites exclamations de surprise de Remus, caché par un monticule d'objets divers qui menaçaient de s'écrouler à tout moment.
Amy jeta un coup d'œil au comptoir.
« Bonjour ! Joyeux Noël, s'écria-t-elle. »
« Ca fait longtemps que vous n'êtes pas venue me voir, fit le Menuisier pour toute réponse. »
Le sourire qu'il lui lança contredisait son ton bourru.
« C'est pour la petite boîte que vous êtes là ? »
« Entre autres, oui – elle est là ? fit Amy d'un ton qu'elle voulait nonchalant. »
« Non, répondit le Menuisier. »
« Quoi ? Oh non ! J'arrive pas à croire que quelqu'un l'ait achetée ! »
« Achetée ? Non… »
Le vieil homme regardait Amy de ses petits yeux rieurs, comme pour lui donner un indice.
« Comment ça ? Je comprends pas… »
« Si la boîte n'est plus ici, reprit le Menuisier patiemment, c'est que je l'ai mise de côté pour vous. Tenez, la voilà. »
Il sourit à l'exclamation joyeuse de la jeune fille. Amy se précipita vers le comptoir et se saisit de la boîte. Elle était comme dans ses souvenirs – lisse et chaude au toucher, les nœuds du bois traçaient des dessins psychédéliques qu'elle suivit un instant du doigt, fascinée.
« Fais voir un peu, demanda Remus qui s'était approché sans qu'Amy le remarque. »
Délicatement, il lui prit l'objet des mains et en souleva le couvercle. L'intérieur était aussi poli que l'extérieur.
« Elle est magnifique, déclara-t-il en se tournant vers le Menuisier. Amy m'a dit que c'est vous qui aviez tout fabriqué vous-même… ? »
Le vieil homme hocha la tête et dit de sa voix rappeuse :
« Cette boîte, je l'avais presque oubliée lorsque votre amie est venue ici il y a quelques mois. Et pourtant, Merlin sait l'importance qu'elle avait pour moi. C'était une sorte d'erreur de jeunesse qui m'a permis de beaucoup avancer dans mon travail. Et pendant longtemps, c'est tout ce que je voyais en la regardant – une erreur. Puis, après le passage de votre amie, je l'ai bien regardée. Avec un regard neuf cette fois. »
Tout en parlant, il avait repris possession de l'objet et le fixait à présent avec concentration. Puis l'expression de son visage s'adoucit.
« Et je me suis rendu compte que malgré ses imperfections, malgré le fait qu'elle n'était pas la hauteur de mes espérances, je ne l'aurais changée pour rien au monde. Au fond, elle était exactement telle que je l'avais voulue : si pleine de vie et de souvenirs qu'elle ne pouvait pas contenir beaucoup plus. »
Sur ce, il se tourna vers Amy.
« Tenez. Je vous la donne. »
La jeune fille se récria, mais il déposa l'objet dans ses mains.
« J'insiste. Elle vous sera plus utile qu'à moi. Revenez me voir bientôt. »
Amy promit et remercia profusément le vieil homme. Puis, après avoir fait ses adieux, elle suivit Remus dans la rue, perdue dans ses pensées. Du bout des doigts, elle caressait affectueusement le bois de son cadeau. De temps à autres, elle ne pouvait s'empêcher de sortir l'objet de sa poche et de l'examiner à la lumière des réverbères. Ce n'est que lorsqu'ils atteignirent le Chaudron Baveur qu'elle reprit la parole.
« J'arrive pas à croire qu'il me l'ait donnée… ! »
« Je commence à croire que c'est pas que par Snape que tu m'as remplacé… lui lança Remus avec un petit clin d'œil. »
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise… J'avais le temps long, répliqua-t-elle, sortant enfin de son étourdissement post-boîte. »
Et elle lui rendit son clin d'œil. Puis, après un regard à sa montre :
« Ca va bientôt être l'heure que je rentre, non ? »
« Bientôt, mais pas tout à fait, fit Remus d'un ton mystérieux. J'ai dit à Dumbledore que je te renverrai à temps pour un bisou de bonne nuit... »
« Ah non ! Dumbledore c'est trop là… ! »
Remus ricana. Amy frissonna.
« Ca t'apprendra à me tromper avec Snape. »
« C'est pas de ma faute. Chaque repas, il était là à me jeter des regards sinistres. Puis un jour, il s'est penché et lorsque j'ai vu son nez et ses cheveux tremper dans sa soupe, j'ai pas pu résister. Je me suis dit 'Ca y est ! J'ai trouvé l'homme de ma vie.' Et depuis, c'est l'amour fou. »
« C'est vrai que dit comme ça… Mais bon, bref, toujours est-il que j'ai une surprise pour toi. »
« Encore une surprise, répéta Amy deux octaves plus haut. Qu'est-ce que c'est ? Dis-moi, dis-moi ! »
« Devine, fit Remus en l'entraînant vers l'entrée moldue du pub. »
« Je sais ! Tu m'emmènes voir un concert de Nirvana ! »
« Nirva-quoi ? »
« On va serrer la main de Diana ? »
« Connais pas… »
« Quoi ? Tu plaisantes ? T'as pas fait Etudes de Moldus ? »
Remus haussa les épaules.
« On va… visiter l'URSS ? D'ailleurs, franchement, il exagère celui qui m'a fait revenir dans le passé – il m'aurait envoyé un an plus tôt et j'aurais pu assister à la Chute du Mur de Berlin… Pff ! »
« C'est vrai ça, quel manque de savoir-vivre… rigola Remus. Mais non, c'est toujours pas ça. »
…
De nombreuses suppositions ridicules plus tard, ils arrivèrent à un petit restaurant perdu dans le labyrinthe qu'était Soho.
« Après vous, chère Madame, dit poliment Remus en ouvrant la porte pour Amy. »
« Merci mon ami, répondit-elle dignement. »
Et tous deux suivirent la serveuse qui les mena dans une autre salle à l'arrière du restaurant, à une table où étaient déjà assises quatre autres personnes.
« Surprise, murmura Remus dans l'oreille de Amy alors que leurs amis se levaient pour les accueillir. »
« Joyeux Noël, s'écria Lily en se précipitant vers Amy. Ca me fait tellement plaisir de te voir ! »
« Et moi alors ? D'ailleurs, Lily, faut qu'on parle – tu donnes un mauvais exemple à Amy tu sais… commença Remus alors qu'Amy étreignait en riant James, puis Peter et enfin Sirius. »
« Quoi, mais pas du tout, répondit Lily. Je suis un modèle de gentillesse, de politesse, de finesse, de… »
Elle s'interrompit un instant pour aider James à regagner son siège. Amy en profita pour prendre la parole.
« Comment va ta jambe ? »
« De mieux en mieux, merci, répondit James. Comment ça se passe à Poudlard ? Tu t'ennuies pas trop ? »
« Ca va, je me suis fais de nouveaux amis, lança Amy en jetant un regard en coin à Remus. »
Voyant que celui-ci ouvrait la bouche pour l'interrompre, Amy poursuivit précipitamment.
« Joséphine du couloir Est, cinquième étage par exemple. Vous la connaissez ? »
Remus referma la bouche et Sirius manqua de s'étouffer en prenant une gorgée d'eau.
« Ne l'écoute pas, Tournesol. Si on parlait plutôt du week-end que tu as passé à Godric's Hollow, hein ? tenta Sirius. »
Mais Lily ne se laissa pas si facilement distraire.
« Qui ça ? demanda Lily intriguée pendant que les garçons se dévisageaient. »
« Elle m'en a raconté, des belles histoires… T'as pas idée, Lily. Je te la présenterai si tu veux. »
« Qu'est-ce qui leur arrive ? »
Amy jeta un coup d'œil aux garçons, qui paraissaient soudain très occupés à regarder la table, à part Sirius qui la fusillait du regard.
« Eh bien… tu connais la règle qui interdit les portraits vivants dans les dortoirs – question de respect de la vie privée etc. »
« Oui, et alors… ? »
« Il se trouve que cette règle s'applique à tous les tableaux de Poudlard. Tous, sauf un. Ou plutôt une. Joséphine. »
« Mais, tu viens de dire qu'elle était dans le couloir Est… ? s'exclama Lily en jetant un regard à James pour confirmation. »
Ce dernier se contenta d'avoir l'air très concentré sur son menu.
« Oui, mais elle a un deuxième cadre – et pas n'importe quel cadre… Un cadre qu'elle peut déplacer selon son bon vouloir d'un dortoir à l'autre. Tu devineras jamais où elle a décidé de s'installer depuis ta première année. »
Lily haussa les épaules.
« A la tête du lit de Sirius… Il semblait que la demoiselle ne soit pas insensible à son charme indéniable, expliqua Amy avec un clin d'œil à Sirius qui la dévisageait d'un air mauvais. Le plus drôle dans cette histoire, c'est qu'ils ne se sont rendu compte de rien jusqu'au début de cette année… Elle a dû en voir de ces choses, Josie. »
« Attends, c'est vrai ? s'écria Lily, à peine remise de sa surprise. James ? »
« Oui, chérie ? »
« Joséphine ! »
« Oui, chérie. »
« Quoi ? Et c'est tout ce que tu trouves à répondre ? T'aurais pas pu me prévenir un peu avant… »
Lily s'arrêta net et referma brusquement sa bouche. Ce fut à son tour de rougir à l'air amusé de ses compagnons de table.
« Sacrée Josie, murmura Amy sans trop savoir si c'était vraiment la chose à dire, mais incapable de se retenir plus longtemps. »
Lily gémit en plongeant son visage dans ses mains et James lui tapota gentiment la tête pendant que ses trois amis semblaient tout faire pour éviter d'éclater de rire et d'attirer l'attention de la jeune fille vers eux.
…
Marchant le long des couloirs sombres et silencieux de Poudlard dans la direction de la Tour de Gryffondor, Amy ne put s'empêcher de rigoler doucement au souvenir de cette soirée mémorable. Une fois n'est pas coutume, elle repoussa les sentiments de culpabilité – envers ses amis d'ici, qu'elle n'était pas sûre de pouvoir aider, et ses amis de là-bas, qu'elle avait l'impression d'oublier – et se laissa bercer par la douce chaleur que lui avait procuré cette journée avec Remus et ce dîner entre amis.
...
