9 Un valet de cœur.

Braeden, par souci, décida de voir comment allait Draco en rentrant à Lochlain-Blood. Il savait que le sorcier serait un peu perdu de se trouver dans un endroit inconnu, en effet il n'était jamais venu dans la chambre du duc.

Le guérisseur alla donc dans la chambre du seigneur qui n'était pas rentré de sa chasse certainement, comme un gardien le lui confirma quand il le lui demanda. Surpris Braeden vit le jeune homme blond assis au bord du lit essayant de se lever maladroitement. Sans savoir comment, Draco savait où il se trouvait, pas besoin d'être devin pour savoir que cette chambre luxueuse appartenait au duc.

-Que fais-tu ? Gronda le vampire un peu sévère. Tu vas rouvrir la blessure, reste allongé Draco ! Elle n'est pas encore refermée loin s'en faut.

-Je ne veux pas rester ici, amène-moi ailleurs, s'il te plait ! Ou alors demande à mon père de venir me chercher, il viendra si tu lui demandes.

-Il est parti avec Severus, Draco, je ne sais pas quand ils reviendront et ils ne sont certainement pas au manoir Malfoy. Pas avec le danger qui court sur eux.

-Où sont-ils alors ? Ne me dis pas que ces deux idiots sont à la recherche des assassins qui m'ont attaqué !

-Je ne sais pas si je dois te le dire, mais oui, ils sont à la recherche des liches, ils veulent les éliminer afin qu'il n'y ait pas d'autres victimes.

--Et merde ! Je ne suis même pas en état de les aider. Ils sont fous, crois-tu qu'ils ont une chance de les vaincre ?

-Oui, Severus est un vampire et ton père a de la détermination à revendre, avança le guérisseur. Ils ont une chance de revenir, Draco, mais pour l'instant ne pense pas à ça, tu dois te reposer.

-Non, pas ici, il est partout autour de moi je le sens.

-Pourquoi ? Tu es en sécurité dans cette chambre, personne ne s'y approchera, que crains-tu ?

-Cette chambre est la sienne ? Et ne mens pas, je suis déjà assez fatigué comme ça, je n'ai pas envie d'une longue discussion, Braeden.

-D'accord ! Tu es dans la chambre du seigneur Phadraig, c'est lui-même qui t'y a installé. Tu peux encore y rester quelques heures il est parti chasser. Je te le répète tu ne risques rien ici et ta blessure n'est pas encore refermée, tu dois faire attention.

-Je veux partir de là, s'écria le blond. Sors-moi de cet endroit, ajouta-t-il en se mettant debout et en posant une main sur sa poitrine qui lui faisait un mal de chien.

-Arrête ! Ne t'agite pas, je vais t'aider.

Le vampire passa un bras autour de la taille du jeune entêté et lentement il l'emmena à l'étage inférieur, dans une chambre près de celle d'Harry. Le guérisseur l'aida à s'allonger puis il le recouvrit après lui avoir fait boire une autre potion. La nuit n'était pas finie pour Braeden, il avait encore du travail et une proie à trouver pour se nourrir.

Le vampire pensa que cette fois encore il n'aura pas le temps de profiter de sa victime, pas qu'il était pervers comme l'avait insinué Severus une fois, mais il ne disait jamais non à un bel homme ou même à une femme.

Sur le matin de très bonne heure, Draco se réveilla en gémissant sourdement. Il souffrait comme c'était pas permis, quelle saloperie de sort ! Le sorcier regarda autour de lui, personne et pas de potion pour le soulager. Il ne pouvait pas rester ainsi, il ne tiendra jamais le coup jusqu'à se que quelqu'un apparaisse, en plus de ça il n'avait pas sa baguette.

Lentement Draco se leva et se dirigea, chancelant, vers la porte de la chambre. Il l'ouvrit puis sortit dans le couloir, avançant à petits pas. Il était déjà en sueur et chaque mouvement l'affaiblissait de plus en plus. Après avoir longé le long couloir il descendit péniblement le grand escalier pour se rendre au laboratoire, là il trouvera de quoi se soigner, pensa-t-il.

Il était à mi-marche, très essoufflé, à bout de force et près à faire une syncope, quand il rencontra Braeden qui le fit remonter sans perdre un instant.

-Attends-moi dans le premier salon et allonge-toi de suite, la première porte en haut, lui ordonna-t-il. Je t'apporte une potion de suite et après je t'aiderais à regagner ta chambre.

Dépité mais soulagé, le blond Serpentard remonta extrêmement lentement, chaque pas lui tirant un gémissement de douleur, et entra dans la pièce que le guérisseur lui avait indiquée. Il en avait marre de souffrir autant, quand est-ce que cela allait prendre fin ! S'exaspéra-t-il en refermant la porte derrière lui.

Draco allait s'avancer plus avant dans le salon pour profiter du canapé salvateur et souffler un peu, quand il entendit des ahanements retentirent dans un coin du salon. Il allait s'excuser et ressortir hâtivement, enfin autant qu'il le pourrait, quand il s'aperçut que des yeux verts brûlants de désir le fixaient ironiquement.

Deux hommes l'un contre l'autre contre un mur se mouvaient lentement dans une danse sensuelle.

Draco perdit son sang-froid quand il vit Heath Phadraig allait et venir entre les fesses de son amant. Il devint furieux, il était blessé dans sa chair de voir l'homme qu'il aimait faire l'amour avec un autre, juste sous ses yeux.

Sa raison lui disait de se taire et de quitter immédiatement la pièce. Mais c'était plus fort que lui il perdait pied, il ne savait plus, sa souffrance était encore plus grande que celle provoquée par le sort que les liches lui avaient lancé. Il se sentait détruit de l'intérieur, son cœur explosa en miette.

Hors de lui il jeta un air dédaigneux au duc, ses yeux étincelaient, il était triste, si triste.

-Vous pourriez être plus digne, monsieur le duc, cracha Draco qui n'avait plus la notion de rien. Il y a des endroits plus adaptés pour se conduire comme le dernier des salauds. N'importe qui pourrait venir et vous voir forniquer comme un vulgaire porc.

Draco savait qu'il avait été trop loin, le duc allait le tuer sur ce coup-là et l'envoyer de l'autre côté du monde des vivants. Tant mieux, pensa-t-il dans un moment d'égarement. Comme ça il n'aura plus à souffrir autant et là il ne parlait pas de sa blessure.

L'homme se retira de son amant et reboutonna son pantalon d'un air calme, trop calme à vrai dire. Il se planta devant le blond et sa main claqua violemment sur la joue avant de partir, laissant Draco seul avec l'autre vampire. Le duc s'était contenu alors que son sang bouillonnait, le blond avait perdu la tête, il ne voyait rien d'autre sur le moment pour expliquer son cri de fureur.

-Tu es mort, éructa l'autre vampire avant de lui sauter à la gorge. Tu n'aurais pas dû t'adresser au seigneur sur ce ton. Si lui ne te punit pas je le ferais moi.

Le sorcier s'écroula sous les coups de son assaillant qu'il n'avait pas vu venir. De ses bras Draco essayait de se protéger mais l'autre était plus fort, les poings du vampire assis sur lui redoublaient de violence, il n'en pouvait plus. Draco entendait Braeden frapper contre la porte qui ne voulait pas s'ouvrir mais il était incapable de lui répondre.

Doucement, alors que le sang coulait de multiples plaies il arrêta de se débattre, il n'en avait plus envie, plus le désir. C'était trop et puis à quoi bon de toute façon ?

Draco entendit faiblement un bruit d'explosion puis les coups cessèrent brusquement et le poids de l'autre sur son corps disparut. Le sang remonta dans sa bouche, il en cracha un flot sur le parquet ciré, les cris autour de lui retentissaient dans son crâne mais il s'en foutait, il aurait voulu mourir sur le champ, là de suite et ne plus penser, ne plus penser à lui, le duc.

Heath Phadraig retira son épée du corps du vampire qui avait abusé de sa condition. Personne n'avait le droit de punir, excepté lui. Personne n'avait le droit de lever la main sur Draco Malfoy, excepté lui. L'autre avait payé le prix de son insoumission, jamais il ne l'avait autorisé à rouer de coups le jeune sorcier.

Le duc fit venir deux gardes et leur ordonna de porter le vampire désobéissant dans un cachot, sans aucune nourriture.

Les deux hommes prirent le corps affalé aux pieds de leur seigneur et disparurent promptement dans les couloirs.

-Ramène-le dans sa chambre lui aussi, Braeden, ordonna le seigneur Phadraig en parlant de Draco.

-Non, je ne peux pas le bouger, je crois même que cette fois nous n'arriverons pas à le remettre sur pieds.

-Fais ton possible ! Demande à Harry de venir, il t'aidera, répliqua le duc soucieux de la nouvelle qui le gela littéralement sur place.

-Je suis là, que ce passe-t-il encore ? S'enquit Harry qui n'avait pas encore aperçu le Serpentard sur le sol.

-C'est ton ami, un de mes hommes l'a agressé lui répondit le duc qui venait de s'agenouiller près de Draco.

-Draco ? Mais que fait-il là ? Il aurait dû être dans son lit.

-Il avait mal, il s'était levé pour aller chercher une potion, je l'avais croisé dans les escaliers, avoua Braeden. Je lui avais dit de m'attendre dans le salon car le chemin jusqu'à sa chambre était trop long. Je lui avais dit de s'allonger sur le canapé pour se reposer, je ne pensais pas qu'il dérangerait quelqu'un.

-Je suis seul responsable, c'est moi qui aie laissé Pierce avec Malfoy. Je ne pensais pas qu'il allait s'en prendre à lui, arrête de me regarder comme ça Harry ! Je n'ai pas voulu que ça arrive.

-Tu aurais dû prévoir, l'accusa-t-il. L'autre était ton amant, n'est-ce pas ?

-Je n'ai pas à répondre, soignez-le, faites votre possible, ajouta le duc en se relevant.

-Je vais le faire, gronda Harry en colère en sentant le désespoir dans la voix du duc. Je ne le laisserais pas dans cet état. Mais je te préviens, aussitôt qu'il ira mieux je l'emmènerai loin d'ici et surtout loin de toi, Heath.

-C'est bien comme ça que je l'entendais, Harry. Loin de moi il pourra revivre, moi je ne lui apporterai que malheur et désillusion. Je n'ai rien à lui offrir.

-Si tu crois ça c'est que tu es encore plus idiot que je le croyais !

Harry resta une bonne partie de la journée avec Draco à essayer de réparer les bêtises de Heath. Il lui en voulait énormément sur ce coup-là. Peut-être qu'il n'avait pas lui-même administré la rossée mais c'était tout comme. Quel foutu entêté ! Rien qu'une tête de mule comme on en faisait plus.

Vers trois heures, alors que le fils de Lucius semblait aller mieux, Harry décida de se reposer. Sa magie avait été mise à rude épreuve ces jours-ci, il devait se ménager un peu. Il avait réussi à refermer toutes les plaies, Merlin merci ! Le jeune brun demanda quand même à Emilio, qui était passé pour proposer son aide, de rester près du blond et de ne le quitter sous aucun prétexte.

L'italien opina gravement. Il ne lui serait jamais venu à l'idée de refuser. S'il devait reporter son escapade à demain hé bien il le ferait, Draco avait besoin de lui, pas question de laisser son ami seul avec sa douleur physique et affective. Emilio avait bien compris que le blond était amoureux du duc, il n'était pas aveugle.

Le chef des clans ne vint pas une seule fois s'enquérir de la santé de Draco, Harry le lui avait interdit dans une de ses colères dont il avait le secret. Heath avait regimbé puis avait fini par grommeler puis encore menacé, mais le médicomage avait été inflexible, pas de visite !

Le Serpentard revint à lui véritablement le soir, son visage était encore boursoufflé et un mal de tête épouvantable lui vrillait les tempes. Malgré cela, animé d'une volonté farouche le blond se leva et enfila son pantalon puis sa chemise sous les gestes désespérés et chagrinés d'Emilio qui suppliait son ami de se recoucher.

-Soit tu m'aides, soit tu sors d'ici et tu te tais, Emilio. Je vais sortir de cette chambre, longer le couloir, descendre ce foutu escalier interminable et foutre le camp de ce château pour ne plus jamais y remettre les pieds.

-Si Draco, je comprends ce que tu veux, tu veux le fuir, n'est-ce pas ?

-On ne peut rien te cacher, mon ami, ironisa le blond en boutonnant sa chemise maladroitement.

-Tu es sûr de ta décision ? Tu ne vas pas le regretter ?

-Non, aucune chance, soupira Draco.

-Et si je t'accompagnais, tu dirais quoi, hé ?

-Je ne veux pas que tu aies des ennuis à cause de moi, Emilio.

-Normalement aujourd'hui j'avais pris la décision de disparaître, si tu acceptes de me suivre nous pourrions nous entraider, qu'en penses-tu ?

-Je te suis, à vrai dire je me demandais comment j'allais faire pour sortir d'ici, sourit piteusement le Serpentard. Mais là avec toi je crois que j'ai une chance d'y parvenir.

-N'oublie pas que je suis un vampire, Draco, et que de ce faite je peux disparaître a ma guise quand bon me semble.

-Tu veux dire que je n'aurais pas à marcher jusqu'à la porte !

-C'est bien ça ! Finis de t'habiller pendant que j'emballe quelques-unes de tes affaires.

-Je n'ai rien à moi ici, j'achèterais tout ce dont j'aurai besoin sur place. Je laisse juste ce parchemin pour Harry sur le lit, il comprendra.

-Ma qué ! Tu l'as écrit quand ce parchemin ?

-Pendant que tu dormais, gros nigaud, répondit affectueusement le blond.

Le vampire pouffa puis fit apparaître sa propre malle qu'il rétrécit et qu'il mit dans sa poche puis il s'approcha de Draco et passa un bras autour de sa taille avant de se volatiliser, laissant une pièce vide sentant encore l'odeur des onguents et des potions et des relents de tristesse.

-Installe-toi, bambino, rigola Emilio qui aimait employer des mots de son pays d'origine. Tu peux te décontracter nous sommes au milieu de Barcelona, nous sommes noyés au milieu de centaines d'êtres humains. Ils mettront des jours, voir des semaines avant de nous retrouver. Et nous aurons disparut bien avant que ce jour arrive, j'ai tout prévu.

Draco pâlissait, sa main pressée sur sa poitrine était rouge de sang et le même liquide s'écoulait de sa bouche.

-Mamamia ! S'exclama l'italien. Tu devrais aller t'allonger, je vais te soigner ça. J'ai pris quelques fioles avant de partir, le transplanage a dû rouvrir la plaie. Quel crétino je suis de ne pas avoir pensé à ça !

-Ca va aller, Emilio, quelques jours de repos et il n'y paraîtra plus, j'ai connu plus grave tu sais !

Le vampire aida le blond à s'étendre après lui avoir enlevé les chaussures et son pantalon. Il porta la chemise imbibée de rouge dans la petite salle de bain et la mit immédiatement dans le lavabo et la recouvrit d'eau pour la faire tremper. Quoi qu'il avait de sérieux doute, le sang ne partira jamais, il en sera quitte pour la jeter certainement.

Le Serpentard serra les dents alors que son ami nettoyait la blessure, il gémit quand il passa le baume apaisant et cicatrisant. Ses yeux se fermèrent déjà à peine avait-il fini la potion antidouleur, puis plus rien, le néant, le trou noir.

A Lochlain-Blood, au château du duc, Harry arriva dans la chambre du blond et fut surpris de voir le lit vide. Le médicomage avait pris quelques heures de repos et avait prévu de rester un moment avec le fils de Lucius pour lui tenir compagnie, il devait se sentir mal après les derniers exploits de Heath.

Avisant le parchemin il le fit venir à lui d'un accio et son visage se tendit de gravité. Ces deux idiots avaient foutu le camp en douce, ces imbéciles n'allaient jamais s'en sortir, le duc aura tôt fait de les rattraper et de les faire emprisonner.

Le sorcier se rendit dans le bureau du vampire en espérant encore l'y trouver à cette heure. Il frappa et entra sans attendre de réponse, il fut accueillit avec un regard noir, mais alors ça il n'en avait rien à foutre !

-Il est parti, accusa Harry en jetant le parchemin sur le bureau. La plus belle connerie que tu pouvais faire, Heath, tu viens de la faire, tu peux être content de toi maintenant.

-Parti, répéta le duc un peu perdu, Draco ?

-Tiens tu l'appelles Draco, ce n'est plus Malfoy !

L'homme ne répliqua pas, Harry était en colère et c'était normal. Il prit le parchemin et lut les quelques mots écrits dans l'urgence.

« Harry, quand tu liras cette lettre je serais déjà loin. Ne cherche pas à me retrouver, s'il te plait, je te le demande comme une faveur. Accorde-moi du temps pour me reprendre et effacer de mon esprit et de mon cœur cet homme impossible que j'aime si éperdument. Je reviendrais, un jour, dis à mon père qu'il ne s'inquiète pas, sinon il va vous rendre tous fous. Draco »

Le duc s'assit lourdement sur son fauteuil. Il avait pâli. Harry voyait devant lui un homme fragile et effondré, il n'avait plus rien à voir avec l'homme fort et sûr de lui, ce n'était plus le même, il souffrait.

-Tu l'aimes donc, Heath, tu es amoureux de lui pas la peine de nier c'est inscrit sur ton visage, affirma le survivant. Pourquoi ne lui as-tu rien dit ? Tu aurais pu éviter ça.

-Assieds-toi, il faut que je te parle, ordonna le chef des clans.

L'homme sembla chercher ses mots puis il commença à raconter.

-Voilà deux mois j'ai été victime d'un attentat, comme tu le vois je m'en suis très bien sortit.

-Mais, s'indigna le Gryffondor, je n'en ai rien su !

-J'ai préféré garder ça secret, seuls Braeden et Augustus sont au courant.

-Et depuis ?

-J'en ai subit deux autres.

-Donc si je comprends ce que tu veux me dire, c'est que tu as écarté sciemment Draco de la mire de ces tueurs ?

-Oui, je vais te dire autre chose, je pense sincèrement que les ombres de la mort n'étaient pas là pour les mangemorts, je pense que Draco était visé personnellement.

-En noyant le poisson, évidemment, pourquoi je n'y ai pas pensé ! Mais pourquoi s'en prendre à lui, il n'a rien fait de mal ?

-C'est après moi qu'on en veut, on veut ma place, il y a des jalousies et des luttes pour le pouvoir et éliminer celui qui me sera le plus proche pourrait m'affaiblir. Je ne sais pas comment ils ont su que Draco était important pour moi, ou alors ils frappent au hasard, je ne sais pas.

-Je comprends mieux tes raisons, mais je pense que tu aurais dû lui en parler.

-Pas question, tu ne sais pas de quoi est capable Cullen Mac Gowan, c'est un fourbe qui cache bien son jeu. Je le fais surveiller, au moindre faux pas je lui réglerais son compte.

-Pourquoi ne pas le faire maintenant ?

-Impossible, il vient d'une très grande famille, je me mettrais à dos certains vampires influents, je dois rester diplomate. Ensuite, avec des preuves solides je pourrais me débarrasser de lui. Personne ne m'en tiendra rigueur avec des atouts en main car ma justice fera force de loi.

-Vas-tu le faire rechercher, Draco s'entend ? S'inquiéta Harry.

-Oui, je vais envoyer Anton, il devra le protéger sans se faire voir, si Draco veut du temps je vais lui en donner. J'espère simplement qu'il ne me tiendra pas trop rigueur de ce que j'ai dû faire pour le tenir éloigner de moi.

-Alors ça je compterais pas dessus, tu ne sais pas le caractère épouvantable qu'il se tient parfois ! Rigola Harry.

Les deux coups frappés à la porte interrompirent les deux hommes. Après un, entré ! Un peu sec, le duc et Harry virent apparaître un garde qui avertit le seigneur qu'Emilio Razi était introuvable, qu'il avait transplané ce soir et qu'il était accompagné d'un autre homme.

-Hé bien maintenant nous savons que Draco n'est pas seul, dit Harry en sachant pertinemment qu'Emilio était avec le blond.

-Oui, mais pourquoi sont-ils partis à deux, y a-t-il quelque chose entre eux ? S'inquiéta le duc.

-Non, pouffa le jeune sorcier de voir Heath avoir une petite poussée de jalousie. Ils sont amis, tout simplement. Draco pourra compter sur Emilio, tu sais que ce garçon est d'une gentillesse débordante.

-Oui, grogna l'autre, j'espère que tu dis vrai.

-Cependant tu oublies une chose, Heath.

-Quoi donc ?

-Lucius Malfoy pardi ! Quand il va savoir que Draco a disparu il va te le faire regretter, crois-moi.

-Je verrai à ce moment-là, j'ai encore des places vides dans mes cachots, rouspéta le duc.

Harry rigola, la confrontation entre les deux hommes n'allait pas être triste, il espérait juste être là pour ne rien manquer du spectacle.

Six jours qu'Emilio s'occupait de Draco, le fils de Lucius délirait gravement, des mots incohérents sortaient de sa bouche sèche. Il souffrait énormément, de sa blessure d'abord, puis ensuite de la gifle, ce n'était pas les coups de l'autre vampire qui l'avaient brisé mais la gifle. Cette simple claque sur sa joue l'avait meurtri au plus profond de lui même.

C'était affreux de penser que l'homme dont il était amoureux avait levé la main sur lui, il se repassait ce moment sans cesse dans ses cauchemars. L'avait-il seulement mérité cette gifle ? Peut-être, il ne savait plus.

L'italien redoubla ses soins sinon Draco ne survivrait pas, la fièvre le bouffait littéralement et son teint cireux n'augurait rien de bon. En dernier recours Emilio alla demander à ses frères vampires quelques potions supplémentaires, ce qui lui fut accordé avec bienfait. Les vampires de Barcelona n'étaient pas sectaires, ils s'entraidaient volontiers.

L'ancien valet savait qu'il prenait le risque que le duc sache maintenant où ils se trouvaient, Draco et lui, mais il ne pouvait faire autrement. C'était ça ou bien la mort du Serpentard sur la conscience, et il préférait se faire prendre plutôt que de voir son ami disparaître.