Titre – Ghoster's
Auteur – FicAndRea
Public – Pour l'instant (et je pense que cela concernera toute la fanfiction), je vise le G, si cela venait à se modifier, je vous préviendrai en début de chapitre et j'éditerai ce message.
Spoilers – J'essayerai de respecter toutes les données fournies par les sept livres, mais il peut arriver à ce que j'en oublie ou en change. Bien sûr, cette histoire n'influencera pas l'histoire des bouquins, après… j'espère ne pas me planter.
Genre – Il n'y a pas de " genre " en particulier. Si ce n'est que cela se passe dans le temps des Maraudeurs mais après leur scolarité.
Disclaimer – C'est là où ça devient intéressant. Cette histoire est un crossover entre le livre Harry Potter et la série TV Ghost Whisperer. Néanmoins, il n'est pas nécessaire de connaître celle-ci pour comprendre l'histoire. La seule chose que j'utilise c'est le contexte et le personnage principal, Mélinda Gordon. Pour cette fois, je ne possède rien, ne réclame rien, ne gagne rien… Tout appartient à l'auteur du livre et à ceux qui ont travaillé sur la série, moi, rien.
Résumé – Je n'en fais pas, il suffit de lire le prologue pour le connaître !
Note – Toujours sans internet, à la recherche d'un F3 mais avec de l'inspiration… Dur, dur d'avoir tout ce qu'on veut ! Désolée pour le retard, je suis déjà à la fin du chapitre 9 mais je n'ai pas pu publier avant… désolée pour la mise en page (elle sera corrigée dès récupération du net chez moi).
Chapitre 8
- " Merci beaucoup de votre achat, revenez quand vous le voulez ! Bonne journée, au revoir. "
Lily ferma le tiroir de la caisse dans un tintement légèrement aigu et sonore. Cela faisait des heures à présent qu'elle attendait des nouvelles de Mélinda. À chaque fois que la porte s'ouvrait, elle espérait voir la jeune femme apparaître. Cependant, elle se trompait. Je n'aurais jamais cru que voir de nouveaux clients me minerait autant le moral, pensa-t-elle avec amertume.
Elle navigua dans la boutique et regarda par la vitrine. Les passants portaient des robes légères et s'éventaient à l'aide de prospectus, de chapeaux ou encore de leurs mains. La chaleur devenait suffocante et le soleil, cuisant. Lily eut un sursaut lorsqu'elle aperçut la silhouette de Mélinda s'avancer au centre de la place, devant la magnifique banque Gringotts, en discutant avec un jeune homme de la taille moyenne et à l'habit moldu. Mélinda se tourna alors vers la boutique et leurs regards se croisèrent. Lily lui sourit en lui adressant un petit signe de la main tandis que la jeune brune paraissait surprise, comme si elle ne s'attendait pas à la voir là. Elle se tourna vers son ami, lui dit quelque chose et… disparut.
Un passant venait de lui cacher momentanément la vue et quand il partit, le jeune homme se trouvait seul et se dirigeait de l'autre côté d'un pas pressé. Lily chercha dans toute la place, mais Mélinda n'était plus là.
Regulus devenait fou. Il savait qu'il y avait quelque chose de bizarre dans sa voix, son regard était troublé, il l'avait vu ! Et pourtant, il lui avait obéi. Maintenant, il ne savait pas où elle se trouvait. Mélinda savait qu'il ne s'agissait pas de Fol Œil, elle l'avait deviné, sûrement grâce à Emy, qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre, du meurtrier. Il transplanait dans tous les endroits possibles sans posséder aucun indice. La colère, la frustration, l'inquiétude, tout ça se mélangeait dans son esprit et il se sentait devenir incontrôlable, violent, capable du pire. Sa cicatrice le brûlait. Il l'appelait mais Regulus ne voulait pas répondre. Il savait que s'il ne récupérait pas ses esprits, il en profiterait pour le manipuler à sa guise, jouant avec sa colère et le maniant avec finesse. « Les esprits en colère sont les proies les plus faciles à manipuler, et bien plus difficile à calmer. » La voix de Mélinda résonnait dans sa tête comme un calmant. Depuis toujours, sans qu'il ne comprît pourquoi, elle agissait ainsi sur lui. Était-ce l'habitude de parler aux gens de choses si délicats que la mort de leur proche et de leur dernier message ? Probablement. En tout cas, cela fonctionnait. Mais, cette fois-ci, son sang bouillait tellement et elle n'était pas là.
La douleur à son bras se fit plus intense et il sut qu'il ne pouvait plus reculer. Respirant un bon coup, il transplana de nouveau pour apparaître à ses côtés. Il se trouvait dans une large pièce sombre, éclairait par des bougies qui se déplaçaient à travers la pièce, faisant danser leur lueur contre le mur. Le Lord se tenait, la tête appuyée sur sa main, le rouge de ses yeux semblait contenir de véritables flammes. Regulus trembla lorsqu'ils se posèrent sur lui mais ne décoléra pas. Il ne voulait qu'une chose, se remettre à fouiller, à chercher sa femme. Il s'en foutait du bien de leur idéal, des missions, de la guerre. Tant que Mélinda ne réapparût pas, il se moquait du reste.
- " Tu en as mis du temps, Regulus. " Le Lord prononça son nom lentement, avec précaution, le faisant tourner dans sa bouche avant de le recracher.
Regulus ne répondit pas. Il se peignit une expression indifférente et serra les dents. Il ne fallait pas qu'il perdît le contrôle devant le Seigneur des Ténèbres. Montrer une faiblesse était le meilleur moyen de resserrer les chaînes qui le maintenait attaché à lui.
- " Et bien ? As-tu perdu ta langue ? " demanda Voldemort, plissant les yeux.
Il tentait de fouiller dans son esprit. Regulus pouvait le sentir et il se mit à penser à une idée fixe. Une image. Mais tout ce qui venait à son esprit, c'était Mélinda. Il ne pouvait pas faire autrement. Et sa faiblesse le frustra, la colère gronda de nouveau. Il tourna la tête et regarda une des bougies flotter dans le vide.
- " Intéressant, " ricana le Lord, un sourire amusé. " Je n'aurais jamais pensé que tu tomberais aussi bas, Regulus. " Il se leva et marcha de sa démarche particulière, lente et fière, comme un empereur marchant sur ses terres. Avec sa longue robe noire cachant ses pieds, on pourrait même croire qu'il flottait sur la surface. " Bien qu'il est vrai que ta femme est délicieuse. " Son sourire s'élargit alors qu'il tournait autour de Regulus, qui pouvait alors l'entendre souffler à ses oreilles. " Belle et intelligente, mystérieuse aussi. Je l'ai remarqué dès que je l'ai vue. J'aimerais beaucoup la rencontrer de nouveau, qu'on fasse plus ample connaissance… "
Avant même qu'il ne pût se retenir, Regulus avait fait volteface et avait bondi vers le Lord, empoignant sa robe de ses deux mains, plaquant ses poings contre sa gorge. Il ne réalisait qu'à moitié ce qu'il faisait, mais était sûr de vouloir le faire à cet instant. La rage grondait dans son ventre et il ne souhaitait qu'une chose : frapper.
- " Ne la touchez pas, jamais ! " rugit-il d'une voix puissante.
Lord Voldemort éclata d'un rire franc et glacial avant de s'arrêter d'un coup et de se libérer d'un geste vif et brusque de l'emprise de Regulus. D'un même mouvement, il s'avança si près du Mangemort que leur nez se touchait presque. Il leva sa main, prêt à frapper, sourit et caressa lentement la tempe du jeune Black avant de descendre sur la joue, puis sur les lèvres. Il sentait la respiration saccadée de son disciple et voyait la détermination de ses yeux. Cela lui procura une sensation puissante qui le fit frémir de plaisir.
- " As-tu peur de moi, Regulus ? " demanda-t-il avec une soif nouvelle et irritable.
Regulus ne s'autorisa aucun mouvement, aucun signe de la tête, aucun clignement des yeux. Seul son ventre se serrait alors que la situation devenait critique.
- " Personne n'a jamais osé me traiter comme tu viens de le faire, " poursuivit le Seigneur des Ténèbres, le contourna pour s'arrêter à ses côtés, sa main se posant sur son épaule. " Tant de témérité te fait honneur. "
Soudain, il sentit ses os se tordre, se mouvoir, se plier et il fléchit les jambes, le dos voûté, le visage contracté par la douleur. Sa gorge se serrait alors qu'il ne voulait pas hurler. Regulus entendit le rire de Voldemort envahir la pièce, rebondir sur les murs, heurter ses oreilles et s'infiltrer dans ses veines comme un poison mortel.
- " Voilà ce que méritent ceux qui se dressent contre moi ! " rugit le Lord avec colère. La baguette baissée sur le corps de son disciple qui se pliait, il jubilait. La douleur. Il vivait de ça. La mort était trop facile, trop douce, trop rapide. Il préférait entendre les gémissements, goûter la peine, voir la chair brûler, le regard s'animer, les larmes rougir, la bouche se contracter… La mort ne lui offrait pas ces plaisirs. " Ça suffit. " Il baissa son bras et s'accroupit à côté de Regulus. Celui-ci ne tarda pas à tenter de se relever, malgré la douleur qu'il devait ressentir. Voilà quelque chose que Lord Voldemort ne pouvait pas saisir. Beaucoup se seraient laissés au sol, gémissant, pleurnichant. Pourquoi se levait-il ? Il n'avait pas crié, s'était retenu. Le Lord le savait. Ne pas comprendre était également quelque chose qu'il détestait. " Si tu veux vraiment garder ta femme et ta vie, tu ferais mieux de le comprendre une fois pour toute, Regulus. "
Il se releva et partit s'asseoir.
- " Je n'ai plus rien à faire avec toi, tu peux partir. "
Regulus n'attendit pas une seconde de plus et transplana de nouveau.
Lily se sentait honteuse et en colère. Elle claqua la porte du bureau de Fol Œil et sortit à grands pas vers l'ascenseur. La frustration qu'elle ressentait était presque douloureuse, elle s'était sentie embarrassée et humiliée. Même si elle n'avait pas beaucoup d'arguments, elle espérait pouvoir le convaincre de reprendre l'affaire d'Emy Cliff. Il répétait « Pour quelle raison devrais-je occuper mes hommes sur ce qui a déjà été élucidé, Miss Evans ? » ou bien « Avez-vous des preuves formelles de ce que vous avancer, Miss ? ». Il refusait de la croire, plus encore, de l'écouter ! Mais comment pourrait-elle prouver ses paroles ? Elle-même n'y comprenait pas grand-chose et elle ne pouvait pas dire qu'elle savait tout ça grâce à l'esprit de sa patronne !
- " Lily, attends ! " l'appela James en quittant le bureau à son tour pour se précipiter vers elle.
Elle ne l'écouta pas et continua son chemin. Elle lui en voulait de ne pas l'avoir défendue. Pire ! Elle avait vu dans son regard qu'il pensait comme Fol Œil. Il l'attrapa par la main et la força à se retourner vers lui. Elle le foudroya du regard et soupira bruyamment.
- " Ne me regarde pas comme ça, " se défendit-il. " Qu'est-ce qui se passe ? "
- " Exactement ce que je viens de dire à ton mentor, " répliqua-t-elle. " Il faut que vous rouvriez le dossier Emy Cliff. C'est important ! Ce ne sont pas les Mangemorts qui l'ont tué ! "
- " Qui ? "
Elle secoua la tête et haussa les épaules.
- " Comment peux-tu en être aussi sûre ? " lui demanda-t-il.
- " Je le sais, c'est tout ! " s'énerva-t-elle. " Et tu devrais me croire. Ne me fais-tu donc pas confiance ? "
James la regarda avec inquiétude.
- " Bien sûr que je te fais confiance ! Mais, ça n'a rien à voir… Comment le sais-tu ? "
- " Mélinda, " lâcha Lily.
- " Mélinda ? " James paraissait de plus en plus perdu.
- " C'est elle qui me l'a dit. Emy était une de ses amis les plus proches. Elle sait ce qui s'est passé et elle m'a dit que ce n'était pas les Mangemorts. "
- " Et comment le sait-elle ? "
- " Je ne peux pas vraiment te l'expliquer, je l'ignore encore moi-même. Mais je sais que c'est important et qu'il faut que vous trouviez le vrai coupable. "
- " Pourquoi est-ce que c'est soudainement si urgent ? " demanda-t-il.
- " Parce qu'il a Mélinda. "
- " Qu'est-ce que tu veux dire par « il a Mélinda » ? " La voix de James s'était faite plus grave, plus pressante, ses yeux la fixaient avec une telle intensité que Lily recula. C'était la première fois qu'elle le voyait ainsi.
- " Je crois qu'il l'a enlevée, James. "
Meredith suffoqua et ouvrit les yeux. Le plafond était très bas, des toiles d'araignée s'accrochaient de partout. Elle détestait ces insectes. Cela lui portait toujours malheur. Elle avait mal de partout. Elle leva les bras en serrant les dents et regarda les bleus qui commençaient à apparaître. De la poussière rentra de nouveau dans ses narines et elle se remit à tousser. Son esprit était encore endormi, elle n'arrivait pas à penser. Ses yeux se balançaient à travers la pièce, la cave, ou elle ne savait quoi. Elle entendait seulement qu'on marchait au dessus d'elle, comme si elle se trouvait enfermée sous le sol mais avec des amplificateurs de sons.
Ce n'était pas la première fois qu'elle se réveillait dans cette pièce, les deux dernières fois, il avait été là pour lui administrer quelque chose. Il plantait une seringue dans son bras et elle se sentait fatiguée et endormie. Elle perdait vite connaissance. Elle tenta de se redresser mais tous ses membres étaient ankylosés. Une ombre jaillit devant elle et elle hurla de terreur, tentant de se reculer le plus moins possible, pleurant, gémissant, se débattant sans en avoir la force. Deux mains l'agrippèrent par les épaules. Meredith sentit instantanément que ce n'était pas son pas. Les mains étaient douces et chaleureuses, elles la tenaient avec une telle précaution qu'on aurait dit qu'elles craignaient la briser. À ce moment-là, Meredith la vit.
- " Mélinda ! " souffla-t-elle en se jetant dans ses bras et se laissant aller. Mélinda était là. Elle allait la sauver, c'était sûr.
Encore ! Lily ne trouvait pas ça drôle. Absolument pas. Le rouleau de papier avait disparu. Elle le retrouva dans l'arrière salle tournoyant comme d'habitude, puis quelqu'un entrait dans la boutique et le rouleau se remettait sur l'étagère. Lily se demanda si un fantôme farceur était dans le coup. Après tout, Peeves aimait bien faire des blagues et il était capable de se rendre totalement invisible… Mis à part son rire. Là, le fantôme – ou quoi qu'il pût être – ne faisait aucun bruit. Elle se demandait même comment il s'y prenait pour amener le rouleau jusqu'à cette pièce sans qu'elle ne s'en rendît compte. Néanmoins, elle n'avait pas le cœur à se concentrer sur ce farceur, ni même sur la boutique. Sa rencontre avec l'esprit de Mélinda revenait sans cesse dans son esprit.
La jeune brune ne lui avait pas donné d'explications. Lily avait juste compris qu'elle n'était pas censée la voir, mais son ami, lui, le pouvait naturellement. Mélinda s'était dépêchée de lui demander d'aller voir les Aurors, de leur parler d'Emy Cliff sans rien mentionner par rapport à son apparition et lui avait dit qu'elle était coincée avec la fille de cette Emy quelque part sous terre. Elle lui avait dit que les Mangemorts n'avaient rien à voir là-dedans sans expliquer comment elle le savait et avait soudainement disparu au milieu de la phrase. Au moment-même où elle allait dire le nom de l'assassin.
James l'avait persuadé de rester sagement dans le magasin alors qu'il allait tenter de faire quelque chose, de convaincre ses patrons. « Au pire, avait-il dit, on enquêtera nous-mêmes, Sirius, Peter et moi. Je connais cette affaire, j'ai travaillé dessus. Je saurais qui interroger alors s'il te plait, laisse-moi m'en occuper. » Lily avait acquiescé et était retournée à la boutique où elle pouvait au moins tenter de s'occuper l'esprit.
Et cet esprit farceur qui continuait encore une fois à lui chiper ce foutu rouleau ! Mais qu'est-ce qu'il a avec ça ? s'énerva Lily renonçant à l'idée d'aller le récupérer.
Lily perdait patience. Elle soupirait tous les dix minutes et finissait par inquiéter les clients alors qu'elle ne s'empêchait plus de tourner en rond. Personne n'acheta rien pendant cette après-midi là. Aucun ne restait suffisamment de temps pour s'intéresser à quelque chose. La jeune femme les inquiétait. Certains lui demandaient si tout allait bien et Lily répondait avec nervosité. Plus les heures tournaient et plus elle se sentait incapable de gérer son inquiétude. Quand une vieille femme ressortit après que Lily l'eût bousculée sans s'en rendre compte, elle décida de fermer boutique et rentra chez elle.
Dix minutes plus tard, elle tournait encore dans son salon, attendant que James rentrât et lui dît de bonnes nouvelles, ou quelque chose. Lily avait toujours fait face aux événements avec courage et un certain sang froid. Elle savait se maîtriser quand les temps devenaient dangereux. Faire face à un ennemi, elle s'en sentait capable. Cependant, attendre était autre chose. La patience qui la caractérisait pourtant semblait avoir disparu de sa personnalité. Elle s'assit sur le canapé en soupirant pour la millième fois. James, James, apparais s'il te plait !
- " Vous êtes Lily Evans, n'est-ce pas ? "
Lily lâcha échapper un cri de terreur en se levant d'un bond avant de se reprendre alors qu'elle voyait devant elle, une jeune fille. Elle avait de beaux cheveux blonds et ondulés, ses yeux d'un gris pâle étaient magnifiques. Ses lèvres néanmoins étaient si fines qu'on peinait à les voir. Mais elle était grande et avait la taille fine et de grandes mains avec de longs doigts.
- " Je suis désolée, je ne voulais pas vous faire peur, " s'excusa-t-elle en rougissant.
- " Qui es-tu ? " demanda Lily.
- " Meredith Cliff, " répondit la jeune fille. " Je suis enfermée avec Mélinda. "
- " Elle m'a parlé de toi, " acquiesça la rousse. " Peux-tu me dire où vous êtes coincées ? "
Meredith hocha négativement la tête, le vissage s'assombrissant. Elle reculait.
- " De quoi te rappelles-tu en dernier ? Sais-tu qui vous a fait prisonnière ? "
Elle continuait de reculer, traversant la table du salon, s'approchant du mur. Elle acquiesça du chef.
- " Qui est-il ? "
Elle se mordit la lèvre et sembla l'implorer du regard.
- " Il faut que tu nous aides. "
- " Meredith, il faut que tu me dises qui vous a fait ça. Sinon, je ne pourrais pas t'aider ! "
Meredith n'était plus qu'à trois pas du mur. Lily sentait que lorsqu'elle passerait à travers, leur lien se rompra.
- " Il est dangereux, " lâcha la jeune fille. " Et il n'est pas seul. Ne vous approchez pas d'eux, ils vous tueront. Ils vous tueront… Sauvez-nous ! "
- " Attends ! " l'appela Lily mais trop tard, elle venait de passer à travers le mur.
- " Lily, chérie, réveille-toi, " souffla James en la secouant délicatement par l'épaule.
Sa fiancée gémit, remua et finit par ouvrir les yeux. Elle fronça les sourcils, le regarda sans comprendre. Elle semblait étonnée de se trouver là.
- " C'était un rêve ? " murmura-t-elle avant de se réveiller d'un coup en sursautant. " Alors ? "
James soupira. " Aussi têtu qu'une mule. Il n'a pas voulu rouvrir le dossier – et nous a comblés, Sirius et moi, de boulots, histoires que nous ne puissions aller vadrouiller. " Il fit une pause et s'assit à côté d'elle. " Mais nous sommes allés voir sa maison après le travail. On n'a rien trouvé de suspect… "
- " Je crois— " commença Lily. " Je crois que l'assassin n'est pas seul. Il doit être aidé par quelqu'un d'autre. "
James se tourna vers elle, les sourcils froncés. Voilà qu'elle recommençait.
- " Lily, comment peux-tu affirmer ça ? C'est Mélinda qui te l'a dit ? "
- " Non. Cette fois, c'est Meredith. "
- " Meredith ? "
- " La fille cadette des Cliffs. "
- " Ils n'ont pas de fille, juste un garçon, un nouveau-né, tué également. "
Lily secoua la tête négativement. Elle semblait perdue, inquiète, troublée. Il était rare de la voir perdre son calme, son tempérament, son bon sens. La Lily qui lui faisait face semblait vraiment vulnérable et fragile.
- " Si, elle s'appelle Meredith Cliff. Ce bébé, ce n'est pas leur enfant. "
James soupira.
- " Dis-moi une chose, si elles sont vraiment enfermées quelque part, comment fais-tu pour leur parler ? "
Lily détourna les yeux, se mordit la lèvre supérieure.
- " Je ne peux pas vraiment t'expliquer, " murmura-t-elle. " Elles m'envoient des messages. "
- " Comment ? "
- " Je ne sais pas… Tu te rappelles quand je t'ai rapporté les propos de Mélinda ? Qu'elle n'était ni une sorcière, ni une cracmol, ni une moldue ? " James acquiesça. " Je crois que ça a un rapport avec leur nature. Elles font de la magie, ça, c'est certain. C'est juste que c'est très différent de notre magie à nous. "
Un silence s'installa. James se massa le cou, réfléchissant. Cela expliquait en effet les brûlures de Sirius quand elle l'avait propulsé contre un mur, la façon dont elle envoyait des messages en brûlant le parchemin où elle écrivait.
- " Bon, d'accord. Que t'ont-elles dit d'autres ? "
Meredith se réveilla en sursautant. Elle eut envie de vomir et l'air condensé de la pièce ne l'aida pas. Mélinda semblait extenuée, papillonnant des yeux pour se maintenir éveillée. Meredith se redressa et tenta de reprendre ses esprits. Ce qu'elle venait de vivre était très bizarre. Elle n'arrivait pas à se dire que c'était un simple rêve. Qui était cette femme ? Comment Meredith pouvait connaître son nom entier sans l'avoir jamais vue ? Pourquoi avait-elle l'intuition que Mélinda et cette Lily se connaissait bien ? Troublée, elle réfléchit à vive allure et se rappela des mots de sa mère : « Tu n'es pas comme les autres, ma chérie. Crois-moi, tu es unique. Tu as un don caché au fond de doigt qui n'attend plus que de se réveiller. Un jour, il fleurira, tu verras. » Était-ce ce dont elle voulait parler ? Être capable de visiter les autres dans ses rêves sans jamais les avoir rencontrés ? Elle regarda de nouveau Mélinda, ses yeux semblaient perdus dans le vide et ses lèvres remuaient comme si elle parlait à quelqu'un sans qu'aucun son ne sortît de sa bouche.
Les bruits de pas s'étaient intensifiés au-dessus d'eux. Ils se trouvaient sûrement sous une zone publique et très côtoyée. Mais où précisément ? Elle aurait voulu le dire à cette jeune femme aux cheveux auburn et aux beaux yeux verts, mais elle ne le savait pas. Elle n'avait même pas pu lui dire qui l'avait enfermée alors qu'elle connaissait très bien l'assassin. Il était un des deux ravisseurs qui l'avaient enfermée. L'autre, un homme charmant, aux cheveux noirs et coupés courts, au teint mâte, un peu mal rasé et à l'allure légèrement latino, elle ne savait pas qui il était, ni même son nom. Cependant Mélinda, elle, devait se douter de quelque chose. Meredith le vit dans ses yeux lorsqu'elle le lui décrivit.
- " Mélinda ? " tenta-t-elle.
Elle ferma les yeux et respira un bon coup d'un seul coup. Meredith sursauta et s'inquiéta. Avait-elle fait une erreur ? Puis, Mélinda rouvrit les yeux et bailla, la mine encore plus pale qu'auparavant.
- " Tu m'as appelée ? " lui demanda-t-elle, les sourcils froncés par l'inquiétude. " Qu'est-ce qui se passe ? "
- " Heu… Qu'est-ce que tu étais en train de faire ? "
Mélinda se redressa et gémit de douleur. Meredith se leva et la rejoignit, inquiète.
- " Est-ce que tout va bien ? " demanda-t-elle. " Qu'est-ce que tu as ? "
- " Ça va, je suis juste épuisée, " soupira-t-elle.
- " J'ai vu ton regard tout à l'heure, c'était comme si tu étais ailleurs… Comme Maman. "
Mélinda marqua un silence. Elle tourna la tête et soupira.
- " Meredith, " elle prononça son nom avec une infime précaution, " je n'ai pas le droit de te le dire si tu n'es pas des nôtres. "
La jeune adolescente répéta ses paroles dans sa tête en cherchant à comprendre de quoi elle parlait. Des nôtres ? Ça aussi sa mère le lui répétait souvent. « Tu seras des nôtres, mon amour, » lui murmurait-elle à l'oreille. « J'en suis sûre… » Apparemment pas, vu le regard de Mélinda et le silence qu'elle imposait sur ce qu'elle faisait et était.
- " Je suis désolée, " s'excusa celle-ci. " Je sais que ça doit te paraître étrange… et encore plus dans des moments comme ça. "
- " Pourquoi n'as-tu pas le droit de me le dire ? Qu'est-ce que ça change, on va peut-être mourir ici. "
- " Tu as définitivement bien grandi, " sourit tristement Mélinda, réprimant ses larmes et se mordant la lèvre.
Elle pensait à Emy, sa mère. Meredith savait qu'elles deux s'aimaient beaucoup. Emy parlait beaucoup de Mélinda et elles s'étaient rencontrées deux fois jusque là. La jeune brune l'avait toujours impressionnée, elle dégageait une aura étrange, rassurante mais aussi intimidante. Mais à présent, à la voir grimacer à chaque mouvement, le teint si pâle, les paupières lourdes, Meredith se demandait s'il s'agissait de la même personne.
- " La dernière fois que je t'ai vue, c'était il y a un an, tu étais déjà grande, mais… "
- " Mais petite à l'intérieur, " termina Meredith en acquiesçant. " Disons que ça n'a pas été très facile et il était temps pour moi de grandir vraiment. "
Mélinda acquiesça sans rien dire, elle ouvrit la bouche, hésita à parler et la referma.
- " Oui ? " l'incita Meredith, espérant qu'elle allait faire fi de ses obligations et lui dire ce que signifiait « être des nôtres ».
- " Depuis combien de temps ton père battait Emy ? " demanda-t-elle finalement.
- " Deux ans, " répondit l'adolescente en détournant le regard. Elle savait que Mélinda allait poser cette question tôt ou tard. " Quand il a perdu son job, il s'est mis à boire, tout le temps. On vivait sur la petite pension que lui offre le Ministère et également des économies de Maman et de son héritage. Il n'arrivait plus à trouver du travail, plus personne ne le voulait et ses amis l'ont abandonné. Il est très vite devenu la risée de la communauté et de notre village aussi. Il est également très vite devenu violent avec Maman. Déjà que leurs disputes avant ça étaient… assez choquantes, c'était devenu pire… "
Dans la rue sombre de l'allée des Embrumes, deux hommes semblaient se disputer, faisant fi des regards peu amènes des passants qui n'arrivaient cependant pas à saisir le sens de leurs paroles. Les deux hommes haussaient certes la voix mais en murmurant, leurs gestes amples et énervés montraient l'envergure de leurs arguments.
- " Elle a été très claire, Todd, " grinça l'un deux, capuchonné sous un pull grisâtre. " Le jugement sera très clair. " Il appuya tellement sur cette phrase qu'il était aisé de saisir qu'elle signifiait autre chose de bien plus précis mais indicible.
- " On ne peut pas être certain qu'il n'ait pas été ensorcelé ! " grogna le dit Todd, qui cachait son visage sous une épaisse chevelure grasse et frisée. Une généreuse barbe se chargeait de recouvrer toute la largeur de sa mâchoire et une bonne partie de ses joues osseuses. " Je suis contre tant que les preuves ne sont pas formelles ! "
- " Elles le sont, Todd ! " s'énerva le premier, bien plus petit et plus enveloppé que Todd. Il fouilla dans sa poche et en tira une photo où on distinguait deux hommes discuter ensemble. On ne voyait d'eux que peu de détails. L'un était brun et l'autre possédait une crinière dont la moitié avait déjà viré en un gris argenté, tandis que l'autre moitié restait blonde. Il était petit et légèrement enveloppé, ses épaules carrées semblaient être taillées pour un joueur de rugby. Mais ce qui intéressait l'homme qui tournait la photo vers son congénère, c'était plutôt le brun. " C'est lui, j'en suis sûr ! C'est son antipode ! "
Todd renifla, sceptique. Il attrapa d'un geste brusque et énervé la photo et regarda de plus près. Il soupira en se rappelant qu'il n'avait jamais eu l'occasion de le voir auparavant.
- " Quand bien même, " rétorqua-t-il, " pourquoi se chargerait-il d'éliminer son amie plutôt qu'elle-même ? "
- " Je ne connais pas ses motivations mais le résultat est là : il l'a poussé au crime. Il a tué une des nôtres ! Tu sais très bien que cela suffit. Le jugement sera très clair ! "
- " Bon, bon ! D'accord, je vais vite retrouver ton homme, " ronchonna l'autre. " Mais je n'approuve pas la façon dont vous traitez cette affaire ! "
- " Merci Todd. On n'a pas le choix. "
Todd disparut sans même faire un seul bruit. L'homme capuchonné regarda autour de lui et se dirigea vers la sortie de l'allée des Embrumes. À sa fenêtre, Mrs. Humble avait assisté à toute la scène et regardait l'homme disparaître au loin en se demandant avec qui il avait discuté. Le monde était devenu fou si les hommes se mettaient à conspirer tout seul…
Ils avaient fouillé partout, rapetissé tout le village, parcourut les alentours. Il n'y avait nulle trace de Mr. Cliff. Si Lily avait raison et que les Cliffs n'avaient eu que deux filles et aucun garçon, alors ils tenaient l'assassin. Pourquoi le père aurait-il pleuré un bébé inconnu, sinon ? Cependant, James ne savait plus trop quoi penser. Il se souvenait très bien des papiers certifiant la naissance de ce garçon. Il ne comprenait pas. Si vraiment il n'y avait pas de fils, qui était cet enfant ? Pourquoi l'assassin—qui serait alors le père, celui-là même qu'ils cherchaient—avait-il tué un enfant pour faire croire qu'il s'agissait du sien ? Il fallait être malade pour penser à un tel scénario. Trancher la gorge de sa femme, voler puis tuer un bébé en prétextant qu'il s'agissait du sien, enfermer l'une de ses filles avec l'amie de sa femme et faire on-ne-savait-quoi à son aînée… Le fait qu'il fût introuvable lui faisait alors penser que Lily avait raison et que Mr. Cliff était bel et bien l'assassin.
Cependant, ce qui importait n'était pas d'élucider une fois pour toute cette affaire mais surtout de retrouver Mélinda et Meredith. Tout ce qu'ils savaient pour l'instant, c'était que les deux femmes se trouvaient enfermées quelque part sous terre. Et la Terre, c'est vaste ! Ils étaient allés fouiller dans la maison et le jardin de la maison des Cliffs mais n'avaient rien déniché qui pût les aider. Dans l'une des pièces, ils avaient trouvé un berceau, des meubles pour enfants, des jouets également, et dans une autre, une chambre d'amis. Dans la chambre du couple, ils ne trouvèrent rien qui pût déceler l'existence des deux filles. Sirius apparût à quelques mètres de lui, James le rejoignit.
- " Alors ? " demanda-t-il.
Sirius secoua la tête négativement.
- " Ici non plus, " soupira James. " Espérons que les autres aient plus de chance… "
J'espère surtout que ce ne sera pas trop tard, pensa-t-il dans sa tête. Cela faisait déjà douze heures que Mélinda avait disparu. Les douze restantes allaient être décisives. Cet homme était un asocial. Il n'avait pas d'amis, pas de métier, aucune connaissance, il ne sortait quasiment jamais de sa maison sauf pour acheter des bières et des bricoles. Quant à sa femme, tout son répertoire était injoignable. Pas d'adresses, juste des noms et les deux seuls qu'ils avaient tenté de joindre, ils ne les trouvèrent pas. C'était quand même bizarre tous ces gens introuvables. Comment garder contact dans de tels cas ?
Quand Remus et Peter les rejoignirent, ils n'avaient rien trouvé non plus. En gros, ils pataugeaient dans le vide. Ils revinrent chez James avec l'espoir que Lily eût reçu d'autres nouvelles, mais ils se détrompèrent très vite. Elle ne possédait pas plus d'informations que lorsqu'ils l'avaient quitté.
- " Ne t'inquiète pas Lily, " fit Remus en lui prenant les mains. " On va les retrouver. "
- " Sans informations plus précises, ce sera impossible ! " grogna Sirius en frappant le mur avec son poing, faisant sursauter le tableau à proximité. Il soupira et se laissa tomber sur un fauteuil.
- " James, tu es sûr que tu n'oublies rien ? " demanda calmement Remus. " Un détail qui t'a échappé et qui pourrait nous aider ? "
James prit le temps de réfléchir avant de répondre. Il se rappelait très bien le sang qui restait sur les mains et sur la chemise du père quand il avait prit sa femme dans ses bras en la découvrant morte. Il se rappela avec quelle facilité il avait regardé le corps décapité et l'enfant mort. Bien sûr, il pleurait et gémissait mais son regard n'avait pas cillé alors que tous les Aurors détournaient le regard aussi vite qu'ils le posaient sur le corps. Pourquoi n'avait-il pas remarqué ça pendant l'affaire ?
Néanmoins, cela ne l'aidait pas à retrouver sa trace. Pourtant le temps urgeait et il avait l'impression que des éternités passaient alors qu'ils restaient simplement à réfléchir. Mais que pouvaient-ils bien faire d'autre ? Mr Cliff était un sorcier, ce qui signifiait qu'il pouvait très bien se cacher sur n'importe quelle parcelle de la Terre. Réfléchis ! Réfléchis ! s'ordonna-t-il mentalement. Il y a forcément quelque chose à faire, un endroit à fouiller…
- " Attendez une seconde, " intervint Peter qui était resté silencieux depuis lors. Tous les regards se tournèrent vers lui et il rougit en jouant avec les doigts, les sourcils froncés. " Y a pas énormément d'endroits enfouis sous la terre à Londres… ou même dans son village. Et si… ? "
- " Mais bien sûr ! " s'exclama Sirius en se relevant d'un bond. " Les égouts, les gars ! "
- " Dans les égouts… ? Je ne pense pas qu'il y ait… "
- " On ne perd rien à essayer ! Et on a l'homme qu'il nous faut… "
- " Combien de temps crois-tu qu'on va pouvoir tenir ? " demanda Meredith en se tenant le ventre.
Elle commençait également à avoir froid et l'air si peu aéré et si mal odorant lui donnait l'impression qu'elle s'étouffait à moitié. Le manque d'exercice continuait à rendre ses mouvements difficiles et douloureux. Les pas qu'elle faisait à l'intérieur de l'étroite pièce ne suffisaient pas.
- " Arrête de me le demander, Meredith, je n'en sais pas plus que tout à l'heure, " grommela Mélinda sans même la regarder, la tête tournée vers l'autre côté.
C'était une pièce sans porte et grisâtre. Les murs n'étaient pas très épais et tous les bruits aux alentours résonnaient. Elles avaient essayé de crier mais s'étaient vite rendu compte que si elles entendaient un peu de ce qui se passait au-dessus d'elles, l'inverse apparemment ne fonctionnait pas. Leurs faibles cris devaient être étouffés par le bruit ambiant. Mélinda toussa et frissonna. Elle aussi avait froid, elle ne portait qu'une petite chemise sans manches et un jean, les pieds nus. Meredith, elle, était en pyjama mais enveloppé dans le pullover que Mélinda lui avait donné. Elle se leva et vînt s'asseoir à côté de la jeune femme et la prit dans ses bras.
- " On aura plus chaud à deux, " lui dit-elle.
Mélinda passa son bras autour d'elle et la serra en retour. La chaleur qu'elle dégageait était réconfortante.
- " Tu ne m'aides pas Emy, " murmura Mélinda.
Meredith se redressa un peu, surprise. Elle regarda la brune avec incompréhension, incertaine d'avoir bien entendu.
- " Tu as bien dit « Emy » ? " demanda-t-elle.
- " Je sais que tu ne peux pas parler sans ta tête, Emy, mais fais quelque chose, " continua Mélinda en l'ignorant. " Ta fille va mourir. Et moi aussi si ça continue. Où est-il ? "
- " Mais à qui tu parles ? Maman est morte ! "
- " Désolée Meredith, " soupira Mélinda. Je crois que je délire un peu. Je suis tellement fatiguée… "
- " Non, Mélinda, je ne te crois plus. Tu parlais à ma mère à l'instant, je l'ai vu dans tes yeux que tu croyais sincèrement la voir. Dis-moi la vérité. Maman aussi avait l'habitude parfois de parler toute seule comme à des fantômes ! Je pense que j'ai le droit de savoir à présent, Mélinda. Et je pense sincèrement être des vôtres. "
- " Tu… "
- " J'ai parlé avec Lily Evans. "
Peter détestait ces moments-là où il devenait précisément l' « homme qu'il fallait ». Ne pouvaient-ils pas dire le rat ! Puisque c'était toujours lorsqu'ils avaient besoin de sa forme animagus qu'ils se tournaient vers lui ! Peter parcourait les égouts de long en larme en couinant de rage comme un rat. Sans compter cette odeur délicieuse qui l'entourait – un rat ne pouvait décemment considérer les égouts comme les humains – il y avait également tout un tas d'autres rats curieux, intrigués, en colère également. Il osait pénétrer leur territoire ! Mais qui était-il donc pour s'aventurer en ces lieux austères ? Peter courait à vive allure, sautant contre les parois escarpées pour passer de l'autre côté. Difficiles étaient les courants qui parcouraient ces tunnels emmêlés et étroits.
Ah ! Qu'il détestait sa forme d'animagus ! Le problème majeur c'était qu'il ressentait ses instincts animaliers ressortirent et prendre le dessus. Il fallait se concentrer avec vigueur pour garder la tête « froide » et suivre son objectif initial. Cependant, comment espéraient-ils qu'il trouvât le moindre indice ? Londres, c'était immense ! Sans compter que sous terre, il fallait décupler la taille par deux ou même trois ! Peter serait mort bien avant d'avoir trouvé la moindre piste potable. Merlin qu'il détestait ses amis pendant ces moments ! Et qu'était donc Mélinda pour lui ? Et cette fille, Meredith ? Certes, il savourait la gloire que la brunette lui permettrait d'avoir en découvrant ses secrets pour le Lord, mais à quel prix ! Certainement pas celle d'être condamné à parcourir les égouts Londoniens pour le restant de sa vie.
Il se trouvant alors près d'un précipice, deux mètres d'hauteur à peine, mais sous sa forme de rat, cela paraissait bien plus. Néanmoins, Peter savait également qu'il ne craignait rien. Il avait vu bien pire ! Il sauta et atterrit avec agilité en bas. C'est là qu'il remarquât une paroi fissurée, à l'allure étrange. Il s'avança, renifla la paroi et recula avec horreur. Ça sentait la magie à plein nez ! Ses narines animales ne supportaient pas cette odeur infecte et il se frotta machinalement le museau en grimaçant comme un rat. Sans aucun doute, quelque chose se trouvait caché derrière.
Il s'approcha de nouveau en prenant soin de ne pas respirer l'air et gratta le mur. La paroi était molle et facile à creuser et il s'efforça de pénétrer à l'intérieur. Il se heurta contre quelque chose de plus mou, un peu comme du carton mais l'obscurité et le peu qu'il distinguait grâce à ses yeux de rongeur lui faisait penser à une grande boite de chaussure et profonde. En grimpant dessus, il sentit le contact d'une corde et d'un nœud très bien serré. Mais pour un rat, défaire ces liens étaient faciles. Il se mit à ronger la corde et la défit en moins de trois minutes, recrachant les bouts qui lui restaient collés entre les dents et sur sa langue râpeuse. Il grimpa sur la boîte, coinça ses petites pattes sur les bordures de la boîte et réussit à entrouvrit suffisamment le couverte pour se glisser à l'intérieur. Il tomba avant d'être coincé par quelque chose. Il sentit alors un contact glacé et doux. En s'appuyant dessus, il se rendit compte que c'était également mou et qu'il pouvait déplacer une parcelle. Il avança son museau pour renifler et se cogna contre quelque chose de bien plus dur qu'il ne pouvait pas mordre.
Soudain, tout se mit à trembler et la boîte se renversa, ce qui le coinça s'appuya contre lui et il se retrouva meurtri contre la barrière dure qu'il venait de découvrir. Tout se mit alors à trembler et il avait l'impression qu'on le soulevait du sol. Le couvercle se souleva et…
- " Saleté de rats à la con ! " grogna un homme dont l'haleine puait l'alcool. " Deux fois qu'ils tentent de la bouffer ! Deux ! "
Il souleva le rat par sa queue et le regarda avec un mélange d'écœurement et d'amusement. Peter, lui, regardait vers le bas et sentit son ventre se retourner en réalisant ce qu'il avait embrassé.
Et ce qu'il avait embrassé… c'était une tête.
