666Naku : Certaines choses laissent des traces, aussi bien physiques que psychologiques. Tu vas avoir un autre exemple dans le chapitre qui suit. ;)

Lily Joke : Je suis content de voir que tu apprécies la fic. Mon Harry est plutôt sombre donc je n'étais pas sûr que beaucoup de gens l'apprécieraient. La suite arrive juste en dessous, bonne lecture. :)

Afreen : Harry est plutôt proche des elfes, surtout de Dobby en particulier mais comme tu as pu le voir, il n'a pas la même approche qu'Hermione. Apparemment, ça plait davantage aux elfes de maison. ;)

Sirius07 : Hello Sirius ! Désolé pour le retard en effet, les cours m'ont pas mal occupé et avec les partiels qui approchent, j'ai plutôt du mal à me concentrer. Lol Et non, pour le Quidditch, tu vas remarquer certaines petites différences entre le Harry originel et celui-ci. ;)

Grispoils : Merci pour le compliment. ;) Pour les questions, tu peux toujours les poser. Si ça se trouve, je répondrai à certaines lol. La suite arrive juste après, bonne lecture. ;)

Di Castillo de mortes : La suite ci-jointe. :p

Titmo : Voilà beaucoup de questions ! lol Procédons donc par étapes : La nature du pacte qu'il a passé avec Dame Brunehilde a été en partie révélée dans les précédents chapitres, ou tout du moins elle semble assez facile à appréhender. ;) Pour l'identité de Brunehilde, ça constitue un mystère qui sera révélé plus tard dans la fiction donc il ne faut pas t'attendre à des révélations à ce sujet prochainement. Lol Concernant Remus, je me contenterais de dire que la réponse viendra avec la partie manquante du flash back commencé précédemment. Nous en venons à la partie où je peux peut-être apporter une réponse : Ce que va faire Harry, il en commence une partie à la fin du chapitre. Enjoy it ! :p

Tylia-san : Content de voir que tu adores. ;) Pour Ginny, tu es la première qui m'interroge à son sujet pour ce chapitre. Lol Tu vas la voir avoir une petite discussion avec 'mione, pour le meilleur et surtout pour le pire. Lol Sois sûre que les méninges de la plus intelligente des Gryffondor ne vont pas tarder à chauffer lorsqu'elle va vraiment s'intéresser au cas « Harry Potter ». La vraie question serait donc : Va-t-elle percer le mystère ? Et ça, seul l'avenir nous le dira. ;)

Demenciae : Tant qu'il y aura des questions, tant mieux. ;)

Bachelor49 : Tu as de la chance, le chapitre est encore tout chaud. Mdr Bonne lecture.

RhjLupin : Hello Lunard ! Je suis heureux que tu apprécies l'histoire. La suite est ci-dessous donc enjoy it. :)


J'ai mis encore un petit moment sur celui-là mais par contre, il n'y aura pas beaucoup de mystère (enfin, par rapport à d'habitude lol). C'est l'heure des choix difficiles et Harry va faire son premier pas sur la voie qu'il a choisi. Un simple conseil: Ne vous fiez pas aux apparences. ;)

Bonne lecture! :)


Chapitre 8 : Curiosity killed the rat

Qui sème la haine récolte la violence, la vengeance, la mort...

Jean-Christophe Grangé


Le petit garçon était toujours là mais il ne se trouvait plus dans le cercle de lumière. Ce n'était pas le seul endroit où elle l'avait vu. Tantôt il s'agissait de couloirs ressemblant à ceux de la maison des Potter, tantôt des rues trop floues pour qu'elle ait une chance de les reconnaître. En cet instant, il se trouvait au bord d'un précipice et semblait observer la mer d'un bleu sombre en contrebas, dont les vagues puissantes s'écrasaient avec fracas sur les récifs. Vêtu d'un jean délavé et d'un pullover moldu, ses cheveux noirs virevoltaient au gré du vent, cachant presque entièrement son visage.

Ne le voyant que de dos, elle tenta de se rapprocher mais à chaque fois, il semblait plus éloigné. Pourtant, elle n'abandonnait pas, elle ne pouvait pas abandonner. Quelque chose la poussait vers lui, comme un sentiment qu'elle devait le toucher, l'étreindre, comme pour se prouver qu'il était réel, qu'il était encore temps… temps de quoi ? Elle l'ignorait mais son instinct lui soufflait que c'était important, vital peut-être.

Mais au fur et à mesure, le garçon semblait grandir et il était à présent vêtu d'une longue robe noire de sorcier, semblable à celle des uniformes scolaires de Poudlard. Les poings serrés, il tenait sa baguette dans sa main droite et ses lunettes étaient posées sur son nez. S'agissait-il de William ?

Il fallait qu'elle en soit sûre, il fallait qu'elle le voie, qu'elle comprenne…

- Il est trop tard.

La voix avait été froide, tranchante, comme le couperet qui s'abattait sur tous ses espoirs. C'est alors qu'elle entendit des rires derrière elle. Elle aperçut alors William et James qui l'appelaient. Tous deux riaient, et même Sirius vint les rejoindre. Ils avaient l'air de tellement s'amuser et ils ne cessaient de l'appeler…

Elle se retourna en direction du garçon et aperçut quelqu'un à ses côtés ou plutôt… quelque chose. Il s'agissait d'un loup, au pelage clair et aux yeux d'un bleu magnifique. Elle avait déjà vu ce regard doux, pas du tout le genre d'expression à laquelle on pouvait s'attendre de la part d'une bête sauvage.

Le garçon avait mis un genou à terre et serrait le loup dans ses bras, comme s'il s'agissait d'un être cher. Ses épaules semblaient légèrement frémissantes, donnant l'impression qu'il pleurait. Le loup frotta son museau contre son visage avant de lui lécher doucement la joue, mais toujours impossible pour elle de voir le visage de l'adolescent.

Elle entendait les appels de James, William et Sirius, de plus en plus pressants, de plus en plus tentants mais elle voulait désespérément savoir… savoir qui il était, savoir pourquoi elle ressentait cet indomptable sentiment de culpabilité…

- Il est trop tard. Ta famille se trouve là-bas. Il ne sera plus jamais qu'une ombre dans ta mémoire, une ombre sans nom et sans visage, car tel était son choix…

Encore cette voix, sèche, glaciale et dépourvue du moindre sentiment. Mais cette fois-ci, elle ne se laisserait plus faire, elle voulait comprendre, elle devait comprendre !

- Non ! Je sais que c'est faux ! Dites-moi qui il est !

- Une ombre sans nom et son visage, une ombre sans nom et sans visage, une ombre…

- NON !!

Elle se précipita vers lui, arrivant enfin à se rapprocher. Mais le loup se redressa et se mit entre elle et lui, comme s'il voulait protéger son petit. L'adolescent avait le dos tourné, tête baissée de manière à ce qu'il puisse voir le fond du précipice devant lui.

- Le loup a été son seul ami, son seul protecteur, sa seule famille… le loup l'a aimé, l'a protégé, l'a élevé comme s'il était son propre petit…

Des silhouettes floues commencèrent à apparaître autour du loup, lui masquant la vue du garçon. Elle voulait venir plus près mais les silhouettes le masquaient de plus en plus. Elle tomba finalement à genoux, les yeux remplis de larmes avant de frapper des mains sur le sol comme pour matérialiser son impuissance.

- Qu'est-ce que je peux faire ?! Dites-moi ce que je peux faire ! Je veux changer les choses ! Dites-moi quoi faire !

- Il n'y a rien à faire. Le destin est en marche. Il n'est plus en votre pouvoir de le changer, Lily Potter. Vous ne pourrez que contempler les événements sans pouvoir jamais intervenir et… vous serez hantée jusqu'à la fin de vos jours par la vision de cette tragédie…

- NOON !!

Lily s'éveilla en hurlant dans son lit, faisant sursauter James qui se trouvait à côté d'elle. Les yeux exorbités, son visage à l'expression horrifiée transpirant la peur et l'égarement, le professeur de runes était en train d'oublier peu à peu les détails de son rêve, mais le thème était toujours ancré dans sa tête et elle revoyait cette ombre dans son esprit, cette ombre d'une personne qu'elle n'arrivait jamais à atteindre…

Il ne sera plus jamais qu'une ombre dans ta mémoire…

Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait vraiment pas. Lily savait que les pièces du puzzle étaient devant elle, et qu'il lui suffirait d'un déclic pour tout imbriquer. Malheureusement, et pour la première fois depuis des décennies, son intuition restait obstinément muette.

Rassurant son mari, elle se leva néanmoins du lit et se dirigea vers la salle de bain. Elle serait incapable de se rendormir, ça paraissait évident donc autant se préparer avant de jeter un œil aux copies qu'elle devait corriger pour ses prochains cours. Toutefois, si elle avait été un tant soit peu moins prompte à quitter la chambre, elle aurait remarqué les deux bulletins sur sa table de chevet, portant tous les deux le nom de « Potter ». Elle aurait peut-être réalisé qui était l'enfant qui hantait ses nuits, l'enfant dont le nom ne lui était pas venu à l'esprit naturellement depuis plus de sept ans…


Alors qu'elle prenait place à la table des Gryffondor, Ginny Weasley se sentait prise d'une brusque bouffée de … découragement. Cela faisait maintenant près de trois jours qu'Harry l'évitait, à tel point qu'elle ne lui avait pas reparlé depuis leur petite escapade au QG de l'Ordre du Phénix. Elle pensait au début qu'il s'agissait d'un hasard et que le Serdaigle avait tout simplement des horaires qui ne concordaient pas du tout avec les siens mais il n'en était rien.

Le jeune Potter s'arrangerait d'une manière ou d'une autre pour ne jamais être présent lors des repas, et quelle que soit l'heure à laquelle Ginny puisse se lever pour tenter de l'apercevoir, ses tentatives pour le rencontrer s'étaient avérées infructueuses à chaque fois. C'était à peine si elle l'avait entraperçu mais à chaque fois, il semblait absorbé dans ses pensées et ne pas la voir.

L'incompréhension avait cédé sa place à l'irritation, puis à la colère et c'était maintenant le découragement qui prenait le dessus. Elle ne comprenait pas pourquoi Harry agissait de cette manière et cela la laissait incroyablement… vide. La jeune Weasley s'était habituée au caractère à la fois distant et protecteur du Serdaigle et elle revoyait parfois en rêve le duel qu'il avait mené face à Jedusor.

Peut-être était-ce parce qu'elle était perdue dans ses pensées, ou bien à cause du bourdonnement incessant des discussions alentours mais Ginny n'entendit pas quelqu'un s'approcher d'elle d'un pas résolu. Il fallut attendre que la personne en question se soit assise à côté d'elle pour qu'elle réalise finalement sa présence et sursaute de surprise.

-Bonjour Ginny.

-Her…Hermione ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je veux dire, Will et Ron ne seront pas debout avant plus d'une heure…

-C'est à toi que je voulais parler, Ginny. C'est… c'est à propos d'Harry, le frère de Will.

Lorsque le regard de Ginny croisa celui de la jeune Granger, elle ne put retenir un léger frisson. En effet, les yeux noisette d'Hermione étincelaient de cette même flamme qui les animait lorsqu'elle se trouvait face à un mystère dont elle voulait absolument trouver la solution, ou bien lorsqu'un sujet la passionnait au point de remuer tous les livres de la bibliothèque pour en savoir le plus possible.

Sentant une goutte de sueur s'écouler le long de sa joue droite, la jeune Weasley voulut esquisser un sourire qui s'avéra davantage crispé qu'amusé. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise en présence de la née moldue en cet instant, car elle avait l'impression de ne représenter à ses yeux que le dernier sujet d'études en date.

-Je ne vois pas en quoi je peux t'aider. Je ne lui ai parlé qu'une ou deux fois depuis le début de ma scolarité à Poudlard…

-N'essaie pas de noyer le poisson, Ginny. Je l'ai vu lorsqu'il a accouru pour t'aider face à l'épouvantard et je ne pense pas qu'il l'aurait fait si vous ne vous connaissiez pas plus que ça.

-Ah oui ? Et bien, je suppose qu'il a jugé que puisque personne ne se préoccupait de mon sort, il fallait que quelqu'un le fasse. Après tout, je ne t'ai pas vu me venir en aide alors que tu avoues avoir été témoin de la scène…

Les joues d'Hermione s'empourprèrent un instant à cause de la gêne qu'elle ressentait et Ginny se leva brusquement, ses yeux brillants tels deux flammes alors que sa voix résonnait aux oreilles d'Hermione avec un ton froid et distant auquel elle n'était guère accoutumée.

- Que ce soit bien clair ! Tu es peut-être la meilleure amie de mon frère mais je ne te dois rien ! Et d'aussi loin que je me souvienne, nous ne sommes pas amies non plus ! Alors trouve quelqu'un d'autre à harceler parce que je ne répondrai pas à tes questions !

Et prenant à peine le temps d'attraper son sac, la jeune Weasley quitta la Grande Salle d'un pas vif, laissant derrière elle une Hermione avec une expression à mi-chemin entre la stupéfaction et l'humiliation. Au moment où elle allait s'engager dans un des couloirs, Ginny fut interpelée par une petite voix aiguë.

- Miss Weasley ! Miss Weasley !

Et l'adolescente se retourna pour se retrouver face à… Dobby. L'elfe de maison semblait égal à lui-même à première vue mais Ginny remarqua bientôt l'air inquiet tel une ombre sur son visage d'habitude si joyeux. L'elfe lui adressa un petit sourire et lui tendit une enveloppe.

-Harry Potter s'excuse de ne pas avoir pu vous la remettre lui-même, miss Weasley mais Harry Potter est très occupé pour le moment. Il m'a dit de vous donner cette lettre et… de ne pas chercher à le voir avant demain.

La Gryffondor fut surprise par les paroles de l'elfe, et resta un instant sans réagir, avant de finalement de reprendre. Glissant la lettre dans l'une des poches de sa robe, elle retourna son attention en direction du petit être.

-Je vois… et a-t-il donné ne serait-ce qu'une explication pour m'avoir évité ces deux derniers jours ?

Les oreilles de l'elfe s'affaissèrent en entendant cette question et il ne put cacher certains signes de nervosité. Quand il se décida finalement à relever les yeux, ceux-ci étaient remplis d'inquiétude et de peur.

-Harry Potter a dit que vous deviez rester en dehors de ça. C'est…c'est très important, miss Weasley, Harry Potter ne pourra pas se battre sereinement s'il doit assurer votre sécuri…

L'elfe stoppa net, les yeux exorbités. Les larmes lui vinrent bientôt aux yeux et il se frappa la tête plusieurs fois contre le mur tout en murmurant d'une voix triste.

-Dobby parle trop, Dobby parle beaucoup trop…

Puis il se tourna une nouvelle fois vers Ginny et la fixa cette fois-ci de ses orbes vertes avec une intensité qui déstabilisa la sorcière, de même que la voix avec laquelle il s'exprima était presque…suppliante.

-S'il vous plait, miss Weasley, n'abandonnez pas Harry Potter… Harry Potter n'a pas d'autres amis humains à Poudlard que miss Weasley et…et… ce n'est pas bon pour Harry Potter d'être toujours tout seul… pas bon du tout…

Et c'est en réprimant un sanglot que l'elfe de maison disparût dans un « pop » sonore, laissant Ginny complètement perdue. Alors qu'elle s'était interrogée sur toutes les raisons possibles pour le comportement étrange d'Harry mais alors qu'elle s'était quasiment fait une raison, Dobby venait de bouleverser toutes ces résolutions. Si elle n'avait pas été à ce point perdue dans ses pensées, elle aurait remarqué la personne qui l'observait depuis quelques secondes à l'extrémité du couloir…


Si Ginny avait pu remarquer l'étonnant comportement du Serdaigle ces trois derniers jours, elle n'avait pas du tout fait attention à l'attitude de Will Potter, notoirement connu comme étant le Survivant. D'ailleurs, comment l'aurait-elle pu ? Il était si rare que son frère Ron la laisse les accompagner et le fait qu'ils aient un an de différence faisait de la jeune Weasley quelqu'un d'inintéressant pour le moment aux yeux du Survivant autant qu'à ceux de son frère.

Toutefois, si une personne attentive avait observé le Gryffondor, elle aurait remarqué qu'il lançait souvent des regards en direction de la sœur de Ron depuis ces derniers jours. Hormis cela, de très légers changements étaient apparus dans son comportement. Il parlait toujours de la même manière à Ron et à Hermione, mais il les regardait toujours fixement dans les yeux avant de prendre la parole, comme pour sonder leurs regards.

Ses yeux noisette brillaient d'une lueur plus sombre que d'ordinaire, presque teintés d'ennui même si aucune de ses expressions faciales n'eut trahi cette impression. Non, aux yeux de toute la population de Poudlard, le Survivant se comportait parfaitement normalement. En revanche, il semblait avoir gagné un nouvel admirateur.

En effet, un élève de Gryffondor, apparemment guère plus âgé qu'un première année, l'observait sans discontinuer. Son expression n'avait cependant rien d'admirative, elle était plutôt porteuse… d'intérêt et d'avidité. Le garçon aux cheveux châtains et aux yeux noisette n'avait pas quitté des yeux William depuis près de deux jours lors des repas mais là encore, personne ne l'avait remarqué.

- Où est-ce que tu vas, William ? Demanda Hermione en voyant le Gryffondor se lever.

L'interpellé laissa échapper un soupir avant d'adresser un regard empli d'ennui à son amie.

- J'ai une détention avec Rogue, figure-toi.

- Oh, d'accord.

- Essaie de ne pas trop l'énerver, Dubois ne te le pardonnera pas si tu loupes le prochain match à cause d'une détention ! S'exclama Ron d'un ton sérieux.

Will se contenta de secouer la tête, un sourire plaqué sur le visage alors qu'il quittait la table des rouge et or. A l'instant où il quittait la Grande Salle, Ron et Hermione avaient déjà entamé une conversation avec Dean sur le prochain cours de Défense Contre les Forces du Mal. Aucun d'eux ne s'aperçut de la disparition de l'élève de première année qui était assis près d'eux il y a encore quelques instants…


L'élève de première année parcourait le couloir au pas de course alors qu'il tentait de suivre William. Jamais il n'aurait pu imaginer que quelqu'un pouvait marcher si vite et le fait qu'il soit plus court sur pattes ne l'aidait pas du tout. Bien trop concentré dans sa tâche, il ne remarqua pas que la direction prise par le Gryffondor n'était pas du tout celle des cachots.

Le pas vif, un très léger sourire toujours flottant sur ses lèvres, le Survivant ne semblait pas du tout conscient d'être suivi et poursuivait son chemin vers l'un des couloirs du rez-de-chaussée menant aux salles de classe désaffectées. La plupart n'étaient utilisées que par intermittence par les professeurs et servaient aux élèves pour toutes sortes d'activités, depuis les simples rendez-vous amoureux aux complots fomentés par les Serpentards et les Gryffondors pour se nuire mutuellement.

Mais aucun ne se trouverait dans ces classes aujourd'hui. Ni élève, ni professeur, ni personne. D'ailleurs, le très léger murmure que laissa échapper William en pénétrant dans le fameux couloir ne fut entendu par personne, et surtout pas par l'élève qui le suivait. D'ailleurs, toujours trop concentré sur le jeune Potter, il n'avait pas remarqué la rune inscrite au plafond à la craie, qui s'était temporairement arrêtée de briller au passage du Survivant, et qui avait repris son doux éclat bleuté juste après le passage du second garçon.

Finalement, William sembla trouver la salle qu'il cherchait et y entra simplement, refermant directement la porte derrière lui. Le petit élève se rapprocha lentement de la porte avant de sortir sa baguette, qui n'était plus de la première jeunesse, à en voir le bout racorni et les tâches sombres sur le bois. Un sourire malicieux fleurissant sur ses lèvres, il ouvrit doucement la porte et entra, sans même faire attention où il mettait les pieds.

Il ne réalisa donc pas qu'il venait juste de pénétrer au milieu d'un cercle runique. Tout ce qu'il voyait, c'était la silhouette du Gryffondor devant lui, qui lui tournait le dos. Levant sa baguette, il était prêt à accomplir sa tâche, cette même tâche que lui avaient confié ses « camarades » et qui lui assurerait les faveurs du Seigneur des Ténèbres. Plus que deux petits mots à prononcer et le Survivant irait enfin rejoindre la tombe, avec douze ans de retard…

C'est alors qu'il ressentit un changement, d'abord presque impalpable mais de plus en plus oppressant à chaque seconde qui passait. Son corps commença à être secoué de violents tremblements et le mangemort tomba à genoux. Poussant un cri, il vit sa propre apparence se muer en autre chose.

L'élève de première année se mit à grandir mais pas tant que ça car sa taille n'excéda pas celle de William. Son apparence avait cependant changé considérablement, passant de celle d'un enfant de onze ans à celle d'un adulte d'une quarantaine d'années au moins, au teint terreux et dont les cheveux laissaient entrevoir une calvitie des plus prononcées sur le haut du crâne. Ses petits yeux étaient fixés sur le cercle de lumière à ses pieds alors qu'il essayait péniblement d'en sortir.

- Bonjour, Peter.

Le dénommé Peter releva immédiatement la tête, fixant le garçon qu'il avait devant lui. Sans comprendre pourquoi, il sut que quelque chose avait changé. C'était bien le portrait craché de James qui se trouvait devant lui, le blason des Gryffondor aisément reconnaissable sur son torse. Et pourtant, alors que son attention se tournait sur les yeux noisette du Survivant, l'adulte sut que quelque chose clochait. L'animal en lui pouvait le sentir.

- Combien de temps s'est écoulé depuis notre dernière rencontre ? Douze ans, n'est-ce pas ? J'imagine que ça a dû être difficile pour un rat de passer douze années en cage, n'est-ce pas ?

Le mangemort bouillait de colère alors qu'il essayait toujours de briser le fichu cercle qui l'empêchait de bouger et surtout de lancer des maléfices dans sa direction. La voix de l'adolescent semblait plus grave que lorsqu'il s'était adressé à ses amis un peu plus tôt, et son visage perdait peu à peu toute trace d'émotion.

- Peter Pettigrow, le rat qui a vendu James et Lily Potter à Voldemort… le traître qui a scellé le destin du Survivant… j'imagine que tu ne me reconnais toujours pas ?

L'animagus adressa un regard éberlué au Gryffondor, se demandant où il voulait en venir. C'est alors qu'il vit l'adolescent porter une main à son visage, comme pour en retirer quelque chose et il garda un instant les yeux fermés. Lorsqu'il les rouvrit, Peter ne put s'empêcher de sursauter.

Ce n'était plus les yeux noisette hérités de James qu'il fixait, mais deux orbes émeraudes dont la froideur et l'impassibilité avaient quelque chose d'effrayant. Oui, ce regard vide de tout sentiment était tout aussi terrifiant que celui du Seigneur des Ténèbres et Pettigrow comprit instantanément sa méprise. Ce n'était pas William Potter qu'il avait sous les yeux… non, c'était…

- Harry… Harry Potter… ce n'est pas possible, tu es sensé être à Serdaigle… je ne comprends pas…

Le Serdaigle ne laissa pas transparaître la moindre réaction et se contenta de ranger les lentilles colorées. Puis il sortit sa baguette avant de la pointer sur son prisonnier, s'adressant à lui d'une voix neutre.

- Je vais te laisser le choix, Queudver. Soit tu me révèles maintenant ce que je veux savoir, et sans essayer de me mentir et peut-être pourras-tu en échapper vivant… soit tu joues les difficiles et je serais obligé de te faire parler de force.

L'animagus se décida à faire le choix qui lui était le plus judicieux lorsqu'il se trouvait en position d'infériorité : fuir.

Se transformant en rat, il se mit à courir le plus vite possible à travers la salle de classe. Il avait repéré une petite fissure dans l'un des murs de la pièce, au niveau du sol. Pas très grande certes, mais suffisamment pour permettre à un rongeur de s'y engouffrer. Peter savait qu'il devait rapporter aux autres ce qu'il venait de voir. Harry était bien plus dangereux qu'il n'y paraissait et d'une quelconque façon, il avait découvert qu'un mangemort allait venir à Poudlard pour s'en prendre à William.

Plus que quelques secondes… le mur était tellement proche à présent… Le trou représentait la liberté… il ne pouvait pas repartir à Azkaban. Suite à son évasion, le seul châtiment possible était le baiser du détraqueur et Pettigrow n'avait pas la moindre envie de se voir arracher son âme.

Malheureusement, alors qu'il allait atteindre son but, le rat sentit quelque chose se refermer sur lui comme un piège. Non, ce n'était pas un piège… c'était comme des griffes… des serres! Les yeux du rat semblèrent sortir de leurs orbites alors que des petits couinements s'échappaient de sa bouche. Du sang s'écoulait de son flanc mais les serres ne firent que resserrer leur emprise sur lui avant qu'il ne s'élève finalement dans les airs.

Paniquant, Peter reprit sa forme humaine et retomba lourdement sur le sol. Sa respiration saccadée, il avait toujours les yeux exorbités et tremblait de tous ses membres alors que son flanc laissait apparaître une tâche pourpre à travers ses vêtements déchirés. Il y eut un battement d'ailes avant qu'Harry ne réapparaisse devant lui, le dominant de toute sa hauteur alors que sa baguette était braquée sur lui. Les yeux verts de l'adolescent ne montraient pas le moindre signe de pitié alors que sa voix, toujours aussi désespérément neutre, s'élevait à nouveau dans la pièce.

- Il semble que tu aies fait ton choix. Nous allons donc en passer par le chemin le plus douloureux… j'espère que tu es prêt, Peter ?

- Harry… mon petit Harry… tu ressembles tellement à ton père… et tu as les yeux de Lily…

Et alors que les yeux émeraudes du Serdaigle étaient toujours fixés sur les siens, l'ancien maraudeur avait plongé l'une de ses mains dans sa poche, agrippant fermement sa baguette. Il fit ensuite mine de ramper sur le sol vers Harry, les mains tendues et le regard suppliant.

- Harry, James ne voudrait pas qu'on me tue… Il aura pitié de moi, de son vieil ami Peter, tu comprends ?

La main tremblante, Pettigrow était prêt à attaquer au moindre signe d'hostilité de la part du fils de James mais étrangement, celui-ci ne réagit pas comme il l'espérait. Ce ne fut pas l'ombre d'un doute ou bien d'une hésitation qui apparût sur son visage. Non, à la place, il tourna le dos au Maraudeur et prit la parole d'une voix neutre.

- C'est vrai, Peter. En souvenir du Maraudeur que tu as jadis été, je vais te laisser une chance de t'échapper. Précipite-toi vers ce trou que tu désirais tant atteindre et ne reparais plus jamais devant moi.

Les yeux de Pettigrow s'ouvrirent en grand à cause de la surprise et il se releva péniblement. Le choix était face à lui : fuir ou bien tuer le garçon. Après tout, il était de dos et Peter avait sa baguette en main. Un simple sortilège de mort et il n'y aurait plus un seul témoin de la scène. L'adolescent ne se retourna pas mais parût se rendre compte de son hésitation.

- Et bien Peter ? Envisagerais-tu de me tuer ? Je ne pensais pas que tu hésiterais si longtemps mais peut-être es-tu véritablement un Gryffondor dans l'âme, n'est-ce pas ?

- Je… je suis désolé, Harry… AVADA…

L'adolescent fit alors volte-face et Peter se retrouva incapable de finir l'incantation. Une rage sans limites brûlait dans les prunelles de l'adolescent alors que celui-ci prononçait d'une voix haute et intelligible :

- Vas-y Peter ! Qu'est-ce que tu attends ?! Tu te crois peut-être de réussir là où ton pathétique « maître » a échoué il y a douze ans ?!!

Queudver ne pouvait s'empêcher de trembler alors qu'il voyait Harry s'avancer vers lui. Non, il n'avait rien de James, sa colère était beaucoup forte que celle de son ancien ami et il avait véritablement l'impression que ce n'était pas un adolescent qu'il avait devant lui. D'ailleurs, il laissa tomber sa baguette, comme paralysé par l'aura de puissance et de colère qui se dégageait du Serdaigle.

Ce dernier l'observait avec un mélange de haine et de dégoût.

- Ton esprit est si faible…et tellement perméable. Il m'aura fallu moins de cinq minutes pour en percer les secrets et le contact visuel n'était même pas nécessaire. Tu n'es qu'un misérable Peter et je vais te faire ravaler ton insulte dans la gorge avant d'en finir une bonne fois pour toutes avec toi…

- Que… quelle insulte ? Je… je n'ai rien dit… je ne comprends pas…

L'adolescent ramassa la baguette du mangemort et la pointa sur son propriétaire, son visage laissant clairement percevoir l'écœurement qui l'habitait.

- Tu as fait l'erreur de me comparer à mon père, l'une des personnes qui a fait de mon enfance un véritable calvaire. Mais c'était avant tout ta faute et celle de ton maître, c'est pourquoi tu vas maintenant recevoir ton juste châtiment…

- Harry ! Ne fais pas ça ! Pense à Lily ! Elle non plus ne voudrait pas…

- DIFFINDO !!!

Le sortilège avait été puissant, net et précis. Dirigé directement sur la gorge du traître, il l'avait tué en moins d'un instant, ne laissant même pas à la « victime » le temps de pousser un cri. Face à la dépouille sans vie de Pettigrow, Harry lâcha la baguette et essaya de se calmer.

Son visage était impassible mais ses mains tremblaient, bien qu'il aurait été difficile de dire quelle émotion l'habitait en cet instant. D'un simple geste de la baguette, il brûla celle du mangemort puis transforma Pettigrow en rat avant de faire léviter le cadavre du rongeur jusqu'à la fenêtre.

En contrebas se trouvaient les égouts qui sortaient des cachots, habituellement emplis de toutes sortes de déchet. Telle serait la dernière demeure de Peter Pettigrow, qui avait souillé son âme et voué sa vie à la recherche d'un pouvoir qu'il n'aurait jamais pu atteindre.

Ne jetant pas un regard à la dépouille du rat qui s'enfonçait dans le tas d'immondices, le jeune Potter nettoya le sol des quelques traces de sang laissées par le mangemort et remit la pièce dans son état d'origine. Les yeux cernés et le teint blafard, l'adolescent sortit de sa poche un flacon et en avala le liquide d'un trait.

Les cernes sous ses yeux disparurent et ses yeux devinrent noisette. Prenant toutefois la précaution de remettre ses lentilles au cas où la potion cesserait de faire effet, Harry sortit de la pièce et commença à repartir par où il était venu comme si de rien n'était.

S'arrêtant un instant pour s'observer dans un miroir, il esquissa un sourire ironique en voyant sa cicatrice en forme d'éclair disparaître de son front. Il incarnerait William pendant encore une petite heure, puis il irait altérer les souvenirs de son frère pour ne pas éveiller les soupçons. Il en avait tué un, il n'en restait plus que onze à éliminer…