NdA : Et me revoilà pour un nouveau chapitre, avec toujours du temps d'attente. Mais bon, je peux pas faire mieux. Merci à tous ceux qui m'ont laissé de très gentilles reviews, ça motive beaucoup pour écrire. Sinon, j'ai déjà commençé le chapitre suivant mais avec les exams, c'est difficile de pouvoir écrire régulièrement. Tout ça pour m'excuser par avance des quelques retards dans l'avancée de mes fics.

Bonne lecture à tous.

CHAPITRE 9

Quand Harry ouvrit les yeux, la première pensée qu'il eut à l'esprit était qu'il s'était une fois de plus évanoui. La seconde fut qu'il avait partagé un baiser avec Tom et cette pensée lui fit accélérer considérablement son rythme cardiaque.

Il avait embrassé Lord Voldemort. Il l'avait d'abord insulté, roué de coup puis il avait cru devenir fou. Son ennemi l'avait alors pris dans ses bras et la chose bizarre qui s'était produite dans la chambre avait refait son apparition. Il s'était soudain senti plus fort physiquement mais aussi plus faible. Il s'était senti envahi par la magie du Lord. Cette magie l'avait terrassé en même temps qu'elle lui avait fait ouvrir les yeux sur le fait qu'il ne pourrait jamais tuer Voldemort. Il y avait entre eux un lien au-delà de ce que l'on pouvait concevoir. C'était comme s'ils étaient deux entités complémentaires et que si l'une se prenait un jour à disparaître, l'ordre des choses s'en trouverait considérablement modifié.

Harry avait l'impression que son corps entier avait été passé au charbon ardent. La magie pure coulait en lui en flot continu, le plongeant dans une ivresse insoupçonnée, avivant ses sens et donnant au monde une couleur nouvelle.

Quand il tourna la tête, il comprit la raison de cette déferlante d'énergie : Tom était assis dans un fauteuil à côté de son lit et il lui tenait la main.

Quand ses yeux rencontrèrent son visage apparemment endormi il ne put en détacher les yeux, comme hypnotisé.

Dans son sommeil, Voldemort avait laissé tomber son masque ironique et calculateur et il ne ressemblait plus qu'à Tom, seulement Tom. La tête penchée sur le côté, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration régulière et ses lèvres entrouvertes laissaient échapper un souffle imperceptible et serein.

Son visage avait perdu la folie et le tourment qui semblait d'habitude faire partie intégrante de sa physionomie et il ne reflétait plus maintenant qu'une paisible douceur, troublante par son étrangeté.

Fasciné, Harry ne put s'empêcher de penser qu'il était beau ainsi avec ses longs cils, ses cheveux bruns dont quelques mèches revenaient sur son visage et ses lèvres pleines et entrouvertes.

Mais ce qui le fascinait surtout, c'était que le Lord, malgré son sommeil, se cramponnait à sa main, comme si rien d'autre ne comptait. Jamais il ne lui était apparu aussi fragile, aussi beau dans son humanité. C'était comme si il le découvrait pour la première fois et cela lui faisait peur car ce qu'il voyait lui plaisait.

Troublé, il se recula dans le lit, sa main glissant soudain de celle de Tom. La douce sensation magique disparut au même moment, l'envahissant d'un froid soudain.

Semblant éprouver la même chose, Tom s'éveilla dans un sursaut et immédiatement leurs regards se croisèrent.

Harry soutint son regard perçant tout en se reculant encore un peu plus.

« Comment te sens tu ? » finit par dire Tom d'une voix plus douce qu'à l'ordinaire

« Bien » répondit brusquement Harry le ton aimable du Lord lui faisant plus peur que ses sarcasmes habituels. Il déglutit difficilement quand Tom lui sourit, presque avec tendresse. La situation était vraiment trop étrange pour qu'elle continue ainsi.

Une sueur froide lui coulant le long de son dos, Harry lui demanda, d'une voix qui se voulait dure et froide mais qui ne fut presque qu'un murmure

« Qu'est ce que tu m'as encore fait ? »

« Rien. Je ne t'ai rien fait. C'est plutôt toi qui a fait quelque chose. Regarde, tu m'as roué de coups tout à l'heure et je n'ai plus rien du tout. Tu m'as guéri. »

« Je…je ne comprends pas, balbutia Harry. Je ne comprends rien du tout. »

« Moi non plus. Tout ce que je sais c'est qu'à chaque fois que je te touche il se passe des miracles, lui répondit Tom, un sourire victorieux sur les lèvres. Ne me dis pas que rien n'a changé chez toi, parce que je suis sûr que c'est faux. »

Harry se renfrogna, de plus en plus mal à l'aise. Bien sûr que quelque chose s'était passé en lui. Quelque chose de tellement fou qu'il en avait embrassé son ennemi de toujours. Mais, plein de mauvaise foi, il répondit

« Rien, à part ma vue qui est meilleure. Absolument rien d'autre. »

Le Lord fronça les sourcils et vif comme l'éclair saisit le jeune homme par le poignet, l'attirant vers lui. Harry poussa un petit cri d'effroi tandis que la sensation grisante refaisait surface, irradiant de son poignet jusque dans tout le reste de son corps. Ses yeux rencontrèrent de nouveau ceux de Tom et il ne put en détacher son regard. Son souffle se fit court tandis qu'il ressentait dans un plaisir sans nom la magie du Lord se répandre dans ses veines et y tracer un chemin brûlant, presque douloureux.

Puis la sensation disparut aussi vite qu'elle était apparue. Tom l'avait lâché et le regardait maintenant d'un air victorieux

« Dis moi maintenant que tu n'as rien ressenti ! »

Harry tremblait à présent, ses yeux ne pouvant se résoudre à se détacher de ceux du Lord. Il avait soudain une furieuse envie de le saisir lui-même et de recommencer cet échange extraordinaire qui le laissait pantelant de plaisir.

Honteux, il se recula violemment, jusqu'à tomber du lit. Rampant, il s'éloigna le plus possible de Tom qui continuait à le regarder.

Heurtant le mur, il s'y affaissa, sanglotant presque. Il n'avait jamais éprouvé de vraie peur devant le Lord mais en ce moment, il était terrifié par lui.

« Ne m'approche plus. Ne m'approche plus ! » Répéta t'il plusieurs fois.

Mais Tom n'en fit rien et vint s'accroupir devant lui, faisant fi de ses supplications.

« Ca suffit maintenant, Harry ! Tu vas m'écouter », lui dit il sur un ton sans appel. « Je n'ai jamais encore entendu parler de cas tel que celui-ci mais il semble qu'en nous touchant nous ayons fait un échange de magie. Cet échange nous a renforcé tous deux, comme si avant elle avait été tronquée et qu'elle était maintenant complète. Et ce que nous avons fait tout à l'heure… »

Mais Harry le coupa dans ses paroles, lui criant presque

« Il ne s'est rien passé ! »

« Si, Harry ! Je t'ai embrassé et tu ne m'as pas repoussé. »

« Je…je n'étais pas moi-même…ça ne se reproduira plus ! » balbutia le jeune homme, soudain livide.

« Vraiment ? » le questionna le Lord tandis que le bout de ses longs doigts venait caresser la joue d'Harry.

Celui-ci retint son souffle. Il ne fallait pas que ça se reproduise. Il ne le voulait pas ! Il ne le pouvait pas ! Et pourtant…. tandis que le visage de Tom se rapprochait du sien, il sentait sa raison basculer de nouveau et ses lèvres brûler d'anticipation. Oui ! Tout à l'heure, il avait embrassé Lord Voldemort et il allait recommencer parce qu'il ne pouvait pas faire autrement. Il se sentait attiré par l'homme comme par un aimant, ses sens ne se contrôlant plus. Ils n'auraient jamais du se toucher. Maintenant, un lien étroit les liait et un désir ardent et incompréhensible lui ravageait les reins.

Haletant, il ferma les yeux, sentant le souffle de Tom sur ses lèvres et ne pouvant retenir un gémissement.

Puis un sentiment de frustration intense le submergea quand le Lord se recula soudain, rompant le contact. En ouvrant les yeux il ne put qu'observer les joues rouges de Tom, son regard trop brillant et sa respiration désordonnée. Il était dans le même état que lui.

« Tu…tu ne peux plus nier…maintenant… » Lui dit il d'une voix rauque

Harry ne répondit rien. De toute façon, il n'y avait rien à dire. Son corps avait parlé pour lui.

Le Lord se releva et se dirigea vers la porte de la chambre. Il se retourna ensuite vers lui, le détaillant avec envie puis détourna les yeux

« Je dîne avec quelques uns de mes proches tout à l'heure. J'aimerais que tu sois des nôtres. »

Harry haussa un sourcil, essayant de retrouver le fiel dans sa voix alors que son cœur battait encore la chamade.

« Tu as des amis, maintenant ? »

Voldemort sourit d'un air narquois et disparut par la porte.

« A 20 heures, et sois à l'heure. »

Harry avait tourné tel un lion en cage durant les quelques heures qui le séparaient du dîner. Il allait devoir aller dîner avec Tom et quelques uns de ses sous fifres écoeurants. Rien que cette pensée lui coupait l'appétit. Plus il réfléchissait à ce qui s'était passé, moins il avait envie de rejoindre le Lord dans la salle à manger. Il avait fait une erreur en le laissant l'approcher, une terrible erreur. Maintenant, par Merlin seul sait quel étrange phénomène, il avait l'impression de posséder en lui une part de son ennemi, une part de sa magie et cela le mettait hors de lui. Partager quelque chose avec lui semblait pour lui comme une trahison à ses principes. De plus, cet échange d'énergie magique avait provoqué un fait encore plus troublant : il avait envie de Tom. Pas une de ses pulsions purement sexuelle et qui se rassasie une fois assouvie, mais une envie totale et dévastatrice, qui le laissait dans un état de fébrilité proche de l'évanouissement dès que leurs deux peaux rentraient en contact. Jamais il n'avait ressenti une telle chose. C'était extrêmement douloureux mais également totalement enivrant.

L'heure approchant, Harry sentait l'énervement monter crescendo en lui. Il n'avait aucune envie d'aller dîner au milieu d'une « joyeuse » tablée de mangemorts et il n'avait absolument pas besoin dans son état de nerfs de papoter avec Voldemort alors que sa seule envie à l'instant était soit de lui faire l'amour sauvagement, soit de le précipiter du haut de la plus haute tour de son château afin de ne plus avoir à supporter cette situation.

Il s'assit soudain sur son lit, se prenant la tête entre les mains. Comment allait il se sortir de cette histoire ? Il se sentait comme écartelé entre deux feux : son corps, sa magie toute entière réclamait à grands cris son autre moitié et sa haine profonde envers l'homme qu'il désirait l'empêchait de le faire. Il ne pouvait pas pardonner ni oublier. Les derniers évènements ne pouvaient effacer toutes ces années d'horreur et de haine absolue.

C'est dans cette position que le petit elfe de maison préposé à ses soins le découvrit quelques instants plus tard.

« Jinky préfèrerait se faire écorcher vif puis plongé dans l'huile bouillante plutôt que de déranger le jeune maître Harry Potter mais Jinky est un elfe de maison très obéissant qui se doit de prévenir ses maîtres des heures de dîner. Il doit prévenir le jeune maître Harry Potter que le Grand Maître l'attend pour le souper dans un quart d'heure. »

A la fin de sa tirade, la petite créature effectua une courbette grotesque et disparut dans un plop caractéristique.

Harry n'avait pas relevé la tête, préférant ne pas répondre à l'elfe qui, à chacune de ses visites lui donnait des envies de meurtre. Cette créature, pensa t'il, n'était rien d'autre qu'une torture mentale de plus infligée par le maître des lieux et destinée à lui faire perdre la raison.

Soupirant comme un prisonnier qu'on traînerait aux galères, il se dirigea vers la salle de bain, prit la tenue qui l'attendait sur le rebord de la baignoire et l'enfila. Encore une panoplie complète du parfait petit mangemort. Il ricana, délaissant la cape et n'enfilant que la chemise noire dont il déboutonna le col. Si Voldemort croyait le faire adopter la tenue vestimentaire de ses petits toutous, il se trompait lourdement.

Il négligea également la brosse posée sur le lavabo. Il avait décidé de ne pas faire d'efforts. De toute façon, il allait dîner avec une tablée de pathétiques larbins, pas de quoi se mettre sur son trente et un.

Il avisa sa paire de lunettes rondes posée à côté de la brosse et la jucha sur son nez. Le monde autour de lui devint soudain flou. Il les retira et tout redevint net.

Il les enleva, les regarda un instant, puis les jeta dans le lavabo. Elles étaient maintenant complètement inutiles.

Quelques secondes plus tard, il était dans le couloir, en direction de la salle à manger où l'attendait son supplice. Pas besoin de guide, il pouvait sentir l'aura de Tom lui montrer le chemin sans même se concentrer sur lui.

Regardant droit devant lui, il ignorait totalement les regards des mangemorts qu'il croisait. Ceux-ci, d'ailleurs, ne cherchaient pas à attirer son attention et le regardaient passer avec méfiance et crainte.

Arrivé devant la porte derrière laquelle le Lord l'attendait, il prit une profonde inspiration et la poussa pour entrer.

Il se retrouva dans une salle de dimension très modeste, sombre mais conviviale, dont la majeure partie de l'espace était occupée par une table rectangulaire taillée dans un bois sombre. Le sol était nu, de pierre grise et la pièce était éclairée par une série de chandeliers sur la table et sur les murs.

La porte se fermant derrière lui, Harry dévisagea les convives assis autour de la table. Ils étaient six au total. Le couple Demether, deux mangemorts très puissants qui avaient toujours réussi à échapper à ses poursuites ; Bellatrix Lestrange, le visage plus anguleux que jamais ; le vieux Adam Brook, maître en envoûtements et fervent adepte du mage noir depuis longtemps, Drago et enfin Voldemort, assis en bout de table.

Un silence s'installa à l'entrée du jeune homme qui les dévisagea un à un, immobile et debout. Il pouvait sentir la méfiance mais aussi une vive curiosité dans l'esprit de tous les convives.

Ce fut Voldemort qui rompit le silence pesant qui s'était installé

« Harry ! Nous n'attendions plus que toi ! » Lui dit il, un sourire poli sur les lèvres mais le regard plus flamboyant que la flamme des chandeliers qui ornaient la table.

Harry croisa son regard, le souffle soudain suspendu comme à chaque fois qu'il établissait un contact avec lui, puis le détourna pour venir s'asseoir à sa droite en silence.

Face à lui, Drago lui lança un regard venimeux et Harry le fixa narquoisement. Malfoy sembla bouillir littéralement de rage contenue devant cette marque de mépris profond envers sa personne et Harry sourit de plus belle. Ce repas ne serait pas un supplice uniquement pour lui. Il avait bien l'intention de rendre Drago hystérique et de rendre ce souper plus vivant qu'il ne l'était. Tant pis pour les conséquences. Tom saurait à l'avenir qu'il faut réfléchir avant d'inviter Harry Potter à souper.

Le Lord rompit de nouveau le silence et dit d'une voix guindée où perçait néanmoins l'irrévérence :

« Je me suis cru bon d'inviter ce cher Harry à notre table. Le pauvre garçon vit comme un reclus depuis son arrivée. Je ne veux pas qu'il pense que je suis un mauvais hôte. »

Harry, sans le regarder, les yeux toujours rivés dans ceux de Drago qui commençait à perdre visiblement patience, lui répondit sur le même ton

« Sa seigneurie est trop bonne. Me priver d'une aussi « charmante » compagnie aurait été un crime. »

Drago, se sentant visé par les propos sarcastiques ouvrit la bouche pour répliquer vertement mais le Lord prit la parole avant lui, le coupant dans son élan.

« Je savais que ça te ferait plaisir ! Maintenant, mangeons. »

Harry détourna dédaigneusement les yeux de Drago qui manqua s'étrangler de rage contenue, puis porta son attention sur les autres convives. Le vieux Brook le fixait d'un regard perçant, sa longue barbe blanche disparaissant sous la table. Ils n'avaient jamais été confrontés l'un à l'autre mais Harry avait eu en main une photo de lui et il savait que ses aptitudes extraordinaires en envoûtements en tous genres étaient très appréciées du Lord.

Il passa ensuite au couple : Lorian Demether et son épouse, Dora. L'homme, grand, élégant et distingué lui accorda un léger salut de la tête tandis que son épouse, plus petite, blonde et raffinée, lui sourit poliment. Ces deux là, il les connaissait bien. Experts en artifice et sortilèges explosifs, ils étaient souvent envoyés sur les missions destinées à terroriser la population sorcière. Harry n'avait jamais réussi à leur mettre le grappin dessus.

Puis ses yeux se posèrent sur Bellatrix Lestrange, toujours fidèle à elle-même sauf qu'elle apparaissait amaigri et fatiguée. Harry se concentra et décela une aura maladive chez elle. Elle le fixait étrangement, le front légèrement plissé, les lèvres serrées et quand leurs regards se croisèrent, son visage s'illumina soudain et ses yeux prirent une lueur de démence. Elle lui sourit enfin, d'un sourire trop franc qui déstabilisa Harry. Il détourna les yeux et revint à Drago qui n'avait pas perdu son air pincé.

Il sentit le sourire de Tom avant qu'il ne le vit. Quand il se tourna vers lui, le Lord lui souriait, une lueur presque admirative dans le regard. Harry sut tout de suite que ce début de repas avait été un test et qu'il avait réussi ce test même si il n'y comprenait rien.

Et c'est d'une voix enjouée que Tom déclara le repas ouvert.

Les plats servis étaient raffinés et sentaient délicieusement bon. Devant les yeux étonnés et le regard outré de Drago, Harry commença à se servir sans même attendre le Lord. Le jeune homme poussa même le vice jusqu'à passer le plat de salade aux autres invités avant le maître des lieux. Celui-ci se contenta de lui sourire, trouvant la petite insubordination du survivant plus charmante qu'agaçante.

Le repas ses passa dans le calme. Harry se servait de tout, adoptant une attitude arrogante de maître des lieux qui semblait rendre Drago plus blanc de minute en minute. Cela n'échappa pas à Harry qui en rajouta un peu plus en disant quelques mots à Tom en Fourchelang.

Drago, dont la rage contenue était de plus en plus visible, n'avait même pas touché son assiette et Harry, impitoyable, continuait de lui jeter des regards méprisants et de parler avec les autres convives en prenant bien soin de ne jamais lui adresser la parole. Il savait bien que la chose que le jeune mangemort détestait le plus était d'être ignoré. Il se faisait donc une joie d'accaparer toute l'attention, en prenant un soin particulier d'attirer celle de Tom.

La rage d'être ainsi ignoré et la jalousie dévorante étaient en train de ronger Drago à petit feu. Il n'avait qu'une idée en tête : finir cet horrible repas et courir s'enfermer dans sa chambre pour ne plus voir l'attitude arrogante de ce maudit Potter, l'attention que tous lui portaient et les regards presque amoureux que lui envoyait le Lord. C'était un vrai supplice, et le pire c'était qu'il savait très bien que Harry en avait pleinement conscience et qu'il en jouait habilement.

La fin du repas arriva bientôt. Tout le monde se leva, Drago un peu plus rapidement que les autres et tout le monde se dirigea vers la sortie.

« Harry ! Je voudrais te parler une minute. » Dit Tom à ce dernier quand celui-ci franchissait la porte de la salle à manger.

Le jeune homme se raidit, trouvant que discuter avec le Lord en cet instant n'était pas du tout une bonne idée.

Il se retourna néanmoins, prenant l'air le plus impénétrable qu'il pouvait et s'approcha de Tom.

Celui-ci, toujours assis à sa place le dévisagea un instant, ce qui eut pour effet de faire détourner le regard à Harry dont les yeux trop brillants du Lord le perturbait.

« Harry, je veux dès demain commencer à t'enseigner ce que tu dois savoir pour maîtriser tes nouveaux pouvoirs. Mais je sens encore une certaine réticence de ta part. C'est pourquoi demain matin, je vais t'emmener faire une petite promenade. Je veux que tu comprennes ce qui me pousse à faire ce que je fais et je compte bien te faire entendre raison. »

Harry avait haussé un sourcil sceptique.

« Je vais pouvoir sortir d'ici ? Tu n'as pas peur que je décide de m'évader ? »

Tom eut un sourire narquois

« Je ne crois pas, non. Tu es toujours sceptique à propos de mes intentions mais tu as compris une chose : tu as tout intérêt à rester ici. Tu peux me garder à portée de main jusqu'à ce que tu trouves le moyen de m'éliminer. »

« Si je voulais t'éliminer, je n'aurais qu'à déclancher de nouveau le sort du chaos et ainsi je te foudroierai…et moi avec. » lui répondit farouchement Harry.

« Oui, tu pourrais…mais quel gâchis ! Détruire les deux sorciers les plus puissants au monde alors qu'avec tout ce potentiel nous pourrions faire tant de grandes choses ! »

Et il éclata de rire devant le regard noir du jeune homme.

« J'ai raison, n'est ce pas ? Je ne te tuerai pas et toi non plus tu ne me tueras pas. Tu as lu en moi comme dans un livre et j'ai fait la même chose avec toi. Nous avons trop besoin l'un de l'autre, Harry. Et ça, tu le sais très bien, même si tu répugnes à le penser. »

Harry avait serré les poings et dardait un regard furieux sur le Lord qui, comme d'habitude, savait trouver les mots qui le perçait à jour et le laissait plus vulnérable qu'un enfant.

« Vas te reposer maintenant, finit le Lord dans un sourire mystérieux, clôturant l'entretien. Demain, nous partirons tôt. Je veux que tu voies le monde tel qu'il est vraiment. »

Harry soutint son regard un instant, voulant répliquer quelque chose mais se ravisa. Il n'y avait rien à dire.

Il tourna les talons et au moment de franchir la salle prononça un « bonne nuit » au Lord qui lui répondit.

Tom regarda longtemps la porte après que le jeune homme soit parti, son masque de froide politesse se fracturant et laissant place à un visage douloureux et fiévreux. Pendant toute la durée du repas il s'était retenu de s'emparer du Survivant et de s'approprier enfin son corps. Il avait retenu ses pulsions jalouses quand le jeune homme avait parlé aux autres convives et réfréné ses sourires ravis quand il lui avait accordé un peu de son attention.

Il se passa une main sur le visage puis se leva. Demain. Demain il ferait tout pour le rallier à lui. Tout pour l'avoir enfin et à jamais.

Harry marchait en silence dans les couloirs, regagnant sa chambre. Il pensait à la journée du lendemain et il appréhendait cette « promenade » comme l'avait dit le Lord. Il ressentait une peur intense à l'idée de sortir d'ici et de voir ce que le monde était devenu sans lui. Ce qu'il craignait surtout, c'était de constater que la vie continuait et que le monde tournait peut être très bien. Cela voudrait dire que Tom avait raison et ça, c'était dur, très dur à avaler.

Perdu dans ses pensées, il ne s'aperçut même pas que quelqu'un lui barrait le chemin et il butta dans Drago, campé au beau milieu du couloir et semblant l'attendre de pied ferme.

« Tu devrais remettre tes lunettes », lui dit le Blond sur un ton venimeux.

« Barre toi, Malfoy. J'ai pas envie de faire joujou avec toi », lui répondit Harry sur un ton dédaigneux.

Mais Drago ne se décala pas du passage. Les joues rougies par la colère, il semblait prêt à en découdre.

Harry soupira et soutenant le regard courroucé du jeune homme lui demanda d'un ton las

« Bon, qu'est ce que tu veux, à la fin ? »

« Tu t'es bien fichu de moi tout à l'heure. Pourquoi faisais tu semblant de ne pas me voir ? »

« Parce qu'il y avait quelque chose à voir ? Lui répondit méchamment Harry. Désolé mais tu vois, tu n'as absolument aucun intérêt alors je ne vois pas pourquoi je ferai semblant d'en éprouver pour toi. Et puis de toute façon, qu'est ce que ça peut bien te foutre ? »

« Tu m'as humilié, Potter. Tu m'as humilié devant lui. »

« C'est pas ce que tu fais tous les jours ? Siffla le Survivant. Il a l'habitude ; d'ailleurs, je ne sais pas si tu as remarqué, mais il n'a même pas semblé se rendre compte que tu étais gêné. C'est étrange, non ? Il t'aime tant. »

Il avait dit ces derniers mots de la manière la plus méprisante qui soit.

Drago, devenu soudain blême, l'attrapa avec violence par le col de sa chemise et le plaqua contre le mur, prêt à le tuer s'il le fallait.

« Tais toi, tu ne sais rien alors tais toi ! »

« Tout ce que je sais, c'est que tu es pitoyable, insignifiant et que tu vas me lâcher immédiatement avant que je me fâche. Parce que sache que si je me fâche, tu te rendras vite compte que ton cher maître n'est pas le seul que tu dois craindre. »

Il avait dit ces mots d'une voix glaciale, incisive et Drago eut un mouvement de recul : il avait cru voir une lueur rougeoyante au fond des prunelles du Survivant, une lueur qui lui était bien familière : celle qu'avait le Lord quand il était en colère.

Harry eut un sourire carnassier et se dégagea.

« C'est bien. Maintenant cesse tes gamineries et laisse moi passer. »

Drago, semblant en état de choc se décala sur le côté, laissant Harry poursuivre son chemin et disparaître à l'angle du couloir. Puis tel une poupée désarticulée, il se laissa tomber au sol, le corps soudain secoué de sanglots silencieux.

Voilou ! Et un chapitre de plus ! Pfiou ! Oui, je sais la fin est un peu sadique mais je suis moi-même quelque peu sadique alors j'aime bien ménager mes effets.

Pour le prochain chapitre, vous aurez droit à la « promenade » pendant laquelle Tom va essayer de passer à la vitesse supérieure avec Riry.

Des révélations sur Drago également.