Hello à tous !
Pardon du retard, du à un oubli de fichiers couplé donc à du recopiage intensif.
Athéna continue sa consultation médicale, Mü se voit forcé d'éponger et affronte Marine.
Saori signe enfin son décret de mariage et a des projets de surveillance pour Camus.
Milo se voit forcé de jeter des magazines et décide de cuisiner.
Bonne lecture à tous !
Titre: La torture lui va si bien
Couple: Milo x Camus
Disclaimer: Tout à M. Kurumada, Shueisha, Toei. Sauf le Docteur dévoué à Saori, bis.
La torture lui va si bien
A l'infirmerie, Camus croyait en avoir terminé après que Saori eut tenu à lui apposer elle-même et de travers un pansement orné de ses têtes de Mickey adorées, mais il n'était pas au bout de ses peines : la demoiselle en avait maintenant après son poids.
Le Français protesta, avide de quitter les lieux, mais son petit ami un brin trop protecteur s'en mêla.
- Je suis obligé de donner raison à Athéna, chouchou, concéda Milo, et le ton du Scorpion laissait entendre à quel point approuver sa déesse lui était pénible.
- Merci Milo du Scorpion, se satisfit l'orgueilleuse divinité, qui tenait à exhiber des Chevaliers sur-nourris pour prouver sa grande générosité envers les humains.
- Tu as perdu quelques kilos, mon cœur. Et tu manges mal. Sans compter tes vomissements qui n'ont rien arrangé.
- Mal ? s'indigna froidement le Verseau, outré d'une telle audace. Mal ? C'est toi qui me dis ça, toi qui a un taux de cholestérol abominable pour ton âge et qui enfile toutes les sucreries, les aliments gras, les viandes carbonisées que tu trouves ?
- Là, on parle de toi, mon Camus.
- D'autant plus que tu feras un petit régime forcé à Death Queen Island, Milo du Scorpion, assena méchamment la réincarnation d'Athéna.
Le Docteur commença à parler des dangers de l'anorexie, de suralimentation et de nourriture riche en fer. Décidant que tous au Sanctuaire avaient décidé de lui détruire sa fierté, Camus sauta impatiemment de la table d'examen, prêt à filer.
- Reste ici, Camus du Verseau ! l'en empêcha la divinité, bras croisés de défi.
Le Maître des Glaces se figea donc, levant ses prunelles saphir au ciel avec l'expression très nette du " Cause toujours gamine, tu m'intéresses… ".
Rien ni personne ne lui ferait changer son régime de poissons blancs, de viandes très maigres, de légumes, de fruits et de pommes de terre à l'eau ou de riz nature.
- Et il fume en plus ! le dénonça à ce moment Saori Kido pour parachever son œuvre de maternage divin et médical.
- C'est Milo qui a les bronches fragiles, pas moi ! contra avec mauvaiseté le Français sous les cris de son petit ami.
- Tu t'empoisonnes, mon amour !
Insensiblement, le onzième gardien se rapprochait d'un mouvement lent mais sûr vers la porte de sortie.
- Justement, trancha le médecin, cherchant l'approbation de sa jeune patronne. Le tabagisme passif, vous connaissez ? Votre ami est encore plus en danger que vous, le fumeur. Vous êtes en train de le tuer à petit feu !
- Je ne fume pas devant lui, protesta le Verseau, un peu déstabilisé par l'argument.
- Si, ça t'est arrivé ! chouina Milo, l'œil azur très triste et très culpabilisant.
- Et tes copains, qui enfument ton salon ? C'est rien ça peut-être ?
- Si tu arrêtes de fumer, Camus, je ne les laisserai plus faire !
Au milieu de tout ce triple chantage, Seiya de Pégase parût, ouvrant la porte avec sa brusquerie de jeune cheval échappé, fracassant dans la foulée trois flacons d'alcool.
- Oups !
- Ce n'est rien, mon Pégasounet, le rassura Athéna, radieuse de retrouver son fiancé. Nous avions presque fini. Docteur, nous surveillerons le poids de mon Chevalier tous les deux jours, à chaque piqûre, n'est-ce-pas ?
- Oui Mademoiselle Kido, s'inclina servilement le praticien.
- Je ne pourrais pas… les faire moi-même, les piqûres ? s'enquit Camus avec espoir.
Espoir que l'adolescente s'empressa d'anéantir comme elle savait si bien le faire.
- Je n'ai aucune confiance en toi, Camus. Tu ne le feras pas soigneusement.
- Mais… se rebiffa le Verseau, outré, car il se considérait comme cent fois plus maniaque et responsable que l'adolescente, immature toute déesse qu'elle soit.
- La discussion est close ! Tu peux t'en aller maintenant, Camus. Ah, et, Milo du Scorpion, tu pars en exil demain matin à huit heures ! Sois aux arènes à temps.
- Demain ? Déjà ? hulula de désespoir le huitième gold, effondré.
- Plus vite tu seras parti, plus vite tu seras revenu ! argumenta spécieusement et très peu originalement la réincarnation terrible d'Athéna.
- Mais son rhume ? protesta Camus avec loyauté. Milo est fatigué et…
- Pas de favoritisme dans mon Sanctuaire ! sortit Athéna, avec une fourberie monstrueuse puisqu'elle ne cessait pourtant d'avantager Pégase, roi du traitement de faveur puissance dix.
Furieux et contrariés, les amants sortirent à l'air libre, que le Verseau s'empressa de polluer en allumant une nouvelle cigarette avec son briquet fétiche.
- Arrête, Camus ! toussa ostensiblement le Grec.
- C'est ça où je commets un crime de lèse-divinité.
Ikki du Phénix, dans son vol désespéré de recherche, avait fini par heurter June du Caméléon, constatation qui ne lui plût pas du tout. Avec qui Shun traînait-il, alors ?
- June ! Shun n'est pas avec toi ? beugla impoliment le Japonais, menaçant.
- Tu vois bien que non ! Moi aussi, je le cherche, nous devions nous entraîner !
- Collaborons temporairement dans l'intérêt de mon frère, proposa à contrecœur l'asocial en titre des bronzes.
- Entendu, Ikki, accepta l'Ethiopienne, maussade.
- Toi au Nord, moi au Sud. Retour ici dans une heure.
- Okay.
Le moral de Camus et Milo ne s'améliora pas en croisant le trio infernal. DeathMask et Kanon avaient des cernes, le cheveu mou et le teint jaune, alors que par une sorcellerie diabolique, Aphrodite des Poissons arborait toujours le teint velouté et la fraîcheur de ses plus belles roses.
- Coucou les amoureux ! les interpella le Suédois, frais comme un gardon.
- Tiens, Camus, s'empressa de mettre de l'eau dans le gaz l'ex-Dragon des Mers. C'est vrai la rumeur sur toi et mon cher grand frère ? Vous avez concrétisé à la fête, dans un petit coin sombre ?
En bonne poudrière jalouse qui se respecte, Milo explosa instantanément sous la provocation gémellaire et la lividité d'horreur de son petit ami au semi-souvenir déplaisant des mains de Saga sur lui.
Kanon fut donc saisi à la gorge et plaqué contre une colonne par un homme qui n'avait pas le sens de la plaisanterie sur certains sujets.
- Toi ! cracha le Scorpion, féroce. Ne me parle pas de ton frangin ! Il est taré ton frangin ! Sa partie de cinglé à réapparu hier soir ! Ton frangin, il a tout bonnement failli violer mon Camus ! Alors tu la fermes ! Ou je décimerai la famille, tiens.
- Milo, intervint Camus, lâche-le. Il plaisantait ! Kanon est ton ami voyons, tu sais comment il est.
- Oui, approuva rapidement le second jumeau. Je plaisantais !
Milo relâcha le tout, et Kanon se redressa malaisément.
- C'est vrai, interrogea avec avidité Angelo du Cancer. Le barjot est de retour ?
- Athéna l'a chassé, s'empressa de dire le Verseau.
- Dommage, je l'aimais bien moi, Saga gris, ricana l'ex-assassin.
- Et Athéna souhaite que cela reste un secret, compléta Camus, la mine sombre.
- Bien sûr mon chou, gloussa Aphrodite dans une moue pulpeuse. Bien sûr, nous savons garder les secrets au Sanctuaire !
Sous cette affirmation plus qu'apocryphe, les amants échangèrent un long regard de commisération et prirent congé, comptant passer seuls le peu de temps qu'il leur restait avant la séparation proche.
Mü du Bélier avait péniblement réussi à traîner le comateux Shaka de la Vierge jusqu'au sixième Temple.
Heureusement que son petit ami spirituel ne pesait pas lourd, même si l'Atlante migraineux faillit se prendre les pieds plusieurs fois dans son ondulante et longue chevelure couleur de blé mûr - ce qui aurait grandement accéléré leur descente.
Arrivé à bon port, il se rendit compte avec horreur de la littéralité de l'expression : car le Temple de la Vierge était effectivement aussi clapotant qu'un débarcadère accueillant les esquifs malmenés qu'ils étaient.
- Oh, non ! tempêta Mü, se déchargeant péniblement de Shaka sur le radeau/canapé du salon inondé.
- Ouuuh, prononça l'incarnation de Bouddha dans son cuvage d'herbe illicite.
- Kiki ! Kiki ! hurla le Bélier.
En vain. Son disciple, vers les treize heures, avait jugé prudent de filer aux arènes pour s'entraîner vertueusement de sa propre initiative.
Et le plan du petit rouquin fonctionna : se rendant à la source de l'inondation, le crédule Tibétain crut qu'il avait oublié de fermer le robinet au moment de remplir la bouilloire de tisane traficotée.
Tout enflé de son rôle de Lion protecteur de meute, de chef de Temple et de futur papa, Aiolia escorta Marine de l'Aigle jusqu'au sixième Temple, la soutenant inutilement par le coude le long des marches.
La Japonaise, ses traits délicats figés dans la mauvaise humeur qu'aurait toute femme à se voir inondée par la mauvaise gérance de ses voisins, appela Shaka d'un ton prometteur de colère.
Ce fut Mü du Bélier qui parût, ses pieds fendant l'eau, une serviette à la main, et la mine complètement défaite.
- Oui ?
- Nous voudrions voir Shaka, tonna le grondement léonin d'Aiolia.
- Il… il est un peu malade, transposa Mü, changeant la réalité en fiction.
- Et bien, continua Marine, pas découragée pour une griffe de lion. Et bien, dans ce cas tu feras l'affaire, Mü, puisque tu habites les lieux avec lui.
- A moitié ! s'empressa de dire l'Atlante, qui sentait un vent déplaisant tourner en sa défaveur.
- A moitié ! rugit le futur père. Votre eau a coulé toute la nuit ! Il n'est pas question que ma femme, enceinte je te le rappelle, se mette à quatre pattes pour éponger vos cochonneries ! J'exige que vous le fassiez ! Et pas à moitié ! C'est compris ?
- Mais… protesta le Tibétain, qui avait déjà un maximum de liquide à éponger, et qui ne cessait d'essorer des torchons depuis une heure.
- Nous pouvons demander l'arbitrage d'Athéna ? proposa alors Marine, ses pupilles fendues laissant filtrer un imperceptible défi – elle était sûre de l'emporter, Saori faisant preuve de solidarité féminine auprès de l'ancien Maître de son Pégasounet.
- Oui, bonne idée ma chérie ! s'empressa d'appuyer le Grec.
Mü du Bélier frémit : la logique, la prudence, la raison commandaient de se passer de l'avis de leur réincarnation divine sur le plus d'affaires possibles.
Quand Saori s'en mêlait, on ne savait jamais comment l'affaire allait se terminer.
- Je viendrai dans une heure, proposa alors le premier gardien, en une reddition qui satisfit l'autre partie.
- Je t'attendrai, promit Marine, secouant des boucles rousses, enchantée de la défaite de leur pair laineux à la toison mouillée.
- Oui, Marine t'attendra ! répéta inutilement le Lion, tout fier de son rôle.
Ennuyé, Mü retourna dans le Temple, pour tomber sur d'autres contrariétés.
Camus du Verseau et Milo du Scorpion étaient au milieu du passage.
Le Bélier remarqua que le Grec transportait un sac, une serviette de plage et que son nez s'ornait de lunettes de soleil. Mü en conclut que le couple allait se dérober à ses devoirs en allant paresser sur le sable.
Dérivant son regard de jade sur le Français, Mü constata encore que si Milo avait ôté ses sandales et roulé son pantalon maladroitement sur ses chevilles, râlant à chaque " floc, floc ", Camus, lui, marchait tranquillement sur les eaux comme Saint Pierre, vision biblique qui le fit sursauter.
Puis, le Tibétain encore en cuvage de tisane se rendit compte de l'astuce, le magicien de l'eau et de la glace usant de ses pouvoirs pour geler le liquide et patiner dessus sans se mouiller un orteil.
- Camus ! se récria le malheureux. Comment veux-tu que j'éponge si tu me gèles tout ?
- Comme ça tu n'as plus rien à frotter, rétorqua peu civilement le Verseau, qui après le passage à l'infirmerie ne se sentait pas beaucoup en humeur de camaraderie.
- N'est-ce-pas que le canapé et la carpette de mon Camus sont confortables ? stigmatisa quant à lui bassement le Scorpion, du même ton dont il userait pour parler de la pluie et du beau temps.
Mü du Bélier, ermite de Jamir, se colora vivement de vermillon, et laissa passer le couple infernal sans plus oser la ramener. Par Bouddha, Milo… aurait-il vu… quelque chose ?
Cette interrogation stérile et philosophique allait tourmenter le compagnon de la Vierge le restant de l'après-midi.
Shaka, lui, usait le temps généreusement offert par les dieux en ronflant très légèrement dans son propre canapé, endormi, donc heureux.
Milo soupira de bonheur en atteignant sa crique fétiche et secrète, qu'il ignorait avoir été squattée pendant ses vacances par la Chevalerie entière.
- Tu viens mon Camus ?
Le Verseau se dirigea d'emblée vers un endroit ombragé, y étala ses affaires sans varier ses habitudes maniaques d'alignement, et le Scorpion se précipita à ses côtés dans la partie ensoleillée, rejetant ses vêtements aux quatre vents pour apparaître en adepte du bronzage intégral.
- Tu es sûr que personne ne risque de venir, mon Milo ? demanda le Français, à qui ne déplaisait pas le fait de voir son amant pratiquer le nudisme de façon légale, mais qui était également plus jaloux qu'il n'en avait l'air, et redoutait des yeux indiscrets.
- Je ne crois pas chouchou. Et puis tu sais dans les thermes, tout le monde m'a vu à poil. C'est pas comme s'il me restait quelque chose à cacher.
L'argument, valable, ne plut pas au sibérien Verseau, qui se plongea avec bouderie dans " Guerre et Paix " sans même enlever son jeans. Ne se trompant pas sur la subite mauvaise humeur de sa moitié, le Grec gloussa et enfila son slip de bain pour apaiser les craquements de l'iceberg.
- Voilà. J'adore quand t'es jaloux mon cœur. Dis, tu ne lâcherais pas ce pavé ? C'est nos dernières heures ensemble, tu ne vas pas lire du Tolstoï en russe dans le texte !
- Tu as raison.
Les heures suivantes se passèrent le mieux du monde, et donna au couple de golds un aperçu de ce qu'auraient pu être leurs vacances rien qu'à deux : Milo chahuta dans l'eau de mer, y poussant encore le Verseau, Camus se laissa contaminer par la bonne humeur joueuse de son petit ami, tout en surveillant le tatouage encore frais que Milo exhibait fièrement, et ils se cajolèrent ensuite longuement sur la serviette de plage, résistant à l'idée tentante d'aller plus loin vu qu'il ne faisait pas nuit.
- Quoique, grinça moqueusement le Scorpion, même dans le noir on nous a trouvé.
- Il n'y a pas de Gendarmerie ici, se consola Camus.
- Juste des gardes sur qui nous avons droit de vie et de mort, se régala le Grec.
- Milo !
- Je rigole… On va manger ?
- D'accord.
A l'heure du dîner, Ikki du Phénix n'avait point réussi à remettre la patte sur son petit frère.
June du Caméléon n'avait pas mieux travaillé, et après l'avoir fustigée grossièrement sur son inutilité, l'oiseau de feu s'était résigné à attendre le repas. Shun manquait rarement un repas, et était un garçon ponctuel – l'exemple ne venait pas de son aîné.
Le rire malsain de Shaina de l'Ophiucius, qu'il croisa dans le couloir, claquant de ses talons aiguilles sur le sol, très affairée à il ne savait pas quoi, mit le comble à sa rage.
Est-ce que par hasard… l'amoureuse sans espoir de Seiya… Oserait-elle le provoquer ? Lui, le redoutable Phénix ?
Athéna/Saori avait passé un après-midi très affairé, prenant ses devoirs divins au sérieux.
Sous le patronage de Shion, qui lui avait retravaillé son décret fantaisiste pour que celui-ci prenne une forme légale et correcte, la déesse parapha le tout d'un audacieux et énergique trait de plume d'oie. C'était fait, se réjouit-elle, l'amour, sans lequel aucune bataille n'aurait été gagnée contre les ennuyeux membres de sa famille olympienne, l'amour avait droit de cité officiel au Sanctuaire.
Shion secoua ses cheveux vert amande en se demandant quand Dokho aurait vent de la chose, et Saga se mit à rêver inconsidérément, se voyant inviter Camus dans un restaurant ultra-chic pour lui offrir une bague trois fois plus onéreuse que celle de Milo, et le demander en mariage avec moult circonvolutions littéraires et romantiques.
Vu que l'objet de tant d'amour en était au stade de pâlir et de fuir à sa simple vue, le premier jumeau semblait flâner dangereusement sur les rivages de l'utopie sentimentale.
- Youpi, fit Saori radieuse. Une bonne chose de faite !
Elle occupa le reste de son temps avant le dîner à se livrer à des petits travaux de bricolage, qui concernaient le Chevalier du Verseau.
Athéna commença par noter en rouge sur un calendrier les jours où son onzième protecteur devait se rendre à l'infirmerie pour sa piqûre, prévoyant une case pour noter l'évolution de poids du garçon, et écrivit ensuite une liste maîtresse de consignes visant à reprendre en main son plus distingué Chevalier qui prenait de mauvaises habitudes.
Intéressé par tout ce qui concernait son ange des glaces, Saga lut par-dessus son épaule, indiscrétion dont la réincarnation ne s'offusqua pas tant elle était fière d'elle.
- Règle numéro un : le désintoxiquer de la cigarette. Règle numéro deux : guérir sa tendance à l'anorepsie… C'est " anorexie ", le bon terme, Athéna.
- Oh ! se corrigea la divine donzelle. Merci Saga…
- Règle numéro trois : l'obliger à me faire la lecture toute la journée pour mieux le surveiller. Règle numéro quatre : au besoin, se servir de Milo du Scorpion pour lui faire du chantage… Athéna !
- Tous les moyens sont bons pour aider un homme qui ruine sa santé, expliqua Saori, rayonnante de candeur et de bonté pour les humains.
- C'est vrai, admit le Petit Pope.
- Règle numéro cinq, poursuivit elle-même l'adolescente. Me faire aider de Saga pour reprendre Camus en main.
- Oh ! s'épanouit incontinent le troisième gardien à temps partiel. Merci, Athéna.
- Au fait Saga, pour ce soir je voudrais que tu me trouves tout ce qui est possible de lire sur l'anorexie. Enfin, des choses assez simples à lire.
- Ce sera fait, Athéna. Mais vous êtes sûre que Camus… Il mangeait, en vacances.
- Pour le vomir après ! pointa Saori, refusant d'admettre que sa croisière en yacht, puis sa conduite sportive en voiture étaient à la base de l'inconfort de son Chevalier.
- C'est vrai qu'il se sentait malade hier soir aussi, se souvint le Petit Pope, honteux.
- Et pour parler d'hier, tu as bien vu ! Il m'a donné son carpaccio, il a refusé la paëlla et n'a grignoté que du gâteau au chocolat.
- Je suis prêt à collaborer, Athéna, promit Saga, alarmé pour la santé de la personne qu'il aimait sincèrement, bien qu'avec une très mauvaise façon de l'exprimer.
La rusée réincarnation, toute animée de l'enthousiasme de la jeunesse, possédait un remarquable don pour convaincre ses semblables du bien fondé de ses toquades.
Revenu au Temple du Scorpion avec Camus, le huitième gardien vida son frigo des restes peu frais – pour ne pas dire moisis – qui s'y trouvaient, et se rabattit sur le surgélateur qui lui était toujours bien plein.
- Chouchou, tu veux une pizza, du gratin de macaronis ou des lasagnes ?
- Il n'y a pas de fish-sticks ? interrogea le Verseau, grand consommateur de ces petits bâtonnets de poisson pané – bon moyen de faire avaler du poisson à ses jeunes apprentis.
- Encore ? râla Milo. J'en ai marre de ton fichu poisson, Camus. En papillote, pané, avec arêtes, sans arêtes… Tu n'avales que ça…
- Mais il y en a ou non ?
- Ouais, informa de mauvais gré le Scorpion, qui gérait peut-être mal sa vie courante, mais qui pensait toujours aux goûts de son petit ami.
- Rien ne t'empêche de dégeler ta pizza et moi mes fish-sticks, fit le Verseau, conciliant dans le but d'avoir droit à son poisson chéri.
- Okay.
Ces basses considérations ménagères mises au point, le Grec fourra sa pizza au micro-ondes, bénissant encore la déesse au moins pour cela : avoir offert le confort moderne à ses Chevaliers. Il fila ensuite dans le salon, renversant Camus sur le canapé pour s'octroyer un apéritif spécial, style câlins et bisous.
- On va manger devant la télé, décida-t-il. Et j'ai un super film que je veux voir avant de partir. Tu sais, un de ceux que j'ai acheté à Paris ? C'est " La torture lui va si bien ", cool non ?
Le Français se renfrogna aussitôt au souvenir pénible de " Massacre à l'hôtel ".
- Mais Milo ! Pour notre dernier soir, tu tiens vraiment à regarder un film d'horreur ?
- Voui, chouchou ! Avec du pop-corn et des sodas ! Comme au cinéma. Sauf qu'ici s'il le faut je pourrai aller jusqu'au bout au lieu de seulement t'embrasser.
- Tu as déjà été fort loin au cinéma, Milo, rappela polairement le Verseau.
Le visage du Grec s'épanouit généreusement à ce souvenir coquin.
- Quoi, on n'était pas nombreux dans cette salle obscure…Et je ne t'ai pas forcé à…
Le Français eut une moue dubitative.
- C'est toi qui as pris ma main pour la mettre là où tu le voulais !
- Tu aurais pu la retirer au lieu de la bouger comme il le fallait… Mmmm… Rien que d'y penser… gloussa l'arachnide.
- Tu ne fais pas partie de ces gens à qui on dit facilement non, grincha le pudique Maître des Glaces, écarlate et énonçant une vérité première.
Un raclement de gorge gêné interrompit ce passionnant recensement des fantasmes déjà réalisé par le sulfureux Scorpion dans sa vie de couple, et Camus vira de l'écarlate au grenat sous les yeux pâles et surtout choqués de son pur disciple.
A ses côtés, sa fine main aux ongles toujours ornés de vernis noir fourrée dans celle de Hyoga, Shun d'Andromède, lui, affichait une expression de jeune démon taquin.
- Salut les jeunes ! s'écria Milo, pas gêné pour un euro. Besoin de conseils ?
- Milo ! s'étrangla son petit ami.
- Non, je crois que je m'en sortirai, Milo, répondit placidement Andromède.
- Je n'en doute pas gamin.
- Milo !
- Je m'en suis bien sorti avec toi, hein Camus, mon glaçon ?
- Pourrais-tu éviter de parler de ça devant mon disciple ?
- Tu dis toujours que c'est désormais un Chevalier égal à nous…
- Tu vois très bien ce que je veux dire ! s'irrita Camus, sous le rire scorpionnesque.
- Nous allons vous laisser, Maître, fit hautainement Hyoga, le ton pincé laissant subtilement entendre que son pur mentor le décevait énormément.
- Oui, nous avons bronzé tout l'après-midi à l'abri d'Ikki, gloussa Shun.
- Bonne chance, compatit sincèrement Milo, qui depuis les vacances conservait pour le Phénix un ressentiment égal à celui que l'oiseau immortel cultivait à son égard.
Les adolescents en goguette repartirent courageusement affronter le dîner et l'ennemi de leurs amours, et Milo ricana avant de filer à la cuisine.
- Mon cœur, brailla-t-il, reste assis, je m'occupe de tout !
Peu rassuré à cette idée, le Maître des Glaces le laissa aller, surpris de la galanterie excessive de son amant. Il se saisit de ce qu'il croyait être un magazine littéraire pour rougir violemment : l'hebdomadaire incriminé ressemblait furieusement à un petit frère de " Play Boy ".
- Milo ? appela-t-il d'un ton doucereux, voire cauteleux.
Alarmé par le timbre de voix de son compagnon, Milo réapparut, en tablier rouge, vision cocasse qui ôta au Verseau une bonne partie de sa capacité à se fâcher.
- Ouiiii, mon Camus ?
- Tu m'avais promis de les jeter !
- Oh… s'embarrassa le Scorpion, se tortillant de crainte. C'est que… ça me fait mal au cœur, je les aime bien… comme toi tes bouquins…
- Ce sont des trucs pornos ! fustigea le Français. Je ne te suffis pas, c'est ça ?
- Mais ça n'a rien à voir ! s'offusqua le Grec.
- Si tu prends plaisir à mater ce genre de trucs, j'en conclus qu'il te manque quelque chose que je ne sais pas te donner, analysa froidement son petit copain.
Milo du Scorpion fit alors un geste héroïque, sacrifiant sa collection. Il alla démonstrativement rassembler les quelques dizaines de magazines douteux qui traînaient jusque dans les toilettes – côtoyant le Shakespeare de Camus -, et fourra le tout à la poubelle, apaisant ainsi le courroux justifié de l'homme de sa vie.
- Voilà, chouchou, tu vois bien que tu es le seul qui compte pour moi ! Je vais surveiller tes fish-sticks.
Satisfait d'avoir réglé le problème, le Verseau rouvrit " Guerre et Paix " pour attendre son dîner.
Devant la poêle, le Grec sourit sournoisement : ses meilleurs numéros étaient bien planqués en lieu sûr, là où ils ne risquaient rien. Le sacrifice de surface qu'il avait dû s'imposer ne représentait que la partie émergée de l'iceberg.
- Frotte plus fort, Mü du Bélier, s'écria Marine de l'Aigle, trop enceinte pour éponger l'eau, mais pas assez pour ne pas surveiller l'Atlante, battant un talon irrité dans les flaques.
Le premier gardien envia son amant, qui dormait toujours, et envisagea tout de même une explication avec Kiki de l'Appendix, ce brave petit qui s'entraînait tout seul comme un grand, avec un excellent sens de l'autodiscipline.
" Camus du Verseau ? " ronronna soudain la voix suave de Saori, arrachant le Français à sa lecture russe.
" Oui, Déesse Athéna ? " répondit-il, son ton froid et courtois ne laissant rien filtrer de sa panique intérieure.
Qu'avait encore inventé sa jeune patronne pour piétiner sa fierté et sa tranquillité ?
" Tu es gay, n'est-ce-pas ? " introduisit Athéna.
" Heu… Oui, à cent pour cent, Altesse ", s'empressa de confirmer Camus, perplexe.
" Parfait ! En fait, je te préviens de mon nouveau décret, qui pourrait te concerner. J'autorise le lien sacré du mariage au Sanctuaire, et cette faveur, comme je suis une déesse moderne, intelligente, ouverte, cette faveur donc s'applique aux couples homosexuels. J'avais déjà parlé de ce décret à Milo pendant nos merveilleuses vacances. Voilà, Camus, c'est tout. Bon appétit, et mange bien surtout ! "
Abasourdi, Camus jeta un coup d'œil oblique sur Milo, qui œuvrait aux fourneaux : le but de toutes ces questions bizarres et de cette obstination à lui offrir une bague prenait soudain tout son sens.
Le Scorpion, était tout bêtement en train de tourner autour du glacier pour jeter le sujet du mariage sur la banquise.
Placé entre June et Ikki, Shun d'Andromède vit sa digestion perturbée par ses voisins : le Phénix agonisa de reproches son cadet entre le caviar et les tomates farcies, et l'Ethiopienne compléta la scène en se plaignant de l'insouciance impolie d'Andromède, n'honorant pas ses rendez-vous.
Faussement contrit sous ses mèches noircies, le jeune Japonais, lui, savait très bien qu'il honorait ses rendez-vous ! Ceux avec Hyoga du Cygne par exemple…
- Cesse de hurler à table, Ikki ! ordonna majestueusement Athéna, placée en face de Shion le Grand Pope, avec Seiya de Pégase qui mâchait de bon cœur à sa droite et le Petit Pope qui rêvait entre deux crevettes à sa gauche.
Demain matin, le premier jumeau aurait deux semaines entières de liberté pour conquérir Camus.
On aurait pu signaler à Saga que Milo lui-même avait mis plus de dix ans à y arriver, mais encore une fois l'aîné des golds se vautrait avec délice dans ses propres illusions de trentenaire.
