Je courrais dans la forêt, le cœur battant à la chamade. Quelque chose ou plutôt quelqu'un me poursuivait, et j'avais la certitude qu'il ou elle voulait me tuer. Un hurlement lupin retentit, me faisant frémir. Je faillis m'arrêter. Mais je devais fuir, et seulement fuir. Hélas, la chose me rattrapa et me jeta au sol. Elle me sauta au cou et me mordis.
Ma mère pleurait. Je ne comprenais plus rien, si ce n'est que j'allais mourir. Cette certitude était ancrée au plus profond de mon être, me terrifiant et me paralysant totalement. J'étais dans une pièce sombre comme la nuit, les larmes dévalaient les joues de ma mère tandis qu'elle me caressait tendrement la joue en s'adressant à une personne que je ne distinguais pas.
-Je t'en prie, sauve ma fille. Elle n'a que 3 ans !
-Je ne peux pas Aline !, dit une voix magnifique typiquement masculine. Je risque de la tuer ! Et même si j'arrive à m'arrêter, je la transformerais !
-Je t'en supplie ! Elle ne sera pas comme toi, n'oublie pas qui je suis, dans quelle famille je suis née ! Fais le pour moi, en souvenir de notre ancien amour...
Les voix devinrent un simple bruit, bourdonnant dans mes oreilles. J'eus juste le temps de voir deux yeux rouges sang se jeter sur moi puis se fut le noir. Total. Une douleur fulgurante au poignet gauche, puis de l'apaisement. Mon cœur commença à ralentir, et je sentais un massage sur ma poitrine. Maman me disait de tenir, de ne pas la laisser. Les heures passèrent et je me battais inlassablement. Peu à peu, l'obscurité recula et me laissa. Quand elle disparut, je m'effondrais d'épuisement.
Une voix me parlait, maman. Elle me disait que tout allait bien se passer, que j'allais guérir maintenant. Je réussis à ouvrir les yeux et elle poussa une exclamation de joie devant mes prunelles.
-Comment est-ce possible, murmura l'homme aux yeux injectés de sang.
-Le sang Quileute Ben, le sang Quileute ! Pour une fois dans ma vie depuis mon départ de la Push il m'est utile !
L'homme s'approcha de moi et je laissais échapper un gémissement de peur.
-Je ne te ferais rien Nila, fit il d'une voix rassurante.
Mis à part ses yeux, il n'avait rien d'effrayant. Sa peau était mate, et ses cheveux bruns étaient coupés courts. Ma mère se plaça devant moi et je ne pus m'empêcher de la détailler. Cheveux blonds, peau mate, yeux noirs, long cils, silhouette avantageuse. J'entourais mes bras autour d'elle et pleurais.
-C'est fini ma puce, tu es en sécurité maintenant. Merci Ben, je retiendrais ce que tu as fait pour moi et ma fille, nous avons une dette envers toi.
L'inconnu nommé Ben disparut.
Je me réveillais en sursaut et en sueur. J'avais encore l'impression de sentir la morsure du vampire de mon rêve. Car c'était à coup sur un vampire ! Ces yeux... Brrr, ça me fait froid dans le dos. Mais j'ai néanmoins une impression de déjà vu... Un lointain souvenir, trop vieux pour que je ne m'en rappelle... Mon subconscient a t-il tenté de m'envoyer un message ? Mais c'est idiot, les vampires n'existent pas ! Et pourtant, cette impression de réel persiste. Après tout, les créatures surnaturelles sont peut être réelles vu que j'en suis moi même une avec mon don... Et ma mère me racontait toujours des légendes ou se mélangeaient vampires, loups-garous. Elle était Quileute. Cette révélation était indéniablement ancrée en moi à présent. Son physique, hors mis ses cheveux blonds, concordait. Mon père croyait qu'elle venait de Forks mais c'était en fait de la Push. Mon sang se glaça. Quelqu'un devait la connaître. Mon père m'avait dit qu'elle s'était enfuie à l'âge de 17 ans et qu'il l'avait rencontré 5 ans plus tard. L'année d'après, ils m'avaient eu. Je calculais rapidement de tête. 23 ans qu'elle était partie d'ici. Elle devait certainement connaître des gens ici. Hélas, elle ne m'avait jamais dit son nom de jeune fille. Je soupçonne qu'elle ne voulait pas qu'on ne connaisse sa famille. Heureusement, elle avait un prénom pas très commun : Aline. Il n'y avait pas beaucoup d'habitants à la Push donc je devrais forcément trouver un membre de sa famille, de ma famille. Qui sait, j'en connais peut être déjà un ?! Mais je me voyais mal aller frapper aux portes pour savoir... Et puis, je ne pourrais pas l'expliquer à mes amis. Comment leur dire que mes soupçons sont fondés sur un simple rêve ? Il n'y avait qu'un seul moyen d'être sur que c'était véridique et que je n'étais pas devenue paranoïaque : retrouver le journal intime de ma mère. Je savais qu'elle en avait un, quand j'étais plus jeune je la voyais souvent écrire à l'intérieur. Je me rappelle que mon père la taquinait souvent à ce sujet.
Des larmes coulèrent le long de mes joues tandis que je me remémorais toutes sortes de souvenirs. Je les séchai rapidement, maman aurait voulu que je sois forte. « N'aies pas pitié des morts Nila, disait elle, aies pitié des vivants ». Je tentais de ne penser à rien, mais rien à faire. Mes pensées me ramenaient toujours à ce rêve, à cette morsure vampirique. Mais bien sûr qu'est ce que je suis bête ! S'il m'a mordu j'ai forcément une trace ! Même à 14 ans d'intervalle... Mon poignet gauche me semblait maintenant bien lourd. Avais-je vraiment envie de savoir ? Oui. Mais, si c'était vrai, tout ce en quoi je croyais, la raison et la science, s'avérait faussé. Je fermais les yeux, tournais mon poignet, et les rouvris. Ouf ! Rien que je n'ai pas vu ! J'étais vraiment stupide de me monter ça à la tête ! Je l'aurais remarqué auparavant s'il y avait quelque chose d'anormal ! Mais rien, juste ma peau claire et les deux petites tâches de naissances... Les deux petites tâches de naissance ! Oh non ! J'observai les deux points plus clairs sur ma peau. D'anciennes traces de morsures, deux canines.
Non non non non ! Mon corps s'enflamma et je sortis aussitôt du lit pour ne pas y mettre le feu. Je n'arrivais pas à me contrôler, ni à me calmer. Les vampires existent, ma mère a de la famille ici, j'ai du sang Quileute dans les veines, cette morsure a provoqué des dommages collatéraux sur moi : mon don. La chaleur me monta au joue et, quand je croisais mon reflet dans la glace je retins un hurlement. J'avais des flammes de la tête au pied, recouvrant tout mon corps. Je sentais que si je ne trouvais pas le moyen de me détendre, j'allais exploser. Je courrais aussitôt et allumai le jet de la douche au plus froid. Les flammes persistèrent mais peu à peu je réussis à me calmer. Quand ce fut fait, je m'assis sur le carrelage froid. Ce don, ou plutôt cette malédiction, devenait vraiment dangereux. Que ce serait il passé si je n'avais réussi à résorber les flammes ? Si j'avais explosé ? Sam, Emily et leur enfant en seraient certainement mort... Je n'ai pas le choix, je dois retourner voir les Cullen. Tant pis pour la mise à l'épreuve de Paul, tant pis pour la journée d'aujourd'hui. J'ai besoin d'extérioriser mon caractère flamboyant, c'est le cas de le dire.
Fébrile, je pris une douche en vitesse, enfilais des vêtements qui résisteraient plutôt bien au feu dont la veste en cuir d'Edward et mon casque. La moto était devant chez Jacob et je partis presque en courant la chercher. Je sentais que je tremblais de peur pour mes proches, de rage envers moi même et ce vampire, et j'en voulais à ma mère de ne m'avoir rien dit mais surtout d'être décédée. Et je m'en voulais aussi de penser ça. Tandis que le rêve se répétait dans ma tête, je ne me rendis pas compte que j'accélérai de plus en plus. Je me trouvais sur une route entourée de forêt, totalement déserte. La sonnerie de mon portable me fit sursauter. Ce moment inattention ne me permis pas de voir surgir les trois loups. Quand je m'en rendis compte, j'écrasais la pédale de frein et braquait le guidon de la moto. Je perdis l'équilibre et fus traînée sur une centaine de mètres par le véhicule. Dans ma peur, mon pouvoir s'était automatiquement activé sauf que, comme tout le monde le sait, le feu et l'essence ne sont pas vraiment compatibles. J'eus juste le temps de rouler sur moi même quelques mètres plus loin, d'apercevoir les loups courant vers moi, de croiser le regard étrangement familier de celui au pelage gris avant que la moto explose. Aïe, pensais-je avant que tout devienne noir.
Ce qui ce passa ensuite, je ne sais pas si c'est la réalité ou moi qui l'est inventé mais je pencherais pour la première option bien qu'elle soit invraisemblable. Je rouvris les yeux difficilement, mon corps entier me faisait mal et quelque chose comprimait ma poitrine, m'empêchant de respirer : le reste du moteur. J'eus deux pensées assez inappropriés à ce moment : « Edward va me tuer » et « Paul avait raison, la moto c'est dangereux ». A travers la fumée, je distinguais trois formes courir à toute vitesse vers moi dans des hurlements déchirants. Je me battais pour ne pas m'enfoncer dans l'inconscient, si j'ai survécu (enfin pas sur!) à l'explosion, ça serait bête de me faire dévorer. Je me rends bien compte que je suis totalement à l'ouest, sûrement la choc me diriez vous. En fait, ma personnalité reprends le dessus à mon avis. J'essaye d'ouvrir la bouche pour parler mais la souffrance ne me le permet pas. Pour vous donnez un aperçu, j'ai l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur et d'être plongée dans un bain d'acide. Le tout multiplié par 10. J'aperçois le reste de mon véhicule en flamme à une dizaine de mètres. L'explosion m'a fait décollé du sol pour me propulser ici. Les loups arrivent à ma hauteur, j'ai du mal à les distinguer car de points noirs se forment sur ma vue. J'ai beau cligner des yeux, impossible de voir parfaitement. On retire le poids sur ma poitrine et je réussis à tousser. Et là, je rencontre le regard du loup gris. Il a peur non il est horrifié, il s'en veut. Je reconnais ces yeux noirs. Paul. Bien que cela semble impossible, j'en suis persuadée.
-Paul, réussis-je à dire tant bien que mal.
Le loup écarquille les yeux et commença à rapetisser. Non, pas le loup, Paul. Il se tient devant moi complètement nu, caresse mon visage du bout des doigt, hurle des ordres aux deux humains à côté de lui. Il me parle mais je n'entends plus rien. Ses yeux sont emplis de larmes.
-Reste avec moi mon amour, parvins-je à discerner.
Mais je ne peux pas, j'ai trop mal. Je tente de m'accrocher à son regard mais plus les secondes passent, plus mes yeux roulent dans leurs orbites. Au moins, il est sain et sauf. Je mourrais.
Sans que je ne sache quoi faire, mon corps sembla se dédoubler. Je flottais au dessus de mon corps et voyais à présent la scène de haut. Paul, oh mon si beau Paul, me faisait des massages cardiaques. Je faisais peur à voir : j'étais ouverte de partout, mon casque avait été éjecté et sur mon visage se mélangeaient sang et des débris. Enfin, ma jambe formait un angle bizarre. Les ambulances arrivèrent et je suivis mon corps à l'intérieur. Carlisle y était, il dégagea Paul brusquement et plaça le défibrillateur sur ma poitrine.
-Allez Nila ! Reviens !
Rien, toujours le son monotone de la mort. Je regardais Paul. Il était totalement effondré, jamais je n'avais vu autant de souffrance dans les yeux de quelqu'un. Le désespoir allait l'anéantir complètement, il n'y survivrait pas. Hors, un monde sans Paul ce n'est pas concevable. Je veux bien subir mille et unes souffrance pour le savoir vivant. Dans un effort titanesque, l'esprit que je suis plonge vers mon corps.
-Bip, bip, bip...
Je suis vivante. Pour l'instant. Viens obscurité, je suis prête à t'affronter. La mort n'empêche pas l'amour mais cette fois l'amour empêchera la mort.
Souffrance, tout n'est que souffrance. Je battis des paupières et ouvris faiblement les yeux. J'étais dans un endroit tout blanc. Oh non, je suis morte ?! C'était pas prévu dans le plan ça ! Non, attendez, je souffre donc je suis vivante. Je suis à l'hôpital. Ouf ! Mes yeux s'adaptèrent vite à cette luminosité et je remarquais que Paul était là, sa tête couchée sur mes genoux. Maintenant, je dois faire le point. J'arrive à penser normalement, enfin si on peu dire que j'ai des pensées normales ! J'arrive à bouger mes mains et mes pieds. Alors, où ai-je mal ? Partout, répondit mon corps. Non, je dois faire abstraction de ça. Où ai-je particulièrement mal ? A la jambe gauche. Je tendis mes bras face à moi. Je ne suis pas brûlée. Merci fichu pouvoir ! Je suis certaine de m'en sortir assez bien pour un accident de cette envergure si on met de côté le fait que je sois morte quelques secondes. Rassurée, je caressais tendrement les cheveux noir jais de Paul. Avais-je rêvé ou s'était il métamorphosé en loup ? Plus tard les questions, plus tard les soucis. Pour l'instant, j'avais terriblement soif. Je remarquais qu'un verre était posé sur la petite table de chevet. Juste à l'attraper... Je me penchais trop vite, réveillant des douleurs jusqu'à alors endormies. Je ne pus retenir un gémissement de douleur qui fit sursauter Paul. Il me regarda. Je le regardai.
-Ça va ?, demandais-je timidement face à son manque de réaction
Cela sembla le réveiller et il se mit à brailler dans le couloir :
-Elle est réveillée !
Carlisle arriva en courant.
-Content de te revoir Nila, tu nous as fait une sacrée peur tu sais.
-Contente moi aussi doc' !
Il allait parler mais Paul arriva vers moi en me posant une centaine de question à la minute. Je répondis à la plupart ce qui le rassura.
-Paul, calme toi ou tu devras sortir, dit Carlisle d'un ton ferme.
Mon chéri se tût mais ne cessait de me dévorer du regard.
-Alors Nila, tu avais la jambe déboîtée mais je l'ai remise en place. Tu avais de nombreuses blessures internes, mais tout a été réparé. Tu n'auras besoin que de deux semaines de plâtre pour ta jambe, tu as eu beaucoup de chance ! Tu avais quelques coupures assez minimes mais tu as un léger traumatisme crânien qui est à surveiller. Sinon, aucune brûlures heureusement!
-C'est bizarre, dit Paul, car j'ai clairement vu les flammes sur toi dans l'explosion.
-Il est normal que tu ne te souviennes pas de l'accident pendant un bout de temps de n'en fais pas Nil'.
Euh... Est-il normal que je m'en souvienne ? Je préfère ne pas poser la question car ça ferait beaucoup trop de révélations.
-Je peux sortir quand ?
Carlisle sourit, heureux de me retrouver.
-Je vois que tu tiens toujours autant à ta liberté ! Comme tu as déjà passé 3 jours ici...
-3 jours !
-Une nuit d'observation et je te laisse partir. Dors un peu ça te fera du bien
-J'ai été inconsciente trois jours et vous voulez que je dorme ?! C'est pas moi qui ai un traumatisme docteur !
Il rit.
-Je te parle maintenant en ami. Qu'est ce que tu faisais sur cette route à 6 heures du matin ?!
Je ne m'étais pas rendue compte qu'il était si tôt.
-Euh...Joker ?
-Nila !, soupirèrent mon amoureux et Carlisle.
-Vous êtes pas drôles! J'allais voir les Cullen.
-Pourquoi ?, s'exclama Paul.
Je lançais un long regard à Carlisle avant de répondre :
-Je ne me rappelle plus.
Mon accident avait eu lieu vendredi et nous étions donc lundi.
-Et les cours !, m'exclamais-je
-Tu te soucies du lycée ?! C'est le monde à l'envers ! Qui êtes vous et qu'avez vous fait à ma Nil ?
Nous rimes, c'est vrai que c'était absurde ! Mais bon, c'était sorti tout seul.
Durant la journée, je reçus la visite d'un nombre incroyable de personnes. Les infirmières n'en pouvaient plus, elle s'exhortaient qu'ils devaient me laisser me reposer mais à chaque fois d'autres arrivaient. Elles ont vite abandonnées moi je vous le dis. Alors, voici la liste des gens qui sont passés en plus de Paul et Carlisle : Seth, Jacob, Embry, Quil, Emily, Sam, Leah, Billy mais aussi Emmett, Bella, Edward, Rosalie, Esmée et enfin Ayla, Hadrien, Kyle, James, Katia. En gros, les Quileutes, les Cullen et les Forksiens (j'appelle les habitants de Forks ainsi), 20 personnes au total. La nuit commençait à tomber, et Paul était toujours avec moi.
-Tu peux rentrer chez toi si tu veux, lui fis-je à contre cœur.
Il secoua la tête négativement.
-Je vais aller demander un lit.
A ces mots, je souris et tapotais le peu de place à côté de moi. Il vint de coucher avec moi. Alors que j'allais prendre sa main, je me rendis compte que j'avais une perfusion.
-Beurk !, déclarais-je en tentant de l'enlever.
Paul rit et m'arrêta :
-Elle te maintient en pleine forme, tu vas pas chipoter !
Je ris à mon tour et me blottis contre son torse brûlant. La nuit se passa merveilleusement bien. Le lendemain, Carlisle signa ma fiche de sortie à 19 heures car on avait du faire des examens. Je lui ai avoué que j'avais perdu le contrôle et il me proposa qu'on établisse des entraînements dès que ma jambe ira mieux.
Paul s'était étrangement absenté et il n'était pas venu me chercher à l'hôpital. Je lui en voulais un peu d'ailleurs. Ce fut Seth qui vint me prendre et m'annonça que Paul avait une surprise pour moi . Nous discutâmes joyeusement dans la voiture et j'essayais de lui faire cracher le morceau mais impossible. Alors, je ne parlais pas et regardais le couché de soleil. Je remarquais que Seth avait dépassé les maisons, et il s'arrêta sur la plage. Il m'aida à marcher et ce que je vis me coupa le souffle.
La plage éclairée par les rayons du soleil était magnifique. Mais ce qui attira mon attention, c'était Paul. Il était vêtu d'une chemise blanche contrastant avec sa peau mate et d'un pantalon noir. Il avait préparé un pique nique avec beaucoup de victuailles plus appétissantes les unes que les autres.
Il arriva vers moi avec son sourire en coin et me porta comme une princesse. Seth partit. Il me déposa délicatement et commença à parler.
-J'ai vraiment eu la peur de ma vie Nila...Quand je t'ai vu emportée par la moto, traînée sur cette centaine de mètres et ensuite plus rien à part de la fumée tu n'imagines même pas ce que j'ai ressenti. Après, quand je suis arrivé et que je t'ai vu tant blessé, ça m'a littéralement tué. Tu arrivais à peine à rester consciente, tu as prononcé mon nom avant de sombrer. Tu étais dans mes bras et ton cœur à cessé de battre. Le vide m'a complètement anéanti... Je ne sais pas ce que je serais devenu si tu ne serais plus de ce monde... Je t'aime à un point que tu ne peux pas imaginer. La vie n'est rien pour moi si tu n'es pas là.
-Paul...
-Non Nila, aujourd'hui je t'ouvre mon cœur comme je ne l'ai jamais fait auparavant car avec ce qui s'est passé aujourd'hui, je me rend compte que demain ça sera peut être trop tard. Tu es comme la sang dans mes veine, tu es mon essentiel. Tu es ma force, ma joie, mon cœur et mon bonheur. Tu es mon sourire quotidien, mon pilier indispensable et c'est grâce à toi que j'avance plus fort chaque jour. En très peu de temps tu as su me prouver que tu appartenais à ces rares personnes exceptionnelles à qui on peut faire confiance les yeux fermés. Tu sais tout de moi, le bon comme le mauvais et je sais tout de toi. Je peux t'avouer que sans toi, je perdrais tous mes repères. Tu es mon tout, celle pour qui je pourrais livrer fièrement toutes les batailles du monde tout en te dédiant chaque victoire. Je ferais tout pour toi, je vendrais mon âme au diable pour t'assurer le bonheur éternel s'il le fallait. Tu es mon âme, ma sœur : mon âme sœur. Tu occuperas pour toujours la première place dans mon cœur et personne ne pourras te détrôner car tu es aussi irremplaçable qu'indispensable. Je sais que j'ai des goût de luxe, la preuve tu es une fille en or. Je ne vis que pour toi et sans toi je ne vis plus. On ne sépare pas l'inséparable mon amour. Imaginer un futur dont tu ne ferais pas parti serait impossible. Quand je suis avec toi, je ne suis pas un sale gosse, tu me rends meilleur chaque jour. Tu es ma plus grande fierté. Tes yeux, ô tes yeux, m'envoûtent dès que je croise ton regard. Ton visage est mon plus beau paysage. Jamais je n'aurais pensé trouver une fille aussi merveilleuse que toi mais je t'ai trouvé. Grâce à toi, je me suis rendu compte que le bonheur n'arrive pas qu'aux autres. Mon amour pour toi est infini, Nila. Je t'aimerais n'importe où, quoi qu'il arrive.
Les larmes dévalaient mes joues tant ce moment était magiquement parfait. Jamais on ne m'avait fait une aussi belle déclaration. Je me trouvais sotte d'avoir pensé qu'il ne m'aimait pas. Cette preuve d'amour était inégalable. Il me regardait avec peur, peur que je ne m'enfuie en courant. Mais je ne risquais pas de faire ça. Je devais choisir les bons mots pour répondre car je ressentais exactement la même chose pour lui.
-Paul, je me vois bien passer ma vie à tes côtés, sans jamais parler de nous au passé. Je veux être la première et la dernière, je veux que tu sois mon futur, je veux que tu sois le père de mes enfants. C'est avec toi que j'avancerai jusqu'à la fin main dans la main, avec toi que je passerai mes lendemains. Je veux que tu sois là pour me stopper quand je dépasserais les limites et la seule chose que je veux voir le matin c'est ton visage endormi près du mien. Je veux que toi et moi on ne fasse qu'un. Je veux pouvoir m'endormir dans tes bras. Je veux que tu sois près de moi et que tu acceptes tous mes choix. Je veux qu'on vive dans la même maison, qu'on ait au moins un garçon, je veux que tu me demandes en mariage sous une pluie de roses. Je veux être là pour calmer ta rage et te retenir quand tu seras prêt à faire des ravages. Je veux juste que tu saches que je t'aime à en crever et qu'en étant à mes côtés tu fais de moi une reine.
Jamais je n'ai vu une personne aussi rayonnante de bonheur que lui à ce moment. Tous les soucis et les secrets s'évaporèrent pendant quelques instants. Sous les derniers rayons du soleil, nos lèvres se joignirent, scellant notre amour éternel.
