Désolée pour le petit retard pour ce chapitre. La suite de l'histoire écrite par Harry. Bonne lecture et merci encore pour vos commentaires.
Chapitre 2
J'errai à travers la maison à la recherche de Lilith. Pour la première fois, je remarquai qu'il y avait de lourdes tentures devant chaque fenêtre et, lorsque j'en ouvris une, je vis qu'il y avait aussi des volets à l'extérieur. Je ne trouvai pas Lilith. Arrivé au pied du grand escalier, je relevai la tête vers le haut des marches plongé dans l'obscurité. Elle m'avait interdit de monter à l'étage mais, cette nuit-là, quelque chose m'y attira avec une force irrésistible. Quelque chose de plus fort que la peur de faire une terrible découverte, plus fort que la simple curiosité.
Au fur et à mesure que je gravis les marches, je compris que je venais de m'embarquer dans un voyage sans retour, et pourtant je continuai.
Aujourd'hui encore, je pense que je savais déjà ce que j'allais trouver derrière la porte. Peut-être même l'avais-je toujours su.
La bouche sèche, le cœur battant, j'ouvris la porte de la chambre de Lilith et me retrouvai face à une scène sortie tout droit de l'un de mes cauchemars d'enfant : Lilith, entièrement vêtue de noir, était penchée sur le corps d'un jeune garçon.
Bien que je n'aie fait aucun bruit, elle se tourna vers moi et me fixa de ses yeux d'ambre, dans lesquels brillait une lumière semblant venir d'un autre monde. Des images horribles se superposèrent dans ma tête : le visage blême du garçon et les taches écarlates sur le dessus de lit blanc, du même rouge que le sang qui coulait des lèvres de Lilith.
Elle me foudroya du regard. Puis, tout doucement, elle reposa le corps du garçon sur le lit et se leva. A pas lents, elle avança vers moi. Mon instinct me criait de prendre mes jambes à mon cou, mais j'étais incapable de bouger. Je ne pus que rester là, horrifié, sachant que les cauchemars que je faisais depuis toujours allaient finalement devenir réalité.
- Tu n'aurais pas dû venir ici.
Sa voix était basse et vibrante de rage.
Je voulus parler, lui dire que j'étais désolé, mais aucune parole ne franchit ma bouche. Je restai là, figé sur place, à dévisagé son visage et ses lèvres dégoulinantes de sang.
Elle posa la main sur mon épaule.
- Tu es bel homme, Harrison, dit-elle d'une voix douce et aguicheuse. J'espérais attendre encore un an ou deux avant de t'amener ici, mais maintenant que tu es là…
Elle haussa les épaules.
- Le sombre cadeau ne devrait pas être accordé à ceux qui sont trop jeunes.
Je tremblai de tous mes membres, plus effrayé que jamais. Elle s'en aperçut, et cela sembla lui faire plaisir.
- Je vous en prie, arrivai-je à articuler. Je vous en supplie…
- Tu me supplies de quoi ? demanda-t-elle d'une voix doucereuse, le regard plus brûlant que la braise.
- Ne faites pas ça.
- De quoi parles-tu ?
Je jetai un coup d'œil vers le corps étendu sur le lit.
- Je ne veux pas devenir comme vous.
Lentement, elle regarda par-dessus son épaule, puis me fixa à nouveau.
- Préfèrerais-tu être comme lui ?
Je la dévisageai sans rien dire, refusant ses deux possibilités.
Lilith me caressa la joue. Sa main d'ordinaire si froide, était toute chaude. Ses joues s'étaient empourprées. Je tressaillis en sentant ses ongles s'enfoncer dans ma chair à travers ma peau. Lorsqu'elle retira sa main, elle était trempée de sang, et je la vis avec horreur lécher ses doigts sanguinolents.
- Sucré, ronronna-t-elle. J'étais sûre que ton sang serait sucré.
- Non…
Je fis un pas en arrière et me retournai, prêt à fuir, quand sa main me saisit par le bras. J'étais grand et musclé. Elle était petite, menue, toutefois ses doigts se refermèrent sur moi tel un étau d'acier, et je ne pus rien faire pour me dégager.
Elle sourit, découvrant ses longs crocs. Je compris à cette seconde ce qu'était la véritable peur. Paniqué, je me débattis et lui donnai un coup de poing en plein visage.
Avec un coup pareil, il m'était déjà arrivé d'envoyer des hommes robustes au tapis. Lilith ne sourcilla même pas. Ses mains se transformèrent en griffes, et ses doigts s'enfoncèrent dans mon bras, lacérant mes habits et ma chair. Je tombai à genoux en gémissant.
Lilith s'agenouilla près de moi, le regard enflammé.
- Te tuer m'est insupportable, dit-elle. Mais je crains de ne pouvoir te laisser partir. Tu en as trop vu, et tu sais ce que je suis. Aussi…
Elle me prit dans ses bras et me serra contre elle. Son haleine sentait le sang, empestait la mort.
- Je vous en supplie, murmurai-je, furieux d'entendre ma voix trembler.
- Ce sera bientôt fini, mon ange, chantonna-t-elle en se penchant sur moi.
Je ne vis alors plus que son visage, et les flammes qui dansaient dans son regard impitoyable.
Ses dents me mordirent le cou. Une peur comme je n'en avais encore jamais connu m'envahit, puis disparut, laissant place à une extase presque voluptueuse. Toutes mes forces semblaient m'avoir quitté. J'avais de plus en plus de mal à respirer, à penser.
Soudain, j'eus la sensation de partir à la dérive, de flotter doucement, aussi léger que l'air. Les ténèbres se refermèrent sur moi, plus sombres que jamais. En me retrouvant plongé dans le noir, je poussai un hurlement, mais aucun son ne sortit de ma gorge.
J'étais en train de mourir. Seul. Dans cette obscurité que j'avais redoutée toute ma vie. Je le savais, mais j'étais trop faible pour m'en soucier. Sans doute y aurait-il de la lumière au paradis, pensais-je en priant le ciel de mourir le plus vite possible et de me frayer un chemin hors de ces ténèbres pour retrouver la lumière.
Ce fut alors que je sentis quelque chose sur ma langue. Une goutte de feu liquide qui embrasa tout mon corps.
En ouvrant les yeux, je compris que je ne verrais plus jamais le monde de la même manière. Que je ne serais plus jamais le même…
Qu'est-il arrivé ? La réponse au prochain chapitre qui arrivera dans la semaine. En attendant laissez-moi des commentaires ! Bisous
