Chapitre 9
3 ans après la bataille finale
Harry s'étira paresseusement. Les rayons du soleil filtraient derrière les rideaux de sa chambre. Il sortit du lit et se dirigea totalement nu vers la fenêtre afin de laisser entrer pleinement la lumière matinale. Il se mit à sourire bêtement. Il ne cessait de s'émerveiller du paysage qui se profilait devant lui. Loin des rues pluvieuses de Londres et des plaines brumeuses de Poudlard, Dobby leur avait trouvé un petit coin de paradis dans le sud de l'Irlande.
La maison était isolée, les voisins les plus proches se trouvaient à plusieurs kilomètres. Harry savourait cet isolement, lui qui était sans cesse sollicité par tout le monde dans le passé avait enfin trouvé la paix. Relative certes, mais tout de même bien présente. Dobby s'occupait de la maison et des repas tandis qu'Harry lui se contentait de se reposer et de visiter la région.
Sa magie était à présent parfaitement reconstituée, son corps c'était rétabli physiquement mais son cœur était lui devenu totalement hermétique. Son hibou lui amenait tous les matins un exemplaire de la gazette du sorcier. Malgré son exil, Harry se tenait informé des évènements. La première année, son portrait était sur chaque couverture.
« Harry Potter a vaincu. »
« Mais où est passé le Survivant ? »
« Des mois sans nouvelles, Harry Potter est-il toujours vivant? »
« Un an après la guerre, commémoration à Poudlard »
« Ron Weasley devient Auror en chef »
« Dolohov à Askaban, le dernier des mangemorts en fuite arrêté »
Harry se rappelait des gros titres de l'époque et avait conservé chaque exemplaire avec soin. Voir ses amis évoluer sans lui, le faisait souffrir mais il restait heureux de voir que la vie continuait avec ou sans lui. Pourtant, la une du journal de ce matin fit disparaître intensément le sourire qui fleurissait ses lèvres depuis le réveil.
Une photo de son ex-amant à la dernière commémoration à Poudlard faisait la une. Il n'était pas seul sur la photo, tous les professeurs étaient alignés devant le monument au mort, pourtant Harry ne vit que lui. Il écarquilla les yeux en observant son ancien maître des potions. Ses cheveux tombaient négligemment de chaque côté de son visage. Sa mine était sombre, le regard fuyant l'objectif.
Harry caressa du bout de ses doigts le visage de l'homme. Trois années étaient passées et pourtant il ne parvenait pas à oublier cet homme qui l'avait trahi de la pire des manières. Malgré la colère et le temps écoulé, Harry sentit son cœur battre la chamade. Il tourna la première page et son regard s'accrocha sur le titre de l'article et son sang se glaça.
« Severus Snape, le mangemort gracié fiancé ? »
Harry parcourut l'article avec des yeux avides.
« Severus Snape, actuel professeur de potions à Poudlard, serait-il secrètement fiancé à la fille de Monsieur Hermann, apothicaire renommé de Pré-au-Lard ?»
Harry retint son souffle.
« Monsieur Snape et Miss Hermann auraient été vu à plusieurs reprises dans la boutique de l'apothicaire. Leur rapprochement n'est pas passé inaperçu aux yeux du monde sorcier. Miss Hermann, diplômée de l'école Beaux-Bâtons travaille actuellement au service pédiatrique de Sainte Mangouste. Sa beauté n'a d'égal que sa compassion et son dévouement pour ses jeunes patients. »
Harry arrêta sa lecture, son cœur battait à tout rompre. La colère et la rancœur avait laissé place à une jalousie dévorante. Ses mains se mirent à trembler et des larmes coulèrent le long de ses joues.
Pourquoi le destin s'acharne-t-il contre moi ? Pourquoi a-t-il fallu que mon cœur appartienne à cet homme ? Pourquoi Merlin ? Pourquoi ?
Fiancé hein ? A une femme ?
Avec rage, Harry tira de toutes ses forces sur le pendentif qui ornait son cou depuis trois ans. Mais rien n'y fit, le bijou resta à sa place et le jeune homme émit un cri plaintif avant de se laisser tomber à genoux, le corps secoué par des sanglots étranglés.
Dobby apparut à l'entrée de la chambre et posa une main réconfortante sur l'épaule du jeune brun. L'elfe aperçut le journal du matin près de son maître et le pris entre ses petites mains. Dobby ne savait pas lire mais il reconnut le maître de potion de Poudlard sur la photo en première page.
-Maître Harry ?
-Oh Dobby ! Je ne t'avais pas entendu…renifla Harry en essuyant ses yeux du revers de la main.
-Dobby peut faire quelque chose pour aider ?
-Non Dobby, ne t'inquiètes pas moi, souffla Harry en se relavant maladroitement.
-Mais Maître Harry ne va pas bien ! Dobby le sens ! Et Dobby est triste de voir souffrir son ami ! Dobby voit bien que Maître Harry se sent seul sans ses amis ! Et sans Monsieur Sn….
-Ne dis pas son nom ! cria Harry.
-…
-Excuse-moi je n'aurais pas dû te crier dessus…c'est juste que…
Les oreilles de l'elfe s'affaissèrent en décelant le chagrin dans la voix d'Harry.
-Dobby comprend.
Harry qui avait gardé la tête baissée jusque-là, se sentit ému par le petit être qui ne l'avait jamais abandonné.
-Je n'arrive pas à l'oublier…je…je l'aime, et Merlin sait que je devrais le haïr mais je n'y arrive pas…
-Maître Harry est amoureux de l'homme en noir ? demanda Dobby et pointant Severus sur le journal en papier.
-C'est une très longue histoire mais oui. Et pourtant il m'a brisé, il a réussi sa mission !
-Quelle mission ? Interrogea l'elfe qui ne comprenait pas le sens des paroles du jeune sorcier.
-Je n'ai pas trop envie d'en parler mais il m'a trahi Dobby de la pire manière qui soit !
-Mais c'est horrible !
Dobby rougit de colère face à cette révélation. Harry Potter était son ami ! Personne n'avait le droit de lui faire du mal. Et foi d'elfe de maison libre, il trouverait ce Monsieur Snape et lui ferait comprendre qu'on ne fait pas de mal à ses amis impunément !
Harry ne répondit pas reprit le journal des mains de son compagnon et continua de le feuilleter en s'asseyant sur le bord de son lit. Lire ce journal lui permettait de rester ancré dans la réalité. Il devenait de plus en plus nostalgique. Ron, Hermione et les autres avaient évolués tandis que pour lui le temps s'était comme figé pendant trois ans.
Poudlard lui manquait. Ses amis lui manquaient. Severus lui manquait.
Ses journées se constituaient de grasses matinées, de bain de soleil, de promenade en forêt et de jardinage dans le potager. Il n'avait eu de contact avec personne hormis Dobby. La solitude qui lui plaisant tant, devenait trop lourde à supporter.
Son regard s'arrêta sur un article.
« Seamus Finnegan devient le nouvel entraîneur l'équipe Nationale de Quiddich Irlandaise»
Seamus est en Irlande?
Un sourire affectueux se dessina sur ses lèvres. Seamus était et resterait toujours son ami.
Le stade de Quiddich dans lequel allait travailler son ancien camarade n'était qu'à quelques kilomètres de la maison d'Harry.
Il jeta négligemment le journal sur son lit défait, se leva et alla prendre une douche bienfaitrice. Il se sentit pris d'enthousiasme à l'idée qu'une connaissance se trouve si proche de lui. Il décida de se rendre au Stade et prévint Dobby qu'il n'en n'aurait pas pour longtemps.
Dobby opina du chef, lui-même avait des projets pour l'après-midi.
Harry revêtit une tenue simple, et transplanna devant l'entrée du Stade. Heureusement pour lui peu de personnes étaient présentes aux alentours de la haute structure métallique servant à accueillir le public. Il avisa une porte isolée et abaissa la poignée mais la porte resta résolument close. Il s'apprêtait à sortir sa baguette lorsqu'un homme faisant deux fois sa taille se présenta devant lui.
-Que faites-vous ici jeune homme ? Demanda l'armoire à glace avec un fort accent irlandais.
-Je…je…
-Il va falloir être plus clair, ou sinon je vais devoir appeler les aurors.
-Je voulais voir Seamus, enfin je veux dire Seamus Finnegan, c'est un ami.
-Hum, un ami ? Rien que ça ! Écoutez jeune homme, des fans comme vous j'en vois tous les jours. Alors vous allez me faire le plaisir de déguerpir avant que je ne fasse appelle aux autorités, suis-je clair?
-S'il vous plaît, pourriez-vous juste lui dire que Harry Potter souhaite le voir ?
-Ha ha vous ne manquez pas d'air ! D'abord vous un ami du nouvel entraîneur de notre équipe nationale et maintenant vous prétendez être Harry Potter ! Vous êtes bien comique, Harry Potter a disparu depuis trois ans et personne ne sais où il se trouve !
-Mais puisque je vous dis que c'est moi ! S'énerva le jeune homme.
-Dans ce cas prouvez le moi ! S'amusa le vigile.
-Comment ?
-Faites-moi voir votre cicatrice et vous pourrez entrer, dit l'homme qui commençait à perdre patience.
Harry réfléchit, il avait réussi à garder l'anonymat durant trois ans. S'il prouvait à ce géant qu'il était bien Harry Potter, il pourrait sans doute dire adieu à sa tranquillité. D'un autre côté, Harry s'était senti seul pendant bien trop longtemps, et revoir Seamus lui fera un très grand bien. Alors il se décida à relever la mèche de cheveux qui masquait l'horrible cicatrice.
L'homme se figea, celui qu'il avait pris pour un fan hystérique cherchant à s'introduire dans le stade, n'était nul autre que le sauveur du monde sorcier lui-même ! Et lui qui l'avait traité avec aussi peu de respect !
-Veuillez m'excuser jeune homme. J'ignorais qui vous étiez. Que puis-je faire pour vous ? Demanda le vigile, les yeux rivés au sol.
-Et bien, comme je vous l'ai dit tout à l'heure j'aimerais voir Monsieur Finnegan.
L'homme dut s'incliner et demanda au Survivant de le suivre. Ils passèrent la porte devant laquelle se trouvait Harry et traversèrent tout un dédale de couloirs et d'escaliers avant d'arriver à l'entrée du terrain. La pelouse paraissait fraîchement tondue et le vigile trouva utile de préciser qu'il ne devait en aucun cas marcher dessus.
Ils contournèrent l'air de jeu avant d'atteindre les vestiaires. De l'entrée, Harry reconnut la voix de son ancien camarade de classe. Il semblait être au téléphone.
-Attendez-moi ici, ordonna l'homme.
Harry acquiesça et commença à taper nerveusement du pied. Merlin ! S'il avait su quand ouvrant le journal ce matin, il se serait retrouvé à quelques mètres seulement de Seamus ! Peut-être n'aurait-il pas dû ouvrir ce maudit journal. Un bref moment de panique le traversa.
Et si Seamus ne voulait pas me voir ?
Et s'il m'en voulait encore d'avoir disparu ?
Et si la presse découvrait où je me cache ?
Harry se posait énormément de question, pourtant la voix de Seamus s'arrêta soudainement et il vit la porte du vestiaire s'ouvrir d'un mouvement rapide, laissant apparaître son ami Irlandais les yeux écarquillés.
-Harry, c'est bien toi ?
Le brun esquissa un sourire maladroit et se retrouva aussitôt fermement enlacé par deux bras forts. Il rendit l'étreinte à son ami qui le dépassait d'une bonne tête à présent et enfoui son nez au creux de son cou. Harry sentit son ami se raidir à son geste puis se détendre afin de le relâcher.
-Je n'arrive pas à y croire ! Harry ! Mais où étais-tu passé ? s'écria Seamus.
-Et bien je…
-Non attends, Harry, peut être devrions-nous trouver un endroit plus adéquat pour discuter, tu ne crois pas ?
-Je te suis Seamus, répondit le brun avec un sourire.
Seamus attrapa la main du Survivant et l'entraîna avec lui pour quitter l'enceinte du stade. Harry sentait sa main devenir moite à mesure qu'il marchait vers la sortie, mais il n'osa pas rompre le contact. La chaleur qui se dégageait de la main de son ancien camarade de classe se propageait dans tout son corps et Harry se laissa envahir par cette merveilleuse sensation.
Seamus s'arrêta et regarda Harry avec attention.
-Tu me fais confiance Harry? Lui demanda l'irlandais d'une voix incertaine.
-Je te fais confiance, affirma le brun.
Seamus les fit transplanner.
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Ils atterrirent dans le salon de Seamus, leurs mains étaient toujours jointes. Harry essaya de se remettre de l'étourdissement dû au transplannage. Seamus inquiet devant le silence du brun posa doucement une main sur son épaule.
-Ça va Harry ?
-Oui, je crois. C'est juste que j'aie perdu l'habitude.
-De quoi de transplanner ?
-Oui, je n'utilise que rarement la magie.
Seamus n'insista pas et se détacha d'Harry. Il lui proposa de boire quelque chose mais le brun refusa poliment.
-C'est vraiment sympa chez toi, dit Harry qui regardait le salon de son hôte.
-Merci, mais je ne suis pas souvent ici. La plupart de mon temps, je suis au Stade. Il m'est même déjà arrivé plusieurs fois de m'endormir dans mon bureau, c'est pour te dire ! lui expliqua Seamus avec amusement.
-Je voulais te féliciter pour le poste d'entraîneur. Tu dois être heureux d'être revenu ici, en Irlande ?
-Merci Harry, dit Seamus en sortant une bière du réfrigérateur. L'Irlande me manquait, mes parents me manquaient et je n'avais plus rien qui me retenait en Angleterre donc je me suis décider à revenir.
-Je te comprends.
Harry vit Seamus s'approcher de lui. Il n'avait presque pas changé, hormis le fait qu'il le dépassait en taille, Seamus était toujours aussi beau. Il paraissait plus mature également. Absorbé dans son observation, il se rendit pas compte que Seamus était bien plus proche de lui à présent.
-Harry, je voudrais savoir…
Harry reprit son esprit et recula de quelques pas.
-Je ne veux pas t'effrayer tu sais, reprit Seamus, je suis tellement heureux de te revoir. Tu ne peux pas imaginer à quel point j'étais inquiet quand tu as disparu il y a trois ans !
-Je m'en veux Seam' je ne voulais pas vous faire souffrir tu sais. C'est juste que je…j'avais besoin de m'éloigner. Je ne te demande pas de comprendre mais il était vital pour moi que je prenne mes distances avec le monde sorcier.
-Tu aurais pu m'en parler ! Je t'aurais aidé à partir ! Nous aurions pu trouver un coin tranquille le temps que les choses se tassent et je…
-J'avais besoin d'être seul, l'interrompit le brun. Je suis désolé, ce n'était peut-être pas une bonne idée de venir te voir aujourd'hui. Pardon de t'avoir déranger.
Seamus vit Harry commencer à partir mais l'irlandais fut plus vif que son ami et se plaça devant lui.
-Non attends, ne pars pas Harry, je t'en prie.
-Je suis désolé Seam'.
-Ne t'excuse pas, c'est moi qui suis désolé. Je fonce dans le tas comme toujours. On pourrait s'asseoir un moment et discuter de ce que tu deviens maintenant ? On pourrait oublier le passé pour aujourd'hui ?
Harry hésita mais le regard chaleureux que Seamus posa sur lui le fit rester. Il s'installa sur le canapé et l'irlandais soupira de soulagement.
-Une bière ne serait pas de refus finalement, indiqua le Survivant.
Seamus rit, et ce rire gonfla le cœur d'Harry. Son hôte retourna vers le réfrigérateur et sortit une bière pour le brun qu'il lui tendit. Harry but goulûment une première gorgée avant de la reposer sur la petite table attenante.
-Je n'ai pas beaucoup de chose à raconter Seam', depuis la fin de la guerre, Dobby et moi avons trouvé refuge à quelques kilomètres d'ici. Je passe le plus clair de mon temps dans le jardin où je vois grandir les légumes de mon potager, expliqua Harry en rougissant.
Seamus sembla surpris, il s'imaginait difficilement le sulfureux Gryffondor jardiner à longueur de journée. Cependant il cilla quand Harry eut prononcé le nom de Dobby.
-Hum, qui est Dobby ? Demanda-t-il en essayant de masquer son trouble.
-C'est un ami, c'est un elfe de maison qui travaillait pour la famille Malfoy avant que je ne le fasse libérer.
-Oh je vois, donc tu vivais ici durant tout ce temps avec ce Dobby et tu faisais tu jardinage. Et maintenant que comptes-tu faire ?
-Je l'ignore. Ce matin encore je ne me souciais que de mes légumes, mais quand j'ai lu la gazette ce matin, je n'ai pas pu m'en empêcher. Il fallait que je te voie, c'était plus fort que moi, répondit Harry en baissant les yeux.
Seamus souleva le menton du brun de ses doigts, ancrant ainsi son regard dans le sien.
-Ne baisses pas les yeux Harry, ils sont magnifiques. Je suis heureux que tu sois là. Tu m'as manqué tu sais ?
Une vive rougeur envahit les joues déjà rosies d'Harry. Il avait oublié à quel point Seamus pouvait être directe et tactile. Mais l'irlandais relâcha bientôt Harry en voyant sa gêne. Il se racla la gorge discrètement et reprit :
-Donc, tu ignores quoi faire, mais tu dois bien avoir une petite idée. Je ne sais pas, un projet ou quelque chose que tu aimerais faire ?
Harry prit un instant pour réfléchir, il avait suffisamment d'or pour vivre confortablement sans travailler un jour de sa vie. Il ne s'était jamais vraiment posé la question. Il se savait doué pour le Quiddich et il se débrouillait en sortilège. En fait chaque domaine pourrait lui convenir. Tous sauf un. Les potions.
Il se rappela que son aversion pour cette matière était due principalement à leur enseignant. Lui qui faisait tant d'effort pour obtenir des mixtures correctes, se faisait rabrouer inlassablement par la terreur des cachots. L'anxiété qu'il ressentait lorsqu'il se trouvait près d'un chaudron ne facilitait en rien la bonne élaboration de la potion. Sans compter sur Malfoy et sa bande qui ne cessait d'envoyer de mauvais ingrédients dans son chaudron.
A bien y réfléchir, Harry se dit que finalement il n'avait jamais vraiment essayé de s'appliquer en cours de potions. Il le regrettait d'ailleurs. Seamus semblait vouloir savoir ce qu'il comptait faire à présent. Pourquoi ne pas reprendre des cours et améliorer ces compétences dans cette matière tant négligée auparavant ?
-Les potions…
-Pardon ?
-Je disais que j'aimerais faire des potions, répéta Harry.
-Des potions ? Mais Harry, tu étais une catastrophe dans cette matière ! S'exclama Seamus.
-Je sais, approuva Harry. Mais puisque je n'ai rien d'autre à faire, je pensais que je pourrais trouver un mentor et apprendre ce que je n'ai pas réussi à comprendre à Poudlard.
-Et qui serait ce mentor ? Snape ? Cracha Seamus dont le ressentiment pour l'homme ne s'était jamais estompé avec les années.
Harry se tendit à l'évocation du nom proscrit. Seamus le remarqua mais ne dit rien. Il sentait au fond de lui que quelque chose s'était passé entre le maître de potion et le jeune brun. Mais faute de preuve, l'irlandais en était resté là. Pourtant la souffrance qu'il voyait sur le visage du Survivant, ne laissait plus de place au doute.
-Non, pas Snape. Je ne l'ai plus revu depuis la bataille finale, murmura Harry. Je pensais plutôt à un maître de potion, ici en Irlande.
-Dans ce cas, je connais l'homme qu'il te faut ! Affirma Seamus. Ernie Mac Fadden ! C'est un ami de mes parents. Le plus célèbre potionniste du coin. Il est à la retraite à présent. Mais je suis sûr que pour toi, il accepterait de reprendre du service !
-C'est étrange ce nom ne m'est pas inconnu…
-Peut-être as-tu déjà vu son nom apparaître dans la Gazette ?
-Oui probablement, acquiesça Harry. Comment pourrais-je le rencontrer ?
-Oh, c'est assez simple. Il possède une petite maison au cœur de Dublin. Je pourrais te trouver son adresse assez rapidement. Laisse-moi juste envoyer un hibou à mes parents…
-C'est inutile ! Je le trouverais, coupa Harry. Je ne veux pas ébruité mon retour Seam', j'espère que tu comprends ?
-Je comprends, Harry.
Harry but la dernière gorgée de sa bière avant de se relever. Il fit quelques pas en direction de la sortie et se retourna vers son ancien camarade de classe.
-C'était bon de te revoir, Seamus. Merci pour la bière et pour Mac Fadden. Je te donnerais de mes nouvelles bientôt.
Seamus se rapprocha du brun et prit se mains dans les siennes avant de les rapprocher de ses lèvres.
-N'attends pas trois ans avant de revenir me voir Harry.
Il déposa un baiser sur les doigts chauds et halés du brun puis le libéra afin de lui ouvrir la porte. Harry le frôla en passant devant lui et Seamus dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas encercler la taille fine de ses bras et ne pas le laisser partir. Il se promit de ne pas répéter les erreurs qu'il avait commises dans le passé. A l'époque c'était lui qui avait désespérément cherché le contact avec Harry. A présent, il devait le laisser venir à lui.
-Je t'enverrai un hibou dès que j'aurais trouvé Mac Fadden !
Seamus eut un petit rire.
-Ne fais pas de promesse que tu n'as pas l'intention de tenir…
Harry plongea son regard émeraude dans celui de Seamus et posa une main chaleureuse sur son épaule.
-Je reviendrais te voir Seamus.
Le brun s'écarta d'un pas puis transplanna.
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Trouver Mac Fadden, s'avéra plus difficile qu'il ne l'aurait cru. Il avait écumé tout le Dublin sorcier à la recherche du potionniste sans grand succès. Les commerçants et habitants admettaient connaître l'homme mais personne ne savait ce qu'il était devenu. Harry allait abandonner ses recherches lorsqu'un jour où il se trouvait attabler au fond d'un bar typiquement irlandais, un homme encapuchonné vint à lui.
La silhouette s'assit auprès d'Harry et enleva lentement la capuche qui empêchait le brun de voir clairement son visage. C'était un homme d'une soixantaine d'années dont le visage était marqué de traces brûlures blanches. Harry posa instinctivement sa main sur sa baguette qui était dans sa poche et attendit que l'homme prenne la parole.
-Bonjour Monsieur Potter.
Harry écarquilla les yeux et serra avec fermeté sa baguette.
-Comment … ?
-Il parait que vous me cherchiez alors me voilà. Ne vous inquiétez pas Monsieur Potter, votre glamour est toujours parfaitement en place.
-Je ne comprends pas, qui êtes-vous Monsieur ?
-Ernie Mac Fadden, jeune homme.
Harry parut soulager mais ne comprenait toujours pas comment l'homme avait pu le reconnaître alors qu'il portait le visage d'un autre. Il reprit contenance malgré tout et expliqua au potionniste ce qu'il attendait de lui.
-Vous m'en voyez flatté, jeune homme. Mais je ne prends plus d'apprenti depuis longtemps. D'ailleurs, je ne vis même plus en Irlande depuis quelques années. Une de mes connaissances, restée à Dublin, m'a fait parvenir un hibou pour m'annoncer qu'une personne à l'aura magique très puissante me cherchait. Je dois avouer que cela a attisé ma curiosité.
-On m'avait pourtant chaudement recommandé à vous Monsieur, indiqua Harry qui espérait faire changer d'avis le maître de potion.
-Et de qui s'agit-il ?
-Seamus Finnegan, Monsieur. Nous étions ensemble à Poudlard.
-Je connais bien la famille Finnegan, et le petit Seamus était un garçon tout à fait adorable.
Harry s'amusa de la réponse de Mac Fadden. Si Seamus avait entendu parler de lui comme étant adorable, il serait sorti de ses gonds. Harry riait intérieurement quand il vit l'homme remettre sa capuche avant de se lever. Pensant tout espoir perdu de devenir son apprenti, Harry baissa le visage afin de masquer sa déception.
-Retrouvez-moi à cette adresse dans trois jours, dit Ernie en donnant un morceau de papier à Harry.
Puis s'en rien ajouter de plus l'homme se fondit dans la foule et disparu.
La première réaction d'Harry fut de transplanner sans attendre à l'appartement de Seamus. Mais ce dernier était absent. Il fit apparaître un bout de parchemin ainsi qu'une plume et griffonna un message à l'attention de l'irlandais qu'il glissa sous la porte avant de rentrer chez lui.
Plus tard dans la soirée, Harry ne fut pas surpris d'entendre des coups frappés à la porte de sa maison. Habillé d'un jean noir qui mettait en valeur ses longues jambes et d'une chemise blanche cintrée, Seamus Finnegan se trouvait sur le pas de sa porte.
-J'ai vu ton mot et je suis venu immédiatement ! Dit-il en guise de préambule.
Harry l'invita à entrer et conversa toute la soirée ainsi qu'une bonne partie de la nuit avec son ancien camarade. Les heures défilaient sans qu'ils n'en prennent réellement conscience. Pourtant lorsqu'Harry réprima un bâillement, Seamus comprit qu'il était l'heure pour lui de partir. Le brun lui proposa de rester pour la nuit dans une chambre d'ami mais Seamus refusa poliment l'invitation.
Il se savait faible en présence du jeune brun et ne voulait pas céder à la tentation de se saisir de ses lèvres magnifiques qui semblaient l'appeler. Il devait tenir Harry à une distance raisonnable et peut-être ainsi créer le manque qui ferait pencher le cœur du survivant dans sa direction.
-J'ai passé une agréable soirée Harry, mais il faut que je rentre. J'ai un entraînement très tôt demain matin. Enfin plutôt tout à l'heure, dit-il.
-Merci à toi Seam'.
Harry serra brièvement son ami dans ses bras et le reconduit jusqu'à la sortie. Soudainement Seamus se pencha vers Harry et déposa un baiser sur sa joue. Harry se tendit à ce contact mais ne repoussa pas Seamus. Ce dernier se releva et avec un sourire disparut dans un craquement.
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Les mois passèrent et Harry entra alors dans une nouvelle routine. Il se rendait chez son nouveau mentor à Dublin et apprenait avec entrain la confection de potions. Ernie Mac Fadden souhaita dans un premiers temps revoir les bases avec Harry. Et Harry se surprit à aimer cela. Son mentor ne l'avait pas laissé s'approcher d'un chaudron avant que le premier mois de formation ne soit révolu. Il insistait sur la nécessité de connaître les ingrédients et de savoir les travailler avant de pouvoir les ajouter au contenu d'un chaudron.
Harry comprit alors à quel point il aurait pu être dangereux à Poudlard. Il comprenait maintenant pourquoi Snape était toujours tellement tendu lorsque venait le moment de la pratique pendant ses cours.
Ernie lui avait expliqué que l'association de certains ingrédients pouvait blesser grièvement voir mortellement. Ainsi un jour, Harry demanda à Ernie ce qui était arrivé à son visage et son mentor lui répondit qu'il cherchait un remède pour les personnes atteintes de défaillances magiques et que le contenu de son chaudron lui avait explosé au visage.
Harry était un élève studieux et concentré. Il posait beaucoup de questions et s'intéressait aux propriétés que pouvaient avoir telle ou telle plante. Sous l'œil avisé de son mentor, le jeune homme gagnait en maturité et montrait un réel talent dans la préparation de potions.
Plus les mois ne passaient et plus son mentor montait le niveau de difficulté dès qu'il voyait que son élève se sentait suffisamment à l'aise avec la précédente préparation. Harry lui rappelait un apprenti à qui il avait enseigné l'art délicat des potions avancées, il y a de nombreuses années.
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Une année s'écoula ainsi, Harry partageait son temps entre son apprentissage auprès de Ernie et Seamus qu'il voyait régulièrement. Si Seamus lui montrait quelques signes d'affection, Harry ne s'en formalisait pas. Il essayait de mettre ça sur le compte de leur grande amitié. Après tout Seamus avait toujours été très tactile non ?
Pourtant, Seamus n'était qu'un homme et ne supportait plus d'attendre qu'Harry veuille enfin lui retourner son affection. Alors il décida d'éviter le beau brun pendant quelques temps. Il ne prenait plus ses appels et ne répondait plus à ses lettres. Il s'arrangeait également pour rentrer chez lui en journée et passait ses nuits au Stade.
Un soir, il s'habilla élégamment et décida de se rendre à L'Euphoria, une célèbre boite de nuit gay de Dublin, avec la ferme intention de revenir avec quelqu'un. Et c'est ce qu'il fit. Il trouva un garçon plus jeune que lui, brun aux yeux verts et le ramena à son appartement. Il commençait présentement à déshabiller sa proie lorsqu'on frappa à sa porte.
Seamus soupira et se détacha à regret de la peau chaude de son futur amant.
-Ne bouges pas, je reviens, souffla-t-il.
Les coups à la porte redoublaient d'intensité et il finit par ouvrir. Il perdit contenance lorsqu'il reconnut Harry visiblement essoufflé.
-Harry ?
-Pourquoi tu ne réponds plus à mes appels ? Ni à mes lettres ? Attaqua Harry.
-Je suis occupé, on pourrait en discuter une prochaine fois ?
-Non ! Je veux en parler maintenant, s'insurgea Harry en poussant Seamus sans douceur pour entrer dans l'appartement.
C'est alors qu'il se rendit compte de son erreur. Sur le canapé, un jeune homme à la poitrine dévoilée attendait les jambes écartées en une invite plus qu'équivoque. Harry se retourna vers Seamus et remarqua que sa chemise était ouverte et la boucle de sa ceinture était défaite.
Une bouffée de colère s'insinua alors dans les veines du Survivant.
-Je vois que tu as trouvé mieux à faire que de répondre à mes appels, dit Harry d'un ton froid.
-Harry…
-Non Seam', ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu ne m'avais pas dit que tu voyais quelqu'un ?
Cette accusation fut de trop pour Seamus qui trouva injuste les propos d'Harry. Lui qui mourrait à petit feu d'être près de lui sans jamais pouvoir l'atteindre. Lui qui ne disait rien sur le pendentif fermement accroché au cou du brun. Lui qui l'aimait en silence et qui n'avait jamais rien demandé ! C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le chaudron.
-Comment oses-tu ? S'écria Seamus en attrapant le col de la chemise du survivant.
Seamus le plaqua fermement contre la porte, son visage à un souffle de celui d'Harry. Sa respiration était laborieuse due à sa colère contenue.
-Comment oses-tu ? répéta Seamus.
L'emprise sur la chemise du brun se desserra légèrement tandis que Seamus plongeait son visage dans le cou d'Harry. Harry s'était figé, il ne comprit pas le brusque changement d'humeur de son ami qui semblait soudainement si fragile. Il tenta de poser une main sur son épaule pour le repousser mais cette dernière fut attrapée par celle de l'irlandais avant d'avoir atteint sa destination.
-Seamus…regardes-moi ?
La voix était presque suppliante. L'instant suivant Seamus se redressa en se souvenant qu'il avait un « invité ». Il jeta un regard dans la direction du jeune garçon resté sur le canapé et se dirigea vers lui. Il ramassa la chemise du garçon dont il avait oublié le nom et lui tendit.
-Tu devrais rentrer chez toi…indiqua Seamus au garçon.
-Comment ça rentrer chez moi ? C'est qui ce type ? Pourquoi doit-on arrêter ?
-Rentres chez toi, c'est tout ce que tu as besoin de savoir, répondit-il d'un ton ennuyé.
Le garçon se leva visiblement en colère et arracha sa chemise des mains de Seamus avant de l'enfiler à la hâte. Il récupéra également ses chaussures qu'il avait laissées près de l'entrée avant de sortir en claquant la porte. Harry qui n'avait pas bougé depuis le début sortit de son silence lorsque la porte fut refermée.
-Alors ? Pourquoi n'as-tu pas répondu à mes appels ?
Seamus souffla et passa une main nerveuse dans ses cheveux avant de s'assoir sur le canapé. Lui qui prévoyait de passer une agréable soirée, la voyait inexorablement tournée au cauchemar. Il n'aurait jamais imaginé qu'il devrait dire la vérité à Harry ce soir. Il n'aurait jamais imaginé qu'il mettrait un terme à sa relation avec le survivant.
Car il le savait au fond de lui, dès qu'il aurait commencé à expliquer au brun les raisons de son éloignement, Harry partirait et il ne le reverrait jamais. Après avoir poussé un énième soupir, il releva son visage et accrocha les prunelles vertes.
-Peut-être pourrais-tu t'assoir ? demanda Seamus en tapotant la place libre à côté de lui.
Harry acquiesça et prit place sur le canapé.
-Ecoutes Harry, je ne sais pas par où commencer…
- Explique-moi simplement pourquoi je suis pratiquement obligé de te harceler pour obtenir de tes nouvelles ces derniers temps ?
Seamus garda le silence, les mots semblaient coincés dans sa gorge. Pourtant il finit par trouver le courage et dit dans un souffle :
-Tu me plais Harry.
Harry écarquilla les yeux devant la franchise de son ami.
-Tu me plais depuis longtemps déjà et je ne supporte plus de te savoir aussi près sans pouvoir te toucher. Harry, tu dois comprendre que je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort envers quelqu'un d'autre. Depuis ta disparition, je n'ai fait que penser à toi. Je t'ai cherché partout pendant des mois, j'étais désespéré….
Seamus fit une pause pour reprendre son souffle, le regard fixé au sol.
-Pourtant, j'ai fini par me faire à l'idée que je ne te reverrais plus jamais…je commençais à ne plus pensé à toi et puis tu es réapparu. Juste comme ça et toutes mes bonnes résolutions ont été balayés en un claquement de doigt.
Harry qui retenait son souffle tandis que Seamus s'expliquait, expira finalement lorsque son ami se tut.
-Je n'avais pas l'intention de te faire souffrir Seamus, murmura Harry. J'étais juste tellement heureux de te retrouver que je ne me suis pas vraiment rendu compte que mon attitude envers toi pouvait paraitre ambiguë…
-Non Harry ! Ne te blâme pas ! Tu n'y es pour rien ! C'est moi qui n'arrive pas à t'oublier ! Tu as été très clair avec moi lors de notre dernière année à Poudlard. Ce n'est absolument pas de ta faute !
-Oui, mais si je n'étais pas revenu, tout cela ne serait jamais arrivé. Quel gâchis !
Seamus leva les yeux pour capturer le regard émeraude dans lequel il pouvait voir des larmes s'accumulées et il prit la main de Harry en la serrant doucement.
-Harry, tu n'as rien gâché. J'aurais dû être honnête avec toi il y a bien longtemps, cela nous aurait évité ce moment gênant, ajouta Seamus qui caressait distraitement le poignet du brun. Je comprendrais si tu ne voulais plus me voir maintenant que tu connais mon inclination à ton égard.
Harry fut surpris par cette dernière remarque. Il se demanda un instant ce que serait sa vie sans Seamus à ses côtés et c'est un pincement au cœur qui répondit à cette interrogation. Seamus était devenu une personne très importante pour lui depuis qu'il l'avait retrouvé. Son monde tournait autour de lui. Il était son repère, son garde-fou. Il ne pourra plus se passer de l'irlandais. Mais Seamus désirait autre chose que de l'amitié, et Harry ne savait pas s'il se sentait prêt à s'investir émotionnellement avec quelqu'un. Les contacts physiques avec Seamus ne le rebutaient pas, il les appréciait même d'une certaine façon.
Il était plongé dans ses pensées lorsque Seamus libéra sa main et se releva.
Alors cela se terminait ainsi ?
Seamus se tenait raide et silencieux près de la porte d'entrée.
La gorge nouée, Harry se leva à son tour et rejoignit Seamus. Arrivé près son ancien camarade de classe Harry posa une main tremblante sur l'avant-bras dénudé de Seamus. La peau était chaude sous ses doigts et un sentiment de calme l'envahit tandis qu'il resserrait sa prise sur Seamus.
-Je ne veux pas partir, murmura Harry, si faiblement que Seamus crut avoir mal entendu.
Un éclat étrange traversa le regard de l'irlandais.
-Je ne peux rien promettre Seamus, mais ce dont je suis sûr c'est que je ne veux pas te perdre. Tu as une place dans ma vie désormais et je ne…
Seamus ne put en entendre davantage il posa ses mains de chaque côté du visage du survivant et plaqua ses lèvres contre les siennes. De sa langue, il demanda l'accès à l'antre humide et sucrée d'Harry. Il lécha les lèvres charnues et se délecta de leur douceur. Harry mit ses mains sur les épaules de Seamus dans le but de la repousser mais ces dernières glissèrent sur la poitrine ferme et il fut pris d'incontrôlables frissons alors qu'il sentait les tétons dressés glisser sous ses paumes.
Un gémissement s'échappa des lèvres de Seamus et incita Harry à répondre timidement au baiser. Leurs langues se rencontrèrent dans un ballet langoureux qui les laissa à bout de souffle. Harry se rappela les baisers qu'il avait échangé avec son ancien camarade de classe. Il se rappela qu'ils étaient doux et sensuels. Alors qu'à cet instant la bouche de Seamus sur la sienne n'avait rien de douce. Elle était conquérante et le clamait comme sien.
L'air finit par leur manquer. Ils se séparèrent afin de reprendre une respiration plus régulière. Seamus appuya son front contre celui du brun et accrocha le regard de Harry dont les joues avaient pris une jolie teinte rosée.
-Seamus, je…
-As-tu aimé ? Le coupa Seamus.
De délicatement rosée les joues de Harry devinrent rouges écarlates.
-Réponds-moi Harry. As-tu aimé ?
-Oui…
Seamus sourit doucement, la réponse était timide mais le sexe dur qu'il sentait pressé contre sa hanche n'avait lui, rien de timide. Enhardit par la réaction du brun, Seamus posa la paume de sa main sur la bosse qui déformait le pantalon de Harry et entama un lent mouvement de bas en haut.
Harry laissa échapper un gémissement rauque tandis que Seamus le caressait à travers de tissus de son pantalon et que ses lèvres migraient vers la peau sensible de son cou. L'irlandais balaya la nuque halé de son souffle chaud avant de faire le même chemin avec sa langue. Il découvrit d'ailleurs qu'Harry était particulièrement sensible derrière l'oreille. Alors il passa et repassa inlassablement sur cette petite zone érogène qui faisait pousser de petits cris à son brun.
Dans l'esprit du survivant tout semblait flou, il avait conscience des caresses de plus en plus entreprenantes, il avait conscience qu'il éprouvait du plaisir. Pourtant, à travers la brume, il prenait également conscience qu'il ne pensait qu'à une seule et unique personne. Et cette personne n'était pas Seamus. Ainsi, il réalisa qu'il devait interrompre les caresses de son compagnon avec le plus de tact possible. Une impression de déjà-vu le saisi. Il se revit repousser Seamus à l'époque de Poudlard peu de temps après avoir cédé à ses avances.
Harry se détacha doucement de Seamus et recula d'un pas en tendant de reprendre une respiration normale. Seamus le regarda, perplexe.
-Je…
-Non, attends ! l'interrompit Seamus. Je sais ce que tu vas dire Harry. Laisse-moi parler d'abord, je t'en prie !
Harry hocha légèrement la tête et attendit que son compagnon reprenne la parole.
-Harry, je ne sais pas ce qu'il s'est passé il y a quatre ans. J'ignore ce qui t'a fait fuir le monde sorcier. Peut-être m'en parleras-tu un jour, mais j'imagine que non, ajouta-t-il en avisant le visage de Harry se fermer. Sache que je ne te demanderais rien, je veux seulement que tu me laisse une chance Harry….
-Mon cœur appartient déjà à quelqu'un d'autre Seamus. Accepterais-tu d'être avec moi en ayant connaissance que mon amour est à jamais lié à cette personne ? Accepterais-tu vraiment cela Seamus ? Ce ne serait pas juste ni pour toi ni pour moi.
-Peut-être pourrais-tu l'oublier avec le temps ? Tenta l'irlandais.
-Je l'ignore.
-Mais si tu n'essayes pas, tu ne le sauras jamais ?!
-Tu as raison mais je ne peux m'empêcher de penser que…
-Chut ! Lui intima Seamus en posant un doigt sur ses lèvres. Laisse-moi juger des risques que je veux prendre ou non. Vois-tu une autre raison pour me repousser ?
-Eh bien, je…
-Tu as ressenti le même désir que moi tout à l'heure ? C'est déjà un bon début, non ?
Harry rougit une nouvelle fois. Oui, il désirait Seamus. Seamus était beau, séduisant et amusant. Seamus était l'homme idéal pour tomber amoureux. A mesure que son esprit envisageait, qu'il pourrait laisser une chance à l'irlandais, Harry se listait les raisons qui l'empêcheraient de finir la soirée dans le lit de Seamus.
Je suis célibataire ! Je n'ai de compte, à rendre à personne ! Pourquoi je me retiens ? Je suis encore jeune et désirable. Seamus est quelqu'un de bien et je pourrais être heureux avec lui !
-Harry ? demanda Seamus dans un ultime espoir.
-Ok Seam', je veux bien essayer, dit Harry avant de fondre sur les lèvres du jeune homme.
A suivre
