Merci pour vos retours sur le chapitre précédent, j'avais vraiment à coeur de lire votre ressenti. Alors merci aux reviewers, habituels et nouveaux. J'espère que ce chapitre vous plaira, on se retrouve en bas pour une petite note :)
Hermione sortit brutalement la tête de la pensine quand elle eut terminé de voir les souvenirs de Drago. Le coeur battant à mille à l'heure dans sa poitrine, ce qu'elle venait de voir lui donnait des sueurs froides. C'était donc ça. Et elle qui avait été si insistante auprès de lui au sujet de sa femme … Voilà qu'elle se sentait terriblement mal à l'aise. Elle passa sa main dans ses cheveux et se recula, manquant de trébucher sous le coup de l'émotion. C'était ferme et définitif, Drago Malefoy était un autre homme à ses yeux désormais.
Le-dit Drago, elle le trouva justement assis par terre, adossé contre une paroi en bois, les jambes repliées contre son torse, ses bras entourant ses genoux. Comme s'il attendait la sentence, le verdict final, vulnérable et terriblement à fleur de peau. Comment ne pas être touchée par cet homme qui venait de lui livrer ses souvenirs les plus beaux mais aussi les plus douloureux ? Ça changeait la donne. Il avait été si amoureux d'Astoria, si fusionnel avec elle, elle avait pu le ressentir en voyant ses souvenirs, et il l'avait vue mourir sous ses yeux et dans ses bras.
Elle prit son courage à deux mains et vint se mettre à genoux devant lui. D'une main hésitante et tremblante, elle glissa ses doigts sous son menton et lui releva son visage. Un crève coeur. Il était pâle, il tremblait, ses yeux gris respiraient la tristesse, le désespoir, et débordaient de larmes.
« Je suis désolée Drago … Infiniment désolée. Si j'avais su, j'aurais pas autant insisté pour savoir qui était la mère de Scorpius. »
Il renifla et souffla par la suite, essuyant ses yeux mouillés.
« Tu pouvais pas savoir. Je t'en veux pas. »
« Si je peux faire quoi que ce soit pour toi … »
« Merci Granger mais c'est pas la peine. A moins que tu connaisses un sort pour faire revenir les morts à la vie mais ça serait beaucoup trop beau. »
« Si je pouvais, crois moi que je le ferai. Au delà du dernier souvenir que tu m'as permis de voir, j'ai pu constater qu'Astoria t'avait changé, qu'elle avait fait de toi cet homme et ce père si formidable. Tu as le droit d'être triste, bien entendu, parce que j'ai l'impression qu'elle comptait énormément pour toi, mais tu dois surtout te souvenir de ces beaux moments … Ils sont précieux. »
« C'est pas facile. J'ai eu le coup de foudre pour cette fille. J'ai attendu des années avant de pouvoir l'avoir, en dépit de ce qu'on racontait parce que tout le monde pensait qu'elle était qu'un passe-temps. Sauf que non, je l'aimais plus que tout et elle était bien la seule à le ressentir. On s'est marié, on a fait un enfant, on avait pour projet d'en faire un autre une fois que Scorpius serait plus grand et on m'a arraché des mains la seule personne qui m'a fait me sentir vivant, aimé et respecté. »
Hermione avait désormais le coeur au bord des lèvres, prêt à exploser. Elle n'avait jamais vu Drago ainsi et honnêtement, elle aurait préféré ne jamais le voir dans cet état. Comment remonter le moral de quelqu'un qui a perdu sa femme, la mère de son fils, i peine six mois ? Certes il avait une force de caractère qui faisait qu'elle ne s'était jamais douté de rien jusqu'ici mais on ne peut pas contenir autant d'émotions sans rien dire pendant si longtemps, c'est pas humain.
Il avait de nouveau baissé les yeux devant le silence de celle qui, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, était son ennemie jurée. Aussi dur que cela pouvait être pour lui de raviver la flamme de si douloureux souvenirs, c'était aussi libérateur. Il pouvait enfin parler à quelqu'un de ce qu'il ressentait depuis maintenant six mois. Georgia connaissant Astoria, était au courant de la situation, mais Drago ne lui en parlait que très rarement, pour ne pas dire jamais. Il avait fait le Serment Inviolable avec elle pour qu'elle ne parle de cette histoire à personne. Mais là, il sentait qu'il pouvait avoir confiance en cette petite brune agenouillée devant lui, essayant maladroitement de trouver ses mots, des mots qui ne l'enfonceraient pas encore plus profond qu'il ne se sentait déjà.
« Drago … », elle se mordit la lèvre après avoir osé prononcer son prénom devant lui, pour la première fois, et pas son nom de famille, « Regarde moi s'il te plait. »
Elle posa délicatement sa main sur sa joue, l'incitant à relever ne serait-ce que le regard vers elle. Il s'exécuta, plongeant ses iris gris acier dans ceux ambrés de sa voisine.
« Astoria sera toujours présente. Je sais, ça peut paraître niais, banal et pas du tout réconfortant ce que je te dis mais c'est la vérité. Elle vit en toi, dans ton coeur, dans ton regard quand tu parles d'elle, elle vit aussi à travers les yeux de ton fils. Quand tu le regardes, tu es obligé de penser à elle parce qu'il est le fruit de votre amour … C'est dur, je le conçois et je pourrais pas t'enlever ta peine, mais il faut que tu sois fort pour ton fils. Fort comme tu l'as été jusqu'à présent. »
Drago décocha un semblant de sourire, du moins, la commissure de sa lèvre s'étira légèrement dans une moue un peu triste.
« Pourquoi tu me dis tout ça ? Ok je t'ai montré mes souvenirs les plus douloureux en matière d'amour, mais t'as l'air de te sentir concernée. »
« Je dirai pas concernée mais j'ai été élevée dans l'amour des autres et de l'ouverture d'esprit. Mes parents m'ont toujours dit d'essayer de voir le bon côté chez quelqu'un, et ton bon côté à toi, je le vois enfin. Astoria a fait ressortir tout ce qu'il y avait de positif chez toi. Dans tes souvenirs je t'ai vu souriant, heureux, amoureux et prêt à décrocher la lune et même quelques étoiles pour ta femme et ton fils. Y'a plus de doute à avoir, t'as changé, t'es un autre homme. Et l'homme que tu es mérites de sortir la tête de l'eau définitivement. »
« J'arriverai jamais à sortir la tête de l'eau définitivement comme tu dis. C'est impossible de me reconstruire après avoir vu ma femme mourir dans mes bras. »
« Est-ce que le mot impossible fait partie du vocabulaire d'un Serpentard déterminé ? »
« Le Serpentard a plutôt l'air d'un blaireau là … »
Il rit nerveusement, déclenchant un petit rire aussi chez Hermione. D'un revers du manche il essuya ses yeux humides et détacha ses bras d'autour de ses genoux. Il étendit ses grandes jambes de chaque côté d'Hermione, toujours agenouillée devant lui.
« Ne dis pas ça. Ça fait que six mois, c'est encore frais. Personne te demande de faire comme si de rien n'était. Vis ta vie comme tu l'entends, en gardant Astoria dans un coin de ta tête et de te coeur, mais surtout, restes comme tu es et ne redeviens pas cet adolescent imbuvable que tu étais. »
Il secoua la tête.
« J'y compte pas. C'est beaucoup moins fatiguant de sourire que de faire la gueule, je me suis fait cette réflexion y'a pas si longtemps. »
« Alors continues de sourire, ça te va bien. »
« C'est un compliment Granger ? »
« Ca se pourrait. Prend le comme tu veux. »
Elle lui fit un clin d'oeil avant de changer de position, s'installant assise en tailleur en face de lui. Elle reprit.
« Je vais te poser une dernière question. Après, promis j'arrête avec l'interrogatoire. »
« Je t'écoute. »
« Scorpius. Il m'a toujours dit que sa mère était partie. Qu'est ce qu'il sait ? »
« Quand mon père l'a amené à l'intérieur, il avait pas eu le temps de bien comprendre ce qu'il venait de se passer. Ensuite j'ai demandé à mon père d'effacer ses souvenirs, du moins cette journée là. Que le dernier souvenir qu'il garde de sa mère soit quelque chose de positif. Et depuis, je lui dis que sa mère est partie parce que je trouve pas le courage de lui dire qu'elle est morte. C'est encore trop dur pour moi, j'ai peur de perdre la face face à lui. »
Compréhensive, elle hocha la tête.
« Je comprends. Mais tu sais qu'un jour il faudra que tu lui dises ? Parce que tôt ou tard, il finira par avoir envie de la revoir et ça risque de s'avérer compliqué … »
« Je le sais, mais le plus tard sera le mieux. »
Sentant les trémolos revenir dans la voix du blond, la brune décida de mettre le sujet sur le côté. Elle en savait déjà suffisamment et elle ne voulait pas le mettre encore plus mal à l'aise. Elle se redressa presque d'un bond et tendit ses deux mains à Drago, toujours assis par terre.
« Allez mon grand, debout ! »
Il fronça les sourcils.
« Qu'est ce que tu veux faire … ? »
« Je sais pas, mais on va pas rester assis ici pendant trois heures. Premièrement, parce qu'il reste encore une heure avant que ce ne soit plus mon anniversaire, et deuxièmement parce que demain je travaille, que la perspective de retourner au Ministère me donne envie de vomir et j'ai envie de penser à autre chose ! »
Drago hésita environ deux secondes avant d'attraper les mains d'Hermione pour se relever. Il épousseta ses vêtements et prirent ensemble la direction de l'extérieur du chalet. Terminée la séquence émotion, il avait encore un semblant de fierté masculine mal placée qui lui interdisait de se montrer triste et fragile devant quelqu'un, encore plus une femme, pendant longtemps.
« Tu m'emmènes faire un tour de balai ? »
« Sûre ? » questionna Drago avec un sourire en coin, « Y'a à peine une heure tu redoutais de monter avec moi, apparemment t'avais peur que je t'abandonne dans les airs, et maintenant c'est toi qui réclames un tour en balai ? »
« Oui, bon, il y a que les imbéciles qui changent pas d'avis il paraît. Et il se trouve que … j'ai apprécié le trajet de tout à l'heure. » avoua-t-elle en rougissant jusqu'à la racine des cheveux. Heureusement qu'il faisait nuit et qu'il ne pouvait pas voir ses joues rougies par l'aveu qu'elle venait de lui faire.
« Alors avant que tu changes d'avis … »
Il attrapa le balai qu'il avait posé contre le chalet et l'enfourcha, attendant qu'Hermione fasse de même. Comme une heure plus tôt, elle prit place derrière lui, ses pieds reposant non loin des siens contre les cales-pieds prévus à cet effet. Ce coup-ci, craignant d'avoir la même trouille que plus tôt, elle prit soin de l'enlacer au niveau de la taille et de joindre ses mains entre elles.
« T'es bien installée Granger, c'est confortable ? On peut y aller ? » se moqua-t-il.
« Vas-y ou c'est moi qui prends les commandes ! »
« Dans tes rêves ! »
Il tapa du pied au sol et décolla comme une flèche. La puissance du balai dernier cri n'étant pas une légende, en quelques secondes à peine ils avaient pris une hauteur et une vitesse folle. Laissant derrière eux le chalet familial, Drago fila en direction des collines avoisinantes, n'hésitant pas à slalomer entre les cimes des arbres.
« Arrêtes de faire l'idiot ! » hurla Hermione après avoir manqué de peu de se voir arrachée sa veste en l'accrochant à une branche.
« Détends-toi Granger, ça te fera le plus grand bien ! » cria-t-il aussi pour être entendu malgré l'air bourdonnant dans leurs oreilles.
« Me détendre ?! Tu veux que je me détendes alors que tu fais des montagnes russes avec ton balai ? C'est pas un jouet Drago ! »
« Bien sûr que c'est un jeu quand tu sais bien t'en servir ! Alors respire et boucle la, sinon tu sais ce qui t'attend. »
Ne voulant pas subir un nouveau Silencio, Hermione choisit de se taire et d'essayer de se détendre, non sans l'avoir, au préalable, traité de tous les noms dans sa tête. Il l'avait bien mérité.
Elle respira un grand coup et choisit de se concentrer sur le paysage pour oublier la vitesse à laquelle il volait. Elle apercevait la mer au loin et secrètement, elle espérait qu'il allait s'en approcher. Elle adorait la mer, cette grande étendue d'eau, l'évasion que cela pouvait représenter. Elle se surprit à sourire toute seule quand ils furent arrivés vers la mer, qu'il longeait dangereusement les falaises, la faisant frémir quand ils s'approchaient trop près de le roche. Il remonta le temps de frôler l'herbe au dessus des falaises et, profitant d'un ralentissement de sa part, elle s'était risquée à tendre le bras pour cueillir une petite mais très jolie fleur blanche parmi le tapis s'étendant sous leurs yeux. Elle la porta à son nez pour en sentir tout le parfum, avant d'habilement la glisser dans ses cheveux, derrière son oreille. Drago choisit de piquer net vers la mer, laissant une Hermione visiblement détendue, tendre à nouveau le bras mais cette fois pour laisser ses doigts glisser dans l'eau. Il ne la voyait pas, mais il la sentait sourire dans son dos. Content d'avoir réussi à l'apaiser un minimum, il vola près de l'eau pendant une bonne dizaine de minutes avant de remonter pour s'arrêter sur la falaise.
Hermione descendit du balai la première, et poussa un long soupir une fois au sol.
« Wahou ! C'était … c'était génial ! » éclata-t-elle en tournant sur elle-même, les yeux fermés et les bras en croix, faisant voler au vent ses boucles brunes. « Tu vois, c'est ça que je voulais ! »
Les mains dans les poches, Drago regardait Hermione se libérer.
« Ça quoi ? »
« Mais tout ça ! » répéta-t-elle en faisant de grands gestes vagues. « Ce bol d'air, du frais, du vent, des paysages à couper le souffle, un moment hors du temps et hors de ma routine, que j'aurais jamais pu me permettre avant ! »
« Il fallait juste que tu croises ma route. »
« Mais merci Drago, merci, merci, merci ! Du fond du coeur. J'aurais jamais fait ça sans toi ! »
« T'es légèrement dans l'excès Granger … »
« Excuse-moi, je suis très démonstratrice c'est tout. Mais c'était pile ce dont j'avais besoin. Donc encore merci. »
« Et bien de rien, si ça peut te donner le sourire, moi ça me va. »
Alors qu'Hermione contemplait l'horizon qui s'offrait à elle, dans la pénombre, Drago était allé s'assoir sur un gros rocher qui prenait place dix mètres plus loin. Assis en tailleur sur l'énorme pierre, il semblait observer la brune debout plus loin. Il se sentait beaucoup plus léger d'avoir confié ses souvenirs à Hermione, comme s'il avait trouvé quelqu'un avec qui partager sa peine. Elle ne pouvait évidemment pas être à son niveau de tristesse mais elle savait. Voilà, elle savait et c'était suffisant. Elle pouvait maintenant comprendre ses sautes d'humeur, ses journées où il n'avait pas la moindre envie de sourire, ses difficultés à parler d'Astoria. Et ça, ça n'avait pas de prix d'avoir une nouvelle épaule sur laquelle s'appuyer. Oui, parce que maintenant, il acceptait le soutien et l'aide.
Une fois ressourcée à bloc, la jeune femme vint rejoindre Drago sur son rocher. Elle prit la même position que lui, à savoir en tailleur.
« A quoi tu penses ? » demanda-t-elle à peine eut-elle croisé les jambes.
« Est-ce que tu veux vraiment savoir ce qu'il se passe dans ma tête ? Parce qu'honnêtement, c'est pas joli joli. »
« Je veux savoir. »
« Sûre ? »
« Certaine et assurée, à deux cent pour cents. Bouge. »
« Je pensais à toi. »
« À moi ? »
« Oui. Au bien que ça me fait que tu saches tout ça maintenant et surtout au fait que tu me comprennes et que tu saches que j'ai changé. Et en bien. »
« Comment ne pas le voir ? Ça crève les yeux Drago. »
« Peut-être que ça te crève les tiens, mais ça m'est arrivé de croiser la route d'anciennes connaissances qui ne pensent pas une seule demi seconde que j'ai pu changer. Tiens par exemple. Parle de moi à tes collègues du Ministère qui sont supposés me connaître, tu verras qu'il y en a pas un qui te croira quand tu diras que j'ai changé. »
« Mais quelle importance ? Le tout c'est que toi tu saches ce que tu vaux, et que les gens qui t'entourent te reconnaissent à ta juste valeur. Le reste tu t'en fiches. »
« C'est pas ma manière de vivre. J'ai été élevé de façon à ce que les gens aient une certaine image de moi, image qu'ils ont toujours. Et maintenant, je veux me battre pour qu'ils aient plus cette image. »
« Alors si tu veux te battre, donnes t'en les moyens. Arrête d'être désagréable, hautain et sarcastique. »
« Ah non le sarcasme désolé je peux pas, ça fait partie de moi. C'est comme si je te demandais d'arrêter de lire des livres chiants. Physiologiquement impossible. »
« Bon, garde le sarcasme si tu veux. Mais souris ! Parle aux gens, ouvres toi. J'ai vu quelque chose à ce sujet dans tes souvenirs qui est très juste. »
« Quoi donc je te prie ? »
« Astoria qui t'a dit qu'elle était sûre que tu étais une bonne personne derrière ton masque prétentieux et arrogant. Il me semble même qu'elle a dit 'Tu seras un homme bien, Drago Malefoy', et elle a vu juste. T'es devenu un homme bien. »
« Grâce à elle, et grâce à Scorpius. »
« Alors fais leur honneur. Parce que je suis certaine qu'elle est fière de toi. Et pour ce qui est de ton fils, bien entendu qu'il est fier de toi, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. »
Drago haussa un sourcil, interloqué.
« Oui Granger, le nez c'est au milieu du visage, bravo. Je suis content que tu le remarques au bout de vingt-six ans d'existence … » se moqua-t-il en l'applaudissant.
« C'est une expression moldue, triple idiot. Ca veut dire que c'est évident. »
Le blond lâcha un « aah » suivi d'une remarque qui lui demandait bien gentiment d'arrêter avec ses allusions moldues parce que, premièrement, il en avait rien à faire, et deuxièmement, il y comprenait rien.
Cela faisait presque une bonne heure maintenant qu'ils étaient assis sur ce rocher, à discuter de choses et d'autres. La fatigue la guettant, Hermione ne put cacher ce bâillement qui trahissait son état.
« Je vais te ramener à l'auberge. »
Hermione grimaça. Rentrer signifiait aller se coucher, et aller se coucher signifiait se réveiller le lendemain, et se réveiller le lendemain signifiait retour à la réalité et retour au travail. Le jeune homme décela bien l'inconfort de sa voisine et lui assena un coup de coude taquin.
« Fais pas la gueule ! Tu vas revoir Weasley demain, c'est cool ! »
« Ah oui c'est même ce que je souhaite le plus au monde en ce moment ! T'es qu'un idiot Malefoy. »
« Ça va je plaisante. », il prit appui vers l'arrière avec ses mains, « C'est pas si terrible que ça en a l'air. Vois le côté positif de la chose. Ok tu vas peut-être passer une journée exécrable, mais quand tu vas rentrer, tu devras supporter un Scorpius euphorique. »
« Euphorique en quel honneur ? » demanda Hermione en tournant la tête vers son voisin.
« Parce que demain on va chez mes parents. Et qu'ils le gavent de jus de citrouille, que ça le rend hystérique, et que mon père va passer sa journée à faire le grand-père gâteau et à le gâter. »
« J'avais oublié que ton père était devenu un homme si charmant ! »
« J'irai pas jusqu'à dire charmant, mais il est drôle à voir. Je me moque de lui tout le temps, t'imagines pas le bien que ça me fait alors que quand j'étais gosse, j'avais limite pas le droit de lui parler. »
« Ça doit te changer en effet … », elle sourit, « Donc demain vous venez à l'auberge ? »
« Ça fera plaisir à Scorpius de te voir ! » conclut-il en descendant d'un bond de son perchoir pour aller récupérer son balai. « On s'active Granger ! »
Elle était restée assise sur le rocher pendant que lui rejoignait l'endroit où ils avaient atterri. Elle était contente de l'entendre dire que Scorpius l'appréciait et était content dès qu'il la voyait. Mais elle avait secrètement espéré que quelqu'un d'autre soit aussi content de la voir.
L'AUBERGE.
Ils étaient repassés par le Manoir pour déposer le balai de Drago avant de transplaner dans la cour de l'auberge. Il était minuit passé maintenant et tout le monde dormait à poings fermés ici.
« Tu vas faire quoi ? » demanda Hermione, « Tu laisses Scorpius dormir, tu rentres chez toi et tu reviens demain ? »
Il dodelina de la tête, semblant hésiter.
« Je voulais le réveiller. »
« T'es fou, il est plus de minuit, il doit dormir comme un bébé. Tu devrais dormir ici, après tout t'es un peu chez toi et il doit bien y avoir une chambre de libre. »
« T'as raison ! »
Ils entrèrent sur la pointe des pieds dans l'auberge. Alors qu'Hermione commençait à monter les escaliers qui menaient à l'étage, elle se retourna sur un Drago qui s'était faufilé derrière le comptoir, et qui fouillait là où Georgia entassait tous ses documents.
« Mais qu'est ce que tu fais ?! » chuchota-t-elle, assez fort, depuis les escaliers.
« Tu l'as dit, je suis chez moi. Je cherche le registre des chambres de libres … Ah ! Le voilà ! »
Il ouvrit un gros livre qu'il feuilleta rapidement jusqu'à la page du jour. Il faisait glisser son doigt sur la page, les sourcils froncés, comme s'il cherchait quelque chose de précis.
« Par Merlin mais c'est pas possible ! » râla-t-il en haussant la voix.
« Baisse d'un ton Malefoy, t'es pas tout seul ! »
Elle avança à petits pas rapides jusqu'à lui, venant lire par dessus son épaule.
« Il y a pas une chambre de libre ! »
« Tu devrais être content, ça veut dire que ton affaire marche et que tu vas gagner de l'argent. »
« J'en ai rien à faire de l'argent ce soir, j'ai juste envie de dormir ! Moi qui voulais rester dormir ici pour pouvoir faire la surprise à mon fils demain matin en le réveillant sans qu'il s'y attende … »
Hermione mit son cerveau en mode intense réflexion et essaya de trouver une solution rapide. Il avait l'air de tenir à être là au réveil de son fils le lendemain matin et elle ne voulait pas briser son petit rêve.
« Viens dans ma chambre. »
Oups. Elle avait peut-être parlé un peu trop vite et sans finalement trop réfléchir. Mais c'était sorti tout seul, c'est pas de sa faute, c'est une fille spontanée …
De son côté, Drago avait ouvert ses yeux aussi grands qu'il le pouvait. Elle venait de lui proposer de dormir avec elle là ou il avait eu une hallucination auditive ? Une fois le choc passé il pouffa de rire silencieusement avant de se faire couper la parole par Hermione.
« Non mais … Attends ! Mon lit c'est deux lits simples collés ensemble, on a juste à les décoller ! »
« Pendant une seconde j'ai cru que c'était une invitation à partager tes draps, ne me fais plus des frayeurs comme ça Granger ! »
Elle lui adressa sa plus belle mine grimaçante.
« Vu la tête que t'as fait, j'ai bien compris que l'idée de dormir à côté de moi te répugnait. Tu dormiras à l'autre bout de la chambre ! »
« Oh ça va, te vexe pas. »
Il roula des yeux avant de lui emboiter le pas en direction de sa chambre. Elle entra la première, le laissa passer le pas de la porte et brandit sa baguette sur la serrure de la porte une fois fermée, pour lancer un premier sort pour insonoriser la pièce et le second pour la verrouiller. Le blond se retourna limite d'un bond en l'entendant jeter des sortilèges sur la porte.
« Ah ouais j'ai saisi ! Tu m'as fait venir dans ta chambre, t'insonorises la pièce, maintenant tu vas pouvoir m'assassiner dans le plus grands des silences, sans que personne ne s'en rende compte ! »
Elle claqua des doigts avec un faux sourire machiavélique.
« Mon plan a été déjoué ! Je comptais t'étouffer sous un oreiller … », elle avança d'un pas vers lui, ses yeux plongés dans les siens, « … puis te démembrer entièrement … », elle fit un nouveau pas vers lui, « … et ensuite te découper en petits dés … », un nouveau pas, et il ne bronchait pas, « … en donner quelques uns à manger à Sweety … », elle était maintenant à quelques centimètres de lui, « … quelqu'uns aux hiboux de la volière … », elle appuya son index sur son sternum, « … et faire frire le reste à la poêle pour mon petit déjeuner ! »
Elle sentait bien qu'il avait retenu son souffle. Les lèvres scellées, la respiration coupée, ses yeux bleus manquant de sortir de leurs orbites, elle avait été si convaincante qu'on aurait dit qu'il croyait à son histoire. Il déglutit péniblement, ses perles bleues toujours baissées dans les pupilles ambrées d'Hermione.
« T'es p… t'es pas sérieuse quand même Granger ? »
Elle laissa passer une dizaine de secondes de silence, un sourire presque malsain au coin des lèvres, avant d'éclater de rire.
« Mais non je suis pas sérieuse, imbécile ! C'était juste une petite vengeance personnelle pour avoir laissé sous-entendre que partager ma chambre était un supplice. »
Il poussa un long soupir, laissant aller sa tête en arrière. Bon sang mais quelle femme agaçante elle pouvait être quand elle s'y mettait ! Il y avait presque cru … Oui, ok, il y avait complètement cru.
« Allez respire. Je te laisse l'accès à la salle de bains si tu veux, j'ai des affaires à préparer pour demain. »
Tout en parlant, elle s'était attelée à un rangement de sa chambre, comme si c'était le moment rêvé pour faire ça, et à la préparation de ses affaires pour son retour au travail le lendemain. Elle n'avait pas mis les pieds au Ministère depuis presque un mois maintenant et même si elle redoutait son retour, il fallait que tout soit opérationnel. Alors qu'elle préparait également sa tenue pour le lendemain, le blond de l'autre côté de la porte de la salle de bain s'était glissé sous l'eau chaude de la douche. Il lui emprunta son gel douche, renifla l'odeur et grimaça en sentant cette odeur de framboise un peu trop féminine à son goût. Soit. Il n'avait pas trop le choix. Il se savonna donc de framboise avant de mouiller sa crinière blonde, empruntant également un peu de shampoing. Elle ne lui en voudrait pas de vouloir sentir bon. Il sortit de la cabine de douche et s'habilla en tout et pour tout d'une serviette en éponge autour de la taille. Il avait clairement perdu l'habitude d'enfiler une tenue correcte en sortant de la douche.
Le nez dans son placard, hésitant entre une jupe et un pantalon pour sa tenue du lendemain, Hermione décala sa tête quand elle l'entendit sortir de la salle de bains. Princesse Malefoy était là dedans depuis presque une demi heure et elle s'apprêtait à lui faire la remarque quand elle fut surprise par le spectacle qui s'offrait à elle. Tellement surprise qu'elle ne retint pas un couinement de stupéfaction. On aurait dit une gravure de mode, digne des magazines moldus qui lui arrivait de lire. Ou bien une statue grecque. En tout cas, ça valait le détour. Il était encore un peu ruisselant d'eau, faisant briller sa peau nue. Son torse ultra dessiné laissait voir des abdos ultra marqués, descendant sur des hanches qui retenaient tant bien que mal la serviette. Sur ses épaules carrées gouttait l'eau qui tombait de ses cheveux, cheveux dans lesquels il venait de passer une main habile pour les désordonner. La bouche entrouverte, étonnée par ce qui s'exposait devant ses yeux, elle fut sortie de sa rêverie par un rictus moqueur.
« Ferme la bouche Granger, tu baves ! »
Elle secoua spontanément et rapidement la tête, rouge de honte.
« Non mais je … mais … C'est toi qui t'exhibes aussi ! »
« Ouais c'est de ma faute, je sais. »
D'un geste de sa baguette il se fit apparaître un pantalon en coton gris chiné dont il se servirait comme pyjama. En comprenant son intention, Hermione se retourna pour ne pas faire face à un Drago en tenue d'Adam et le laissa se changer. Elle en profita pour s'éclipser à son tour dans la salle de bains et prendre elle aussi une bonne douche revigorante. Beaucoup plus pudique que lui, elle enfila un ensemble short et tee-shirt assortis et prit soin d'attacher sa crinière en un chignon flou avant de retourner dans la chambre. Drago était déjà en train de s'affairer à la séparation des deux lits.
« Je rencontre un problème Granger. »
« Parle moi de tes tourments Malefoy, je t'écoute. »
« On a qu'une couette pour deux. Tu te sacrifies ? »
« Mais bien sûr ! » approuva-t-elle faussement, « Tu peux te brosser pour que je sacrifie ma couette. Donc soit tu te couvres, espèce d'exhibitionniste, soit tu trouves une autre solution. »
« La solution je l'ai. »
Il repoussa le deuxième lit contre le premier de façon à n'en refaire qu'un.
« Tu tires pas la couette à toi toute la nuit, tu gardes tes pieds froids loin de moi et si jamais tu ronfles, je te pousse par terre. », la mit-il en garde en la pointant du doigt.
« Ben tiens, et j'arrête de respirer aussi ! »
Elle se glissa sous la couette, le laissant en faire de même du côté opposé, le dos tourné.
« Aaaah ! » cria-t-il de sa voix la plus aigüe, « Tes pieds Granger ! »
Elle se mit à rire. Elle avait volontairement collé ses deux pieds froids dans son dos nu. Juste pour l'embêter.
On se détend Malefoy, je plaisante. »
« Donc ne t'étonne pas si au milieu de la nuit tu te réveilles allongée sur le parquet. Je me serai vengé. »
« Compte là dessus. Allez bonne nuit princesse ! »
« Princesse ? » releva-t-il en se tournant habilement vers elle pour lui faire face.
« T'as passé plus de temps dans la salle de bains que la moyenne des femmes. Donc ça te va bien, princesse ! »
« Tu sais quoi ? Heureusement que tu retournes travailler toi, parce que je trouve que tu prends un peu trop la confiance en me fréquentant et c'est mauvais pour ton image. »
Elle rit de nouveau, et lui aussi par la même occasion.
« Je préfère ternir mon image comme tu dis que de rester une fille modèle. Parce que finalement, c'est excitant l'imprévu, le changement et le goût du risque ! »
« C'est bien ce que je dis, faut que t'arrêtes de me fréquenter, tes amis vont plus te reconnaître. »
« Peu importe. », elle se tourna pour s'allonger sur le dos et fixer le plafond, « Les changements ont déjà opérés. »
MINISTÈRE DE LA MAGIE.
Dur retour à la réalité. Ce fut horriblement dur pour Hermione de quitter l'auberge ce matin. Premièrement, parce que c'était pour aller travailler. Deuxièmement, parce que Scorpius encore endormi l'avait supplié au moins vingt fois de rester avec lui pour jouer. Et troisièmement parce qu'elle était de mauvaise humeur, du fait d'avoir très mal dormi. Elle avait l'habitude de dormir avec Ron, qui ne bronchait pas pendant son sommeil. Et là, elle avait dormi avec Malefoy qui lui, en revanche, avait vraisemblablement perdu l'habitude de dormir avec quelqu'un et gigotait comme un asticot pendant son sommeil. Par trois fois elle avait du tirer sur la couette pour en récupérer sa part, par deux fois il avait manqué de peu de l'envoyer valdinguer par terre en bougeant un peu trop, et une fois il l'avait réveillée en lui envoyant malencontreusement - ou pas, peut-être que son subconscient avait agi volontairement ainsi - son bras en pleine figure. Elle ne s'était évidemment pas gênée le lendemain matin pour se venger à sa manière, c'est à dire en faisant beaucoup de bruit pour se préparer et en claquant la porte derrière elle, non sans l'avoir entendu râler une bonne quinzaine de fois, avec la voix magistralement roque d'un ours endormi.
Elle se pressait maintenant dans les couloirs du Ministère, une montagne de dossiers coincés entre son bras et sa poitrine. Elle trottinait d'un ascenseur à l'autre, saluant au passage une flopée de personne visiblement contents de la revoir après son petit mois d'absence, en direction tout d'abord du Bureau des Aurors. À peine avait-elle toquée à la porte du bureau d'Harry, que la porte s'ouvrit à la volée, la mettant nez à nez avec une paire de lunettes rondes cachant des yeux verts écarquillés.
« Hermione ! » s'écria Harry en enlaçant amicalement son amie, « C'est bon de te savoir de retour ici. Quand t'es pas là, j'ai l'impression que le Ministère peut s'écrouler à tout moment. »
« T'en fais des tonnes Harry, n'abuse pas ! » ria-t-elle en lui rendant son étreinte.
« J'exagère peut-être un peu. Mais par contre, c'est vrai que c'est bon de te revoir ici. »
« Je suis contente de revenir moi aussi … » mentit-elle, alors que son regard analysait le bureau d'Harry de fond en comble.
Harry se retourna pour voir ce qu'elle regardait, et se tourna finalement vers elle avec un tout petit sourire.
« Si ta question est 'Est-ce que Ron est ici ?', la réponse est non. Il est en mission. »
« Il sauve le monde ! »
« Là c'est toi qui en fais des tonnes … » ria-t-il, se moquant volontairement de son ami. « D'ailleurs tu sais qu'il veut arrêter le métier ? »
Étonnée, Hermione posa ses dossiers sur le bureau d'Harry et prit place sur un fauteuil réservé aux invités.
« T'es pas sérieux ? »
« On ne peut plus sérieux. Il veut aider George dans la boutiques de farces et attrapes. »
« Ca lui a pris comme ça, en se levant un matin ? »
« Plus ou moins. Il me dit que c'est réfléchi mais j'y crois pas, je le connais pas coeur. Il me dit qu'il se sent pas légitime en tant qu'auror et qu'il a envie d'aider son frère dans quelque chose de plus … de moins sérieux on va dire. »
« Après tout pourquoi pas, si ça lui permet d'être heureux et épanoui. »
« On verra avec le temps ce qu'il fera. Mais toi alors, comment ça va ? Tu es toujours dans l'auberge dont tu nous avais parlé ? »
« Toujours oui, je m'y sens merveilleusement bien ! »
« C'est l'essentiel. Prête à reprendre les rennes de ton bureau ? »
« Prête ! »
Elle reprit ses dossiers sous le bras, et s'apprêtait à quitter l'aile du Bureau des Aurors quand Harry l'interpella de loin.
« HERMIONE ?! »
Elle se retourna vers lui.
« Ginny t'a dit ? »
« Qu'est ce qu'elle aurait du me dire ? »
« On se marie le 12 décembre. »
Quoi ? Il lui balançait ça comme ça, sans avoir préparé le terrain au préalable ? Elle savait qu'ils allaient se marier incessamment sous peu mais elle était loin d'imaginer que ça serait dans trois mois. C'était tout Ginny ça, la spontanéité à l'état pur. La connaissant, elle n'avait pas du laisser le choix de la date à Harry. Et puis qui se marie en hiver d'abord ? Il n'y avait qu'eux pour faire ça, un mariage dans le froid et la neige. Ce qui était sûr, c'est que ça allait donner un mariage hors du commun et pour des gens hors du commun comme eux c'était l'idéal. Sauf que là, si elle était toujours le témoin de Ginny comme prévu, la situation était plus délicate, du fait qu'elle soit séparée de Ron. Elle allait venir au mariage de ses meilleurs amie seule. Bonjour la classe.
« C'est génial ! » conclut-elle pour Harry, à l'autre bout du couloir, feintant la joie.
Elle disparut ensuite dans l'allée d'à côté pour aller s'enfermer dans son bureau de directrice, après avoir largué ses dossiers sur le bureau de son assistante. Deux doigts sur les tempes, elle se les massait en essayant de calmer la migraine qui commençait à envahir son cerveau. Remettre les pieds en plein dans la famille Weasley pour un événement tel qu'un mariage, dans à peine trois mois, c'était psychologiquement pas possible là. Elle était pas encore prête. Elle inspirait lentement et expirait tout aussi lentement pour évacuer l'angoisse qui lui prenait la gorge maintenant. Zen Hermione, zen. C'était pas si terrible. C'était quand même le mariage de sa meilleure amie et de son meilleur ami, ça serait un bon moment pour tout le monde. Elle était forte, psychologiquement, moralement et physiquement, elle allait pouvoir passer au dessus de ça même si ça allait être dur. Bon, elle avait trois mois pour s'y préparer. Là, l'heure était au travail. Un mois sans avoir mis les pieds dans son bureau, même si elle avait interdit à tout le monde d'y mettre les pieds, c'était long et il fallait qu'elle reprenne ses marques.
Elle mit toute la matinée et une bonne partie de l'après-midi pour remettre de l'ordre dans ses dossiers et se mettre à jour dans ses projets, aidée par son assistante Maddie. Maddie était une jeune femme un peu plus jeune qu'Hermione, deux ans de moins exactement, employée au Ministère comme stagiaire le temps de faire ses preuves. Elle était grande, mince et avec de jolies formes, et elle avait de longs cheveux blonds vénitiens légèrement ondulés ainsi que des taches de rousseurs sur les pommettes et sur le nez. Autant dire qu'elle était très jolie et qu'elle ne passait pas inaperçue dans les couloirs du Ministère, surtout auprès de la gent masculine. Ceci-dit, elle était très investie dans son travail, elle était consciencieuse et soulageait beaucoup Hermione au quotidien. Cette dernière était ravie du travail qu'elle faisait pour elle et ne l'échangerait pour rien au monde. Elles étaient proches dans le travail, plaisantant ensemble, déjeunant ensemble aussi à l'occasion, mais leur entente ne dépassait jamais les portes du Ministère. Ce qui se passe au travail, reste au travail.
En fin de journée, lorsqu'elle passa la porte de l'auberge et qu'elle sentit une bonne odeur de viande marinée remonter à ses narines ; Georgia avait cuisiné, toute la pression accumulée dans la journée retomba instantanément. Et puis soudain, lui revint à l'esprit ce que Drago lui avait dit la veille, que Scorpius serait là à son retour. Elle n'eut qu'à tourner la tête à quatre-vingt dix degrés sur la droite pour le voir installé dans le rocking-chair fétiche de son père, se balançant doucement, ses petits pieds ballottant dans le vide. Il avait les yeux fixés sur le plafond et remuait d'avant en arrière au rythme des balancements du fauteuil. Il dandinait aussi ses pieds, visiblement en se parlant à lui-même. Il s'arrêta net quand il entendit du bruit dans l'entrée et sa réaction ne se fit pas attendre.
« Oh ! Hermione ! »
Il descendit d'un bond du rocking-chair pour venir s'accrocher aux jambes d'Hermione et se serrer fort contre elle.
« Bonjour toi ! Comment ça va depuis ce matin ? » demanda-t-elle en s'accroupissant à sa hauteur, glissant ses doigts dans ses cheveux blonds et déposant un bisou sur son front.
« Ça va ! Avec Georgia on a donné les graines aux hiboux tout à l'heure. »
« Wahou, c'est chouette ça ! T'aimes bien les hiboux ? »
Il hocha vivement la tête.
« Oui ! On en a un à la maison, un gros, avec des yeux oranges ! Il s'appelle Willow. »
« C'est vrai ? »
« Oui, c'est le hibou que papa avait quand il allait à Pouldard. Il l'a toujours. »
« Je me rappelle de son hibou c'est vrai, c'était un hibou grand-duc il me semble. »
« Et toi tu avais un hibou ? »
« Non, j'utilisais ceux de l'école. Par contre j'avais un chat et il me semble que tu aimes bien les chats non ? »
Il hocha de nouveau vivement la tête avec un grand sourire.
« J'adore ! Il était comme Sweety ? »
« Pas vraiment non. Il était très poilu et roux, et il avait le museau un peu écrasé … »
Dit comme ça, ça ne faisait pas vraiment rêver et Scorpius devait s'imaginer ce chat d'une manière pas très élégante. Pourtant elle, elle avait beaucoup d'amour pour ce chat à l'époque.
« Et il s'appelait comment ? »
« Pattenrond ! »
« Pattenrond ? C'est rigolo. Tu l'as encore ? »
« Malheureusement non. Il est mort y'a quelques années déjà. »
« Et il te manque pas trop ? »
« Un peu parfois si, mais maintenant que je suis pas souvent chez moi, j'aurais pas le temps de m'en occuper. Alors je profite de Sweety ici. »
« Tu peux ! Il est gentil, je te le prête. »
« C'est gentil ça ! »
Elle se redressa après avoir discipliné les cheveux de Scorpius, dont quelques mèches blondes tentaient de s'éclipser de la fixation en arrière. Elle trottina jusqu'à Georgia qui venait de faire son apparition dans le salon pour aller lui dire bonjour et lui demander comment s'était passée sa journée.
« Ah mais Scorpius ! Tu étais chez tes grands-parents aujourd'hui non ? »
« Oui ! » répondit le petit garçon qui était retourné se percher sur le rocking-chair. « Je suis allé à la mer avec grand-père, et grand-mère m'a fait du pudding pour le goûter. C'est trop bon le pudding ! Et après, papa m'a ramené chez Georgia et je crois qu'il est reparti chez grand-père Lulu et grand-mère Cissy. J'ai bu du jus de citrouille aussi ! Mais pas trop, papa il veut pas. »
Hermione ne put se retenir de pouffer de rire en l'entendant appeler Lucius et Narcissa, Lulu et Cissy. Elle avait vu dans les souvenirs de Drago que c'était lui qui appelait ses parents ainsi pour se moquer d'eux, au grand désespoir d'Astoria. Mais Scorpius étant une éponge à expression, comme tous les enfants de son âge, il avait suffi qu'il entende une fois son père utiliser ces surnoms pour qu'il le fasse aussi.
« Il revient te chercher papa ? » demanda Hermione tout en se dirigeant vers les escaliers.
« Oui ! Il revient vite il a dit. » répondit Scorpius en lui emboitant le pas, commençant même à monter les escaliers. « Je monte avec toi Hermione, on y va ! »
« C'est parti ! »
Ils grimpèrent ensemble jusqu'à l'étage, dans le couloir où se trouvait la chambre qu'occupait Hermione et puis finalement dans la chambre en question.
« Tu dors ici alors ? » demanda Scorpius tout en se hissant sur le lit, allant s'assoir sur les oreillers.
« Ici-même. »
« T'as un grand lit ! Comme celui de papa à la maison, on peut dormir à deux dedans. »
« Et tu dors avec papa parfois ? »
« Parfois oui, quand je fais des cauchemars ou quand il y a de l'orage. J'aime pas l'orage moi, ça fait trop de bruit ! »
Alors qu'il secouait sa tête en grimaçant, Hermione s'imaginait, attendrie, une scène entre Scorpius et son père, le petit garçon entrant à pas de velours dans la chambre de Drago, apeuré par l'orage et tirant sur le bras de son paternel pour le réveiller. Le paternel en question le prendrait avec lui dans le lit qui fut autrefois lit conjugal, le coucherait contre lui, et l'endormirait avec des caresses et une berceuse. Typiquement le genre de scène qui la faisait craquer.
« Je vais te dire un secret … », elle vint se poser sur le lit, « Moi non plus j'aime pas l'orage. Ça me fait peur. »
« Mais t'es une grande personne toi Hermione ! »
« Les grandes personnes ont peur aussi, c'est humain. »
« T'as peur de quoi toi ? »
« De l'orage. J'ai peur de me baigner quand je vois pas ce qu'il y a au fond, et j'ai aussi peur de perdre les gens que j'aime. »
« Mais si les gens que tu aimes, ils t'aiment aussi, tu les perdras pas Hermione ! »
Hermione sourit bêtement. La vérité sort de la bouche des enfants, non ?
« Tu as entièrement raison. » conclut-elle en allant déposer ses affaires de travail sur la table qu'elle s'était improvisée comme bureau.
Elle enleva sa veste pour être plus à l'aise, retira ses chaussures à talons pour enfiler ses belles pantoufles que Drago trouvait pourtant si moches, mais qui étaient si confortables après une journée de travail à s'esquinter les pieds dans des escarpins. Elle retira l'élastique qui retenait ses cheveux en queue de cheval pour laisser retomber ses boucles brunes en cascade sur ses épaules. Elle alla jusqu'à la salle de bains se passer un peu d'eau fraiche sur le visage pour revigorer sa peau, et rejoignit Scorpius dans la chambre. Scorpius qui était collé à la fenêtre de la chambre, cette fenêtre donnant principalement sur la cour et, si on regardait un peu plus loin, sur un grand champ peuplé parfois de vaches ou de chevaux. Là, il avait le nez aplati contre la vitre, la bouche ouverte, y faisant de la buée à chaque respiration.
« T'as vu Hermione ! Les chevals ! »
« On dit les chevaux. » le reprit-elle gentiment avant de venir à côté de lui, s'accroupissant à sa hauteur.
« Oui les chevaux. Ils sont beaux pas vrai ? »
« Très beaux ! Ça te dirait qu'on aille les voir après ? »
« Je sais pas si papa voudra … » hésita-t-il timidement, fixant Hermione de ses pupilles bleues.
« On lui demandera quand il revient, ça marche ? » proposa Hermione en lui tendant sa main.
« Ça marche ! » approuva-t-il cette fois-ci avec des yeux rieurs, en lui tapant dans la main.
Gardant la petite main de Scorpius dans la sienne, ils descendirent ensemble au salon. Salon dans lequel se tenait Malefoy père, adossé au comptoir en train de lire La Gazette du Sorcier. Il portait un jean brut associé à un tee-shirt blanc cassé, rehaussé par un fin gilet noir, aussi noir que les boots semi-montantes qu'il portait aux pieds. Si à Poudlard il avait un style vestimentaire strict et dépourvu de toute fantaisie, il avait maintenant un sens du style assez certain et affirmé. Il releva les yeux au dessus de son journal en entendant son fils l'appeler, journal qu'il reposa dans l'instant pour le prendre dans ses bras et le câliner. Il l'avait pourtant quitté il y a un peu plus d'une heure, mais ça paraissait long pour un père.
« Grand-mère m'a donné ça pour toi … »
Il sortit de sa poche un tout petit vif d'or, qui allait parfaitement s'assortir avec les petits joueurs de Quidditch de Scorpius.
« Trop bien papa ! Il ira bien avec mes petits personnages ! »
Il enroula ses bras autour du cou de son père et le serra très fort, un câlin en guise de remerciement.
« Salut Granger ! » lança-t-il, daignant enfin se rendre compte de sa présence. « Pas trop compliqué le retour au travail ? »
« Un peu. Mais mon assistante a fait du très bon travail pendant mon absence. »
« Madame a une assistante ! Excusez-moi du peu. »
« Madame a des responsabilités au Ministère alors oui, madame a une assistante sinon elle croulerait sous le travail. Qu'est ce que ça peut te faire ? »
« Absolument rien, ce qui se passe au Ministère me passe à deux mille au dessus de la tête. »
« Papa ? » interrompit Scorpius, sans se soucier qu'il soit en pleine conversation. « Hermione voulait qu'on aille voir les chevaux. On y va ? »
« Non Scorpius on va rentrer. »
« Oh s'il te plait papa ! Un peu ! Pas longtemps ! » supplia-t-il en retroussant sa lèvre inférieure, d'un air un peu pleurnichard.
« Juste un peu avant qu'il fasse nuit. Tu as même le droit de venir si tu as peur de ce que je pourrais faire avec ton fils … » plaisanta la brune en face d'eux.
« J'ai compris, tout le monde se ligue contre moi quoi ! »
« Complètement ! », elle tendit ses bras vers Scorpius qui n'hésita pas une seconde avant de changer de perchoir pour venir dans les bras d'Hermione.
Tous les deux regardaient le blond de leur air le plus convaincant. Scorpius avait sorti le sourire malin qui fait craquer, et Hermione papillonnait des cils d'un air suppliant.
« Raah allez oui. Mais pas longtemps ! »
« Yes ! » crièrent Hermione et Scorpius ensemble, se tapant dans la main d'un air victorieux.
Désespéré de cette complicité qui naissait entre Hermione et son fils, Drago n'eut donc pas d'autre choix que de les accompagner jusqu'au grand champ derrière l'auberge, peuplé de chevaux sauvages dont certains se laissaient très facilement approcher. Si les enfants de son âge auraient eu peur de se retrouver en face de bêtes de ce genre, ce n'était pas vraiment le cas de Scorpius. Toujours logé dans les bras d'Hermione, il n'hésitait pas à caresser le museau de l'animal de sa petite main, petite mais assurée. Drago restait en retrait, essayant tant bien que mal de passer outre cette petite voix dans sa tête qui lui disait de reprendre son fils. Non, il avait l'air bien avec Hermione, il fallait qu'il le laisse. Voir son fils heureux, c'était tout ce qu'il souhaitait. Et là il le regardait sourire, l'entendait rire, le voyait prendre une plaisir fou à caresser les chevaux, alors il ne pouvait pas lui enlever ça.
Hermione tourna la tête vers Drago.
« Y'a un poney là bas, à peine plus grand que Scorpius. Tu le laisserais monter dessus ?
Réticent, le blond grimaça.
« Je suis pas trop chaud … »
« Fais moi confiance j'ai fait de l'équitation quand j'étais petite. » s'amusa-t-elle, ne le faisant visiblement pas rire.
« De l'équita…quoi ? »
« Moldu. C'est un sport qui consiste à monter à cheval, aller au galop, sauter des obstacles … Oui je sais, t'en as rien à faire. Mais toujours est-il que je maitrise le sujet. »
Il fut rapidement convaincu quand il vit Scorpius se mettre à courir vers le-dit poney, se collant à lui en lui caressant la crinière.
« Bon ok. Mais tu fais attention à lui, tu me le casses pas, c'est le seul que j'ai ! »
« Je te le promets. Fais moi confiance. »
Ils s'approchèrent tous les deux de Scorpius qui tendait déjà les bras pour être aidé à monter sur le poney. Il s'accrocha fermement à la crinière du poney, auquel Hermione assena un petit coup sur le flanc pour qu'il se mette à avancer doucement. Une main dans le dos de Scorpius pour lui montrer qu'elle le soutenait au cas où, elle avançait au rythme du poney, Drago à ses côtés.
« Alors, cette visite mensuelle chez papa et maman ? »
« Comme d'habitude. Ils gâtent Scorpius comme c'est pas permis, et moi je suis impuissant face à ça. »
« C'est normal, c'est leur seul petit fils. Tu peux pas leur en vouloir de vouloir lui faire plaisir. »
« Je les blâme pas pour ça, c'est juste que moi derrière je passe pour un père ingrat. Alors que non, je suis juste, et eux ils sont excessifs. »
« Ton fils est intelligent. Il est pas malheureux avec toi, il a bien compris que ses grands-parents le gâtaient et que toi tu faisais ton boulot de père. »
« M'ouais. Depuis quand t'es spécialiste dans le comportement familial toi ? »
« C'est mon côté psychologue. J'ai vécu pendant huit ans avec un homme qui venait d'une famille de sept enfants et qui s'est toujours sous-estimé. J'ai développé une grande aisance dans la gestion de crise familiale. »
Il laissa échapper un petit rire et enfonça ses mains dans ses poches.
« Tu l'as vu d'ailleurs ? »
« Qui ça ? »
« Le pape ! Mais Ron évidemment. Vraiment, t'es pas si futée que t'en as l'air parfois. »
« C'est très drôle. Alors pour te répondre non, je l'ai pas vu, il était en mission aujourd'hui. »
Il pouffa de rire et prit une attitude de super-héros, le poing en l'air.
« Super Weasley prêt à sauver le monde ! J'aimerais tellement le voir à l'oeuvre, ça doit être hilarant. »
« Figure toi que c'est un très bon auror ! Parfois il est maladroit mais il s'en sort à merveille. »
« Oui bien sûr, ça c'est toi qui le dit. Tu parles avec ta vision d'ex fiancée, t'es influencée. »
« Pas du tout ! Je ressens plus rien pour lui ! » s'offusqua-t-elle, en le fusillant du regard.
« Ça aussi c'est toi qui le dit. »
« Arrête ! Je te jure, tu m'agaces Drago. »
« Ok ok ça va. J'arrête. Et t'angoisse pas trop à l'idée de le revoir ? »
« Je l'ai revu depuis le mariage, tout est clair entre nous maintenant. Il n'y a pas d'angoisse à avoir, ni d'ambiguïté à ressentir. »
« On verra ça demain ! »
« On ? Tu veux un compte rendu détaillé demain peut-être ? »
« Et pourquoi pas ? Ça sera toujours plus intéressant que les histoires de Quidditch de Scorpius qui sont toutes les mêmes depuis qu'il est en âge de parler. »
Il se pencha pour s'assurer qu'il ne l'avait pas entendu, et se redressa, regardant sa voisine.
« Je vois pas en quoi ça t'avancera de savoir ça mais soit, si tu veux. »
« Je suis une vraie commère, c'est tout … » conclut-il avec ses lèvres étirées en un sourire plutôt malsain.
LONDRES.
Décembre.
Le froid et un semblant d'hiver étaient déjà bien installés et tout le monde avait ressorti les écharpes, les bonnets, les gros manteaux et les chaussettes douillettes. Au fil des semaines, Hermione et Drago avaient pris l'habitude de se raconter leurs journées respectives quand il venait à l'auberge avec son fils. Elle lui parlait de son travail, il faisait semblant de s'y intéresser, elle lui parlait d'Harry, là aussi il faisait semblant de s'y intéresser, et quand elle parlait de Ron, là il semblait un peu plus attentif. En fait, il attendait à chaque fois le moment opportun pour se moquer. Mais il faisait ça avec du tact, c'était drôle mais jamais très méchant. Il la faisait même rire. Et puis lui il parlait de ses journées avec Scorpius, de comment il avançait sans Astoria, de ses parents. Et elle, elle ne faisait pas semblant de s'y intéresser, au contraire. Elle aimait beaucoup l'écouter et voir qu'il s'ouvrait à elle petit à petit.
À une semaine du mariage de Ginny et Harry, Hermione commençait à avoir une boule qui s'installait dans son estomac. Etait-ce le fait de se rendre à un mariage, sachant que le dernier auquel elle avait été c'était le sien, qu'elle avait quitté ? Etait-ce le fait de se retrouver entourée de gens qu'elle avait un peu délaissé ? Et puis aujourd'hui, quelque chose allait accentuer cette boule dans son ventre.
Journée finie au Ministère, Hermione prit le temps de ranger son bureau au millimètre près, comme elle le faisait tous les vendredis pour passer un week-end serein. Bureau bien rangé, esprit tranquillisé paraît-il. Ce n'est qu'après avoir dit au revoir à Maddie, qui ne lui répondit que d'une faible voix à laquelle elle n'était pas habituée, qu'elle quitta le Ministère. Elle était à peine sortie qu'elle entendit une voix plus que familière.
« Hermione ! »
Elle se tourna vers la provenance de la voix ; Ron. Il trottinait rapidement vers elle et lui sourit une fois à sa hauteur.
« Il fallait que je te parle. On va boire un café ? »
Elle hésita un petit peu. Malgré tout, elle était toujours un peu mal à l'aise en sa présence.
« Si tu veux, mais rapidement. »
Il approuva d'un signe de tête et ils allèrent s'installer au chaud dans un café de la rue avoisinante. Installés l'un en face de l'autre, Hermione commanda un thé et Ron un café, avant de respectivement enlever les couches de vêtements inutiles ; bonnets, écharpes et manteaux.
Ron brisa le silence le premier.
« Tu as passé une bonne journée ? »
« Compliquée. C'est de votre faute, vous me ramenez toujours des affaires de plus en plus longues à traiter ! » ria-t-elle.
« Excuse-nous de faire notre travail ! Sans nous, tu travaillerai pas ma grande. »
« Je plaisante. Tu sais que plus j'ai du travail, plus je m'épanouis. »
« Bien sûr, je te connais. »
Elle sourit simplement. Elle remercia le serveur du café pour leurs consommations et laissa d'elle-même de l'argent sur la table pour payer, repoussant la main de Ron qui cherchait lui aussi à régler la note.
« Tu voulais me parler ? »
« Oui … Et … Hum … C'est un peu délicat. »
Elle le connaissait par coeur. Quand Ron était stressé et nerveux, il se passait la main dans la nuque et clignait rapidement des yeux. Là, à l'instant T, les deux symptômes étaient réunis et flagrants. Ça ne lui disait rien qui vaille. La boule à l'estomac venait de grossir un petit peu plus.
« Tu sais que tu peux tout me dire. » le rassura-t-elle.
« Je sais, mais certaines choses sont plus dures que d'autres à dire. »
« Ron, qui mieux que moi pourrais te comprendre franchement ? À part Harry. Et ta mère peut-être. »
« Ok ok je vais te le dire. »
Il se grattait nerveusement la nuque et n'osait pas la regarder en face.
« Voilà. Je … Je vois quelqu'un et je viendrai avec elle au mariage d'Harry et Ginny. »
Tadam ! Le clou du spectacle est signé Ronald Weasley.
Sinon je tenais juste à apporter une petite précision. Les vols sur balai d'Hermione derrière Drago - le premier quelques chapitres en arrière et celui-là - je les ai imaginé exactement comme dans Cinquante nuances de Grey (notez là ma grande culture cinématographique) quand Anna vole en hélicoptère avec Christian. Sur Love me like you do d'Ellie Goulding (d'où le titre du chapitre) Voilà, c'était juste une précision. Et si l'envie vous prendre de relire les passages en écoutant la chanson, vous aurez peut-être le même ressenti que moi. Un énorme sentiment de liberté, en gros.
Bisous à tous et bon réveillon ! prenez soin de vous, on se retrouve en 2017.
