Bonjour à tous !

Déjà, merci pour les review, ça m'incite à me démener pour vous satisfaire toujours plus. J'espère que vous profiterez de ce nouveau chapitre !

Bref, bonne lecture à tous !

Disclaimer : Harry Potter est à J.K. Rowling. Audrey est à moi.


Chapitre 9 : Responsabilités et privilèges

Alors que la nouvelle de l'incident qui avait eu lieu durant le cours de Soin aux créatures magiques s'était répandue dans tout le château et que les Serpentard injuriaient Hagrid à chaque fois qu'il était assez éloigné d'eux, Harry cherchait un moyen pour aider son professeur et néanmoins ami.

Le mercredi matin, Harry prit son déjeuner en compagnie de ses amis, mais il ne parvint pas à avaler grand-chose. Les yeux dans le vague, il trempait négligemment un morceau de toast dans son café qui refroidissait lentement. Son estomac était noué, parce qu'il devait aller à une réunion ou le cas de son ami Hagrid serait inévitablement discuté. Dumbledore était attablé à la grande table, entretenant une conversation avec Flitwick, mais il adressa un regard bienveillant à Harry, ses yeux bleus pétillant derrière ses lunettes en demi-lune.

Après son repas frugal, soit environ une bonne heure avant la réunion tant redoutée, Harry laissa ses amis assister seuls à l'insipide cours de Binns, qui ne s'apercevrait même pas de son absence. Le fantôme étant un professeur sans aucun charisme, dont les cours inlassablement recyclés d'une année à l'autre étaient, sans jeu de mots scabreux, morts.

Le brun salua distraitement ses deux amis de la main, avant de monter jusqu'au second étage, cherchant la statue de la gargouille qui indiquait l'entrée du bureau de Dumbledore. Ce n'est qu'après avoir du chatouiller deux portes et prendre un escalier farceur, qu'il arriva devant la statue si convoitée. Face à l'imposant griffon qui scrutait silencieusement les gens passant dans le couloir, Harry donna comme mot de passe le nom de la friandise inscrite dans la lettre.

La gargouille parlante le salua, juste avant que la grande statue ailée ne s'écarte, révélant l'escalier à vis qui menait dans le bureau du directeur. Harry frappa sur la lourde porte, avant d'entrer dans la grande pièce qui n'avait pas changé depuis sa visite en juin. Fumseck gazouillait toujours sur son perchoir doré, alors que Albus Dumbledore était plongé dans la contemplation d'un petit instrument d'argent qui émettait un cliquetis régulier.

Les bibliothèques étaient toujours chargées de livres, dont les titres s'effaçaient parfois sous l'usure du temps, mais Harry nota un changement qui le fit sourire. Une des belles armoires de frêne renfermait désormais l'épée de Gryffondor, qui avait été nettoyée et qui brillait paisiblement, rutilante.

Le vieil homme vêtu d'une longue robe violette aux motifs étoilés sourit en apercevant le jeune brun, sempiternellement gardé par sa vigilante suivante aux yeux dorés.

- Ah, Harry, mon garçon. Je voulais te voir au sujet de notre réunion. Mais d'abord, assieds toi et dis moi comment se sont passés tes premiers jours de cours.

Harry s'assit dans le fauteuil, répondant poliment au vénérable directeur qui caressait distraitement sa longue barbe blanche.

- Harry, reprit Dumbledore en entrant dans le vif du sujet, tu sais que le conseil d'administration se réunit chaque samedi, sauf en cas de réunion exceptionnelle. Ce que je te propose, c'est de te faire une dérogation valable à chaque fois que tu devras t'absenter de cours, pour que tu sois excusé de ton absence.

Harry décida de faire confiance au vieil homme. La plupart des réunions auraient lieu le week-end, durant lesquelles il exercerait ses responsabilités de façon pleine et entière.

- Bien, dit Dumbledore en se levant du lourd siège doré qu'il occupait. Maintenant que ce problème est réglé, allons nous frotter aux autres membres du conseil d'administration, ajouta t-il avec amusement. Si tu veux bien prendre ma main, dit-il en la tendant à Harry qui agrippait également le bras de Audrey.

Fumseck poussa une trille joyeuse avant d'atterrir sur l'épaule de Dumbledore et de les transporter dans un éclat de flammes, les emmenant immédiatement dans une autre pièce du vaste château.

Les trois sorciers réapparurent dans un éclat de flammes dorées, sortant d'une cheminée située dans une petite antichambre couverte de riches tableaux. La pièce, située dans une aile éloignée du reste du château, était éclairée par de nombreuses bougies accrochées à de vieux candélabres de bronze. Dumbledore franchit la porte en souriant à Harry, comme pour l'encourager. La salle de réunion était spacieuse, bien que de taille plus modeste que la Grande Salle et Harry ne l'avait encore jamais vue, puisqu'il n'y avait jamais mis les pieds. De larges vitres laissaient passer la lumière du soleil, laissant apercevoir le lac à l'horizon, tandis qu'un lustre éclairait la grande table ou plusieurs sorciers étaient attablés avec des documents dans leurs mains.

- Bonjour, Mesdames et Messieurs, salua le professeur Dumbledore en voyant les têtes se relever vers lui. Permettez moi de vous présenter Mr Harry Potter, qui participera à cette réunion en tant que Lord Serpentard.

Tous les conseillers qui connaissaient la charte d'éducation de Poudlard regardèrent la légendaire cicatrice à peine masquée par une touffe de cheveux bruns, avant de s'intéresser à la main droite du jeune garçon qui arborait une belle chevalière ornée d'une émeraude. Ils ne pouvaient aucunement contester cette nouvelle arrivée au conseil.

- Lord Serpentard, asseyez vous, le convia Dumbledore en lui montrant une chaise vide.

Le président du conseil ouvrit la séance, tandis qu'un greffier prenait note. Harry avait également une plume en main, prêt à noter les points importants. Il ne notait que les idées essentielles et les arguments, résumant les discours de la séance de façon très synthétique, percevant l'idée derrière chaque mot, sans se faire berner par des tournures de phrase alléchantes.

Le point le plus important du jour était celui concernant l'accident survenu pendans le cours de Hagrid. Lorsque le président annonça qu'on traiterait de ce sujet, le brun se concentra davantage.

- Honorables membres du conseil, commença l'un des plus arrogants, je voudrais commencer par insister sur le fait que Hagrid est inexpérimenté avec les animaux et qu'il n'a aucunement les compétences pour exercer …

- Le professeur Hagrid, coupa glacialement Harry, est loin d'être quelqu'un d'inexpérimenté. Il exerce ses fonctions de garde-chasse depuis 1943 et connaît parfaitement de nombreuses espèces magiques. Je peux vous assurer que je connais cet homme depuis plusieurs années et il est une personne parfaitement capable. Il place la sécurité de ses élèves avant tout et est animé d'une intense bienveillance. Il est un excellent pédagogue, tout en faisant preuve d'une générosité incroyable. Il donne son savoir sans en attendre d'autre récompense que le sourire des gens et la réussite de ses élèves.

- Milord, reprit le premier, le fait est établi que ce professeur ne dispose pas de diplômes reconnus par l'institution.

Dumbledore se racla la gorge et se redressa immédiatement, fusillant du regard l'un des vieillards qui avait pris la parole.

- Nous avons déjà discuté de ce point, trancha le directeur en rappelant l'erreur commise par le Ministère, il y a près d'un demi-siècle.

A ce moment, Dumbledore n'avait plus du tout l'air d'un papy bienveillant avec un coté enfantin et rieur. Ses yeux n'avaient plus aucune chaleur et sa présence semblait écrasante, tout comme sa voix claire et son aura qui irradiait dans la pièce. Les autres conseillers se recroquevillaient dans leurs sièges, frappés par cette présence. Le jeune homme comprit alors pourquoi l'on considérait Dumbledore comme le plus grand sorcier du siècle, le seul que Voldemort ait jamais craint.

- J'ai assisté aux événements, déclara Harry. Le professeur Hagrid a fait cours en respectant toutes les exigences de sécurité prescrites par la charte de l'établissement et les décrets du Ministère sur les créatures jugées dangereuses. Je vous rappelle que cet animal est considéré comme " ne posant pas de problème à un sorcier compétent " ce qui est le cas du professeur Hagrid. Il a fait preuve de professionnalisme et d'abnégation en calmant l'hippogriffe en question, tout en protégeant Mr Malefoy après qu'il ait été blessé.

- Admettez qu'il a vu trop grand pour son premier cours, répondit une petite femme. Il aurait du commencer par les Véracrasses.

Dumbledore contesta. Si un professeur veut être respecté, il se doit d'intéresser ses élèves et de s'imposer dès le premier cours pour marquer le coup. Il fixa les autres et les prit à partie.

- Dites moi, honorables membres du conseil, demanda t-il avec froideur, tandis que ses yeux ne pétillaient plus du tout, ça fait combien de temps que vous n'avez pas mis les pieds dans une salle de classe ?

Les vieillards baissèrent la tête, parfois honteux. Certains d'entre eux, pour ne pas dire la plupart, n'étaient là que grâce à de l'influence et de l'argent.

- L'hippogriffe en question n'est pas un animal très dangereux, ajouta Harry. Je suis même monté dessus et il est très doux. Il ne se met en colère que si vous l'insultez. Vous ne pouvez retenir ce point contre le professeur Hagrid, car ce caractère est inhérent à la nature de l'hippogriffe. Vous ne pouvez reprocher ça au professeur Hagrid qui nous a mis en garde, il y a même des dizaines de témoins. Vous-même, demanda t-il à sa voisine en la prenant à témoin, auriez vous l'idée d'insulter un hippogriffe, face à l'animal en question ?

- Bien sûr que non ! s'exclama la femme aux cheveux blonds qui grisonnaient. Il faudrait être totalement stupide pour faire cela !

- Mr Drago Malefoy l'a pourtant fait, dit Harry. Il l'a fait en toute connaissance de cause, sachant volontairement qu'il risquait d'être blessé.

Dumbledore suggéra alors de dégager totalement Hagrid de toute responsabilité dans ce malencontreux accident. La réclamation de Lucius Malefoy serait également classée sans suite.

Les membres du conseil d'administration se mirent à voter, mais ils finirent par plier et à se ranger derrière l'avis du directeur et de Harry.

La réunion se termina plus tard, alors que le soleil déclinait lentement derrière les montagnes. Harry quitta la pièce en serrant quelques mains et en adressant quelques salutations.

- Tu t'es très bien débrouillé, le félicita Dumbledore. Je vais te ramener devant ta salle commune, ajouta t-il avant de le saluer, alors qu'ils se reverraient bientôt au cours du dîner.

Le soir même, autour de plats copieux, Harry racontait sa réunion au conseil d'administration et se souvenait avec délectation de la tête qu'on fait les vieillards qui y siégeaient. Au moins, Hagrid n'aurait pas d'ennuis pour le moment, sauf si Lucius Malefoy faisait appel au Ministère.

Ron pouffait légèrement de rire à entendre l'histoire. Harry ne ferait jamais les choses de façon normale, il y avait toujours cette sorte de malédiction qui le suivait, un phénomène qui attirait l'incroyable. Bref, Harry était un aimant à aventures et à problèmes. Un compagnon idéal pour celui qui voulait d'une vie exaltante, pleine de surprises inattendues.

Ce n'est que le lendemain matin que Drago Malefoy finit par revenir, pendant le cours de potions que les Gryffondor avaient en commun avec les Serpentard.

Il avait le bras dans une écharpe et son visage affichait une grimace de douleur. Pansy Parkinson, une fille avec un visage de pékinois écrasé contre un mur, le regardait avec vénération.

- Est-ce que ça te fait mal, Drago ? demandait t-elle en minaudant.

Le blond lui répondit que oui, tout en affichant l'air d'un vétéran de guerre qui supporte sa blessure avec grand courage. Il n'avait rien du tout, pensait Harry, puisque l'infirmière parvenait à soigner de graves lésions. Il simulait la douleur pour attirer le plus d'ennuis à Hagrid, c'était évident, mais que pouvait-on attendre d'autre d'un petit con comme lui ?

Le professeur Rogue arriva rapidement devant la porte de la classe, son pas raide claquant sur le sol de pierre nu qui composait le long couloir des cachots. Son regard noir se posait sur l'ensemble des élèves présents, tandis que sa cape flottante lui donnait l'air d'une chauve souris géante, prête à fondre sur les élèves tremblants.

Les jeunes étudiants entrèrent dans la salle, sans le moindre bruit, le silence était seulement coupé par le souffle du vent dans les couloirs déserts. Rogue était l'un de ces professeurs qui savait maintenir l'ordre par sa seule présence, sans avoir à prononcer un seul mot.

- Aujourd'hui, nous allons aborder la fabrication de la potion de Ratatinage, dit-il d'un ton doucereux, entrant dans le vif du sujet sans même s'encombrer d'un « Bonjour ». Les instructions sont au tableau et vu la simplicité de cette potion, vous agirez en autodidactes.

Harry s'était placé en compagnie de Ron, vers l'arrière de la salle, tandis que sa garde du corps restait en retrait, figée avec une immobilité glaçante, tout en étant prête à agir au moindre souci.

Rogue passa dans les rangs, avant de fixer Harry avec le même regard dégoûté que d'habitude.

- Ah oui, dit-il avec dédain, Mr Potter. J'ai été informé de votre garde du corps et je suis donc forcé de la tolérer dans ma classe. Il semblerait que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour vous distinguer de vos condisciples. Votre tête enflée est à vomir et ...

- Monsieur, coupa Harry en ayant un grand sourire de satisfaction aux lèvres, je pensais que le professeur McGonagall vous avait informé de la façon dont vous devez vous adresser à moi. Donc, je vous demande …

Alors que Rogue devenait livide, Harry fit semblant de réfléchir et sourit davantage.

- Non, je devrais plutôt dire que je vous ordonne de m'appeler par mon titre de noblesse, déclara Harry qui jouissait de la fureur qui s'affichait sur le visage de Rogue.

A ces mots, toute la classe fixa Harry avec incrédulité ou alors, avec intérêt. Ainsi, Potter avait obtenu un titre de noblesse, autre que son nom. Cette nouvelle intéressait beaucoup des héritiers des grandes familles de Sang-Pur. Tous étaient très intéressés de savoir avec laquelle des nobles et anciennes Maisons ils allaient devoir composer, rendant le jeu politique soudainement bien plus intéressant.

Dans un geste typiquement digne de Malefoy, plein de grâce et d'arrogance savamment combiné, Harry tendit son bras vers Rogue et lui montra la chevalière qu'il arborait à la main droite.

Rogue fixa la bague durant quelques secondes avant de devenir livide, ayant face à lui une preuve indiscutable. Les rares élèves situés à proximité, tout en étant également dotés de bons yeux pour percer la pénombre de la salle de classe, n'avaient eu aucune difficulté à reconnaître l'emblème qui flottait sur un quart du château.

Rogue déglutit, comme si le fait de présenter des excuses au fils de son pire ennemi allait lui arracher la gorge.

- Veuillez accepter mes excuses, Lord Serpentard.

Il y eut un instant de flottement dans la classe, avant qu'un vacarme n'éclate avec force. De multiples cris de stupéfaction et d'incrédulité se mêlaient aux gémissements désespérés de Drago, qui ne cessait de murmurer des « Pourquoi lui ? ».

Une détonation provoquée par la baguette du professeur furieux mit fin au vacarme, alors que tous restaient incrédules devant la nouvelle. Si certains Gryffondor le fixaient avec suspicion, les vert et argent étaient écœurés.

Rogue resta livide, avant de se détourner en faisant tournoyer sa cape. Il préféra se concentrer sur Neville Longdubat qui tremblait en tentant de faire sa potion. Terrorisé par la forme sombre du professeur derrière lui, il ne cessait de faire des erreurs. Le liquide bouillonnant et émettant des vapeurs argentées, qui aurait du être d'une teinte bleutée était devenu …

- Orange ! Longdubat, est-ce que vous avez perdu vos derniers neurones en lisant les instructions ? vociféra Rogue en postillonnant.

D'un coup de baguette magique, il fit disparaître le contenu orangé.

- Très bien, ajouta Rogue alors que l'élève timide se recroquevillait, vous allez recommencer. En fin de cours, nous testerons votre potion sur votre crapaud, dit-il avec malveillance. Peut être que ça vous incitera à la réussir. Mrs Granger, je vous interdit de l'aider, ajouta t-il en croisant le regard de la fille aux cheveux touffus.

A la fin du cours, qui se passa plutôt bien pour Harry qui n'avait pas la désagréable présence de Rogue dans son dos, le brun eut la classique mais pénible sensation d'être fusillé par bon nombre de regards. Il s'esquiva précipitamment en compagnie de ses amis, qui restaient avec lui.

- J'ignorais que tu avais revendiqué cette seigneurie, dit Ron, mais je t'en félicite. La tête que faisait le bâtard graisseux est inoubliable !

- Retenue Mr Weasley et dix points en moins pour Gryffondor, fit Rogue avec un sourire mauvais, alors qu'il apparaissait dans l'entrebâillement de la porte.

Rogue avait quitté la salle souterraine, absolument furieux et les rares élèves dans le couloir s'écartaient précipitamment de son chemin. L'éclat meurtrier dans les yeux onyx de l'homme indiquait qu'il était fort contrarié, tandis qu'il quittait les souterrains. Les étudiants présents regardaient discrètement la magnifique bague que Harry portait à sa main droite, tout en chuchotant entre eux.

- C'est pas grave pour la retenue, dit Seamus à Ron, pour le réconforter. En tout cas, bravo Harry ! Rien qu'à voir Rogue s'excuser, c'était magnifique !