Titre : A qui la faute ?
Autatrice : lasurvolte (de pseudo) ou mari (mais vous pouvez m'appelez aussi Plectrude si ça vous dit ^^)
Disclaimer : Supernatural appartient à ses créateurs.
Pairing : Destiel
Dean drague sur internet. Sam lui a montré les tchats, lui a dit de faire attention, que sur le net on pouvait tomber sur n'importe qui. Dean parle à une fille superbe et a déjà oublié les conseils de son petit frère.
Il évite de sortir, parce qu'aller dans un bar serait trop dangereux même s'il n'y va que pour séduire quelqu'un, il risquerait d'être tenté, il ne valait mieux pas tenter.
Mais Internet c'est pas mal, Dean s'amuse à écrire des conversations super chaudes avec trois personnes différentes tout en buvant du jus d'orange et mangeant de la tarte. En même temps il continue de chercher un travail. Il est multi-fonction.
Ce samedi là il est en pleine conversation super super chaude avec un type des plus sexy – sur sa photo en tout cas – quand Cas arrive. Dean ferme son ordi comme pris en faute. Cas penche la tête sur le côté et plisse des yeux. Dean devine qu'il ne comprend pas ce qu'il se passe. Il se racle la gorge, se lève, frotte ses paumes moites sur son pantalon.
- Bon allons regarder la télé, dit-il.
Cas hoche la tête. Dean est dans un grand état de nervosité, la frustration n'aidant pas. Il se tient le plus loin possible de Cas, juste le temps de se calmer. Mais du coup Castiel est inquiet, il s'approche de lui, oublie l'espace personnel, il pose sa main sur le bras de Dean qui sursaute :
- Tu te sens bien Dean ?
- Ouais ouais…
Sa voix est drôlement aigue, il se dit que c'était une mauvaise idée d'avoir un tchat comme celui-là juste avant que Cas vienne. Et Cas ne comprends rien, il pose sa main sur son front, il est tendre, il... Dean le pousse :
- Cas arrête, je me sens bien okay ? Je me sens parfaitement bien. Regardons juste la suite.
Il allume la télé, inspire, expire. Cas a sa moue vexé, il croise les bras, se tient loin de Dean. Dean s'en veut un peu, mais il a juste besoin d'espace donc en même temps ça l'arrange. Juste le temps que sa tension baisse.
Au bout de plusieurs minutes il commence déjà à être plus calme, il s'immerge dans la série. Il redevient naturel avec Cas, appuie son doigt sur sa joue pour le dérider et qu'il arrête de bouder. Cas accepte de lui sourire, puis ils regardent la télé.
Ils finissent par en avoir marre au bout d'un moment et vont se dégourdir les jambes à l'extérieur, ils marchent l'un à côté de l'autre en discutant des épisodes, de la série, de la différence entre les générations, des films. De ce qu'ils ont vu. C'est sympa, leurs bras se frôlent, parfois leurs doigts se rencontrent, mais ils n'y font pas vraiment attention. Ils se sourient, se regardent pas mal. Ils finissent par rentrer, mangent quelque chose puis se recasent sur le canapé. Et il y a beaucoup de places autour d'eux. Ils aiment bien cette routine entre eux, ce sont des week-ends sympas, tranquilles et agréables. Cas dort sur le canapé le soir, Dean rejoint son lit. Le lendemain dimanche est à peu près pareil.
Dean a oublié son ordinateur depuis vraiment longtemps.
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Dean passe un entretien comme mécanicien. Il a envie de décrocher ce job plus que les autres, il a vraiment fait un effort, il s'est entraîné devant son miroir, s'est juré de ne pas péter un câble, ni de faire des blagues débiles. Sam et Cas lui ont envoyé leurs soutiens par sms.
Il se pointe à l'heure et est accueilli par un gars un peu bourru, la casquette vissée sur la tête et qui ne fait pas de manière. Il se présente comme étant Robert Singer, mais il dit qu'en général les gens l'appellent Bobby et que ça lui convient très bien. Il lui fait passer l'entretien en même temps qu'il a le nez dans un moteur. Dean ne peut pas s'empêcher de se pencher aussi, et de faire une remarque sur ce qu'il voit. L'entretien se transforme en moment mécanique. Dean et Bobby trafiquent ensemble la voiture. A la fin, Dean est embauché.
Dean fête ça avec Sam, Jess et Cas à coup de jus de pommes. Pour changer. C'est comme si sa vie prenait un tournant, il a un travail avec un patron vachement bourru qui dit ce qu'il à a dire et qui fait pas l'hypocrite, et Dean ça lui plait. Mécano ça lui plait aussi. Il a l'impression d'être en train de remonter une longue pente et il espère ne pas lâcher prise. Sam et Cas sont là pour le retenir, au cas où, et il espère que ce sera suffisant.
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La semaine Dean travaille, le soir Sam vient le voir. Puis avant de se coucher il échange quelques textos avec Cas, ou bien ils s'appellent. Dean a déjà laissé tomber les tchats, finalement ce n'était pas si intéressant que ça. Les jours et les semaines passent. Lui et Cas ont fini de regarder Star Trek, comme ils n'ont pas tout de suite trouvé quoi regarder comme série, ils sont sortis au cinéma ou juste allés se balader. Dean avait peur que Cas en ait marre de passer les week-ends avec lui, mais Cas a continué de venir.
Ils sont parfois tellement proches quand ils se parlent, que Dean sent le souffle chaud de Cas contre son visage, il n'y fait pas attention, ils peuvent se parler à n'importe quelle distance après tout, ce n'est pas mal. Des fois il pose ses doigts sous l'œil de Cas, il avait un cil. Cas peut parfois venir poser sa joue sur épaule alors qu'ils sont devant la télé, Dean le laisse faire, ça ne pose pas de problème s'il veut reposer sa tête. Ils s'amusent aussi, Dean adore taquiner Cas, voir ses mimiques, sa moue boudeuse. Une fois ça finit en bagarre de chatouille. Cas n'est pas du tout chatouilleux et les doigts de Dean ont beau se poser sur son corps, rien ne le déride. En revanche Cas trouve tout de suite les points sensibles et Dean éclate de rire et se tortille pour lui échapper.
- C'est de la triiiiche, rit Dean.
Des fois ils sont juste calmes. Il y a eu ce samedi soir où ils étaient tous les deux allongés sur le lit de Dean à regarder le plafond en se parlant. Ils se sont endormis tous les deux, presque l'un contre l'autre.
Ils vont aussi aux réunions des AA ensemble, Dean parle un peu plus, il est plus à l'aise avec les gens, il s'habitue. Il se rend compte que ce n'est pas si mal.
Sam sait tout ça, Dean lui raconte. Et Sam regarde Dean en souriant en coin, Dean a toujours l'impression qu'il sait quelque chose que lui-même ignore, même s'il ne saisit pas vraiment quoi.
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Le film qu'ils regardaient vient de se terminer. Il est tard. C'est la fin du week-end et demain ils travaillent tous les deux. Dean se lève, Cas aussi. Cas se déshabille pour la nuit, Dean attarde ses yeux sur son dos. Cas le sent, se retourne et le regarde. Dean rougit et tourne la tête.
- Hm… Bon je suis mort, j'y vais. Bonne nuit.
Il fait un pas en arrière, se prend les pieds dans la table basse, Cas le rattrape, le tire en avant, et leurs deux corps s'écrasent l'un contre l'autre. La main de Cas se pose dans le creux de son dos alors que Dean est accroché à ses épaules. Leurs yeux se scrutent, leurs bouchent sont tellement proches qu'ils ont l'impression de respirer l'oxygène de l'autre. Les mains de Dean glissent malgré lui sur les bras nus de Cas. Puis il s'en rend compte et se recule.
- Bonne nuit Cas. Marmonne-t-il.
Et il rejoint sa chambre. Il pose son dos contre le mur à côté de la porte, se rends compte qu'il a arrêté de respirer. Inspire. Expire. Puis ferme les yeux et pense à Cas, à sa proximité, à sa bouche, son dos nu, tous leurs contacts :
- Et puis merde.
Il rouvre les yeux, va pour retourner dans le salon mais Cas a avancé dans le couloir et ils se croisent. Ils se regardent un moment, surpris, sans bouger, sans savoir quoi faire maintenant. Cas finit par avancer vers lui, pose ses mains sur ses épaules et le repousse dans la chambre. Dean ouvre la bouche pour dire quelque chose mais les yeux de Cas se plongent dans les siens et il reste sans rien dire, il ne sait plus parler. L'air s'est bloqué dans sa gorge. Cas repousse doucement sa chemise et lui enlève. Ses doigts glissant en même temps sur la peau de Dean, le faisant frissonner. Dean pose ses mains sur les côtes de Cas et leurs visages sont proches, si proches, et leurs bouches sont entrouvertes et pourtant ils ne font que se regarder, qu'aspirer l'air chaud qui sort de la bouche de l'autre, leurs nez se frôlent presque. Le monde a arrêté de tourner et l'univers entier s'est effacé. Ils ne sont plus que tous les deux, dans un espace mélangé de bleus et de verts.
Dean flippe, il flippe comme c'est pas permis d'avoir peur. Son cerveau lui hurle de s'enfuir mais son corps est comme paralysé. Les mains de Cas se glissent sous son tee-shirt et le remonte, il lui enlève aussi.
C'est comme si Dean ne savait plus respirer, comme s'il n'y avait plus d'air dans la pièce, sauf le souffle de Cas. Et ils bougent leurs bouches et leurs visages sans savoir s'il faut avancer ou reculer, comme s'ils s'embrassaient sans se toucher. Dean finit par prendre une grande inspiration parce qu'il commence à manquer d'air et c'est comme si Cas venait l'aspirer. Et Dean est obligé de tout briser, il est obligé où bien son cœur ne va pas tenir le coup.
- Juste… Baise moi okay ?
Et Cas l'embrasse. C'est un baiser brûlant et plein d'envie. Dean se demande depuis combien de temps il avait envie de l'embrasser, il lui répond avec la même ardeur. Ils ne font pas attention à leurs dents qui s'entrechoquent, ils glissent leurs langues dans la bouche de l'autre, pendant que leurs mains se font caressantes. Il fait de plus en plus chaud dans la pièce, Cas rompt le baiser pour pousser Dean sur le lit et Dean se laisse tomber et attrape la nuque de Cas quand il se penche sur lui, s'embrassent à nouveau. Puis Cas vient nicher sa bouche dans son cou, le dévore de baisers et Dean se demande ce qu'il fout, pourquoi ça prends autant de temps ? Comme s'il goûtait toute la peau de son cou jusqu'à en être parfaitement satisfait. Et Dean se rends compte qu'il est brûlant, qu'il adore ça, et un soupire s'échappe de sa bouche. Il ferme les yeux, plante ses doigts dans le dos de Cas.
Cas l'embrasse et le caresse, et chacun de ses baisers, chacune de ses caresses sont bourrés de tendresse, sont remplis de douceur, ils sont tous comme des putains de cadeaux. Et Dean lui rend, il lui rend ses baisers, il lui rend ses caresses, sa douceur. Tout ce que Cas lui donne, il lui rend, avec la même fichue tendresse. Et il a baisé des tas de fois, mais ça n'a jamais pris autant de temps, ça n'a jamais été aussi doux et chaleureux, ça ne l'a jamais pris aux tripes comme ça. Il ne s'est jamais senti aussi vivant et autant… Autant…
Aimé.
Dean a la joue posé sur l'épaule de Cas, leurs jambes emmêlés, ses doigts sur son ventre trace des ronds. Il a les sourcils froncés et Cas vient appuyer son pouce sur ceux-ci.
- Tu devais me baiser Cas ! Et tu m'as fait l'amour ! Marmonne Dean.
Cas soulève le menton de Dean pour qu'il le regarde, il embrasse doucement sa bouche et Dean adore ça même s'il voudrait ne pas adorer ça.
- Nous avons fait l'amour, sourit Cas.
Dean enfouit son visage dans son cou pour se cacher.
- Mouais, c'est ça.
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Après ça, Dean ne sait plus comment agir, comment réagir. Il regarde Cas comme s'il ne le connaissait pas. Cas le touche, Cas l'embrasse, et Dean ne bouge pas, Dean est paralysé. Ils se disent au revoir, Cas lui demande s'il veut qu'il revienne le soir, Dean dit non. Non c'est bon. Et il pense que Cas ne doit pas revenir, qu'il ne doit jamais revenir.
Dean va travailler, il a pas mal de boulot ce jour là, tant mieux, ça l'empêche de penser. Le soir il va directement chez Sam, au cas où Cas ait quand même l'idée de passer. Il a éteint son portable. Avec son frère ils ne parlent pas de Castiel. Ils discutent de choses et d'autres, Dean fait comme si de rien. Il reste dormir chez Sam. Le lendemain aussi.
Le week-end il prends l'Impala et part faire un tour avec. Loin. Il n'a pas rallumé son portable depuis. Le dimanche soir, un peu plus serein, il finit par le prendre et l'allumer. Il s'attendait à être envahi d'appel et de sms, mais ce n'est pas vraiment le cas. Castiel lui a envoyé quelques textos, puis n'a pas insisté. Il n'a essayé de l'appeler que deux fois.
Ce type… Est-ce qu'il sait que Dean a peur ? Est-ce qu'il veut lui montrer qu'il lui laisse de l'espace ? Ou bien est ce qu'il s'en fout ?
Dean ne sait pas s'il préfère imaginer que Cas s'en fout ou non. Il est paumé. Il ne veut pas de ça, il ne veut pas. Il sait où ça mène, et ce genre de trucs ce n'est pas pour lui. Ca ne marchera pas. Il faut qu'il en parle à Cas, qu'il lui explique que ça ne mène à rien, qu'il faut tout arrêter et qu'ils ne doivent plus se voir.
Il accepte que Cas vienne le lundi soir. Dean a déjà préparé tout ce qu'il va lui dire. Quand Cas arrive il le fait asseoir sur le canapé, il le regarde, et ses yeux bleus lui retournent la tête. Il ne sait plus déjà ce qu'il voulait dire.
- Ca va Dean ? S'inquiète Cas.
Dean hoche la tête. Cas n'essaie pas de l'embrasser, il garde ses distances. Il attend. Dean se demande s'il s'est vraiment passé un truc entre eux ou s'il a rêvé. Il change d'avis, ils peuvent juste faire comme si rien ne s'était passé voilà. C'est une bonne idée.
Ca marche, environ vingt minutes, avant qu'ils ne soient collés l'un contre l'autre, que Dean ait tout oublié et que ses lèvres se perdent sur le cou de Cas. Qu'ils recommencent à s'embrasser. Le cerveau de Dean court circuite et quand ses neurones se rebranchent, lui et Cas sont dans son lit, collés l'un contre l'autre.
Dean se lève. Attrape la couverture et se couvre avec.
- Non.
- Qu'est ce qu'il y a Dean ?
- On arrête tout. Cas, c'est fini. En fait ça n'a même pas commencé d'accord ? Ne viens plus.
Cas ne bouge pas et le regarde.
- Ne viens plus. Je ne veux plus te voir. On s'est assez amusé.
Cas se penche vers lui, il attrape doucement la main de Dean et ses doigts caressent les siens, tendrement. Puis il appuie sa bouche sur eux et Dean a l'impression de devenir fou. Il ne sait pas comment gérer tout ça, il ne sait pas comment gérer Cas.
Mais il finit par se pencher vers lui et l'embrasser à pleine bouche.
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Cas arrive toujours à revenir, arrive toujours à rester, à faire flancher Dean. Mais Dean a peur, Dean a la trouille. Il repousse Cas de toutes ses forces, même s'il craque plusieurs fois, même s'il le laisse envahir son espace, même s'ils s'embrassent comme si c'était la première fois ou la dernière. Même si les mains de Cas on tant à offrir.
Dean sait que ça ne peut pas durer, que ça ne durera pas, que même ces moments où ils ne font que parler deviennent trop dangereux, que sa main dans celle de Cas quand ils marchent, ce n'est pas bon. Il n'arrive pas à accepter cette situation, il n'en veut pas. Il sait comment faire pour la briser, il sait exactement comment faire et il le fait. Il le fait et détruit tout. Il fait tout voler en éclat. Comme il sait si bien le faire.
Cas est venu parce que c'est samedi et le retrouve en train d'embrasser une fille, et ce n'est pas ça le pire. Le pire c'est la bouteille d'alcool que Dean porte à sa bouche après le baiser.
Et Dean le voit dans ses yeux, le cœur de Cas se fendre en deux. Comme si tout le bleu s'éteignait et devenait juste gris. Cas ne dit rien, il ne crie pas, ne s'énerve pas, il ne vient pas lui prendre la bouteille, il ne pousse pas la fille, il fait juste un pas en arrière, puis un autre. Puis demi-tour. Et il s'en va.
Dean se dit qu'il ne le verra plus. Et il boit, il boit toute la bouteille, fout la fille dehors, et boit.
Son frère le trouve ronflant sous la table le soir, alors qu'il est venu le voir, des bouteilles vides autour de lui. Il se sent immensément triste, passe son bras sous le cou de son frère et le soulève.
- Allez viens Dean, je t'emmène chez moi.
Dean ne se réveille même pas.
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Dean abandonne tout. Les AA, ses efforts, tout ça, il oublie. Il vit avec Sam, il oublie d'aller travailler et envoie chier Bobby qui l'engueule au téléphone. Il s'achète de l'alcool, il traîne dans les bars. Bonjour bonjour vie d'avant, voilà le retour du poisson. Il n'a pas de nouvelles de Cas, il ne cherche pas à en avoir.
Quoi que.
Une fois il est complètement bourré et il l'appelle, il lui raconte des saloperies au téléphone. Il ne sait pas trop quoi en fait, sans doute quelque chose comme « t'étais vraiment un bon coup, j'ai adoré baiser avec toi ». Cas ne lui raccroche pas au nez, il devrait.
- Dean est-ce que tu m'appelles parce que tu as besoin d'aide ?
- Non mais si tu veux me baiser, tu peux venir.
Dean entends la tonalité. Dean avale d'un trait le verre qu'il tenait à la main.
Jess lui met une baffe à un moment, il croit entendre que c'est parce que Sam a pleuré. Il ricane. Se fout de la gueule de Jess et aussi de son frère. Elle lui en met une autre.
Il n'est qu'un immonde connard finalement. Il ne s'en sortira jamais finalement. Il veut juste boire plus, boire plus.
Sam recommence à venir le chercher, le porte à bout de bras. Sam n'abandonne jamais, jamais. Jamais. Quoi qu'il arrive. Jamais. C'est de l'acharnement.
Surtout quand Sam apprend à Dean que Jess l'a foutu dehors, qu'elle n'en pouvait tout simplement plus. Ils retournent tous les deux dans l'appartement de Dean et Dean culpabilise, Dean voudrait juste être mort. A la place, il est méchant avec Sam, pour le faire fuir.
- Sam tu es vraiment trop con. Lui dit Dean alors qu'il n'est pas encore trop bourré pour comprendre ce qu'il dit. Jette moi dans le premier caniveau et abandonne moi.
- Non.
- Ah ouais ? Je vais coucher avec Jess et ensuite je foutrai le feu à ton appartement. Je t'empêcherai de réussir tes examens, je vais te pourrir jusqu'à ce que tu abandonnes.
- Vas-y, je n'abandonnerai pas.
- Tu es trop con. Et tout ça pourquoi Sam ? Tu n'es rien pour moi.
- Je sais ce que tu fais Dean. Tu essaies dire des trucs cruels pour que je te laisse tomber. Ca ne marchera pas.
- Abruti.
Sam vient s'asseoir à côté de lui, pose ses deux mains sur ses joues et le force à le regarder :
- Je ne suis pas un abruti Dean, je tiens juste à toi, tu es mon frère.
- Va crever. J'ai pas besoin de frère, j'ai besoin de personne. Si tu as un nouvel accident, j'applaudirai.
Sam le prend dans ses bras et Dean a l'impression d'être minuscule soudainement.
- Dean, arrête de t'en vouloir pour tout, arrête de croire que tu n'as pas le droit d'être aimé. Tu as le droit d'être aimé comme tout le monde. Je suis ton frère, je t'aime. Cas t'aime aussi, d'une autre façon. Laisse les gens t'aimer Dean, laisse les gens t'entourer et te donner de l'amour.
- J'ai pas besoin d'amour, je le mérite pas.
- Bien sûr que si Dean. Tu le mérites.
- J'en veux pas. Je veux pas qu'on m'aime, je veux pas qu'on m'aime et voir que je peux briser les gens si facilement. Comme… Comme… Avant.
Sam le sert plus fort. Sam sait qu'il ne parle pas juste de Cas, que ce n'est pas vraiment Cas le seul problème.
- Dean. Si c'est à cause de maman…
- Ne me parle pas de ça.
- Si c'est à cause de maman, je dois te le dire Dean, ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas de ta faute. C'est moi qui l'ai tué, pas toi.
Dean devient étrangement silencieux, puis extrêmement lucide tout à coup. Les paroles de Sam sont comme un sevrage immédiat. Il se recule, s'arrache à l'étreinte et regarde son frère. Sam a les larmes aux yeux.
- Tout est de ma faute à moi. Tout. C'est à cause de moi si elle est morte, c'est à cause de moi si John nous a abandonné. C'est à cause de moi Dean si tu es si malheureux, tout ce que tu as fait tu l'as fait pour moi, même les pires trucs tu les as fait pour moi. C'est à cause de moi Dean si aujourd'hui je te vois te détruire et que je ne peux rien faire à part essayer de retenir tous les morceaux de toi qui s'éparpillent. Dean, je suis désolé. Je suis désolé. Je ne t'abandonnerai jamais parce que le peu de choses que tu as fait de mal, ça ne vaut rien par rapport à tout ce que tu as fais de bien, tout ce que tu as fait pour moi.
- J'ai baisé une de tes copines.
- Tu peux être un vrai enfoiré et bon sang que j'ai eu envie de t'en coller une, mais tu es mon frère et cette fille était vraiment pas faite pour moi.
Dean attrape une mèche de cheveux de Sam :
- Qu'est ce que tu veux dire par « j'ai tué maman » ?
- C'est ma faute, ça a toujours été ma faute. Je sais que tu l'as pris sur toi, mais Dean… C'est moi qui ai…
- Tu n'y es pour rien, j'aurais dû te surveiller comme on me l'avait demandé.
- Tu avais seize ans, j'en avais douze. J'avais pas vraiment besoin d'être surveillé et tu étais en émoi devant ta première petite amie… Tu…
- J'aurais dû te surveiller ! John m'avait dit que…
- Dean ! C'est moi qui ai joué avec le feu. J'étais curieux.
- Tu as toujours été curieux, tu faisais pleins d'expérience tout le temps.
- Et toi tu construisais toujours pleins de trucs. Mais …
- C'était pas ta faute.
- J'ai voulu m'amuser, c'est moi qui ai allumé la cheminé, puis qui ai fait brûler ce morceau de plastique, c'est moi qui ai foutu le feu putain Dean, tout s'est enflammé si vite. Et toi… Toi tout ce que tu as fait c'est chercher à tout éteindre et à me sortir de là. Maman est arrivée, elle nous as attrapé tous les deux et nous as jeté dehors. Pourquoi elle n'a pas réussi à sortir hein ? Pourquoi y a cette poutre qui lui est tombé dessus ? Dean… J'ai tué maman.
- Sam…
- Je l'ai tué.
Et Sam pleure. Dean essuie doucement ses larmes.
- Tu n'es pas responsable, c'est un accident Sam.
- Et ce qui est arrivé après… John… John t'as regardé comme si tout était de ta faute, et toi tu as dis, tu as dis que tout était de ta faute, que moi j'avais rien fait, que j'étais pas coupable, que John devait toujours m'aimer moi. Mais John nous as peut-être jamais aimé finalement.
- Sam c'est bon j'ai compris, j'ai compris.
Mais Sam ne s'arrête pas.
- Après on est allé en foyer. Tu te souviens ? Je me faisais taper dessus et on a appris à se défendre, à se battre, à jamais se laisser marcher dessus. C'est toi qui étais le plus fort et c'est toi qui m'as tout appris Dean. Tu m'as toujours défendu, je me souviens de ce type, Julien. Il était immense, tu lui as cassé la gueule comme si de rien, parce qu'il m'avait frappé. Tu as eu des problèmes, et c'était à cause de moi.
- Mais non, j'étais un ado difficile, rien n'était de ta faute.
- Et tu crois que je ne sais pas ce que tu as fait ensuite ? Tout ce que tu as fait ? Quand tu m'as sorti du foyer après avoir eu dix-huit ans et trouvé un travail et un appart ? Tu crois vraiment que personne ne me l'a dit ? Quand on crevait la dalle et que tout à coup tu revenais avec de l'argent, tu crois que je me suis pas douté ?
Dean se cache le visage avec sa main.
- Oh putain Sam, alors tu étais au courant ?
- Ouais, j'étais au courant. On est venu me crier dessus au lycée « ton frère est une pute » et ça les faisait marrer. Tu crois vraiment que je le saurais pas ?
- Je…
- Et Dean, malgré tout ça, tu venais vers moi, tu me souriais, tu me jurais qu'on allait s'en sortir. Tu m'emmenais faire un tour dans l'Impala, tu t'arrangeais toujours pour que j'ai des vêtements propres, pour que je mange comme un roi alors que toi tu pouvais passer deux jours sans rien manger, et tu faisais comme si tout allait bien, et tu faisais tout pour que je sois heureux. Dean bordel, tu as volé de l'argent dans la caisse de ton patron pour me payer le voyage scolaire et tu crois que je comprendrais pas ? Et j'essayais de t'en parler mais toi tu me souriais et tu me disais que tout allait bien. Et je t'ai vu te détruire sous mes yeux sans être capable de rien faire, de rien te rendre Dean. Et t'es là à me dire que tu es un connard, que tu mérites pas d'être aimé, que je devrais t'abandonner ? Jamais je t'abandonnerai Dean, jamais, même si je devais en crever. Parce que tu es la meilleure personne que je connaisse au monde. La meilleure. Et ça sert à rien d'essayer de me prouver le contraire.
Dean trouve plus rien à dire, le voilà qui chiale aussi.
- Sam… Je voulais te préserver.
- Merci, mais Dean je voudrais que tu sois heureux maintenant. S'il te plait. Laisse les gens t'aimer, pardonne toi. Arrête de te détester.
- Oh putain après tout ça j'ai surtout besoin de boire.
Sam a un petit rire nerveux, et ils se serrent à nouveau dans les bras l'un de l'autre.
A suivre.
L'autatrice : bon. Ne détestez pas trop Dean… Hein… Ca ne pouvait pas être si facile n'est ce pas ? J'avoue j'ai pleuré en écrivant ce chapitre, mais pas à cause de Dean, à cause de Sam. Je savais dès le début qu'il y aurait cette scène avec Sam, mais purée ça m'a brisé le cœur. J'aime tellement Sam. Enfin voilà, j'espère que vous n'avez pas trop détesté ce chapitre.
