Team Blaise versus Team Draco: y'a pas photo, vous êtes tous d'accord là dessus!
Alors on continue à détester le premier et à encourager le second dans un nouveau chapitre, bonne lecture ;)

Traductrice : Jen-Uchi


Chapitre 9

Coopérer avec réticence


Draco se frotta les yeux. On aurait dit des pierres asséchées, et ses orbites des douilles pleines de sable. Il ramassa sa baguette et lança un sort pour enlever son mal de tête, sachant qu'il en subirait les conséquences plus tard. L'horloge sonna quatre fois, semblant se moquer de lui. Il ne restait que quelques heures jusqu'à l'aube et Merlin savait quand il serait capable de dormir.

Un feu éclata dans la cheminée et la tête de Granger (Weasley) apparut dans les flammes. Elle avait été au Manoir plus tôt pour annoncer les nouvelles à Lily Potter, mais Draco n'avait pas quitté la bibliothèque pour jouer l'hôte à ses invités.

« Puis-je entrer ? » demanda-t-elle poliment.

Draco donna son accord et elle entra dans la chambre, l'air aussi fatiguée que Draco. Elle portait un livre - le même volume ouvert devant Draco, bien que sa copie avait l'air assez minable.

« Tu l'as trouvé » commenta-t-il.

Elle hocha la tête. « Chez Harry. Bien que la raison qui le pousse à avoir un livre sur une magie aussi Noire m'échappe complètement. » Ses lèvres se pincèrent avec désapprobation. Draco se sentit soudainement contrarié, ce qui avait peu à voir avec ses mots mais plutôt avec le fait qu'elle avait le champ libre d'aller et venir chez Harry à sa guise. Il se rappela que les choses allaient changer une fois que Harry irait bien. Il l'espérait.

« C'est un Auror. C'est intelligent de savoir quels sortilèges pourraient t'atteindre sur le terrain, tu ne trouves pas ? On est vraiment chanceux qu'Harry collectionne ces livres, ou il nous aurait fallu des semaines pour localiser ce sort particulier. »

Sa mâchoire se serra. Ça la démangeait de se battre avec lui, mais la logique reprit le dessus et elle hocha la tête. « Tu crois que nous pourrons l'arrêter ? » demanda-t-elle, « il n'y a pas de contre-sort. »

« Il n'y en a pas encore, » corrigea Draco, « On devrait en trouver un, non ? » Il fit un geste vers le livre. « Alors, certains éléments sont similaires au sort de vieillissement, avec une dose malsaine d'un charme de dégradation… »

Il s'en suivit une heure de débat intense, de diagrammes, d'argumentation et même, une fois ou deux, de cris. Quand un elfe de maison apparut pour réapprovisionner le thé, l'acolyte de Draco ne s'était même pas arrêté pour lui jeter un regard désapprobateur. Il pensait qu'il pouvait y avoir de l'espoir pour elle, après tout.

Draco trouva son fils dans la chambre d'Albus Potter peu de temps après le lever du jour. Les garçons étaient emmêlés comme des amants et Draco sentit son cœur se serrer à cette scène. Il espérait qu'ils auraient une vie plus facile qu'Harry et lui. Il passa une main dans les cheveux fins de son fils. Ils avaient l'air presque blanc à côté des boucles noir-cordeau foncées d'Albus.

Une bosse à côté d'Albus bougea et une tête rousse apparut. Draco nota avec surprise que c'était Lily Potter. Ses yeux s'ouvrirent et elle le regarda solennellement.

Draco fit le tour du lit et tendit les bras. Elle se leva et se jeta dedans, même si elle était presque trop grande pour y être confortable. Sa tête reposa sur son épaule.

« Score dit que vous allez aider mon père, » marmonna-t-elle.

« C'est vrai. Votre tante et moi, nous allons retourner à l'hôpital dans peu de temps. Tu veux manger avec ma mère ? Il est encore tôt, mais elle est éveillée. »

Lily hocha la tête. « Elle est gentille. Elle m'a dit qu'elle allait me montrer sa collection d'épingles à cheveux. »

Draco sourit. « Cela devrait vous tenir occupées toute la matinée. »

« Vraiment ? »

« Elle a l'air d'avoir un stock infini, mais je ne suis pas bien placé pour juger. »

Il laissa tomber Lily dans la salle à manger où sa complice aux cheveux hirsutes faisait la conversation poliment, mais malgré tout tendue, avec sa mère. Granger (Weasley) embrassa Lily et ne dit miraculeusement rien quand les elfes de maison apparurent pour apporter le petit déjeuner des enfants et des boissons. Même si elle réussit à lancer le regard de dégoût que Draco attendait.

« Les garçons dorment toujours, mais mieux vaudrait les laisser se reposer, » dit-il à sa mère. Elle hocha la tête et sourit à Lily, qui déglutissait bruyamment un verre de jus. Draco essaya de ne pas penser à ce que pourrait bien faire les garçons quand ils seraient réveillés. Hypocrite, se traita-t-il et sourit tristement. Que faisait-il à leur âge ? Expérimenter avec Pansy et Blaise... Merlin, le Bal de Noël... Si seulement il avait reconnu ses sentiments pour Harry à l'époque, et si Harry ne l'avait pas détesté, bien sûr...

Granger (Weasley) toussa légèrement et bien évidemment attendit qu'il réponde à toutes les questions ignorées alors qu'il était perdu dans ses pensées. Il fronça les sourcils et décida de renoncer à penser d'elle comme une Weasley. Il la prendrait toujours pour une Granger et il y avait assez de Weasley, de toute façon. Et il ne l'appellerait jamais par son prénom.

« Pardon ? » demanda-t-il poliment.

« Es-tu prêt ? » Sa voix était hargneuse et irrégulière, sans doute à cause de l'étude des tomes très archaïques toute la nuit sans repos. C'était cela, ou bien elle n'appréciait tout simplement pas Draco. Peut-être les deux. Il lui présenta son plus charmant sourire.

« Bien sûr. Partons pour sauver notre Gryffondor préféré, » dit-il, puis ajouta, « Eh bien, mon Gryffondor préféré, en tout cas. »

Granger leva les yeux et le frôla, marmonnant quelque chose du genre « Depuis quand les Gryffondor figurent sur la liste de tes favoris ? »

Draco la suivit à Ste Mangouste.

L'hôpital était calme et tranquille à cette heure aussi matinale. James Potter et George Weasley dormaient sur des petits lits dans la salle d'attente. Draco savait que Ste Mangouste acceptait difficilement que les membres de la famille dorment à l'hôpital mais les encourageait à transplaner chez eux plutôt que de rôder dans les salles et les couloirs. Draco et Granger traquèrent plusieurs membres du personnel, et le regard Made In Malfoy fit taire tout ceux qui osèrent exprimer leur opinion sur leur méthode de guérison supposée orthodoxe. La présence de Granger avait probablement aidé. Regard Made In Malfoy ou pas, ils auraient tenté d'empêcher un ancien Mangemort de lancer des sorts sur le Sauveur du Monde Sorcier, ou du moins de le retarder suffisamment longtemps pour pousser l'état d'Harry à se détériorer. Même si Draco était fatigué, il refusa de leur permettre d'attendre. Le sort de Blaise n'avait pas été interrompu par la stase, seulement ralenti.

Draco avait personnellement choisi trois des membres du personnel qu'il jugeait les plus compétents - et par compétents il estimait qu'ils sauraient se taire et obéir. En dehors de la chambre d'Harry, il avait tranquillement expliqué la procédure, avec Granger qui ajoutait des détails ou répondait aux questions. Une fois le sort de stase supprimé, ils devraient travailler rapidement.

Le médicomage en tête était une femme robuste aux yeux bleus acérés et aux cheveux d'un gris d'acier. Draco pensait qu'il aurait du mal avec elle, mais elle avait l'air sincèrement intéressée à l'idée d'aider Harry, quelles que soient les méthodes utilisées. Elle leur donna la permission d'entrer dans la salle et ils se mirent autour du lit de Harry. Son état semblait inchangé. Granger se mordit la lèvre et rencontra les yeux de Draco pendant un moment pour y voir une douleur partagée. Draco avait envie de tendre la main et retirer les cheveux noirs du front lisse Potter, mais au contraire, il sortit sa baguette et fit un bref signe de tête au médicomage en tête.

Quand elle jugea qu'ils étaient dans des positions appropriées, elle annula le sort de stase. Draco et les autres commencèrent à chanter de concert. La magie dans la salle s'évasa et devint presque tangible. Draco et Granger parlèrent de manière uniforme et sans hâte, debout de chaque côté du lit de Harry. Leurs mots sonnaient ensembles, identiques dans le ton et l'inflexion. Ils avaient pratiqué pendant près d'une heure pour bien faire les choses. Pour la première fois de sa vie, Draco était sacrément heureux qu'Hermione Granger soit très forte.

Les guérisseurs lancèrent frénétiquement des sorts de guérison pour ralentir les dommages causés par le sort de Blaise, qui n'était plus ralenti par le sort de stase. Draco étouffa l'envie d'accélérer les mots complexes du nouveau contre-sort. Une mauvaise prononciation serait désastreuse.

Une lueur jaune vive éclata simultanément de la baguette de Draco et de sa camarade aux cheveux épais. La lueur étrange coulait sur Harry et semblait s'infiltrer dans sa peau. Les mots de Draco et Hermione s'arrêtèrent au même moment. Draco se mit à genoux et prit la main inerte de Harry. Il se pencha et murmura à l'oreille de l'Auror.

« Nous avons fait tout notre possible, Potter. C'est à toi maintenant. Bats-toi, Harry. Ne me laisse pas, pas après tout ce que nous avons vécu. »

Il ferma les yeux et écouta le chant des guérisseurs qui continuaient à jeter des charmes de guérison. Enfin, ce fut le silence.

« Merlin », souffla la médicomage en tête, « Je crois que ça marche. »

L'un des plus jeunes hocha la tête. Sa voix sonnait avec un enthousiasme élevé. « Oui, les effets ne se répandent plus ! »

Ils jetèrent plusieurs sorts que Draco reconnut comme étant des diagnostics et vérifièrent l'état de Harry attentivement. L'ancienne sorcière secoua la tête avec un profond soupir.

« Monsieur Potter a subi un préjudice important, en tout cas. Seul le temps pourra nous dire quelles en seront les conséquences. Le sort a ciblé sa musculature et ses organes. Nous avons réussi à garder son cœur en bonne santé, mais les dommages aux reins, aux poumons et au foie restent à voir. » Elle s'arrêta et posa doucement une main sur l'épaule de Draco. « Juste pour vous préparer, il pourrait subir la perte de certaines fonctions motrices... ou même des dommages au cerveau. Et c'est s'il reprend conscience de tout. Maintenant, c'est principalement à sa propre physiologie de continuer. La magie ne peut pas tout faire. »

Draco déglutit et hocha la tête, refusant de reconnaître le nœud froid de la peur généré par ses paroles. « Même s'il devient un putain légume pour le restant de sa vie, je prendrai soin de lui, » dit doucement Draco et caressa la chair souple entre le pouce et l'index de Harry.

Avant de savoir ce qui l'avait heurté, il fut enveloppé dans une douce étreinte féminine. Granger lui faisait un câlin ! Elle s'accrocha à lui pendant un long moment et sa joue humide se pressa contre son visage.

« Je suis désolée, » dit-elle enfin en se reculant. « Harry disait que tu avais changé. Il parlait souvent de toi, même si on refusait de l'écouter. Sa voix... quand il parlait de toi, sa voix, eh bien, on dirait presque qu'elle était entichée. J'avoue que je pensais qu'il était sous le charme ou les effets d'une potion. Même après toutes ces années, je ne voulais toujours pas te faire confiance, même s'il le faisait. Mais si Harry survit, ce sera grâce à toi, alors je te remercie, Draco. »

Il regarda ses yeux narquoisement pendant un moment et pensa que c'était un trait particulier de Gryffondor qui les faisait changer d'avis radicalement en un instant, puis se débarrasser de leurs convictions nouvellement acquises sur la victime la plus proche. Il hocha solennellement la tête, pas tout à fait prêt à gâcher son discours avec un sarcasme.

« Je rentre chez moi. S'il te plaît, mets-nous au courant s'il y a un changement. »

Granger sortit, suivie par deux des guérisseurs. La sorcière robuste resta un peu plus longtemps, lançant des sorts en se pinçant les lèvres. Elle ne dit rien, cependant, et laissa finalement Draco seul avec Harry.

Il soupira et se releva à moitié pour presser un baiser sur les lèvres de l'Auror. Draco traîna une chaise plus près et appuya sa tête contre le bras d'Harry, tenant toujours sa main serrée. Le doux bruit de la respiration d'Harry le berça et il s'endormit.

« Draco ? »

La question perça cette brume causée par le sommeil, enroulée autour de Draco et il lutta pour se réveiller. La voix l'interrogea à nouveau et il leva la tête. Dès qu'il le fit, il réalisa qu'il était vraiment mal positionné.

Ses yeux rencontrèrent un vert tendre et la connexion se fit. Il s'était endormi affalé sur le lit de Harry.

« Merlin, Harry, tu es réveillé ! »

Draco se releva brutalement, sans se soucier que ses muscles raides se crispent en signe de protestation. Il enveloppa l'Auror dans une étreinte exubérante et déposa de doux baisers sur son cou. Harry eut un petit rire.

« Euh... je ne semble pas être capable de me déplacer. »

Le son de la voix d'Harry était intoxicant. Ce n'est qu'à ce moment précis que Draco reconnut avoir été vraiment anxieux du fait qu'Harry ne pourrait jamais se réveiller. Il déplaça ses baisers du cou d'Harry à ses lèvres. L'Auror le supporta pendant quelques instants, jusqu'à ce que Draco se recule légèrement, un peu agacé par le manque de réaction.

« Sérieusement, Draco, je ne peux pas bouger, » dit doucement Harry.

Draco s'assit sur la chaise, inquiet. Il saisit la main d'Harry et la serra.

« Peux-tu sentir ça ? » demanda-t-il.

Harry hocha la tête. « Oui, je ne peux juste pas bouger mes doigts. Ou quoi que ce soit d'autre. » Draco remarqua la touche de panique dans la voix de l'Auror.

« Allez, ne t'inquiète pas. Le fait que tu aies des sensations dans tes membres est bon signe », Draco espéra. Il glissa ses mains sur les bras d'Harry, puis les déplacèrent vers les différentes parties de son corps, profitant de l'examen beaucoup plus que la situation ne le justifiait.

« Oui, je le sens très bien et mes pieds sont chatouilleux, donc s'il te plaît arrête, » supplia Harry. La chair molle derrière les genoux de Potter provoqua la même réponse, mais ce fut l'halètement qu'il fit quand les lèvres de Draco se fixèrent sur l'un de ses tétons qui fit glousser Draco méchamment. Il leva les yeux et admira le rouge qui décorait les joues de l'Auror.

« Tu sais, je t'empêcherais de faire ça si je pouvais bouger, » dit Harry.

Draco sourit méchamment. « Vraiment, le ferais-tu ? M'arrêterais-tu si je ferais ceci ? » Il descendit sa main pour saisir le membre d'Harry. Ce dernier haleta et Draco gloussa.

« Je commence à voir beaucoup de potentiel dans ce domaine," dit Draco en le caressant doucement. Le membre de Harry commença à gonfler sous les mouvements de Draco et il ronronna un peu. « Eh bien, quelque chose peut encore bouger, Potter. »

Une main se glissa subitement dans les cheveux de Draco et le tira doucement vers le haut, jusqu'à ce que ses lèvres rencontrèrent celles d'Harry. L'Auror l'embrassa longuement et durement, puis le recula pour le regarder dans les yeux.

« Je refuse d'être ton sex toy immobile, » dit Harry.

« Veux-tu être mon sex toy en partie mobile ? » demanda Draco. « Comment tu as bougé ton bras ? »

« Effort surhumain, » dit Harry et Draco sentit la main dans ses cheveux trembler presque violemment. Il tendit la main et prit celle de Harry dans la sienne.

« Très bien, ne te force pas, Potter. Je ne vais pas t'importuner jusqu'à ce que tu me le demandes. » Il lâcha le sexe de Harry et glissa sa main sur son ventre plat en s'asseyant. « Peux-tu serrer ma main maintenant ? »

Une couche de sueur se forma sur front de Potter, mais il hocha la tête. « Je crois. » Les doigts se crispèrent légèrement autour de Draco.

« Et l'autre main ? »

Après quelques minutes de concentration, Harry réussit à refermer sa main gauche. Draco poussa un soupir de satisfaction.

« Je pense que c'est temporaire, Potter, mais je suppose qu'une opinion médicale justifiée est nécessaire. » Il marcha vers la porte et alla trouver le médicomage en service. Elle accepta de convoquer certains membres du personnel pour examiner Harry. James Potter leva les yeux quand Draco entra dans la salle d'attente. Il remarqua le sourire de Draco et se précipita vers la chambre de Harry. Draco entra pour trouver le garçon sanglotant dans les bras de son père. Il ferma doucement la porte pour donner au père et au fils un peu d'intimité, et se retourna pour voir George Weasley à côté de lui. Il informa le roux de l'état d'Harry et George envoya immédiatement un Patronus à Granger. Quelques minutes plus tard, l'endroit était bondé de roux, alors Draco proposa d'annoncer les nouvelles à Albus et Lily. Il transplana chez lui et espéra qu'un des Weasley aurait la bonne idée de mettre Teddy au courant. Teddy était toujours un Auror et ils étaient actuellement à court de personnel. Le pauvre garçon était parti au travail, même avec son héros languissant à l'hôpital. Avant d'aller chercher les garçons, Draco appela le Ministre par cheminée et annonça la nouvelle à Kingsley, juste au cas où.


A suivre...

C'est plus très innocent tout ça dites donc!
En ce qui concerne cette partie de l'histoire, c'est l'avant dernier chapitre, j'espère que vous l'avez savouré^^

Encore merci à Jen-Uchi et aux bêtas pour ce chapitre!