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MESSAGE : Je viens de remarquer que j'avais 100 follower dessus T_T C'est la première fois, et je ne sais pas comment vous remercier, vous êtes... Bisouus. C'est tout ce que je peux dire, tellement je suis contente !

Du coup pour fêter ça, j'avais une idée ! Je peux écrire des OS hors-série sur l'enfance des personnages, sur eux, ou je ne sais pas quoi. Donc si vous avez envie d'un OS sur votre perso préféré, hésitez pas à me faire signe en PM et juré, craché, je le fais, et en moins de dix jours !

Ah et aussi, le chapitre dix sera publié DANS TOUT LES CAS : la semaine du 1er septembre.

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TITRE : PREACHIN' BLUES (pas de souci un jour vous saurez d'où vient ce titre un peu chelou et qui ne veut rien dire)

Disclaimer : Qui d'autre que J.K.R ?

Pairing : Dramione - ? - ? - ? - ?

Playlist : Felice Los 4 ; Maluma - Unforgettable , French Montana

Note d'Auteur : Je ne sais pas si vous êtes formidables ou juste... Mais merci, merci énormément pour m'avoir laissé autant de reviews malgré cette... lourde attente. 24 ! Je crois que c'est la première fois que j'en ai autant, et donc, vraiment merci. Je viens de redécouvrir mon ancien compte sur ce site et la première histoire que j'avais publié sur un ancien compte, Froshe, et c'était tellement pitoyable que le contraste entre une ou deux reviews tout les trois chapitres et VINGT-QUATRE en une seule fois est immense. Merci !

Merci énormément à vous, je crois avoir répondu aux RAR en messages, si j'en ai manqué, n'hésitez pas à me dire ! Bisous.

RARA :

Carlam : Merci c'est super gentil ! Oui au final je me suis dit - et en comptant les votes - que c'était peut-être mieux, parce que j'ai trouvé quelqu'un pour Théodore qui irait avec lui plutôt bien ;) Chuut, je garde le secret. J'espère que tu seras contente alors ;)

OOOO : Haha, bref mais concis ! Pris en compte, ne t'inquiète pas, j'espère que ça te plaira ;)

Talula : Pris en compte aussi ! Merci ;)

Cilou : Aaah Ombrage ! J'avais tellement envie de la caser quelque part. Tu verraas, peut-être :D

Lia454 : Haha, j'espère que ça te plaira alors !

Guest : Vote pris en compte, thank ;)

Lily P. Wooz : Merci, c'est super gentil ! Contente que tu aimes !

Mama : Merci beaucoup ! Trop gentille, pourquoi ? Par contre, si Hermione a déjà eu des copains, - ce n'est pas encore précisé. Pour qui tombera amoureux en premier, haha, je laisse le suspens ! Bisous !

Kitkat : Hey ! C'est vrai que quand je me suis inscrite j'en laissais peu aussi mais j'essaye de le faire plutôt souvent maintenant aussi :D ça vient avec l'exercice, xD Merci beaucoup en tout cas !


CHAPITRE NEUF

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« À [Londres], il a deux sortes de gens. Les joueurs et les pièces. [...] Tout homme est une pièce, au début, et toute femme aussi. [...] Tout le monde veut quelque chose. Et il vous suffit de savoir ce que quelqu'un veut pour savoir qui il est et savoir comment le pousser. » Petyr Baelish - Pansy Parkinson

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Il semblait désormais évident que la nature avait exempté Hermione lorsqu'ils avaient distribué le bon sens. Parce que présentement elle ne voyait aucune raison valable pour un être humain normalement constitué de se la jouer autant Lara Croft qu'elle n'était obligée de le faire.

En premier lieu, elle avait froid. Très froid même, au vu des grelottements qui la secouait, ses lèvres ne masquant leur bleuté que par l'épaisse couche de maquillage qu'on lui avait appliquée. Chaque bourrasque la faisait frissonner un poil davantage, tandis qu'elle gardait résolument son regard fixé droit devant elle - sur la paroi glissante et escarpée - pas certaine d'être capable de garder son sang froid si elle les baissait.

Parce que oui, en second lieu, elle n'était pas en train de givrer au milieu d'un magnifique champ de neige mais bel et bien agrippée comme sa vie en dépendait à une putain de falaise, un sourire aussi crispé que Marina Joyce sur ses lèvres, son minuscule bikini griffé n'aidant pas réellement.

Pourquoi alors continuer de s'y accrocher alors que l'eau bleue des Antilles l'attendait en contre-bas ?

Déjà parce qu'il y avait les requins.

Oui, des requins. Hermione en aurait pleuré toutes les larmes de son corps, si elle ne portait pas le nouveau mascara si peu waterproof qu'on lui avait appliqué - imposé - et qu'elle n'était pas déjà occupée à se tenir. Oh bien sûr, on lui avait assuré forces de sourire et paroles réconfortantes qu'elle ne risquait rien, oh non absolument pas la moindre parcelle de risque penses-tu, ils sont inoffensifs.

Inoffensifs ou pas, requins nourrice ou pas, il n'en était pas moins qu'ils étaient sous elle à guetter sa chute, leurs ailerons si connus créant des ombres peu rassurantes.

« UN PEU PLUS VERS LA GAUCHE HERMIONE ! ET UN SOURIRE S'IL TE PLAIT, ON EST LA POUR ÇA ! » s'égosilla le directeur artistique, gesticulant de vastes moulinets de bras pour attirer son attention.

Un sourire... Facile à dire pour lui, tranquillement installé sur son bateau, alors qu'elle risquait sa vie pour une stupide photo.

Elle s'efforça néanmoins de paraître plus naturelle dans son rictus, le vent battant à ses tempes rendant son audition difficile. Ainsi elle ne put que remarquer Dennis - le directeur - et son frère photographe lui aboyer des instructions sans en comprendre le sens. Elle tenta de hurler en retour qu'elle n'y comprenait rien - peine perdue.

Le vent soufflait bien trop fort pour qu'ils puissent l'entendre, ses cheveux venant coller sur ses lèvres colorées, alors qu'elle s'acharnait à prendre la pose.

« Ne lâche pas encore prise ! On a pas fini les prises ! »

Les prises. Hermione en aurait secoué la tête d'incrédulité - presque, si elle n'était pas figée par la terreur. Dire qu'en ce moment le reste des mannequins devaient profiter du jacuzzi, téléphone à la main, dire que ce Malefoy de pacotille devait être confortablement et bien au chaud sur la terre ferme, et enfin dire que Pansy Parkinson - alors qu'elle l'avait harcelée et obligée à faire ce shooting de folie - avait osé lui dire que ça finirait par lui plaire !

Elle sentait la culpabilité poindre à plein nez cependant, sachant très bien qu'elle ne faisait ça que pour une seule raison. L'argent. Et ça lui rendait l'image d'une femme si vénale quand elle croisait un miroir que ces derniers temps elle s'en détournait illico, écoeurée.

Hermione aurait pu se trouver des dizaines d'excuses, allant de l'opportunité de pouvoir reprendre ses études à la sécurité d'un emploi stable enfin, mais ça n'excusait rien. Rien du tout, alors qu'elle allait toucher une somme qu'elle ne méritait pas. Pas comme les.. Elle inspira profondément, cligna des yeux. Pas comme les Weasley.

Ils n'accepteraient aucune charité de sa part cependant, et si elle voyait avec une satisfaction humaine son compte passer du négatif au plus qu'honorable, une part d'elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'eux en auraient eu meilleure utilité pour payer l'hôpital- elle était loin de se leurrer, leur volonté de... de débrancher Ron devait venir en premier lieu de problèmes d'argent.

« Maintenant tu grimpes, Hermione ! On va essayer de filmer ça, et on a qu'un essai, alors ne te rate pas ! » beugla Dennis dans son mégaphone, jetant des coups d'oeils fréquents entre les prises des caméra-mans et le corps frigorifié d'Hermione.

« C'EST UNE BLAGUE ? COMMENT VOULEZ-VOUS QUE JE BOUGE ? » hurla-t-elle, se cramponnant avec peine. Elle parvenait tout juste à ne pas glisser, alors comment aurait-elle pu ne serait-ce que remuer un orteil ?

« Ce n'est pas comme si tu avais le choix ! »

Juste. Ce n'était pas réellement comme si elle avait un choix à faire n'est-ce pas ?

Alors Hermione commença probablement à faire la chose la plus stupide de son existence - et elle ne parlerait pas de cette fois à sept ans où elle avait cru qu'attraper un serpent était une bonne idée (il y avait eu plus de peur que de mal de toute façon) - déplaçant à une lenteur démultipliée sa main droite vers une autre prise. Qu'elle attrapa évidemment, parce qu'elle n'était tout de même pas stupide. Ragaillardie par son exploit, la brune entreprit de déplacer la deuxième, vers une alcôve semblant stable, avant de l'agripper avec brutalité. Okay. Bien.

Ça faisait déjà un début. Restait les pieds maintenant.

Le plus difficile - sinon ça n'aurait pas été drôle.

Elle grimaça lorsque les pierres pointues heurtèrent son pied, plissant les yeux pour essayer de grimper. Son pied droit fut un succès, rapidement secondé par son pied gauche. Elle se rengorgea une demi-seconde, presque fière d'avoir avancé d'un bon demi-centimètre de hauteur en cinq minutes, avant - sous les impulsions très très pressantes des frères Crivey - de se décider à accélérer un brin tout de même.

Mauvaise idée.

Car si Hermione n'était pas une des plus incapables en escalade, elle ne pouvait certes pas non plus s'assimiler au célèbre Yadav Santosh et ça semblait dès le début plutôt promis à l'échec. Son pied ripa sur une pierre, en entaillant suffisamment la chaire pour faire perler une larme de sang, lui créant une expression de surprise qui ne dura qu'une seconde avant qu'elle ne bascule en arrière.

On disait que lors des dernières secondes, on voyait sa vie défiler devant ses yeux. D'autres parlaient d'un tunnel, d'une présence peut-être. Sauf qu'Hermione n'était pas croyante, et la chute se déroula en l'espace d'un instant.

En une fraction de seconde, le vide sous elle, puis l'impact. L'eau était glacée, encore plus froide qu'elle ne l'avait pensé, et le choc avait été si bref, si brusque qu'elle ne put rien faire, persuadée d'être tombée directement sur la mâchoire d'un des squales. Il n'y avait que la douleur de l'impact cependant, et l'eau demeurant résolument bleue, seule l'ombre des requins s'enfuyant dénotait leur présence.

La froideur de l'eau s'était effacée cependant pour ne la laisser que dans un état de choc presque tétanisant, ses cheveux gonflant pour onduler autour de son visage. Et alors qu'elle les fixait d'un air absent, immergée mais sans pour autant remonter, Hermione pensa à rester là. Il faisait sombre, loin alors de la couleur turquoise que renvoyait la surface.

Personne pour venir la chercher. Qui était-elle, à part une poupée de plus qu'un gamin albinos pouvait remplacer en un claquement de doigt ?

Et ce fut sur cette dernière pensée qu'elle sombra, l'eau sombre se faisant de plus en plus noire jusqu'à l'inconscience.

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« UNE... DEUX ! ET ON APPUIE ! ON APPUIE ! ON APPUIE ! »

La poitrine d'Hermione se souleva dans un espoir presque inutile de respirer, avant qu'elle ne se courbe en deux et ne recrache pitoyablement une eau sale em!m t peu ragoûtante. La main qui soutenait son dos fut ôtée en vitesse, avec dégoût même, tandis qu'elle avait l'impression de vomir ses tripes et ses poumons. Hermione toussa violemment, après une profonde inspiration, avant de se laisser choir sur le dos, inerte.

« Est-ce qu'elle est morte ? » murmura d'un ton ennuyé une voix familière.

« Bien sûr que non ! Elle devrait se rétablir d'ici une question de secondes... »

« Ce n'est pas ça qui importe. » la coupa une autre, plus féminine. « Si 'Ermione n'est pas capable d'assurer la photo, peut-être serait-il préférable de choisir une personne plus à même de connaître les responsabilités vis à vis de cette... Ombrage. »

Toute cette cacophonie de voix causait un tel mal de crâne à Hermione, qu'elle voulut se relever pour quémander un peu de silence. En vain. A peine eut-elle relevé son buste de quelques millimètres qu'une violente douleur l'assomma, la faisant retomber sur le sol froid. Au final peut-être qu'elle allait y rester un petit moment, oui juste une affaire de secondes..

« Et qui donc prendrait sa place ? Toi, je présume ? »

« Et pourquoi pas ? » rétorqua l'autre avec prétention. « Je suis jolie. Je suis tout à fait capable de faire ce qu'elle a fait, sans tomber ! »

Du silence... Juste un bref moment de silence...

« Silence vous deux. Peu m'importe vos écharpages ridicules, Draco m'a confié une tâche et je la mènerais - dussès-je y traîner Granger par la peau du cou. Delacour, n'oublie pas que tu n'es pas irremplaçable. » asséna la voix familière.

Hermione l'imaginait aisément avec une moue agacée, pianotant furieusement sur son portable. Mais pour le moment ouvrir les yeux était trop compliqué pour être envisageable et elle se sentait bien là, immobile... se fondant dans le sol. Elle n'aurait voulu bouger pour rien au monde, se contentant très bien d'imiter la moquette en fourrure de leur appartement.

Le silence s'éternisait à présent, et elle se sentait sombrer à nouveau dans une torpeur délicieuse. Glissant lentement mais sûrement vers un sommeil bienheureux.

« Hermione... » murmura doucement une voix à son oreille. « Hermione... Je sais que tu m'entends. Je sais que tu es là... Alors, tu vas me faire le plaisir de te bouger et d'ouvrir ces yeux plus vite que ça, parce que dans le cas contraire je me ferais un plaisir de te livrer au milieu des soirées tendancieuses de notre Miss Ombrage et que je suis sûre que tu ne veux pas assister à ça. Alors... DEBOUT ! »

Non, désolée de vous bouleverser mais Hermione ne se leva pas d'un coup sec pour faire plaisir à sa tortionnaire. Déjà parce que quand on venait d'échapper à des requins, chuter dans l'eau glaciale et manquer de se noyer, on ne portait pas très très bien - ensuite parce que malgré toute sa volonté, elle sentait que son crâne allait exploser.

Alors Hermione ferma davantage les yeux, grimaçant sous la douleur, avant qu'une bonne fois pour toute elle s'évanouisse proprement.

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« Elle va bien ? »

« Juste un petit coup de panique, cumulé à pas mal de stress et sa chute. Ne vous inquiétez pas, elle va très bien se remettre. »

« Au moins on a fini par pouvoir trouver une photo dans les ébauches de Crivey... » marmonna furieusement la voix de sa tortionnaire. « Tu es bien trop coulant, Draco, mais peu important - on l'a. Il ne nous reste plus que la commande groupée de Seafolly pour les maillots de bain et on peut faire cap sur Londres. Hermione sera opérationnelle dans combien de temps ? » reprit-elle en direction du médecin.

« Ce n'est plus qu'une question de minutes pour son réveil, ça ne dépend que d'elle - laissez-là manger quelque chose avant. »

« Elle boira un verre d'eau et ça ira très bien. Vous ne voudriez pas qu'elle ne rentre plus dans les maillots non plus ? Déjà qu'il lui faut une demi-dizaine de kilos en moins... »

« Vous savez très bien ce que j'en pense. » marmonna furieusement l'autre en serrant des dents. « Vous avez vu la petite Delacour ? Vous voulez quoi, qu'elle finisse par tomber d'inanition pendant un défilé ? »

« Hum-hum »

« Je fais mon travail - vous faîte le votre, et les moutons seront bien gardés. Compris ? »

« Pansy... » intervint la voix de Draco, menaçante.

« Vous vous enrichissez sur des cadavres qui marchent. Vous n'avez pas honte ? » hallucina le médecin, en secouant la tête, incrédule. « Vous favorisez l'apparition de troubles chez toutes vos admiratrices, et ça ne vous fait rien ! »

« C'est de mon agence dont vous parlez. » gronda sourdement Draco, pas en reste. « Vous demande-t-on des comptes, nous autres, quand vous ratez une opération, que vous la classez sous secret médical ? Ne nous jugez pas, parce que vous n'avez aucune idée de la façon dont on traite ces filles chez les Malefoy »

Le médecin se contenta de sortir, non sans leur avoir jeté un dernier regard noir, rendu bien volontiers par les deux autres. Dès que celui-ci fut sorti, Draco se tourna vers celle qui l'accompagnait, haussant un sourcil agacé.

« Es-tu vraiment obligée d'agir comme la dernière des garces sans coeur ? »

« Ce serait moins amusant. » sourit l'autre, replaçant une mèche de sa chevelure noir derrière son oreille. « Ils m'insupportent tous à cracher sur l'industrie de la mode, quand ils sont les premiers à vouloir être à notre place. Enfin... Ta place, mon chou. »

Draco leva les yeux au ciel, son amusement prenant le dessus.

« Il n'a pas tort pour la Delacour » reprit-il pensivement. « Tu lui avais conseillé de perdre un ou deux kilos pour les essayages des maillots de bain mais il semblerait qu'elle en ait perdu bien plus. Dis-lui que ce n'est pas des os qu'ils s'attendent à voir en magasine, et qu'elle peut s'autoriser plus qu'une demi feuille de salade à chaque repas. »

L'autre hocha la tête, reprenant néanmoins aussitôt des notes sur son portable.

« Il faut passer voir les cinq filles pour la vidéo pour Lancôme et le nouveau produit Berberanza - ils m'ont envoyé ce qu'ils veulent voir dedans, je l'ai transféré au Directeur de Production mais il veut un de tes coups d'oeil. Je m'occupe de ce qu'on a dit pour les maillots dès que Granger aura ouvert l'oeil, je vais passer prévenir les filles en attendant. »

Draco acquiesça, jetant un dernier regard au lit d'Hermione à quelques centimètres d'eux. Il culpabilisait un brin tout de même, parce qu'il s'en serait voulu s'il lui était arrivé quoi que ce soit de plus grave. Malgré ce qu'on disait, si l'agence Malefoy était aussi florissante e n'était pas par la terreur mais parce qu'ils s'occupaient bien des filles qu'ils géraient.

Et Hermione... Il esquissa un rictus. Elle était un peu plus que ça, cette sale gamine qu'il avait ramassée au fin fond d'une auberge miteuse. Qui avait supporté - du mieux qu'elle pouvait - un dîner avec sa famille. Une rencontre avec cette horreur d'Ombrage. Au final, peut-être qu'il avait fait le bon choix ce jour là, quand il avait posé ses yeux sur l'embryon de papillon qu'avait été Hermione.

Bien sûr elle n'était pas à son apogée, le serait quand elle présenterait la marque phare de Slytherin - mais c'était déjà une remarquable avancée.

Il la fixa une dernière fois. Remonta son regard jusqu'à Pansy, qui le dévisageait en attente d'une vraie réponse.

« Très bien. » lui accorda-t-il. « Je passerais, dis juste à Alica d'échanger avec Morag, je vois plus un dégradé de pigmentation pour les maillots - c'est peu original, mais ils demandé quelque chose de traditionnel alors ça ira. Tu peux y aller. »

Pansy fit passer son regard de lui à Hermione, gravant un sourire sur ses traits.

« Elle ne va pas s'envoler - ni mourir - tu sais. Je me demande ce qu'en penserait Zabini et Théo... Malefoy, entiché d'une sang-de-bourbe... Et c'est Maraug !» finit-elle sur un ricanement, avant de disparaître.

« Arrête avec ce mot, espèce de sale garce ! » eut-il à peine le temps de répliquer, pas vraiment fâché. Il secoua la tête en levant les yeux au ciel, repensant au terme avec un mélange de nostalgie et de honte.

Sang-de-bourbe, non mais vraiment...

Quand Draco avait été jeune - oui un jour, il y avait longtemps - il avait eu le cerveau ravagé par les stupidités de sa famille. Parce que grandir entre deux fanatiques des papillons, une artiste psychopathe et une illuminée n'aidait pas à la croissance mentale aussi riches soient-ils. Et donc, petit Draco avait été persuadé d'avoir un sang supérieur à la plèbe, s'arguant petit seigneur royal humain.

Bien sûr, rien n'avait changé du côté de sa suprématie et il était désormais clairement établi qu'il était supérieur en tout point à n'importe qui - mais des cours approfondis d'anatomie lui avait permis de constater que non, le sang des pauvres n'était pas composé de boue.

Résultat, Blaise comme les deux autres le tannaient depuis avec cette insulte inventée par ses soins. Sang-de-bourbe... Il ricana, se demandant ce qu'en penserait Granger s'il lui jetait ça à la figure.

Elle répliquerait sûrement en renvoyant un objet lourd et douloureux. Draco rit en y pensant, s'asseyant au bout du lit de Granger. Dommage qu'elle ne soit pas jolie, parce que sinon il l'aurait sûrement mise dans son lit.

Peut-être même plusieurs fois, jugea-il en la dévisageant dormir. Et il était sûr qu'elle n'aurait pas dit non, parce qu'après-tout, personne ne lui avait jamais dit non, à part... A part elle. A part Astoria - mais Astoria était un souvenir auquel il se refusait de penser. Parce qu'il garderait toujours une place spéciale pour Astoria dans ses pensées, combien même elle le haïssait.

Il se perdit un moment dans ses pensées, forgées d'une magnifique fille brune dont il revoyait encore les larmes furieuses et les cris, avant qu'il ne la revoie plus, n'en entende plus parler - si ce n'était par les potions de Pansy et de ces fichus salons de thé.*

Avant de finir par se lever et de quitter la pièce, jouant nerveusement avec sa chevalière.

Sans se rendre compte qu'Hermione avait enfin ouvert les yeux, s'étant réveillée depuis le départ du médecin. Elle se redressa dans son lit de fortune, assimilant encore ce qu'elle venait d'entendre - et comment ça elle avait au moins cinq kilos à perdre ? Depuis son départ de la tête du sanglier, elle en avait perdu trois !

Elle pesta encore quelques secondes, avant qu'elle ne se souvienne de tout ce qui c'était passé récemment. Elle avait fait le point sur Ron et son débranchement ces derniers jours, même si y penser lui faisait toujours monter les larmes aux yeux. Mais les Weasley ne pouvaient pas être blamés, cette situation durait depuis bien trop longtemps et voir leur fils, leur frère dans cet état devait être un véritable supplice. Mais Hermione n'arrivait aps à ce faire à l'idée, au fait que jamais plus elle ne verrait Ron, ni ne pourrait lui parler.

Elle se demandait même si ce serait correct qu'elle assiste à son enterrement... Que de pensées joyeuses qui finissaient par la mettre en larmes, roulées en boule au fond d'un lit et crachant sur la glace parce qu'après tout elle ne pouvait pas se permettre de grossir. Une vie extrêmement joyeuse. Heureusement que son nouveau métier était là pour lui changer les idées.

Suite à la demande d'Ombrage qu'Hermione pose pour la nouvelle montre dont elle possédait des parts avec le thème Luxure et Danger, Malefoy et Pansy s'étaient démenés dans tout les coins pour emprunter des mannequins dans l'agence Malefoy, établissant des contrats de dernières minutes et filant s'installer sur une des 'îles privées du blond. Tout ça pour un maudit contrat, s'éberlua-t-elle une fois de plus. Toujours est-il qu'ils avaient fait cap sur l'île, en compagnie d'une troupe d'environ huit ou neuf mannequins magnifiques.

Si Hermione avait été immédiatement intimidée, tant par leur grâce - elles semblaient flotter au dessus du sol - que par leur minceur, elle s'était attendue à une ambianc edigne des pires émissions de télé-réalité. Quelque chose du genre " Entre jalousie et rivalités, neuf candidates lâchées sur une île paradisiaque. Concourant toutes ou presque pour le coeur du célèbre Malefoy, sauront-elles dépasser leur orgueil pour s'entendre ?" mais toutes avaient été agréables, certaines plus que d'autres.

Ce fut pourquoi elle ne fut pas plus déstabilisée que ça lorsqu'une d'entre elle fit irruption dans l'infirmerie vide, n'apercevant qu'une masse rousse,avant qu'on ne lui saute dessus.

Hermione faillit mourir étouffée lorsque cinquante kilos atterrirent sur elle, demandant grâce d'une voix suppliante.

L'autre fondit en un éclat de rire brutal, s'asseyant de façon très décomplexée sur Hermione, une jambe de chaque côté de son buste. Hermione dévisagea la peau criblée de tâches de rousseur - pire que Ginny -les boucles rousses désordonnées et le grand sourire qui lui mangeait le visage. Avant de soupirer d'une voix lasse.

« Maraug... Descend de là, j'étouffe ! »

« Tu étoufferais moins si tu n'étais pas tombée comme une idiote au milieu d'une foule de requins. Tu te disais quoi, au pire je finis mangée, au mieux je me noie ? »

« Tu crois vraiment que j'ai fais exprès ? » protesta Hermione en tentant de se redresser.

L'autre la fixa avec un oeil sceptique.

« On sait jamais. Alors ? Qu'est-ce qu'ils ont dit ? Ils ont parlé de Lancôme, ça fait deux heures qu'on attend avec les filles d'avoir des nouvelles ! »

« Je vais bien, merci de te soucier de ma santé... »

« Tu n'es pas morte non ? Alors arrête de te plaindre un peu. Alors, ce parfum ? »

Hermione leva les yeux au ciel, consternée.

« Maraug MacDougak » déclara-t-elle « Tu es une femme vénale. Maintenant lève-toi s'il te plait, avant que je n'informe Malefoy que je ne peux plus poser parce que tu m'as broyée les côtes. »

La rousse obtempéra en un clin d'oeil, basculant sa jambe gauche pour s'asseoir aux côtés d'Hermione. Elle leva ensuite des yeux intéressés vers la brune, attendant son information comme un chien son os.

« Ils en ont parlés - ils vont changer Alicia avec toi. Une histoire de pigmentation - ils veulent faire un dégradé. »

Maraug leva le poing en l'air, poussant un cri satisfait, avant de reprendre à toute allure.

« Ça, ça veut dire forcément qu'on est avec Gaby, Angelina et Cho. Ils voudront forcément que ce soit le trio Hestia-Lavender-Alicia pour l'autre - je ne me rappelle plus quoi. Mais ça aurait été plus joli pourtant, réfléchit-elle. Les classique, rousse, brune, blonde - Alicia va casser ça. Ou peut-être que c'est fait exprès ? Peu importe. JE SUIS DANS LA PUB POUR LANCÔME ! »

Elle échangea un regard avec Hermione, entièrement satisfaite.

« Tu sais ce que ça veut dire ? » gloussa-t-elle.

« Que je vais devoir te subir pour cette séance ? »

Maraug ignora l'air fataliste d'Hermione.

« Ne dis pas de bêtises. Ça veut dire que je vais devenir encore plus riche ! »

Et Hermione soupira, envisageant très sérieusement de se cogner la tête contre le mur - plusieurs fois. Pourquoi fallait-il qu'elle quitte des filles complètement dingues que pour en retrouver d'autres, dix fois pires ?

Puis Maraug commença à attraper son oreiller pour entamer une gigue endiablée avec et elle se souvint qu'après tout, c'était pour ça qu'elle les appréciait. Même si ça pouvait être une bonne idée de l'arrêter avant qu'elle ne renomme le coussin Gilbert et lui passe la bague au doigt.

Quelle bande de dégénérées sourit-elle.

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« Ça ira pour aujourd'hui les filles, vous pouvez partir ! »

L'appréciation finale du directeur de production les fit lâcher un soupir de soulagement, chacune massant ses hanches endolories ou ses membres ankylosés. Hermione eut un sourire discret en les voyant faire, se faisant la remarque qu'après tout elles étaient identiques. Gabrielle Delacour se laissa tomber sur le sable, fermant les yeux, tandis que les autres l'imitaient, exténuées.

Hermione finit par les imiter, maugréant contre elle-même.

Si elle avait pu se voir à ses débuts, près de deux mois plus tôt, elle se serait fichu des baffes avec ses théories stupides. Elle avait pu remarquer, que oui, le métier de mannequin était un métier - et éprouvant.

« Ça vous dirait de visiter un peu l'île ? » proposa-t-elle en se relevant. « Je ne sais pas quand est-ce qu'on part mais ça pourrait être sympa de regarder le coin. Partantes ? »

Fidèle à elle-même, Maraug sauta sur ses pieds, acquiesçant à grand coups de hochement de tête. Suivie de près par Angelina, mannequin réputée pour Nike, et toujours prête pour un peu d'action. Les deux autres cependant eurent un long regard coulant avant de secouer la tête de négation : crapahuter dans la jungle, très peu pour elles.

« On devrait prévenir notre agente Miss Parkinson, non ? Histoire qu'elle ne nous cherche pas partour pour un photoshoot de dernière minute. »

Hermione hocha la tête à la réflexion d'Angelina, grande et mince afro-américaine aux longues dreadlocks argentées. Elle se retourna néanmoins vers la soeur de Fleur Delacour - elle avait failli en faire une syncope en le découvrant - et sa compatriote Cho Chang pour vérifier leur choix. « Sûres ? C'est peut-être notre seule chance de visiter un décor pareil. »

« Pour toi peut-être » répondit Gabrielle Delacour d'un ton traînant. « Mais j'aurais d'autres opportunités, alors va te perdre dans la boue et les serpents mais sans moi. »

« Dommage pour toi, tu verras quand on reviendra toutes musclées et que tu auras le corps mou à force de traîner paresseusement sous le soleil » répliqua Maraug avec un ton amusé. L'autre leva les yeux au ciel, lui faisant un magnifique doigt d'honneur qui la fit rire de plus belle.

Hermione secoua la tête, encore un peu choquée. Si Maraug comme Gabrielle savait que leurs échanges n'avaient rien de venimeux, vu de l'extérieur ça semblait tout de même assez... violent. Enfin bon.

« Donc. Trouver Pansy. » récapitula-t-elle en chassant le sable de sa peau. « Je ne doute pas qu'elle nous l'accorde - elle sera ravie qu'on ne traîne pas dans ses pattes pour la déranger. Allons-y. »

Les deux autres la suivirent alors qu'elles partaient à la recherche de Pansy - excitées. L'île avait l'air magnifique et le point de vue qu'elles auraient une fois la colline grimpée promettait d'être époustouflant - le bleu du lagon mêlé au vert de la végétation. Avec un peu de chance elles apercevraient même les ailerons des requins nourrice.

Une fois devant la porte du bureau de leur agente, elles s'arrêtèrent, se jaugeant du regard.

« Qui entre ? »

Hermione manqua d'éclater de rire - tant elles ressemblaient à des étudiantes terrorisées devant le bureau d'un professeur.

« Je le fais, si vous voulez. » se proposa-t-elle. « Je vis presque avec Pansy, vous savez, j'ai... l'habitude si on peut dire, de ses crises de nerfs. »

« Attends, tu vis avec elle ? » intervint Angelina, interdite. « Mais pourquoi ? »

« Je n'en ai aucune idée - ça fait partie du contrat que j'ai signé. Au départ c'était simplement pour m'avoir sous la main - mon ancien appartement était vraiment... » Elle grimaça, continuant. « Enfin, peu importe, mais ça a continué - et on se partage maintenant le loyer. Qui est cher » grinça-t-elle. « Très cher. »

« Tu te rends compte que tu vis avec notre... agent ? » reprit Moraug, toute aussi surprise. « C'est un peu comme si tu allais dîner chez les parents de ton patron ! »

« En parlant de ça... » murmura-t-elle, gênée.

« Nooon ? »

« Si » avoua-t-elle aux deux visages hallucinés qui lui faisaient face. « Mais je croyais que c'était normal ! Vous n'avez pas toute fait ça ? Je veux dire passer du temps avec Malefoy pour qu'il se fasse une idée de qui vous êtes ? C'est ce qu'il m'a dit pourtant. Que c'était pour savoir quels contrats me conviendraient ! Cerner ma façon d'être ! »

« Alors là, je peux t'assurer ma chérie, que la seule chose que l'on ait jamais fait avec Monsieur Malefoy c'est de défiler devant lui. Il nous jugeait du regard, nous posait quelques questions mais nous ne l'avons jamais approché en dehors des photoshoots. C'est le grand patron, rien que le fait qu'il soit là est déjà extraordinaire - il pourrait très bien tout refiler à quelqu'un d'autre. » expliqua Angelina, un sourcil haussé. « Tu dois lui avoir tapé dans l'oeil pour qu'il passe du temps avec toi personnellement. »

Hermione eut un rire jaune à cette idée.

« Ça ne risque pas, les seules remarques qu'il m'ait jamais faîte c'est à quel point je suis laide. »

« Mais quel con ! » explosèrent-elles, encore plus sous le choc. « Il t'a vraiment dit ça ? » demanda Angelina alors que Maraug pestait contre cet abruti congénital qui n'avait aucune notion de respect. « C'est contradictoire - il t'invite, mais t'insulte ? »

« J'ai arrêté depuis longtemps à essayer de comprendre les motivations de Malefoy. Ça me passe très haut. » haussa des épaules Hermione. « Alors, j'entre ? »

Les deux filles acquiescèrent alors qu'elle poussait la porte d'entrée, non sans avoir toqué - parce qu'elle restait polie quand même - interrompant Malefoy et Pansy en pleine discussion. Aïe, pas si polie eut le temps de songer Hermione avant qu'elle ne se fasse fusiller du regard.

« Parce que je vous ai engagée, vous croyiez avoir tout les droits ? Rassurez-moi, vous n'avez pas oublié la politesse au point des formalités d'usage ? Vous savez, Bonjour, Merci, Au revoir ? » persifla Draco sans pouvoir s'en empêcher. C'était plus fort que lui, à chaque fois qu'il la voyait, il ne pouvait faire autrement que de lui envoyer une pique.

« Bonjour... huh... je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger je... je- je repasserais. »

« Quitte à nous avoir interrompu - allez-y, vous ne pourrez pas tomber plus bas. »

« Draco, tu essayes de me voler mon rôle ? » sourcilla Pansy d'un air perplexe. « Tu voulais quelque chose, Granger ? »

La jeune femme brune se tordit les mains d'un air nerveux, intimidée d'une part par le regard polaire de Draco mais tendant de se reprendre. Elle se redressa, l'air plus assuré.

« Simplement venir vérifier qu'il n'y avait pas d'autre photoshoot prévu cet après-midi, MacDougal, Johnson et moi comptions faire une visite de l'île. Il n'y aura pas de problèmes ? »

« Mais il faudra un guide, je n'ai pas été prévenue, bon sang Granger si tu pouvais simplement te contenter de faire bronzette comme les deux asperges qui traînent sur la plage ça nous faciliterait la vie ! » pesta Pansy en pianotant furieusement un numéro sur son portable. « Je savais qu'on aurait prendre que des idiotes superficielles, ça nous aurait coûté moins cher. » Elle s'arrêta, semblant contrariée, avant de se retourner vers Hermione d'un air mielleux. « Tu ne voudrais pas devenir idiote, par le plus grand des hasard ? Histoire de remonter un peu le moral à mon nouveau porte-feuille. »

Hermione se contenta de sourire, ayant repris confiance.

« Une idiote serait passée par les cases UV et salons d'esthétique - ce qui n'aurait pas non plus ravi ton porte-feuille. »

« Ça c'est ce que n'importe quelle fille normale ferait - tu sais, Granger, se coiffer, se laver, se brosser les cheveux. Toutes ces choses que mon indispensable personne ait apporté dans ta vie. Bénie sois ma naissance. »

La jeune brune leva les yeux au ciel - amusée. De l'extérieur ça pouvait sembler étrange mais une relation plutôt cordiale s'était tissée entre elle et Pansy. Habiter ensemble devait aider car voir un cadavre déambuler entre la cafetière et les bouteilles de Cognac à six heures du matin détruisait une réputation, aussi impitoyable soit-elle.

Draco lui les regardait avec ahurissement - complètement perdu. Depuis quand est-ce que Pansy réagissait comme ça ? Depuis quand est-ce qu'elle plaisantait, souriait ? Ça aurait été n'importe qui d'autre, que l'attachée de presse l'aurait envoyé balader, l'insultant et prétendant qu'elle lui faisait perdre son temps, mais là elle s'exécutait ? Elle cherchait à l'aider ?

Que Merlin l'en préserve, où donc était passé la vraie Pansy ? Celle qui tordait le cou aux poussins pour s'en faire des gants dès six ans ? Celle qui avait bâti son propre empire sous le dos de ses stagiaires morts au passage ? Enfin celle qui - selon les rumeurs - buvait du sang de vierge tout les matins au petit-déjeuner pour cultiver sa beauté et sa jeunesse ?

« Pansy tu- » commença-t-il avant de s'interrompre, sans vraiment savoir par où commencer. Il se contenta de décocher un regard polaire à Granger, préférant tout lui apposer sur le dos. Qu'est-ce qui était en train de se passer ?

« Bon, Granger. » reprit Pansy en décrochant son portable de son oreille. « On va avoir un problème - le moindre guide est à des kilomètres à la ronde, il y a zéro carte vu que cette île privée est le trou paumé du monde et personne ne la connait suffisamment ici pour être capable de vous guid- » L'asiatique s'arrêta brusquement, une pensée semblant lui avoir traversé l'esprit.

Il échangea un regard perplexe avec Hermione, avant de détourner rapidement les yeux, agacé par lui-même.

L'attachée de presse se versa une nouvelle rasade d'alcool, affichant soudainement un air très satisfait. Trop satisfait même, accentuant sa ressemblance avec un félin ayant attrapé une souris, étant donné qu'elle se permit de montrer un petit rictus en coin - le rictus. Celui que Draco ne connaissait que trop bien, pour avoir été bien longtemps synonyme de très très mauvaise nouvelle.

En effet, à chaque fois - et c'était moins rare qu'on ne le pensait - que Pansy se permettait de l'afficher, Draco était sûr que ça allait sentir mauvais pour lui. Etonnamment jamais pour Théo ou Blaise, non, c'était seulement lui qui prenait cher.

C'est pour cette raison que lorsqu'elle se tourna vers lui, le narguant ouvertement avec son rictus, qu'il déglutit - mal à l'aise.

« Draco... ? »

Et merde.

.

.

.

Il haïssait sa vie. Oui - parfaitement. Draco Malefoy haïssait sa vie et ce n'était certainement pas un petit bouseux dans votre genre qui allait protester et lui dire que non, mais qu'est-ce que tu racontes, tu es parfait, tes cheveux sont parfaits, ton nez est parfait, ta bouche est parfaite, tes orteils sont parfaits, tes rognures d'ongles sont parfaits car OUI IL HAÏSSAIT SA VIE. Point. C'était comme ça.

Bon. A bien y réfléchir, il était beau, oui car ça c'était un fait. Déjà parce qu'on ne pouvait être parfait - et c'était ce qu'il était, soyez un peu attentifs bon sang - sans être beau, et deuxio parce qu'il était Draco Malefoy. C'était comme ça, c'était écrit dans ses gênes.

Sa mère avait été une mannequin magnifique, son père était beau. Son grand-père avant lui, et même son arrière grand-père - bref. Fait établi : Un Malefoy était toujours beau - sauf son cousin laid comme un pou mais ne parlons pas des sujets qui fâchent. De toute façon, c'était certain, il avait dû être adopté.

Toujours est-il qu'il était beau, intelligent, riche comme Crésus et en parfaite forme physique. Pas trop malheureux non plus, ni plongé dans la solitude ou dans l'ennui - une vie formidable. Qu'il haïssait.

Parce que tout beau et tout parfait qu'il fut, son autorité semblait fondre comme neige au soleil dès qu'il croisait le rictus de Pansy Parkinson. Diable réincarné s'il en est, Devils Wear Prada ayant dû s'inspirer de cette dernière.

Et celle-ci le Mal sur Louboutin, cachant adroitement ses cornes et sa queue fourchue sous des robes hors de prix - mais lui ne s'y trompait pas, non, non, non, il l'avait démasquée et filerait voir un prêtre dès qu'il serait sorti de là parce que-

« Malefoy, tu t'en sors ? » hurla une voix au loin, le coupant dans ses pensées. Il pesta quelque secondes contre elle, cette stupide sang-de-bourbe (non il n'avait pas honte d'utiliser ce mot) qui l'avait attiré dans ces emmerdes-

« Hé oh ! Malefoy ! Tape deux fois si tu es encore en vie ! »

Le blond entendit clairement des rires étouffés - il se jurait de les faire bouffer par des requins nourrices ces deux idiotes qui gloussaient dès que Granger ouvrait la bouche - et pesta davantage.

« PUISSIEZ-VOUS MOURIR ! » hurla-t-il, se dépêtrant comme il le pouvait au milieu de la végétation trop dense.

Parce que oui - Pansy l'avait lâché au milieu de la flore. Plus exactement elle l'avait envoyé comme guide pendant la randonnée improvisée de Granger et sa troupe, prétextant que vu que l'île lui appartenait, il devait la connaître comme sa poche. Ce qui n'était pas entièrement faux si l'on estimait que l'île comprenait la surface entre le bar, la chambre à coucher et la plage mais la détromper aurait été suicidaire.

Résultat, il s'était retrouvé à patauger dans la boue, Granger à dix mètres devant et ruinant complètement sa tenue hors de prix.

La sortie idéale.

Quelques mètres - et près d'au moins une demi-heure plus tard - il tomba sur la dite Granger, assise tranquillement sur un rocher et tressant consciencieusement une fleur dans ses cheveux. Pas le moins du monde essoufflée, le teint joliment halé et très calme. Un journaliste aurait tout donné pour prendre une photo à ce moment-là, lui complètement rouge, cheveux en bataille, souffle court et jean roulé sur ses chevilles à cause de la boue qui les maculait. Magnifique.

« Je commençais à me demander si tu étais réellement mort » annonça-t-elle d'un ton tranquille. « Il fallait prendre des chaussures plus adaptées qu'une paire de tongs, n'est-ce pas ? »

« Si j'avais su à quel point tu serais agaçante, j'aurais choisi ton amie la rouquine » marmonna-t-il d'un air ennuyé, alors qu'elle se relevait, sans en prendre ombrage.

« Vous auriez choisi une rousse ? Vous ? » repassa Hermione au vouvoiement, riant en repensant à son dégoût vis à vis des Weasley.

Il esquissa une grimace, arrivant à sa hauteur. « Peut-être pas. Tu peux me tutoyer, Granger, j'estime que c'est un moindre mal après avoir discuté capture de papillon avec mon oncle...»

Cette fois ce furent les deux qui grimacèrent, ne se rappelant que trop bien ce désagréable souvenir.

La marche reprit d'un pas bien plus rapide - maintenant qu'ils avaient quitté la lumière, filtrée par les feuilles, se teinta d'une couleur vert de jade suite à l'effet du soleil, s'éclaircissant davantage au fil des minutes.

« Il y a une question que je me posais. » demanda-elle, après que Draco l'ait aidée à enjamber une souche pourrie. Souche qui avait manqué de le faire tomber, tant ses chaussures s'enfonçaient dans l'écorce ravagée par les mites.

« Laquelle ? Du moment que tu ne demande pas pourquoi est-ce que je me suis fourré volontairement dans cet escarpade suicidaire... »

Hermione fit teinter son rire de clochette en échos dans la forêt déserte avant de lever les yeux en l'air et de le taxer d'une tape amicale sur l'épaule. Il lui adressa un regard interloqué - ce n'était certainement pas Chang ou Carrow qui se seraient permis ne serait-ce que de le toucher - la faisant s'arrêter, une main sur la bouche et posant un regard ahuri sur sa personne.

« Oh mon dieu, je suis désolée ! J'avais l'habitude de faire ça avec Ron et.. »

Draco lui attrapa le poignet alors qu'elle tentait de s'éloigner, la ramenant vers lui. Il sourit avec un air moqueur en effleurant la fleur tressée dans sa natte, avant de la relâcher.

« Je ne vais pas me vexer parce que tu m'as touché, Granger. » protesta-t-il, un brin vexé.

« On ne sait jamais » finit-elle par lui concéder, encore un peu contrite. « Vous- tu aurais pu le faire. Je ne te connais pas. Enfin mis à part qu'il faut un grand M pour Manipuler le papillon »

Il poussa un soupir exaspéré, avant de se masser l'arrête du nez, la fusillant des yeux.

« Tu ne me lâcheras jamais avec ça, hein, femme ? »

« Femme ? » pépia-t-elle d'un ton indigné. « Femme, vraiment ? »

Draco écarta une fougère du revers de la main, ouvrant le passage vers un tunnel sauvage, en mousse. Il fit un mouvement galant du bras et Hermione s'engouffra à l'intérieur sans cesser de marmonner des insultes féministes, d'un air renfrogné. Il roula des yeux en entrant à sa suite, vérifiant néanmoins d'un oeil incisif l'existence d'éventuelles créatures.

Au cas où.

« C'est dingue, ça. Femme » répéta Hermione, presque blasée. « Tu sais, je trouve ça hallucinant que le terme homme paraisse si valorisant alors qu'au contraire appeler une femme : femme paraît si péjoratif. Nous devrions être fières d'en être, fières de recevoir ce nom ! Et au lieu de ça, c'est associé aux femmes des cavernes. »

Elle secoua la tête d'un air affligé, le faisant soupirer faussement. Ils franchirent une rangée de buissons sauvages, constellés de petites baies rouges. Draco tendit le bras pour en attraper une, s'agissant très certainement de groseilles ou de fraises des bois lorsqu'Hermione lui tapa sur le poignet, le gratifiant d'un regard agacé. Il haussa les épaules - mi-perplexe mi-surpris.

« Ne me dis pas que tu es pour la protection de la flore sauvage, Granger, ce serait trop - même pour toi. » ricana-t-il, un sourcil haussé.

Un sourire clairement amusé se dessina sur ses lèvres, le faisant sourciller davantage.

« C'est de l'if, pauvre idiot, mange en et tu peux être sûr de finir à l'hôpital. Même les bêtes n'en veulent pas. If à baies, conifère bien connu pour sa toxicité, présent dans toute l'hémisphère- » récita-t-elle, avant d'être coupée par Draco.

« Je te crois, Miss-Je-Sais-Tout, pas besoin de me réciter l'ensemble de sa page Wikipedia. »

Il s'en éloigna avec une moue dégoûtée, reprenant son chemin.

Au bout d'une centaine de mètres, la lumière commença à évoluer vers le vert jaunâtre, traduisant l'absence de végétation, les faisant accélérer, impatients. Et pour la première fois qu'il était entré ici, Draco ressentit un fourmillement d'excitation.

En silence, ils dépassèrent les dernières fougèrent avant de faire irruption dans une des plus jolies clairières qui leur avait été donné de rencontrer. Cernée par de grands arbres, des tâches d'ombres garantissaient le confort au randonneur un peu curieux, tandis qu'en son centre elle était tapissée de fleurs, ensoleillée. Le rond central était décoré par des fleurs violettes, jaunes et blanches, donnant un air de campagne chaleureuse à l'endroit.

Un peu plus loin ruisselait une source fraiche, le soleil tapant directement sur l'eau lui attribuant des propriétés scintillantes. Celle-ci coulait en doux clapotis, brisant le silence instauré par l'absence des oiseaux. Grand astre brillant, le soleil illuminait la place, en la noyant sous un halo de lumière mordorée.

Il fit un nouveau pas - intimidé. L'herbe fraiche et verdoyante chatouillait les chevilles à nu de Draco, le faisant sourire, alors qu'il se retournait pour partager ce moment avec Hermione.

Elle était restée en arrière, hésitante. Comme si elle n'osait pas troubler la quiété de l'endroit par sa présence, chaque pas étant fait avec réticence. Il l'invita à venir d'un ample mouvement du bras, sans comprendre, avec un sourire encourageant.

« Alors, qu'est-ce que tu fais ? Ton apparition ne va pas faire tout s'effondrer, tu sais. » précisa-t-il, ne se gênant pas pour balancer ses tongs, la douceur des l'herbe sous ses pieds.

Hermione fit par avancer, toujours de son air circonspect. Elle s'assit à ses côtés avec délicatesse - tandis qu'il s'était à moitié jeté au milieu des fleurs - sans oser bouger.

« C'est bieeen - maintenant tu peux profiter. »

Elle lui décocha un regard sidéré auquel il répondit par un haussement des épaules.

« Okay, c'était pas terrible.» accorda-t-il. « Mais ce n'est pas magnifique ici ? »

« Encore plus beau que tout ce que j'aurais pu imaginer. » admit-elle. Hermione finit par accepter de s'étendre dans le champ de fleur, éclatant d'un petit rire amusé. Rire qui redoubla lorsque Draco la regarda bizarrement, essayant de comprendre le cheminement de ses pensées.

« Je me disais que cette place sonnait comme terriblement romantique et qu'y croiser un couple courant l'un vers l'autre au ralenti ne m'aurait pas étonnée. »

« ... »

« Tu es vraiment étrange, Granger. »

« Tu n'es pas d'accord ? » reprit-elle, désignant l'endroit d'un ample geste du bras. « Regarde. Là-bas, il y aurait une blonde en maillot de bain blanc qui serait en train de courir, top-less ou presque, cheveux volant dans le vent et le tout au ralenti. Puis elle s'arrêterait, relèverait ses cheveux puis boirait une bouteille d'eau, le tout en se renversant la moitié sur le corps. »

« En bref, la nouvelle pub de Gentside avec Lindsey Pelas. » observa-t-il, avec un rictus amusé.

Elle se retourna vers lui en un mouvement rapide, en lui rendant son sourire. Puis elle sembla comprendre ce qu'il venait de dire et elle sourcilla, un air incrédule sur le visage.

« Noon... Tu me fais marcher ? C'est... ça existe vraiment ? »

Il acquiesça en se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas rire, sur le point de craquer.

Heureusement pour lui, Hermione ne commenta pas et se contenta de secouer la tête d'un air dubitatif, se rallongeant dans l'herbe. Il pivota pour pouvoir mieux la regarder, étrangement insatiable. La légère brise emmêlant ses cheveux - déjà de nature broussailleux - et ébouriffant l'herbe, érigée autour de sa silhouette immobile. Il se surprit à la trouver jolie, ici, au milieu des fleurs, une rose dans sa tresse et avec son sourire satisfait.

Sans y faire attention, il effleura de ses doigts la surface satinée de sa peau - émerveillé. Elle frissonna, sans pour autant le rejeter, alors qu'il approfondissait sa caresse, appréciant la douceur fraiche qu'il sentait sous son toucher. Sa paume courut le long des veines bleuâtres de son poignet, remontant jusqu'à son avant-bras - perdant alors le contrôle.

Sans réussir à se retenir, il se pencha vers elle, humant à plein nez son parfum - collant toujours à sa peau malgré qu'elle ait crapahuté dans les bois. Une odeur douce et sucrée, unique, qui lui mit l'eau à la bouche, et ce fut trop tard. Instinctivement il se pencha, apposant ses lèvres sur celles d'Hermione - baiser qu'elle approfondit en s'agrippant à lui, une main passée dans ses cheveux.

Hermione eut à peine le temps de savourer leur douceur qu'il la repoussa, interloqué. Un peu sous le choc, vu qu'il se recula en balbutiant. Et qu'elle même réalisa ce qui venait de se passer.

« Granger-je... »


* Réf chapitre 1 : Vous vous en souvenez ?

Vous me détestez - je sais. Mais si je dis que moi je vous aime, ça rattrape ? :D Autant de temps pour finir ce chapitre sur un cliff-hanger... Hum. Pardon ? Mais juré, juré, cette fois il n'y aura pas autant de temps entre les dates de publication - je vais essayer de faire de mon mieux. Même si cette année je passe mon bac alors ça va être un peu chaud-chaud mais on va y arriver - ne désespérons pas.

XOXO

PS : Comme toujours, n'hésitez pas à laisser un petit mot, c'est super motivant et ça entretient une relation auteur-lecteurs !

PPS : En m'inspirant d'une fic géniale, je me suis dit que ça serait sympa de vous donner des informations sur les mannequins, donc le nom de la mannequin qui sera le plus choisie parmi les reviews sera celle qui aura une petite fiche descriptive pour vous aider à mieux la cerner ! Famille, histoire, caractère, relations, etc.

Liste des Mannequins ( tout les noms sont tirés d'étudiants d'harry Potter)

- Maraug MacDougal : Écossaise rousse bouclée, peau blanche, beaucoup de tâches de rousseurs, yeux bleus - Jessica Chastain

- Alicia Spinnet : jeune femme métisse, origine indienne, cheveux lisses noirs.

- Angelina Johnson : jeune femme afro-américaine , dreadlocks. Tomiko Fraser

- Gabrielle Delacour : Jeune femme blonde : Candice Swanepoel

- Cho Chang : Jeune femme asiatique (Voir actrice)

- Lavender Brown : Reese Whiterspoon, jeune femme blonde , un air un peu "cruche"

- Hermione Granger (Emma Watson)

- Hestia Carrow : peau claire, yeux bleux, cheveux noir : Adriana Lima (Ce qu'elle est magnifique T_T)