Bonjour à tous, je pense que vous aimerez ce nouveau chapitre, je suis en pleine inspiration, j'ai déjà cinq chapitres d'avance et je vous promet des rebondissements à chacun d'entre eux. J'espère vous avoir laisser sur votre faim au dernier chapitre ( Ah notre Sakura va donc au Capitole) et qui donc va lui tenir compagnie ? Je ne spoile pas bien sur ;)

Je tiens à remercier les mises en alerte et favoris, et les stats qui me montrent plus de lecteurs français et canadiens (québécois est ce plus politiquement correct?) et j'espère que vous êtes restés car ca va devenir de plus en plus interessant. Si le chemin jusqu'aux Jeux vous parait long, je m'en excuse mais un crossover pareil avait besoin de bases logiques et solides et ça prend du tout (et puis je suis une bavarde invétérée alors...)

La longueur des chapitre augmente de plus en plus, je publierais tous les samedis et je tiens à remercier Miss de Lune, ma bêta, pour ses corrections et ses avis toujours interessants pour la suite. Et son enthousiasme débordant pour cette histoire il faut l'avouer.

Je ne vous obligerais jamais à reviewer pour avoir la suite ou autre, mais comme c'est ma première fic, avoir vos avis seraient d'une grande aide, telle que vos idées pour les Jeux ou votre avis sur les personnages introduits et/ ou leurs caractères... Reviews anonymes activés et bien sur, je vous invite à aller voir la traduction que je fais d'une fic de ce site, sur HG.

Bon je me tais maintenant pour vous laisser avec la suite de l'histoire ;D

Commencement

Un ensemble de Pacificateurs m'entoura et me guida jusqu'à la scène. Des applaudissements, des exclamations de toute sorte s'élevèrent autour de moi. Je regardais fixement devant moi, je crus entendre Peeta crier lors de mon passage mais je ne voulais pas écouter. J'arrivai rapidement devant la scène et j'y montai pour rejoindre l'envoyée du Capitole, qui ressemblait à un énorme bonbon rose géant.

Elle me tendit la main alors que je m'avançais vers le micro. Elle me sourit et prit ma main pour la projeter en l'air. « Et voici, pour représenter le district Douze, la jeune… » Elle se tourna vers moi.

« Quel est ton nom, ma chérie ? » murmura-t-elle

Je la regardais, ahurie. Cette situation me semblait grotesque. Dans quoi m'étais-je fourrée ?

« Sakura. Sakura Kinomoto. »

Elle me sourit de ses lèvres écarlates. « Et voici donc, mesdames et messieurs, Sakura Kinomoto. »

Je vis alors dans la foule Prim qui pleurait à chaudes larmes, encore mortifiée, dans les bras de Katniss. Cette dernière me fixait, une lueur de reconnaissance dans le regard. Elle semblait encore sous le choc, tenant Prim comme si elle allait s'évaporer d'un moment à l'autre. Je cherchai Peeta dans la foule mais il y avait tellement d'agitation que je ne le trouvai pas.

Je fixai alors l'horizon, complétement anesthésiée.

« Maintenant, passons aux hommes. Pour désigner le jeune homme qui accompagnera la charmante Sakura au Capitole. »

Elle s'éloigna de moi et s'approcha d'une autre urne ronde remplie de papiers, de l'autre côté du micro. Elle plongea sa main et je pouvais sentir la foule se crisper. Ils avaient tous un visage grave, des mines de frayeur et surtout résignées. Personne n'allait se désigner volontaire, comme je l'avais fait.

La voix haut perchée de cet énergumène retentit une nouvelle fois lorsqu'elle se rapprocha du micro. « Et le tribut mâle pour les 74èmes Hunger Games sera … Peeta Mellark. »

Je poussai une exclamation silencieuse, ma voix coincée au fond de ma gorge. Je sentais que j'allais vomir. Comment était-ce possible ? Il n'avait qu'une seule voix. Comme Prim. Ça ne pouvait pas être une coïncidence, deux personnes qui ont été en contact avec moi, deux personnes qui m'ont aidée et que j'ai aidées. Deux personnes avec une chance quasi impossible d'être choisie. Non. Ce n'était pas une coïncidence.

Je vis alors Peeta sortir de la foule de garçons, empoigné par un Pacificateur. Il ne semblait pas apeuré pourtant. Il semblait résigné, même … confiant ?

Non mais qu'est-ce que c'est que ce district de fous ? Qu'est-ce que je fiche ici bon sang ?

Il monta sur scène et se plaça instinctivement près de moi. Il me prit la main et fit le même geste que tout à l'heure avec cette femme, et la projeta en l'air. La foule s'exclama.

L'envoyée du Capitole semblait aux anges et s'exclama « Et voici mesdames et messieurs les tributs qui vous représenteront lors ces 74èmes Hunger Games. Et puisse le sort vous être favorable ! »

Sur ce, des applaudissements s'élevèrent de toutes parts, le jury se levait et après que la musique ait encore retenti, ils descendirent de l'estrade. Nous fûmes encore entourés de Pacificateurs et ils nous guidèrent dans l'hôtel de ville derrière nous. Peeta et moi fûmes séparés sans avoir le temps de nous dire un mot.

Je fus projetée dans une pièce, et ils me dirent que j'avais une heure pour dire mes adieux avant de monter dans le train.

Eh bien une heure à rien faire … Super …

Je m'assis sur un canapé miteux, aux couleurs pourpres mais néanmoins moelleux. Les vieux rideaux, lourds de poussières, dans leur velours côtelé jaune moutarde. Un goût vraiment douteux.

Je soupirai et balançai mes pieds sur un pouf environnant. Je posai ma tête en arrière et fermai les yeux, pour me reposer un moment.

Je fus tirée de ma courte sieste par un léger coup à la porte, je me redressai, alerte. Une heure était déjà passée ?

La porte s'ouvrit sur Katniss et le Pacificateur referma la porte d'un coup sec. Je me levai et nous nous prîmes dans les bras avec une force que nous n'avions jamais révélée avant. L'étreinte dura quelques minutes, nous ne voulions pas nous lâcher. Comme si rompre cette étreinte rendrait toute cette situation réelle. Réelle et dangereuse.

Elle s'écarta de moi et me regarda dans les yeux, me tenant par les épaules.

« Écoute-moi bien Sakura. Tu es forte. Et déterminée. Tu peux tous les battre et revenir. Tu peux le faire. »

Elle avait l'air si forte, si intense en ce moment même que je buvais ces paroles.

« Je sais Katniss. Je vais me battre. Malheureusement je ne pourrais pas utiliser tous mes … mes atouts. Je vais devoir être prudente. Et Peeta… Oh Peeta.. » Je me retournai, faisant les cent pas dans la chambre.

Je venais de m'en rendre compte. Un gagnant. Un seul. Tuer ou être tuée. Je ne pouvais pas tuer Peeta. C'était hors de question. Qu'allais-je faire ?

« Sakura, tu trouveras un moyen. Utilise toute l'aide possible. Mais promets-moi quelque chose. »

Je me retournai vers elle.

« Surtout, protège-toi. Tu as indéniablement sauvé la vie de ma sœur plus tôt. Alors promet-moi de tout faire pour revenir vivante que je puisse t'en être reconnaissante pour le reste de ma vie. »

Un éclat de rire mêlé à des sanglots s'échappa de ma gorge. « Je te le promets Katniss. Je te le promets. »

Elle me prit de nouveau dans ses bras. Le Pacificateur rouvrit la porte avec rudesse et somma Katniss de partir. Elle se tourna une dernière fois vers moi avant de sortir.

« Tout ira bien Sakura, avec toi, j'en suis sûre. »

Je lui donnai mon sourire le plus éclatant pour ce genre d'occasion et elle disparut dans le couloir noir malgré le fait que nous étions déjà proche de midi.

Je retournai m'asseoir mais il sembla qu'on ne veuille pas me laisser tranquille. Cette fois, la femme du Capitole apparut dans l'embrasement de la porte.

« Re-bonjour Sakura, je me présente, je suis Effie Trinket. Nous allons maintenant y aller, nous allons prendre un train. Tu n'as jamais dû en voir, nous allons traverser les douze districts à grande vitesse. Avec les mets les plus fins et un luxe digne du Capitole. Tu vas a-do-rer. » Elle semblait enthousiaste, sans faux semblants. Ne se rendait-elle pas compte de ce que cela impliquait d'être choisi ? J'étais vraiment dans un monde parallèle.

Je hochai simplement la tête, c'était une femme qui préférait être écoutée plutôt qu'on lui réponde. Elle sembla ravie et m'entraîna à sa suite. Je la suivis docilement jusqu'à la sortie de l'hôtel de ville, par la sortie secondaire, où une voiture luxueuse et aux vitres teintées nous attendait. Je m'engouffrai à l'intérieur et retrouvai Peeta qui était déjà assis, à regarder dehors. Je m'assis a côté de lui et il tourna alors la tête vers moi.

« Salut. » réussis-je à dire, ne sachant pas vraiment ce qui était d'augure dans ce genre de situation. Surtout avec la relation spéciale et quelque peu bizarre que nous avions. Je ne pourrais pas vraiment mettre de nom dessus.

Il se rapprocha de moi et me prit la main sur la banquette en la serrant très fort. Je le remerciai silencieusement et me retournai vers Effie. Elle s'assit avec toutes les manières possibles et donna l'ordre au chauffeur qui démarra en trombe.

« Il ne faut surtout pas que nous soyons en retard. Le planning est la chose la plus im-por-tan-te. Je suis intransigeante dessus. »

Je soupirai.

Elle serait capable de planifier notre propre mort. Et de nous achever si nous avions le malheur d'être en retard sur son planning...

Le trajet fut court et nous arrivions déjà à la gare du district Douze. Nous sortîmes sous un ciel assez gris, un vent froid balayait les quais. Un train aux allures futuristes, argenté et clinquant, nous attendait. Je remarquai qu'il n'utilisait pas l'électricité comme à notre époque mais sûrement une autre sorte d'énergie car je ne voyais pas de locomotive à charbon. J'examinais la gare aux allures délabrées, noire de suie à cause des effluves de la mine. Effie réglait les détails avec les Pacificateurs du district, sûrement pour le passage des 'marchandises' en bonne et due forme.

Je restais immobile, fixant mon reflet dans le métal du train en face de moi. Peeta se trouvait à mes côtés, les sourcils froncés. Je ne vis pas Haymitch, qui pourtant devait nous accompagner, il était sans doute déjà dans le train.

Et je vais sûrement me faire tuer avant même d'avoir mis les pieds au Capitole...

Effie revint vers nous avec un sourire éclatant. « Eh bien mes enfants, il est temps de se mettre en route. Vous allez adorer ce voyage. »

Nous hochâmes la tête, nous savions que nous étions certainement filmés. Le but de ce jeu était bien de rendre public le moindre de nos gestes jusqu'à notre mort. Nous la suivîmes à l'intérieur du train. L'intérieur était totalement décalé avec l'extérieur futuriste : des panneaux en bois pourpre, du mobilier qui paraissait venir des années 1900, des rideaux, tapis et tapisseries aux couleurs rougeâtres et en velours. Des broderies fines et de la vaisselle en porcelaine sur une table. Nous étions à ce qu'il paraissait dans la salle de séjour.

« Voici la pièce où nous prendrons nos repas. Vous aurez chacun votre wagon attitré avec salle de bain, chambre et un dressing qui est mis à votre disposition par le Capitole. Il faut vous mettre en valeur dès maintenant, les sponsors vous observent déjà ! » Dit Effie avec son air enthousiaste qui ne semblait jamais la quitter. « Allez vous débarbouiller, nous déjeunerons dans une demi-heure. Je vais essayer de retrouver cet ivrogne d'Haymitch. » Elle partit dans un froufrou de soie et de tulle rose. Nous restâmes interdits ne sachant pas vraiment où aller.

Un domestique vint alors nous voir. « Monsieur, Mademoiselle, veuillez me suivre s'il vous plait. »

Il traversa un wagon qui sembla être une sorte de salon cosy pou se reposer après les repas copieux offerts par le Capitole. Le wagon d'après était celui destiné à Peeta. Le majordome lui montra ses appartements pendant que j'attendais dans le couloir. Peeta sortit la tête par l'encadrement de la porte, « Je vais prendre une douche, tu me rejoins quand tu as fini toi aussi ? On pourra discuter avant d'y aller. »

« Si tu veux. » répondis-je d'un air absent. Je n'arrivais pas à me faire à la situation. Tout allait trop vite, tout le monde trouvait cela normal, les politesses en tout genre, quand on amène deux jeunes gens à une mort, tout simplement insoutenables.

Je soupirai et emboîtai le pas du domestique qui m'emmenait vers le prochain wagon, le mien apparemment.

Je le congédiai rapidement et m'assis sur le lit. J'avais une longue douche ce matin, et mes vêtements n'étaient pas sales. Je ne savais pas quoi faire, je laissais quinze minutes à Peeta avant de le rejoindre. J'allai dans la salle de bain, me lavai les mains et me peignis les cheveux. Je vis alors tous les produits de beauté du Capitole, chers et plein de fioritures. Qui aurait cru que le maquillage deviendrait un tel luxe un jour ?

Je reconnus certains éléments et commençai à me mettre une base claire pour ma peau. Je me poudrai d'un voile fin et léger, toujours clair, pour coller à mon teint. Je trouvai un rouge à lèvre rosé que j'appliquai avant de me mettre un soupçon de mascara et un coup de crayon noir, ou plutôt de fuseau noir. Il avait une texture que je n'avais jamais rencontrée. Je me regardai dans la glace et j'avais l'impression de me revoir quelques années auparavant, quand j'étais encore insouciante, avant que tout ne dégénère. J'aurais aimé connaître plus de temps calmes et reposants, sans devoir toujours en revenir à la magie et aux combats de pouvoirs qu'elle suscitait.

Je bus un verre d'eau avant de me mettre en route vers les appartements de Peeta. Le train semblait presque immobile alors que que le paysage défilait à une vitesse vertigineuse dehors. Nous avions quitté le district Douze car maintenant nous traversions de vastes champs d'arbres fruitiers, beaucoup de couleurs entremêlées, des fleurs sauvages à perte de vue avec quelques maisons parsemées entre les collines. Je passai la porte de connexion entre les deux wagons et arrivai devant la porte de Peeta. Elle était entrouverte.

Bon, il doit déjà m'attendre.

J'entrai dans la pièce, pourtant vide. Le jet de la douche s'éteignit quelques secondes plus tard.

« Peeta je suis là ! » annonçai-je d'une voix assez forte pour qu'il ne soit pas surpris.

« OK » répondis Peeta.

Je me rassis sur le lit et m'allongeai sur le dos, me laissant balloter par le doux ronronnement du train. Il sortit alors dans un nuage de vapeur et je m'appuyai sur mes coudes de manière lascive. Il portait simplement une serviette nouée autour de la taille et il fallait avouer qu'il n'était pas mal du tout. Le torse musclé, en forme de V, des épaules larges... Un adversaire de taille. À cette pensée, je me laissai retomber en arrière, la mine contrariée.

« Eh bien alors Sakura, tu n'es pas heureuse d'être la nouvelle tribut qui pourra brandir les couleurs du district Douze ? » Je sentais son air ironique et je préférai faire la moue.

Il reprit « Je pense qu'il faudra qu'on regarde la vidéo de la Moisson des autres districts pour voir à qui nous allons avoir à faire. Et puis je pourrais te montrer des vidéos des anciens Jeux. Vu que tu as été absente du district Douze quelques années, tu voudras peut-être voir le genre d'environnement dans l'arène. » Je lui jetai un regard en biais en relevant la tête. Il était maintenant en pantalon noir et cherchait un haut, le plus confortable possible vu la façon dont il repoussait d'office la soie, et cherchait des T-shirts dans un coton plus doux et moelleux.

« Oui je pense que nous devons étudier nos adversaires et nous préparer à toutes sortes d'éventualités. Mais Peeta, tu sais qu'il n'y a qu'un seul gagnant n'est ce pas ? » Ma voix s'étrangla légèrement à la fin de ma phrase.

Il eut un moment d'absence, la main en l'air au dessus d'un cintre. Il prit alors un T-shirt blanc, l'enfila et se tourna vers moi.

« Je sais Sakura, mais nous devons nous entraider. Je pense qu'on pourrait vraiment y arriver. Enfin que tu pourrais y arriver. »

Je fronçai alors les sourcils. »Que veux tu dire par 'tu pourrais y arriver'? Tu ne comptes même pas essayer ? » dis-je, un ton au dessus.

Il baissa les yeux et ça eut le don de m'énerver davantage. « Tu compte vraiment ne pas te battre ? Tu crois que je vais te laisser faire ? Bon sang Peeta, je n'ai pas besoin que tu meures pour que je gagne, j'ai besoin que tu vives, compris ? »

Il me regarda alors. J'étais redressée sur le lit et mes yeux lançaient des éclairs. « Il est hors de question que je perde ne serait-ce qu'une seule personne de plus. J'attire les ennuis à tous ceux que je rencontre. Alors je veux que tu me promettes de te battre. » Il évitait mon regard. « Regarde-moi quand je te parle, Mellark. » Il sursauta comme piqué au vif par mon ton devenu beaucoup plus froid.

Nous nous regardâmes, moi furieuse, lui la mine déconfite. Nous fûmes tirés de notre torpeur par un autre domestique qui vint nous rappeler que nous étions attendus pour déjeuner. Je me levai et passai devant Peeta, l'ignorant superbement, avant de prendre le chemin de la salle à manger. Je passai par le Petit Salon, et notai cette fois-ci la présence d'une télévision. Nous pourrions sûrement avoir accès aux archives dont Peeta parlait plus tôt. J'arrivai alors dans la salle: Effie et Haymitch étaient assis l'un en face de l'autre. Effie me vit et tapota frénétiquement la chaise à côté d'elle.

Elle me fixa jusqu'à que je vienne m'assoir à ses côtés.

« Oh ma chérie. Ça faisait si longtemps que je n'avais pas vu une fille du district Douze aussi jolie. Et tu sais te mettre en valeur. J'aurais moins de travail avec toi qu'avec ces souillons des années précédentes. » Je manquai de m'étouffer et de répliquer quand je croisai le regard d'Haymitch. On aurait cru qu'il voulait me désintégrer sur place. Il fit un léger 'non' de la tête et je me tus, acceptant les paroles offensantes d'Effie. Quel toupet celle-ci.

Peeta fit alors son entrée, son visage ne laissant pas transparaître d'émotions. Il s'assit en face de moi et je tournai la tête vers Effie, pour ne regarder qu'elle.

« Que va-t-il se passer maintenant ? » demandai-je, curieuse.

Elle se tapota les lèvres avec sa serviette, puis la reposa avec délicatesse.

« Eh bien ma chérie, nous allons arriver au Capitole demain soir. Ces districts sont un calvaire à traverser, si tu savais. Puis vous aurez une semaine d'entraînements, d'interviews et, pour couronner le tout, le bal qui est donné avant les Jeux. Cela vous permettra de rencontrer vous-mêmes les sponsors et de les séduire avec votre charme, et vous serez logés dans des suites magnifiques, mangerez comme des rois avec les festins du Capitole. Ça va être une expérience é-pous-tou-flan-te! » finit-elle alors que le déjeuner arrivait. Un timing du tonnerre.

Je vis alors ce dont elle parlait quand elle disait festin. Même si j'avais mangé à ma faim dans le district Douze, la viande et même les accompagnements n'étaient pas d'aussi bonne qualité ou du raffinement des plats que l'on posait alors devant moi. La viande, qui pourtant n'était pas à mon époque une denrée rare, prenait ici une tout autre envergure.

Avoir la tête de Peeta devant ce qui semblait être un ragoût d'agneau, avec du riz et une sauce aux légumes,il n'avait probablement jamais vu cette viande.

Comment les anciens États-Unis ont-ils pu en arriver là... Je ne pensais pas que les choses avaient autant dégénéré outre Atlantique...

Je me demandais ce qu'il se serait passé si l'Europe n'était pas maintenant sous les flots, si toute cette apocalypse avait pu être évitée... Nous ne serions sûrement pas tombés de nouveau dans un régime si dictatorial où les humains avaient régressé et où la technologie était éparse et signe de pouvoir.

Je plantai alors ma fourchette dans le plat, bien décidée à oublier ces pensées. je devais me concentrer sur un moyen de ramener Peeta chez lui. Je n'étais pas de ce monde après tout, si je mourrai, ce ne serait que la suite logique des choses...

Nous mangions si vite qu'Effie en parut presque dégoutée, je m'étais surprise moi-même à être affamée et je finis mon assiette jusqu'au dernier grain de riz. Nous retombâmes sur le dossier de nos chaises et Haymitch prit alors la parole.

« Bon, écoutez-moi bien, les deux tourtereaux. Maintenant on ne rigole plus. Vous allez être jetés devant des centaines de caméras et des milliers de personnes du Capitole. Vous allez devoir choisir votre angle de jeu. Et trouver des sponsors. Ah oui, j'oubliais, et rester en vie. » Le sourire sardonique qu'il nous décocha nous fit sentir mal à l'aise. Je voyais que Peeta avait une mine dépité et fixait un point imaginaire derrière la tête d'Effie.

Je parlai à mon tour .« Je pense que Peeta et moi allons former une alliance. Ça sera inédit je pense. Et puis, on a des atouts de force et de combat que n'ont peut-être pas les autres tributs. » Je regardai Haymitch qui semblait mitigé.

« Je pense que vous pourrez facilement éliminer les districts Cinq à Onze, ils sont très pauvres, ont peu de nourriture, pas d'entraînement. Les tributs Un à Quatre, c'est une autre paire de manches. Ce sont des Carrières: entraînés à tuer. Ils vont prendre d'assaut la Corne d'abondance, où sont cachées la nourriture et les armes pour le Jeu tout entier. Ils font jouer leur force et la peur qu'ils inspirent pour s'en emparer et établir leur camp. Et après ils chassent, et pas pour du gibier si vous voyez ce que je veux dire."

Je hochai la tête, horrifiée. Je ne connaissais pas tous ces détails, je faisais semblant d'être au courant pour ne pas trahir ma position. Mais ces gens étaient fous. Totalement givrés.

Je tripotais entre mes doigts de la mie d'un petit pain qui était sur la table. Je commençais à voir ma confiance s'effriter. Serais-je capable de le protéger? Serais-je capable detuer ces brutes sanguinaires juste après être rentrée dans l'arène? Verraient-ils une menace en moi? Je n'étais pas une pro de la survie ou de la chasse. Tuer des animaux me répugnait. Ça n'allait pas être une partie de plaisir et cette pensée s'insinuait maintenant comme une vérité en moi.

« Je pense, comme Sakura, que nous devons nous montrer soudés et forts. Cela mettra le doute dans la tête des sponsors. Comme le district Douze n'est jamais vraiment mis en lumière, c'est l'occasion pour nous de briller. Et de tirer notre épingle du jeu." dit Peeta. J'émis un petit rire à ce jeu de mots, mais revins bien vite à la réalité.

Haymitch hocha la tête. « Je vais réfléchir à l'angle de vue que nous allons prendre pour ces jeux. Aujourd'hui, reposez-vous, regardez les images des autres tributs et vous pouvez aller à la salle de sport au bout du train. Je pense que Sakura pourra te montrer quelques uns de ses tours. » dit-il avec un clin d'œil. « Ne vous inquiétez pas, pas de caméras ici, personne ne révélera vos bottes secrètes. »

Je hochai la tête, ça allait rendre les discussions plus simples.

Effie semblait aux anges. « Oh, des bottes secrètes? Une alliance ? Je crois que cette année, les Jeux vont être très intéressants pour ce district, je suis en-chan-tée!"

Je me levai, sa voix de crécelle et ses manières de fractionner les mots en syllabes m'exaspéraient.

« Peeta, ça te dit de t'entraîner? Qu'on voit un peu quels seront nos points forts dans les Jeux. »

Il se leva à son tour, « Moi ça me va. Effie nous pouvons disposer? »

Elle pouffa. « Oh mais bien sûr, faîtes donc. »

Je pris alors le chemin vers le bout du train, Peeta sur mes talons, bien décidée à faire tout mon possible pour me battre et le faire rentrer chez lui, dans son district. Le problème maintenant, c'était qu'il n'en fasse pas qu'à sa tête.