Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^

Couple : Une nouvelle histoire avec Harry, Lucius et Severus... et d'autres !

Résumé : Harry Potter est devenu capitaine et attrapeur des Serpents d'Avebury, équipe créée par ses deux amants, Lucius et Severus. Comment va-t-il combiner ce double poste avec celui d'attrapeur en équipe nationale ? Et le trio va-t-il enfin trouver la bonne potion pour sortir Draco du coma ?

Petit post it : Bonjour ! ... Bon, ok, pardooooooooon ! Pardon pour tout ce retard ! J'ai été débordée par le boulot, et je dois bien l'avouer, moins motivée. Voici donc enfin la suite, avant dernier chapitre de zone rouge. J'espère qu'il vous plaira et vous remettra dans le bain ! C'est un chapitre très "quidditch" ! ^^

Sinon j'ai commencé les Matins de Noël, je ne les oublie pas, pas d'inquiétude ! Je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 9 : une victoire pour une défaite.

L'enthousiasme était toujours le même : les cris du public raisonnaient dans les poitrines des joueurs. Ces derniers se tenaient encore dans le couloir étroit et sombre qui reliait les vestiaires au terrain. Harry Potter, capitaine des Serpents d'Avebury, en tête du petit groupe, se retourna une dernière fois vers eux. Les regards étaient emprunts de sévérité, les visages très concentrés : une tension nouvelle s'installait entre eux.

- Vous connaissez l'enjeu, murmura l'attrapeur en fixant chaque joueur de son équipe les uns après les autres. Ceci est notre premier match, et le monde entier du Quidditch nous attend au tournant.

Il laissa planer l'angoisse un instant, avant de leur faire un large sourire carnassier.

- Mes amis…, susurra-t-il. Ce match doit être notre première victoire ! Pour les serpents ! acheva-t-il en levant son balai au-dessus de sa tête.

Tous le suivirent dans son mouvement avec des cris de rage qui s'entendirent probablement jusque dans les tribunes. Puis, enfin, les portes de l'arène s'ouvrirent. Les sept joueurs s'envolèrent dans le ciel étoilé des abords de Londres. C'était la toute première fois que le public découvrait cette nouvelle équipe qui s'entraînait dans le plus grand secret depuis presque un an. Aussitôt, quelques cris méprisants transpercèrent les applaudissements de la foule. Harry motiva ses troupes en hurlant par-dessus ce brouhaha avant de monter rejoindre l'attrapeur des Frelons de Wimbourne, l'équipe qu'ils affrontaient.

Il était facile de comprendre l'ambiance générale du stade. La majorité du public était habillée en noir et jaune et émettait un puissant bourdonnement, en hommage à l'équipe des Frelons. Seule une petite tâche verte de vingt ou trente personnes tout au plus, tentait de se faire entendre et applaudissait la quatorzième équipe de la ligue de quidditch. Dans les tribunes, les yeux noirs et soucieux de Severus Snape ne cessaient d'observer les allers et venues de chacun de ses joueurs. A ses côtés, les mains pâles de Lucius Malfoy restaient crispées sur la tête de sa canne. Leurs cœurs battaient à l'unisson : un seul scénario n'était possible, la victoire. Perdre ce premier match reviendrait à reconnaître l'inutilité, au final, de créer cette nouvelle équipe. Autour d'eux la quasi-totalité des membres de la ligue de Quidditch avait discrètement peint un petit drapeau jaune et noir sur leurs joues, sans se soucier de ce qu'en penseraient les deux collaborateurs.

Un autre personnage attendait fermement l'issue de ce match : l'entraîneur de l'équipe nationale d'Angleterre observait de loin l'attrapeur de son équipe. Harry Potter s'était montré, certes toujours aussi efficace, mais pourtant moins assidu aux entraînements nationaux. Ainsi, pour Whitehorn, ce match allait être l'occasion de comprendre les absences du joueur.

Au sol, les trois arbitres lâchèrent le vif d'or sous les applaudissements et demandèrent aux deux capitaines des deux équipes de redescendre pour la traditionnelle poignée de main. Harry n'hésita pas à broyer les doigts de son adversaire qui le fusilla du regard. Puis, le souaffle et les cognards s'envolèrent. Le début du match donna le ton à l'ensemble du jeu : agressives et défensives à la fois, les deux équipes ne cédèrent pas un seul centimètre de terrain. Les points s'accumulaient des deux côtés sous les hurlements hystériques du public.

Depuis le dessus du terrain, Potter ne cessait d'encourager ses coéquipiers et leur donnait parfois quelques conseils. Joey Jenkins passa plusieurs fois près de lui pour le débarrasser des cognards que les Frelons ne se privaient pas de lui envoyer.

- Harry ! Bouge ! hurlait justement le batteur en fonçant droit sur lui.

Potter fit volte face et s'écarta en piquant vers le sol. C'est cette action, bien menée par les Frelons qui permit à l'attrapeur adverse de prendre de l'avance sur lui : le vif d'or venait de faire sa première apparition. Dans les tribunes, les sourcils blonds de Lucius Malfoy se froncèrent tandis que Snape se promettait à voix basse de faire subir à Harry les pires sévices s'il n'attrapait pas la petite balle dorée. Cependant, cette dernière disparut à nouveau dans la nuit après une course poursuite à travers tout le stade.

Pendant ce temps, le présentateur, censé rester neutre, ne se privait pas pour admirer à haute voix l'équipe des Frelons, tout en questionnant les réelles capacités de la nouvelle équipe des Serpents. Au fond de sa poitrine, le cœur d'Harry n'avait certainement jamais battu aussi fort. Voilà un an qu'il attendait ce moment : une année à s'entraîner en secret, à se bagarrer avec l'équipe nationale pour légitimer ses quelques absences. Un an d'amour également, à renforcer les liens entre lui et ses deux amants. Un an, enfin, à aider Severus pour trouver la potion qui réveillerait Draco, sans succès. Son cœur battait pour tout cela.

L'agressivité des poursuiveurs de l'équipe de Wimbourne payait : les souaffles passaient et repassaient malheureusement au nez du gardien des Serpents. Le stade entier était persuadé de l'issue du match : trop de points s'étaient accumulés du côté des Frelons. Pourtant, lorsque le vif brilla de nouveau sur le terrain, Harry fut le premier cette fois-ci à plonger dans sa direction. Les batteurs s'acharnèrent, envoyant de toute leur force les cognards dans sa direction. Mais l'équipe des Serpents n'était pas en reste. Joey commença à tournoyer avec sa batte autour de l'attrapeur des jaunes et noirs, jouant avec un cognard qui déstabilisa le joueur.

C'est ainsi que se forma un véritable essaim autour des deux stars du match qui volaient à toute vitesse vers le vif d'or, vers la victoire. Juste en dessous, les poursuiveurs continuaient de se passer le souaffle, tentant de marquer leurs derniers points. Enfin, c'est après plus de trois heures de jeu que les arbitres sifflèrent la fin de cette bataille. Tout était allé très vite : d'un coup d'épaule, Harry avait repoussé un batteur des Frelons, tendu le bras et refermé sa main sur la petite balle doré. A dix points exactement, il venait de donner la victoire aux Serpents d'Avebury.

Mais malgré le coup de sifflet, les joueurs des deux équipes se ruèrent les uns sur les autres, continuant de voler serré, s'agrippant les uns aux autres, tentant par tous les moyens possibles de se déstabiliser mutuellement. Le public n'était pas en reste : il encourageait de ses cris cette bagarre en plein vol. Au centre du petit groupe, Harry gardait son poing bien fermé autour du vif d'or et s'en servait pour frapper tous ceux qui essayaient de le lui reprendre. Cela dura cinq minutes avant que les arbitres ne parvinrent à séparer les joueurs, les forçant à descendre de leur balai et à se diriger vers leur vestiaire respectif. Joey avait une épaule démontée, Harry une joue saignante, mais on pouvait faire le même constat chez les Frelons.

Le couloir ramenant les joueurs épuisés aux vestiaires avait été investi par différents rédacteurs. Quelques insultes fusaient : l'équipe des Serpents d'Avebury n'était désormais pas appréciée du grand public, de par son nom plutôt équivoque, et par les personnalités de ses créateurs. Alors qu'il aidait Jenkins à avancer, Harry fut interpelé par l'un de ces journalistes.

- Monsieur Potter, aviez-vous pressenti cette victoire des Serpentards ?

Encore excité par le match et énervé par la bagarre qui en avait marqué la fin, le brun se retourna en fronçant les sourcils. La blague que contenait la question n'était pas à son goût.

- Vous devriez d'abord apprendre le métier de journaliste sportif avant de poser des questions qui contiennent des divagations graves, lança-t-il d'un ton froid.

- Reconnaissez que c'est étonnant de vous voir accepter de jouer en vert sous la coupelle de deux anciens mangemorts !

Harry laissa Joey poursuivre son chemin et se planta cette fois-ci face à l'inconnu, ses yeux verts cherchant à le pétrifier sur place.

- On ne te demande pas de juger des choses que tu ne connais pas, siffla-t-il en appréciant le changement de couleur du journaliste. Contente-toi de compter les points du match. Et si vous avez un problème avec le fait que je fasse partie de cette équipe, ajouta-t-il en s'écartant et en s'adressant à tous les autres rédacteurs présents, c'est que vous n'avez rien compris à l'esprit du vrai Quidditch !

Personne ne sut que répondre, et Harry put rejoindre ses coéquipiers dans les vestiaires. Il sentait son cœur battre dans ses tempes, et sa joue enflait à vue d'œil. Une sourde colère l'animait. Si lui avait pu pardonner aux acteurs de l'ancienne guerre au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer, lui qui était encore le Sauveur, pourquoi le reste du monde sorcier n'y parvenait-il pas ? Dans les vestiaires, on soignait ses blessures, on se félicitait, on se racontait ses plus belles actions.

- A quoi tu penses Monsieur casse-cou ? lui murmura soudain une voix feutrée à l'oreille.

- Comment va ton épaule ? répondit le brun en se tournant vers Jenkins.

- Impeccable, les médicomages m'ont remis ça en place tout de suite. Tu devrais aller les voir pour ta joue d'ailleurs, lui suggéra le batteur.

- Non, ça va passer. Hey, Jo, lança soudain Harry avec une nouvelle étincelle moqueuse dans le regard, ça te dit d'attendre qu'il n'y est plus que moi pour te doucher ?

Etonné, Jenkins observa son ami. Ils n'avaient jamais eu besoin d'en parler pour qu'il comprenne que si Potter restait dormir au manoir Malfoy depuis un an, ça n'était pas seulement par sérieux, pour être le premier sur le terrain d'entraînement le lendemain matin... Entre eux, une amitié sincère et profonde s'était instaurée, sans plus aucune ambiguïté.

- Tu t'ennuies de mon corps parfait ? ricana Joey en s'assurant que personne ne pouvait les entendre.

- Moi non, mais quelqu'un que je connais oui, répondit mystérieusement Harry en souriant.

Jenkins n'eut pas le temps de le questionner davantage : leurs camarades étaient venus chercher l'attrapeur et le portait à présent à bout de bras, hurlant enfin leur joie d'avoir remporté ce premier match. Quelques minutes plus tard, ils étaient tous sous la douche, comparant leurs hématomes, discutant de la longueur d'une coupure. De son côté, Potter jetait de fréquents coups d'œil en direction de Joey pour ne pas perdre une seule miette de cette mousse qui roulait sur les pectoraux du batteur. Il avait lentement compris que Draco portait un intérêt supplémentaire aux souvenirs qu'il lui ramenait lorsque Jenkins était dedans.

Une heure plus tard, les cheveux encore dégoulinants, l'équipe applaudissait le discours de Malfoy et Snape qui les félicitaient en leur promettant un avenir brillant. Puis chacun s'éclipsa, les muscles endoloris, mais l'esprit apaisé. Joey salua de loin Harry qui s'éloignait déjà en direction des deux créateurs des Serpents d'Avebury. A l'abri des regards et au détour d'un couloir, le brun les rattrapa et leur prit chacun une main. Lucius se raidit légèrement, n'ayant pas l'habitude des démonstrations en lieux public, mais Severus, quant à lui, attira l'attrapeur pour l'embrasser dans le cou, comme une récompense.

- Bien joué…, susurra-t-il.

- Je suis le meilleur, ricana Potter juste avant de transplaner en leur compagnie.

Au bout du couloir, un homme s'appuyait contre le mur, une main sur sa poitrine. Le choc de voir les trois hommes si proches et intimes venait d'arrêter un court instant le cœur de l'entraîneur de l'équipe nationale d'Angleterre. Pourtant, à présent, il comprenait tout.

oOoOoOoOoOoOoOoO

- C'est puissant…, murmura Draco en observant les joueurs se battre à la fin du match.

- Tu m'étonnes, grommela Harry à ses côtés dont l'œil frappé gardait encore une couleur violacée deux jours après la victoire des Serpents.

- Tu ne m'as toujours pas laissé voir ta propre vision, reprocha le blond qui se délectait de la bagarre.

Potter ricana doucement à ses côtés.

- Tu la verras plus tard, répliqua-t-il, un demi-sourire aux lèvres.

Draco se retourna vers lui, sourcils arqués.

- Tu me caches quelque chose ?

- J'ai mis un autre souvenir dans la pensine, avoua Harry. Attends un peu.

Rapidement, les images autour d'eux devinrent plus floues. Lucius Malfoy quittait la scène, abandonnant son souvenir par la même occasion. Le décor changea doucement et bientôt, Draco se retrouva aux côtés de toute l'équipe des Serpents marchant en direction des vestiaires, guidé par le Potter de ce nouveau souvenir. Ravi, le blond put ainsi partager la joie des joueurs qui venaient de gagner leur premier match. Soudain, deux bras l'enlacèrent dans son dos et le menton d'Harry se posa sur son épaule.

- Je vais te laisser Dray, murmura-t-il. Tu es en bonne compagnie.

- Comment ça ? s'étonna Malfoy en se retournant vers lui.

Potter se contenta de lui sourire et de lui montrer du doigt la silhouette élancée et musclée de Jenkins qui était en train d'ôter ses cuissardes. Les joues du blond prirent aussitôt une légère teinte rosée.

- Si tu crois que je n'ai pas compris depuis tout ce temps, se moqua Harry.

Draco le repoussa, vexé d'avoir été si transparent. Le sourire du brun s'effaça lentement, le laissant seul dans la pensine. Dans la chambre, Potter posa affectueusement une main sur la joue pâle du malade. Les essais scientifiques de Snape avaient largement avancés en une année, mais aucun résultat probant n'avait encore été observé. Il quitta la pièce, comme toujours un peu triste, et partit rejoindre Lucius dans le grand salon du manoir.

- Tu dessines décidemment très mal, lui lança le blond en l'accueillant dans la pièce.

- Ce ne sont que des schémas Luce, répliqua Potter en se dirigeant vers la table. Qu'en penses-tu ?

Malfoy observa de nouveau les différents dessins de masques en fer que l'attrapeur proposait pour l'équipe des Serpents.

- Rappelle-moi pourquoi tu veux porter ça en volant ? grommela le blond, peu convaincu.

- Depuis notre victoire, on ne cesse de nous reprocher de jouer la carte de la méchante équipe, toute de vert vêtue, avec un nom qui rappelle la maison des Serpentards à Poudlard… J'ai envie d'exploiter ce filon, expliqua Harry.

Lucius ricana et se tourna vers lui.

- Te rends-tu compte de ce que tu dis ?

- Ne me parle pas comme si j'étais un gamin, s'agaça le brun.

- Tu es un gamin ! lança une nouvelle voix.

Les deux hommes se tournèrent vers Severus Snape qui venait de les rejoindre en brandissant une petite fiole violette.

- Ton idée de distiller des dards de Billywig dans du sirop de lavande était complètement folle, mais utile, reconnut le maître des potions. Nous sommes sur une piste fiable, grâce à tes gamineries.

Plus vexé que ravi, Harry s'écarta et laissa ses deux amants s'embrasser, heureux d'apercevoir, peut-être, le bout du tunnel. Il leur tourna le dos et attrapa un de ses croquis. Les masques qu'il avait imaginés étaient très simples. Ovales et s'adaptant naturellement à chaque visage de chacun des joueurs, il n'y avait que trois ouvertures : une fente fine et horizontale pour la bouche et deux trous en forme de S pour les yeux, rappelant le nom de l'équipe. Evidemment, cela n'était pas sans rappeler les affreux masques que les mangemorts portaient pendant la guerre. Mais Potter en avait marre des faux semblants : un an qu'il cachait ses amours, quatre ans qu'il souriait, adoptant tour à tour l'attitude du joueur offensif que le public voulait qu'il soit, et celle du héros sorcier dont les médias ne se lassaient pas. Fier de la victoire de son équipe, et toujours autant en colère contre les journalistes qui refusaient de comprendre, il voulait désormais jouer le rôle du méchant.

- Je crois que nous avons une mauvaise influence sur toi, lui murmura une voix chaude.

- Oui, siffla-t-il en repoussant doucement Severus, je suis un gamin si influençable.

- Tu n'es pas un gamin, mais tu as sale caractère, grogna Lucius en venant se coller à lui.

Le brun le dépassait légèrement et baissa donc la tête pour fixer les yeux bleus. La confiance qu'il y voyait le ramena à de meilleurs sentiments. Il se pencha et embrassa les lèvres fines qu'il aimait par-dessus tout. Derrière lui, Snape picorait sa nuque. Mais alors qu'il allait justement se retourner vers lui, la sonnette du manoir retentit dans toute la pièce. Malfoy soupira et se détacha des deux autres hommes pour aller ouvrir. Quelques secondes plus tard, l'entraîneur de l'équipe nationale pénétrait le salon.

- Harry, Monsieur Whitehorn souhaiterait te parler, annonça Lucius en dirigeant l'invité surprise jusqu'au joueur.

Ce dernier s'empressa de cacher ses croquis et serra la main de son coach.

- Vous pouvez nous laisser ? demanda Potter.

Ses deux amants hochèrent simplement la tête et quittèrent la pièce. Harry, en maître habitué des lieux, proposa une boisson à son entraîneur et ils s'installèrent dans les fauteuils confortables du salon.

- Je t'écoute Devlin, lança Harry. Mais d'abord, comment as-tu su que j'étais ici ?

- Je suis au courant pour toi et… eux, grommela Whitehorn en montrant de la main la porte par laquelle Snape et Malfoy étaient sortis.

- Ah.

- Ça ne me pose pas spécialement de problèmes, poursuivit l'entraîneur après avoir bu une gorgée, tant que cela n'influence pas sur ton travail dans mon équipe. Tu vas bientôt fêter la fin de ta première année en équipe nationale, et comme tu le sais, j'organise des sélections chaque année.

- Est-ce que… est-ce que tu cherches à me mettre dehors ? s'étonna Harry.

- Je ne sais pas, est-ce que tu veux continuer ?

- Mais bien sûr ! s'emporta le brun. Depuis que je suis monté sur un balai, depuis que j'ai assisté à mon premier match de coupe du monde, je rêve de faire partie de l'équipe d'Angleterre !

- Vraiment ? Ces derniers temps, j'aurais cru que ton rêve était de faire le malin avec le bandeau de capitaine au milieu d'une nouvelle équipe.

Potter s'était levé et s'appuyait contre le rebord d'une fenêtre. Tout se bousculait. Whitehorn n'avait-il pas raison ? Ne s'était-il pas perdu dans la passion de la création des Serpents ? Son orgueil d'être sous le feu de la rampe n'avait-il pas pris le dessus ?

- Que veux-tu que je fasse ? soupira-t-il en revenant s'asseoir.

- Que veux-tu faire ? répliqua Devlin.

- Je veux jouer pour mon pays, soupira Harry. C'est lors des matchs nationaux que j'ai ressenti mes plus grandes émotions. Mais…

- Mais ?

- Mais ça fait quatre ans que je suis joueur professionnel et je pense mériter la place de capitaine. Je ne veux donc pas perdre ma place chez les Serpents non plus.

- Ta place et le reste, fit remarquer l'entraîneur en haussant un sourcil suggestif.

Potter ne répondit rien, se contentant de grimacer dans sa direction. Les rapports entre les deux hommes n'avaient pas toujours été au beau fixe : entre les médias et leurs critiques permanentes, et les difficultés pour un homme d'accueillir le héros national dans son équipe, rien n'avait été facile.

- Bien. Harry, je veux jouer carte sur table avec toi. Notre gardien-capitaine nous quitte à la fin de la saison, lui apprit-il. Les prochaines sélections auront donc pour but de le remplacer… et de trouver un nouveau capitaine.

Le brun hocha la tête, attendant la suite.

- J'organise ça la semaine prochaine, au stade d'Oban en Ecosse. J'aurais besoin de toi, tout le temps que ça prendra.

- Les sélections nationales durent en générale une bonne semaine, non ? s'enquit Harry.

- En effet, approuva Devlin. Ce qui impliquerait pour toi de pouvoir mettre de côté ton entraînement pour les Serpents pendant cette semaine.

- Pourquoi moi ?

- Je te veux comme capitaine, lâcha enfin Whitehorn avec un léger sourire. Et j'ai besoin de mon capitaine à mes côtés pour sélectionner une nouvelle équipe pour l'Angleterre. Les résultats n'ont pas été fameux cette année, poursuivit-il en se relevant. J'espère pouvoir faire mieux l'année prochaine et avec ton aide, la coupe du monde sera à nous.

Le cœur du brun s'accéléra. L'ambition se remit à couler dans ses veines. Au bout d'un an d'habitudes installées, la proposition de son entraîneur arrivait à point nommé. Être le capitaine de l'équipe nationale l'année où tombait la coupe du monde était un luxe.

- Alors ? murmura Devlin, rompant le silence qui s'était installé entre eux.

- Combien de temps peux-tu me laisser pour y réfléchir ?

- J'aurais aimé que tu sautes de joie tout de suite, ironisa l'entraîneur, mais au vu des circonstances, je comprends. Si tu acceptes, nous devons être à Oban dans trois jours. Alors tiens-moi au courant rapidement, conclut-il en lui serrant la main.

Harry le raccompagna jusqu'à la porte du manoir.

- Au fait, susurra encore Whitehorn en sortant. Qui d'autre est au courant pour vous trois ?

- Mes amis et… Jenkins je crois, répondit Harry. Je ne souhaite pas que…

- Je n'en parlerai pas. Les secrets de mon capitaine seront mes secrets.

Il fit un dernier clin d'œil au brun et transplana. Harry referma la porte derrière lui. Il espérait que la dernière phrase de Devlin ne soit pas un chantage caché. Il avait besoin de calme, de réfléchir, mais par-dessus tout, il avait besoin de l'avis de plusieurs personnes.

- Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda aussitôt Snape lorsqu'il entra dans le laboratoire.

Lucius et Severus étaient tous les deux penchés sur trois petits chaudrons qui bouillonnaient joyeusement. Harry ne put s'empêcher de sourire en les voyants ainsi.

- Il me propose le poste de capitaine de l'équipe nationale, répondit-il en les rejoignant. Qu'est-ce que ça donne ? ajouta-t-il en observant les couleurs luisantes des potions.

- La lavande donnera un goût peu buvable mais les réactions sont intéressantes pour l'instant, répondit Snape. Tu es un merveilleux capitaine, je m'étonnais que Whitehorn ne t'ai pas encore proposé le poste.

- Merci prof, rigola le brun.

- Tu devrais accepter, conseilla Lucius, Jenkins pourra toujours te remplacer.

- Juste au poste de capitaine alors, ricana Harry en l'enlaçant.

- Evidemment, approuva le blond avant de l'embrasser tendrement.

oOoOoOoOoOoOoOoO

La ligue de Quidditch ne s'était pas trompée. Aucun de ses membres ne regrettait le travail acharné qu'ils avaient tous abattu pendant toute une année pour révolutionner le système. Grâce aux trois niveaux instaurés qui répartissaient les équipes selon leur réussite aux matchs, la coupe de la ligue n'avait jamais connu autant de succès. L'enjeu pour chaque match était désormais bien plus intéressant : les équipes cherchaient à tout prix à grimper les échelons jusqu'au grade le plus élevé, et les stades n'avaient jamais été si remplis.

Au fil des semaines, les médias finirent par accepter la quatorzième équipe et lui reconnaissaient toute sa légitimité. Un club de fervents supporters amena davantage de soutien dans les tribunes, et bientôt, les Serpents d'Avebury devint une équipe redoutée et redoutable. Lucius Malfoy et Severus Snape avaient refusé l'idée des masques, beaucoup trop provocante pour eux. Harry se vengeait de cela en parlant fourchelangue sur le terrain, afin de déstabiliser ses adversaires.

Le choix de Devlin Whitehorn de nommer Potter capitaine de l'équipe nationale avait été plébiscité par tous les journaux sportifs, et personne ne fut particulièrement surpris de retrouver Joey Jenkins dans la liste des joueurs titulaires pour l'Angleterre.

Cette année-là, la coupe du monde de Quidditch se passa en Lituanie : un mois de match tous plus surprenants les uns que les autres, jusqu'à la finale…

oOoOoOoOoOoOoOoO

Harry Potter ne pouvait nier qu'il prenait un plaisir immense à sentir les deux mains de Jenkins remonter le long de son dos nu. Les yeux fermés, il tâchait de se concentrer sur le flot de paroles du batteur pour ne surtout pas se laisser aller à soupirer, ou pire, gémir.

- Si j'arrive à maîtriser le revers, les Rases-Cimes ne pourront rien faire contre ça, ricanait Joey, s'imaginant déjà sur le terrain. Cette finale va être de la bombe. Je pense même pouvoir tenter un double-batte. Il faut absolument que j'en parle demain à…

- Hey, Jo…, grommela Harry. Tu me masses depuis à peine dix minutes et j'ai déjà mal au crâne.

- Ben ça fait plaisir, marmonna le batteur. Je veux juste te rendre service, et voilà comment tu me remercies ?

- Tu ne me rends pas service, ricana gentiment Potter. Tu effaces ta culpabilité. Dois-je te rappeler qu'en voulant faire un geste héroïque totalement inutile en demi-finale, tu es venu écraser ta foutue batte entre mes omoplates ?

Sans répondre, Jenkins appuya plus fort et décida de ne plus prononcer un mot. Ce qu'il n'avouait pas, c'était que parler lui évitait de réfléchir à ce qu'il était en train de faire. Il n'avait toujours pas de petit ami fixe, et son nouveau poste de capitaine des Serpents d'Avebury l'occupait très sérieusement. Il n'avait donc commis aucun péché depuis quelques temps. Le dos délicatement ambré qu'il caressait lui semblait être un dangereux appel à la luxure. Il essaya donc de se concentrer sur le match du surlendemain. L'Angleterre allait affronter en finale la terrible équipe du Pérou, celle que depuis plusieurs années déjà, le monde du Quidditch présentait à gagner la coupe officielle.

- Aïe ! Tu m'as pincé !

- Désolé, murmura Joey en se reprenant. Je pensais aux Rases-Cimes.

- Et bien garde ton animosité pour eux sur le terrain, se moqua l'attrapeur.

- J'ai assez d'animosité pour pouvoir la partager entre eux et toi…, suggéra Jenkins en se penchant vers la nuque du brun.

- Qu'est-ce que tu dis ? demanda Harry en se retournant sur un coude.

Les yeux verts pétillaient, et Joey s'en trouva un instant déstabilisé.

- Tu… tu me masseras aussi après ? préféra-t-il demander.

- Ah non, rigola Potter en se réinstallant confortablement. Je suis ton capitaine, pas ton médicomage !

Trouvant cela un peu fort, Jenkins décida d'arrêter cette comédie. Il s'allongea de tout son long sur le dos nu du brun, et mêla leurs jambes avant de murmurer au creux de son oreille.

- Je suis également ton capitaine, murmura-t-il, certes à moindre échelle, mais capitaine quand même.

Sentant la chaleur du torse au-dessus de lui, Harry se sentit pris au piège. Il n'avait pas revu ses deux amants depuis le début de la coupe, un mois auparavant, et il manquait cruellement d'exercice. Mais plus que tout, il détestait se sentir impuissant. D'un coup d'épaule, il se retourna donc rapidement entre les bras de Joey, se retrouvant ainsi face à la mine réjouie du batteur.

- Mince alors, susurra Potter, faussement surpris. Nous sommes donc égaux.

- En droits et en devoirs mon cher, ricana Jenkins qui, gêné par leur nouvelle position, voulu se déplacer sur le côté.

Mais son mouvement resta inachevé car sa cuisse venait de croiser le chemin d'une grosseur inattendue. Le brun s'écarta aussitôt, essayant de remonter vers les oreillers de son lit, ennuyé qu'il ait constaté son état.

- Attends, l'arrêta Joey en lui attrapant le poignet. Harry, tu es mon meilleur ami, murmura-t-il ensuite. On en a envie tous les deux et nous savons tous les deux que nous faisons l'amour comme des Dieux toi et moi. Alors quoi ?

- Tu l'as dit toi-même, souffla Potter, nous sommes amis.

- On ne l'a pas toujours été, lui rappela Jenkins avec un sourire. Tu sais très bien que je sais pour toi et Malfoy et Snape. Je ne te parle pas de recommencer nos parties de jambes en l'air régulières qu'on avait, je te propose juste de…

- Ne dis rien, rigola Harry. J'ai très bien compris ce que tu me proposais, mais je ne peux vraiment pas, même si j'en meurs d'envie.

N'insistant pas, Joey l'attira simplement à lui pour le réinstaller sur le ventre. Puis il s'assit de nouveau sur les jambes du brun et reprit le massage.

- Je comprends, murmura-t-il en frôlant la peau de ses doigts.

En bougeant légèrement pour mieux s'installer, il fit sentir sa propre excitation à l'attrapeur.

- Tu comprends, mais tu me cherches, grogna Potter.

- Absolument pas, chuchota Jenkins avec un sourire amusé que le brun ne pouvait voir.

Il entreprit alors de reprendre son discours initial, pronostiquant sur les résultats de la finale, mais à chaque fois qu'il remontait ses mains vers les épaules de son coéquipier, il appuyait son érection sur les fesses de celui-ci. Ce petit jeu dura cinq bonnes minutes, pendant lesquelles Harry fit tout son possible pour se concentrer sur le discours du batteur plutôt que sur le désir qui montait en lui. Au bout de ces longues minutes de tortures, il se redressa et empoigna le col de Joey, le coupant net dans une phrase.

- Si tu n'es pas à poil contre moi, là, dans deux secondes, je t'étrangle, siffla-t-il d'une voix rendue rauque par l'excitation.

Les lèvres du batteur plongèrent aussitôt sur les siennes et une nouvelle bataille s'engagea qui les fit rouler jusqu'aux pieds du lit. La petite chambre d'hôtel que l'Angleterre payait à ces joueurs de Quidditch s'emplit bientôt de soupirs et de gémissements indiscrets. Chacun leur tour, les deux hommes dominèrent l'autre avec le même plaisir renouvelé qu'autrefois. Après la deuxième jouissance, leurs gestes se firent plus saccadés, leur respiration s'étira, la fatigue les gagnait. De nouveau allongés sur le lit, l'un contre l'autre, ils reprenaient leurs esprits.

- Au fait, murmura Joey, j'ai toujours été étonné que tu ne m'aies jamais demandé dans quelle maison j'étais à Poudlard.

- Ah oui, tiens, c'est vrai ça, susurra le brun.

- Quand le choixpeau t'a envoyé à Gryffondor, j'étais en cinquième année à Serpentard, murmura Joey.

- J'aurais dû m'en douter, ricana Harry.

- Je me demande ce que ça fait d'être avec l'ancien directeur de ma maison et le père de Draco Malfoy.

Harry se renfrogna légèrement.

- Pourquoi ?

- Autant je comprends le charme que tu peux trouver à la lignée Malfoy, autant pour Snape, je m'interroge encore, ricana doucement le batteur.

- Je ne te demande pas ton avis, grommela Potter.

Jenkins se calma et déposa un baiser sur la joue du brun.

- Excuse-moi, je trouve ça bien que tu aies trouvé ce qu'il te fallait. Et je regrette de t'avoir cherché tout à l'heure, tu dois…

- Rien du tout, le coupa Harry qui se sentait un peu coupable. Ce qu'il s'est passé dans cette chambre doit rester ici, si tu ne veux pas avoir affaire à la jalousie de Lucius.

- Je ne préfère pas non, rigola Joey. Je tiens à mon double poste chez les Serpents.

- Et moi je tiens à mes deux serpentards, rigola le brun. Mais qu'est-ce que tu y connais au charme de la lignée Malfoy toi ? demanda-t-il soudainement.

Jenkins haussa les épaules en se relevant pour se rhabiller. Les autres joueurs de l'équipe devaient déjà certainement dormir depuis longtemps, il était temps pour lui d'aller retrouver sa chambre.

- Je sais que c'était loin d'être un copain à toi, expliqua-t-il en souriant tristement à son capitaine, mais du côté des Serpentards, Draco était plutôt sympa. Et assez mignon, ajouta-t-il en lui lançant un clin d'œil.

La conversation prenait une tournure des plus captivantes pour Harry. La dernière lettre qu'il avait reçue quelques jours plus tôt de ses deux amants était assez enthousiaste : la potion était sur le point de révéler de bons résultats. Même si le rôle d'entremetteur semblait compliqué dans cette situation, il pouvait être intéressant d'emmagasiner certaines informations.

- Et donc… tu trouvais Draco mignon ? minauda-t-il en rejoignant Joey au milieu de la pièce.

- Ben oui, répondit le batteur en enfilant sa chemise. Pas toi ?

Potter balaya cette question gênante de la main avant de lui assurer que le père avait bien plus de charme selon lui. Puis, sans tenir compte de la moue boudeuse de l'autre joueur, il l'aida à fermer les boutons de son col.

- Si on gagne Jenkins, murmura-t-il, je partagerai un secret avec toi.

Joey haussa les sourcils, mais ne réclama aucune précision.

- De toute façon, ricana-t-il, nous allons gagner !

oOoOoOoOoOoOoOoO

Les quatorze joueurs se faisaient face, pieds à terre. Après leur entrée magistrale sur le terrain, ils étaient redescendus au sol pour se saluer devant les arbitres. Quelques minutes plus tard, un coup de sifflet strident annonçait le début de cette finale sous les applaudissements d'une foule en délire. Des sorciers du monde entier étaient venus assistés à ce combat entre l'Angleterre et le Pérou. Autant pour distribuer ses derniers ordres de capitaine que pour prendre ses marques et saluer son public, Potter entama un long tour de terrain, frôlant les tribunes. Soudain, un éclair blond attira son attention aux gradins supérieurs nord. En s'approchant rapidement, il reconnut Lucius et Severus assis côte à côte, ne le quittant pas des yeux. Son cœur s'accéléra et un large sourire apparut sur son visage. Voilà près d'un mois qu'il ne les avait pas vus. Ravi de leur présence, il s'autorisa un double looping avant de retourner au centre du terrain.

La première heure du match se passa sans encombre. Potter traversait le terrain sans cesse, encourageant les poursuiveurs, donnant des idées aux batteurs, restant régulièrement vers le gardien. Et puis, tout bascula : les scores s'égalisaient à peu prêt, pourtant la tendance changea brusquement.

L'équipe du Pérou commença à mettre en place une technique d'attaque infaillible contre laquelle l'Angleterre n'était pas préparée. Les deux batteurs s'acharnèrent sur le gardien, se qui créa une animation assez forte près des poteaux : grâce à cela, les poursuiveurs adversaires purent marquer plusieurs fois et prendre une avance considérable. Puis, ce fut l'attrapeur, Harry Potter lui-même, qu'ils assaillirent. Saisissant leur technique, celui-ci décida d'aller se placer vers les poteaux des Rases-Cimes, créant ainsi la même foule que précédemment, mais du côté ennemi. Les batteurs l'abandonnèrent donc rapidement.

Au bout de deux heures trente de jeu à peine, le vif d'or apparut, au beau milieu du stade, arrivant de nulle part. La foule explosa, encourageant les deux attrapeurs qui, coude à coude, s'élancèrent à sa poursuite. Mais pour ce faire, Harry dû quitter la zone des buts du Pérou, et aussitôt les batteurs lui renvoyèrent de nouveau leurs cognards. Déstabilisé, le brun perdit une première fois l'équilibre en plongeant vers le sol, mais il remonta et rejoignit rapidement l'autre attrapeur qui zigzaguait encore derrière le vif.

Cependant, la deuxième fois fut la bonne : un véritable boulet de canon vint lui heurter la jambe et brisa son balai sous le choc. Le public poussa un hurlement en le voyant ainsi tomber de plus de trente mètres de haut. Les dents serrées à cause de la douleur, Harry tâtonnait son costume à la recherche de sa baguette pour ralentir sa chute. Mais il n'eut pas besoin de la trouver : Joey Jenkins, qui avait vu toute la scène, était descendu en feinte de Wronski pour le récupérer sur son balai. Potter hurla lorsque sa jambe cassée accrocha le balai du batteur, mais il eut aussitôt le réflexe d'entourer la taille de son sauveur.

- Je fais quoi ? lui cria Joey qui remontait vers le jeu.

- Suis-le, bordel ! répondit Harry sur le même ton. Rattrape-le !

- Qui ? Le batteur qui t'as dégommé ton balai ou l'attrapeur ?

Rendu complètement inconscient par la douleur qui lui vrillait la jambe et par la colère de s'être fait avoir, Potter se laissa glisser le long du balai en pleine vitesse se retrouvant bientôt pendu par les mains un instant avant de remonter pour se placer devant Jenkins qui l'aida en l'attrapant par les hanches. Aussitôt installé, il prit les commandes et fonça à pleine vitesse vers le vif d'or. Derrière lui, Joey agrippa sa batte et défia quiconque de lancer un nouveau cognard dans leur direction.

Aucune règle n'interdisait d'être deux sur un même balai lorsque le second joueur avait perdu son propre balai, ce qui était le cas. Pourtant, ils ne parvenaient pas à atteindre une vitesse suffisante pour rattraper l'adversaire qui tournoyait encore en direction du vif.

- Raaaaah ! hurla Potter de rage. On est trop lourd !

- Alors fonce…, lui souffla Jenkins.

Lentement, comme au ralenti, Harry sentit le balai se pencher légèrement et Joey se laissa tomber dans le vide, lui laissant ainsi la possibilité de récupérer son retard. Le cœur du brun s'arrêta un instant : plus un son ne lui parvenait. Sa jambe battait le tambour, un voile blanc se posait devant ses yeux, ses oreilles bourdonnaient. Il avait un vif d'or d'un côté, peut-être une victoire, et l'un de ses meilleurs amis qui venaient de se sacrifier de l'autre côté. Mais au moment où il allait se décider pour rattraper Jenkins, un coup de sifflet retentit et lui rendit à la fois l'ouïe et la vue. Tout sembla exploser autour de lui, et pourtant, il restait là, paralysé, par le froid, la fatigue, la douleur et le dégoût. Derrière lui, son gardien le rejoignit et entoura ses épaules de ses bras.

- On a perdu Harry, murmura-t-il dans son cou. Est-ce que ça va ?

Deux poursuiveurs vinrent les entourer à leur tour. La finale venait de leur échapper. Ils se serrèrent en cercle, s'appuyant les uns contre les autres en vol. Le troisième poursuiveur remonta à son tour vers eux, accompagné de Joey, un peu pâle, qu'il était allé chercher dans sa chute, et du dernier batteur. Les sept joueurs anglais restèrent ainsi, sans parler, tête baissée vers le centre de leur cercle, écoutant les applaudissements des tribunes et les cris déçus de leurs supporters. Autour d'eux, l'équipe du Pérou naviguait dans les airs, hurlant leur joie d'être enfin champion du monde.

- Je… je me sens mal, grommela Potter.

Dans la rapidité du match, personne n'avait réellement fait attention à sa jambe. A présent, tous constatait qu'elle faisait un angle bizarre en dessous du genou. L'équipe cassa donc le cercle et après un dernier salut au public, ils descendirent vers les quatre médicomages qui les attendaient au sol. Deux d'entre eux prirent aussitôt Harry en charge. A peine fut-il posé sur une civière qu'il tombait dans les pommes.

oOoOoOoOoOoOoOoO

Lorsqu'il rouvrit les yeux, quelques minutes plus tard, son premier réflexe fut de s'assurer que Joey et les autres joueurs de son équipe allaient bien.

- Ne vous inquiétez pas Monsieur Potter, lui répondit un médicomage. Ils sont entre de bonnes mains. Buvez plutôt cette potion.

En se redressant pour boire, Harry se rendit compte que sa jambe était déjà bandée et ne le faisait plus souffrir. Il voulut tout de suite se lever. Le sorcier qui l'avait soigné lui tendit une canne, avec un sourire d'excuse.

- Evitez de trop appuyer sur votre jambe pendant quelques jours, lui expliqua-t-il. Mais la potion fera vite effet.

L'attrapeur quitta la petite infirmerie pour rejoindre les vestiaires. La boule au ventre, il rejoignit les six autres membres de son équipe. Certains étaient sous la douche, d'autres déjà changés, mais tous se mirent à applaudir à l'arrivée de leur capitaine. Whitehorne Devlin s'avança vers lui pour lui serrer la main.

- C'était un match fabuleux, merci Harry, lui murmura-t-il. Il y a deux personnes qui t'attendent à l'arrière du stade, ajouta-t-il sur un ton encore plus bas.

A cette nouvelle, le brun fit son premier sourire. Toute l'équipe se félicita mutuellement : malgré la défaite, ils avaient tous donné le meilleur d'eux-mêmes.

- Ne me refais jamais ça, grogna Potter à l'intention de Joey.

- Plutôt deux fois qu'une, si, ricana le batteur. Et tu me dois un secret, lui rappela-t-il. Je sais qu'on n'a pas gagné, mais je le mérite quand même.

Harry rigola et hocha la tête. Il allait certainement devoir se confronter à l'opinion de Lucius et Severus, mais selon lui, Jenkins méritait de savoir la vérité sur Draco Malfoy. Après avoir salué tout le monde, il se dirigea vers la sortie du stade. Le brouhaha de la foule quittant les lieux l'assomma un court instant, mais il n'eut pas le temps de s'en inquiéter davantage : deux mains différentes venaient de se poser sur ses épaules.

- Suis-nous, susurra une voix chaude.

Le transplanage le fit grincer des dents : la douleur de sa jambe se réveillait. A l'atterrissage, deux bras forts le retinrent.

- Et bien, ça n'est pas la grande forme, ricana Severus en le serrant contre lui.

- C'est drôle ça, grommela Harry en s'appuyant sur sa canne.

- Tu as été magnifique, affirma Lucius en l'embrassant tendrement. Tu mérites vraiment ta place de capitaine.

- Vous m'avez manqué.

L'attrapeur s'accrocha à la nuque du blond et montra à quel point il s'était senti seul pendant un mois. Son dérapage avec Joey était oublié, rien ni personne n'avait la même saveur que les deux hommes qui partageaient sa vie. Ils étaient dans une belle chambre d'hôtel, dont Potter admira la richesse des étoffes et de la décoration. La pièce s'ouvrait par une grande double porte sur un petit salon d'accueil. C'était une suite moldue très classe.

- Vous ne voyagez jamais léger, rigola-t-il.

Son regard passait de l'un à l'autre, les trouvant magnifiques tous les deux. Lucius se débarrassa de sa cape et la posa sur un fauteuil avant de s'y installer, tandis que Severus se servait un verre au mini bar.

- Harry, tu devrais t'asseoir, suggéra l'ancien maître des potions.

- Ne t'inquiète pas, ma jambe va bien, répondit le brun en s'appuyant sur la canne donnée par le médicomage.

- Je t'assure que tu devrais l'écouter, ricana Malfoy. Nous avons quelque chose à te dire, histoire d'adoucir la défaite.

- Vous voulez qu'on se marie ? lança Potter à tout hasard en se laissant tomber sur le divan. Personnellement, je ne suis pas contre, mais je crains qu'on ait du mal à trouver quelqu'un qui accepte de…

- Tu veux te marier ? l'arrêta Severus abasourdi.

Harry se redressa, comprenant qu'il faisait fausse route. Voyant la joie des deux hommes et les précautions qu'ils prenaient avec lui, il avait tout naturellement pensé à ça.

- Et bien… visiblement, ça n'est pas votre cas, murmura-t-il, un peu gêné.

- Nous n'en avons jamais parlé, répondit Lucius.

Les trois hommes s'échangèrent un doux sourire, s'observant de loin.

- Bon, qu'aviez-vous à me dire dans ce cas ? lança Harry, rompant le silence.

- Quelqu'un voudrait te féliciter pour ton jeu, susurra Snape. Nous avons eu quelques difficultés à l'amener ici, mais il a été ravi d'assister à ta première finale en coupe du monde.

- Ouais, dommage qu'on ait perdu, marmonna l'attrapeur.

Pendant qu'il se plaignait, une petite porte donnant dans une autre chambre s'ouvrit. Un homme encapuchonné s'avança au milieu de la pièce.

- La prochaine fois que tu voudras faire le héros, Potty, prévois un balai de rechange.

Le cœur d'Harry rata un battement tandis que la cape de l'inconnu glissait sur de beaux cheveux blonds, dévoilant un visage fin, pâle, marqué par deux yeux d'un bleu pur.

- Mal… Malfoy ?

Malgré sa jambe, malgré sa fatigue, l'attrapeur se releva et se jeta dans les bras du blond, tandis que Lucius lui expliquait que la potion avait donné des résultats peu de temps après son départ pour la Roumanie, mais qu'ils avaient préféré garder le secret pour ne pas le déstabiliser durant le tournoi.

- Sympa ta jambe de bois, ricana Draco en désignant la canne du brun.

- Dis donc le prince au bois dormant, on ne t'a rien demandé ! répliqua Potter avec un sourire. Comment te sens-tu ?

- Vivant ! Les premiers jours n'ont pas été évident, expliqua ensuite le blond. J'ai d'ailleurs une canne bien plus belle que la tienne à la maison.

Les deux anciens ennemis se chamaillèrent ainsi jusqu'à leur retour en Angleterre. Enfin de retour au manoir, Draco s'absenta dans le jardin pour faire ce qu'il aimait le plus depuis son réveil : voler. Lucius et Severus en profitèrent pour entraîner Harry dans leur chambre et renouer avec le simple plaisir d'être enfin réunis…

à suivre...


Tadaaaaaaaaaaaaam ! Alors alors ? S'il vous plaît dites-moi ce que vous en pensez, j'ai eu un mal de chien à l'écrire ce chapitre. ^^ J'espère que ça vous a plu. Je vous dis à très vite (promis !) pour le dernier chapitre, qui sera peut-être plus un épilogue qu'un véritable chapitre, je ne sais pas encore... En tout cas, je vous réserve un lemon du tonnerre. ^^

Pleins de bisous à tous !