Bonjour à tous ! Avec beaucoup de retard, voici le chapitre 9. J'espère que l'attente aura valu le coup… ;-)

Gynnie : Je suis ravie que tu aies aimé et j'espère que ce chapitre te plaira tout autant !

Ady : Merci de ta review ! J'ai hâte de lire ton avis sur ce nouveau chapitre… ;-)

Hasuu : Merci de ta review !tu te poses beaucoup de questions et tu as plusieurs hypothèses intéressantes… À voir si tu auras deviné le tournant que prendra cette histoire !

Sa : Merci de ta review ! Voici le nouveau chapitre, j'espère qu'il te plaira. :*

Chapitre 9

Samantha Carter se réveilla en sursaut, la sueur glissant le long de son dos et de ses tempes. C'était devenu une habitude depuis qu'elle était revenue d'Antarctique et elle se savait pas comment stopper ces cauchemars qui la hantaient. Elle savait que le Colonel O'Neill allait bien, il était rentré chez lui la veille et ils avaient encore tous une semaine de congés afin de récupérer. Alors pourquoi ces terreurs nocturnes persistaient ?

Elle se leva et se dirigea vers la salle de bain. Son visage dans le miroir lui apparu pâle et cerné, la sueur faisant luire sa peau. Elle détourna le regard et entreprit de se déshabiller afin de prendre une douche chaude qui devrait la détendre un peu avant de se recoucher. Une fois sous le jet d'eau brûlante, Sam se permit de soupirer d'aise en sentant la chaleur s'infiltrer en elle. Depuis son retour elle appréciait la chaleur plus qu'elle ne l'avait jamais fait. Pete avait d'ailleurs râlé sur le fait qu'elle allume les radiateurs et la cheminée, en même temps. La scientifique avait froid. Tout le temps. Et rien ne parvenait à la réchauffer entièrement et de manière durable. Pete trouvait son comportement étrange et ne se gênait pas pour lui faire remarquer qu'elle était « complètement folle de mettre deux pulls alors que c'est le printemps. »

Alors qu'elle commençait à se détendre et à chasser les images de son supérieur mourant de sa tête, une voix grave s'éleva derrière son dos, la faisant sursauter violemment.

— Mais qu'est-ce que tu fous ? demanda Pete, le regard à moitié endormi.

— Pete ?! s'exclama la jeune femme blonde en éteignant l'eau. Tu m'as fait peur !

— On peut savoir ce que tu fous à prendre une douche à deux heures du matin ?

— Je suis désolée, je me suis réveillée en sueur, j'avais froid…

— Tu avais froid ? Tu te fiches de moi ? Il fait 25 degrés dans notre chambre, j'étouffe !

— Je suis désolée, j'avais vraiment froid à cause de la sueur. Peux-tu me passer ma serviette s'il te plait ? demanda Sam alors qu'elle commençait à trembler.

Pete lui tendit sa serviette et elle s'enroula rapidement dedans.

— Je pourrais savoir ce qui t'arrives en ce moment ? C'est complètement aberrant d'avoir aussi froid.

— Je ne sais pas pourquoi, j'ai juste froid, Pete.

— Et on peut savoir de qui tu rêvais pour être autant en sueurs ? demanda Pete.

— De personne, répondit rapidement Sam alors que le visage de Jack apparu directement dans son esprit, les lèvres bleues et le souffle court.

Un haut de cœur la prit et elle posa une main sur sa bouche, tentant de ravaler la boule présente dans sa gorge.

— Qui est Daniel ? questionna Peter.

— Pardon ? demanda Sam, le cœur battant la chamade à cause de la nausée.

— Dans ton sommeil tu suppliais un Daniel. Qui est-ce ? questionna de nouveau Pete, agacé.

— Je suppliais Daniel ? Comment ça ?

— Tu veux vraiment que j'imite ta voix en train de prononcer son nom ?

— Arrête un peu, Daniel est mon collègue tu le sais bien. Il n'y a rien entre nous, répondit Sam tout en se souvenant comment elle avait désespérément appelé l'archéologue lors du transport en avion jusqu'à la base afin d'obtenir des informations sur l'état de santé du Colonel.

— Ah donc c'est juste ton collègue mais tu gémis son nom lors de tes rêves ! Il avait visiblement l'air de bien s'y prendre ce Daniel ! s'emporta Shanahan.

— Non mais ça ne va pas ? répondit Sam tout en s'habillant. Je ne rêvais pas de lui !

— Donc tu murmures son nom pendant la nuit sans même rêver de lui ? De mieux en mieux !

— Bon sang, Pete, j'étais en plein cauchemar arrête de t'imaginer des choses s'il te plait !

— Mais bien sûr ! Un cauchemar où tu murmures le nom d'un autre homme. Et tu penses vraiment que je vais gober ça ?!

— Pete… S'il te plait arrête, dit Sam alors qu'elle passait son jean.

— Je peux savoir pourquoi tu t'habilles ? demanda soudainement Pete.

— Je n'arriverais pas à me rendormir immédiatement je pensais aller travailler un peu dans le salon.

—Travailler ? Tu vas sûrement l'appeler plutôt oui !

— Pardon ?

— Ton histoire de travailler en pleine nuit, je n'y crois pas une seule seconde ! Je ne suis pas stupide, je vois bien que quelque chose a changé ! Tu es sans arrêt dans tes pensées depuis que tu es revenue amochée de ta très chère base !

— Pete… commença Sam, choquée par les paroles de son mari.

— Tu penses tout le temps à ce Daniel, c'est évident ! Ah c'est sûr que moi, je ne suis pas un grand docteur en archéologie ! Je suis un simple flic, je le sais bien ! Je ne vois même pas pourquoi un archéologue bosse dans cette base !

— Non mais ça ne va pas ? Tu t'entends parler ?

— Je vais bien, très bien même ! Si je ne te suffit plus, il faut le dire, pas la peine de jouer les salopes !

Ce mot fut le mot de trop pour la jeune femme. D'un mouvement rapide elle sortit de la salle de bain et descendit les escaliers. Elle attrapa son manteau et son écharpe alors qu'elle entendait derrière elle son mari l'appeler.

— C'est ça ! Va-t-en ! cria Pete.

— Je vais à la base, répondit Sam sans se retourner.

— T'es vraiment devenue cinglée depuis ton retour ! Sourire est devenu en option !

Samantha s'arrêta net.

— Tu ne sais rien, cracha-t-elle.

— Barre-toi faire tes calculs à la noix, tu serviras au moins à quelque chose, lui lança Pete, plein d'amertume dans la voix.

La jeune femme blonde s'éloigna dans l'allée après ces mots, la gorge serrée. Elle avait mal, terriblement mal. Comment pouvait-il être à ce point méchant ? Alors que ses yeux s'embuèrent de larmes, elle les ravala. Elle ne devait pas pleurer. Elle traversa rapidement la moitié de la ville et en quelques minutes, elle fut devant la maison du Colonel. Il était presque trois heures du matin mais elle ne pouvait pas s'empêcher de venir ici, chez lui. Elle savait qu'il était rentré mais… Et s'il n'allait finalement pas bien ? Et s'il lui en voulait et qu'il allait faire de sa vie un enfer par la suite ? Sam secoua la tête afin de chasser ces mauvaises idées. Le colonel n'était pas comme ça, il ne lui en voulait pas. Ils avaient déjà discutés de ça et Jack était tout sauf énervé contre elle. Alors pourquoi avait-elle ce besoin de réassurance ? Et pourquoi venir le voir lui, maintenant, en pleine nuit ?

Elle ne sut pas exactement comment elle se retrouva devant sa porte, le doigt sur la sonnette d'entrée, alors qu'elle était encore rongée par toutes les pensées qui l'assaillaient. Il fallut que quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre sur un Jack O'Neill surpris.

— Carter ? demanda-t-il.

— Je suis désolée de vous réveiller, mon Colonel, je…bredouilla Sam.

— Je ne dormais pas, répondit Jack.

— Vraiment ? demanda Sam, surprise.

— Que se passe-t-il, Carter ?

— Je… commença la scientifique en regardant ses mains.

— Vous… ? demanda doucement Jack.

— J'ai froid, dit-elle finalement en relevant la tête et en plongeant son regard dans celui de Jack.

Ils restèrent environ une minute comme cela, puis Sam reprit la parole.

— J'ai froid. Depuis que nous sommes revenus, sans arrêt.

Sa voix se brisa et elle se mordit sa lèvre inférieure.

— Venez là, dit Jack en lui attrapant le bras puis en la serrant tout contre lui.

Il ferma rapidement la porte de sa main gauche avant de la reposer sur Sam.

— J'ai terriblement froid. Je suis si désolée, Monsieur, continua Sam, sa voix se brisant un peu plus alors que les bras musclés de Jack resserraient leur étreinte sur elle et que le parfum de l'homme emplissait ses narines.

— J'ai froid aussi, Sam, murmura Jack alors qu'il enfouissait sa tête dans les cheveux de la jeune femme.

Leur étreinte dura quelques minutes avant que Sam ne se détache de lui, les larmes aux yeux.

— Venez vous asseoir, j'ai fait un feu.

Ils s'avancèrent lentement vers le salon où un feu de cheminée éclairait la pièce de sa couleur ocre. Une douce chaleur s'infiltra à travers Sam et la jeune femme soupira d'aise tandis qu'elle pouvait entendre le bois crépiter. Elle ouvrit son manteau puis sentit Jack lui retirer. Elle se retourna et l'observa poser le vêtement sur une chaise. Il lui montra ensuite le canapé et l'encouragea à s'asseoir. Elle s'installa dans le sofa, moelleux, puis Jack la rejoignit et s'assit à quelques centimètres d'elle. Sam observait avec insistance ses mains, qu'elle bougeait nerveusement, tandis que Jack l'observait. Il finit par lui prendre une de ses mains afin qu'elle arrête de les bouger et le cœur de Sam manqua un battement alors qu'elle regardait la main de Jack caressant la sienne.

— Dites-moi ce qui vous tracasse, Carter, dit-il doucement en ne la lâchant pas des yeux.

Ce qui la tracassait ? Un mari insultant, des disputes à longueur de temps, un boulot stressant, avoir failli le perdre, avoir froid sans arrêt, ne presque plus dormir, faire des cauchemars, avoir failli le perdre, ne pas arriver à faire son rapport sur la mission en Antarctique, ne pas réussir à décrire combien il a pu souffrir sous ses yeux, ne plus arriver à travailler sur ses calculs sans repenser à son échec dans cette crevasse… « Avoir failli vous perdre. » pensa-t-elle.

— J'ai froid. Tout le temps. Depuis que nous sommes rentrés à la base, murmura-t-elle.

— Nous avons failli mourir, dit Jack.

— J'ai failli vous perdre, répondit subitement Sam.

La main de Jack se resserra sur la sienne, comme pour lui prouver qu'il était encore bien là.

— Ça n'était pas de votre faute, nous avons failli mourir tous les deux, pas uniquement moi.

— Mais si j'avais composé directement les coordonnées d'une autre planète vous n'auriez pas été dans cet état. Je vous aurais ramené beaucoup plus rapidement sur Terre. J'ai été une imbécile, je n'y ai même pas songé une seule seconde !

— Vous ne pouviez pas deviner que nous étions déjà sur notre chère planète bleue, Carter.

— C'est mon travail de trouver des solutions, Monsieur, dit Sam en plongeant son regard dans celui de Jack.

— Depuis quand devez-vous juste faire cela ? demanda-t-il.

— Je suis la scientifique, celle qui calcule, celle qui doit avoir la réponse à ce genre de problème, celle…

— Vous êtes militaire, Carter. Et croyez-moi, vous êtes un officier hors pair. Alors oui, votre truc c'est de calculer je ne sais quoi et vous réfléchissez bien mieux que les trois quart de la population de cette planète, voire de la galaxie. Vous n'avez rien raté dans cette mission, absolument rien, dit-il en lui caressant de nouveau la main.

— Je vous ai laissé en arrière.

— Carter… soupira-t-il.

— Je vous ai laissé en arrière…

Le menton de Sam commença à trembler alors que les larmes montèrent de nouveau à ses yeux. Jack observa la détresse dans les yeux de son second et son cœur se serra. Lorsqu'ils en avaient discuté dans l'infirmerie, il pensait l'avoir rassuré sur ce point. Il se rendait maintenant compte que ce détail avait une grande importance pour la jeune femme et qu'elle était profondément perturbée par le fait de l'avoir laissé.

— Je vous l'avais ordonné. Je suis le seul à blâmer ici… dit-il.

— Et je n'aurais pas dû écouter. Vous n'étiez absolument pas en état de me donner cet ordre. Si j'étais restée j'aurais pu vous tenir chaud plus longtemps, expliqua Sam, la voix tremblante tandis qu'une larme roulait le long de sa joue.

— Vous le faites aujourd'hui, répondit Jack, le cœur battant la chamade tout en essuyant la larme de son pouce.

À ce geste, à ce pouce sur sa peau, Sam retint son souffle. La chaleur qui envahissait son corps petit à petit était douce et agréable, le regard de Jack sur elle était protecteur et indéfinissable. Elle ne le savait pas encore, mais ce regard allait devenir son regard. Le regard spécial Sam. Le pouce de Jack continuait de caresser sa joue et Sam se perdait dans les yeux chocolat de son supérieur. Il la contemplait également, éblouit par ces yeux si bleus qui lui rappelait le lac Louise.* Doucement, sa tête se rapprocha de celle de Sam et la jeune femme retint de nouveau son souffle, son cœur définitivement à un rythme dépassant l'entendement. Elle ferma les yeux et sentit les lèvres de Jack se déposer au coin des siennes sur la gauche. Elle n'osa pas bouger, bien trop d'émotions la traversant. Jack recula finalement sa tête et elle rouvrit les yeux, l'observant. Il tenait toujours sa main et son pouce caressait toujours sa joue. C'était doux et délicat, comme la caresse d'un duvet.

— Rappelez vous toujours que nous sommes là les uns pour les autres, Sam. Vous ne m'avez pas laissé ce jour là et je sais que vous ne me laisserez jamais, murmura-t-il.

À quel point avait-il raison ?


*Lac Louise : Lac se situant dans le parc national de Banff en Alberta, Canada.