Eh oui ! Me revoilà !

Je sais que j'avais promis de poster plus vite mais je n'y peux rien. Je viens à peine de commencer à me remettre à jour dans les reviews des fics que je suis. D'ailleurs, je dédie ce chapitre à la merveilleuse Gwenetsi parce que, de un, elle le mérite, et de deux, elle ne mérite pas une si mauvaise fan que moi.

Voilà, ça me fait tout drôle. C'est le dernier chapitre. Pas corrigé, évidemment. Je n'ai plus aucun signe de ma correctrice que j'adore quand même parce que je sais qu'elle n'a pas le temps ! Mais j'avais tellement envie de poster...

Aussi, ne me tuez pas à la fin du chapitre. Il y aura un épilogue !

Je voulais remercier toutes les personnes qui m'ont lu, reviewé ou non, qui m'ont donné des conseils, merci à tous. Je vous aime !

Bonne lecture mes amis !

Chapitre 8 :Deux DiNozzo sur un toit

L'ambiance qui régnait à l'Open Space était étrange, ni McGee ni Ziva ne parlaient, plongés dans leurs recherches. L'ambiance était lourde et oppressante, toutes les révélations avaient du mal à trouver un réel écho chez les agents du NCIS. Qui aurait pu penser que le si enfantin Tony DiNozzo eût pu cacher de si lourds secrets ?

Ziva ferma les yeux. Pour une fois dans sa vie, elle avait envie de rentrer chez elle. De s'endormir profondément et de tout oublier. Oublier que Tony avait un petit frère. Oublier que leur mère était morte devant eux. Oublier qu'ils avaient été battus. Oublier que ce frère voulait le tuer. Oublier qu'un dégénéré était de la partie.

Mais elle devait rester forte pour pouvoir aider son ami, ou peut-être plus. Ils faisaient partie de la même famille, et, dans ces cas-là, on devait s'entraider. Tout faire pour les aider. Le sauver. Elle avait appris ça en Amérique. Ici elle ne pensait plus à ses soi-disant parents car ils avaient le même sang qu'elle, ici elle avait trouvé sa véritable famille. La plus belle qui soit.

Elle lança un regard vers celui qu'elle considérait comme son petit frère et se remit au travail pour sauver un certain italien aux yeux verts. Elle devait chercher des informations sur Don, avec l'aide de ses nombreux indicateurs.

øøø

McGee sentit que la brune le regardait, mais il ne leva pas la tête. Il ne voulait pas parler. Pour dire quoi de toute façon ? Qu'il se sentait totalement perdu ? Qu'il ne verrait jamais plus DiNozzo de la même manière ? Qu'ils allaient trouver le salopard qui avait voulu faire du mal à un des leurs ?

Il avait l'impression que ce n'étaient que des paroles creuses. Et il n'en voulait pas. Il voulait de l'action ! Il voulait que cette affaire se termine ! Il voulait pouvoir enfin se reposer et se retrouver seul un instant, pour penser à tout ça. Il se sentait las, inutile. Incapable d'aider à quoi que ce soit.

Pour l'instant, il savait qu'il ne pouvait que vérifier le passé de Strauss afin de trouver un endroit où il aurait pu se terrer.

Il eut une pensée pour Gibbs qui avait encore disparu dans les dédales du bâtiment fédéral et replongea dans le passé sordide du serial killer.

øøø

Droite. Droite. Gauche. Coup de pied.

Gibbs se défoulait sur le ballon de frappe. Il en avait besoin sinon il allait exploser, et ça ne serait pas beau à voir. Il ressentait une haine immense, une envie de tout casser. Une haine dirigée contre DiNozzo Senior, contre Strauss, contre Don aussi. Contre Tony, parce qu'il ne lui avait jamais rien dit. Parce qu'il se sentait coupable. Parce qu'il ne lui avait pas fait confiance.

Et surtout, une haine contre lui-même. Il se haïssait de ne pas avoir compris. Où était passé son instinct ces dernières années ? Où était-il quand il avait vraiment besoin, pour sa famille ? Et lui, lui, l'agent Gibbs, où était-il pour son fils ? Il avait souffert devant lui, en silence. Et lui, oui lui ! Lui n'avait rien vu.

Et il se haïssait pour ça.

Et il haïssait ce monde qui laissait des enfants souffrir.

Il avait une énorme colère en lui. Il l'a laissa sortir.

Droite. Gauche.

øøø

La morgue était un endroit froid par définition, sans vie. Mais la présence chaleureuse des deux légistes parvenait habituellement à réchauffer la pièce. Pas là. Pas maintenant.

Ducky regardait Palmer qui relisait ses cours. Ou plutôt, faisait semblant. Ses gestes étaient un peu maladroits ce qui le trahissait, et l'Ecossais était un bon profileur, il savait reconnaître les signes. La nervosité, le malaise, la perdition. Tout ça émanait du jeune homme.

L'écossais eut un pâle sourire. Jimmy était proche d'Anthony. Ils étaient un peu la nouvelle version du duo improbable qu'il formait avec Gibbs. En les voyant ensemble, il ne faisait aucun doute que la relève était arrivée.

Il secoua la tête et se replongea dans les tortueuses pensées de Strauss. Il devait le comprendre, le percer à jour. Il devait aider Anthony. Et pour ce faire il devait aller au plus profond de la noirceur de l'âme d'un des pires psychopathes auquel il avait eut à faire.

øøø

Elle n'aimait pas ce pressentiment. Quelqu'un allait mourir. Qui ? Elle avait peur, elle avait froid. Ça lui avait pris d'un coup. Elle recherchait des pistes sur le Docteur McMillan et elle s'était soudainement sentie faible, perdue.

Elle n'était déjà pas très bien à cause des révélations des derniers jours mais ce sentiment là avait été plus fort. Pendant de longues minutes elle n'avait pu respirer. Puis l'affolement l'avait prise. Elle devait faire quelque chose ! Sans réfléchir elle s'était jetée sur ton téléphone. Mais pour appeler qui ? Pour quoi faire ? Elle ne savait pas ce qui aller se passer.

Le NCIS était étrangement calme. Personne ne parlait. Et pour cause : une des figures les plus importantes avaient été empoisonnée. Rapidement, les découvertes de l'Équipe sur le passé de Tony avait fait le tour de l'agence.

Personne ne réalisait vraiment encore. Tout se faisait comme dans un rêve, presque personne ne parlait.

C'était le calme avant la tempête.

Et Abby Scuito n'aimait pas ça. Du tout.

øøø

« Du nouveau ? demanda Gibbs, sortant de nul part. »

Il s'était changé et il avait visiblement pris une douche, preuves en étaient ses cheveux gris légèrement humides. Son regard était dur, il voulait terminer cette affaire et s'occuper de Tony, lui faire accepter son passé.

Il jeta un regard circulaire à la pièce. Tony n'était toujours pas revenu. Et ce n'était pas un bon signe, il le savait. Son instinct le lui criait. Et il décida de l'écouter en ce qui concernait l'italien, pour une fois. Vraiment.

« Où est DiNozzo ? »

Seul le silence lui répondit.

Il était parti depuis plus d'une heure.

øøø

« Tony a disparu. »

øøø

La sentence était tombée. Les recherches avaient repris avec plus d'ardeur. Abby était dans un niveau de nervosité extrême que personne n'arrivait à expliquer et que nul ne pouvait calmer, même Gibbs.

Ce dernier était dans le bureau de Vance car le directeur voulait savoir l'avancée de l'enquête sur l'empoisonnement d'un de ses agents. Il avait du menacer le Renard Argenté pour qu'il reste, de toute manière, il n'était d'aucune utilité dans cette recherche totalement informatique.

Il le savait. Il ne pouvait que ralentir son équipe. Et cette inaction lui pesait, il voulait faire quelque chose. Il devait faire quelque chose.

Mais pas maintenant. Pas encore.

øøø

« Les agents partis fouiller l'appartement de Tony n'ont rien trouvé. La voisine de pallier de Tony, une adolescente qui vit avec sa mère dit avoir ouvert la porte de l'immeuble à Tony car il disait avoir oublié ses clefs. Il aurait ensuite crocheté la serrure, serait rentré une dizaine de minutes puis serait ressorti. La jeune fille n'a rien remarqué de suspect à part qu'il paraissait légèrement différent de d'habitude. Je cite : "Plus calme et plus fatigué", annonça Ziva. Ça s'est passé il y a cinq heures. Tony était au NCIS alors.

_Donc Don s'est fait passer pour lui et est rentré dans son appartement. Pour faire quoi ?

_Il aurait pu lui laisser un mot.

_Dans ce cas Tony l'a pris avec lui. Il savait très bien qu'on inspecterait chez lui, il a donc cherché à nous cacher le message intentionnellement.

_Pourquoi faire ça ? s'exclama la brune. C'est sûr que c'est un piège mali... Mafi... Mami...

_Manigancé, peut-être ? la taquine McGee.

_Oui ! Bref, c'est un piège tendu par Strauss ! Et il plonge dedans tête baissée cet idiot !

_Il voulait peut-être essayer de parler à son frère, de le raisonner, intervint Ducky, sortant de l'ascenseur. »

Personne ne répondit. C'était bien le genre de Tony de tenter de discuter avec son petit frère, au péril de sa vie. Mais c'était compréhensible, après tout. Cela faisait des années qu'ils ne s'étaient pas parlés et lorsque que l'agent Senior ré-entendait parler de lui, c'était parce qu'il avait essayé de l'assassiner et qu'il était, semblait-il, décidé.

« Mais pourquoi ne pas diffuser la photo de Strauss ? hasarda le Bleu. Quelqu'un a bien dû le voir !

_Je ne pense pas que ce soit une bonne solution, rétorqua calmement le légiste. Je viens de finir d'étudier son profil, c'est un psychopathe, un homme froid et manipulateur. Il a déjà fait de la prison et, là-bas, il ne pouvait pas avoir ce sentiment de pouvoir dont il a tant besoin. Montrer que nous connaissons son identité pourrait le pousser à agir s'il se sent mis à jour, il ne voudra pas retourner en cellule. Et s'il tient Anthony en otage, il pourrait l'exécuter, lui et Donato. Le seul moyen de sauver notre ami et de trouver où il est et d'arrêter Strauss avant qu'un malheur ne soit commis. »

La température sembla descendre de quelques degrés. Les minutes comptaient désormais. Le pire pouvait déjà s'être passé... Non, ils devaient s'interdire de penser à ça.

« Karia McMillan est morte. »

Les trois se tournèrent soudainement vers Gibbs qui descendait les escaliers, son téléphone encore à la main.

« Abs a trouvé une Jane Doe morte deux semaines après la disparition de Strauss de la prison. Elle correspond au signalement de McMillan. Elle a été trouvée dans le désert du Nevada. Ce malade n'a pas attendu très longtemps avant de se débarrasser d'elle. Et vos recherches ?

_J'ai trouvé des choses intéressantes sur Don, dit Ziva. Selon mes indics, j'ai pu reconstituer un peu son passé : on sait déjà qu'il était fragile psychologiquement, c'est pour ça que son père l'avait placé. Mais en appelant Sainte Claire, l'hôpital où il était interné, que je me suis rendue compte qu'il n'avait pas vraiment l'air d'être malade. Il semblait juste perdu, c'est aussi ce que m'ont dit les infirmières. En sortant de Sainte Claire, il n'a plus donné signe de vie aux psychiatres qui le suivaient. Quand il est sorti, il a débité le compte que son père avait mis à son nom puis a disparu. J'ai retrouvé sa trace un mois plus tard en Californie, disputant un tournoi d'échec amateur, quelques petits détails sans importance puis plus rien après un passage un D.C. il y a neuf mois.

_C'est sûrement à ce moment qu'il a rencontré Strauss et ils ont commencé leur petit plan contre Tony. »

Il y eût un instant de flottement puis chacun retourna chercher des informations susceptibles d'aider Tony. Il avait un don incroyable pour se mettre dans les ennuis jusqu'au cou. À chaque fois qui lui arrivait quelque chose, tout le monde se disait que rien ne pouvait être pire mais ils étaient à chaque fois détrompés...

La peste, des accusations de meurtres, des enlèvements... Tout. Il avait tout vécu, tout connu. Il aurait pu rentrer dans le livre des records. "L'homme qui aurait du mourir et qui s'en sort toujours avec panache.". On pourrait un faire un film de sa vie, un film qui aurait pu s'appeler "Le survivant" ou "L'illusionniste". L'agent aurait sûrement souri à cette idée avant de faire un long monologue cinématographique ou seulement quelques références auraient été saisies.

L'horloge, imperturbable, changea de minute. Quinze heures onze. Tony était introuvable depuis une heure et demi.

øøø

Laura Ferroni envoya son message puis remit le téléphone dans sa poche. Elle replaça machinalement une mèche de cheveux blonds derrière son oreille. Elle avait quitté l'école plus tôt que prévu et attendait que son père vienne la récupérer.

En attendant, elle était assise à regarder passer les gens, peu nombreux à cette heure. Un instant, elle songea réviser ses leçons puis chassa l'idée. Autant profiter des rayons de Soleil avant de s'enfermer pour travailler.

La jeune fille ressortit son téléphone, prit ses écouteurs et les positionna dans ses oreilles. Elle mit une chanson au hasard et se laissa bercer par les notes.

En face d'elle, deux hommes pénétraient dans une vieille banque en travaux où personne ne s'y trouvait. Elle fronça les sourcils, ils n'avaient pas l'air d'être des ouvriers de chantier. L'un portait une chemise blanche et un jean et l'autre un sweat à capuche vert délavé et paraissait très maigre.

Elle se dit que ce n'était rien mais son attention restait bloquée sur ce bâtiment. Une bonne vingtaine de minutes plus tard, un autre homme rentra aussi dans la banque. Il était vêtu d'un smoking noir et avançait à grandes enjambées.

Laura douta quelques instants. Devait-elle appeler la police ? Peut-être allaient-ils faire quelque chose de mal ? Mais elle secoua la tête comme pour faire partir de son esprit de pareil pensées.

« Tu regardes trop de séries à la télé, ma vieille, se dit-elle. »

Elle nota quand même l'heure et l'adresse dans un coin de son esprit et replongea dans une musique teintée de mélancolie.

Il était quinze heure vingt-neuf.

øøø

Jimmy Palmer se leva. Il avait faim et il devait se dégourdir les jambes. Depuis plus d'une heure il tentait de potasser ses cours mais il lui était impossible de se concentrer. Il aurait tant voulu aider, trouver une solution ! Mais il n'était que l'assistant du légiste, que pouvait-il faire ?

Il croyait être proche de Tony, il croyait le connaître. Mais c'était faux. Après le départ de Gibbs, il avait été le seul à croire en lui ou, en tout cas, à lui montrer. Les autres étaient là, lui reprochant de ne pas avoir pu le retenir, ils attendaient une erreur de sa part pour lui rappeler qu'il n'était pas Gibbs.

Tony n'avait pas flanché pendant cette période et avait prouvé qu'il méritait d'être au NCIS, qu'il pouvait être chef d'équipe. Il allait souvent voir Jimmy pour discuter, pour se changer les idées.

La première fois avait été lors d'une des premières enquêtes en qualité de chef, il semblait si sûr de lui. L'animosité et la tristesse de l'Équipe était toute dirigée contre lui. Il était si fort et c'était si facile de le blâmer pour de bêtes raisons. Ça soulageait.

Ziva et McGee cherchait des informations pour leur affaire et Tony avait disparu dans le NCIS. Palmer, lui, évitait l'humeur abattue de Ducky, pourtant d'un caractère affable. Il s'était échappé quelques minutes de l'ambiance froide de la morgue quand, au détour d'un couloir désert, il avait trouvé l'anciennement agent senior, recroquevillé sur lui-même.

Ne sachant que faire au début, ne connaissant pas cette facette de l'Italien, il s'était assis rapidement près de lui, sans un bruit. Quelques minutes s'étaient écoulées avant que Tony ne se mette à parler. Il lui avoua étonnement facilement sa détresse, son sentiment d'abandon et son incompréhension face au reste de l'Équipe. Il lui raconta qu'il avait toujours peur de mal s'y prendre, qu'il se comparait toujours à Gibbs. Jimmy l'avait consolé du mieux qu'il avait pu et il avait paru aller mieux.

De temps en temps, ils se retrouvaient au même endroit et discutaient, parfois de sujets sérieux parfois non. C'était devenu un secret entre eux, un moment connu d'eux seuls où ils pouvaient s'échapper. Sans s'en rendre compte au début, ils étaient devenus de véritables amis

Quand le Renard Argenté était revenu, le jeune apprenti avait craint que leur relation de s'étiole mais pas du tout, ils se retrouvaient toujours, au minimum une fois par semaine pour parler. Tony n'avait jamais réellement évoqué son passé, parfois quelques allusions, mais Jimmy n'aurait jamais pu imaginer cela.

Un jeune frère ? Une mère morte ? Un père violent ? L'esquisse de son histoire ne lui avait jamais paru sublime mais à un tel point... Si seulement il l'avait pu l'aider... Peut-être qu'il se serait senti mieux, qu'il n'aurait pas encore disparu. Et peut-être aussi qu'il serait venu lui parler de ses malaises...

Il espérait que les agents retrouvent Tony. En fait, il le savait. Ils allaient le faire. Mais dans quel état ?

Il s'arrêta de marcher un instant, se massa les tempes puis se dirigea à nouveau vers la morgue.

Peut-être des nouvelles l'y attendaient.

øøø

Tony DiNozzo avait hésité de nombreuses minutes avant de se décider. Il avait promis à Gibbs de retourner directement au quartier fédéral mais ce mot... Ce mot l'avait chamboulé. Il ne savait plus quoi penser. Il était encore fatigué par sa maladie, ébranlé par toutes ses découvertes, remué par son triste passé, il était perdu.

Il savait qu'il aurait du prévenir son patron mais une partie de son cœur lui avait soufflé qu'il pouvait peut-être résonner son frère, le sauver de la prise de Strauss. Alors il avait pris sa voiture et s'était dirigé vers la National Bank. Mais il n'était pas totalement inconscient et avait préparé un message avec l'adresse de son lieu de rendez-vous.

Après avoir garé sa voiture, il marcha d'un pas rapide vers la bâtisse vide. Il remarqua du coin de l'œil une adolescente qui le fixait mais n'y prêta pas attention. Le plus discrètement possible et le plus rapidement, il monta les marches. Il ne régnait que le silence, il était peut-être là avant eux... Car il se doutait bien que Don ne serait pas seul, c'était sûrement Strauss qui avait convenu de l'heure et du lieu. Par un moyen quelconque, il avait du apprendre que la banque serait vide ce jour et avait paisiblement préparé son piège.

Mais Tony n'allait pas y tomber dedans si facilement... Il avait réfléchi à ce qu'il allait dit et faire et était persuadé de son taux de réussite de son plan. Enfin, quasiment.

Il arriva essoufflé devant la porte du toit. Il s'accorda un instant pour calmer les battements anarchiques de son cœur puis la poussa d'un geste ferme.

øøø

« Des nouvelles ? aboya Gibbs. »

Ziva et Tim échangèrent un regard entendu puis la brune commença :

« Non, nous...

_Attendez ! Le téléphone de Tony vient de se rallumer, je vais essayer de le trianguler !

_N'essayez pas, McGee, réussissez. »

Mais ce dernier ne l'écoutait déjà plus, ses doigts volant sur ses touches si vite qu'ils semblaient avoir disparu. Le corps tendu et le visage concentré, il dit :

« Je le tiens presque et...

_National Bank, dans le centre, coupa Ziva.

_Comment tu le sais ?

_Il vient de m'envoyer un message. »

Gibbs était déjà dans l'ascenseur et les deux agents se glissèrent dedans juste avant que les portes de ne se refermèrent. Aucune parole ne fut échangée.

øøø

« Bonjour, Anthony. »

Le susnommé se retourna, face à lui se tenait Nicolas Strauss, très droit et digne. Il approchait maintenant de la cinquantaine et la totalité de ses cheveux étaient devenus blancs. Il donnait l'impression d'avoir dix ans de plus. Les quelques ridules de leur première rencontre avaient laissez place à des rides prononcées et un pli au niveau du front. Une chose n'avait pas changé : son regard bleu glacial sondait toujours au plus profond de vous-même.

Et dans un coin éloigné, Don. Il avait perdu l'insouciance de l'enfance, son regard s'était fait plus dur mais paradoxalement plus vague. Une partie de son âme s'était éteinte à Sainte Claire. Il avait vieilli aussi mais il possédait encore cet air juvénile dans son expression. Air renforcé par le sweat trop grand. Tony le détailla encore, gravant dans sa mémoire l'image renouvelée de son cher petit frère. Il avait maigri, il n'avait jamais beaucoup mangé, contrairement à lui, et cela avait du empirer. Son teint était pâle.

Don le fixait, perdu. Il avait l'air de ne pas savoir que penser. Il n'avait pas l'air de savoir quoi faire, quoi dire. Il s'était imaginée cette scène des millions de fois mais restait paralysé et muet.

L'agent n'avait qu'une seule envie : se jeter dans ses bras et lui dire que tout allait bien.

Il allait le faire quand la voix métallique du tueur en série le sortit de sa transe :

« Quelle charmante retrouvaille ! Vous ne pensez pas officier DiNozzo ? Ou devrais-je dire, agent DiNozzo ? »

Il appuya sur le mot agent et dans sa bouche, cela sonna comme une insulte.

« J'aurais pu apprendre de vous-même ce changement de grade mais il a fallu que je grappille ces informations. De ci, de là, un journal, à la télévision centrale, par un gardien... Pourquoi, me direz-vous ? Mais parce que vous n'êtes jamais venu me voir en prison ! Nous avions un accord : Johansson contre vos visites. Vous avez eu la fille mais je ne vous ai pas eu.

_Parce que j'ai refusé d'être votre nouveau jouet, contra fermement Tony. Vous étiez en isolement avant d'être dans le couloir de la mort, vous n'aviez personne pour jouer les apprentis psychopathes. Il n'y avait aucune promesse, Strauss. Je n'ai jamais eu de problème de conscience avec ça. Mais vous, vous, étiez trop en colère, trop blessé dans votre orgueil. Vous n'aviez pas eu ce que vous vouliez. Alors vous avez élaboré un plan machiavélique contre moi. Vous vous êtes échappé avec l'aide de McMillan et vous avez préparé votre vengeance. Justement, qu'avez-vous fait d'elle ?

_Elle ne m'était plus utile, la pauvre. Elle croyait que j'étais amoureux. Pathétique. La tuer fut une délivrance. C'était comme manger une sucrerie après des années de régime forcé. »

Il eut un sourire sadique. Pendant tout ce temps, Don restait impassible.

« Rencontrer mon frère fut du pain béni pour vous, n'est-ce pas ? Vous trouviez un moyen de m'atteindre plus fort, en faisant plus mal. Il vous a tout dit, j'imagine. Il vous a dit que j'étais responsable de la mort de notre mère. Il vous a dit à quel point il me haïssait. Il vous a dit que ces derniers mots pour moi étaient qu'il ne voulait plus jamais me revoir, que je ferrais mieux de mourir et qu'il ne me considérait plus comme un frère depuis longtemps. Il vous a dit tout ça. Et vous l'avez poussé, vous avez utilisé ses faiblesses contre moi.

_Je lui ai ouvert les yeux, c'est tout. Vous avez détruit sa vie, il aurait pu être heureux sans vous. Nous sommes si semblables lui et moi, vous nous avez trahi tous les deux.

_Ne vous comparez pas avec mon frère espèce de malade ! Il n'est pas comme vous ! »

Un silence pesant s'installa. Tony et Strauss s'affrontait du regard, aucun des deux ne lâchaient. Et Don qui ne disait rien.

« Joyce Lyon a été la première, reprit l'ancien professeur.

_Pardon ?

_De mes victimes. Je me rappelle leur nom, leur visage. Je me rappelle leur supplication, le goût de leur sang. Parfois, j'ai l'impression de revivre ses instant. Je me perds dans ces délicieux souvenirs. C'était la belle vie... Il y en eut cinq après... Helena Bishop, Myka Beauchamps, Ruth Norton, Sandy Effy, Virgine Nel. Il aurait pu en avoir une autre, Emily Johansson. Mais vous m'avez empêcher d'accomplir mon œuvre. Je n'aurais jamais du vous dire où la trouver pour la sauver. Ce fut une terrible erreur que je regrette.

_Vous en avez tué d'autres depuis ?

_Seulement trois. Deux prostituées et une junkie, je ne voulais pas prendre le risque de me faire prendre à nouveau. En tout cas pas avant de vous avoir assassiner. »

Il se perdit un instant dans ses pensées puis s'humecta paresseusement les lèvres.

« Vous avez été plus coriace que prévu et mon plan changea plusieurs fois... Mais nous allons réussir à vous tuer, n'est-ce pas Don ?

_Laissez-le en dehors de ça !

_Non, non. Vous l'avez trahi, abandonné. Il doit se venger lui aussi.

_Très bien. Mais avant, je veux te parler, Don. »

Il se tourna vers son frère et le fixa dans les yeux.

« Don, souffla-t-il. Je sais que je n'ai pas été le meilleur frère au monde...

_C'est un euphémisme.

_Fermez-la ! Don, recommença-t-il. Je m'en veux tellement. J'aurais pu faire tant pour toi. Mais je suis parti, c'est vrai. Je suis désolé. J'aurais du rester, être plus fort que ça, que lui. J'aurais du attendre que tu sois en âge de partir aussi, avec moi. Mais j'ai été lâche. Je n'en pouvais plus. J'avais si mal, tu comprends ? Si mal. Et tu ne m'aidais pas. Tu le croyais, lui. Tu m'en voulais pour la mort de Maman... Tu l'ignorais quand il me frappait. Comme tout le monde.

J'entendais parfois les gens parlaient quand ils apprenaient pour une simple gifle ou quand il se plaignait de nous... On ne pouvait pas l'en blâmer, n'est-ce pas ? Le pauvre, il avait perdu sa femme ! Mais nous on avait perdu notre mère ! Et personne ne nous plaignait, nous ! Tout le monde me jugeait car il ne voyait que la part de moi qui refusait d'obéir à mon père, ce veuf ! Mais il ne savait pas, ou ne voulait pas savoir, qu'il était violent !

Don, j'ai toujours pris les coups à ta place parce que tu es mon petit frère, fratello. Tu étais si jeune, si fragile ! Je ne pouvais pas le laisser t'atteindre... Et puis, c'était ma faute...

Enfin, c'est ce que j'ai toujours cru ! À cause de lui ! Don ! Mais c'est faux ! Je le sais aujourd'hui ! Je t'aime, fratello. Et toi aussi tu m'aimes sinon tu ne m'aurais pas laisser la marguerite. Tu m'aurais simplement mis un mot !

_Ne l'écoute pas ! intervint Strauss. Il veut te mettre dans sa poche ! Je t'avais prévenu contre ça !

_Vous, mêlez-vous de ce qui vous regarde ! J'ai refusé de devenir votre marionnette et vous avez décidé de vous venger en vous servant de mon frère ! Mais ça ne marchera pas ! N'est-ce pas Don ?

_Taisez-vous, il sait ce qu'il doit faire !

_Don ? murmura Tony, inquiet. »

Le jeune italien venait de sortir une arme de sa poche ventrale et ce tenait la tête, l'air décontenancé.

« Ne parlez plus, je dois réfléchir ! Fermez-la ! FERMEZ-LA ! »

Pendant un instant, Tony et Strauss ne dirent rien, angoissé pour le premier, stoïque pour le second. Ils attendirent que le jeune homme se calme, ce dernier faisait les cent pas, semblant tourmenté. Il donnait l'image d'un enfant grandit trop tôt qui ne savait plus que faire. Un dilemme profond le tiraillait... Qui croire ? Tony, son grand frère qui l'avait abandonné plus jeune ? Ou Strauss, ce tueur en série qui lui raconté tellement de choses depuis des mois ?

« Don, tu sais très bien qu'il se fiche de toi, il serait resté avec toi, sinon. Il ne t'aurait pas trahi !

_Je ne veux pas vous entendre, compris ! hurla-t-il de toutes ses forces et l'écho de sa voix se répercuta sur les immeubles alentours, résonnant étrangement dans les bruits étouffés qui venaient de la ville en bas. »

Don pointa son arme sur Strauss.

« Vous, fermez-la, ou je vous butte !

_Tu crois ça, jeune homme ? Si tu tiens tant à ton frère que tu le laisses paraître, tu ne m'es plus utile. »

Strauss pointa son arme sur Tony.

« Ne faites rien !

_Don, calme-toi. Je te promets que tout va s'arranger et après on pourra parler. »

D'un geste brusque, Tony pointa son arme sur Strauss.

Plus aucun mot ne fut échangé. Don changeait continuellement de cible, incertain quant à ce qu'il devait faire.

« Tue-le, il t'a abandonné. Tue-le. »

« Repense à tout ce que nous avons vécu ensemble, fratello. »

« NON ! »

øøø

Laura Ferroni, et malgré ses écouteurs, entendit un coup de feu venant du toit de la banque. Elle leva les yeux mais elle ne put rien voir de son point d'observation.

Par contre elle vit parfaitement la voiture noire se garait dans un crissement de pneu abominable. Trois personnes en sortirent et avant qu'elle ne put les observer plus en détail, ils étaient déjà dans l'immeuble.

øøø

Sur un toit de Washington D.C. se trouve trois personnes.

L'une d'elle est morte.