Depuis des heures, Rhadamanthe est immobile, les yeux clos, fatigué et inquiet. Il n'a pas lâché la main de Kanon qu'il réchauffe entre les siennes. A chaque nouvelle minute écoulée, il se demande s'il va résister ou non à l'envie de le sauver à l'aide de son sang. C'est, à l'heure actuelle, sa seule préoccupation. Le Juge sait au fond de lui qu'il n'est pas raisonnable à rester ici, sans bouger. Aiacos est passé le voir tantôt pour le mettre au courant des dernières informations, mais la nouvelle du Titan en fuite ne le motive pas plus à quitter cette chambre. Il devrait pourtant. En tant que Chef des Armées, il lui incombe de gérer et préparer les troupes, au cas où Cronos passerait à l'action et tenterait de s'en prendre au Seigneur des Enfers. Si Sarpédon vient le voir et lui demande d'agir, il sera bien obligé d'obéir. Mais au fond, Rhadamanthe espère qu'on va soigneusement l'oublier encore un moment.
La main de Kanon tressaille dans les siennes. Le Spectre redresse machinalement la tête, le cœur battant et croise le regard bleu du jeune homme en train d'ouvrir les yeux. Immédiatement, Rhadamanthe sent le soulagement s'abattre sur ses épaules.
- Comment tu te sens ? interroge-t-il à mi-voix en reposant sa main sur le lit.
- Pas trop mal.
Jamais le Juge n'aurait cru qu'il serait si heureux d'entendre le son de sa voix. Il tend la main vers la table de nuit où est posé son téléphone :
- Je dois prévenir ton frère. Il s'est beaucoup inquiété, tu sais, il demande sans cesse de tes nouvelles.
Vif comme l'éclair, Kanon se redresse et lui vole, laissant la main de Rhadamanthe se refermer dans le vide.
- Laisse-le s'inquiéter encore cinq minutes.
- Que… ?
Le Spectre n'a pas le temps de formuler une phrase cohérente, le jeune homme l'attrape par le col de la chemise et l'embrasse sur les lèvres. Surpris par l'initiative, il reprend cependant vite ses esprits et presse sa main contre la nuque du Dragon des Mers, tout en approfondissant le baiser.
- Merci… murmure finalement Kanon en appuyant son front contre le sien. Pour être venu me sortir des griffes d'Arès et avoir veillé sur moi.
Songeur, Rhadamanthe caresse machinalement les cheveux bleus qui se perdent entre ses doigts toujours posés près du cou du jeune homme. A mi-voix, il ose avouer :
- J'admets avoir ressenti quelques légères inquiétudes, sans savoir comment réagir.
- « Légère » ?! Tu as carrément songé à me donner ton sang !
- Comment tu… ?!
Kanon affiche un sourire fatigué :
- Je t'expliquerai. J'ai certaines choses à te raconter… j'espère que tu pourras m'aider à y voir plus clair.
Les deux grandes mains sur Juge des Enfers viennent encadrer son visage. Il lui relève légèrement la tête :
- J'ignore de quoi il s'agit, mais oui, tu peux compter sur mon soutien.
Son affirmation est ponctuée d'un nouveau baiser. Soulagé, Kanon le serre ensuite dans ses bras. Rhadamanthe l'étreint, presque étonné lui-même de se sentir si apaisé de tenir le Dragon des Mers bien en vie contre lui.
- C'est la première fois que je m'inquiète autant pour quelqu'un qui n'est pas de ma famille, confie-t-il à mi-voix. Je ne suis pas doué pour avouer mes sentiments, je n'ai pas non plus l'habitude avec les choses du cœur. Ne m'en veux pas si je commets parfois des maladresses.
- T'inquiètes, je suis aussi perdu que toi, répond Kanon avec un sourire.
Ils restent un moment serrés l'un contre l'autre, profitant de la simplicité du moment.
Le Dragon des Mers rompt en premier le silence paisible :
- Et Arès ? Je dois m'attendre à le revoir ?
- Non, son cas a été réglé. Par contre, beaucoup de choses se sont passées depuis ton agression.
Le jeune homme fronce légèrement les sourcils.
C'est vrai, Deutéros m'a dit que nous étions dans un présent où tout pouvait basculer.
- Que s'est-il passé ?
Rhadamanthe s'écarte à peine, puis pose une main sur l'épaule de Kanon :
- Un Chevalier d'Or inconnu est arrivé à Jamir, dans un sale état. Asmita a été attaqué également et Sarpédon m'a informé que Cronos a fui le Tartare. Tout ceci s'est produit au moment où Arès s'en prenait à toi.
Le jeune homme reste un moment bouche bée avant de se passer nerveusement une main dans les cheveux :
- Ooook, tu vas me raconter tout ça avec plus de détails, si tu veux bien.
Le Juge acquiesce :
- D'accord, mais commence par sortir du lit, si tu t'en sens capable. Tu es resté inconscient quasiment vingt-quatre heures, il faut que tu manges et boives un peu.
Il se redresse et aide le Dragon des Mers à se lever. Celui-ci sent ses jambes flancher sous son poids, mais Rhadamanthe le soutient sans difficulté.
- Ça va aller ?
- Oui, merci.
Kanon attrape son téléphone posé sur la table de nuit et rend le sien au Spectre. Du coin de l'œil, il note que ce dernier lui a ramené son matériel de dessin, celui qu'il a laissé sur la plage au moment où Arès est arrivé.
Soutenu par le Juge, il se dirige vers la cuisine tout en envoyant un texto à Saga pour lui dire qu'il est réveillé et qu'il se porte bien.
A peine a-t-il posé ses fesses sur une chaise de la cuisine que Saga surgit du couloir et lui saute dessus :
- Espèce de crétin ! Tu m'as fait une peur bleue !
- Lâche-moiiiiii ! répond Kanon en essayant d'esquiver son Jumeau qui tente de le serrer dans ses bras.
Les mains enfoncées dans les poches, Aiacos pénètre à son tour dans la pièce, suivi par Sarpédon.
- J'ai toujours cru que les Jumeaux s'entendaient particulièrement bien, commente le Garuda en observant les Gémeaux en conflit du coin de l'œil. Ça doit être une légende…
Tout en mettant la bouilloire sur le feu, Rhadamanthe s'adresse au rouquin qui s'assoit sur le plan de travail :
- Du nouveau ?
- Il semblerait, oui. Le Grand Pope ici présent m'a contacté pour me dire qu'il a appris des choses par Shion, on a reçu le sms de Kanon au moment où on rentrait à la maison. J'ai prévenu Minos, il ne va pas tarder à arriver.
Renonçant à une étreinte avec son frère qui semble décidé à lui encastrer la tête dans le placard à biscuits, Saga s'adosse contre un mur :
- Et Albafica ? Il n'est pas là ?
- Non, répond Aiacos. Il est sorti. Affaire perso.
Rhadamanthe déballe plusieurs paquets de biscuits et sert le thé tout en faisant une première mise au point avec ses frères. Kanon se voit résumer les derniers évènements concernant Arès, puis l'agression d'Asmita à l'Hôtel
- Et il va mieux, maintenant ? s'enquiert le jeune homme.
- Oui, répond immédiatement Saga. Il se repose. D'après lui, son agresseur serait le Titan Cronos.
Le Dragon des Mers tourne la tête vers le Spectre du Wyvern :
- Tu m'as dit qu'il avait réussi à sortir du Tartare.
- Oui, confirme Sarpédon à la place de son aîné. Il chercherait à mettre la main sur son Megas Drepanon, une arme redoutable, mais il semblerait que la vision d'Albafica l'ai pris de court et le force à trouver une autre approche. Nous avons un sursis de ce côté-là, néanmoins nous ignorons pour combien de temps.
Pensif, Kanon se repasse mentalement la conversation tout en songeant aux paroles du Léviathan.
Je suppose que tout est lié d'une manière ou d'une autre. Selon les agissements du Titan, on risque de basculer dans ce fameux futur apocalyptique dont il me parlait. Par contre, personne n'a fait mention d'un détail pourtant important…
Minos arrive à cet instant dans la cuisine, un sachet dans les mains.
- Miam ! Des petits pains fourrés !
Aiacos claque la langue, les yeux gourmands et tend déjà une main vers le sac.
- C'est pas pour toi, c'est pour Alba !
Déconfit, le Garuda laisse retomber son bras en marmonnant :
- Y'en a que pour lui de toute façon.
- Jaloux, susurre Sarpédon.
Kanon s'adosse contre le dossier de sa chaise :
- Ma question est surement bizarre… Est-ce que le nom d'Aggelos vous dit quelque chose ? Le Seigneur de la Création, un truc comme ça.
Un silence accueille sa question. Chacun jette des coups d'œil vers les autres, l'incertitude se peint sur les visages. Saga finit par acquiescer :
- J'ai entendu parler de lui, oui, par Shion. Lui-même tient ce nom de notre invité du futur.
- Du quoi ? relève immédiatement Minos.
- Du futur, répète le Grand Pope.
Il n'a pas besoin de poser la question, les expressions de chacun ont parlé pour eux : le nom d'Aggelos leur apporte également cette sensation d'inconnu et de familiarité en même temps.
Sarpédon plisse les yeux :
- Vas-y, Saga, raconte-nous ce que tu as appris.
Les Trois Juges, le jeune Seigneur des Enfers et le Dragon des Mers font silence, écoutant attentivement l'étrange récit du Grand Prêtre.
Soufflés par ce qu'ils viennent d'apprendre, Minos s'est assis sur une chaise vacante.
- Eh bien… murmure Aiacos. Ça c'est de l'info. Et puis c'est qui, ces mioches dont tu nous as parlé ? Loki et Talion ? Comment ça se fait qu'ils avaient l'air de pouvoir gérer les Enfers ?
Tout en posant ses questions, il adresse un regard interrogateur à Sarpédon comme si ce dernier connaissait déjà la réponse. Celui-ci hausse les épaules, signifiant par là qu'il n'en a pas la moindre idée.
Rhadamanthe croise les bras :
- Ce détail est certes intriguant, cependant, sans vouloir te vexer, il me semble que ce n'est pas le plus important. Nous avons entendu parler d'Aggelos qui semble être le Seigneur de la Création. A ce nom s'ajoute celui de Lucéma et une histoire de destruction…
Coude posé sur la table, Kanon cale son menton dans la paume de sa main :
- Pour moi, il apparait assez clairement que la Destruction est ce Lucéma. Ce doit aussi être une Divinité ou quelque chose dans le genre.
Et ça peut rejoindre également les paroles du Premier Dragon. La Destruction, ça sonne également comme un synonyme d'Apocalypse.
- J'ai fait des recherches de mon côté, reprend Saga. Je n'ai absolument rien trouvé à leur sujet ! Pourtant, nous ressentons tous quelque chose quand ces noms sont prononcés.
Sarpédon acquiesce, le visage grave :
- Oui… L'un apporte le bien-être, l'autre l'inquiétude.
- Ah bon ? marmonne Aiacos en arquant un sourcil.
Intrigué, Minos tourne la tête vers lui :
- Tu ne ressens rien du tout ? Même moi je reconnais que ça me fait quelque chose.
- Dans ce cas, je suis certainement l'exception qui confirme la règle, sourit le Garuda.
Sous la table, il cache soigneusement son poing. Ses doigts sont si serrés que ses jointures ont blanchi et ses ongles lui rentrent férocement dans la peau.
- Récapitulons, déclare Sarpédon en sautant du plan de travail. Dans quinze ou vingt ans, c'est le bordel. On passe quasiment tous l'arme à gauche, la Destruction est à nos portes et on est en pleine…
- Fin du monde, achève Kanon.
- Tu veux dire en pleine merde, ricane Aiacos.
Le rouquin acquiesce :
- Ouais. Plusieurs personnes, dont toi, se sont réunis pour remonter le temps.
Saga intervient en fixant son frère :
- D'où tu sors ce pouvoir ? Tu étais au courant ?
- Pas vraiment, non, ment le Dragon des Mers.
Du moins je l'ignorais jusqu'à il y a peu.
- C'est ce pouvoir qui intéressait Arès, explique Minos au Grand Pope. Ça a surpris un peu tout le monde.
- Je vois… murmure Saga en croisant les bras.
Quelque chose lui dit que son Jumeau est en train de lui cacher quelque chose. Le ton de sa voix est trop évasif.
Je mènerai des recherches sur ce pouvoir, s'il ne veut rien me dire…
Rhadamanthe se racle la gorge, puis reprend la parole :
- Cependant, une seule personne a été envoyé à notre époque, ce dénommé Avenir, chargé de nous mettre en garde. Malheureusement, il a été attaqué au moment de son départ et est arrivé blessé.
- Ajoutons à ça qu'au moment où Avenir arrivait, Asmita se faisait attaquer par Cronos, ajoute le Grand Pope. Shion m'a décrit l'agression subie par notre invité du futur et il y a des similitudes entre les deux.
- Intéressant, murmure Sarpédon en faisant les cent pas dans la cuisine.
Les sourcils froncés, Minos pianote sur la table en analysant soigneusement tous les témoignages :
- Je ne suis pas sûr de comprendre… Ça sous-entend qu'en fait, Lucéma et Cronos seraient le même individu ? Ce serait lui, la Destruction ?
- C'est la théorie que nous avons émise avec Shion en tout cas, approuve le Grand Pope. Même si un Titan allié de la Création aurait également été mentionné…
- Rien n'indique que cet allié soit Cronos, complète Rhadamanthe. Il a pu trahir ce Seigneur de la Création et attaquer tout le monde à la fin. Ou alors, il y a deux Titans : un allié et un ennemi.
- Ça commence à faire beaucoup de « on ne sait pas, en fait », soupire Aiacos qui semble de plus en plus se désintéresser de la conversation.
Sarpédon lui jette un coup d'œil, légèrement perplexe devant cette attitude, avant de porter son attention sur Minos qui reprend la parole :
- Si le plan était de nous prévenir que Cronos allait se libérer et déclencher dans un même temps la fin du monde, le timing est légèrement foireux. Que fait-on à présent ?
- Je vais communiquer les dernières informations à Zeus, décrète le rouquin.
Le Griffon hoche la tête en se levant :
- On se tient au courant. En attendant l'Apocalypse, j'ai un palais à gérer, moi.
Il sort de la cuisine, suivi de Sarpédon, puis de Saga qui renonce à s'approcher de son frère pour aujourd'hui. Rhadamanthe reste dans la pièce et attend que les autres soient suffisamment loin pour se rapprocher de Kanon, toujours assis derrière la table. Plongé dans ses pensées, le Dragon des Mers pense mieux comprendre les paroles du faux Deutéros.
Des éléments m'échappent toutefois. Il y a encore des zones d'ombres et j'ai l'impression que quelque chose ne colle pas.
- Est-ce que ça va ? lui demande le Juge. Tu as l'air soucieux.
Kanon lève les yeux vers lui :
- Tout ceci est un peu inquiétant, non ?
Le Spectre opine du chef. Il n'est pas mécontent d'être en compagnie d'une personne qui semble prendre la situation au sérieux. A l'exception de Sarpédon, ses frères n'ont pas l'air spécialement inquiets ou investis.
- Il faut que je te parle d'un truc, annonce le jeune homme en quittant sa chaise. Dans un endroit où nous serons tranquilles.
- Il y a les chambres ou le jardin si tu veux prendre l'air.
- Le jardin, c'est une bonne idée.
Les deux hommes gagnent ensemble l'extérieur. Comme à chaque fois qu'il met le pied à cet endroit, Rhadamanthe est impressionné par le jardin entretenu par Albafica. Il a du mal à comprendre comment l'amant de Minos a su transformer un misérable bout de terre entouré de quatre murs en un magnifique espace vert. Des petits chemins pavés circulent entre des massifs de fleurs colorés, du lierre grimpe le long de plusieurs arches, offrant un espace ombragé, les lilas côtoient des mimosas au parfum exquis… Au-dessus d'un banc, une délicate glycine apporte là aussi de l'ombre et un potager jouxte un charmant bassin à carpes Koï.
Kanon porte son choix sur un banc installé à côté d'une fontaine et prend place, bientôt imité par Rhadamanthe. Celui-ci n'a pas le temps d'ouvrir la bouche que le jeune homme commence sans attendre à lui raconter sa rencontre avec le Premier Dragon.
Eberlué, le Juge l'écoute sans l'interrompre et reste pensif une fois le récit terminé.
- Tout ce qu'il a dit étaye nos déductions. Tu vas en parler à Saga ?
- Pas tout de suite, marmonne le jeune homme. Je verrai plus tard, il n'a pas besoin de savoir, là, tout de suite, qu'il peut accéder à plus de dimensions qu'il ne l'imagine.
Le Spectre réprimande un sourire tout en s'abstenant de faire le moindre commentaire. Il sait très bien que le Gémeau a encore de la rancune envers son Jumeau.
- Il y a un truc qui me dérange dans tout ça, reprend Kanon en repliant une jambe contre le torse, le pied posé contre le rebord du banc.
- Hm ?
- La réunion avec les autres s'est terminée sur la conclusion que Cronos est le responsable de tout et qu'Avenir a foiré le timing de son arrivée.
- Disons que c'est une théorie probable en tout cas.
- Et si on se trompait ? Ce Dragon m'a mis en garde, oui, contre une Apocalypse qui risque de se produire et qu'à ce moment-là seulement, tout pourrait basculer. Il m'a présenté les faits comme quelque chose qui ne s'est pas encore produit, comme un évènement qui risque d'arriver bientôt.
- Précise ta pensée.
- J'en déduis deux hypothèses. Soit Avenir est effectivement arrivé un peu trop tard, Cronos est déjà sorti du Tartare et il va falloir compter sur la chance pour l'arrêter. Soit… Cronos n'est pas la pire menace que nous devrions craindre. La vision de Shion a indiqué que la Création comptait un Titan dans ses alliés, imagine deux secondes que c'est Cronos, appelé en renfort par Aggelos ? D'après les rapports, Avenir n'a pas parlé de Cronos du tout, par contre il a mentionné et mis en garde contre la Destruction, c'est notre seule certitude. Et puis, pourquoi Cronos s'amuserait à changer de nom ?
- Si je comprends bien, tu penses donc qu'il n'y a pas un seul danger mais deux.
- Exactement !
- Dans ce cas, pourquoi Cronos a quitté le Tartare, selon toi ?
- Je n'en sais rien, répond Kanon déconfit.
Rhadamanthe hoche pensivement le menton :
- Ta théorie est tout de même pertinente. La fuite du Titan n'est certainement pas une coïncidence, son but était clairement réfléchi puisqu'il s'en est pris à Asmita pour dissimuler sa fuite. Néanmoins, ses intentions réelles nous sont inconnues et n'invalident pas pour autant ton hypothèse…
- J'hésitais à en parler aux autres, tout à l'heure. Je préférais avoir ton avis avant.
- Tu as bien fait. Pour le moment, gardons ça entre nous. La situation est déjà assez compliquée avec un seul ennemi, évitons d'effrayer tout le monde en rajoutant une couche. Par contre, restons toi et moi attentifs si nous en apprenons davantage, d'accord ? Si quoi que ce soit vient confirmer ton idée, nous en parlerons aux autres.
- D'ac' !
Les confidences terminées, les deux hommes s'autorisent un moment pour échanger des baisers loin des regards indiscrets. Rhadamanthe devine que ses frères n'auront de cesse de le charrier s'il s'affiche publiquement avec le Gémeau et préfère profiter, pour le moment, d'une calme discrétion.
Voilà pour ce chapitre !
Le chapitre 10 est déjà écrit, il sera posté le 1er mars
