Chapitre IX
Ces pensées furent exaucées. La conférence toucha à son but. Quand Grissom annonça les derniers mots, les élèves se levèrent dans un brouhaha insupportable. Il regarda en direction de Sara, celle-ci baissa immédiatement la tête pour ne pas avoir croiser cet océan bleu.
Margaux attrapa le bras de Sara et l'emmena auprès de Grissom.
-"Docteur Grissom, je vous la confie. Je vous fais confiance !"
-"Merci Margaux."
Margaux prit la direction de la sortie et laissa les deux amoureux seuls dans l'amphithéâtre. Grissom s'approcha timidement de Sara qui avait toujours la tête baissée.
Pensées de Sara : Reste calme, ne le regarde pas, surtout pas, sinon tu pourrais retomber dans ses bras. Mais pourquoi je lui en veux déjà ? Rrrr, je ne me souviens plus. Dès qu'il est près de moi, je n'ai qu'une envie, me retrouver dans ses bras. Reste calme, explique pourquoi tu es partit énervée. Après tout, il n'est pas le seul fautif.
Pensées de Grissom : Reste zen mon vieux. Tu lui parles calmement, tu essayes de comprendre ce qui a pu la mettre dans cet état. L'important c'est de lui expliquer clairement. Mais comment ? Je n'ai jamais été très doué pour discuter.
-"Sara, je..hm, c'est possible de discuter un peu ?"
-"Hm, oui."
-"Viens, allons nous asseoir."
Grissom lui attrapa le bras. A ce contact, ils frissonnèrent tous les deux. Il l'a dirigea vers les places du premier rang. Ils s'installèrent tranquillement.
Puis il reprit d'une voix douce.
-"Sara, je suis vraiment désolé de tout ça ! Je sais que j'ai fait une grosse erreur en n'ayant pas tenu ma promesse. J'aurais du t'appelé comme je te l'avais promis. Mais tout ça est nouveau pour moi et je..."
-"Gil, d'accord tu ne m'as pas appelé. Ce jour là, au lieu de partir comme un voleur, tu aurais pu me réveiller pour m'expliquer." Son ton était froid.
-"Je n'ai pas voulu te réveiller. Tu dormais paisiblement."
Pensées de Grissom : Ce que je ne voulais surtout pas c'était affronter tes yeux suppliant que je reste. Je ne voulais pas lire la douleur dans tes yeux de me voir partir. Je ne voulais pas te dire au revoir en face. Je ne suis qu'un pauvre lâche. Je ne t'ai pas appelé car je ne voulais pas t'entendre pleurer. J'avais peur de tout quitter si j'entendais le son de ta voix. Je ne suis qu'un pauvre égoïste. Me pardonneras-tu un jour ?
-"Et tu t'es dit que le mieux c'était de me laissez une lettre ou tu promettais des choses que tu n'as finalement pas faites. Gil, je crois qu'on devrait arrêter. Je ne veux pas souffrir, et te faire souffrir. Mais c'est trop dur pour moi. Je.."
-"Non Sara..." Ce n'était qu'un souffle.
Le monde s'écroulait sous les pieds de Grissom. Non. Il ne devait pas la laisser partir. Il devait lui montrer qu'il serait toujours là pour elle.
-"Sara s'il te plait non. Je vais tout faire pour que tu retrouves confiance en moi. Sara, je... laisse moi un peu de temps."
-"Du temps Gil ! Tu veux du temps ! Il nous reste trois semaines. A la fin du mois tu vas repartir pour Vegas et tu m'oublieras... Autant arrêter les frais maintenant."
Pensées de Grissom : Mon coeur est brisé. Elle me quitte. Elle n'a pas tort. A la fin du mois je rentre à Vegas. Mais jamais je ne pourrais l'oublier. Non, elle restera ancrée dans mon cerveau. Ses caresses resteront sur ma peau, son parfum flottera toujours autour de moi. Son visage apparaîtra à chaque fois que je fermerais les yeux. Je ne peux pas l'oublier ! Je ne veux pas !
Pensées de Sara : Si tu savais Gil ce que sa me coûte de prononcer ses paroles. Mais finir maintenant ou dans trois semaines, quelle importance ? Un jour tu finiras pas partir. Tu trouveras une femme mature qui pourra t'apporter tout ce que tu désir. Moi je ne suis qu'un simple gamine avec un lourd passé. Je ne pourrais jamais t'apporter un foyer, une famille. Non. Je vis avec trop de fantômes et de démons autour de moi.
-"Sara s'il te plait. Il reste trois semaines. C'est assez."
-"Assez pour quoi Gil ? Pour coucher avec moi ? Pour te taper une petite étudiante ? Pour te montrer que ton charme opère toujours sur des jeunes ?"
-"Sara, comment peux-tu penser ça de moi ?"
Pensées de Sara : Je ne le pense pas Gil. Mais il faut que je t'éloigne de moi. Certes à tes côtés je me sens vivre, mais je souffre aussi.
-"Tu es un homme. J'ai cru à tes belles déclarations enflammées, à tes mots, tes citations. Et c'est ce que je regrette le plus, t'avoir cru."
Pensées de Grissom : Tout est finit. Comment peut-elle dire que je n'ai pas été sincère avec elle ?
-"Sara, j'ai toujours été sincère avec toi. Jamais je n'ai profité de mon statut, tu devrais le savoir quand même non ?"
Pensées de Sara : Oh oui je le sais Gil. Je sais que tu as été sincère. Mais il faut que j'éprouve du dégoût pour toi. Il faut que je t'en veuille si je ne veux pas souffrir. S'il te plait Gil laisse moi partir. Pardonne moi de te blesser autant.
-"Pourquoi devrais-je le savoir ? Gil. C'est finit. Je ne veux plus te voir !"
En disant cette phrase Sara sortit de l'amphithéâtre en pleurant. Grissom était assommé. Il ne savait plus où il était. Il sentait une douleur au plus profond de son coeur. Elle le quittait, ce qui redoutait le plus. Elle partait, elle ne voulait plus le voir. Et le pire c'est qu'elle croyait qu'il avait joué avec elle.
Margaux attendait Sara devant sa porte de chambre. Quand elle vit sa meilleure amie arriver en pleurs, son coeur manqua un battement et une terrible colère fit son apparition.
-"Le salaud. Il m'avait promis de ne pas te blesser. Quel connard ! Je vais lui régler son compte !"
Sara attrapa Margaux par le bras pour la retenir.
-"Non Margaux, c'est moi. Je lui ai dit que je ne voulais plus le voir, qu'il avait joué avec moi. Je lui ai dit des choses inimaginables."
-"Pourquoi Sara ? Pourquoi avoir dit d'aussi terrible choses alors que tu l'aimes ?"
-"Parce que je ne veux plus souffrir. Il a donc fallu que je lui fasse croire que je le haïssait."
-"Sara, c'est à lui que tu voulais le faire croire où à toi ?"
Sara ne répondit pas à la question de son amie. Elle déverrouilla sa porte de chambre et s'enferma à l'intérieur de la pièce.
-"Décidément, ces deux là se ressemble tellement. Va falloir que je joue les cupidon."
Margaux avait parlé pour elle même. Elle prit la direction de l'amphithéâtre pour rejoindre Grissom. Elle entra dans cette grande pièce, et le vit. Il était assis, au premier rang, recroquevillé sur lui même.
-"Docteur Grissom ?"
-"Margaux, elle me hait. Je l'ai perdu !"
-"Écoutez moi. Vous êtes pénible vous deux. Vous vous ressemblez tellement. Je vais vous donnez une dernière chance de vous rattraper et aussi de rendre mon amie heureuse. Tout ce que vous a dit Sara est faux. Elle sait très bien que vous avez été sincère. Vos lettres, elle les relit dès qu'elle peut. Elle vous aime, vraiment. Pourtant elle n'est pas du genre à s'attacher à quelqu'un. Ne perdez pas espoir, laissez lui un peu de temps. Appelez là demain ! Faites ce que vous voulez, mais rendez là heureuse."
-"Mais elle ne veut plus me voir."
-'Vous savez très bien que des fois on dit le contraire de ce que l'on pense. Comme disait Chimène à Rodrigue dans Le Cid : "Va je ne te hais point". Vous êtes un homme de lettre vous devriez le savoir."
Pensées de Grissom : Bien sur que je le sais. Et je vais la récupérer ! Si elle m'aime encore, je réussirais. Je vais y réfléchir toute la nuit si il le faut, mais demain elle sera auprès de moi !
-"Merci Margaux !"
Grissom sortit de la pièce en courant et rejoignit sa chambre d'hôtel. Pas mal de choses se bousculaient dans sa tête. Il devait faire le point. Pour commencer il allait écrire une lettre à Sara. D'après Margaux, elle aimait quand il lui écrivait une lettre.
