Hello, me voici avec un court chapitre de transition, j'espère qu'il vous plaira quand même. (: Et merci à vous tous de me lire, ça me fait énormément plaisir. C'est grâce à vous que cette histoire ne reste pas dans les méandres d'une simple clé usb, que je peux enfin avoir des retours. Bon trêve de blablatage, bonne lecture!
Il se retourne une nouvelle fois sur sa fine paillasse, le front luisant de sueur. Il tremble. Quelques chuchotements s'immiscent dans son esprit endormi.
-Oh, Mathieu, comment as-tu pu l'oublier ?
-Comment as-tu pu partir sans te retourner ?
-Tu as vu ses larmes, pourquoi ne pas les avoir arrêtées ?
-Laissez-moi tranquille, je n'ai rien à voir avec cet inconnu !
-Alors pourquoi est-ce que lui se souvient de toi ?
-On a du lui dire mon prénom !
-Oui, tu le lui as dit.
-Impossible, je ne m'en souvenais pas jusqu'à ce soir !
-Mais avant… Avant tu le connaissais.
-Avant quoi ? … Pourquoi est-ce que j'ai perdu ça ?
-Tu n'as pas perdu que ça. Tous tes souvenirs…
-Où sont-ils ?
-Dans un coin de ton cerveau, avec nous.
-Et qui êtes-vous ?
-Chaque chose en son temps Mathieu. Sais-tu qui tu es ?
-Mathieu Sommet, je crois.
-On progresse. Très peu mais on progresse.
-Tu devrais te réveiller Mathieu. On t'inocule quelque chose.
Une voix forte, dure, s'impose à son cerveau brumeux de sommeil et de médicaments.
-Mathieu, tu as tout oublié. Tu ne sais plus rien, tu n'es rien et tu appartiens à cet endroit.
Le grondement s'en va. Il n'y a plus que leurs voix dans son esprit.
-Heureusement que nous étions là.
-Qui était-ce ?
-Un médecin.
-Je suis malade ?
-Disons plutôt qu'ils te soignent à leur manière : en te formatant le cerveau.
-Comment ça ?
-Ils t'injectent des sédatifs, des drogues, te manipulent aussi bien quand tu es éveillé qu'endormi, s'approprient tes souvenirs. Enfin s'appropriaient puisque maintenant ils ne peuvent pas y accéder.
-Quel est cet endroit dont il parle ?
-Un asile.
-Mais je ne suis pas fou !
-Non, c'est vrai. Mais tu nous as nous.
-On manque un peu de substance pour nous présenter à tes pensées tels que nous sommes vraiment donc tu ne sens pas les différences.
-Combien êtes-vous ?
-Ici ? Trois depuis peu. Six de temps à autre.
-Qui êtes-vous ?
-Toi.
-Arrêtons là-dessus, revenons à notre sujet principal.
-Qui est ?
-Celui qui est venu te voir avant ta séance raccourcie d'électrochocs.
-Oui, voilà, exactement : l'homme aux iris marrons qui t'ont attiré.
-Tu sais pourquoi ces deux orbes t'ont absorbé ?
-Parce qu'elles te rappellent des choses.
-Quoi ?
Il y a quelques rires.
-C'est à toi de faire des efforts un petit peu !
-Souviens-toi.
Les présences disparaissent brusquement et deux belles billes d'un ambre profond se matérialisent dans ses pensées. Où les avait-il vues ?
« Mon petit nabot. »
Mathieu abat inconsciemment une main sur les deux morceaux d'une photo déchirée.
« Souviens-toi. »
