Bonjour ô lecteur assidu !

Puisses-tu me pardonner ô lecteur que j'aime, pour le rythme des postages. J'espère avec ce chapitre te remonter le moral. … Bon, ok, pardon, désolée et re-pardon. Voilà.

Chapitre dédié à tous ceux qui ont passé un examen/concours en cette fin d'année caniculaire.

Disclaimer : Katsura Hoshino est propriétaire de quasiment tous les personnages. Fye est à Kurogane. Tyki est la propriété de la Rédactrice. La Rédactrice n'appartient qu'à elle-même.


- J'ai perdu les questions pour la suite.

- Pardon ?

- J'ai perdu les questions pour la suite, répéta Tyki plus fort.

- Je n'ai pas été claire, excuse-moi, dit la Rédactrice d'une voix mielleuse. Le « pardon » signifie : « tu peux développer » ?

- Ben, hier soir, j'avais posé les papiers là, et maintenant…

- Ils n'y sont plus.

- C'est ça.

La Rédactrice lui tomba sur le râble en moins de temps qu'il ne lui en aurait fallu pour hurler « au secours ! ». Un genou dans l'estomac, elle entreprit de lui aplatir consciencieusement le crâne contre le carrelage.

- Je fais quoi moi ? demanda-t-elle. Je t'égorge ? Je t'étripe ? Les deux ?

- Mmpf !

- Non non, on se tait ! On subit et on se la ferme ! Voyons voir… Une punition…

- Mmhpfff !

- Chut, j'arrive pas à me concentrer… ça y est ! C'est Fye qui va décider !

- MMHPFFF ! (Non ! Pas ça !)

- Ne me l'abimez pas trop quand même. J'en aurai besoin plus tard.

- Ne vous inquiétez pas, Mr le Comte, répondit-elle sans pour autant interrompre son activité. Je vous le rendrai en parfait état de marche.

- J'espère bien ! Les réincarnations de Noé sont si difficiles à trouver de nos jours…

- Aussi rare que du personnel compétent, je pense.

- Voilà, c'est tout à fait ça, enchaîna le Comte. Pardon, mais je crois qu'il ne respire plus là.

- Hein ? Ah, pardon. Reever, soigne-moi ça, dit-elle en désignant ce qui restait de Tyki.

-ooOoo—

- Mr Allen Walker, si vous voulez bien venir vous asseoir.

- Bien sûr.

- Nous allons commencer par quelques éléments de biographie. Vous êtes orphelin, vous travailliez dans un cirque où vous avez rencontré votre père adoptif, Mana.

- En fait, je ne me souviens pas très bien de cette époque.

- Il faut vous rafraichir la mémoire ?

- Rectification : je ne veux pas parler de cette époque.

- Peu m'importe. Après avoir mené une existence d'errance avec lui, il décède et vous le transformez en Akuma. Votre innocence s'active à se moment là et…

Allen en mode chibi-eyes.

- Et vous… euh…

Allen en mode chibi-Cosette

- Ne me faites pas cette tête, grinça la Rédactrice en mettant la main devant les yeux. En ce qui concerne Mana…

Allen en mode chibi-trop-chou

- D'accord, d'accord, on arrête de parler de ça ! Le maréchal Cross ici présent vous prend donc sous sa… euh… protection, et vous devenez son apprenti…

Allen en mode chibi-eyes, niveau supérieur.

- Et puis vous… ARRÊTEZ DE ME DECONCENTRER !

- Je n'oserais jamais, s'offusqua Allen, passant alors en mode Supra-Kawaï.

- RHAAAA ! IL EST TROP CHOU !

- Mais que… MESDEMOISELLES ! Restez à votre place ! hurla la Rédactrice aux journalistes qui s'étaient littéralement jetées sur Allen. Tyki ! Fait quelque chose, bon sang !

- Pas question, répondit-il à travers plusieurs épaisseurs de bandages. Je ne tente rien contre ce type.

- TOUT LE MONDE S'ASSOIT OU JE VOUS FAIS INTERVIEWER LEVERRIER !

Chacune regagna sa place dans un souffle.

-ooOoo-

- Nous allons donc reprendre là où nous n'aurions pas dû nous arrêter.

- Comme vous voulez.

- J'avais compris que vous n'aimez pas parler de votre passé mais, enfin, à ce point…

- Je n'aime pas parler de mon passé, moi ? dit Allen, ses grands yeux brillants à travers des pseudo-larmes d'indignation.

- Ah non ! Ne recommencez pas ! Tyki, question suivante.

- Je vous ai déjà dit au début de ce chapitre que j'avais perdu les papiers, répondit le Noé momifié.

- Tut tut tut, je n'entends rien ! Ton boulot était (entre autre) de veiller à ce que les questions s'enchaînent. Démerde-toi.

- Comment vous voulez que je réfléchisse ? Vous m'avez démonté le crâne !

- Insubordination ? Ce sera déduit de ton salaire.

- Retenez-moi, hurla Tyki en s'élançant vers la Rédactrice, je vais la… !

Tyki n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'il se mangea un coup de poêle inopiné en pleine face. D'ailleurs, que faisait une poêle dans les mains de la Rédactrice ?

-ooOoo-

- Improvisons, puisque le petit personnel n'est plus ce qu'il était, enchaîna la Rédactrice sans un regard sur le crâne fumant de Tyki. Allen, quel est votre plat préféré ?

- Les mitarashi dango, sans hésiter ! répondit l'exorciste avec enthousiasme.

BORGLL

- C'était quoi ce bruit ? demanda la Rédactrice.

- Quel bruit ?

BORGLL

- Ce bruit-là.

- A vrai dire… J'ai un petit peu faim, dit Allen.

BORGLL

- TYKI ! hurla la Rédactrice. Vas me chercher des dango ! Exécution !

- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d'envoyer Tyki dans la rue, dit Reever occupé à fignoler la deuxième couche de bandages du pauvre Noé.

- Hmm… En effet. Il serait capable de se faire la malle. Bon, tu emmènes Fye et vous allez au japonais du coin. ET TU ME RAMENES LA FACTURE ! lui cria-t-elle alors qu'ils passaient la porte. D'ailleurs, maintenant qu'on parle de votre légendaire gloutonnerie, est-ce qu'il vous est déjà arrivé de vider les réserves de l'Ordre ?

- Vider les réserves ? Mon rêve…, songea Allen en bavant.

- Dois-je en déduire que vous ne l'avez jamais fait ?

- Non, reprit-il avec une infinie tristesse dans la voix. L'entrée des réserves alimentaires est gardée nuit et jour par une division spéciale dépendant directement de Leverrier. Et puis Jery a fait poser une porte résistante à tout. Même à l'Innocence.

- Mon pauvre… Monsieur le Comte ! Arrêtez de prendre des notes !

- Mais j'ai moi-même quelques provisions dans ma chambre ! enchaîna Allen, joyeux.

- Je vois, conclut la Rédactrice. Et sinon, quel est votre genre de fille ?

- Je ne vois pas le rapport…

- Y'en a pas.

- Alors… Voyons… J'aime beaucoup les filles qui sont ouvertes d'esprit, qui aiment la variété…

- C'est bien ça.

- … surtout en matière de cuisine. Une fille qui fait des bons desserts… Miam…

- Vous perdez pas le sens des réalités, vous, dit la Rédactrice en claquant des doigts devant un Allen en transe.

-ooOoo-

- Alors, improvisons, improvisons… Quel est votre livre de chevet ?

- Je n'ai pas vraiment le temps de lire quand je suis en mission. De toute façon, si j'emmène un livre, soit Lavi va essayer de me le chourer, soit c'est Kanda qui va me le réduire en charpie.

- Pourquoi donc ?

- Kanda avec un livre. Qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse ? Qu'il le lise ?

- Vous avez de la chance qu'il soit encore dans les vapes.

- Puis quand je suis à la Congrégation, les rares occasions d'être tranquilles sont systématiquement torpillées par les bêtises de la section scientifique.

- Ah.

- Sinon, j'aimerais bien lire les Misérables de Victor Hugo.

- Courage.

- Mais je dois d'abord finir le livre que j'ai emprunté à la bibliothèque de la Congrégation.

- C'est-à-dire ?

- « La gestion pour les Nuls »

- Ah. Et vous aimez ?

- Pas du tout. Mais vu que je dois réparer les pots cassés d'une certaine personne…

« Personne » pourtant présente dans l'assemblée, mais qui ne se sent pas le moins du monde concernée. À croire que le fait de devenir Maréchal vous dispense de tout sentiment de culpabilité.

-ooOoo-

- Maintenant qu'on aborde ce sujet, j'aimerais savoir…

- à combien s'élèvent mes dettes.

- épatant !

- Habitude. Vous avez de quoi écrire ? Il me faudra faire un petit calcul. Je ne suis plus trop à jour depuis quelques temps.

- Je vais vous trouver ça. TYKI !

- Quoi ?

- Des feuilles pour Allen.

- Des feuilles, ça risque d'être un peu juste, hésita Allen. Vous n'avez pas plus grand ? Un tableau, par exemple ?

- Heu… je vais voir, répondit la Rédactrice en expédiant Tyki d'un coup de pied au derrière.

On entendit un remue-ménage du diable pendant quelques minutes, ponctué par de nombreux jurons et de prodigieux nuages de poussière. Tyki émergea finalement de la salle bric-à-brac recouvert de d'araignées et de leur toiles, en traînant un immense tableau noir.

- Tu fais très… Retour de la momie croisé avec l'Homme Invisible. En plus comique.

Le Noé lui jeta un regard noir, manquant totalement son effet à cause d'une bête araignée qui lui tomba sur le nez.

- ça ira ? demanda la Rédactrice.

- Un peu juste, jugea Allen, mais je vais me débrouiller avec.

Le jeune exorciste (mais déjà fabuleux comptable) se retroussa les manches, fit face au tableau, respira un grand coup et…

- Soit pour l'année en cours, je pose f(x) décrivant la consommation de base de l'individu, augmentée d'un coefficient alpha lui-même calculé selon la cotation en bourse du vin français, à partir de quoi nous pouvons définir une équation à 14 variables : la première variable A représentant les besoins physiologiques (alimentaire, hygiène, etc…) qui sera valorisée ou non selon la situation géographique de l'intéressé, la variable numéro 2 –appelons-la B - représentera quand à elle les besoins dits sociaux (habillement, cosmétiques…) qui dépend directement de la date des soldes et pour laquelle nous appliquerons une loi de probabilité binomiale en ayant défini « p = mon maître a réussi à s'acheter quelque chose de pas cher », la variable C…

10 bonnes minutes plus tard…

- … et enfin la variable N qui apprécie la fluctuation du marché du tabac sur le plan international.

Le jeune homme fit un pas en arrière pour évaluer l'ensemble de son exposé.

- Bon, ça c'est le résultat pour ce mois, dit-il en se retournant vers l'assistance qui avait lâché le morceau depuis un bon moment.

- Merci beaucoup Allen, c'était très…

- Donc en intégrant tout ça, coupa Allen en retournant le tableau, on arrive à une assez bonne approximation de ce qu'il me reste à rembourser.

- C'était pas fini ? se lamenta Lavi.

- Ce sera court, ne t'inquiète pas. Alors…

Le tableau se couvrit de nouvelles formules toutes plus effrayantes les unes que les autres, surpassant de loin les capacités de concentration de l'auditoire. Pour abréger les souffrances du public (et parce que la Rédactrice est une buse en maths), nous ferons grâce des détails mathématico-sadiques des équations qu'Allen griffonnait. Néanmoins dans la salle, tout le monde suivait, yeux écarquillés, l'accumulation de chiffres du résultat final au fur et à mesure qu'Allen progressait dans ses calculs. Au grand étonnement du Comte, les Jasdavid avaient même promis de s'habiller normalement si Allen arrêtait. Quand à Lavi, les bras croisés, il avait pris un air de profonde méditation (mais on le soupçonne de s'être endormi les yeux ouverts).

- Mince ! J'ai plus de craie !

- C'est pas grave, on va s'arrêter là, s'empressa la Rédactrice. C'est une somme considérable !

- Moui. Mais si vous aviez une autre craie, je pourrais terminer cette petite addition et…

- Non ! C'est bon ! dit-elle en s'épongeant le front. Vous me donnez des suées, là…

- Mouais, enchaîna Allen qui jouait avec un stylo volé sur le bureau de la Rédactrice. Mais avec le plan d'économie que j'ai trouvé dans ce merveilleux guide (« Le petit économe »), je pense amortir d'ici… une vingtaine d'années.

- Un plan qui consiste en quoi ? demanda la Rédactrice qui se remettait de ses émotions.

- Le poker.

La voix et le visage d'Allen s'étaient subitement métamorphosés vers un je-ne-sais-quoi de démoniaque, sans parler de l'aura méphistophélique qui l'entoura tout à coup. L'atmosphère générale se raidie : l'attitude de Tyki s'était un brin crispée sous les épaisseurs de pansements, sans parler de Cross qui montrait des signes de nervosité.

- Ahem… Euh… Allen ? hésita la Rédactrice.

- Oui ? Sa voix était devenue sépulcrale.

Il se tourna lentement vers la Rédactrice et les journalistes :

- J'ai justement un jeu de cartes sur moi, dit-il d'un ton à filer la chaire de poule à Sokaro.

-ooOoo-

La Rédactrice n'eut jamais autant de gratitude envers la bonne humeur de Fye que lorsqu'il entra en fanfare hurlant « ICI LES DANGOS ! ». Barricadée derrière son bureau, elle retenait Tyki qui n'aurait pas été contre une petite partie de carte. Loin d'elle l'idée d'interdire toute distraction à ses employés, mais les fonds de la rédaction n'auraient pas supporté le challenge. Et Tyki est financièrement à sec. Les dangos arrivèrent donc à point nommé, interrompant Allen dans sa recherche d'adversaire : il venait d'envoyer valser Marie pour demander à Kanda encore évanoui s'il voulait bien faire une partie. C'est vous dire la gravité de la situation (et l'état des locaux).

À la simple évocation de dangos, toute émanation maléfique s'évanouit. Allen s'esquiva de l'emprise du maréchal Tiedoll et subtilisa le paquet des mains d'un Fye incrédule. Il faut dire que lorsqu'ils étaient partis acheter ces fameux dangos, le local était à peu près propre et rangé. Qu'est-ce qui s'est encore passé ? pensa Reever en se demandant ce que faisaient les Jasdavid et Cross planqués ensemble derrière Tiedoll.

-ooOoo-

Un coup de balai plus tard…

- Quand vous étiez dans l'Arche, d'où sortait la règle pour mesurer Tim ? reprit la Rédactrice.

- Il a tellement grandi ces derniers temps, reconnut Allen en enfournant une brochette.

- Certes.

- Quand je l'ai reçu, il n'était qu'un tout petit golem et depuis… Timcanpy ! Dans mes bras !

Ce type est vraiment zarbe, pensa l'assemblée.

- J'ai toujours une règle dans ma manche, enchaîna Allen tout en continuant de tripatouiller Tim.

- Ah ?

- Oui, ça me servait quand mon maître faisait des… achats. Pour mesurer le tissu, par exemple. J'avais déjà suffisamment de dettes, pas la peine de se faire rouler en plus par les commerçants. Parce que, vous savez, j'ai un super plan de remboursement qui…

- Merci beaucoup, coupa la Rédactrice. On va passer à autre chose, hein ? Par exemple… Vos cheveux. Le fait qu'ils soient blancs ne vous pose pas problème ? Je veux dire par rapport à votre âge ?

- Non, pas tellement. En fait, c'est même un avantage.

- Ah bon ?

- Oui, parce que quand je vieillirai, je n'aurai pas de problèmes. Par contre, j'imagine pas Kanda…

- Dans ce sens là, bien sûr. Et ils ne sont pas salissants ?

- Pas plus que pour les autres couleurs de cheveux. En fait, là aussi c'est un avantage. Je vous explique : le grand amusement de Lavi, en ce moment, c'est de coloniser les douches de la Congrégation jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'eau chaude.

- Je vois pas bien le rapport avec les cheveux…

- J'y viens. Ensuite, il fabrique des bombes à eau et farine. Je vous passe les détails de ce plan particulièrement puéril.

- PUTAIN ! ALORS C'EST TOI LE CONNARD QUI ME POURRIT DES QUE JE SORS DE MA CHAMBRE !

Un éclair roux bondit par la fenêtre ouverte, immédiatement suivit par un missile à tête chercheuse (tête possédant une longue chevelure noire, si vous me suivez).

- Ah ? Kanda est réveillé ? lança Allen.

Inutile de préciser que tous s'étaient attroupés autour de la fenêtre et des paris circulaient déjà dans le public. Seule la Rédactrice, qui avait une conscience professionnelle de plomb, hurlait, penchée devant tout le monde sur le rebord de la fenêtre.

- IL EST FORMELLEMENT INTERDIT DE TORTURER LES GENS PENDANT L'INTERVIEW ! KANDA, ASSIS !

-ooOoo-

Au bout de quelques vociférations, la Rédactrice n'ayant plus de voix décida qu'ils finiraient bien par se fatiguer et qu'ils s'arrêteront tout seul. Pendant que personne ne regardait, il y avait quelque chose de bien plus important à régler d'abord avec son équipe.

- Reever, où en est la Momie ?

- Les bosses et autres contusions devraient être guéries maintenant, répondit-il en enlevant les bandages. Je vous ai déjà parlé de cette fabuleuse pommade de mon invention qui est capable de…

- Plus tard, Reever, plus tard. Accusé ! Êtes-vous prêt à entendre la condamnation ?

- Pas besoin de faire tout ce cirque pour trois malheureux papiers, dit Tyki qui vérifiait le bon fonctionnement de toutes ses articulations faciales.

- « Trois malheureux papiers »…, grinça la Rédactrice. Mesdemoiselles, messieurs, la sentence de Fye !

- Il va devoir…, commença Fye, les mains dans le dos. Mettre… ça !

Il y eut un bref instant de flottement.

- Pas question !

- Mais mon pauvre, tu n'as pas le choix, rétorqua la Rédactrice avec un sourire. Va te changer.


Pour ceux qui se demanderaient pourquoi la Rédactrice n'a posé aucune question sur le 14ème... Elle répondra que Leverrier avait classé le sujet "secret défense". Quel marrant ce Leverrier !

Pas de chapitre la semaine prochaine pour cause de Japan Expo ^^