Chapitre 9
Lorsque le portail se referma, Owen et Tosh restèrent un long moment à essayer de comprendre ce qu'il venait de se passer. La jeune femme finit par se reprendre et alla consulter l'ordinateur. Les graphiques indiquaient une activation extérieure, cela elle le savait, mais la puissance qu'elle avait générée était sans commune mesure avec tout ce qu'elle avait déjà pu observer. Elle essaya de réactiver le portail, mais au bout de plusieurs tentatives, elle dut se rendre à l'évidence, qui que soient ceux qui avaient enlevé le Capitaine et Ianto, ils ne voulaient pas être déranger.
Owen descendit dans les voûtes pour interroger le prisonnier, mais il se heurta une fois de plus à un silence assourdissant. L'alien se contentait de se tenir debout face à la vitre et le regardait sans rien dire.
Il remonta rejoindre Tosh, ils n'avaient pas d'autre choix que d'attendre, en espérant trouver une solution ou que les deux hommes reviennent comme ils étaient partis. Ils décidèrent de s'installer au Hub afin d'être sur place au cas où le portail s'activerait de nouveau. Quatre jours passèrent sans changement. Owen réconforta la jeune femme comme il le put, il était lui-même perturbé par la perte de ses deux collègues.
Un soir qu'ils étaient assis sur le canapé, Tosh s'endormit sur l'épaule du médecin et se lova contre lui inconsciemment. Elle avait tellement envie d'être dans ses bras que son subconscient avait fait le nécessaire, profitant de son sommeil. Owen la regarda longuement dormir, il lui semblait qu'il la découvrait. Il travaillait tous les jours avec elle et pourtant il ne la voyait pas. Pendant ces quelques jours, son regard avait changé, il la détailla, ses pommettes hautes, son si joli visage, ses lèvres délicates qu'il eut brusquement envie d'embrasser.
Il releva la tête, essayant de penser à autre chose, mais son regard se posa à nouveau sur l'endormie. Il se déplaça pour qu'elle puisse s'allonger plus confortablement, mais, Tosh lui agrippa le bras, le rapprochant d'elle.
– Owen, souffla-elle en dormant.
Il la contempla un instant et finalement posa sa bouche sur ses lèvres entrouvertes. Le contact la réveilla et elle répondit au baiser, passant sa main sur la nuque du médecin.
– Je t'aime, murmura-t-elle lorsqu'ils se séparèrent, je t'ai toujours aimé, mais tu ne me voyais pas.
– Je t'aime aussi Tosh, dit-il en déposant des baisers papillons sur son visage et sur son cou.
Il avait fallu cette inquiétude commune pour qu'il reconnaisse les sentiments qui avaient lentement germés.
***
L'alarme les tira du sommeil qui les avaient emportés après leurs ébats. Ils se levèrent rapidement et se précipitèrent dans la salle centrale. En arrivant, ils constatèrent que le portail s'ouvrait lentement, puis se fixa quelques instants avant que Jack et Ianto n'apparaissent. Le Gallois eut un étourdissement et si Jack ne l'avait pas soutenu, il se serait effondré.
Tosh se précipita avec un petit cri pour les prendre dans ses bras. Elle riait et pleurait en même temps, soulagée qu'ils soient revenus.
Owen aida le Capitaine à installer Ianto sur le canapé. Le transfert l'avait secoué et il avait du mal à reprendre ses esprits.
– Mais que s'est-il passé ? demanda Owen, où étiez-vous ?
– Tout va bien, ne t'en fais pas, mais pour le moment, je vais ramener Ianto chez lui, il a besoin de repos. Tosh, ça va ? lui demanda-t-il doucement.
– Oui, mais j'ai eu peur que vous ne reveniez pas !
– Je reviendrais pour tout vous expliquer. Ianto, on y va, dit-il en aidant le Gallois à se relever.
– Tu as besoin d'un coup de main ? demanda Owen.
– Ça ira, merci. Je n'en ai pas pour longtemps. À tout à l'heure, dit-il en passant le sas.
Ils se dirigèrent vers le garage et Ianto s'installa dans le véhicule. Jack se rendit à l'appartement du Gallois et l'aida à se coucher. Il serait bien resté près de lui, mais Ianto devait vraiment reprendre des forces et dormir. Il l'embrassa tendrement avant de quitter la chambre.
– Jack, tu me laisses ?
– Ne t'en fais pas, je n'en aurais pas pour longtemps, je vais juste expliquer à Tosh et Owen ce qu'il s'est passé et libérer notre prisonnier. Je reviens vite.
Il quitta l'appartement et retourna rapidement au Hub. Lorsqu'il passa le sas, Tosh leva la tête. Elle avait encore les yeux rougis, mais son sourire était éclatant. Il monta dans son bureau et s'éclipsa dans sa chambre. Il se changea après avoir pris une douche, puis retourna auprès de la jeune femme. Owen vint les rejoindre et Jack leur fit le résumé de ce qu'il s'était passé.
– Tu es sûr qu'ils ne sont pas hostiles ? demanda le médecin.
– Crois-tu qu'ils auraient soigné Ianto si ça avait été le cas ? Non, je pense qu'il n'y aura aucun problème. Tosh, tu as trouvé les gisements qui les intéressaient ?
– Oui, j'en ai fait la liste, mais il faudrait leur dire de choisir ceux qui sont à l'écart de la civilisation, ainsi il y aurait peu de chance qu'ils rencontrent quelqu'un.
– Pas de problème, j'en avais déjà parlé à Orian. Bien, je vais descendre voir notre invité, dit-il avec un petit sourire.
Il se rendit auprès de l'alien et lui expliqua ce qui avait été décidé, puis il baissa la barrière électromagnétique afin qu'il puisse quitter la cellule.
– Je ne vous voulais pas de mal, dit-il à Jack. Je voulais juste me protéger.
– Je le comprends, mais il faut aussi vous mettre à notre place. Notre ami avait été blessé et vous ne vouliez pas nous parler. J'espère que Orian saura se montrer magnanime, il a l'air d'être un excellent dirigeant.
– C'est le cas, dit-il, mais j'ai fait une erreur.
– Laquelle ?
– Je me suis fait capturer, c'est inadmissible. Je ne pourrais plus quitter Patriarca désormais.
– Vous n'y étiez pour rien, nous étions trois. Venez, poursuivit le Capitaine. Nous allons vous indiquer où trouver le nickel dont vous avez besoin.
Ils retournèrent dans la salle principale, Tosh lui remit les graphiques avec les coordonnées pour leurs recherches et l'alien demanda la permission d'ouvrir le portail. Jack acquiesça et lui souhaita bon retour en le regardant disparaître dans la lumière dorée. Le passage se referma et le silence tomba dans le Hub.
– Bien, dit le Capitaine, voilà une bonne chose de faite. Vous devriez rentrer chez vous. Je crois que nous avons tous besoin de repos. Revenez lundi et amusez-vous bien ! dit-il en regardant Tosh avec un sourire.
– Quoi ? lui demanda-t-elle.
– Oh ! Rien.
Owen alla ranger la baie médicale, les laissant seuls à discuter, Tosh se demandant toujours pourquoi Jack souriait d'un air entendu.
– Tu devrais vérifier les fichiers, dit-il, et faire un peu le ménage. Enfin, moi, je n'ai rien vu et je ne sais rien, finit-il en levant les mains.
Tosh rougit violemment. Elle venait de comprendre de quoi il parlait. Le Hub était en permanence sous surveillance vidéo et ni Owen, ni elle-même n'avait pas pensé arrêter l'enregistrement. Elle se précipita sur son ordinateur et visionna les archives de la semaine qui venait de s'écouler. Méthodiquement, elle effaça les vidéos incriminées, puis elle lança un nettoyage du disque. Lorsqu'elle eut terminé, elle attrapa sa veste, déposa un rapide baiser sur la joue du Capitaine et quitta rapidement le Hub à la suite de Owen.
Jack fit le tour des cellules pour nourrir les pensionnaires et s'attarda quelques minutes auprès de Myfanwy, puis à son tour, il quitta la base pour aller rejoindre le Gallois.
***
Quand il entendit la porte de l'entrée se fermer, Ianto se leva et alla prendre une douche. Il resta assis dans la cabine, accueillant avec plaisir l'eau chaude sur son corps. Il resta ainsi, les yeux fermés, il était bien, il se sentait nettoyé de toute cette douleur qui l'avait accompagné lorsqu'il n'arrivait pas à contrôler ses pensées.
Pendant son coma, il avait perçu les paroles de Jack. Son Capitaine lui avait fait visiter Boeshane, ils avaient fait l'amour sur la plage. Ce n'était que des images, mais elles étaient tellement vivantes qu'il aurait pu croire que c'était la réalité.
Il sentait encore ses mains sur son corps et sa voix lui parler tendrement à l'oreille. Il soupira doucement sous l'eau qui continuait de couler.
– Ianto !
Il devait dormir, il entendait à nouveau la voix de Jack, mais il était bien. Il ne voulait pas ouvrir les yeux, il voulait continuer de rêver que le Capitaine était près de lui.
– Ianto !
Toujours dans ses pensées, il sentait des mains sur son corps le toucher doucement. Et toujours cette voix…
– Je t'en prie Ianto, parles-moi !
– Reste, répondit le Gallois les yeux toujours fermés, sentant les mains s'éloigner.
Cette fois, il entendit la voix dans sa tête et l'image du Capitaine se forma.
– Ianto, je t'en prie, dis-moi ce qui ne va pas !
Il sourit et voulut tendre les mains, mais l'image se dissipa. Brusquement, il paniqua, Jack partait, il allait le laisser. Il ouvrit les yeux et rencontra le regard azur de son amant. Le Capitaine fut soulagé lorsqu'il le vit le fixer.
– Ianto, que s'est-il passé ? Que t'es-t-il arrivé ?
– Rien, j'ai juste voulu prendre une douche, mais j'étais fatigué alors je me suis assis. J'ai froid, dit-il en constatant que l'eau ne coulait plus.
– Évidemment, ça fait 10 min que je l'ai arrêté. Je n'arrivais pas à te réveiller. J'ai dû entrer dans ton esprit pour te parler. Je suis désolé, mais il n'y avait pas d'autre moyen, finit-il en surveillant la réaction du Gallois.
Jack l'aida à se relever et l'enveloppa dans son peignoir. Il le frotta énergiquement afin de le réchauffer et le conduisit à son lit. Le Gallois s'allongea et le Capitaine le couvrit, puis il alla dans la cuisine lui faire une tasse de thé. Lorsqu'il revint, Ianto avait les yeux fermés, Jack resta quelques secondes à le contempler et s'assit sur le lit.
– Tiens, bois ça pendant que c'est chaud, ça te fera du bien, dit-il en passant sa main dans les cheveux du Gallois.
– Merci, dit-il en prenant la tasse. Retourneriez-vous chez vous si vous en aviez la possibilité ? demanda-t-il en baissant les yeux.
Jack le regarda un peu surpris, il venait de reprendre le vouvoiement.
– Non, je n'ai plus rien là-bas. Tout ce que je chéris est ici. Mais ce sont mes souvenirs d'enfance, je ne peux pas les oublier.
– Je vous ai entendu me parler pendant mon coma, pouvez-vous me dire pourquoi ?
– Bien sûr, c'était la seule façon de t'atteindre directement. Je me suis servi de la télépathie pour me connecter à ton esprit, comme je l'ai fait tout à l'heure pour te montrer une image de moi. Normalement je ne le fais jamais, les pensées doivent rester la propriété de celui qui les forme, mais je n'avais pas d'autre choix. Sur Patriarca, il fallait que je te soutienne. Orian m'avait dit que c'était indispensable pour que tu reviennes et ici, tu ne semblais pas vouloir te réveiller et j'étais inquiet. Mais je te promets de ne plus recommencer. Tu m'en veux ? demanda-t-il en regardant le Gallois, inquiet de sa réponse.
Des pensées contradictoires se bousculaient dans l'esprit de Ianto. Le Capitaine ne l'avait jamais laissé tomber et il lui en était reconnaissant. Mais dans l'instant présent, il souhaitait autre chose, il voulait qu'il le prenne dans ses bras, qu'il l'embrasse, qu'il lui fasse l'amour.
– Ianto, dit doucement Jack. Je veux bien ne pas écouter tes pensées, mais arrêtes de hurler comme ça.
Le Gallois le regarda sans comprendre parce qu'il n'avait pas ouvert la bouche, mais il vit un sourire éclairer le visage de son amant.
– Même si je ne veux pas les entendre, elles m'assourdissent. Penses moins fort !
Ianto venait de comprendre, tout ce qui venait de passer dans son esprit étant le reflet de son désir, il n'avait pas su le faire taire et le Capitaine avait tout entendu. Le Gallois posa la tasse et s'allongea, puis très conscient des faits, il se concentra.
– Aimes-moi, pensa-t-il en regardant Jack.
Le Capitaine sourit à nouveau et se pencha sur lui. Il prit ses lèvres délicatement. Puis il quémanda le passage qu'il obtint sans difficulté. Leurs langues se trouvèrent et se reconnurent. Elles entamèrent un langoureux ballet qui dura de longues minutes et les obligea finalement à se séparer pour reprendre leur souffle.
Jack écarta les draps pour admirer son amant et commença à promener ses doigts sur ce corps si désirable. Ianto, les yeux fermés, appréciait la douce caresse. Il sentit le Capitaine s'approcher et glissa ses doigts sous sa chemise, la sortant de son pantalon. Il défit les boutons un par un et la fit glisser, dénudant les épaules de son amant.
Jack déposa de légers baisers sur son front, ses paupières, descendit sur son nez, son menton, s'attarda sur le lobe de l'oreille et papillonna sur son cou. Il sentait le Gallois se tendre comme un arc. Il s'arrêta quelques instants, prenant le temps de détailler le jeune homme, ces quelques jours sans pouvoir le toucher lui avaient été insupportables et il avait bien l'intention d'y remédier.
Ianto en profita pour le faire basculer sur le lit et l'embrasser passionnément. Puis il descendit le long de son torse et s'attaqua à la ceinture de son pantalon, qu'il fit glisser, puis le boxer suivit le même chemin. D'un doigt distrait, il glissa le long de la cuisse en remontant vers l'entrejambe. Il eut un sourire lorsqu'il vit le Capitaine se tendre sous la caresse. Il glissa dans l'aine et remonta vers le bas-ventre, aussi léger qu'un papillon. Sa bouche vint remplacer son doigt et s'attarda sur le nombril, puis toujours plus haut vers les tétons durcis par le désir. Jack enfouit ses mains dans les cheveux du Gallois et le tira doucement à lui, l'obligeant à venir prendre ses lèvres. À nouveau, leurs langues se mêlèrent, leur souffle se fit plus court, leurs mains se firent caresses.
Sans cesser de l'embrasser, Ianto se plaça à cheval sur les hanches de son partenaire et laissa ses mains vagabonder sur le corps offert. Jack, une main derrière la nuque et l'autre sur les reins du Gallois, le colla à lui et Ianto se retrouva allongé sur le Capitaine, leurs sexes se touchant, leur arrachant un gémissement de plaisir. Tout dans cette étreinte n'était que douceur et tendresse.
Les mains du Capitaine se promenaient, explorant délicatement le corps de son amant. Jack se tourna sur le côté, entraînant le Gallois dans le mouvement et celui-ci se retrouva couché sur le lit. Le Capitaine reprit ses baisers, goûtant la peau salée par la sueur qui commençait à perler. Il s'en alla titiller son téton tandis que sa main glissait lentement vers le bas-ventre de son amant. Lorsqu'elle rencontra le sexe tendu, il sentit Ianto se cambrer. Il descendit lentement à la rencontre du membre, qu'il agaça du bout de la langue, tirant des râles de plaisir à son partenaire. Il prit le gland entre ses lèvres, jouant avec sa langue sur la peau fine et sensible. Ianto glissa ses doigts dans les cheveux de son amant et enroula les mèches tout en gémissant. Petit à petit, Jack le prit complètement dans sa bouche, au rythme des va-et-vient de plus en plus profonds, sa main caressant l'entrejambe.
– Oh oui ! entendit-il.
Le Gallois se servait de son esprit pour lui parler et il sourit légèrement, continuant de l'amener au bord de l'extase.
– Tu aimes ? demanda-t-il à son tour.
– Oui, continue !
L'esprit toujours largement à l'écoute du Gallois, il poursuivit son ouvrage quelques instants puis quitta lentement le membre durci pour revenir vers les lèvres qui soupiraient. Il les embrassa délicatement et s'écarta un instant. Ianto ouvrit ses yeux embrumés par le désir et le tira à nouveau à lui pour l'embrasser.
– Dis-moi ce que tu veux, pensa le Capitaine.
Cette fois, le Gallois ne répondit pas, mais descendit sa main vers l'entrejambe de son amant pour se saisir de son sexe qu'il commença à masturber lentement. Sous la prise, Jack se redressa et à genou, il se cambra, s'exposant totalement. Doucement, la bouche de Ianto vint seconder sa main, tirant des râles de plaisir à son partenaire, qui glissa ses mains dans ses cheveux, accompagnant le va-et-vient. Jack était au bord de l'explosion lorsque Ianto se décida.
– Prends-moi, pensa-il avant de se redresser pour lui faire face.
Jack le coucha sur le lit et Ianto écarta les jambes pour laisser le passage à la main qui vint le visiter. Délicatement, le Capitaine caressa le petit anneau de chair, d'abord du bout du doigt en suivant le bord extérieur, puis il se glissa dans l'antre chaud sous les gémissements du Gallois. Le premier fut rapidement rejoint par un suivant qui prépara le passage.
– Viens, entendit-il en voyant une image se former.
Ianto lui envoyait un souvenir que le Capitaine lui avait fait partager. Avec un léger sourire, il se connecta à son tour et au moment de pénétrer son amant, il lui offrit l'image de la plage de Boeshane. Il commença ses lents va-et-vient, d'abord très doux, puis de plus en plus vigoureux, faisant monter le plaisir dans leurs deux corps. Il glissa sa main pour prendre le sexe de son amant et lui imprimer le même rythme que celui de ses reins. Ianto se tendit de plus en plus à mesure que la délivrance approchait, il sentait des picotements dans son bas-ventre qui se dispersèrent en un bouquet au moment de sa jouissance qu'il accompagna d'un râle profond. Jack le rejoignit dans l'extase, le corps tendu, ses mains à nouveau posées sur les hanches du Gallois qu'il plaquait contre lui, restant enfoui au plus profond de son intimité.
Lentement, ils reprirent leur souffle, le corps en sueur et un sourire sur les lèvres. Jack se retira doucement et se coucha près de Ianto. Le lien n'était pas rompu et les deux hommes continuèrent de voir la mer, qui venait mourir sur la plage.
– C'est agréable, l'amour sur la plage, dit le Gallois en regardant le Capitaine qui dissipa l'image.
– Effectivement, on devrait le faire plus souvent.
Le jeune homme vint se lover contre lui et son souffle, sur sa peau mouillée, le fit frissonner.
– As-tu déjà utilisé ton don pour écouter nos pensées ? demanda Ianto.
– Jamais, mais comme je te l'ai dit, si vous pensez trop fort, cela équivaut à me parler. Je n'ai pas fait attention quand tu déclenchais l'alarme. Tu hurlais pourtant ta douleur et tes sentiments, mais je n'avais pas compris. Je pense que tu m'attirais trop et que j'ai voulu faire taire ce que j'avais entendu.
Ils restèrent un moment dans les bras l'un de l'autre, puis Ianto se dégagea doucement.
– Je vais juste prendre une douche, dit-il en voyant le regard interrogateur du Capitaine, et ensuite, j'irai faire du café. Je crois que j'en ai besoin.
– Tu es sûr que ça ira ?
– Oui, après nos galipettes, une douche devrait être une simple ballade !
Sur ces mots, il quitta rapidement le lit et s'engouffra dans la salle de bain. Jack écouta l'eau couler un moment avant de se décider à se lever à son tour. Lui aussi avait besoin d'une bonne douche, mais il préférait attendre que Ianto ait terminé. Il relevait d'un coma et leurs ébats avaient dû le mettre à rude épreuve. Le médecin de Patriarca avait pourtant demandé qu'il se repose et il n'avait pas vraiment suivi les recommandations.
Lorsqu'ils retournèrent au Hub le lundi matin, Ianto fit un détour pour acheter des viennoiseries, laissant Jack continuer seul son chemin. Quand il passa le sas, Owen et Tosh étaient déjà là et prenaient de ses nouvelles auprès du Capitaine. Quand elle le vit, la jeune femme, radieuse, vint le serrer dans ses bras.
– Tu vas bien ? lui demanda-t-elle.
– Oui, tu vois, ce n'était rien. Et toi, tu as l'air heureuse !
– J'ai fini par avouer à Owen que je l'aimais et apparemment, c'était réciproque, dit-elle en rougissant jusqu'aux oreilles.
– Tu vois, il ne fallait pas désespérer, tout arrive !
Son amie s'éloigna lorsque le médecin vint le rejoindre. Il avait prévenu Jack qu'il informerait le Gallois de sa faculté de lire dans les pensées et il ne comptait pas s'en priver.
– Alors, tout va bien ? demanda-t-il en guise d'entrée en matière.
– Très bien, avec des bons soins, on s'en sort toujours, répondit Ianto.
– Je voulais te prévenir, fais gaffe à ce que tu penses, parce que sinon, j'en connais un qui peut lire dans les pensées, dit le médecin en coulant un regard vers le Capitaine qui les regardait en souriant.
– Je suis au courant, mais tu sais, ça peut être pratique, si la bouche est déjà occupée, lui dit le Gallois, le regard pétillant.
Devant l'attitude mi-choquée, mi-incrédule de Owen, Ianto et Jack éclatèrent de rire. Maintenant, ils n'auraient plus besoin d'être discrets pour se parler et personne ne connaîtrait jamais la teneur de leurs pensées.
FIN
