23 h 47 ! J'avais dis lundi soir dans les Mps que je vous ai envoyés, promesse tenue donc !
Merci encore à tous ceux qui me lisent, commentent et aiment cette histoire, vous être un rayon de soleil dans mes journées : )
Chapitre Sept, Deuxième partie
L'emploi du temps d'Hermione ayant déjà été préparé, quand le Professeure McGonagall vint parcourir la table de Gryffondor pour adapter les horaires de chacun en fonction des ASPICs qu'ils souhaitaient prendre, Hermione mangea son petit déjeuner, dit au revoir à ses amis, et s'en alla vivement pour assister à son premier cours.
Severus la rattrapa et tous deux se dirigèrent vers le troisième étage, où Hermione avait son premier cours, Défense contre les forces du mal.
«Je voulais te parler de quelque chose," dit-il à voix basse, craignant d'être entendu bien que les couloirs soient presque déserts, si l'on exceptait les portraits. Mais les portraits ayant des oreilles bien ouvertes et des langues bien pendues, c'était pour Hermione une raison suffisante. «J'ai vu Lily et Potter sur le Chemin de Traverse, chez Fortarôme."
Son ton exigeait une réponse. Hermione soupira, ne voulant pas être porteuse de mauvaises nouvelles, mais en sachant pertinemment qu'elle aurait à lui apprendre la nouvelle tôt ou tard. « Ils sont ensemble, oui »
« Maudit soit-il, » jura Severus.
« Tu ne devrais pas t'inquiéter de ça pour l'instant, » lui dit Hermione, en s'arrêtant devant la porte de la salle de classe. "Concentres-toi sur tes cours. Inquiète-toi de Lily plus tard. »
Elle vit le visage de Severus se tordre dans une grimace amère avant qu'il ne se détourne pour partir en direction de sa propre classe, à l'étage supérieur. Hermione secoua la tête. Elle aurait voulu pouvoir faire quelque chose pour qu'il oublie Lily. Mais elle ne pouvait pas grand-chose, il faudrait qu'il fasse face à cette situation par lui-même. Elle attendit qu'il eut disparu au coin du couloir avant d'entrer dans la classe.
En s'installant, Hermione remarqua que le Professeur de l'année précédente était absent. La veille, les rumeurs qui circulaient dans la salle commune des Gryffondors affirmaient qu'il était parti en Afrique à la fin du semestre dernier et s'y était fait dévorer par un nundu [1]. Hermione grimaça à cette pensée, se demandant au passage si le poste de Professeur de Défenses était déjà maudit, avant de se tourner vers le nouveau professeur, assis à son bureau et qui griffonnait sur un morceau de parchemin.
Le cours commença et il se leva promptement, pointant sa baguette en direction du tableau. Le nom 'Gérard Faulkner'commença alors à s'y écrire, comme s'il avait été tracé avec une craie sèche et pointue. Le Professeur semblait avoir une cinquantaine d'années et avait les cheveux foncés et les yeux gris clair. Il parla ensuite d'une voix basse, mais non moins autoritaire.
« Je suis le Professeur Faulkner, » dit-il en venant s'appuyer sur le devant de son bureau pour faire face à la classe. « Je serai votre nouveau professeur de Défenses contre les forces du mal. Je ne m'attends pas à revenir l'année prochaine. » Sa voix était posée et semblait énoncer une simple évidence. « Ce que vous retirerez de ce cours dépendra entièrement de votre implication. Je ne vous épargnerai pas. » Il tapota sa baguette contre le bureau. « Considérez-vous avertis. »
C'était une déclaration plutôt déprimante à entendre dès le premier jour de cours.
« Vous êtes maintenant des sixièmes années, » enchaina Faulkner. « On attend de vous que vous exerciez des sorts informulés. Des points vous seront attribués pour vos succès, et enlevés en réponse à toute tentative de tricherie. Il ne sert à rien de tenter de revenir sur ce point avec moi. J'ai un an pour vous enseigner tout ce qui vous sera nécessaire pour vous défendre, puis je m'en irai dans les Îles Marianne pour un nouvel emploi. » Il sourit légèrement à ces mots. « Une part importante de l'auto-défense est de savoir comment agir en silence. Cela vous donne une fraction de seconde d'avantage par rapport à votre adversaire puisqu'il ne peut pas savoir quel sort vous êtes sur le point d'utiliser, et chaque seconde est précieuse. »
La classe sembla s'inquiéter à ces mots, certains paraissaient bien intéressés, mais d'autres regrettaient visiblement de pas avoir laissé tomber cette classe à la première occasion.
« Vous allez maintenant vous répartir en paires, » déclara Faulkner sans changer de ton, « L'un attaquera et l'autre sera sur la défensive. Aucun d'entre vous n'aura le droit de prononcer le moindre mot. » Il fit un geste à la classe « Commencez. »
Si le cas se présentait, je le choisirais loin devant Ombrage, songea Hermione alors qu'elle se mettait debout. Les élèves de la classe se répartirent rapidement en groupes de deux, et Hermione se retrouva face à Barty Croupton. Il lui fit un sourire mauvais et se plaça à quelques mètres d'elle avant de sortir sa baguette sans se presser autrement.
Hermione tenait sa baguette prête. Elle attendit patiemment pendant près de vingt minutes qu'un sort, qui ne semblait pas vouloir venir, ne l'atteigne. Le visage de Croupton était rougit sous le coup de ses efforts infructueux. Partout dans la salle, des élèves trichaient et murmuraient leur sort dans un souffle. Faulkner enlevait des points aux duos fautifs, leur donnait quelques conseils, avant de continuer sa ronde.
Un éclat de lumière orangée parvint alors soudain de la baguette de Croupton, et Hermione agita sa baguette dans sa direction, repoussant silencieusement le sortilège avec un bouclier.
« Excellent, » déclara Faulkner, en passant près eux. « Quinze points pour Serpentard et Gryffondor. Continuez. »
Furieux de l'aisance avec laquelle Hermione avait silencieusement repoussé son sort, Croupton commença à lui tirer dessus rapidement, hésitant parfois sur un sort, mais réussissant admirablement bien pour un premier essai. Il était remarquable, qu'après avoir compris comment le faire une première fois, il soit désormais capable d'enchainer les sorts muets avec une telle facilité et rapidité. Apparemment il avait saisi l'essentiel de la technique et l'appliquait désormais avec ferveur. Hermione déviait ses sorts par des gestes de baguette fluides et rapprochés. Finalement, fatiguée de n'être que la cible, Hermione para un dernier sort avant de lui jeter un sort de confusion.
Croupton ne s'y attendant clairement pas, il fut repoussé vers les pupitres qui se trouvaient derrière lui. Il resta difficilement debout. Il avait l'air perplexe et hésitant alors qu'il cherchait appui sur les bureaux qui l'entouraient. Faulkner applaudit, appréciateur.
« Excellent » répéta-t-il. « Vous avez pris votre adversaire au dépourvu et qui plus est, silencieusement. Encore quinze points pour Gryffondor. »
Croupton montra les dents dans une grimace mauvaise et la regardait comme s'il était sur le point de tenter une vengeance quand la cloche retentit, signalant que la fin du cours.
Sauvée par le gong, songea Hermione, fière de l'avoir emporté, alors qu'elle emballait ses affaires et s'en allait.
~o~O~o~
Comme on pouvait s'y attendre, Hermione enchaîna ses cours sans difficultés même si la charge de travail avait augmenté de façon quasi-exponentielle. Les autres professeurs commencèrent l'année en leur rappelant qu'ils étaient désormais des élèves de niveau ASPIC avant de leur assener une charge de devoirs telle qu'Hermione entendit de nombreux étudiants affirmer qu'il s'agissait d'une quantité de travail inhumaine et probablement illégale. Elle se contenta de les ignorer. Lorsqu'elle quitta le dîner plus tard ce soir-là, elle se rendit directement à la bibliothèque, peu après que James et Sirius se soient excusés pour aller sur le terrain de Quidditch s'entraîner en un-contre-un.
Elle trouva sa table habituelle, étala ses affaires et se mit à écrire.
Severus la rejoignit une heure plus tard. Hermione l'accueillit avec un sourire -qu'il ne lui retourna pas- et se replongea dans ses devoirs. Ils restèrent assis dans un silence absolu, presque pesant, jusqu'à ce qu'Hermione finisse par mettre de côté son devoir de Sortilège, qui faisait près de trente centimètre de long, et qu'elle ne se pose contre le dossier de sa chaise pour le regarder.
« Tu as beaucoup de devoirs ? » demanda-t-elle, en jetant un œil sur les papiers éparpillés à son extrémité de la table.
« Oui, » grogna-t-il
« Est-ce que tu penses pouvoir me dire quand, à peu près, tu auras terminé ? »
« Une partie est à rendre plus tard dans la semaine, » dit-il fermement. « Je termine tout maintenant. »
« Très bien. Dans ce cas, » dit Hermione en se levant pour rassembler ses affaires. « Je te verrai demain. »
Severus releva vivement la tête. « Non… attend, » dit-il en posant sa plume, « Pourquoi tu t'en vas ? »
« Parce que j'ai terminé et que j'ai mieux à faire de mon temps que de rester là à te regarder travailler et bouder, » dit Hermione avec raideur.
Severus lui lança un regard furieux avant de laisser échapper un soupir. Il reposa les yeux sur ses devoirs et porta un doigt à ses lèvres, comme à son habitude lorsqu'il était en profonde réflexion.
« Donne-moi quinze minutes pour terminer ça et on descendra au lac, » dit-il en ramassant sa plume pour reprendre le paragraphe qu'il avait abandonné.
Hermione rassembla ses affaires et se dirigea vers l'étagère la plus proche pour trouver quelque chose à lire. Elle feuilleta pendant plusieurs minutes avant que le son de papiers que l'on rassemble ne se fasse entendre. En se retournant, elle vit Severus ranger ses affaires. Il mit la bandoulière de son sac sur son épaule et fit signe à Hermione d'en faire autant avant de s'éloigner.
Hermione le suivit, courant un peu pour le rattraper, et ils arpentèrent les couloirs et les escaliers en silence jusqu'à ce qu'ils atteignent le hall d'entrée. Ils passaient les portes quand Severus lui dit froidement : « Tu as gardé beaucoup de choses pour toi depuis que tu es arrivée. »
La porte se referma derrière eux alors qu'ils descendaient les marches de la cour. « Nous avons tous deux notre lot de secrets, Severus, » répondit calmement Hermione en ajustant son sac sur son épaule.
« Personne ne sait quoi que ce soit à propos de toi » dit Severus, un rictus aux lèvres. « Tu parais si ordinaire à première vue, et ensuite tu nous sors un coup comme celui du Chemin de Traverse. »
Hermione se tourna vivement pour le regarder « Mais c'est quoi ton problème ? » s'emporta-t-elle, énervée par son comportement caustique et inégal. Elle savait que c'était un crétin capricieux, mais bon sang, elle n'avait pas besoin de ça maintenant. « Si tu ne veux pas te brûler, ne joue pas avec le feu, c'est aussi simple que ça. »
« Mon problème c'est que je ne sais pas la moindre chose sur toi ! » dit-il, la voix chargée de frustration refoulée. « J'ai fini par me rendre compte que même ce que pense avoir appris de toi en t'observant n'est pas entièrement vrai… tu prétends que la Défense contre les forces du mal est ton point faible et pourtant tu réussis à envoyer valser Barty Croupton sans le moindre effort ! »
« Oh, il est venu se plaindre auprès de toi, c'est ça ? » demanda Hermione en fronçant les sourcils.
« Il a fait comme Rowle, » s'emporta Severus. « Il s'est plaint à qui voulait l'entendre. Tu continues tout bonnement à sortir ces trucs de nulle part et hormis le fait que ça va finir par te faire tuer, j'en ai assez d'être pris au dépourvu. »
Hermione se raidit, rassembla ses défenses, et lui lança un regard glacial.
« Toute personne qui tentera de tirer quelque chose de moi risque d'être prise au dépourvu », lui dit-elle doucement. Elle se détourna et regarda la rive du lac qui brillait au loin. « Je ne veux pas te perdre comme ami, Severus, d'autant plus que j'ai l'impression que c'est déjà en train de se produire... mais si j'ai mes secrets, je ne les partagerai que si, et quand, j'en aurai envie. Tout comme toi, je suppose. » Elle se tourna pour lui faire face à nouveau. « On ne pourrait pas tout simplement revenir à ce que nous étions avant ? »
Severus examinait son visage posément, comme s'il y cherchait quelque chose, mais Hermione ne le sentait pas essayer de s'approcher de son esprit. De ce point de vue-là, il continuait à garder ses distances, bien qu'il sembla désespéré de savoir ce qui se passait dans sa tête. Finalement, il se radoucit.
L'espace d'un instant, Hermione lui fit un faible sourire, qui disparut quand elle aborda un autre sujet désagréable. « Je sais que tu dois faire face à tes propres problème. Je me doute que les autres Serpentard te mettent dans une position difficile, et je sais que j'ai probablement aggravé le problème. Et puis, il y a Lily ... » Elle s'interrompit.
Severus serra les lèvres et s'appuya contre l'une des colonnes qui supportaient le toit surplombant les marches. « Je sais que Lily ne me pardonnera jamais, » dit-il finalement, « mais mais ça n'empêche pas que je tienne toujours à elle… même si je ne peux pas m'empêcher d'être agacé par Potter qui n'arrête pas de jubiler à la moindre occasion. »
« James ne jubile pas, » dit Hermione en fronçant les sourcils.
« Pas devant toi, c'est évident, » ricana Severus, l'air méprisant.
« Contente-toi de l'ignorer dans ce cas, » répondit Hermione en soupirant. Elle posa ses doigts contre son front, essayant d'intimer à la part de son esprit qui voulait se déchainer et lancer des sorts à tous les imbéciles jusqu'à ce qu'ils grandissent un peu, de se calmer. Malheureusement, l'autre moitié de son esprit semblait penser que la première avait là un argument valable. « Tu es suffisamment discipliné pour pratiquer la Légilimencie, Severus. Tu dois donc bien avoir le self-control nécessaire pour faire comme si tu n'en avais rien à faire de James Potter. »
Severus lui lança un regard maussade.
« Je sais ce qui s'est passé entre vous deux, » dit Hermione avec lassitude. Jetant un regard sur le lac, elle aperçut le soleil qui commençait à se refléter dans l'eau, créant sur le lac des lueurs aux nuances rouge-orangé il esquissait son coucher. « Je sais que les Maraudeurs ont fait ta vie un véritable enfer depuis la première fois où ils ont posé les yeux sur toi et il n'est pas difficile non plus de voir que tu souffres toujours de ce qui s'est passé avec Lily. Mais elle a fait ses propres choix elle aussi, » ajouta doucement Hermione. "Elle aime bien James, et je pense que tu as brisé sa confiance en toi lorsque tu as perdu ton sang-froid. Ces choses-là arrivent parfois. Tu ne peux pas contrôler les actions des autres par ta seule volonté."
« Qu'est-ce que tu aurais fait, toi ? » l'attaqua Severus.
« Eh bien, » répondit sèchement Hermione : « Je t'aurais giflé, puis exigé des excuses. »
« J'ai menacé de dormir au pied de la tour de Gryffondor jusqu'à ce qu'elle me donne la chance de m'excuser, » répondit Severus d'un ton morne. « Elle ne voulait pas me pardonner. »
« Alors, c'est juste Lily, » conclu fermement Hermione. « Ce n'est pas ce que j'aurais fait, c'est vrai, mais ... »
« Je veux juste qu'elle soit en sécurité », dit calmement Severus, qui refusait de la regarder. « Elle était ma seule amie, et même si elle n'est l'est plus maintenant, je veux toujours ce qu'il y a de mieux pour elle. Même si ce n'est pas moi. »
« Je déteste te dire ça, mais James Potter est quelqu'un de fort," lui fit remarquer Hermione d'une voix douce. « Il est intelligent et doué avec les sorts. Il est certes peut-être presque aussi mature qu'un première année, mais si qui que ce soit peut protéger Lily et la rendre heureuse en même temps, je pense que c'est lui. »
« Et tu en sais long, » répondit amèrement Severus.
Tristement, Hermione devait avouer qu'il avait raison. Jetant de nouveau un regard vers le lac où le soleil se noyait maintenant dans l'eau à l'horizon, elle fit un geste dans cette direction.
« On y va ? »
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Après dîner ce soir-là, lorsqu'ils furent revenus à la Tour de Gryffondor, Hermione prit James à part et lui exprima ses préoccupations. A cela, James soupira et s'ébouriffa les cheveux, visiblement pris au dépourvu.
« Je n'avais pas l'intention de le narguer, vraiment pas, » dit-il. « Mais Lily et moi, on est côte à côte dans presque toutes nos classes maintenant, alors je me suis dit… pourquoi ne pas essayer d'être amical ? »
Hermione se mordit la lèvre. Elle comprenait parfaitement leurs deux points-de-vue, mais il n'y avait pas vraiment de solution. Elle soupira et passa une main dans ses boucles indomptables, essayant de déterminer la façon la plus diplomatique de dire les choses.
« Severus, » commença-t-elle, "accepte le fait que toi et Lily soyez ensemble. Ca ne lui fait pas plaisir, pourtant il l'accepte. Mais il souffre toujours de la fin de son amitié avec Lily. Et la voir avec toi… et bien, il faut voir les choses en face, James. C'est remuer le couteau dans la plaie. Toi et Sirius, arrêtez de faire de sa vie un enfer. Maintenant que tu as gagné la main de Lily, je pense qu'il est juste de vous demander d'arrêter d'essayer de l'attaquer à la moindre occasion. »
« Je ne comprends toujours pas ce que tu lui trouves à ce pauvre type, » dit James qui laissa un sourire éclairer son visage, « mais j'imagine que c'est une demande raisonnable, surtout si c'est pour te rendre la vie plus facile."
« Merci, James, » dit Hermione, sincèrement contente.
« Mais je ne peux pas promettre que je ne lui jetterai pas un sort s'il attaque le premier, » tenta de négocier James.
« Je vais faire passer le message, » promit Hermione. « Et Sirius ? »
« Je m'assurerai qu'il se tienne bien, lui aussi. » James s'ébouriffa une fois encore les cheveux avant d'ajouter « non pas qu'il ait vraiment besoin de moi, maintenant. Je pense qu'il a retenu la leçon."
« Tu crois ? » demanda Hermione, surprise.
« Eh bien, il ne s'en est toujours pas pris à Snape cette année, si ? » fit remarquer James. Hermione dû concéder sur ce point elle n'avait été témoin de rien, et Severus ne lui avait rien rapporté. « J'ai promis à Lily d'arrêter de jeter des sorts aux gens juste pour m'amuser, donc… »
Il se tut, mais Hermione compris ce qu'implicitement il avait voulu dire. James et Sirius ne s'encourageaient plus mutuellement à s'en prendre à Severus. Sans ce genre de motivation, ajouté à la catastrophe de la fin de l'année précédente, il n'y avait plus vraiment de raison pour qu'ils continuent à se servir de Severus Snape comme souffre-douleur.
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La première semaine de cours s'en alla comme elle était venue et Hermione s'était plongée dans une routine confortable, ce dont ne pouvait se prévaloir ses camarades, qui avaient toujours du mal à s'adapter à leur nouveau programme. Nombre d'entre eux allaient voir la Préfète-en-Chef pour obtenir une copie de ses notes des années précédentes quand ils n'avaient pas réussi à saisir ce que leur disaient les Professeurs. Lily était ainsi obligée de partager son temps libre entre les promenades autour du terrain de Quidditch en compagnie de James et le tutorat qu'elle prodiguait aux plus jeunes.
Pour une fois dans sa vie, Hermione n'était pas irrépressiblement tentée de s'en charger. Il lui fallait déjà faire avec sa propre charge, conséquente, de travail et avec Severus, qui en lui-même, était déjà difficile à gérer sans en plus y ajouter les complaintes des autres élèves qui n'avaient d'abord même pas pris la peine de s'adresser à leur professeur pour les aider à s'en sortir. Hermione se disait qu'ils finiraient bien par apprendre à faire bon usage des heures de bureau des Professeurs et qu'ils arrêteraient de compter sur Lily Evans
Fidèles à la promesse de James, lui et Sirius arrêtèrent d'attaquer Severus dans les couloirs entre les cours. Non pas qu'ils aient eu pour habitude de l'attaquer tant que ça pour commencer, juste à l'occasion de quelques représailles durant la première semaine entre eux et des Serpentards que Severus fréquentait. Mais désormais, ils tâchaient activement de rester à l'écart. Severus continuait néanmoins d'arpenter nerveusement les couloirs, s'attendant à être attaqué à tout moment, mais James et Sirius se contentaient simplement de l'ignorer. Hermione lui avait bien expliqué son petit accord avec James, mais il n'en restait pas pour le moins suspicieux et paranoïaque. Hermione avait l'impression de tenter de retenir deux chiens de combats Sirius et Severus avaient tous deux l'air de ne demander qu'à se battre. L'un parce qu'il adorait les duels et l'autre parce qu'il était convaincu qu'un sort ne manquerait pas de lui tomber dessus. C'était une situation pour le moins tendue et Hermione attendait simplement qu'elle lui explose entre les doigts. Au moins, il semblait qu'en ce qui concernait les duels, James avait quitté le ring.
Hermione et Severus gardèrent l'habitude de se rendre directement à la Bibliothèque après dîner pour faire leurs devoirs. Parfois, quand elle avait terminé avant le couvre-feu, Hermione empruntait à Severus son exemplaire du Manuel Avancé de Préparation des Potions pour un peu de lecture. Elle était atterrée par l'état de dégradation du manuel, mais ne pouvait s'empêcher de trouver ses annotations et ses commentaires intéressants et utiles. Il fallait un peu de pratique pour déchiffrer son écriture brouillonne et minuscule, mais le résultat en valait la peine. Severus ne protestait désormais plus lorsqu'elle lui prenait son livre, tant qu'elle n'allait pas partager ce qu'elle y trouvait avec ses amis Gryffondors, elle était la bienvenue.
Hermione n'en n'ayant pas l'intention, elle passait donc bien souvent ses soirées à lire avec attention. Un soir, elle remarqua une inscription sur la couverture indiquant que le propriétaire était le Prince de Sang-Mêlé et elle mâchouilla longtemps sa plume avant d'oser lui demander ce que cela signifiait.
« Je suis un Sang-Mêlé, » répondit simplement Severus sans lever les yeux du devoir qu'il rédigeait. « Ma mère était une Sang-Pure, son nom de jeune fille était Prince, ce qui fait de moi un Prince de Sang-Mêlé. »
« Ton père était un moldu ? » demanda Hermione, surprise.
« Pas du genre sympathique. » Severus tourna son parchemin et continua à écrire au dos. Ses doigts étaient noirs d'encre et la base de sa plume complètement imbibée. Il saisit l'opportunité de lui retourner la question. « Et tes parents ? »
« Tous les deux Moldus, tu le sais très bien, » lui dit Hermione en mordillant le haut de sa plume. « C'était des bons parents. Des fois, ils ne semblaient pas vraiment comprendre ma passion pour le Monde Magique… c'était tellement différent pour, tu comprends, mais ils me soutenaient énormément. »
Severus fit un demi-sourire mais resta silencieux.
Les semaines défilèrent rapidement. Hermione excellait dans tous ses cours bien qu'ils soient de plus en plus compliqués. Plus d'une fois, elle avait même dû demander à ses professeurs de se répéter afin de pouvoir comprendre ce qu'ils tentaient d'expliquer. Néanmoins, elle ne baissait pas les bras et devint vite très populaire parmi les Gryffondors lorsqu'il fut clair que leur nombre de points gagnés par jour augmentait bien plus vite que celui des Serpentards.
Elle fut aussi invité à un autre dîner du Club de Slug, mais elle déclina l'invitation parce qu'elle avait trop de devoirs.
Le premier match de Quidditch de l'année approchait et c'était tout ce dont James et Sirius parlaient. Lorsque trop de jargon sportif faisait son apparition dans la conversation, Hermione restait à l'écart et parlait cours avec Remus.
Après dîner, elle continuait à se rendre directement à la Bibliothèque, le soir d'Halloween n'y fit d'ailleurs pas exception elle dîna et s'en alla en hâte, ne prenant même pas le temps de savourer le délicieux festin.
James et Sirius lui diagnostiquèrent un grave cas de 'Surtravaill-ose', plaisantant en disant qu'elle était sans nul doute en phase terminale et que si tel était bien le cas, lui demandèrent si elle pouvait tout leur léguer.
Hermione les frappa tous deux sur la tête avec son planning, qu'elle venait juste de sortir et les informa que si leur diagnostique était exact, elle reviendrait les hanter pour l'éternité.
« Et je ne pense pas que ce soit ce que tu veux, » dit-elle en souriant machiavéliquement à James, qui massait le dos de sa tête. « Tu ne pourrais plus jamais t'envoyer en l'air avec qui que ce soit de toute ta vie. »
« Oh ! » intervint Sirius alors qu'elle s'apprêtait à sortir. « Pas de coups sous la ceinture, c'est du hors-jeu ! »
Malgré tout, quand arriva le match de Quidditch ce samedi-là, Hermione s'y rendit avec le reste de l'école, parée des couleurs de sa Maison en signe de support. Comme d'habitude, l'année commençait avec un match Gryffondor-Serpentard qui fut tout aussi empreint de coup bas que n'importe quel autre confrontation qu'Hermione ait eu l'occasion de voir entre ces deux Maisons. Sirius était batteur pour Gryffondor et il avait tendance à toujours rester à proximité de James pour éloigner d'éventuels Cognards du Poursuiveur. Dans les airs comme sur terre, la complicité des deux Maraudeurs était évidente. Comme des frères, en fait et il était inenvisageable pour Hermione de concevoir que qui que ce soit ait pu imaginer Sirius capable de trahir son ami ça aurait comme si Fred se retournait contre George. Inconcevable n'était pas assez fort pour l'exprimer. C'était tout bonnement en dehors du champ des possibles.
Elle avait jeté un regard vers Peter Pettigrow, assit entre Remus et Mary. Il applaudissait quand Gryffondor marquait. Elle se sentit un instant nauséeuse.
Le match se conclu avec une célébration dans la Salle Commune de Gryffondor. Quelqu'un avait apporté un vieux tourne-disque et l'avait enchanté pour qu'il joue des musiques disco à la mode. Hermione était persuadée que la salle était suffisamment bruyante pour que tout Poudlard les entende faire la fête. Quelqu'un avait aussi fait disparaître tous les meubles, probablement vers les étages et Sirius avait réquisitionné le centre de la pièce pour une danse effrénée avec Marlène McKinnon, l'une des Poursuiveurs de l'équipe. Autour d'eux, tout le monde riait et acclamait.
Hermione secoua la tête, incapable de retenir un sourire. Jamais Gryffondor n'avait ainsi fêté une victoire à son époque. Jamais à la façon de ce joyeux chaos organisé devant elle.
Elle observa James prendre la main de Lily et l'entrainer sur la piste, un sourire joyeux sur le visage un instant plus tard, ils dansaient et tournoyaient sur un rythme sauvage et juvénile. Les acclamations montèrent encore de plusieurs octaves en réaction et Hermione dû se résigner à mettre ses mains sur ses oreilles, de peur que ses tympans n'explosent et ne se mettent à saigner.
Après un certain temps, le volume retomba progressivement jusqu'à un niveau plus supportable. Tout le monde applaudissait et acclamait d'un seul homme alors que le reste des membres de l'équipe de Quidditch de Gryffondor avait attiré un partenaire pour danser en duo au centre de la pièce. Hermione finit par se joindre à eux pour de bon, souriant largement tandis qu'elle les regardait danser, enivrés par leur victoire, l'adrénaline et le puissant rythme de la musique.
On entendit soudain les premières notes d'un Tango, et Hermione se couvrit le visage de ses mains quand toute l'équipe de Gryffondor, accompagnée de leurs partenaires, commença à en massacrer les enchainements.
Elle se faufila un chemin à travers la foule jusqu'à l'endroit où se trouvaient les boissons et la nourriture, apportées de la cuisine, et se servit une Bièraubeurre. Elle en avala une gorgée et se retourna à temps pour voir James Potter attraper Lily Evans et la soulever, la faisant tournoyer de telle façon que ses longs cheveux roux volaient autour d'eux comme une auréole. Elle souriait et riait, ses yeux pétillant vivement et quand James la reposa, elle l'embrassa.
Il y eu d'autres acclamations hystériques alors que la musique revenait au disco, tout le monde sautait et tapait des mains, criait et sifflait tandis que les lions victorieux fêtaient leur réussite. Hermione trouvait presque incroyable la façon dont les joueurs de Quidditch étaient adorés à cette époque. A Gryffondor, ils étaient traités comme des héros et des célébrités. Ils n'avaient même pas encore gagné la Coupe et pourtant, ils avaient tout. Rien, absolument rien à l'époque d'Hermione n'aurait pu rivaliser avec ça. Pas même la fête organisée pendant sa troisième année, celle qui avait été suivie de l'intrusion de Sirius dans la Tour de Gryffondor alors qu'il recherchait Croûtard, n'avait atteint cette magnitude. Pas plus que les célébrations qui avaient eu lieu pendant le Tournoi des Trois Sorciers. C'était tout simplement une toute autre définition de 'faire la fête'.
Le Professeure McGonagall fit son apparition aux alentours de minuit pour envoyer tout le monde au lit. Cela nécessita de lancer un sort pour faire taire la musique, puis la foule avant de difficilement pouvoir se faire entendre par-dessus le bruit des gens qui tapaient toujours des mains et piétinaient bruyamment le sol, non affectés par le Silencio. Cela aurait nécessité un autre sortilège. Ensuite, il fallut donner l'ordre d'aller au lit, ce qui, une fois les sortilèges annulés, provoqua une série de grognement sonores et de protestations, accompagnés du retour de la musique.
Ce ne fut donc pas une tâche facile pour la Directrice de Gryffondor, mais elle y parvint néanmoins. La salle fut nettoyée, les élèves envoyés dans leurs lits et les restes de nourriture et de boissons récupérés par les Elfes de Maison.
Hermione vit plusieurs couples s'embrasser pour se dire bonne nuit avant de se séparer. James et Lily étaient parmi eux.
[1] Voici ce que nous dit EHP sur le fameux animal qui aurait mangé l'ancien professeur de Défenses, pour ceux qui se le demandaient … « Considéré par de nombreuses personnes comme l'animal le plus dangereux du monde, le Nundu est un gigantesque léopard, originaire d'Afrique de l'Est, dont le souffle seul entraîne épidémies et mort. Beaucoup de villages ont été ravagés par les Nundus, et on n'a jamais réussi à en neutraliser un sans faire intervenir au moins une centaine de sorciers (AF). Il suffit de comparer avec les dragons de la première Tâche du Tournoi des Trois Sorciers, lors de la quatrième année de Harry, qui pouvaient être stupéfixés par un groupe de dix sorciers - c'étaient pourtant des femelles en train de couver (AF). » Sympatique, non ? Pour en voir une image, je vous invite à vous rendre sur EHP, dans le bestiaire :)
Sinon, là franchement, Severus me fait fondre : « Elle était ma seule amie, et même si elle n'est l'est plus maintenant, je veux toujours ce qu'il y a de mieux pour elle. Même si ce n'est pas moi. » Celui qui ose me dire qu'il n'a pas eu envie de le prendre dans ses bras pour le réconforter … franchement ! ^ ^
Bref, c'est tout pour cette fois. J'espère sincèrement que le chapitre vous a plu et que la longueur vous a convenu. Avec toutes les péripéties qui me sont arrivées avant que je ne puisse le poster, si vous me disiez le contraire, je pense que je ne m'en remettrais pas, snif...
Maintenant, je vous laisse la parole - je suis en manque de vos adorables reviews, cette semaine m'a semblé durer une éternité *yeux de chat potté* - et pour les plus gentils, je m'arrangerai pour que Severus viennent pleurer sur votre épaule à l'avenir ! : D
A très vite,
Nyna.
