La menace d'Akanishi père écartée, la vie reprit son cours. A présent libérés de leur oppresseur, la mère et les frères de Jin vivaient heureux dans leur nouvel appartement, dans lequel Ryu faisait des séjours fréquents et prolongés pour le plus grand plaisir de Natsu qui voyait son frère revenir à la vie et surtout d'Hayato, qui n'avait à présent plus à quitter son petit ami. Depuis la miraculeuse et inespérée intervention de l'aîné de la famille, les rapports entre les trois frères s'étaient également grandement améliorés, revenant presque à ce qu'ils étaient avant que Jin ne soit chassé de chez eux, pour le plus grand bonheur du mari de Kazuya.

- Jin ? appela Kazuya de la chambre

- Hai ? fit celui-ci qui n'était pas loin, en passant la tête.

- Tu sais pas où j'ai mis mon pyjama ? Je le trouve nulle part, tu peux regarder dans la salle de bain s'il te plait ?

- Matte, je vais voir, dit-il en s'y dirigeant.

Il revint quelques instants plus tard en secouant la tête.

- Il n'y est pas. Il est pas sous ton oreiller ?

- Bah non ! Putain, je sais plus où je mets mes affaires moi ! Je dois préparer mes affaires pour l'hôpital et je trouve RIEN !

- Attend attend... t'en as pas que un de pyjama. Détends-toi, je vais te la préparer ta valise, mon cœur.

- Non mais je suis stressé ! Le docteur m'a dit que je devais rentrer à la clinique trois jours avant l'accouchement et je suis, je suis...

- Tu es quoi ? demanda Jin en le prenant tendrement dans ses bras.

- Jin, commença Kazuya d'une voix grave, je vais ACCOUCHER tu comprends ?

- Oui, je saisis très bien. Mais je croyais que tu n'avais pas peur... C'est toi qui me rassurais le mois dernier... répondit le plus âgé, embêté.

- Oui bah tu vois sur le fait accompli, bah je suis mort de trouille... Désolé hein... Je t'ennuie

- Pas du tout, mon cœur. Je suis content que tu me dise ce que tu ressens. Mais ça va bien se passer. Tout va bien se passer et bientôt, on aura notre petite Kazuna avec nous.

- Mmh... D'un côté je suis quand même impatient hein... Ca commence à peser lourd...

Jin éclata de rire à cette révélation.

- Tu seras bientôt délivré, sourit-il. Allez assieds-toi tranquillement, je vais la faire ta valise moi.

Kazuya s'assit alors sur le lit regardant son amant faire quand...

- Ji-Jiiin...

- Hai ? fit celui-ci en sortant des t-shirts du placard sans le regarder.

- Jiiiiiiiin ! répéta Kame.

- Oui, mon cœur ? fit-il en se retournant, des vêtements plein les bras.

- Laisse tomber la valise. On part à l'hôpital maintenant !

- He ?

- Nande ?

Kazuya posa brutalement sa main sur son ventre comme ci cela pouvait calmer les douleurs.

- Le... docteur... Il a dit... que si... j'avais encore... des... des contractions... il... Itaai, gémit t-il.

Comprenant immédiatement ce qui se passait, Jin écarquilla les yeux et enleva son bien-aimé dans ses bras, courant comme un taré jusqu'à la voiture dans laquelle il le déposa, puis s'installa au volant et démarra comme un barjo, à moitié paniqué.

- Jiin... Itaai... Plus vite !

De plus en plus paniqué, il prit les couloirs de bus, les sens interdit, grilla des feux rouges en manquant renverser des piétons et, pour finir, se gara n'importe comment devant la clinique, avant de reprendre son Kazu dans ses bras pour courir comme un dératé à l'intérieur, appelant le médecin qui s'occupait de lui.

- Putain si ce connard de toubib se pointe pas, je m'ouvre le bide moi même !

Kazuya devenait vulgaire... Kazuya devenait vulgaire...

Le médecin arriva juste avant que le cadet ne pète totalement un plomb et, réalisant ce qui se passait, l'emmena immédiatement en salle d'opération.

- Kamenashi-san, calmez vous, respirez profondément, comme nous vous l'avons appris !

- Fa-cile à dire... Quand on est pas... Aaaah !

- Respirez Kamenashi-san, tout va bien se passer...

Le docteur refusa l'accès à Jin, car il ne voulait pas que sa présence ne perturbe Kazuya. L'aîné faisait donc les cents pas devant la porte de la salle d'accouchement. N'étant pas une grossesse normale, l'accouchement n'allait en rien être normal non plus.

- Sen-sei... tenta Kame entre deux respirations, ou est... Jin ?

- Il vaut mieux pour vous qu'il ne soit pas là...

- Na-nani ?

- Cela risquerait de vous perturber et...

Kazuya coupa le docteur dans son explication en le saisissant par le col de sa chemise.

- Vous aller le faire entrer maintenant !

- Kamena...

- Je veux que mon mec soit là, compris ? Ca à commencer à deux ! Ca finira à deux... Aah~ gémit t-il une fois sa phrase fini.

- Très bien, très bien...

Le docteur fit signe à la sage de femme d'aller chercher le second papa, pendant que lui préparait Kazuya tout en lui expliquant comment tout allait se dérouler.

- Ecoutez-moi, nous allons devoir vous endormir Kamenashi-san. Vous ne pouvez pas vivre pleinement cet accouchement. Cela risquerait...

Jin entra à ce moment là.

- De vous tuez...

- H-he ? s'étrangla alors l'aîné.

Le docteur se tourna vers le nouveau venu et lui expliqua :

- Kamenashi-san sera endormi pendant la césarienne. Nous ne pouvons nous permettre de...

Kazuya saisit fermement la main du docteur, le faisant se retourner.

- Sensei... je veux... entendre... le premier cri de ma... ma fille... s'il vous plait...

Le médecin le regarda droit dans les yeux.

- Kamenashi-san...

- Onegai...

- Très bien.

Il se tourna alors vers Jin.

- Placez-vous à côté de lui. Il sera plongé dans une semi-inconscience, alors parlez-lui tout le long de l'opération, d'accord ?

- Hai !

Jin fit ce que le docteur lui dictait et se mit à côté de Kazuya dont le visage était à moitié caché par le masque à oxygène.

- Hey, sweety...

- Jin...

- Tout va bien se passer... Notre petit bout va arriver...

- ...

L'anesthésiant commençant à faire son effet, Kazuya cligna des paupières. Jin caressait tendrement son front, tout en regardant le docteur dresser un drap face à eux, cachant le ventre de Kazuya.

- Tout va bien se passer, mon cœur... répéta Jin.

Les docteurs s'affairèrent à leur travail. La machine à laquelle était relié Kazuya bipait normalement, jusqu'à ce que les battements du cœur se fassent plus lent. De plus en plus lent, ce qui paniqua Jin.

- Sensei, signala une infirmière, nous sommes en train de le perdre !

Le cœur de Jin s'emballa. Non, non, Kazuya ne pouvait pas lui faire ça, pas après tous ce qu'ils avaient vécu... Non...

- Nous devons nous dépêcher de sortir le bébé !

Jin, totalement paniqué, laissa ses larmes couler et colla sa bouche contre la joue de son mari.

- Je t'en prie... Kazuya... Bat-toi... Ne me laisse pas, je t'en prie... dit-il en pleurant. Ne nous laisse pas, Kame...

Le bip ralentit de plus en plus.

- Sensei !

- Kame... murmura Jin.

- Sensei, nous allons le perdre !

- Non... Kazuya... pleura l'aîné.

Le bip de la machine se stoppa. Le cœur de Jin aussi... Une fraction de seconde.

Un cri.

Un nouveau bip, puis un autre.

Un autre cri, plus puissant.

Et toujours ce bip...

- Akanishi-san ?

- H-hai ?

L'infirmière s'avança vers lui, un drap vert dans les bras, puis le luit tendit. Et pour la première fois Jin la vit.

- Kazuna... chuchota t-il.

Le petit être criait à pleins poumons, montrant son mécontentement de se retrouver ainsi dans l'air froid.

- Le cœur bat normalement, sensei, le rythme cardiaque de Kamenashi-san s'est stabilisé.

Jin détourna son regard de sa merveille pour se concentrer sur Kame qui doucement, papillonnait des yeux. Il se rapprocha alors de lui, sa fille dans les bras.

Avec difficulté, Kame tourna son visage vers lui et instinctivement, Jin lui montra leur fille. Des larmes non contrôlées coulèrent le long des joues du jeune papa.

Les mots n'étaient plus rien. Ils étaient inutiles. Quelles paroles étaient encore pleines de sens par rapport à la perfection du visage minuscule de leur fille ? L'émotion coupait le souffle de Jin, faisait battre son cœur dans un rythme effréné et des larmes de joie coulaient sur ses joues sans qu'il cherche à les retenir. Il ne pouvait que regarder le bébé qu'il avait déposé dans les bras de son père numéro un et englober d'un regard plein de douceur la scène dont il avait tant rêvé. Il ne pensait pas à la suite, ni au passé, juste à l'instant présent. Peu après la naissance de Kazuna, Kazuya, épuisé par tout ce qui s'était passé, finit par s'endormir et l'infirmière dépêchée près d'eux emmena le bébé prématuré en couveuse, tandis que Jin restait près de son mari, le couvant du regard.

Ayant été à la cafétéria pour boire un café, Jin traversa le couloir en s'étirant, puis ouvrit tout doucement la porte de la chambre et s'y glissa, pour constater que son mari avait ouvert les yeux.

- Hé... tu es réveillé, mon cœur, fit-il en souriant, en s'approchant de lui.

- Hum... répondit celui-ci, tout en clignant doucement des paupières.

Il s'assit près de lui et l'embrassa tendrement.

- Comment tu te sens, mon ange ? demanda-t-il en lui caressant la joue.

- Exténué, lui répondit-il en souriant.

Kazuya le regarda un instant avant de poursuivre

- Et Toi ?

- Moi ça va, mais moi je n'ai pas accouché, lui répondit-il. Je suis allé voir Kazuna pendant que tu dormais. Elle est tellement belle, Kazu...

- Coment va-t-elle ? Le docteur t'as dit quelque chose ?

- Elle est petite et menue, mais c'est normal parce qu'elle est prématurée d'un mois et demi, donc elle est en couveuse. Sinon elle est en très bonne santé, ne t'inquiète pas.

- Hum... Je pourrais la voir ?

- Tu te sens assez vaillant pour te lever ?

- Hai. Je veux voir ma fille. Aide-moi Jin

- Oui, mon cœur, acquiesça l'aîné, en aidant son compagnon à se lever.

Il l'aida ensuite à aller doucement vers la vitre derrière laquelle on pouvait voir les nourrissons dans leur couveuse.

- Notre petite Kazuna est là, expliqua Jin en désignant la troisième couveuse.

Kazuya posa doucement ses mains sur la vitre et approcha doucement son visage afin d'apercevoir le petit être endormi.

- Elle est magnifique, ne ?

- ...Hai...

- Ca va, mon cœur ? Tu ne veux pas retourner t'allonger ?

- Non, je veux rester encore un peu...

- D'accord, céda Jin. Mais si tu fatigue, tu me le dis, ne.

Et sur ces mots, il s'absorba lui aussi dans la contemplation de leur fille.

- Elle est tellement minuscule...

Kazuya se laissa doucement aller contre Jin posant sa tête contre son épaule.

- C'est dingue quand même...

- Quoi donc, mon ange ?

- On vient d'avoir un enfant...

- Oui... C'est vrai... Je réalise sans réaliser vraiment pour le moment je crois...

- Huum... Et c'est que le début ne...

- Je sais. C'est pour ça que je réalise pas encore vraiment. J'espère qu'on sera de bons parents pour elle...

- Hum...

Jin et Kazuya échangèrent un regard et tendrement, se sourirent. Une nouvelle histoire débutait, celle de leur famille.