Salut tout le monde ! Désolée si je n'ai pas posté ce dernier mois, mais j'ai eu certains problèmes de santé qui se sont enchaînés qui m'ont empêcher d'écrire en plus de me voler mon inspiration. Mais voilà, je reposte à partir d'aujourd'hui pour j'espère le plus longtemps possible sans pause. Je ne m'attarde pas plus longtemps là dessus.
Merci encore eux revieweurs, followers, likers et readers ! ^^
Chapitre 9 : Premier désir
- Mais non, regarde ! Tu ne peux pas mettre ça ! Si tu dis que tu n'as pas travaillé depuis des mois, personne ne voudra te prendre parce qu'ils croiront que tu ne voulais pas travailler. Il faut plutôt dire que tu as fait tes études, puis tu es parti en France pour te cultiver sur l'art français et que depuis, tu vis ici, sans indiquer de dates précises !
- Mais c'est faux !
- Ça, les employeurs n'ont pas besoin de le savoir ! Si tu veux être embauché, fais en sort de vendre un peu de rêves. C'était quoi, ta spécialité en école d'art ?
- La décoration intérieure.
- Parfait ! Le design d'intérieur est très recherché. Avec un diplôme pareil, tu trouveras forcément du boulot.
- Mais j'ai pas trouvé jusqu'à maintenant !
Francis se tourna vers Ivan et planta son regard bleu dans celui purpurin du grand Russe.
- Ivan, crois-moi qu'avec les contacts qu'a mon père, on aura aucun mal à te trouver un job en moins d'un mois. Mais pour l'instant, on doit s'occuper de ton CV. Dis-moi, as-tu fais des stages durant tes études ?
- Oui, chez un architecte d'intérieur.
- Super ! Tu peux le mettre, ça aussi ! Plus tu as d'expérience, plus tu as de chance d'être reçu pour un entretien. Se réjouit le Français.
- Mais je dois encore apprendre parler correctement français.
- Crois-moi que pour un étranger qui n'a pas appris le français dans son pays, tu te débrouilles déjà très bien. Mais tu as raison, nous allons devoir revoir ensemble les formules de politesse et les manières de se tenir avant que tu ne sois pris où que ce soit. Montre-moi ce que tu as écrit.
Le Russe lui tendit l'ordinateur portable et Francis corrigea de nombreuses fautes d'orthographe et de grammaire, mais il voulait à tout prix que ce soit Ivan qui rédige sa lettre pour l'habituer à écrire français, ça, en plus de nombreux autres exercices oraux, écrit et de compréhension. Mais Ivan était quelqu'un qui apprenait très vite et il avait, en à peine quelques jours, fait d'énormes progrès et il n'avait de cesse de progresser.
- Ok, c'est pas mal pour l'instant ! Faisons une pause, d'accord ! Je vais sortir les petits pains du four et on va prendre le goûter. Décréta le Français en se levant de sa chaise pour aller dans la cuisine.
- Отлично ! (Otlichno !)
- Qu'est-ce que tu as dit ? Demanda Francis en se retournant.
C'était la première fois qu'il entendait Ivan parlait sa langue maternelle et ça lui avait flanqué des frissons dans le dos. Comme la première fois qu'il avait entendu le fort accent russe d'Ivan, la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, à la différence que cette fois, c'était beaucoup plus intense.
- Désolé ! J'ai dit « Super » !
- Non, ce n'est pas grave ! En fait, j'aime beaucoup la tonalité de ta langue. Tu peux dire autre chose ?
- Bien sûr ! Quoi ?
- Je ne sais pas, ce que tu veux.
- Я не могу ждать, чтобы съесть ваши булочки ! (YA ne mogu zhdat', chtoby s"yest' vashi bulochki !)
Une série d'autres frissons lui traversa le corps en entendant ses mots. Mais un problème s'imposait, Francis s'était senti durcir rien qu'à l'écoute de cette langue rauque et râpeuse. Il était pétrifié de gêne, et se mit à rougir. Il se retourna alors brusquement en essayant de paraître le plus normal possible et de calmer son souffle devenu saccadé qui affaiblissait sa voix.
- E-Et… ça veut dire quoi !
- « J'ai hâte de manger tes petits pains ! » en gros ! Répondit Ivan, sans paraître avoir remarqué le trouble de son ami.
En fait, il avait même un sourire innocent au visage lorsque Francis tourna la tête pour voir s'il s'était aperçu de la situation. Mais pas le moins du monde concerné, il regardait l'écran de l'ordinateur avec naïveté. Comment un gars aussi imposant, ayant traversé des épreuves aussi lourdes, pouvait arborait une mine aussi insouciante ? Le Français se sentit plus serré encore dans son pantalon à cette vue, et il comprit qu'il y avait urgence à quitter la pièce au plus vite avant que son ami ne puisse comprendre la gêne de l'instant.
- I-Ivan… Tu pourrais… sortir les petits pains du four à ma place, s'il te plaît ? Je… Je ne me sens vraiment pas bien… j'ai besoin d'aller aux toilettes.
- Francis ? Tu ne te sens pas bien ? Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta le blond cendré.
Le Russe se leva, au plus grand désespoir du Français qui restait dos à lui pour ne pas lui laisser voir la bosse de son pantalon. Maudits soient ces pantalons trop serrés qui ne cachaient rien quand on en avait besoin !
- C- C'est rien ! J'ai juste… il faut que j'aille aux toilettes !
- Francis ! S'exclama le Russe en retournant l'interpellé.
Le Français dû alors réagir rapidement et fit alors mine de tomber et de se rattraper sur Ivan, de façon à ce qu'il ne puisse ni voir ni sentir son « petit problème ». Cela lui donna l'occasion parfaite pour s'enfuir de la pièce en s'excusant rapidement auprès du Russe. Celui-ci resta planté sur place, essayant encore de comprendre ce qu'il venait de se passer, mais surtout, très inquiet de la santé de son ami. Il avait peur qu'il soit tout à coup pris d'un malaise dû à une quelconque maladie contractée la veille, durant leur balade en ville.
Cependant, il se rappela vite que Francis lui avait demandé de sortir les petits pains du four avant qu'ils ne grillent et s'en chargea donc. Ils étaient beaux, dorés à point, mais légèrement grillés sur le dessous. Ivan n'arrivait pourtant pas à s'y intéressé. Il attendait que Francis sorte de la salle de bains pour s'enquérir de son état. Il ne voulait même pas commencer à manger sans lui, alors il patienta avec appréhension dans la cuisine en attendant le retour de son ami.
Francis, lui, n'en menait pas large. Pour se débarrasser d'un problème aussi gros, il y avait deux solutions la douche froide ou prendre les choses en main… littéralement. Il se retrouvait donc nez-à-nez avec son… « problème » et ne savait pas trop quoi faire. Il ne se souvenait pas d'une fois où quelqu'un lui avait fait autant d'effet rien que par la parole. Et ça n'avait même pas été quelque chose de sexuel ! Francis avait eu de nombreux partenaires durant sa période lycéenne, moins durant celle étudiante, mais il en avait eu et aucun d'eux n'étaient parvenu à un résultat pareil en si peu de moyens. C'était bien ça qui donnait des sueurs froides au blond. Qu'est-ce que penserait Ivan s'il apprenait que Francis avait « ça » en l'écoutant parler russe ? Il le trouverait dégoûtant et ne voudrait même plus entendre parler de lui. Il prendrait ses quelques affaires et partirait sans même se retourner. Et c'était une chose terrible aux yeux du Français. Il n'arrivait plus à concevoir son quotidien sans Ivan à ses côtés, sans le voir le matin en se levant, un jour férié, préparer le petit-déjeuner et lui sourire lorsqu'il entrait dans la cuisine. Sans le voir assis dans le canapé lisant ou regardant la télé en rentrant le soir de ses cours et de soupirer de soulagement en voyant le repas déjà prêt à être dégusté sans qu'il ait à s'en occuper lui-même. Sans partager ces moments heureux devant une émission française abrutissante, mais oh combien amusante en écoutant les remarques estomaquées du Russe ou de voir son visage complètement interrogateur. Ou simplement ne plus l'avoir près de lui lorsqu'ils mangeaient, ne plus pouvoir parler avec lui de tout et de rien ou simplement savoir sa présence pas trop loin lorsqu'il faisait ses devoirs dans sa chambre ou qu'il prenait sa douche.
Tout ça, Francis ne pouvait pas le concevoir sans avoir une boule d'émotion qui lui irritait la gorge et une douleur au cœur. Les larmes aux yeux et des sanglots dans la poitrine, il tenta de se soulager, mais l'émotion qui prit le dessus sur ses sens eut bientôt raison de son désir et il n'eut pas à terminer le travail. Cependant, il resta encore un bout de temps avant de sortir de la salle de bains, au vu de son visage rougi de honte et des précédents pleurs. Il lui fallut bien une vingtaine de minutes avant de pouvoir ressortir avec un minimum de dignité, bien que moralement, il venait de prendre dans la figure une réalité qu'il n'était pas encore prêt à voir en face il désirait son ami russe…
Il n'avait aucune envie de le voir, déjà parce qu'il n'avait pas une tête potable, mais surtout parce qu'il n'était pas sûr de pouvoir contenir sa honte et ses larmes. Il avait alors comme idée de passer de la salle de bains à sa chambre juste à côté. De toute façon, ces deux pièces étant dans un minuscule couloir séparé par le mur de la cuisine, le Russe ne pouvait donc pas le voir passer. Cependant, celui-ci entendit le bruit de la porte…
- Francis ?
Ivan apparut de la cuisine alors que le Français avait la main sur la poignée de porte de sa chambre. Il essayait de cacher son visage rougissant à sa vue.
- Francis ? Ça va mieux ?
Il ne répondit pas.
- Francis… ? Qu'est-ce qu'il a ?
- Rien… c'est rien ! Je ne me sens juste pas très bien ! Il faut que j'aille me reposer. Répondit-il sur un ton brusque.
- D'accord ! Tu veux que je t'emmène quelque chose ?
- Non, non surtout pas ! Ne rentre surtout pas dans ma chambre ! J'ai besoin… d'être tranquille !
- D- D'accord…
Francis pénétra dans sa chambre, laissant Ivan encore plus confus. Celui-ci regagna la cuisine et s'y assit. Son regard se perdit dans le vague et il se mit à réfléchir. Qu'est-ce que c'était que ça ? Etait-ce à cause de lui qu'il s'était senti mal tout à coup ? Pourquoi lui avait-il parlé avec ce ton sec ? Etait-ce ce qu'il avait dit en russe qui l'avait fait changer de comportement comme ça ? Mais pour quelles raisons ? Non, ça ne devait pas être ça. Alors quoi ? Que était-il passé pour qu'il passe d'une attitude tout à fait normalement à cette attitude étrange et froide qu'Ivan ne lui connaissait pas ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Etait-ce parce qu'il avait encore trop de difficultés à apprendre et que Francis commençait à en avoir assez ? Peut-être le trouvait-il trop bête ? Pas capable d'apprendre correctement le français et de potentiellement trouvé un job en France et qu'il perdait espoir alors cela l'exaspéré. Mais peut-être aussi qu'il avait simplement eu une faiblesse et s'était vraiment senti mal physiquement et qu'Ivan se faisait trop de films, comme d'habitude.
Il piocha un petit pain sur le plateau de cuisson et en enfourna une première grosse bouchée qu'il arracha avec les dents. L'intérieur était encore chaud et légèrement fumant et le chocolat avait fondu. Mais Ivan ne prêta même pas attention au goût du pain au chocolat, intériorisant son inquiétude et ses questions. Il se sentait vraiment triste.
