Chapitre 9 : les sorciers manquent terriblement d'humour.
Ce matin là, Miranda ne paraissait pas plus vivante qu'un zombi. Perdue dans ce gigantesque château, qui parait-il était une école, elle désespérait de retrouver la grande salle pour remplir son ventre qui criait famine. Heureusement, elle croisa un garçon qui semblait plus grand qu'elle. Elle lui demanda, soulagée :
_Tu ne saurais pas où est-ce qu'on mange le petit déj', par hasard ?
_A la grande salle, c'est dans la direction opposée. Je peux te montrer le chemin puisque de toute manière j'y allais, répondit le jeune homme en souriant.
Lorsque Miranda fut enfin attablée devant d'alléchantes nourritures, elle s'empara de tous ce qui lui venait sous la main. Que ça faisait du bien de ne plus sentir la faim lui tirailler le ventre. Miranda soupira et aperçu Mc Gonnagal s'approcher d'elle. Quand elle fut à sa hauteur, elle débuta d'une voix sévère :
_Je vous demanderais de me suivre, miss. Le professeur Dumbledore vous attend dans son bureau.
Miranda se leva de mauvaises grâces ; Quand allait-on lui foutre la paix, bon sang ? Cela faisait déjà de longues minutes qu'elle suivait son professeur en silence, quand Mc Gonnagal s'arrêta devant une statue et se mit à articuler un mot sans aucun sens. La statue pivota pour laissant apparaitre à la vue de tous un superbe escalier en colimaçon.
_Montez, miss, ordonna le professeur.
La jeune fille monta l'escalier et se retrouva devant une grande porte en bois. Elle allait frapper à la porte quand celle-ci s'ouvrit toute seule. Miranda pénétra dans une pièce immense, regorgeant d'objets étranges, dont le chapeau parlant d'hier, et décorée de tableaux vivants. Dumbledore était assis derrière un magnifique bureauavec, dans le regard toujours la même pointe de malice.
_Bonjour Miranda. Comment trouves tu mon bureau ?demanda-t-il mais sans, attendre de réponse, il s'écria : Assieds-toi donc Miranda.
La jeune brune lui obéi sans rechigner, elle dit d'un ton sarcastique :
_Il est vraiment génial votre bureau, professeur, mais je doute que ce soit la raison de ma…euh convocation ?
_Non, évidemment, c'est pour un tout autre sujet que je t'ai fait venir ici. Une pastille à la menthe ? demanda-t-il en présentant à la jeune fille un récipient rempli de bonbons.
Elle s'empressa d'en attraper une bonne poignée, désormais parée à n'importe quelle nouvelle catastrophique : « rien de meilleure qu'une bonne provision de cochonneries bourrées de sucres pour affronter les pires des situations ». Dumbledore eut l'air ravi que sa nouvelle élève partage son goût pour les friandises, et c'est arborant un grand sourire, qu'il commença :
_Je ne sais pas si on t'a mise au courant de l'existence d'option. A la fin de la 2ème année, les élèves doivent choisir au moins 2 options. C'est pour faire ce choix que tu es ici, Miranda. Les options proposées sont les suivantes : Arithmancie, c'est dans ce cours que tu apprendras les propriétés magiques des nombres. Il y a ensuite la divination, cours qui consiste à apprendre à prédire l'avenir. L'étude des moldus, qui à mon humble avis ne te seras pas très utile, dit-il en souriant, amusé. Mais aussi l'étude des runes, où l'on enseigne à traduire des textes de runes. Et enfin les soins aux créatures magiques, essentiel pour savoir s'occuper de créatures ou les nourrir. Alors voilà Miranda, le vif d'or est dans ton camp, il n'appartient qu'à toi de t'en emparer. Comme on dit dans notre monde.
La jeune fille haussa un sourcil mais se mit à réfléchir. Tout d'abord, sachant que ce serait Hagrid qui enseignerait lors du cours des Soins aux créatures magiques, Miranda le choisit sans même réfléchir. Ne comptant certainement pas prendre plus d'option qu'il était obligatoire, il ne lui restait plus qu'une option à choisir, mais laquelle ? L'arithmancie ? D'après ce qu'elle avait compris, ce cours était l'équivalent des mathématiques et elle détestait les maths. La divination ? Lire l'avenir dans une boule de cristal lui donnait plutôt envie, peut être qu'elle pourrait éviter quelques malheurs de lui tomber dessus sans prévenir. Les autres options ne la branchant pas, elle répondit d'une voix assurée :
_Et bien je choisis les réponses b et d : L'arithmancie et les soins aux créatures magiques. Ce sera mon dernier mot, professeur. Comme on dit dans mon monde.
De retour dans les couloirs, son emploi du temps et un plan de l'école dans les mains, Miranda avançait le plus vite possible ; les cours avaient commencés depuis 5 bonnes minutes. Elle devait à cet instant même suivre avec attention le cours de potion, au lieu de ça, elle était dans un couloir entre le 2ème et le 4ème étage. La salle de potion se trouvait au sous-sol, autant dire qu'elle n'était pas arrivée. Elle courrait à toute allure, manquant deux ou trois fois de tomber dans les escaliers la tête la première. Essoufflée, elle frappa à une porte qui, normalement, devait donner sur une salle de cours de potion.
_Entrez, ordonna une voix de l'autre côté de la paroi.
Elle ouvrit la porte, une salle pleine de table où des chaudrons bouillaient bruyamment. Prés d'un bureau un homme rondouillet, moustachu et chauve se tenait. Miranda balbutia :
_Désolée, je me suis égarée dans les couloirs.
_Ce n'est pas grave voyons ! Vous êtes nouvelle après tout, apaisa l'homme gentiment. J'ai déjà fait des groupes de deux mais, peu importe, allez donc avec miss Weasley et M. Dablin, décida-t-il en lui montrant avec la main une table où étaient assis Ginny et un blond.
En soupirant, Miranda alla s'installer à la table indiquée. Les deux jeunes gens n'arrêtaient pas de la regarder en silence, ce qui agaçait terriblement la jeune fille. A bout, Miranda s'écria :
_Vous voulez peut être un autographe ?
_Sans façon, dit Dablin en rigolant.
Miranda soupira, désespérée ; Avec quels imbéciles était-elle encore tombée ? Finalement, elle lâcha calmement :
_Bon, on va faire comme ça ; Vous faîtes le travail et moi je vous regarde. Après tout, si je vous aide je risque de tout faire foirer…Ce serais ballot, non ? Finit-elle, un sourire mauvais aux lèvres.
_Oh mais on va t'expliquer, ne t'inquiètes donc pas. Tu n'auras qu'à couper les limaces et les mettre dans le chaudron, c'est facile, répondit Ginny, faussement bienveillante.
_Et dégoutant, il est hors de question que je fasse ça !cracha-t-elle, écœurée.
_J'ai bien peur que tu n'aies pas le choix, répondit Ginny, doucereuse.
_Vous allez voir si je n'ai pas le choix ! Et sur ces paroles narquoises, elle prit le récipient de limaces et le lança dans le chaudron.
Elle fixa les regards mi-estomaqués, mi-horrifiés de ses deux camarades, morte de rire. Mais cela ne dura pas plus de quelques secondes car des bulles gigantesques sortaient du chaudron d'une façon assez effrayante. Miranda ne se posa pas plus de questions et suivit son instinct qui lui criait de se cacher sous la table. Entre temps le professeur, ayant remarqué l'étrange comportement de la mixture verte fluo du chaudron, s'était approché et il fut le plus touché quand celui-ci explosa dans un boucan assourdissant. Miranda se releva quand elle fut certaine qu'il ne pouvait plus rien lui arriver. Le spectacle qui lui était gentiment offert était à mourir de rire, d'ailleurs c'est ce qu'elle fit. Dans toute la pièce des élèves étaient recouverts d'un liquide vert fluo qui faisait peu à peu pousser des tentacules. Elle n'avait pas loupé son coup, ah ça non ! Mais ils ne méritaient que ça, enfin surtout les serpentards et… ses chères colocataires ; le vert leur allait à merveille. Ca leur apprendra de se foutre de sa poire, elle s'était vengée sans même le vouloir réellement. Mais pas de tous, il manquait les autres années ; mais qu'ils ne s'impatientent pas, ça arrivera bientôt !
Elle en était là de ses plans de vengeance quand le professeur, qui était vert fluo de rage, cria :
_Etre nouvelle vous autorise à être en retard, pas à tenter l'assassinat général de vos camarades et de moi-même, dans ma propre salle de classe, Vladev ! Vous serez en retenue ce soir et vous me nettoierez tout ça, suis-je assez clair ? Et 100 points de moins pour Serpentard. Sortez tous !
« Comme si j'en avais quelque chose à faire de ses points. »pensa Miranda, en s'en allant, le sourire toujours présent sur ces lèvres.
Ayant une heure de répit devant elle, ce matin elle aurait du avoir deux heures de potions si le petit accident ne s'était pas produit, elle décida d'aller se promener dans le parc. Aujourd'hui il faisait un temps digne de Marseille ; un large soleil et un ciel bleu sans aucun nuage…quel bonheur ! Elle s'approcha du lac et s'allongea dans l'herbe en fermant les yeux; elle avait du bronzage à rattraper, hors de question qu'elle garde ce teint de cachet d'aspirine. Mais peu de temps après, elle entendit quelqu'un s'assoir à côté d'elle. Prête à faire déguerpir le visiteur, que ce soit une grosse brute sans cervelle ou un serpentard projetant de la tuer, elle ouvrit les yeux et se mit en position assise. Mais la personne à ses côtés ne faisait partie d'aucune des deux catégories citées précédemment. En vérité, il s'agissait d'une jeune fille blonde, les yeux bleus globuleux et habillée de façon plus qu'extravaguente ; des radis lui faisaient office de boucles d'oreilles. Elle lançait des petits cailloux dans le lac essayant vainement de les faire ricocher. Agacée, Miranda dit :
_Le parc n'est pas assez grand ou quoi ? Tu ne peux pas aller t'amuser ailleurs ?
_oh ! Désolée, je ne voulais pas t'ennuyer de ma présence… dit alors la blonde rêveusement.
Miranda soupira, cette jeune fille pouvait bien rester après tout, elle paraissait plutôt gentille.
_Ce n'est pas grave, tant que ce n'est pas sur moi que tu les lances, tes cailloux… dit la brunette en se recouchant.
Le silence, reprit possession des lieux, seulement coupé par le bruit que faisaient les petites pierres en plongeant dans l'eau.
_Tu m'as beaucoup fait rire, hier, dit soudain la blondinette. Quand tu es tombée.
_Je préfère prendre ça comme un compliment, marmonna Miranda, un peu énervée que sa voisine lui remémore ces mauvais souvenirs.
_Ca l'est. Je m'appelle Luna Lovegood, se présenta-t-elle.
_Enchantée, grogna Miranda cessant les maigres tentatives pour se montrer amicale.
Le silence retomba à nouveau, pour le plus grand soulagement de la brune. Cette jeune blonde commençait à l'exaspérer, bien qu'elle se montre parfaitement sympathique. Miranda n'avait aucune envie de faire amie-amie avec elle !
_Le prochain cours sera en commun avec les serdaigles et les serpentards. Nous serons donc ensemble. Si tu veux je pourrais t'accompagner jusqu'à la salle de Sortilège, tu ne dois pas très bien connaitre le château.
Bien qu'énervée que Luna lui ôte le doux silence, Miranda prit la peine de réfléchir à propos de sa suggestion. Il était certain qu'elle n'allait pas trouver la salle du prochain cours facilement ; son sens de l'orientation laissait à désirer. Ayant prise sa décision, la jeune fille répondit d'un ton calme :
_Ce sera avec plaisir, merci.
_De rien, répondit Luna, un sourire lointain flottant sur ses lèvres.
_Qui pourrait me dire le sort utilisé pour modifier la mémoire de quelqu'un ?demanda le petit professeur, oui miss Clarkson ?
_ Le sort est oubliette, il sert soit à modifier, soit à effacer des parties de la mémoire d'une personne. C'est un sort fréquemment utiliser par le ministère quand un moldu à aperçu des choses en rapport avec la magie, ceux qui sont chargés de cette tâche sont nommés des Oubliators.
_Excellent miss, 20 points pour Serdaigle.
Pendant que le professeur félicitait la jeune serdaigle à grands renforts de compliments, Miranda soupirait une énième fois. Elle était assise à côté de Luna. Elle avait bien tentée de s'échapper mais la blonde était plutôt têtue. Cette dernière était d'ailleurs en train de prendre des notes avec beaucoup de sérieux, laissant Miranda dans son ennui. La jeune brune ne comprenait strictement rien à ce que racontait Flitwick. Elle était complètement perdue et se noyait dans le flot de paroles que le minuscule enseignant prononçait. Quand elle avait appris qu'elle se servirait d'une baguette magique et pourrait transformer n'importe qui en crapaud, elle avait été pressée de commencer les cours. Mais à présent elle se rendait compte qu'avoir des pouvoirs n'était pas de tout repos ! Combien existait-il de formules ? Fallait-il toutes les apprendre par cœur ? Elle en était à regretter les dates de ses anciens cours d'histoire, quand la sonnerie retentie. Ne perdant pas ses vieilles habitudes, elle fut la première à sortir de la salle. Se retenant à grande peine d'embrasser le sol du couloir, elle s'aperçu qu'elle était entourée de tous ses camarades de Serpentard. Ils avaient encore une petite couleur verdâtre mais Miranda en vint à se demander si ce n'était pas plus dû à leur rage mal contenue, que de la potion.
_Salut vous tous, désolée mais je suis un peu pressée. Mais vous n'avez cas me laisser un mail, je vous répondrais avec plaisir, proposa Miranda légèrement pessimiste à propos de son avenir proche, si avenir à son sujet il existait.
Miranda profita de leur stupeur pour tenter de s'éclipser, mais le destin avait apparemment d'autres projets…
_Pas si vite, sang-de-bourbe. On a quelques comptes à régler, lui lança un brun en la retenant par le bras.
_Voyez ça avec mon agent, répondit-elle en essayant de gagner du temps.
_Arrête de nous faire perdre du temps, sale garce ! Rugit une de ses colocataires, précisément celle avec qui elle s'était disputée hier.
_Tu veux bien arrêter de crier, Sauvian ! Tu vas ameuter tous les professeurs, nom d'un troll ! Cracha le brun, en lui envoyant un regard de mépris.
_Je t'interdis de me parler de cette manière, Kommerston. Tu ne mérites même pas ta place à Serpentard. Ta mère n'est-elle pas une pourriture de sang-mêlé ? demanda Sauvian avec un sourire faussement compatissant.
Le jeune homme lâcha brusquement Miranda et gifla Sauvian de toutes ses forces. Cette dernière, hurla de surprise et de douleur. Elle resta la bouche ouverte, choquée, quelques instants avant de se précipiter vers son agresseur avec un cri de rage. S'en suivi un combat sauvage entre deux serpents, appartenant surement tous deux à l'espèce des vipères. Leurs camarades tentaient bien de les séparer ou au moins de les calmer mais il n'y avait rien à faire ; les deux reptiles ne lâchaient pas prises.
Miranda vis en cette bataille imprévue une bonne occasion pour filer à l'anglaise ; autant prendre les bonnes habitudes du pays dés maintenant. Personne ne remarqua son absence qu'elle était déjà loin. « Non mais ils sont vraiment malades les gens ici… »Maugréa Miranda dans sa tête. Elle était à bout de souffle, ce n'était pas qu'elle détestait courir mais elle trouvait qu'aujourd'hui elle avait eu largement sa dose de sport. Pourquoi tout s'acharnait sur elle de cette façon ? Qu'avait elle fait pour mériter cela ? Mettre n'importe quoi dans un chaudron ? Hum peut être…
Elle n'avait plus qu'à se rendre à la grande salle pour manger le repas de midi. Ses camarades l'énervaient vraiment, mais en même temps l'effrayaient un peu ; ils voulaient quand même lui régler son compte et elle n'osait imaginer la façon dont ils s'en seraient pris, magie ou non ? Dans tous les cas elle aurait surement pris son repas à l'infirmerie…et surement une sorte de bouillie pour qu'elle n'ait pas à mâcher, n'ayant plus de dents ! Bon elle exagérait certainement un petit peu mais elle ne devait pas être si loin de la vérité…il fallait décidemment qu'elle apprenne à utiliser la magie pour se défendre, car ses poings et ses pieds ne seront certainement pas assez persuasifs contre des sorts qui seraient capable de les faire s'arracher !
Elle se rendait donc à la grande salle, se retournant régulièrement pour s'assurer qu'aucun de ses chers amis n'avait eu l'idée de la rattraper, quand une boule de poil débarqua devant elle. Oubliant complètement son altercation avec les serpentards, Miranda s'accroupit et pris son singe dans les bras. Elle s'était inquiétée devant sa petite absence mais le vendeur l'avait prévenue, les ouistoufeux étaient comme les chats ; fières, sauvages et indépendants. Elle s'était donc rassurée en se disant qu'il reviendrait le lendemain et il était revenu.
Se sentant bien moins inquiète en présence de Grimace, elle reprit son chemin d'un pas sûr et déterminé, prête à tout affronter ; que ce soit des serpentards machiavéliques ou des trolls fous. Elle maudissait en son fort intérieur le manque flagrant d'humour chez ces sorciers…mais ce n'était point grave elle en avait assez pour eux tous !
