Chapitre 9 : Comment je passe une soirée à Serpentard et je me dévoile un peu face à Hermione :
Six taudis, euh non, si tôt dit, si tôt fait. Aussitôt sortie du bureau de Severus que je me précipite vers la salle commune des Serpentards.
Je m'arrête devant une immense tapisserie un tout petit peu glauque.
Je vous explique le contexte. Je suis dans les cachots, ce qui, en soit, n'est pas très réjouissant. Il fait froid et humide, donc je me les pèle. J'ai beau être une demi-démone, j'ai des limites thermiques moi aussi.
Et summum de glauquitude, le passage vers la salle commune des Serpentards est une très vieille tapisserie représentant la bataille des gobelins, lors de leur révolte au XVIIème siècle. Et au premier plan se trouve un chef de guerre gobelin, couvert de sang, qui me regarde d'un air louche.
Qu'est-ce qu'il me veut ? Il veut ma photo ? Si il continue à me fixer comme ça je lui casse la gueule. Ou alors je brûle la tapisserie. Ou alors je lui balance un pot de peinture à la figure. Ou alors...
Je m'arrête de cogiter quand le gobelin me dit :
- Le mot de passe.
Ca m'aurait bien plut qu'il dise "la voie est close et les morts la garde. La voie est close." d'une voie d'outre tombe, mais bon, on ne peut pas toujours avoir ce qu'on veut.
- Mensonges et tromperies
Ben oui, j'ai le mot de passe. A quoi vous attendiez vous ? Et Drago à celui de la tour de Griffondor.
Me regardez pas comme ça, je lui ai fait promettre qu'il ne l'utilisera pas à des fins... malhonnêtes.
Et mon Drago est un homme d'honneur.
L'affreuse tapisserie se soulève pour me laisser passer.
Bon, je crois qu'une bombe atomique aurait eu moins d'effets que moi à cet instant. Tout le monde me regarde avec des yeux ronds.
- Qu'est ce que tu viens faire là ? m'agresse ce qui semble être un septième année avec suffisamment de muscles pour soulever la tour Eiffel.
- Je me promenais gaiment dans les cachots quand un affreux gobelin, sur une tapisserie, a commencé à discuter avec moi et alors qu'on parlait, la tapisserie s'est levée et je suis entrée pour voir ce qu'il y avait derrière.
Je lui fais mon plus beau sourire Colgate et j'attends une réaction.
Le temps que l'information monte au cerveau, j'aurais pu sortir dans le parc, faire un footing et revenir pour prendre une douche.
- Maya, arrête de le faire tourner en bourrique, tu va faire surchauffer son cerveau. Ce serait dommage. Marcus, laisse la tranquille. C'est ma sœur.
L'autre s'en va, toujours en train d'assimiler mon petit laïus.
- C'est trop gentil de venir à mon secours petit frère, mais je maîtrisais la situation.
- Oui, et quand tu lui auras bien mis le cerveau à l'envers et qu'il essayera de te frapper, tu lui enverras un solide coup de genou là où tu penses.
- Tu vois, je gère très bien la situation.
- Tu es irrécupérable, soupire-t-il
- Moi aussi je m'aime.
Il me sourit et nous prenons place dans deux confortables fauteuils près du feu.
Pas besoin de vous dire, qu'un double regard malfoyen a suffit à faire déguerpir les deux premières années qui étaient déjà là. Oui, je sais, je suis une gentille Griffondor qui aide son prochain, mais voilà, je suis aussi à moitié démon, donc j'ai une raison.
Na.
- Alors, Drago, quoi de neuf ? Il paraît que Maugrey peut pas vous sentir ?
- C'est un euphémisme. Il nous aboie dessus à tous les cours, c'est insupportable. Et j'essaie de ne pas trop me faire remarquer, étant donné ce qu'il m'a fait.
- Tu étais trop mignon en fouine bondissante !
Je me marre, et ça l'énerve. Et j'adore l'énerver.
- Qu'est ce qu'il y a Drago ? Tu ne vas pas me dire que tu n'as pas aimé être jeté contre le plafond. C'est comme dans les parcs d'attractions moldus. Tu es attaché dans une boule et la boule est propulsée dans les airs. C'est trop fun !
- Evidemment, vu comme ça, ronchonne-t-il, juste que mon expérience était plus ...
- Exotique !
Il lève un sourcil.
- Si tu veux, je ne vais pas te contrarier maintenant, tu es trop excitée ce soir.
- Arrête de me parler comme ça, on dirait Lucius ! je râle
- Je sais, c'est pour ça que je te dis ça.
On se sourit tout les deux.
- Bon c'est pas pour te parler de Lucius que je suis descendue dans les sombres cachots.
- C'est marrant mais je m'en doutais, ironise mon petit blondinet d'amour.
- Maugrey vous a fait le coup des impardonnables à vous aussi ?
- Oui. Et il nous a fais tout un petit laïus sur nos sympathiques ascendants qui sont tous "des raclures de premières" sans vraiment se mouiller. Je veux dire qu'il nous a bien fais sentir qu'il parlait de nos parents mais sans vraiment prononcer le mot. Ce qui fait qu'on ne peut même pas se plaindre.
- Je suis allée voir Sev' et...
- Pourquoi ça ne me surprend pas après tout ce que vous vous racontez en cours ?
- Ne m'interrompt pas petit frère, n'oublie pas que tu me dois le respect et l'obéissance.
- C'est ça, grogne ledit petit frère.
- Je disais que je suis allée voir Sev', en tout bien tout honneur, et qu'il m'a dis que ça avait jasé chez les Serpentards, après les premiers cours de Maugrey.
Drago soupire.
-Bien sûr que ça a jasé. Un type débarque, plutôt, la moitié d'un type débarque et il nous annonce que nos parents sont des pourris. Je ne dis pas que certains le sont pour de vrai, Père peut vraiment être la pire des ordures, mais beaucoup ici ont des parents qui n'ont pas participé activement à la Guerre.
- Je comprends, je lui fais, mais il y a quand même quelque chose qui me chiffonne avec Maugrey.
Dray hausse un sourcil.
- Tu étais trop petit pour t'en rappeler, mais c'est Maugrey qui commandait les perquisitions au manoir après la chute de Tom.
- Je sais, j'ai suffisamment entendu Père s'en plaindre, même des années après.
- Donc je dirais que son comportement méfiant et extrême est tout à fait normal. Mais il n'y a pas que le comportement qui fait un homme. J'ai regardé son aura.
Je vois que Drago dresse l'oreille et je baisse un peu le ton pour qu'aucune oreille traînante ne puisse écouter.
- Son aura est vraiment flippante, je fais
- Comme le personnage, remarque Drago.
- Non vraiment flippante. Certes, Tom avait une aura à faire déguerpir un dragon, mais ce "Maugrey" a une aura de mage noire, et il est rongé de haine. En plus son aura ne correspond pas à l'âge que devrait avoir Maugrey.
- Ce n'est pas Alastor Maugrey alors ? s'étonne Drago
- A ce qu'il semblerait. Je vais essayer d'en savoir plus.
- Fayotte
- Tu comprends vite, dis-je en souriant.
Le reste de la soirée est détendue, et plaisante. Bientôt, les Serpentards oublient que je suis une Griffy et se joignent à nous pour rigoler.
Et Merlin sait si j'ai plus d'un tour assez surprenant dans mon cerveau.
Vers 23h, je dis au revoir à mes hôtes et je remonte direction, la tour des Griffondors.
En chemin, je croise Severus et je lui souhaite bonne nuit.
Arrivée dans mon dortoir, je vois Hermione se redresser dans son lit.
- T'étais où ? demande-t-elle avec un ton accusateur
- Chez les Serpentards, je réponds avec un sourire qu'elle ne peut pas voir vu qu'il fait nuit.
- Et t'es encore en vie ? s'étonne-t-elle
- Oublierais-tu qui est mon frère ? Le Prince des Serpentards. Ca me fait trop marrer comme surnom. Y'a vraiment que lui pour se faire appeler comme ça.
- En fait, c'est les Griffondors qui ont commencé à le surnommer ainsi.
Je m'allonge dans mon lit en soupirant d'aise.
Et en quelques secondes je m'endors.
Les jours suivants- Les jours suivants- Les jours suivants
Mon apparition chez les Serpentards a fait le tour de l'école en quelques heures le lendemain. A croire que tout se sait dans ce château.
Pourtant, je n'en ai parlé que dans mon dortoir, avec Hermione, Lavande et Parvati. Je ne vois vraiment pas où est la fuite.
J'ai aussi reçu une lettre de mon très cher paternel.
Le même genre que la première, distante, froide.
Mon très cher père a eu vent (sans doute par mon non moins très cher frère) de ma petite altercation avec mon très cher professeur de défense contre les forces du mal, j'ai nommé Alastor Maugrey.
Dans cette lettre, il me fustige doucement de cette dispute en me rappelant qu'il faut que je me rapproche de Fol'œil.
Je lui ai répondu aimablement qu'il pouvait aller se faire voir, et qu'il n'avait pas à me donner d'ordre. Aimablement j'ai dit.
Sans compter, que, en plus, en ce moment Hermione est de plus en plus très super bizarre (la syntaxe c'est toujours pas mon truc). Chaque midi elle mange au lance-pierre (au risque de s'étouffer) et elle file à la bibliothèque. Il faut vraiment être malade pour travailler autant.
Ou s'appeler Hermione Granger, ou encore Théodore Nott, qui fait à peu près pareil. Un jour, ils vont avoir le cerveau tellement remplis, que ça va exploser.
Hmm, des bouts de cervelle partout, bon appétit.
Ce soir, presque tous les quatrièmes années se retrouvent à faire leurs devoirs dans la salle commune de Griffondor.
A part Neville qui lit au coin du feu, Dean et Seamus finissent un devoir de métamorphose à faire pour demain, Lavande et Parvati commencent le brouillon du devoir de potion à faire pour dans trois jours, Hermione semble absorbée par un travail quelconque et Harry et Ron font leur devoir de charlatanerie, de divination si vous préférez.
Soudain, Ron lève les bras en s'étirant et s'exclame :
- J'ai fini !
Ce à quoi Hermione répond :
- Moi aussi !
Elle s'approche de la table de Harry et Ron. Moi aussi, poussée par la curiosité je m'avance. C'est toujours rigolo la divination.
- Tu vas te noyer deux fois, fait Hermione à Ron
- Tu as raison, il vaut mieux que je me fasse piétiner par un Hyppogriffe, dit-il en corrigeant son erreur
- Euh, je veux pas vous vexer, je dis, mais ça se voit que vous avez tout inventé.
- Comment peux-tu dire une chose pareil ! s'exclame Ron, faussement courroucé, nous avons travaillé comme des elfes de maison !
Hermione le fissile du regard et Ron s'aplatit sur sa chaise
- En parlant d'elfes de maison, fait-elle en ouvrant une boîte en fer qu'elle tenait contre elle.
Elle pose la boîte sur la table. Dedans, il y a des badges frappés du sigle S.A.L.E
- Pourquoi il y a marqué sale sur ces badges, demande Harry décontenancé
- Ce n'est pas sale, ça se prononce S.A.L.E. Ca signifie Société d'Aide à la Libération des Elfes de maison.
- Tu viens de créer une association ? je demande à Hermione.
- Pas tout à fait une association, mais plutôt une sorte de collectif.
- Et tu as combien de membres ? demande Ron bêtement
- Si vous adhérez, ça fera quatre.
- On va être obligé de se balader avec des badges où il y aura marqué sale ?
- S.A.L.E ! Au début je voulais l'appeler A.M.T.S.I.A.C.M.L.C.S mais les badges étaient trop petits. Ca signifie Arrêtons les Mauvais Traitements Scandaleusement Infligés à nos Amies les Créatures Magiques et Luttons pour un Changement de leur Statut. Et voici notre profession de foi. J'ai fait des recherches poussées à la bibliothèque ! L'esclavage des elfes à commencé il y a des siècles !
Hola, elle commence à s'emballer. Mais ce qu'elle dit n'est pas faux...
- Hermione, la coupe Ron, Ils aiment ça ! Ils aiment vivre en esclavage !
- Notre objectif à court terme, continue Hermione d'une voix plus forte, consiste à obtenir que les elfes bénéficient de salaires et...
- STOP ! je crie, Hermione stop, dis-je d'une voix plus douce alors qu'une émerge dans mon esprit. Tout ce que tu proposes est très bien, tu as parfaitement bien potassé le sujet. J'ai cependant une critique ou deux. Me permets-tu de les avancer et de m'engueuler plus tard ?
- Euh, je ... bafouille l'emportée, vas-y
- C'est très honorable à toi de vouloir défendre les créatures magiques et qui sait qu'elles ont besoin de soutient dans la communauté magique. Cependant, tu n'as pas le droit de t'autoproclamer leur porte-parole. Ce serait injuste de ta part de leur voler cette gloire.
- Mais enfin, je ...
- Deuxièmement, ce n'est pas en créant un petit cercle de personnes que tu vas te faire entendre. Il faut des personnes convaincues, des militants, des fonds et pouvoir compter sur des gens importants qui vont influencer les dirigeants pour changer les choses.
Il y eu un blanc.
- Premièrement, je ne m'autoproclame pas porte-parole. J'ai d'abord pensé à Dobby, un elfe, un peu toqué
- Je sais parfaitement qui est Dobby. Il a travaillé pour nous pendant des années. J'ai toujours adoré son chocolat chaud. Mais je suis tout à fait d'accord avec toi, il est un peu toqué. Je crois que les coups de canne y sont pour quelque chose.
- Cette manière que tu as de parler de mauvais traitement sur un être vivant, c'est juste dérangeant, fit Hermione qui pâlit un peu.
Je lui lance un regard froid. Si seulement elle savait que je peux être capable de bien pire.
- Je n'ai jamais dit que je cautionnais les actions de Lucius, je fais remarquer.
- Quelque part, par ton inaction, si, fait Harry surprenant tout le monde, moi y compris.
- Je ne te savais pas si réfléchit, je fais, mais tu as en partie raison. Je n'ai jamais rien fais devant Lucius. C'est un peu lâche, mais je ne suis pas folle.
J'ai conscience d'être un peu trop glaciale, mais c'est l'éducation malfoyenne qui reprend le dessus.
- Tout ça pour te dire Hermione que je soutiens ton idée, mais pour la démarche, il y a encore du chemin à parcourir avant d'arriver à quelque chose. Et n'en parle pas à Dobby. Il est trop exubérant et pourrait faire quelque maladresse.
Hermione me regarde, manifestement, elle n'arrive pas à savoir si c'est du lard ou du cochon.
Finalement elle m'adresse un sourire et me tend la boîte.
- Si tu veux adhérer à la S.A.L.E, c'est deux mornilles. Cela pourra financer une campagne de tracts.
Je souris, et lui tend ma cotisation pendant qu'elle ajoute :
- Ron tu seras trésorier, et toi Harry secrétaire. D'ailleurs, tu pourrais peut-être noter ce que nous venons de dire pour notre première réunion.
Un blanc s'installe, les deux garçons semblant partagé entre la stupéfaction, l'exaspération et l'amusement.
Le silence est troublé soudainement par un "tap tap" au carreau.
Harry se leva en s'exclamant :
- Hedwige ! en ouvrant la fenêtre.
Le pigeon, pardon, la chouette se posa sur la table et tendit la patte à son propriétaire.
- C'est une réponse ? demande Ron excité.
Puis il me lance un regard gêné.
Je sens que je suis de trop donc je propose
- Je vais monter. J'ai deux trois petites choses à finir.
Hermione me lance un regard d'excuse, mais je n'ai pas le temps de faire un pas qu'un autre hibou passe par la fenêtre et se pose sur mon épaule.
- Ils ont loupé le courrier du matin ? je m'exclame
- Je ne sais pas c'est bizarre, fait Harry.
Je détache la lettre adressée à mon de la patte du hibou mordoré qui s'avère être Gévaudan, mon hibou personnel.
C'est une lettre de Sirius ! Je croyais qu'il ne voulait pas prendre de risque en m'envoyant du courrier ?
- Je monte pour la lire, dis-je en direction du trio qui commençait à chuchoter entre eux.
- Okay, me fait Ron dans le vague, les yeux rivés sur Harry lisant sa propre lettre.
Je m'enferme dans le dortoir, où je suis seule.
Ma chérie,
Tu me manques tellement que j'en deviens pathétique.
Mais tu te doutes que ce n'est pas pour te parler de ma frustration que je t'écris aujourd'hui.
Harry est comme tu le sais, mon filleul. Quelques temps avant la rentrée, il m'a fait part d'un rêve qu'il avait fait, plutôt d'un cauchemar, parce qu'il a eu l'effet de réveiller une douleur au niveau de sa cicatrice. C'est en soi, assez inquiétant sachant qu'il s'agit d'une blessure magique, faite par Tu-sais-qui.
Mais ce n'est pas le plus inquiétant. Il s'agit du dernier élément en date d'une série d'étranges rumeurs qui me sont parvenues et qui concernent toutes Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
Je sais que ton père est un ancien mangemort. Sais-tu si Tu-sais-qui a refait surface d'une manière ou d'une autre ces derniers temps. Je pense en particulier à la coupe du monde de Quidditch. Ton père faisait partie des attaquants, nous le savons tous les deux. Mais personne ne sait qui est responsable de l'apparition de la marque des ténèbres dans le ciel cette nuit là. Tu es très douée pour obtenir ce genre d'information, je le sais.
Je sais que Dumbledore a engagé Maugrey Fol'œil comme professeur de Défense contre les forces du mal, ce qui veut dire qu'il a su lire les signes, même si il est le seul.
D'autre part, je remonte vers le Nord pour pouvoir te voir, ainsi que Harry, parler de tout cela en tête à tête, même si c'est dangereux pour nous tous.
Je me languis de toi
Je t'embrasse
P.S. : J'ai appris que tu es à Poudlard, à Griffondor dans la même année que Harry. Mes félicitations, même si je ne comprends pas très bien pourquoi tu as fait ça.
A bientôt j'espère
Sirius
Je planque la lettre dans mes affaires et je redescends, quand j'entends une conversation dans l'escalier. C'est le trio qui remonte dans leurs chambres perspectives.
- Il revient parce qu'il croit que j'ai des ennuis, fait la voix furieuse de Harry, alors que tout va bien pour moi !
- Harry, fait la voix de Hermione tentant de le calmer.
- Je vais me coucher, répondit-il d'une voix sèche, à demain.
Il bifurque vers son dortoir, pendant que Ron et Hermione échangent un bonsoir.
J'entends Ron monter vers son dortoir d'un pas vif, et Hermione qui monte vers moi d'un pas plus lent.
Elle me trouve assise dans les escaliers, la tête entre les mains. Je suis assez perplexe à vrai dire.
- Tu ..., ça fait longtemps que tu es là ? demande-t-elle
- Assez longtemps pour entendre Harry t'envoyer balader, je lui réponds avec un demi-sourire. Qui revient pour Harry ?
Je sais parfaitement qu'il s'agit de mon Siri, et je sais aussi parfaitement que Hermione ne me dira rien.
- Un ami de Harry qui a du partir à cause de soucis financiers, dit-elle évasivement. Et ta lettre ? demande-t-elle, de qui était-elle ?
Elle veut changer de sujet, mais c'est assez comique de se rendre compte qu'on parle de la même personne.
- C'était mon amoureux !
- Tu as un petit-ami ? Je ne le savais pas ! Ne le dis pas à Lavande et Parvati sinon, tout Poudlard sera au courant que la belle Maya Malfoy a déjà trouvé chaussure à son pied !
Nous rions gaiment, en montant les escaliers.
Arrivée dans le dortoir, je regarde Hermione dans les yeux et lui demande :
- Tu sais garder un secret.
Mais c'est plus une affirmation qui sort de ma bouche.
- Euh, oui, fait-elle décontenancée de mon étrange sérieux.
- Je sais qui a écrit à Harry ce soir, je fais.
Elle ouvre la bouche, surprise, une lueur de peur passe dans ses yeux.
- Et qui est-ce donc ? demande-t-elle en reprenant contenance.
- Son parrain.
Là, elle ferme la bouche, et se précipite vers la porte.
Malheureusement pour elle, je suis dix fois plus rapide. Je l'attrape par le bras, la bâillonne d'une main, et lui murmure dans l'oreille.
- Moi aussi, j'ai un secret, lui dis-je.
Je l'assoie de force sur son lit.
- Maintenant, tu vas m'écouter, dis-je d'un ton sec qui n'appelle aucune contestation.
Je sors la lettre de Sirius du tiroir de ma table de chevet.
- Il se trouve que je connais très bien Sirius Black. D'une part, il s'agit du cousin de ma mère, Narcissa, donc je suis sa petite cousine par adoption. C'est la famille. Et au risque de passer pour une imbécile, la famiglia questo è consacrato (1), la famille c'est sacré.
Mon numéro de mafioso a au moins le mérite d'arracher un sourire à Hermione.
- De plus, il se trouve que j'ai rencontré Sirius l'année dernière, au moment où il vivait dans la cabane hurlante. Et une chose en entraînant une autre ...
Elle ouvrit de grands yeux.
- Ton amoureux, c'est lui ? s'écria-t-elle, mais pourquoi il ne l'a pas dit à Harry ? Tu aurais pu rester avec nous tout à l'heure.
- Oui et non, je ne veux pas m'imposer et vous imposer que vous m'expliquiez tout ce que raconte Siri.
- Tu l'appelles Siri ? C'est trop mignon !
- Et tu vas pouvoir le charrier jusqu'à la fin de ses jours, je rigole.
- Mais, il doit bien t'expliquer certaines choses dans ses lettres ? demande Hermione décidément trop perspicace.
- Il faut que tu comprennes une chose Hermione, dis-je en retrouvant mon sérieux. L'apparition de la marque des ténèbres à la coupe du monde de Quidditch cet été a réveillé des peurs chez beaucoup de gens. Cela gène et donc tout le monde préfère l'oublier. Le problème, c'est qu'il n'y a pas que ça. Il y a beaucoup d'autres signes...
- Que seul Dumbledore semble avoir vu, compléta Hermione
- Je pense que le contenu de votre lettre doit correspondre au mien. Dumbledore n'est pas le seul à avoir vu les signes. D'anciens mangemorts l'ont vu aussi.
- Tu as qui en tête quand tu dis ça, demande-t-elle méfiante.
- L'important n'est pas de savoir qui j'ai en tête, mais savoir si ces personnes vont réagir à ces signes. Pourquoi crois-tu que Dumbledore a engagé Fol'œil cette année ?
- Il pense qu'il peut y avoir un risque pour Poudlard ? demande-t-elle effarée
- Par pour Poudlard, pour les élèves. Mais je pense que Fol'œil n'était pas tout indiqué pour ce poste.
- Pourquoi ?
- J'ai mes raisons. Je ne peux pas tout expliquer ce soir. Le plus important c'est que tu saches que, malgré mes parents, j'ai mes propres opinions. Et je ferais tout pour que ce qui s'est passé pendant la guerre ne se reproduise pas.
Hermione fronça les sourcils.
- Tu avais quel âge pendant la guerre ?
- Aucune importance. Tout ce que je souhaite, c'est que, si il se passe quelque chose d'important, que vous me fassiez suffisamment confiance pour m'en parler. Même si je traine avec des Serpentards, même si je m'entends bien avec Snape, même si mes parents ont la réputation d'être des mangemorts, c'est bien trop important.
Hermione me fixe, visiblement impressionnée.
- Je crois qu'il faut que je réfléchisse, me fait-elle.
- Tu n'en as pas marre de réfléchir ? je la taquine avec un sourire
- Mais, c'est pas vrai, tu vas pas t'y mettre aussi ? ronchonne-t-elle
Nous nous mettons au lit, mais, même bien après que Parvati et Lavande furent montées, aucune de nous deux n'arrivons à trouver le sommeil.
