b Correctrice : Emilie /b
Comme d'habitude, la légère douleur de la morsure en elle-même fut emportée par le plaisir de sentir Severus s'abreuver. Personne ne pouvait en douter en le voyant. Personne ne sourit en recevant un doloris n'est-ce pas ? Et donc personne ne pouvait douter de son plein bonheur alors que Severus aspirait tranquillement son sang.
Encore plus tôt que d'habitude, il sentit Severus s'arrêter avant de lui appliquer les premiers soins sur sa plaie avec sa langue. Il fut tout de même heureux d'avoir encore fait l'amour avec Severus le matin même pour que le plaisir sexuel ne se mêle pas de la partie. Et ainsi qu'ils en avaient pris l'habitude, Severus le prit tout contre lui pour dans étreinte protectrice et possessive qui convenait tant à Severus par l'affirmation de son état de prédateur et de protecteur, qu'à Harry par l'acceptation qu'il avait de son propre besoin de tendresse et de protection. Il remarqua avec un certain plaisir qu'il n'était pas le seul calice à profiter de la force de son vampire.
- Et bien, je crois que la preuve est faite, dit calmement Dumbledore. Et pour les deux couples, je dirai même.
- Mais … enfin, ce n'est pas possible ! Potter ne peut pas … enfin …
- La preuve est claire, Ombrage. Alors je vous prie de faire ces papiers afin que nous puissions passer à l'affaire suivante.
L'affrontement des regards entre Dumbledore et Ombrage tourna une nouvelle fois à l'avantage du premier, d'autant plus vite que celui-ci pointa de son doigt la note officielle. Les compétences et diplômes des quatre hommes furent dûment consignées.
- Maintenant, Remus Lupin, reprit calmement Dumbledore après avoir soigneusement lu le papier tendu rageusement par Ombrage et l'avoir donné à Severus. Harry est la personne qui fera officiellement la potion tue-loup pour lui.
- Impossible, glapit Ombrage. Cette potion requiert une maîtrise en potions que Potter n'a pas.
- Je suis au regret de vous contredire, Mme Ombrage, répliqua froidement Dumbledore, mais cette potion est du niveau aspic. M. Potter a obtenu son aspic de potions et est donc tout à fait en mesure de réaliser cette potion lui-même.
- Je refuse de cautionner cela, glapit Ombrage. Il est bien précisé que seul un maître en potions peut se porter garant pour une potion Tue-Loup.
Harry se sentait bouillir. Cette saleté de crapaud doué de parole allait encore lui pourrir longtemps la vie ? Il n'en fallait que de la main de fer de Severus posée sur son poignet pour qu'il ne sorte sa baguette à l'encontre de son ancien professeur. C'est la raison pour laquelle il sursauta en entendant la voix glaciale de Mark :
- Si vous tenez par dessus tout à avoir une maîtrise de potions pour M. Lupin, mettez donc mon nom !
- Parce que vous avez votre maîtrise de potions ? Railla Ombrage.
- Parfaitement, vous la noterez soigneusement comme compétence partagée avec mon compagnon. Et maintenant, notez aussi pour M. Lupin !
- Mais vous ne le connaissez pas ! S'insurgea Ombrage.
- Qu'est-ce qui vous fait croire cela, rétorqua Mark avec aplomb. Vous connaissez par cœur mon carnet d'adresse ? Et le sien ? Alors pour la dernière fois, notez mon nom comme préparateur de potions pour M. Lupin.
- Alors vous allez prouver au ministère que vous êtes capable de la faire ! Cracha Ombrage.
- Sans problème. Et comme tout maître de potions, j'ai droit à une petite main pour préparer à mes ingrédients. Et je choisis Severus Rogue, titulaire d'un aspic de potions, pour ce faire, ajouta-t-il après un temps de silence.
- Je vous l'interdit !
- Selon quel règlement interdisez-vous à un maître de potions l'assistance de quelqu'un lors de la réalisation d'une potion, intervint Dumbledore d'un ton sec. Aucun, n'est-ce pas ? Reprit-il alors qu'Ombrage ouvrait et fermait la bouche sans qu'un son ne sorte. Alors, ce problème est réglé. Severus Rogue aidera Mark Torvik. Où sont les ingrédients ? Ah oui, je ne suis pas si vieux que je ne me rappelle pas qu'il faille des ingrédients pour les potions !
- Il la fera devant moi, cracha Ombrage.
- Mais bien entendu, répondit Dumbledore avec urbanité.
Dès l'entrée dans le laboratoire, Mark se tourna vers Severus et demanda avec un rire dans la voix :
- Pour me prouver que tu as un superbe aspic de potions, Severus, tu veux bien aller me chercher les ingrédients dont j'ai besoin pour faire la potion tue-loup ?
- C'est à vous de la préparer, glapit Ombrage.
- La préparer, certes, mais j'ai déjà dit que je ne la ferai pas tout seul !
- Et n'intervenez pas, Mme Ombrage, dit Dumbledore d'un ton grave, sinon, je me verrai dans l'obligation d'informer vos supérieurs de votre responsabilité en cas d'échec de la préparation.
Severus resta impassible en allant chercher les ingrédients. Qu'il posa dans un ordre bien précis devant Mark. Harry reconnut immédiatement l'ordre des ingrédients dans la potion sur laquelle il avait travaillé peu de temps auparavant.
- Bon, maintenant, les racines de fougères, Severus ? Coupées ou pilées ? Seules dans le chaudron ou pas ?
- Coupées en gros morceaux, seules dans une eau chaude sans être bouillante.
C'est ainsi que Mark fit réciter à Severus, avec la complicité de celui-ci, la recette complète de la potion. Ombrage étouffait de rage, mais Harry, Sven et Remus avaient un sourire qui faisait trois fois le tour de leur visage. D'autant qu'ils sentaient Mark de plus en plus au bord du rire à chaque question vers Severus. Cette méthode apporta une potion faite à la perfection. Ombrage signa le papier adéquat en manquant de le déchirer avec sa plume tellement elle était énervée et quitta la pièce d'un pas rageur.
Lorsque le papier fut enfin dans les mains de Remus, Harry croisa le regard hilare de Mark. Celui-ci ressemblait tellement à celui de Ron lorsqu'ils venaient tous les deux de faire un mauvais coup qu'il pouffa sans retenue. Dix secondes après, deux calices pleuraient de rire, écroulés sur les épaules de leurs compagnons qui les contemplaient à la fois navrés et amusés.
- Et bien au moins, ils ont l'air de s'entendre au quart de tour, soupira Sven.
- Et je crois qu'on n'a pas fini de les voir comme cela. J'ai l'impression de revoir Harry en compagnie de son meilleur ami à Poudlard.
Cinq bonnes minutes après, ils reprenaient enfin un peu leur sérieux.
- Mmm, qu'est-ce que ça fait du bien, soupira Harry. Ca me paye un peu de ses maudites retenues à l'autre crapaud ! Mais tu ne te souvenais vraiment de rien ? Demanda-t-il curieux.
- Rien. Pas le moindre petit ingrédient à mettre dans le chaudron, pouffa à nouveau Mark. Je pense que j'aurai pu exiger au moins la recette de la potion, mais c'était tellement drôle de la faire enrager comme cela !
- Il est beau le maître en potions ! Grommela Severus.
- La potion tue-loup n'est pas de celle qu'on fait tous les jours habituellement, protesta Mark avec un sourire. Et en plus je n'ai que mon premier degré ! Mais s'il le faut, ajouta-t-il en se tournant vers Lupin, donc si Severus est indisponible, n'hésitez pas à me rafraîchir la mémoire à la date adéquate. Je vous la ferai sans aucun problème.
- Je vous en remercie beaucoup, dit Lupin ému. Mais du coup, il va falloir que vous entriez dans mon carnet d'adresse !
- Parce que vous n'y étiez pas déjà ? Ironisa Mark.
Dumbledore les guidait à travers les couloirs peu usités du ministère pour qu'ils tentent de regagner la sortie sans être vus outre mesure et surtout pour éviter Fudge, ministre de la magie, mais celui-ci les attendait de pied ferme à la sortie du ministère. Aucune chance de lui échapper.
Plutôt que de recourir à une fuite somme toute peu glorieuse, Harry décida de l'affronter en direct et sous le nez des journalistes. Il vit Severus lui adresser un regard noir devant la mine butée qu'il affichait.
- Harry, commença-t-il menaçant que son calice ignora totalement.
- Monsieur le ministre, salua-t-il froidement.
- Mon cher Harry ! Où donc étais-tu passé depuis un mois presque ?
- Dans un endroit au calme.
- Mais enfin, mon cher Harry, tu n'avais pas à rester seul ainsi !
- Je n'étais pas seul, dit Harry un brin sarcastique. J'étais extrêmement bien accompagné.
- Parfait, parfait, s'écria le ministre. Il faut absolument que tu nous présentes la charmante jeune fille qui a su capturer ton cœur alors !
- Qui a dit que c'était une jeune fille ? Railla Harry.
Il eut la satisfaction de rendre muet le ministre, ainsi que la majorité des journalistes présents. Trop peu de secondes à son goût. D'autant que le ministre s'exclama d'une voix forte
- Mais qu'as-tu donc à ton cou, mon garçon ?
Harry gémit intérieurement à cette question. La « discussion » allait virer à l'émeute là … Il sentit la main de Severus se poser sur son épaule et rentra instinctivement la tête dans les épaules lorsqu'il entendit sa voix glaciale ironiser:
- Vous ne savez plus reconnaître la marque de la morsure d'un vampire, monsieur le ministre ?
Des exclamations horrifiées fusèrent, tandis que le teint de Fudge virait au rouge brique.
- Qu'avez-vous dit Rogue ?
- Il me semble que ce sont clairement les traces de …
- Qu'insinuez-vous, Rogue, coupa le ministre en s'énervant tandis que le silence se faisait dans la pièce.
- Que …
- Que je suis le calice de Severus Rogue, le coupa Harry d'un ton bref en redressant la tête.
- Tu … Vous …
Le ministre semblait sur le point de faire une crise d'apoplexie. Il ne trouvait plus ses mots et cherchait son souffle. Pour finir il éructa :
- Rogue ! Comment avez-vous osé le contraindre à faire cela ! Je vais vous envoyer à Azkaban pour cela ! Et …
- Et rien du tout, hurla Harry. Comment osez-vous, vous, insinuer que Severus m'a contraint à devenir son calice ?
- Mais tu ne peux pas désirer être son calice, hurla Fudge à son tour. En temps que Survivant tu …
- Je ne suis pas le Survivant, s'époumona Harry un ton encore plus haut.
Il sentit la main de Severus se poser sur son épaule, mais se contenta de s'en débarrasser d'une main. Sans violence, mais avec fermeté et une caresse qui passa inaperçue aux yeux de tous. Il ne s'était jamais réfugié derrière personne lorsqu'il avait un problème, il n'allait pas commencer maintenant. Calice ou pas.
Sa déclaration avait eu pour effet de ramener le silence dans la pièce.
- Je ne suis pas le Survivant, répéta-t-il un ton plus bas. Je suis Harry Potter. Et je suis suffisamment grand pour faire mes propres choix. J'ai choisi en toute connaissance de cause d'être le calice de Severus. Et je me fiche totalement que vous approuviez ou non. C'est clair ?
Fudge le regarda droit dans les yeux, mais Harry ne cilla pas. Si Voldemort ne l'avait pas fait plier, ce ne serait pas cette chiffe molle de ministre qui le ferait !
- J'imagine que vous allez vous déclarer ? Grinça Fudge.
- C'est déjà fait. Devant votre chère Mme Ombrage, grinça Harry.
- Vous ne vous tirerez pas comme cela Potter.
- Tirer de quoi ? Vous me faites ce cirque, simplement parce que vous êtes vexés que je ne vous l'ai pas dit en premier ? Après la très grande confiance dont vous m'avez gratifié il y a trois ans à la fin du tournoi, vous pensiez sincèrement que j'allais vous avertir de tous mes faits et gestes ? Railla Harry, une expression moqueuse sur le visage. J'ai accompli ce que je devais faire, maintenant, fichez-moi la paix pour le restant de ma … non de votre vie. La mienne sera bien plus longue désormais !
- Je veux vous voir lors de la cérémonie de la victoire prévue le quinze août.
- Et bien envoyez-nous une invitation !
Le ton était désinvolte mais Harry bouillait intérieurement. Une cérémonie ! Il ne manquait plus que cela ! Fudge et toutes les huiles du ministère allaient encore se faire mousser alors qu'ils n'avaient même pas mis un pied à Poudlard pendant l'attaque ces planqués !
- Nous nous reverrons à la cérémonie Potter, grinça Fudge.
Le ministre lui tourna le dos pour rejoindre son bureau et aussitôt, la moitié des journalistes le suivit, tandis que l'autre moitié faisait fuser les questions vers lui.
- Ca suffit, hurla-t-il à nouveau.
Son expression était suffisamment rageuse pour que les journalistes reculent d'un pas et se taisent.
- Ecoutez-moi bien car je ne le répéterai pas deux fois, grinça Harry entre ses dents. J'ai entendu quelques commentaires qui sous-entendaient que Severus n'avait pas respecté le règlement concernant les relations entre un élève et un professeur, alors je veux clarifier la situation. Je suis devenu son calice au premier jour des vacances et pas avant. Il ne s'est absolument rien passé entre lui et moi avant de jour là. Et vous n'avez pas intérêt à écrire autre chose, sans quoi, je me mettrai en colère. Pour de bon.
Les journalistes équipés d'un appareil photo prirent à ce moment la photo qui servirait de référence pour le Survivant dans les années suivantes. L'œil ombrageux, les traits tendus, tout le monde allait s'imaginer qu'il avait eu cette expression là face à Voldemort. Rien n'était moins vrai, mais le public aime ce genre d'attitude, bien plus conforme à ce qu'il imagine de l'attitude d'un héros face au danger.
Il s'éloigna sous les hurlements des journalistes qui voulaient le bombarder encore et toujours de questions après quelques secondes de stupeur, mais, même s'il en avait eu envie ce qui n'était absolument pas le cas, la main de Severus posée sur son cou l'aurait empêché de retourner répondre. Lorsqu'il rejoignit Dumbledore et Remus qui les attendaient dans la pièce d'à côté, il sentit tout à coup la fatigue lui tomber dessus. Il était fatigué de ces stupidités. Il aimait Severus, et quoi qu'il dise, il savait qu'il allait être vilipendé dans les journaux du lendemain. Pourquoi ils ne pouvaient pas le laisser vivre tranquillement sa vie maintenant qu'il avait fait son travail ? Il sentit immédiatement l'étreinte réconfortante de Severus. Ses bras autour de lui qui le serraient. Qui lui promettaient que dès qu'ils seraient seuls, il aurait droit à toute la tendresse et toute la passion qu'il voulait. Cette certitude l'apaisa. Il se dégagea doucement et dit simplement :
- On rentre ?
Severus l'entraîna sans un mot vers la sortie du ministère, suivis par Dumbledore et Remus. Au moment de se séparer, Remus lui dit simplement :
- Messieurs Torvik et Ashkent vont ont laissé un message. Qu'ils continuaient à vous attendre pour le prochain week-end. Sinon, venez vous installer au Square Grimmaurd dès que vous voudrez bien entendu. Je trouverai une autre maison.
- La maison est assez grande pour qu'on ne se marche pas sur les pieds, grommela Severus en retour.
- Non, Rogue, répliqua doucement Remus. Je serai heureux de vous voir autant que vous le souhaiterez, mais je pense qu'il vaut mieux que vous soyez seuls tous les deux .
- Vous viendrez à Poudlard, si vous voulez, Remus, dit doucement Dumbledore. Harry ayant aplani tous les problèmes aujourd'hui, je serai heureux de vous proposer le poste de professeur de défense.
- Harry ? Demanda doucement Remus.
- Quoi ? Demanda celui-ci en sursautant.
Il n'avait pas suivi la conversation, tendu vers une seule chose. Il voulait se retrouver seul avec Severus et que celui-ci l'inonde tout à la fois de sa force, de sa tendresse et de sa passion.
- Je sais que tu as choisi toi-même et que tu es heureux de ton choix. Sans même savoir que tu étais en union sorcière, de toute façon. Ron et Hermione le savent aussi. C'est ça le plus important. Ne te préoccupe pas des autres. Ils finiront par se lasser.
Harry lui fit un pauvre sourire. Il était vidé par ces confrontations successives, mais heureux que Remus le soutienne sans aucune hésitation, même s'il savait qu'il n'appréciait pas trop Severus.
- Il va falloir que vous commenciez à discuter tous les deux, répondit-il simplement. Je vous l'ai déjà dit, et je le répète. Il n'est pas possible que je m'entende aussi bien avec vous-deux, et que vous ne vous supportiez pas de la sorte. Il faut vraiment que j'aille faire un tour une vingtaine d'années en arrière, Remus. Et j'aurai mes réponses cette fois. Je veux comprendre. Et c'est aussi valable pour toi, Sev !
Severus lui fit une moue dubitative en retour. Il finit par lui dire :
- Harry, il y a quelqu'un à qui je veux annoncer la nouvelle que tu es mon calice avant qu'il l'apprenne par les journaux. Tu me laisses te transplaner ?
- Comme si tu avais l'hab …
Il n'eut pas le temps de terminer qu'il sentit que Severus les transplanait pour atterrir dans un parc magnifique.
- Bon, dit Severus en prenant fermement Harry dans ses bras. Tu ne vas pas du tout sauter de joie quand je vais te dire où tu es, mais il faut que tu saches qu'il s'agit de mon filleul et que je m'entends en temps ordinaire très bien avec lui. Et si cela peut te faire plaisir, tu ne seras pas le dernier à bouder lorsque je vais lui dire à lui le nom de mon calice. Mais dis-toi bien une chose, tu tiens toi à ce qu'on arrive à s'entendre avec Lupin, je vais en vouloir autant de vous deux. Et donc, vous allez vous aussi devoir oublier vos sept années passées à Poudlard pour repartir sur d'autres bases, vu ?
Harry le fixa tandis que ses paroles faisaient lentement leur chemin dans son cerveau fatigué par cette matinée mouvementée. Lentement cependant, un nom possible commençait à émerger.
- C'est la totale, finit-il par murmurer. Chut, ne dis rien, ajouta-t-il. Laisse-moi quelques minutes ou quelques heures pour encaisser ça en plus. Je ne suis pas obligé de venir avec toi ce matin, s'il s'agit juste de lui dire, hein ? Je suis vraiment fatigué …
- Je sais, répondit calmement Severus. J'en ai juste pour quelques minutes. De toute façon, il n'y a rien à expliquer, il faut qu'il encaisse autant que toi. On verra lorsque vous aurez tous les deux admis l'idée chacun de votre côté ! Reste-là et repose toi.
Severus se dirigea à grands pas vers le manoir qu'Harry apercevait à cinquante mètres de là, tandis qu'il s'asseyait sur l'herbe. Il le vit refuser d'entrer et attendre tranquillement en bas du perron. Et sans surprise, une silhouette élancée blonde sortit deux minutes plus tard. Il ne lui manquait plus que cela. Drago Malefoy comme filleul de Severus. Il y a des jours où il maudissait vraiment son destin ! Il était le Survivant, ami d'un loup-garou, compagnon calice d'un ancien mangemort vampire, qui était lui-même le parrain du fils du bras droit du mage noir, et accessoirement sa bête noire personnelle pendant sept ans à Poudlard.
Mais évidemment, si Severus tenait à son filleul … Encore des efforts à faire en perspective ! Mais il serait clair avec Severus : efforts, oui, à condition de ne pas être le seul à en faire !
Il fut tout de même heureux de les voir échanger une brève accolade après quelques minutes de discussion. Il remarqua aussi que Malefoy ne bougeait pas tandis que Severus revenait vers lui. Arrivé à sa hauteur, Severus semblait détendu et il lui tendit la main pour se relever.
- Ca a été ? Demanda-t-il doucement
- Il saute autant de joie que toi, mais finalement, les conditions imposées par le ministère vont l'aider à admettre, sinon à accepter. Il sait depuis quelques années que je suis un vampire et il était donc assez inquiet de ce qu'il allait advenir de moi. Il a même cru que c'était pour ça que je venais le voir et m'a immédiatement proposé l'hospitalité et la sécurité ici. Alors il a été soulagé de savoir que j'avais pris un calice, heureux de savoir que j'étais amoureux et totalement horrifié de savoir que c'était de toi ! Qu'est-ce que j'ai dit ? Demanda Severus alors qu'Harry le regardait d'un air bizarre.
- Tu as dit que tu étais … amoureux ?
- Harry ! Tu as écouté lorsque je t'ai parlé de l'union sorcière ? Evidemment que je suis amoureux de toi, railla-t-il doucement. Et je sais parfaitement de qui je suis amoureux. Je ne suis pas amoureux du Survivant, mais de Harry, tout simplement. Je t'avoue même que le Survivant à tendance à m'énerver par son arrogance et ses manières cavalières, comme tout à l'heure avec le ministre par exemple. Mais je crois que je commence à comprendre pourquoi Harry se réfugie derrière lui pour avoir la paix.
Harry ne put empêcher deux larmes de jaillir de ses yeux et il réussit juste à balbutier :
- Je t'aime tant Severus.
Ce dernier se contenta de le serrer dans ses bras. Il les transplana quelques secondes plus tard en le tenant toujours étroitement blotti contre lui. Ils étaient juste devant les grilles de Poudlard. Ils rejoignirent leurs futurs ex-appartements étroitement enlacés. Leur repas avait déjà été préparé par les elfes de maison. Severus ne lui laissa aucune chance de s'installer à table. Il le maintenait contre lui d'une poigne de fer et l'installa dans leur position préférée sur le canapé. Son assiette atterrit en douceur sur ses genoux et Harry put commencer à se restaurer. Les émotions et son don de sang à Severus avaient, encore plus que d'habitude, creusé son appétit. Severus picorait seulement légèrement, Harry savait qu'il ne pouvait être qu'en pleine forme.
Il eut un large sourire lorsqu'il vit le gâteau au chocolat qui concluait son repas. D'autant plus quand Severus se mit en tête de le nourrir bouchée après bouchée. Il esquissa un sourire timide entre deux morceaux :
- Après, j'irai faire la sieste ?
- Oui, mais pas dans le hamac, je crois que Pompom n'y survivrai pas ! J'ai bien l'intention de t'accompagner un petit peu dans ta sieste, ajouta Severus avec une lueur dans ses yeux qui ne cachait rien de ses intentions.
Harry ne put s'empêcher d'embrasser spontanément Severus sur la bouche. Ils oublièrent rapidement tous les deux qu'Harry n'avait pas terminé son gâteau. Ils n'avaient plus qu'une seule idée, se montrer mutuellement cet amour qu'ils venaient juste de s'avouer l'un à l'autre. L'assiette de gâteau fut rapidement délaissée tandis que les mains s'insinuaient sous les chemises. La tension ressentie un peu plus tôt au ministère rendait les gestes brusques et rapidement des gémissements s'élevèrent alors que les peaux nues se frôlaient, se cherchaient.
- Sev … la … chambre, gémit Harry en se soulevant pour aider Severus à retirer le peu de vêtements qu'il lui restait.
- Le canapé sera parfait, murmura Severus en retour. Un collaporta … suffi … ra.
Harry avait entrepris de s'occuper de ce qu'il avait à sa portée. Il eut la satisfaction de réduire Severus à émettre des gémissements alors qu'il torturait amoureusement chacun des deux mamelons. Qu'il laissait une traînée de feu derrière lui qui descendait jusqu'à la ceinture du pantalon qui ne pouvait rien cacher de l'excitation de son compagnon. Il prit tout son temps pour finir de le déshabiller. Il appréciait pendant le même temps les caresses dont il était l'objet. Il sourit franchement lorsque Severus s'allongea sur le canapé et l'invita à s'allonger sur lui. Leurs lèvres s'accrochèrent pour un ballet sans fin tandis qu'il sentait les doigts de Severus le préparer avec autant d'attention qu'à l'habitude.
- Viens, maintenant, finit-il par lui murmurer.
Harry s'empala lui même avec de légères grimaces vites réprimées. Il savait maintenant parfaitement écouter son corps et Severus ne le brusquait jamais, quelle que soit la tension de son propre corps. Les sourires naquirent ensemble lorsque le corps d'Harry accepta l'intrusion. Le chemin commun vers le plaisir ultime pouvait commencer.
Au dixième hibou le lendemain matin, Severus en avait déjà ras la robe de sorcier. Il avait déjà écopé bien malgré lui de six beuglantes destinées à l'invectiver pour avoir, selon elles, obligé Harry à devenir son calice. Et les quatre autres étaient destinées à Harry. Le papier employé (genre petites fleurs ou petits cœurs) n'augurait rien de bon à son goût.
Son calice allait se faire draguer par missive interposée, et même cela, il ne l'envisageait pas sans serrer les dents.
Le vingtième hibou manqua d'être renvoyé manu militari à son expéditrice, tandis qu'il avait prudemment mis un sort de silence sur la porte de la chambre pour qu'Harry puisse continuer à dormir.
Et au trentième, il décida brutalement que personne ne verrait d'inconvénient à ce qu'ils arrivent en avance à la fête prévue pour les dix-huit ans d'Harry. Il avait la main sur la porte lorsqu'un hibou entra à nouveau. La couleur rouge de la missive renforça encore sa détermination et il claqua la porte de la chambre derrière lui. Ce qui fit immédiatement sursauter Harry qui ouvrit péniblement un œil :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Nous avons un courrier aujourd'hui plus qu'abondant. Et j'en ai par dessus la tête des beuglantes d'une part et de tous ces parchemins qui débordent de petits coeurs. Alors tu te prépares et on y va.
Harry prit le temps de mettre posément ses lunettes sur son nez avant de fixer Severus et de demander en respirant profondément pour se calmer :
- Qu'est-ce qu'elles disent les beuglantes ?
- Globalement, je me fais insulter pour t'avoir obligé à devenir mon calice.
- Et les petits cœurs ?
- Ils sont pour toi tous ceux-là. Les petites fleurs aussi.
- Tu veux bien me faire plaisir, Sev ?
- Qu'est-ce que tu veux ? Demanda Severus flairant le coup fourré.
- Tu veux bien les ouvrir pour moi les petites fleurs et les petits cœurs ? Juste pour vérifier que ce n'est pas quelqu'un que je connais, et ensuite tu fais un feu de cheminée avec ! Tu sais qui je connais, ce sont ceux dont j'étais proche à Poudlard. Personne d'autre.
- Mais c'est ton courrier, protesta Severus tandis qu'Harry se précipitait avec un sourire goguenard vers la salle de bain.
- Non ! Pouffa Harry déjà sous la douche sous le regard malgré tout appréciateur de Severus. Ce sont des lettres pour le Survivant ! Pas pour Harry !
- Tu ne crois pas que tu joues sur les mots, là ?
- Severus, reprit Harry sérieusement en se retournant pour le regarder. Je sais d'avance ce que vont contenir ces lettres. Une catégorie de déclarations d'amour inconditionnel. Une catégorie d'insultes, malgré les petites fleurs ou autres cœurs, d'avoir pris un homme pour amant. Une catégorie de propositions d'embauche en tout genres. Ah, j'oubliais, une catégorie de parents ayant de charmantes jeunes filles ou même jeunes garçons maintenant à marier. Tu comprends pourquoi je me fiche totalement de ces lettres auxquelles je ne répondrai jamais ? Je n'ai rien à dire à ces gens là. Il n'y a que le Survivant qui les intéresse !
Severus prit un temps pour le regarder et réfléchir.
- Ils t'en ont fait baver depuis … la coupe des trois sorciers, je dirai ?
- Puisque tu l'as compris, inutile d'en parler n'est-ce pas ?
Harry s'était détourné en prononçant cette dernière phrase. Severus n'hésita pas un instant, le besoin de tendresse était écrit en lettres de feu chez Harry. Il l'enlaça avec douceur mais sans lui laisser une chance de se dégager.
Harry ferma les yeux en savourant cette étreinte. Il n'y avait rien de particulier à dire, alors Severus ne dit rien. Harry resterait le Survivant pour l'immense majorité des sorciers, tout comme lui resterait un ex-mangemort. Chacun devait vivre avec, simplement.
Il fallut une bonne demi-heure d'eau chaude à Harry pour se sentir à nouveau bien. La force de Severus et son silence y étaient pour beaucoup. Soudain Harry se remémora ce que Severus lui avait dit en le réveillant :
- Tu m'as réveillé pour qu'on y aille. Mais où ?
- Surprise, répliqua simplement Severus.
Et il resta intraitable en ne voulant rien révéler à Harry. Il lui indiqua juste qu'il devait prendre son balai. En partant, ils croisèrent Dumbledore qui les regarda d'un air gêné.
- Allez, crachez le morceau, Albus, dit Severus en soupirant.
- Le conseil d'administration a bien entendu eu vent de votre condition à tous les deux. Et ils exigent que vous libériez les appartements dans les vingt-quatre heures …
- Pas de souci, Albus. Je m'occuperai de tout cette nuit lorsqu'Harry dormira. Ils pourront venir demain à la même heure, nous ne serons plus là !
- Mais je ne vais pas te laisser tout faire tout seul, protesta Harry.
- Si, parce que je peux parfaitement me passer de dormir une nuit vu la façon dont tu me nourris. Pas toi. Maintenant, Albus, si vous permettez, nous partons loin des beuglantes et autres missives à petits cœurs et on va fêter son anniversaire tranquillement. Enfin, pour lui, parce que moi …
RAR
Khisanth : mieux vaut aller en cours effectivement ! Mais je suis heureuse que le chapitre t'ait plu !
Elodie : merci pour ma fic, et tu dois bien te douter que je suis d'accord avec toi pour Ombrage.
Gergille : ah oui, ça le temps, il manque parfois un peu pour poster ! C'est la semaine que c'est le plus dur, comme tout le monde ou presque, je pense !
Tif : je te rassure, je ne me plains jamais du harcèlement des reviewer ! Et je suis heureuse que le ton de ma fic te plaise. Quant à la publication, pendant encore une petite dizaine de chapitres, j'en publierai un tous les jours, après, il faudra envisager le sevrage progressif pour tenir le temps que je publie !
Vendetta : je crois que Mark a parfaitement résumé ce que cela représente pour eux, non ?
Krystene : j'espère que tu as apprécié la fin du dialogue avec Ombrage ?
