Try again.
Chapitre 9
Elle s'adossa contre la porte d'entrée et ne parla pas. Elle ne lui demanda rien, même si au fond d'elle, elle crevait d'envie de savoir comment il avait comblé ces dernières heures.
Mais elle se tut. Elle le vit enlever son blouson et l'accrocher à la patère de l'entrée.
Elle croisa son regard et sourit.
Puis toujours silencieuse, elle passa devant lui, effleura ses doigts et marcha jusqu'à sa chambre.
Arrivée devant le lit, elle ôta son peignoir de soie et se coucha.
Il fit de même avec ses vêtements, ne gardant que son boxer noir. Il la rejoignit et l'accueillit dans ses bras. Elle se lova sur son torse.
Il observa le plafond, pensif, tout en caressant du pouce l'épaule de la doyenne.
Après de longues minutes, sa voix s'éleva, brisant le silence presque solennel de la chambre.
- Tu ne me demandes pas où j'étais ?
Il l'entendit soupirer. Il sentit sa main caresser la peau nue de son torse avant qu'elle ne réponde calmement :
- Non. Tu m'en parleras quand tu seras prêt.
Il fut satisfait de sa réponse.
Elle ne le forçait pas à s'épancher. Il en était heureux.
Elle le comprenait sans qu'il n'ait besoin de mettre des mots sur ses ressentis.
Soudain, elle grommela à moitié endormie :
- Mais ne t'avise pas de me faire ça toutes les nuits !
Il se retint pour ne pas rire et resta encore un long moment plongé dans les remous de son esprit.
La respiration de Cuddy devint plus lente et régulière. Sa tête se fit plus lourde. Elle dormait.
Il releva alors la tête, baisa son front et murmura un "je t'aime" avant de se laisser lui-même happer par le sommeil.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, il était seul. Il resta un moment encore, sous la couette, à réfléchir à sa nouvelle situation.
Les mêmes doutes l'assaillirent mais il les chassa d'un mouvement de tête. Il se leva, enfila son jean et se dirigea vers la cuisine.
Il s'arrêta sur le seuil.
Cuddy, debout contre l'évier, buvait son café tout en surveillant sa fille dans la chaise haute, le biberon à la bouche.
Le voyant, Rachel ôta la tétine en un "pop" bruyant et s'exclama, battant des jambes énergiquement :
- Oh ! Bo-el de bo-el !
- Il s'appelle Greg, ma chérie. G-R-E-G.
Cuddy tendit une tasse de café à House, se mordant les joues pour ne pas rire. Il marmonna tout en prenant la tasse :
- Très drôle.
De plus en plus amusée, Cuddy s'approcha de lui aguichante.
Elle laissa ses doigts effleurer son torse encore nu, allant jusqu'à la joue piquante, savourant les frissons qu'elle lui arrachait.
- Mon diagnosticien préféré est grognon ce matin ?
- Mmh...
Des lèvres douces et chaudes se posèrent sur sa peau, remplaçant la caresse de sa main.
Elles remontèrent jusqu'à son cou puis s'arrêtèrent devant sa bouche, restant en suspend, comme pour demander l'autorisation.
Il posa alors sa tasse sur la table et enveloppa sa taille, collant son corps au sien. Leurs lèvres se joignirent enfin, doucement, savourant l'autre, leurs langues tournoyant ensemble, leurs dents s'entrechoquant.
Puis Cuddy recula légèrement et reprit son souffle.
Elle posa ensuite ses deux mains sur ses joues, ses yeux bleus s'ancrant dans les siens.
Elle se pencha à son oreille et chuchota :
- Moi aussi, je t'aime.
Elle se détourna ensuite, détacha Rachel de la chaise et partit avec elle.
Il resta immobile un instant, intégrant ses derniers mots.
Moi aussi...
Il réalisa qu'elle avait entendu son aveu. Elle ne dormait pas comme il le pensait.
Et contre toute attente, cette découverte ne l'effraya pas. Il voulait qu'elle le sache mais il ne se sentait pas encore capable de le lui dire en face.
La porte d'entrée qui claqua le tira de ses pensées : la nounou.
Il avala la dernière gorgée de café, posa sa tasse dans l'évier et se dirigea d'un pas vif vers la chambre. Il s'y engouffra haletant et regarda Cuddy qui fouillait dans son tiroir.
- Ta nounou est là.
- Merci. Je t'ai fait de la place dans ce tiroir et dans la penderie aussi.
Elle sortit de la chambre avec Rachel.
Il s'approcha à pas lents du tiroir ouvert. Son cœur battait à se rompre. Ses mains devinrent moites. Il coupa sa respiration lorsqu'il vit la moitié vide. Il déglutit difficilement et sentit quelques suées envahir son front.
Il avait du mal à réaliser.
Lui, Grégory House, emménageait chez une femme. Et pas n'importe laquelle : celle qu'il convoitait depuis toujours. L'inaccessible Lisa Cuddy.
Il sentit le vertige l'envahir et dut se retenir au meuble pour ne pas tomber.
Au bout d'un moment, il remarqua enfin sa présence, à quelques mètres de lui.
Depuis quand l'observait-elle ?
Il n'osa se retourner. Encore une fois, elle fit le premier pas et le questionna d'une voix sourde :
- Est-ce que je vais trop vite pour toi ?
Il pouvait déceler dans son intonation de l'inquiétude, de l'angoisse mais également une pointe d'incertitude.
Suivant son impulsion, il se retourna, récupéra sa chemise et l'enfila.
- Non. Je vais chercher mon sac dans la voiture.
Elle hocha tranquillement la tête, ne pouvant s'empêcher de sourire.
Elle se dirigea vers la salle de bain et s'observa dans la glace.
Elle emménageait avec Grégory House, le plus cynique, le plus odieux des hommes qu'elle n'ait jamais connu. Et pourtant, elle se retenait pour ne pas parcourir la maison entière en sautillant et en hurlant sa joie.
Elle savait que la cohabitation n'allait pas être simple mais elle se sentait prête à l'accueillir. Elle se déshabilla en soupirant, relâchant d'un coup toute la pression qui l'habitait.
Le jet d'eau chaude termina de la détendre totalement.
Elle pencha sa tête en arrière et laissa l'eau éclabousser son visage.
Elle sentit soudain deux bras enlacer sa taille et un corps chaud se coller à elle.
- Greg, on va.... enfin, je vais être en retard !
- Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser partir sans un câlin du matin !
Des baisers accompagnèrent ses paroles et la sensation du sexe palpitant contre ses fesses la fit capituler...
Elle se retourna et répondit fiévreusement à ses avances.
Tbc...
