Naka: merci ! blush j'avoue que j'étais pas très convaincue par ce lemon, mais bon, tant que ça t'a plu, c'est le plus important xD. Pour Waya x Isumi, c'est possible que t'aies mélangé un peu! Même si j'avoue que c'est pas clair puisque Waya aime Isumi, blabla...

Bon enfin voici le chapitre 9 !

9.

Waya laissa tomber le sachet de petits pains qui atterrit mollement sur le sol. Il resta silencieux une bonne dizaine de secondes, sans bouger, les yeux fixés sur Ogata, puis il tourna les talons et s'enfuit en bousculant Isumi, qui aurait juré avoir vu des larmes perler au coin de ses yeux.
- Waya! s'exclama-t-il. Attends!
Mais Waya était déjà en train de descendre les marches à toute allure et Isumi savait qu'il ne le rattraperait pas. Il retourna dans le salon.
- C'est ton petit ami? demanda Ogata.
- Non! s'exclama Isumi. C'est un ami.
- Ah... je vois, fit Ogata d'un air ironique.
Il se leva et ramassa le sachet que Waya avait fait tomber.
- En tout cas, il a ramené des petits pains, c'est gentil.
- Arrêtez! s'exclama Isumi. N'y touchez pas!
Surpris, Ogata posa le sachet qui dégageait une merveilleuse odeur sur la table. Isumi avait l'air vraiment en colère, et Ogata comprit qu'il était sur les nerfs, et que l'apparition de Waya l'avait plus ébranlé qu'il ne voulait le montrer. L'ambiance était devenue d'un coup beaucoup plus sombre.
Il se rassit devant son thé en silence.

Waya courut sans s'arrêter jusqu'à la Nihon Ki-in. Ça faisait un petit bout de chemin à pied, mais tant pis. Il avait le coeur comme compressé. Isumi et Ogata! Alors qu'Isumi lui avait dit quelques jours plus tôt qu'il avait peur de le croiser! Vraiment peur, en effet ! Ça crevait les yeux! Arrivé à la Nihon Ki-in, à bout de souffle, il s'écroula sur un banc dans le hall et se mit à pleurer en silence. Au bout d'un certain temps, il entendit une voix l'appeler. Il leva la tête, espérant presque voir Isumi qui lui expliquerait que c'était un malentendu, qu'il ne s'était rien passé entre Ogata et lui, que c'était une erreur... mais c'était Hikaru. Celui-ci vit les larmes sur les joues de son ami et s'agenouilla à côté de lui, alarmé.
- Waya? Que se passe-t-il? Qu'est-ce qui ne va pas?
- Rien, dit-il en essuyant ses joues. Rien du tout.
- Rien? On dirait pas!
Il leva les yeux vers Shindo. Hikaru avait l'air vraiment inquiet, et ça le toucha tellement qu'il posa sa tête dans le cou de son ami en l'entourant de ses bras et se remit à pleurer. Ses larmes glissaient dans le cou de Hikaru.
- Isumi, sanglota-t-il, c'est I-Isumi, il...
Il n'arrivait même pas à formuler l'horrible phrase.
- Il a eu un accident? s'exclama Hikaru, alarmé.
- N-non! C'est p-pas un accident...
- Vous vous êtes disputés? demanda Hikaru.
- No-o-oooon... c'est p-pas ça...
- Tu veux que j'aille le voir ?
- Non! s'exclama Waya avec force. Surtout pas, Shindo, p-promets-moi que tu n'iras pas le voir et que tu ne lui parleras pas de t-tout ça. D'accord?
- D'accord, promit Hikaru, un peu surpris.
- Shindo? dit une voix.
Waya se redressa et Hikaru tourna la tête et vit arriver Yashiro, et derrière lui... il y avait Toya. Son coeur bondit. Depuis deux semaines et demi, c'était la première fois qu'ils se trouvaient vraiment face à face. Et il faisait une drôle de tête, d'ailleurs... sans doute qu'il n'était pas content de le voir. Il était à cent lieues de se douter que si Toya faisait une drôle de tête, c'est parce qu'il était terriblement jaloux de Waya qui avait son visage dans le cou de Shindo quand Yashiro et lui étaient entrés !!!!!
- Qu'est-ce que vous faites? demanda Yashiro.
Waya s'essuya les yeux. Etre vu en train de pleurer par Toya, c'était l'humiliation extrême. Il se leva et s'éloigna sans un mot.
- C'est un ami à toi, Shindo? Qu'est-ce qu'il a?
- Je n'en sais rien. Tu m'attends, Yashiro, je reviens.
Il s'élança à la poursuite de Waya qui se dirigeait vers les toilettes.
- Waya...
Waya avait arrêté de pleurer. Il se retourna et dit avec un sourire forcé:
- C'est bon, Shindo. Merci de m'aider, mais je m'en sortirai tout seul.
- Mais...
- Ne t'inquiète pas.
- Waya, si jamais tu as besoin de mon aide, je suis là, d'accord?
Hikaru était si solennel que Waya se sentit touché, encore une fois. Shindo était vraiment quelqu'un de bien. Pourquoi ça n'était pas de lui qu'il était tombé amoureux !!! Il lui sourit.
- Merci, Hikaru.
Un peu étonné de s'entendre appeler par son prénom, Hikaru lui fit un demi-sourire et retourna voir Yashiro pendant que Waya entrait dans les toilettes.
- Alors, qu'est-ce qu'il a? demanda Yashiro.
- Un coup de déprime... ça arrive à tout le monde. Alors, t'es prêt à repartir dans le Kansai? Tiens, pourquoi t'as pas tes bagages?
- Changement de programme! dit Yashiro, triomphant. Je reste ici pendant deux mois.
- Ah oui? Tu habites à l'hôtel?
- Non, chez Toya.
- ... Chez Toya ? répéta Hikaru, surpris (et ce n'était pas une surprise agréable, d'ailleurs).
Il jeta un regard à Toya qui lui rendit. Waouh! Leur premier vrai échange de regard depuis un bail!
- Oui, on va pouvoir faire plein de parties et je finirai par le battre!
Akira sourit et Hikaru, sans comprendre vraiment pourquoi, ressentit une douloureuse sensation dans son coeur, comme une égratignure empoisonnée.
- T'as qu'à croire, dit Akira.
Puis il tourna les yeux vers Hikaru, et vit que celui-ci le regardait, et son sourire disparut aussitôt. Yashiro, lui, ne pouvait pas ne pas s'apercevoir de leur manège. Alors qu'ils s'étaient tellement amusés avant la coupe Hokuto en faisant des tournois de speed go à trois, là, l'ambiance était glaciale. Tout juste s'il ne neigeait pas.
- Hikaru, appela une voix à l'entrée de la Nihon Ki-in.
C'était la voix de Sai. Toya et Yashiro se retournèrent, et Hikaru se précipita vers Sai.
- Sai! Tu as réussi à trouver le chemin tout seul?
- Hikaru, je ne suis pas un demeuré!
Hikaru se mit à rire, et cette fois, ce fut Akira qui ressentit une morsure douloureuse au coeur.
- Wahou, murmura Yashiro, il est canon. Qui est-ce ?
Si Akira fut surpris par sa remarque, il ne le montra pas.
- C'est... le meilleur ami de Shindo, il me semble.
Tout à coup la lumière se fit dans le cerveau de Yashiro.
- Hé! Shindo! C'est lui que tu devais me présenter?
- Oui! s'exclama Hikaru. Je devais te le présenter! Viens, Sai.
Il prit Sai par le poignet (Akira vit rouge, mais ne dit rien) et l'entraîna près des deux garçons.
- Bonjour Toya-kun, dit poliment Sai.
- Bonjour Fujiwara-san.
- Sai, voici Yashiro, dit Hikaru. Yashiro, voici Fujiwara no Sai.
- Fujiwara no Sai... alors vous avez battu le Meijin deux fois? Et Shindo m'a dit qu'il ne vous avait jamais vu perdre une partie ... c'est vous qui lui avez appris le go?
Sai sourit, pendant qu'Akira se disait amèrement que Yashiro en savait beaucoup plus sur Hikaru et Sai que lui...
- C'est lui, sourit Hikaru. Si tu as vraiment envie de progresser, joue avec lui!
- Vous êtes combien de dan? demanda Yashiro.
- Je ne suis pas pro, dit Sai avec un sourire amusé. Hikaru m'a inscrit pour que je passe le prochain examen.
- Vous n'êtes pas pro? s'exclama Yashiro, suffoqué. Et vous avez battu Toya-sama? C'est dingue!
- Hehe, sourit Hikaru fièrement.
- Vous êtes libre, là, Fujiwara-san? On peut jouer une partie?
- Bien sûr, dit Sai. Je te suis, Yashiro-kun.
Yashiro sourit et Sai et lui se dirigèrent vers la salle que tout le monde utilisait pour jouer, suivis par Toya. Hikaru se demanda s'il fallait qu'il s'excuse auprès de Toya, mais finalement, il n'en eut pas le courage.

Isumi, couché dans son lit, regardait le plafond sans le voir. Waya les avait surpris... que c'était embarrassant. Et Ogata qui semblait s'en moquer! Brûlant de honte, Isumi se rappela la discussion qu'il avait eue avec Waya au Nc Donald, et Waya qui lui disait qu'il serait son garde du corps... C'était débile, mais en fait, il avait l'impression qu'il avait trahi Waya.
- Merde! se dit-il. J'ai bien le droit de faire ce que je veux avec qui je veux.
Ogata était parti et Isumi, resté seul, se demandait qu'est-ce qu'il lui avait pris pour accepter ses avances. Ok, ça avait été une nuit mémorable... mais Isumi savait qu'Ogata n'avait sans doute pas l'intention de s'encombrer d'un gamin comme lui. Il soupira. Il n'arrivait pas à croire à quel point il se sentait bien, dans ses bras, la veille. Les agréables sensations qu'il avait éprouvées s'étaient dissipés, faisant place au malaise et à la honte. S'il avait pu revenir dans le temps, il n'aurait sans doute pas agi de la même manière, mais ce qui était fait était fait.
Comment est-ce qu'il allait pouvoir expliquer ça à Waya, maintenant...?

Sai sourit.
- Yashiro joue très bien.
- Oui... il est un peu casse-cou mais au final ça donne de bons résultats, approuva Hikaru.
Il lui jeta un regard avant de dire d'un ton accusateur:
- Malgré tout, tu l'as massacré.
- Hehe, dit Sai, je n'ai pas pu m'en empêcher. Son style était trop incisif, ça aurait pu finir par me mettre en difficulté.
- En tout cas, maintenant, il te vénère.
- C'est parce que tu lui as raconté plein de choses sur moi...
- J'ai pas pu m'en empêcher non plus, sourit Hikaru, gêné.
- Et pour finir, tu t'es excusé à Toya-kun?
- Non, dit Hikaru, son sourire s'évanouissant, je n'ai pas osé.
- Hikaru!
- Mais je le ferai bientôt. J'irai le voir dans son club de go.
- Oui, comme ça je pourrai rejouer avec le Meijin.
- Oh! Mince, le Meijin! J'ai oublié que je devais le rappeler! Zuuut !!! Bon je vais le faire tout de suite...
Hikaru alla appeler le père d'Akira puis il revint en disant à Sai:
- Bon, il t'invite à faire une partie demain soir, alors j'ai dit que tu acceptais. Je te conduirai là-bas, mais je n'entrerai pas, d'accord?
- D'accord! s'exclama Sai en battant des mains.
Il rougissait de joie à l'idée de pouvoir encore une fois rejouer contre lui. Hikaru se demandait si ça serait toujours le cas quand il aurait disputé ensemble beaucoup plus de parties. Peut-être qu'eux aussi allaient devenir rivaux?

Yashiro était en train de faire une partie de go avec Toya dans la chambre de celui-ci.
- Hé! Concentre-toi! s'exclama Toya.
- Désolé, je pensais à Fujiwara-san... il est vraiment trop fort, ce type. C'est dingue qu'il ne soit pas pro. C'est avec lui que Shindo a appris le go? Tu m'étonnes qu'il soit si fort! Avec un prof comme le sien!
- Ce n'est pas uniquement parce qu'il a eu un prof comme Fujiwara-san que Shindo est fort. C'est grâce à son talent, c'est tout.
- Oui, admit Yashiro, mais quand même... Tiens, qu'est-ce que tu viens de dire...? Que Shindo a du talent?
- Oui. Tu n'es pas d'accord?
- Si, mais... tu lui fais un compliment alors que vous êtes fâchés?
- Le fait qu'on soit fâchés ou pas ne change rien au fait qu'il aie du talent.
- Oui mais... c'est bizarre... enfin bon, tant pis.
Ils entendirent le téléphone sonner dans une pièce à côté.
- Je vais y aller, attends-moi.
Quand il sortit de sa chambre, son père avait déjà décroché.
- Ah! Bonsoir Shindo-kun!
Ouf, heureusement qu'il n'avait pas décroché... Quand il y réfléchissait, pourquoi un seul baiser, et encore, quand ils étaient bourrés, avait tourné comme ça? Hikaru lui manquait. Il avait envie de lui parler et de jouer contre lui. Sa bonne humeur lui manquait, et son visage souriant aussi. Quand ils se croisaient, maintenant, il évitait toujours son regard et il ne souriait plus.
- Oui, que dirais-tu de demain 18 heures? Ça serait bon? Parfait!
Bon alors si Shindo venait le lendemain, il irait au club et ne reviendrait que quand il serait parti. Il rentra à pas feutrés dans sa chambre ou Yashiro regardait le goban d'un air attentif et se surprit à se dire qu'il aurait préféré héberger Hikaru plutôt que Yashiro. Mais cette pensée étant déloyale envers Yashiro, qu'il appréciait beaucoup, il se dépêcha de la bannir.

Isumi n'avait pas vu Waya depuis qu'il l'avait surpris avec Ogata, la veille, et il se sentait coupable. Il avait envie de lui expliquer la situation mais il savait que Waya ne l'écouterait pas. Qu'est-ce qu'il fallait qu'il fasse, bon Dieu? Pourquoi Waya avait réagi comme ça? Il appuya rageusement sur le bouton d'appel de l'ascenseur quand une voix le fit sursauter.
- Tu m'as l'air bien préoccupé, Isumi, dit Ogata.
- Ogata-sensei...
- Quelque chose ne va pas?
- Rien du tout.
C'était une impression ou Isumi était froid envers lui? Comme si sa présence le dérangeait. Comme s'il ne voulait pas lui parler... Ils entrèrent dans l'ascenseur et Ogata dit:
- Isumi, si tu as un problème, surtout, n'hésite pas à m'en parler.
C'est vous le problème, brûlait de répondre Isumi, mais il se retint, sachant que ça serait bien trop impertinent.
- Merci, se contenta-t-il de répondre à la place.
D'un geste brusque, Ogata appuya sur une touche du cadran et l'ascenseur s'arrêta entre deux étages. Le cou d'Isumi le narguait depuis tout à l'heure. Incapable d'y résister plus longtemps, il se pencha et l'embrassa.
- Ogata-sensei, dit Isumi en tentant de se dégager. Arrêtez, pas ici.
- C'est bon, j'ai arrêté l'ascenseur.
- Ce n'est pas le problème! s'exclama Isumi. Ça ne vous embête peut-être pas, mais moi, si!
- Juste un instant, murmura Ogata. Un instant...
Il s'empara du visage d'Isumi et l'embrassa doucement.
- J'aime tellement tes lèvres, Isumi ... Laisse moi juste t'embrasser un instant.
Il n'attendit pas la réponse d'Isumi et s'empara à nouveau de ses lèvres. Isumi finit par se laisser faire et lui rendit son baiser, mais lorsqu'Ogata tenta d'aller plus loin, Isumi se rétracta.
- Arrêtez! Vous avez dit juste un baiser.
Il réappuya sur le bouton d'arrêt de l'ascenseur pour que celui ci se remette en marche.
- C'est plus fort que moi, tu es si beau...
- Arrêtez de dire ça. Vos belles paroles ne me font aucun effet. Tout ce que je suis pour vous, c'est un jouet, rien d'autre.
L'ascenseur s'ouvrit et Isumi en sortit. Il regarda Ogata droit dans les yeux et dit:
- Mais je n'ai pas envie d'être votre jouet, Ogata-san. Si vous voulez juste quelqu'un pour coucher avec vous, trouvez quelqu'un d'autre.
Il s'éloigna et Ogata le regarda partir, tellement stupéfait qu'il ne songea même pas à le retenir. Il ne pouvait qu'admirer la vitesse à laquelle leur toute nouvelle relation, qui ne reposait même pas sur des bases saines, se détériorait. Déjà, la façon dont Isumi l'appelait était frappante: du sama, il était passé par le sensei pour arriver finalement au san. Le sama était accompagné d'un visage souriant, le sensei d'un visage préoccupé, et le san était arrivé en même temps qu'un visage en colère. Si Isumi retrouvait sa bonne humeur, est-ce qu'il l'appellerait à nouveau Ogata-sama?
Pourtant, il n'était pas un jouet... Ogata ne le considérait pas comme un jouet... bon, ok, au début, il admettait qu'il s'était dit que ça pouvait juste être une histoire d'un soir, mais le gamin l'intéressait vraiment, et il n'avait pas envie de le laisser tomber.
En fait, c'était lui, qui venait de se faire jeter, non? Ogata Honinbô plaqué par un gamin de 21 ans! C'était vraiment amusant...
Non, en fait, ce n'était pas amusant du tout. Et Ogata n'avait pas envie qu'Isumi le largue. Et puis le terme larguer s'appliquait à des gens qui sortaient ensemble. Et Isumi et Ogata ne sortaient pas ensemble. Pourquoi, d'ailleurs? Puisqu'il avait couché ensemble, ils pouvaient bien sortir ensemble, non? Bon, alors la prochaine fois, il inviterait Isumi au restaurant et il ferait en sorte qu'Isumi soit de meilleure humeur. C'est qu'il était tellement mignon quand il souriait... Ah, et puis même quand il ne souriait pas... et quand il était en colère... et aussi quand il avait un orgasme, ah, qu'il était mignon à ce moment là! Ogata réalisa soudain à quoi il était en train de penser et s'arrêta net. Si Isumi restait dans cet état d'esprit, son visage au moment de l'orgasme, eh bien il risquait de ne plus jamais le revoir... Pourtant il n'allait pas le forcer! Qu'est-ce qu'il fallait faire, alors... ?
Finalement, Ogata décida d'attendre un peu et de voir comment ça allait évoluer.

- Bon. Tu m'appelles quand tu as fini, j'ai mon portable. Voici le numéro. Demande à Toya-sama d'utiliser son téléphone. Si jamais il te propose de dormir chez lui, tu refuses, d'accord? Je viendrai te chercher quand tu auras fini.
- D'accord, mais pourquoi?
- Ben... comme ça on pourra jouer ce soir ensemble.
- Oui! sourit Sai.
Il glissa le papier avec le numéro d'Hikaru dans sa poche et allait entrer dans la cour de la maison des Toya quand Hikaru dit:
- Surtout, Sai, si tu as un problème ou quoi, tu m'appelles, d'accord? Je garde mon portable à côté au cas où.
- Mais oui, ne t'inquiète pas.
Hikaru était inquiet, pourtant. Sai était si distrait! Et s'il faisait une gaffe dans la maison du Meijin? Si le Meijin le jetait dehors? Il ne pourrait plus utiliser le téléphone si c'était le cas... pour pallier à cette éventualité, Hikaru sortit de la monnaie de sa poche et dit:
- Tiens, prends ça. Il y a une cabine téléphone dans la rue d'à côté. Si par hasard tu ne peux pas utiliser le téléphone de Toya, vas-y et appelle-moi. Ok?
- Oui. Mais tout se passera bien, Hikaru, sourit Sai. Je suis un adulte, tu sais.
- Mais un adulte de l'époque Heian...
- Hikaru, je t'ai dit de ne pas t'inquiéter. Tout ira bien.
Le blond leva les yeux vers son ami qui lui souriait gentiment.
- Oui, sans doute. C'est débile de ma part, mais j'ai peur que tu disparaisses encore une fois.
Sai, touché, dit:
- Je ne disparaitrais jamais sans te prévenir...
- C'est ce que tu as fait la fois dernière, pourtant!
- J'ai essayé de te prévenir, Hikaru! Mais tu ne m'avais pas écouté...
Hikaru se rappela avec douleur des circonstances de la disparition de Sai.
- C'est vrai... c'était de ma faute...
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, dit Sai.
- Mais c'était vrai quand même. Excuse-moi, Sai...
- Hikaru, idiot, arrête!
Sai lui frappa la tête doucement son éventail et son ami leva les yeux vers lui.
- C'est du passé, d'accord ? S'il m'arrive quoi que ce soit, je t'appelle.
- Oui. Alors j'y vais. Bonne partie! Tu diras bonjour à Toya-sama de ma part.
Sai hocha la tête, lui fit un petit sourire, et entra dans la maison. Quand la porte coulissante fut refermée, Hikaru inspira à fond, resta immobile un moment, puis se dirigea d'un pas décidé vers la station de métro la plus proche, une furieuse angoisse agitant ses tripes: il avait décidé d'aller voir Toya. Au fond de lui, il espérait que Toya ne serait pas au club, mais il fallait qu'il s'excuse. Ça avait duré trop longtemps.