Chapitre 9

Jeudi, la mère de Léna devait s'absenter toute la journée. La jeune fille se retrouvait donc seule chez elle. Le matin, elle termina tranquillement ses devoirs et les envoya par hiboux à Poudlard. Les professeurs ne l'épargnaient pas puisqu'ils lui avaient demandé à plusieurs reprises de leur rendre des écrits notés.

L'après-midi, l'adolescente décida de s'aérer. Elle prit donc son sac dans lequel elle jeta ce qui lui passait sous la main. Le chaton voulait venir avec elle mais sa maitresse n'étant pas de cet avis, il se prit la porte dans le museau.

Cela lui prit environ un quart d'heure pour arriver jusqu'au centre de Londres. La jeune fille s'arrêta devant la rue encombrée pour laisser passer une famille pressée. Elle regardait la rue qui s'étendait devant elle. En temps de guerre, personne ne sortait. Ainsi, l'adolescente ne croisa pas beaucoup de londoniens. Quelques sorciers passaient sans se soucier de l'absence des moldus. Les commerçants qui restaient les regardaient intrigués.

Beaucoup de boutiques avaient fermé. Les anglais avaient peur, peur pour eux mais aussi pour leur famille. Les hommes étaient parti défendre leur pays ; les infirmes, les vieillards, les femmes et les enfants avaient prit le maximum d'affaires et étaient partit pour les plus chanceux ou se cachaient dans les endroits qui pouvaient résister plus ou moins aux bombes.

Léna fit le tour des magasins encore ouverts et s'arrêta à la terrasse d'un café. Elle regardait les quelques personnes passer en buvant son chocolat chaud. Un jeune homme criait les titres du journal qu'il vendait dans la rue au loin. Mais comme il ne croisait personne, il se rendit compte que cela ne servait à rien et continua son chemin en jetant des regards partout en quête d'un quelconque acheteur. Puis après quelques minutes de recherche intensive, son regard tomba sur la jeune fille qui l'observait depuis le début de son petit manège.

L'énergumène s'avança vers elle avec un sourire timide. Son visage était rouge de gêne.

- « Bonjour » dit Léna en souriant elle aussi ce qui eut pour effet d'accentuer, encore plus, la couleur écarlate du faciès du jeune homme.

Il y eut un silence pendant lequel ce dernier fixa longuement l'adolescente. Elle se demanda ce qu'elle avait sur le nez. Lorsque la jeune fille voulut parler, le visage du vendeur de journaux reprit une couleur écarlate. Il se gratta la tête lorsqu'il réalisa ce qu'il faisait.

- « Je ... Euh ... Pardon ! B-bonjour, Madame ... J-je veux dire ... Mademoiselle ! Vous voulez acheter ... »

Il ne termina pas sa phrase tellement il était déboussolé. Il regardait le journal dans sa main avec une expression sur le visage qui disait : 'Qu'est-ce que je disais déjà ?'.

- « Un journal ? »

La voix de Léna le fit revenir sur Terre. Maintenant, ses yeux étaient grands comme des soucoupes et sa bouche à demi ouverte.

- « Oui, je veux bien. Combien coûte-t-il, s'il vous plaît ? Continua l'adolescente.

- Ah ! ... »

Son empressement lui fit faire tomber tout ce qu'il avait dans sa sacoche. À cause du vent, les feuilles volaient un peu partout. Léna se leva pour l'aider à ramasser les journaux. Alors qu'elle se redressait, la jeune fille vit quelqu'un qu'elle connaissait. Il lui fallut un petit temps avant de mettre un nom sur son visage. Il tourna dans la rue adjacente chargé de rouleaux de parchemins.

- « Qu'est-ce qu'il fait là ? » pensa Léna.

En se levant, elle aperçu un rouleau de parchemin là où avait disparu le jeune homme. L'adolescente regarda autour d'elle pour voir si tout les journaux avaient été ramassés et courut derrière le garçon.

- « Tom ! »

Cependant, celui-ci ne l'entendit pas et continua son chemin. L'adolescente prit alors le rouleau et se mit à courir le plus vite possible.

Les murs de la rue étaient sinistres. On aurait dit qu'ils transpiraient. Des gouttes dévalaient par-ci par-là la pierre devenue noire. L'odeur nauséabonde qui y régnait s'amplifiait au fur et à mesure que Léna continuait son avancée. La silhouette du jeune homme s'éloignait telle une ombre s'en allant vers la lumière à l'autre bout de la rue. L'adolescente accéléra mais il était trop tard. Elle cria alors son nom. L'écho de sa voix lui fit prendre conscience qu'elle était maintenant bel et bien seule. La jeune fille regarda tout autour d'elle. Un courant d'air lui glaça les os. Elle resserra ses bras autour d'elle et continua malgré tout d'avancer dans l'espoir de rattraper le garçon.

Léna passa devant plusieurs rues qui bifurquaient elle ne savait où. Tout était sombre à cause de la hauteur des bâtiments qu'elle longeait. Les rayons du soleil arrivaient à peine à atteindre la jeune fille. Elle trébucha plusieurs fois. Au bout d'un moment, Léna s'étala de tout son long sur un morceau de plastique qui pouvait s'apparenter à un bout de pare choc de voiture.

Léna resta quelques secondes par terre, hébétée. Ses mains endolories la soulevèrent pour la mettre en position agenouillée. La jeune fille retrouva doucement ses esprits. Puis soudain, elle entendit des rires. Sa tête se tourna rapidement vers la source du bruit et son cœur manqua un battement.

- « Tu as besoin d'aide, ma petite ? » dit un homme qui s'approchait d'elle dangereusement.

L'adolescente se releva et resserra son gilet contre elle. Sa baguette rentra un peu dans ses côtes. Cependant elle ne fit pas attention. L'homme leva sa main vers la joue de la jeune fille mais elle recula. Le rire gras des autres retentit derrière lui. Ce dernier sourit laissant apparaître sa dentition noire. Il passa sa main dans ses cheveux sales et se tourna vers le groupe.

- « Qu'est-ce qu'on fait d'elle ? Demanda-t-il d'un ton qui ne présageait rien de bon.

- Endoloris ?! S'exclama un bonhomme au crâne rasé.

- Pourquoi pas ?

- Ouais ! » S'écrièrent les autres en chœur.

Des sorciers ! Réalisa Léna. Le temps qu'ils attrapent tous leur baguette, elle attrapa la sienne et leur jeta le sort de Stupéfixion. Puis la jeune fille prit ses jambes à son cou sans savoir si elle avait atteint au moins quelqu'un. Des jets de couleur passaient au dessus de sa tête. Un sort rouge effleura son avant bras gauche. Elle jeta un coup d'œil et vit une petite plaie.

À deux cent mètres de Léna, la rue se coupait en trois. Arrivée là, elle prit à droite espérant semer les hommes. L'adolescente jeta plusieurs sorts afin de leurs mettre des obstacles sur le chemin. Les bennes à ordures se mirent alors à leur barrer le chemin. Des trous dans le sol se creusèrent soudainement faisant tomber quelques uns ou encore du verglas les firent glisser. Mais ils tenaient bon ! En jetant un regard derrière elle, la jeune fille vit qu'il restait plus de la moitié du groupe. Déçue, elle réfléchi à un plan. Il fallait que les hommes la perdent de vue. Alors l'adolescente changea de direction le plus possible. Elle accéléra la cadence de sa course. Et elle utilisa plusieurs sorts d'illusion et de confusion jetés au hasard sur les hommes derrière elle. Au bout d'un moment, elle se tourna légèrement et vit que cela avait fonctionné. Mais alors que son regard revint droit devant elle, Léna se retrouva face à l'homme qui devait sûrement être le chef de la bande. Il lui prit le bras et dit sur un ton légèrement énervé :

- « Maintenant, fini de jouer ! »

Les autres arrivèrent et les encerclèrent. Le chef lui arracha sa baguette des mains et la gifla. Ils rirent pendant que la jeune fille se relevait. Avec un élan de courage, elle asséna un coup qu'elle voulu le plus fort possible au chef. Ce dernier se plia en deux de douleur. Sa baguette roula à ses pieds. Léna l'attrapa en vitesse et créa une bulle de protection autour d'elle ce qui repoussa les sorts des bandits. L'un d'eux se jeta sur elle mais son bouclier l'envoya valser trois mètres plus loin. De la fumée s'échappait de ses vêtements. Ils regardèrent Léna. Tous inquiets de ce qui pourrait se passer désormais. Ils avaient face à eux une jeune sorcière maligne et rapide.

Un silence s'abattit dans la ruelle pendant lequel la jeune fille réfléchissait à toute vitesse. Elle avisa discrètement deux portes. L'une bleue à droite d'un homme costaud et l'autre noire entre deux gars à l'air stupide. L'adolescente amorça deux pas vers la porte noire. Cela eu pour effet de les faire tous s'agglutiner vers le panneau de bois sombre. Mais d'autres étaient resté sur les marches de la porte bleue pour l'empêcher de passer si cela avait été un leurre. Cependant, ils n'avaient pas prévu ce qui arriva ensuite. Il y eu soudainement une lumière aveuglante et un petit 'Poc !'. Aveuglés, ils attendirent que la lumière s'éteigne pour ouvrir leurs yeux. Cela dura à peine quelques secondes. Mais le fait était là. Léna s'était évanouie dans la nature devant le groupe de bandits ébahis.

๑๑๑

La jeune fille était caché deux rues plus loin. Appuyé dos contre le mur, elle attendit que les hommes s'éloignent dans la direction opposée pour ouvrir la porte à côté d'elle et s'engouffrer dans une maison abandonnée. Il ne lui restait plus que deux ou trois minutes avant que l'effet de son bonbon ne s'arrête. Elle repensa à l'air surpris des hommes qui la poursuivaient et sourit.

L'adolescente avait réussi cet exploit grâce à un bonbon qu'on lui avait offert pour son anniversaire. La jeune fille avait lancé un sort de lumière aveuglante pour avoir le temps d'avaler son bonbon et être sûr que sa fonction d'invisibilité fonctionne. Elle y avait pensé lorsqu'elle était à terre. Elle avait voulu les berner et avait mit en place un plan. Leur faire croire qu'elle allait s'enfuir par l'une des portes et avaler le bonbon.

Le bonbon était efficace mais ne durait pas longtemps. Pas plus de cinq minutes. Alors, Léna s'était mise à courir le plus vite possible. Le bruit de ses pas avait été étouffé par les hurlements de mécontentement des hommes.

La jeune fille inspecta rapidement la pièce dans laquelle elle avait atterri. C'était un débarras de meubles cassés. Rien ne pouvait lui être utile. Une porte se trouvait à l'autre bout de la salle. L'adolescente s'y précipita et l'ouvrit. Elle couru vers une autre porte sur le mur d'en face et continua jusqu'à ce qu'elle ne trouve plus d'issues. Léna avait traversé tout le bâtiment qui était une ancienne entreprise de meubles et ainsi avait longé une rue entière sans être vu. Elle sortit en ayant vérifié si il n'y avait personne et marcha très vite.

Lorsqu'elle entendait du bruit non loin d'elle, la jeune fille s'arrêtait et se collait contre le mur en écoutant jusqu'à ce qu'elle soit sûre qu'il n'y ait personne.

Plus l'adolescente progressait plus la rue qui donnait sur la terrasse sur laquelle elle était assise quelques temps plus tôt se rapprochait. Cependant, alors qu'elle arrivait au croisement de rues où elle avait vu les bandits, une main l'attrapa et la jeta à terre. La jeune fille se débattit de toutes ses forces alors que quelqu'un la maintenait au sol. Elle reçu un coup au visage, ce qui la sonna.

À ce moment là, ses yeux entrouverts perçurent une lueur bleue et blanche passer au dessus de sa tête et percuter la personne au-dessus d'elle. Il y eu un hurlement et une lutte débuta. Un échange de coups, semblait-il, s'ensuivit. Léna voulut se relever mais elle reçu un poing dans le visage. Son crâne heurta le sol.

Des bruits de ferrailles, sûrement une benne, contre lequel quelqu'un atterrissait ou frappait retentirent puis des pas précipités s'éloignèrent. Cela marqua la fin du combat. Quelque chose de doux effleura la main de Léna puis elle sombra.